JOSIANE BALASKO, UNE VIE EN LIBERTE
JOSIANE BALASKO 1950
Actrice, Réalisatrice Française
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Comédienne aux multiples talents, que ce soit dans la comédie, où elle a su démontrer des capacités à nous faire rire et même à nous faire pleurer. Actrice populaire, spontanée, truculente anticonformiste et profondément humaine, avec un tempérament affirmé et une grande capacité à passer de la comédie au drame. Elle s'est notamment imposée avec la troupe du Splendid : Anne-Marie Chazel, Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Michel Blanc et Gérard Jugnot entre autres. Josiane Balasko, c'est une présence. Un visage immédiatement reconnaissable, un regard vif, une personnalité entière, une gouaille parfois mordante et cette façon unique de faire rire tout en laissant transparaître une grande sensibilité. Une femme libre, populaire sans jamais être ordinaire, qui a construit une carrière à son image : généreuse, impertinente, drôle et profondément humaine. Elle possède aussi une dimension d'auteure et de réalisatrice, notamment avec "Gazon maudit", qui montre un côté plus engagé et anticonformiste que la seule image de comédienne populaire.
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Josiane Balasko est née le 15 avril 1950 à Paris. Son père est d'origine Croate, sa mère est originaire de Nice. Enfance modeste, marquée par des épreuves précoces. Ses parents tiennent un café dans le 12e arrondissement de Paris et, elle est en grande partie élevée par sa grand-mère maternelle. Elle décrit une enfance relativement libre, passée notamment à jouer dans la rue et à côtoyer les habitués du bistrot familial pour lesquels, elle commence à dessiner dès l'enfance et croque notamment les clients du bistrot. Un évènement important survient à l'âge de huit ans, elle souffre de rhumatismes articulaires et dois rester alitée pendant plusieurs mois. Son adolescence est marquée par la mort de son père alors qu'elle a quatorze ans.
Son idée première est de devenir peintre. Mais elle s'oriente bientôt vers la comédie en devenant pendant deux ans l'élève de Tania Balachova. En faisant se tordre de rire ses camarades lors d'une interprétation de "Phèdre", elle comprend que la tragédie ne sera jamais de son ressort principal, tout au moins au début de sa carrière de comédienne. Elle écrit donc son premier scénario : "Quand je serais grande, je serais paranoïaque", dont le titre révèle déjà ce mélange de dérision et d'humour qu'empruntera chacune des compositions de l'auteur-comédienne-réalisatrice Balasko. "En classe, disait-elle, on m'appelait "Le Cerveau". Disons plus modestement que j'étais 1er en français. J'avais le temps de lire, moi. Je rédigeas les rédactions des copines qui, pendant ce temps, allaient en surboum. J'étais complexée, oui, mais sociable, et cela m'a permis de toujours compenser, de ne pas me sentir rejetée. Et si mon physique a, un temps, constitué un handicap sur le plan sentimental et sexuel, il n'a jamais été un obstacle". Josiane Balasko joue sa pièce pendant six mois dans un café-théâtre du quartier de l'Odéon tout en exerçant des petits métiers, ne gagnant alors que trente francs par soirée. En 1976, elle rejoint la troupe du Spendid (Gérard Jugnot, Christian Clavier, Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Thierry Lhermitte et Bruno Moynot), où elle remplace Valérie Mairesse dans "Le Pot de terre contre le pot de vin". Pendant plusieurs années, son destin et celui de ses compagnons, tout devenus célèbres, se confondent.
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Ses débuts au cinéma remontent à 1972 dans un film de Claude Chabrol "Docteur Popaul" où elle incarne une jeune fille laide. On peut citer quelques figurations pour Georges Lautner "Pas de problème !" (1975), Roman Polanski "Le Locataire" (1976), Claude Miller "Dites-lui que je l'aime" (1977) ou Yves Robert "Nous irons tous au paradis" (1977). Première interprétation de qualité en tant qu'actrice sera "Les Petits câlins" (1978) de Jean-Marie Poiré aux côtés de Dominique Laffin, Claire Maurier et Jean Bouise. Mais, cette même année, c'est l'adaptation pour l'écran des "Bronzés" de Patrice Leconte qui fera toute la différence, et qui font connaître toute la troupe au grand public. Le phénomène du Café-Théâtre a amené dans le monde du spectacle un sang neuf. "Les Bronzés" est le premier film collectif d'une équipe, celle du Splendid. Pendant trois années consécutives, "Le Club Méditerranée" invita l'équipe du Splendid à venir animer une saison. Ces différents séjours donnèrent à l'équipe l'occasion d'observer les mœurs et les habitudes des organisateurs et des membres du "Club Méditerranée". Après avoir jeté un regard sur les principaux types de personnages que l'on peut rencontrer, ils décident de monter une pièce dans leur café-théâtre parisien : "Amour, Coquillage et Crustacés". Ils jouèrent à guichet fermé pendant plus d'un an. C'est à partir de cette pièce que sera tiré le film "Les Bronzés" qui fut tourné vers Abidjan en Côte-d'Ivoire.
Sa collaboration avec Jean-Marie Poiré date de 1977 avec "Les Petits câlins", mais en 1979, elle est la coscénariste de son second film, "Retour en force", et tient deux ans plus tard, le rôle principal de "Les Hommes préfèrent les grosses", d'après une idée originale de Josiane Balasko, pour laquelle, elle est également coscénariste. A l'affiche, Daniel Auteuil et Thierry Lhermitte que l'on retrouve également dans le film de Jacques Monnet "Clara et les chics types" (1981) aux côtés de Christian Clavier, Isabelle Adjani et Roland Giraud. A noter, le film de Claude Berri où Josiane Balasko donne la réplique à Coluche dans "Le Maître d'école" (1981). Son activité de scénariste se poursuit avec Jean-Loup Hubert pour "L'Année prochaine si tout va bien" et participe au tournage du film "Le Père-Noël est une ordure" (1982)de Jean-Marie Poiré avec Anémone, Thierry Lhermitte, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier et Gérard Jugnot. Le personnage interprété par Josiane Balasko n'existait pas dans la pièce que la troupe a jouée au café-théâtre, avec le succès que l'on sait pendant un an et demi.
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Les années 80 ont permit à Josiane Balasko de diversifier ses rôles dans des comédies bien différentes, comme aux côtés de Claude Brasseur et Jean-Pierre Marielle dans "Signes extérieurs de richesse" (1983) de Jacques Monnet, où elle incarne une inspectrice des impôts, laquelle débarque dans la clinique vétérinaire de Brasseur; de même avec Victor Lanoux dans "La Smala" (1984) de Jean-Loup Hubert, elle est une ancienne rockeuse devenue aide-ménagère. En 1984, elle franchira une étape supplémentaire en réalisant et interprétant "Sac de noeuds" (1985). Ayant acquis ses galons de vedette aux côtés de ses camarades du Splendid, Josiane Balasko emboîta le pas de deux d'entre eux en passant pour la première fois à la réalisation. Par la suite, l'actrice réalisa "Les Keufs" (1987) et "Ma vie est un enfer" (1991) avec Daniel Auteuil et Richard Berry. En 1985, Michel Blanc (au théâtre), puis Thierry Lhermitte (au cinéma), seront les partenaires de la comédienne dans "Nuit d'ivresse" (1986) de Bernard Nauer, une pièce dont elle est l'auteur.
Une secrétaire de direction au physique ingrat, volant à une bourgeoise distinguée son époux chef d'entreprise tel est le postulat scénaristique saugrenu imaginé en 1989 par Bertrand Blier dans "Trop belle pour toi". D'autant que pour donner vie à ce trio, il réunit Gérard Depardieu, Carole Bouquet et une nouvelle venue dans sa famille de comédiens : Josiane Balasko. Pour la première fois, cette authentique spécialiste de la comédie trouve un rôle dramatique consistant et s'y révèle particulièrement touchante. Une totale et intelligente disponibilité était de mise pour assumer ce contre-emploi et Josiane Balasko se voit récompensée d'avoir relevé ce défi par une nomination au César de la meilleure actrice, lequel fut attribuée à sa partenaire Carole Bouquet. Au 42e Festival de Cannes, le film y obtint le Prix Spécial du Jury. "Trop belle pour toi" constitue l'un des points d'orgue de son parcours d'actrice avec "Gazon maudit" (1995) dont ce fut sa quatrième réalisation. La comédienne-cinéaste déclara : "La réalisation de ce sujet est née d'une double envie : d'une part interpréter un personnage rarement représenté au cinéma. D'autre part raconter une histoire triangulaire qui pourrait être banale, à une différence près : l'amant n'est pas celle que vous croyez (...) Pari difficile puisque je n'avais pour références en la matière que des films pour la plupart faits par des hommes concernant les hommes, l'homosexualité masculine ayant été déclinée à l'écran sous toutes les coutures, à la différence du lesbianisme, plongé dans le silence du non-dit." Ce film est sûrement le plus convaincant en tant que réalisatrice, qui modifie précisément un triangle amoureux, comme dans le film de Blier, mais dans une direction de liberté de thème et de ton plus "décoiffant". Marie-Jo, interprétée par Balasko, y rencontre la belle Loli (Victoria Abril), mariée de nombreuses années, en tombe amoureuse et la détourne de son mari (Alain Chabat). Le succès public est massivement au rendez-vous et certains se satisfont d'y voir preuve de l'évolution des mœurs et que l'homosexualité féminine n'est plus un tabou, du moins qu'il est possible de la représenter à l'écran de façon sensible et éloignée de la caricature. A noter également sa prestation dans le film de Jean-Jacques Zilbermann "Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes" (1993) où elle est nommée aux César 1993, elle y incarne avec bonne humeur une mère de famille militante communiste, vendeuse à la criée de "L'Humanité" et admiratrice enamourée des chœurs de l'Armée Rouge, dans la France des années 50. Le couple qu'elle forme avec Maurice Bénichou, plutôt gaulliste bon teint plus attaché au PMU et au petit blanc du dimanche matin qu'au collage d'affiches, vaut le détour.
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Hormis son travail avec Blier et ses propres projets, Balasko s'est laissée convaincre volontiers par ses anciens complices comme Gérard Jugnot, lequel réalise "Sans peur et sans reproche" (1988) de jouer dans son film ou Michel Blanc qui l'invite dans "Grosse fatigue" (1994) à interpréter son propre rôle, en affirmant avoir été violé par celui-ci... Josiane Balasko a aussi co-écrit avec Claude Zidi la comédie "Arlette" (1997), dont elle a interprété le rôle principal aux côtés de Christophe Lambert. Elle a également écrit pour la scène "Un Grand cri d'amour" avant de le porter à l'écran (1998) par elle-même et de l'interpréter en compagnie de Richard Berry. Balasko l'avait déjà dirigé sur les planches en 1989 dans "L'Ex-femme de ma vie", en compagnie de Jane Birkin et Thierry Lhermitte. Balasko retrouvait le réalisateur Gérard Lauzier pour le tournage du film "Le Fils du Français" (1999), qu'il avait dirigée dans "P'tit con" (1983). Selon son souhait, Fanny Ardant et Josiane Balasko jouèrent les grands-mères sans fausses rides ni prothèses.
Consécration importante de la profession, elle est distinguée d'un César d'honneur en 2000. Après quoi elle déboule sur les écrans avec un second rôle de choix, truculent et drolatique : celui de la marquise boulimique et paillarde du "Libertin" (2000), très libre adaptation de la vie de Diderot, signée Gabriel Aghion d'après la pièce d'Eric-Emmanuel Schmitt. "On n'arrête pas le progrès" dit-elle en conclusion de ce film. Constatons qu'on n'arrête pas non plus Josiane Balasko, qui dans "Les Acteurs" (2000) interprète...André Dussolier. Les années 2000, la comédienne fringante quinquagénaire n'arrive plus à retrouver des rôles aussi prestigieux que les précédents comme "Trop belle pour toi" ou "Gazon maudit", mais sa carrière connaît un tournant avec ce rôle bien différent, celui d'une inspectrice de police abîmée par la vie de "Cette femme-là" (2003) de Guillaume Nicloux. Sa performance est saluée par une nomination aux César de la meilleure actrice et cette Michèle Varin réapparaîtra dans un autre film policier du même réalisateur "La Clef" (2007). Balasko apparaît aussi dans le remake du film de Sacha Guitry "La Poison", sous le titre "Un Crime au Paradis" (2001), Jacques Villeret reprenant le rôle de Michel Simon et Josiane Balasko celui de Germaine Reuver. Puis à nouveau avec un autre classique du cinéma français des années 50 : "L'Auberge rouge" (2007) de Gérard Krawczyk aux côtés de Christian Clavier et Gérard Jugnot; Balasko reprenant le rôle tenue par Françoise Rosay.
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L'un de ses plus gros succès de sa carrière tient à une autre légende cinématographique, celle des "Bronzés", de retour en 2006 pour un troisième volet de leurs aventures. Participant à l'écriture collective du scénario, Josiane Balasko redevient Nathalie, mariée à Bernard, interprété par Gérard Jugnot et désormais quelque peu portée sur la boisson... Malgré un accueil critique mitigé; "Les Bronzés 3 : Amis pour la vie" dépasse les dix millions de spectateurs en France. Les propres réalisations de l'actrice n'atteignent pas de telles cimes, mais "Cliente" (2008) se distingue par son sujet, l'histoire d'une femme mûre recourant aux services d'escort-boys. Elle a d'abord donné lieu a un roman, publié en 2004, avant que Nathalie Baye l'incarne à l'écran, la réalisatrice jouant sa soeur et confidente. Son époux depuis 2003, l'Amérindien George Aguilar, y apparaît également. Au chapitre familial, sa fille Marilou Berry s'est elle aussi lancée, comme actrice, puis comme réalisatrice, la dirigeant même dans "Joséphine s'arrondit" en 2016. La maternité aura d'ailleurs constitué un motif récurrent, à travers ces années, pour Josiane Balasko, qui aura été la mère de Sylvie Testud dans "La Vie est à nous !" (2005) de Gérard Krawczyck, celle de Mathilde Seigner et Marina Fois dans le caustique "Maman" (2012) d'Alexandra Leclère où les enfants orchestrent le kidnapping et la séquestration de leur mère !. Puis celle d'Alexandra Lamy et de Mathilde Seigner, à nouveau, dans "Retour chez ma mère" (2016) d'Eric Lavaine, qui connut un succès non négligeable. Cette même année, on la retrouve en compagnie de Zabou Breitman formant un duo d'enfer dans "Arrête ton cinéma !" de Diane Kurys où Balasko incarne une productrice foldingue.
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Un nouveau second rôle marquant dans une galerie déjà bien fournie, comprenant, sur un registre plus sérieux, en jouant la propriétaire de haras dans "Sport de filles" (2012) de Patricia Mazuy, et côté cour, la gardienne d'immeuble raciste et fielleuse du "Grand partage" (2015) d'Alexandra Leclère. Tourné à La Ciotat, "Un Tour chez ma fille" (2021) de Eric Lavaine se présente comme une suite à "Retour chez ma mère". Interprétés par les mêmes acteurs, à l'exception d'Alexandra Lamy - qui tenait le rôle de Stéphanie. dont entend juste la voix au téléphone. Le film avait totalisé deux millions d'entrées. Quant à François Ozon, il eut l'idée de réunir Josiane Balasko et Hélène Vincent dans "Quand vient l'automne" (2024). Le scénario a pour point de départ une histoire vécue par le réalisateur dans son enfance, où sa tante avait ramassé des champignons, qu'elle avait cuisiné. Pendant la nuit, tout le monde avait été malade, sauf elle, qui n'en avait pas mangé. Il estimait que Balasko arrivait à incarner la culpabilité. On retiendra également son duo avec Didier Bourdon en "parents abandonnés" par leurs enfants dans "Mes très chers enfants" (2021) d'Alexandra Leclère. En 2026, Josiane Balasko est à l'affiche du film de Mohamed Hamidi "Tombé du ciel".
*Affiches-ciné * Cinéma français * Cinetom
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