SILVANA MANGANO, LA FEMME AUX BAS NOIRS
SILVANA MANGANO 1930 - 1989
Actrice Italienne
/image%2F1371232%2F20260719%2Fob_d87ccc_aa01sm3.jpg)
Sa féminité provocante fit sensation dans "Riz amer" (Riso amaro,1949), sous la direction de Giuseppe De Santis, et lui valut aussitôt une célébrité internationale. Silvana Mangano s'était affirmée comme une grande actrice sous la direction des plus grands réalisateurs. Son érotisme fabuleux ne devait assurément rien aux canons hollywoodiens. Et c'est avec Pasolini et Visconti qu'elle a connu ses grandes heures. Silvana Mangano est née le 21 avril 1930 à Rome, d'une mère anglaise et d'un père sicilien, dont la profession était cheminot; elle fut élevée entre son frère ainé Roy et ses deux sœurs cadettes, Patrizia et Natascia, dans un climat de pauvreté et de privation qui s'accentua pendant la guerre. Un jour, elle découvre la danse à l'Opéra et, pendant sept ans, sa mère fait l'effort de lui payer des cours chez Jia Ruskaya. Silvana Mangano devient mannequin à l'atelier Mascetti puis est élue "Miss Rome" à l'âge de dix-sept ans.
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_10141b_aa01sm33.jpg)
En 1949, Silvana Mangano a dix-neuf ans et vient de tourner son troisième film "Riz amer". Du jour au lendemain elle devient une star : pour des millions de spectateurs, elle est désormais "la fille aux bas noirs". Si ces fameux bas noirs font sensation, ce n'est pas parce qu'ils complètent une tenue élégante et sophistiquée : plus ou moins en lambeaux, ils sont au contraire associés à une sorte de short de toile grossière, haut retroussé et maculé par la boue des rizières. Le contraste n'en est que plus troublant entre leur matière soyeuse et le rude vêtement de travail des repiqueuses de riz, et l'étroite bande de cuisse ainsi dévoilée prend un aspect singulièrement provocant. Une tenue plus "scandaleuse", par son pouvoir de suggestion érotique, que la nudité elle-même. Elle a renouvelé d'une façon stupéfiante l'érotisme cinématographique.
Jusqu'à cette révélation fulgurante, Silvana Mangano a connu les débuts classiques des starlettes en mal de célébrité : tout d'abord des concours de beauté, avec bien des désillusions; puis, en 1947, elle rencontre le costumier de cinéma Georges Annenkov (formé à l'école française), qui l'engage comme modèle. Sa plastique sculpturale savamment mise en valeur par les créations de cet homme de l'art, elle décroche bientôt un petit rôle, après avoir été remarqué par le réalisateur Mario Costa qui l'a fait joué à dix-huit ans, elle est l'une des principales interprètes de "L'Elixir d'amour" (L'Elisir d'amore,1947). Enfin, en 1949, Giuseppe De Santis lui offre la chance de sa vie avec "Riz amer". Elle a laissé, à ceux qui l'ont approchée à cette époque, le souvenir d'une jeune fille fière et réservée, une fierté qui doit sans doute être mise au compte de la timidité. Cette réserve innée peut également être attribuée à ses origines anglaises. Elle avouera aussi plus tard avoir été souvent blessée dans sa sensibilité, lors de ses débuts, par l'âpreté et le cynisme qui règnent dans les milieux du cinéma.
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_f48a5e_aa01sm15.jpg)
Son second film important, "Mara fille sauvage" (Il Brigante Musolino,1950) de Mario Camerini marque le début de son idylle avec le producteur Dino De Laurentiis. Le long tournage en Calabre s'achèvera par un mariage. Les mauvaises langues, bien sûr, s'empresseront d'attribuer le succès de Silvana Mangano à cette situation privilégiée, en rappelant les autres exemples célèbres de couples producteur-vedette. Pourtant Silvana Mangano tournera relativement peu, préférant visiblement la vie de famille aux sunlights. Si dans "Riz amer" et "Mara fille sauvage" on remarque surtout son évident magnétisme sensuel, elle saura affirmer son talent d'actrice de film en film et dans les registres les plus divers. En 1951, Alberto Lattuada fait d'elle la vedette d'un mélodrame larmoyant, "Anna". Mais en 1954, la Mangano révèle des aptitudes insoupçonnées dans le curieux rôle de la danseuse névrosée et sensuelle de "Mambo" de Robert Rossen. La même année, elle incarne à la fois Pénélope et Circé dans "Ulysse" (Ulisse) de Mario Camerini avec Kirk Douglas. Puis, peu de temps après elle interprète un personnage de prostituée décidée à se racheter dans un sketch de "L'Or de Naples" (L'oro di Napoli,1954) de Vittorio De Sica.
En 1957, c'est "Barrage contre le Pacifique", un drame psychologique ambitieux de René Clément avec Anthony Perkins, Jo Van Fleet, Richard Conte et Alida Valli, suivi de "La Tempête" (La Tempesta,1958) de Lattuada, d'après le roman d'Alexandre Pouchkine. Après avoir abordé ensuite des rôles franchement comiques avec "La Grande Guerre" (La grande guerra,1959) de Mario Monicelli et "Chacun son alibi" (Crimen,1960) de Camerini, Silvana Mangano fait une composition dramatique remarquée dans "Cinq femmes marquées" (Five Branded Women,1960) réalisé par Martin Ritt avec Jeanne Moreau, Vera Miles, Barbara Bel Geddes et Carla Gravina. C'est à cette même période qu'elle incarne Rachel face à "Barabbas" (1961) de Richard Fleischer.
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_318147_aa01sm8.jpg)
Désormais, Silvana Mangano va s'ingénier, pourrait-on croire, à surprendre ses admirateurs par la diversité de ses métamorphoses. Après avoir été Edda Ciano dans "Le Procès de Vérone" (Il processo di Verona,1963), évocation sombre et angoissante des derniers jours du fascisme due à Carlo Lizzani, elle interprète, aux côtés d'Alberto Sordi, cinq personnages différents dans "Ma Femme" (La mia signora ,1964) de Mauro Bolognini : une série de cinq sketches ironiques et burlesques. Elle sera à nouveau excellente dans "Moi, moi, moi...et les autres" (Io, io, io...e gliatri,1966) de Blasetti et dans "Les Sorcières" (Le Streghe,1967), un autre film à sketches auquel ont participé notamment Luchino Visconti, pour "La Sorcière brûlée vive" (La Stregz bruciata viva) et Pier Paolo Pasolini pour "La Terre vue de la Lune" (La Terra vista della Luna). Deux très grands réalisateurs qui lui permettront, dans les années suivantes, de donner toute la mesure de son talent. Silvana Mangano retrouvera Pasolini pour tourner "Œdipe roi" (Edipo re,1967), où elle incarne Jocaste, puis dans "Théorème" (Teorema,1971) et "Le Décaméron" (Decameron,1971). Avec la maturité elle acquerra ainsi une réputation d'actrice "intellectuelle", qui choisit des films ambitieux.
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_54bb9f_aa01sm18.jpg)
Pour Visconti, elle tournera "Mort à Venise" (Morte a Venezia,1971) avec Dirk Bogarde, "Ludwig, le crépuscule des Dieux" (Ludwig,1973) face à Romy Schneider pour la quatrième fois où elle interprète Sissi et Helmut Berger : Ludwig, roi de Bavière". C'est ainsi qu'elle enchaîne, toujours avec Visconti, en incarnant la marquise névrosée de "Violence et passion" (Gruppo di famiglia in un interno,1974). Si elle incarne à merveille les héroïnes tourmentées de la haute bourgeoisie et de l'aristocratie décadente, elle n'en saura pas moins camper avec brio une femme du peuple véhémente et passionnée dans "L'Argent de la vieille" (Il Scopone scientifico,1972) de Luigi Comencini. Avec les années; la "fille aux bas noirs" a su s'imposer comme une grande dame du cinéma italien. Deux dernières apparitions au cinéma, le premier sous la direction de David Lynch dans "Dune" (1984), le second avec le réalisateur Nikita Mikhalkow "Les Yeux noirs" (Oci ciornie,1987), où elle incarne l'épouse de Marcello Mastroianni. La mort de son fils Federico à l'âge de 26 ans, dans un accident d'avion le 15 juillet 1981, la contraint à l'absence. Silvana Mangano décède le 16 décembre 1989 à l'âge de 59 ans à Madrid (Espagne).
*Affiches-ciné * Cinetom
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_b11b09_aa01sm33.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_8a5903_aa01sm6.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_7b69b9_aa01sm50.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_a7a6be_aa01sm71.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_2845a0_aa01sm73.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_d3f22f_aa01sm30.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_26e5f7_aa01sm40.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_0f3615_aa01sm35.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_ff7f9e_aa01sm43.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_6cf0eb_aa01sm41.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_a20460_aa01sm5.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_71eba8_aa01sm34.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_57f25c_aa01sm31.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_ca6b9d_aa01sm13.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_b9f15e_aa01sm42.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_c453c0_aa01sm15.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_ea58f0_aa01sm9.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_cccd28_aa01sm70.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_d4f8d9_aa01sm8.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_13dcf0_aa01sm10.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_7f9936_aa01sm7.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_e9eef9_aa01sm47.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_4e8800_aa01sm25.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_bde582_aa01sm18.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_7b72fc_aa01sm76.jpg)
/image%2F1371232%2F20260725%2Fob_d040ed_aa01sm12.jpg)