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CINETOM
13 août 2026

RICHARD BOHRINGER, INSTINCTIF, PUISSANT ET SENSIBLE

RICHARD BOHRINGER       1942

Acteur, Réalisateur Français

Comédien instinctif et charismatique, Richard Bohringer se distingue par une présence brute, une voix singulière et reconnaissable et une grande intensité émotionnelle. Acteur de tempérament, capable de passer de la rudesse à la fragilité, avec un jeu profondément humain et authentique. Une forte personnalité d'acteur où l'on ne peut oublier cette voix cassée, rocailleuse, sa gouaille, son franc-parler et sa capacité à donner de l'épaisseur aux personnages qu'il incarne. Comédien instinctif, puissant et sensible, particulièrement à l'aise dans les personnages populaires, tourmentés ou ambigus. Il ne faut pas oublier que son profil dépasse largement celui d'acteur : auteur, metteur en scène, réalisateur, chanteur, écrivain et homme de théâtre, Il possède une véritable polyvalence artistique.

 

Richard Bohringer est né le 16 janvier 1942 à Moulins, fils d'un officier de l'armée allemande et d'une Française qui se rencontrent durant la Seconde Guerre mondiale. Le jeune Richard vécut son enfance auprès de sa grand-mère dans la banlieue parisienne. Marquée par deux évènements, une cécité complète pendant un an et demi et la tuberculose à l'âge de treize ans. Durant sa jeunesse à Saint-Germain-des-Près il se lie d'amitié avec Roger Dumas, Gérard Brach, Roman Polanski, découvre le jazz et se lance dans l'écriture.

 

Sa première pièce "Les Girafes", est produite par Claude Lelouch à la Gaîté-Montparnasse, et c'est Gérard Brach qui le fait débuter au cinéma dans le film "La Maison" en 1970. Mais c'est Charles Matton qui lui offre un rôle principal dans "L'Italien des roses" (1973). Richard Bohringer connaît son premier succès comme chanteur en 1979 à la Cour des Miracles et enregistre son premier album produit par Claude Zidi. Quant au réalisateur Alain Cavalier, il le dirige aux côtés de Isabelle Ho dans "Martin et Léa" (1979) où un certain François Berléand fait lui aussi des débuts prometteurs. Après quelques apparitions cinématographiques, puis "Diva" (1981), premier film de Jean-Jacques Beineix, à partir duquel sa carrière démarre en flèche. Dans la seule année 1983, il tourne huit films dont "Le Destin de Juliette" d'Aline Issermann, présenté dans le cadre de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 1983; puis "J'ai épousé une ombre" de Robin Davis avec Nathalie Baye, "Cap Canaille" de Juliet Berto et Jean-Henri Roger. C'est à la même période qu'il donne un concert unique à l'Olympia.

 

L'année suivante, il apparaît dans deux rôles très marquants : celui d'un flic dans "Le Juge" de Philippe Lefebvre avec Jacques Perrin et celui d'un gardien de prison dans "L'Addition" de Denis Amar. Depuis, Richard Bohringer a été très remarqué dans "Péril en la demeure" (1985) de Michel Deville, à co-produit "Folie Suisse" (1986) de Christine Lipinska, est apparu sur scène dans "L'Ouest, le vrai", de Sam Shepard, a enregistré un nouvel album et a donne un concert au New Morning. Pendant le tournage du film de Jean-Pierre Mocky "Le Pactole' (1985), Richard Bohringer a sablé le champagne sur le plateau pour son anniversaire, celui-ci était entouré de Patrick Sébastien, Pauline Lafont, Marie Laforêt, Bernadette Lafont et Roland Blanche. C'est sous les meilleures auspices que s'annonce pour Richard Bohringer l'année 1988, avec l'attribution du César du meilleur acteur 1987 pour sa prestation dans "Le Grand Chemin"(1987), beau succès populaire signé Jean-Loup Hubert avec Anémone, elle aussi récompensée du César de la meilleure actrice. Lors de la cérémonie, l'acteur dédie sa récompense à Michel Auclair, le "maître" qui a initié ses premiers pas dans le métier. Leurs jeux présentent d'ailleurs plus d'un point commun, en particulier une présence physique assez comparable, qui s'épanouit particulièrement dans une ambiance naturaliste, comme vient le confirmer le film suivant "Après la guerre" (1989), Bohringer y incarne, à nouveau devant la caméra de Hubert, un "malgré-nous", soldat alsacien mobilisé dans la Wehrmacht, pris dans la retraite de 1944, qui rencontre un tandem de gamins effrontés. Sa présence charismatique et son humanité un peu frustre modélisent une convaincante figure de revêche au grand cœur. 

 

A la télévision, on a pu remarquer Bohringer dans "Quidam", "Deuil en 24 heures", "Pablo est mort", de Philippe Lefebvre et "L'Inconnue de Vienne" de Bernard Stora. En 1987, Jacques Santi dirige Richard Bohringer et Pierre Arditi dans "Flag" qui veut dire en diminutif commun "flagrant délit". Pour son personnage principal, Simon, incarné par Richard Bohringer, un ami de longue date qui l'aida personnellement à monter ce film. Jacques Santi, (plus connu pour avoir été le séduisant Tanguy des "Chevaliers du Ciel") s'inspira d'un véritable inspecteur à la retraite, totalement désespéré et "accro" au jeu et à la boisson et d'autre part du héros du film de Karel Reisz, "Le Flambeur" (1974). A l'aise dans la farce avec Mocky dans "Les Saisons du plaisir" (1988), comme dans les conventions vaudevillesques chez Molinaro "A gauche en sortant de l'ascenseur" (1988) ou même l'aventure virile, le méconnu "La Soule" (1989), premier long métrage de Michel Sibra avec un duo non déplaisant entre Bohringer et Christophe Malavoy. Il étonne en s'intégrant parfaitement à l'univers baroque de l'Anglais Peter Greenaway qui le dirige dans le rôle principal d'un grand chef français, qui abrite dans son restaurant les amours d'un couple adultère dans "Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant" (The Cook, the Thief, his Wife and Her Lover,1989). Sa sobriété et sa retenue dans ce film foisonnant contrastent avec l'exubérance grivoise du poète Brantôme dans "Dames galantes" (1990) de Jean-Charles Tacchella, fantaisie en costumes du XVIe siècle, et la truculence tendre du SDF qui traverse "Une Epoque formidable" (1991), gros succès public réalisé par Gérard Jugnot.

 

Incontestable tête d'affiche du cinéma français des années quatre-vingt et quatre-vingt dix, dans la tradition des "gueules" populaires, sympathiques mais potentiellement inquiétantes, il se laisse séduire indifféremment par de jeunes réalisateurs comme Xavier Castano, qui lui permet de croiser Kirk Douglas dans "Veraz" (1991) ou Idrissa Ouedraogo pour "Le Cri du cœur" (1995), mais accepte d'être dirigé par des réalisateurs confirmés comme Patrice Leconte, qui l'invite à un insolite "Tango" (1993) aux côtés de Philippe Noiret, Thierry Lhermitte, Jean Rochefort et Carole Bouquet; puis le fait respirer le "Parfum d'Yvonne" (1994), tiré du roman de Patrick Modiano, d'après "Villa triste". Mais aussi, Claude Miller qui réunit père et fille, soit Romane Bohringer pour "L'Accompagnatrice" (1992), d'après Nina Berberova. Deux ans plus tard, Miller réunit Richard Bohringer, Jean-Pierre Marielle et Emmanuelle Seigner dans "Le Sourire". Sur des dialogues de Jacques Audiard et filmé par Jérôme Boivin, Richard Bohringer, Anne Brochet et Hippolyte Girardot se retrouvent à l'affiche des "Confessions d'un barjo" (1992). Boivin avait déjà dirigé Richard Bohringer, alors que celui-ci n'était pas encore une vedette consacrée, dans un court métrage intitulé "Café plongeoir".

 

Toujours généreux et disponible, le comédien semble attacher de plus en plus d'importance dans ses choix au facteur humain et relationnel. Il retrouve celui qui lui donna sa première vraie chance à l'écran, Charles Matton, pour un rôle inspiré du père du réalisateur, dans le poétique "La Lumière des étoiles mortes" (1994). Il accompagne ensuite Bernard Giraudeau qui réalise et joue  dans son aventure africaine des "Caprices d'un fleuve" (1996). En 1994, Claude Miller offrant un nouveau rôle à Richard Bohringer dans son film "Le Sourire" aux côtés de Jean-Pierre Marielle et Emmanuelle Seigner. Il y eut également un duo inattendu entre Bohringer et Charles Aznavour dans "Pondichéry, dernier comptoir des Indes" (1997) de Bernard Favre qui raconte l'histoire d'un jeune européen né en Inde faisant un voyage initiatique.

 

Les années 2000 sont bien plus propices au théâtre qu'au cinéma, il crée un spectacle "Seul en scène" (2010) adapté de son livre "Traîne pas trop sous la pluie". En 2013, il crée la pièce "J'avais un beau ballon rouge", dans laquelle il partage la scène avec sa fille Romane, pour la première fois. Quant au cinéma, on retiendra sa propre réalisation autobiographique du film "C'est beau une ville la nuit" (2006) qui mélange réalité et imaginaire entre l'Afrique, les voyages, la drogue, l'alcool et la famille. Par contre, le cinéaste Jean-Pierre Mocky le filme à quatre reprises soit "Dors mon lapin" (2012), "Le Renard jaune" (2013), "Le Mystère des jonquilles" (2014) et "Vénéneuses" en 2017. Sa dernière apparition au cinéma fut en 2021 dans un film de Maxime Roy "Les Héroïques". Parallèlement à ses activités de comédien et d'écrivain, son second roman "Le Bord intime des rivières", est publié en 1994, il a également animé une émission nocturne de radio sur Europe. On l'a vu aussi dans les téléfilms "L'Amour est un jeu d'enfant" (1994) de Pierre Grimblat, "Lulu roi de France" (1995) de Bernard Uzan et la série "Deux justiciers dans la ville (1993). 

 

*Affiches-ciné * Cinéma français * Cinetom

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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