WALTER MATTHAU, UN GÉNIE DE LA COMÉDIE
WALTER MATTHAU 1920 - 2000
Acteur Américain
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Sa personnalité cinématographique qui rappelle à la fois celle de W.C. Fields et celle de Wallace Beery, a beaucoup apporté à la comédie américaine contemporaine. Au point que Billy Wilder, qui a su le premier prendre la mesure de tout son talent, à déclaré un jour : "Walter Matthau est une vedette unique en son genre. Lorsque vous écrivez un scénario pour lui, comme pour Jack Lemmon, il n'y a plus d'alternative possible." Avec son air rogue et ses sourires chafouins, il excelle en effet à jouer les parfaits salauds, comme dans "Spéciale première" (The Front Page,1974) de Billy Wilder où il tente d'empêcher le mariage de Jack Lemmon en essayant de faire croire à sa fiancée qu'il est un bourreau d'enfants et un dangereux obsédé sexuel.
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De son vrai nom Walter Matuschanskayasky, Walter Matthau est né le 1er octobre 1920 dans une modeste famille d'immigrés russes, à New York. Attiré dès l'âge de dix-ans par le théâtre, il tint très jeune le rôle de Polonius dans "Hamlet" et fit plusieurs apparitions sur scène tout en poursuivant ses études. Opérateur de radio dans l'aviation pendant la Seconde Guerre mondiale, il entra dès sa démobilisation au New School's Dramatic Workshop de New York, où il eut pour camarades Rod Steiger, Tony Curtis et Gene Saks. C'est en 1948 qu'il put jouer pour la première fois à Broadway, dans "Anne of the Thousand Days", et il obtint en 1955 son premier véritable succès avec "Will Success Spoil Rock Hunter ?", la pièce dont Frank Tashlin tirera une excellente comédie cinématographique avec Jayne Mansfield et Tony Randall, "La Blonde explosive" (1957).
Cette année 1955 fut particulièrement importante dans la carrière de Walter Matthau puisqu'elle le vit faire ses débuts à Hollywood dans "L'Homme du Kentucky" (The Kentuckian,1955) de Burt Lancaster et dans "La Rivière de nos amours" (The Indian Fighter,1955), l'émouvant et poétique western antiraciste d'André De Toth. Après quelques autres rôles secondaires comme dans "Derrière le miroir" (Bigger Than Life,1956) de Nicholas Ray, "Un Homme dans la foule" (A Face in the Crowd,1957) d'Elia Kazan ou "Bagarres au King Creole" (King Creole,1958) de Michael Curtiz, il prit bientôt une dimension décisive, d'abord avec l'admirable "Liaisons secrètes" (Strangers When We Meet,1960) de Richard Quine, où il faisait un banlieusard cynique et équivoque qui épiait les amours clandestines de Kirk Douglas et Kim Novak, puis avec "Seuls sont les indomptés" (Lonely Are the Braves,1962) de David Miller, où il était assez prodigieux dans le rôle "du chef de la police harassé, morose et écœuré par la stupidité de ses hommes, qui traquait le rebelle Kirk Douglas dans la montagne et sentait naître en lui une sympathie et une admiration croissante pour cette âme noble et libre vouée à la destruction" (Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier dans "Trente ans de cinéma américain".
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Walter Matthau, qui fit à cette époque une tentative dans le domaine de la réalisation avec un petit thriller intitulé "Gangster Story" (1959), fut très savoureux dans "Charade" (1963) de Stanley Donen où il devint très inquiétant face à Cary Grant et Audrey Hepburn. Et c'est encore lui, indéniablement, que les spectateurs durent ne pas succomber à l'ennui que distillait "Au revoir Charlie" (Goodbye Charlie,1964), l'un des rares films pas très réussis de Vincente Minnelli. C'est toutefois au théâtre, auquel il n'avait pas renoncé que Walter Matthau a connu la célébrité. En 1965, il fit en effet un triomphe à Broadway dans "Un Drôle de couple" (The Odd Couple" de Neil Simon, au point que plusieurs journalistes du "Time Magazine" furent chargés alors d'enquêter sur cet acteur dont le nom était à peu près inconnu du grand public, en dépit des rôles remarquables qu'il avait pourtant déjà tenus à l'écran. Entretemps, il avait interprété un conseiller militaire qui souhaitait une attaque contre l'U.R.S.S. dans "Point limite" (Fail Safe,1964) de Sidney Lumet et dans un suspense de 1965, il donna la réplique à Gregory Peck dans "Mirage" d'Edward Dmytryk.
Dès l'année suivante, Walter Matthau recevait d'ailleurs l'Oscar du meilleur acteur de complément pour "La Grande Combine" (The Fortune Cookie,1966) de Billy Wilder. Dans cette comédie sarcastique et féroce, il éclipsait pratiquement celui dont il n'aurait dû être que le faire-valoir, Jack Lemmon. Ce dernier eut d'ailleurs l'intelligence et l'honnêteté de ne pas entraver son rôle, celui d'un avocat marron qui cherchait à exploiter la blessure légère d'un joueur de football afin d'escroquer les compagnies d'assurance. Ainsi lancé de main de maître par Billy Wilder, Walter Matthau eut tout loisir dans les années suivantes de perfectionner son personnage de misanthrope colérique et persifleur, plus "tordu" que vraiment "méchant". Son plus grand succès de Broadway devait trouver un prolongement logique au cinéma avec "Drôle de couple" (The Odd Couple,1968) de Gene Saks. Cette fois, Walter Matthau était bel et bien devenu une vedette à part entière, et son interprétation aux côtés de Jack Lemmon, dans le personnage imaginé par Neil Simon fut une prouesse du genre. La plupart de ses créations suivantes ont procédé du même esprit, par exemple dans "Un Nouveau départ" (A New Leaf,1971) d'Elaine May, inédit en France. En 1998, Howard Deutch réalisa une suite : "Drôle de couple 2" (The Odd Couple 2), dernier film réunissant Lemmon et Matthau.
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Heureusement, Walter Matthau a su refuser de se laisser enfermer dans un stéréotype. Si l'on excepte sa participation au film de Gene Kelly "Hello Dolly !", où il est complètement écrasé par Barbra Streisand. En 1967, Gene Kelly réalise une comédie "Petit guide pour mari volage" (A Guide For the Married Man). Envisagé dans un premier temps pour le rôle d'un avocat du nom de Edward Stander, mais Walter Matthau fut tout aussi difficile à convaincre car, victime d'une crise cardiaque, il ne tenait pas à revenir de si tôt au cinéma. Sur les conseils de Billy Wilder, il accepta cependant de tourner le film, à condition d'interpréter le personnage principal. On peut noter son rôle du docteur Winston dans "Fleur de cactus" (Cactus Flower,1969) de Gene Saks avec Ingrid Bergman et Goldie Hawn. Il y eut aussi son amusante apparition dans "Tremblement de terre" (Earthquake,1974) de Mark Robson, en pilier de bar répondant au patronyme de... Matuschanskayasky, Walter Matthau a prouvé largement que, au-delà du comique de composition, il était capable de donner la plus grande consistance à des personnages plus dramatiques et nuancés.
Ce fut en particulier le cas avec un beau film méconnu de Martin Ritt, "Peter et Tillie" (Pete'n Tillie,1972), où il interprétait avec Carol Burnett un couple d'Américains moyens dont l'union se trouvait ébranlée par la mort de leur enfant. Dans ce mélodrame empreint de délicatesse et de chaleur humaine, Walter Matthau réussissait sans peine à être bouleversant, et l'on peut regretter qu'il n'ait pas plus souvent prêté sa physionomie au fond si familière à des personnages aussi vulnérables et souffrants que celui-là. Les qualités dramatique de Walter Matthau furent cependant tout aussi éclatantes, dès l'année suivante, dans un solide et très intelligent thriller de Don Siegel, "Tuez Charley Varrick !". C'était l'histoire d'un petit gangster qui, volontairement cantonné jusqu'alors dans des "coups" modestes et prudents, se voyait, à la suite d'un hold-up d'une ampleur inattendue, à la fois traqué par le FBI et la Mafia. Walter Matthau donnait une réalité prenante à cette vision symbolique et sanglantes d'une Amérique rendue à la loi de la jungle. Le propre fils de Walter Matthau indique au shérif, au début du film, le numéro de la plaque minéralogique des gangsters.
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Depuis, Walter Matthau s'est produit avec bonheur dans des œuvres de moindre qualités, telles que "Le Flic ricanant" (The Laughing Policeman,1973) de Stuart Rosenberg ou "La Chouette équipe" (The Bad New Bears,1976) de Michael Ritchie. Par contre, une réussite lors de sa sortie en 1974 du film de Joseph Sargent "Les Pirates du métro" (The Taking of Pelham One Two Three), d'après le roman de John Godey "Arrêt prolongé sous Park Avenue", et cela avec un trio d'acteurs : Matthau, Robert Shaw et Martin Balsam. 1980, deux films à souligner "La Puce et le Grincheux" (Little Miss Marker) de Walter Bernstein avec Julie Andrews et Tony Curtis, qui permet à ce long métrage d'obtenir le Prix Spécial du Jury et le Prix de la Critique au Festival International du Film d'Humour de Chamrousse 1981. Quant au deuxième, "Jeux d'espions" (Hopscotch) de Ronald Neame, tiré du roman de Brian Garfield; c'était un ouvrage d'espionnage très sérieux qui dénonçait certains "coups tordus" de la CIA, une démarche alors très en faveur à la suite du scandale du Watergate, et dont l'adaptation cinématographique avait d'abord envisagée comme "véhicule" pour Warren Beatty. Ce n'est qu'après l'arrivée de Walter Matthau que le film s'orienta vers la parodie. La production tenta alors de renouveler le succès qu'avait rencontré deux ans plus tôt le couple Walter Matthau-Glenda Jackson avec "Appelez-moi docteur" (House Calls,1978) de Howard Zieff.
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Walter Matthau a eu la chance de retrouver Jack Lemmon dans "Buddy, Buddy" (1981) dans ce dernier film tourné par Billy Wilder. Ils succédaient à Lino Ventura et Jacques Brel, interprètes de "L'Emmerdeur" et dont "Buddy, Buddy" est le remake. L'échec commercial du film empêcha sa distribution en France, limitée à la vidéo sous le titre "Victor la gaffe". Walter Matthau fut diriger par Roman Polanski pour le film "Pirates" (1986). Deux ans plus tard, c'est le comédien-réalisateur Roberto benigni qui à son tour fit tourner Walter Matthau dans "Le Petit Diable" (Il piccolo diavolo,1988). Les années 90, on retiendra deux films "Denis la malice" (Dennis the Menace,1993) de Nick Castle et "Les Grincheux" (Grumpy Old Men,1993) de Donald Petrie, C'est en 1998 que le tandem Matthau-Lemmon qui se reforma avec "Drôle de couple 2" (The Odd Couple II) de Howard Deutch. Mais ce fut le dernier film réunissant Walter Matthau et Jack Lemmon qui tournent ensemble pour la huitième fois. Les deux hommes disparaissant à quelques mois d'intervalle en 2000 et 2001. En effet, Walter Matthau décéda le 1er juillet 2000 à l'aube de son 80 eme anniversaire d'une crise cardiaque. Il avait été atteint d'une pneumonie en 1998.
*Affiches-ciné * Cinetom
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