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28 mars 2026

LE FABULEUX DESTIN D'ANDRÉ DUSSOLLIER

ANDRE DUSSOLLIER       1946

Comédien Français

Comédien incontournable du cinéma français des années 80 à ce jour, André Dussollier est un de ces acteurs qui auront marqué le septième art, du Conservatoire à la Comédie Française. Son aisance polymorphe doit beaucoup, en fin de compte, à cette voix, posée et modelée, aux sonorités placides et aux nuances spirituelles, on peut dire, l'une des plus originales du paysage cinématographique français. Il aura tourné avec quelques-uns des plus grands réalisateurs comme Truffaut, Lelouch, Rohmer, Resnais, Sautet,  Coline Serreau, Ettore Scola, Costa-Gavras, Jean Becker, Jacques Rivette, François Dupeyron, Jean-Pierre Jeunet, Etienne Chatillez, José Giovanni, Paolo et Vittorio Taviani, Volker Schlöndorff, Francis Veber, Olivier Marchal, Anne Fontaine, Elie Chouraqui, Pascal Thomas, André Téchiné, Arnaud Desplechin, Lucas Belvaux, François Ozon et même Marguerite Duras ! On ne peut pas tous les cités...

 

André Dussollier est né le 17 février 1946 à Annecy, et passe son enfance à Cruseilles en Haute-Savoie et Etrigny, petit village de Bourgogne, ou ses parents sont percepteurs. Dès l'âge de dix ans, il ressent le désir de comédie et monte sur les planches au cours d'une représentation théâtrale scolaire de "L'Enfant de la rivière". Après son bac, il tente d'oublier la comédie car son père l'oriente à suivre des études universitaires à Grenoble où il obtient deux licences de lettres modernes et une maîtrise. Sa passion pour la comédie ne l'ayant pas abandonné, il monte sur le campus "Mort sans sépulture" de Jean-Paul Sartre.

 

A 23 ans, cependant, il rejoint la capitale et suit les cours d'Art dramatique de Jean Périmony qui le préparent au concours du Conservatoire où il est admis et en sort avec un premier prix pour la promotion 1972. C'est en jouant "Léonce et Léna" de Buchner, mis en scène par Jacques Spiesser, que André Dussollier est remarqué par François Truffaut qui le fait tourner dans son premier film, en 1972,  "Une Belle fille comme moi", d'après le roman de Henry Farrell, sur un scénario de Jean-Loup Dabadie et Truffaut et une musique de Georges Delerue. Autour de Dussollier, Bernadette Lafont, Pierre Brasseur, Charles Denner, Guy Marchand et Philippe Léotard. La même année, il obtient un premier prix au Conservatoire pour trois scènes de Marivaux "Les Fausses Confidences", Marcel Achard "Jean de la Lune", et Pirandello "Chacun sa vérité".

 

Dussollier est engagé à la Comédie Française et joue "La Critique de l'Ecole des Femmes". Mais à la suite d'une grève qui suspend les activités du Français, et en raison des nombreuses propositions venant du cinéma. André Dussollier démissionne et débute à la télévision dans "Madame Bovary" de Pierre Cardinal. A Lyon, il joue dans "Par Dessus Bord" que met en scène Roger Planchon et interprète Octave dans "Les Fourberies de Scapin", à nouveau pour la télévision. C'est ainsi que Claude Lelouch le remarque et lui l'engage pour jouer dans "Toute une vie" (1973) où il a Marthe keller et Charles Denner comme partenaires. Entre 1973 et 1976, il aborde des univers aussi différents les uns des autres, dont "Un Divorce heureux" (1975) de Henning Carlsen avec Jean Rochefort et Bulle Ogier, "Il pleut sur Santiago" (1975) de Helvio Soto avec Annie Girardot et Jean-Louis Trintignant, "Le Couple témoin" (1976) de William Klein, "Marie Poupée" (1976) de Joël Séria, "Alice ou la dernière fugue" (1976) de Claude Chabrol. Puis, ce sera "Perceval le Gallois" (1979) d'Eric Rohmer qu'il retrouvera en 1981 pour "Le Beau Mariage" où il donnera la réplique à Béatrice Roman, Arielle Dombasle ou Féodor Atkine. Sans oublier l'excellent film de Jacques Bral "Extérieur nuit" (1979) avec Gérard Lanvin et Christine Boisson.

 

Parallèlement, André Dussollier continue d'apparaître au théâtre dans "Bed Room" (1976) de Allace Ayckburn, "Faisons un rêve" (1981) de Sacha Guitry et "Trahisons Conjugales" (1982) de Harold Pinter. Sans abandonner la télévision où il apparaît dans "Un Ours pas comme les autres" et "La Muse et la Madone" de Nina Companeez, "La Commune de Paris" de Serge Moati, "Elle voulait faire du cinéma" de Caroline Huppert. André Dussollier revendique totalement la pluralité de ses activités : "Un acteur doit se frotter à des expériences différentes, dit-il. Il existe un cinéma qui bouge, un cinéma qui raconte, un cinéma public qui offre des possibilités, des personnages dont on sent qu'on est capable de les interpréter, et dont on a envie." De 1981 à 1984, on retiendra, le film de Jacques Rivette "L'Amour par terre" (1984) , deux films d'Alain Resnais "La Vie est un roman" (1982) et "L'Amour à mort"(1984). Le cinéma d'auteur semble son plus beau fleuron grâce, avant tout, à ces trois chefs-d'oeuvres. Il sera également à l'affiche d'un film de Marguerite Duras "Les Enfants" (1984). Il apparaîtra également à la télévision dans "L'Aide-mémoire" de Jean-Claude Carrière, puis au théâtre dans "Love" de Murray Schisgal.

 

André Dussollier est l'un des comédiens indispensables au cinéma français, qui promènent leur art avec sérénité et modestie, du cinéma d'auteur à la série télévisée, de la comédie familiale au théâtre classique. Il est donc tentant de parcourir transversalement les douze dernières années de la carrière de cet acteur protéen, période qu'on pourrait baptiser ses "années de maturité". Dussollier aime parallèlement s'essayer à la légèreté de la comédie, dont la plus célèbre est "Trois hommes et un couffin" (1985), succès historique au box-office, dans lequel il est le père du bébé qui bouleverse la vie de ses deux compères qui sont Michel Boujenah et Roland Giraud et tout cela sous la direction de Coline Serreau. Il trouve dans le subtil "Mélo" (1986) d'Alain Resnais, adapté de la pièce d'Henry Bernstein, un superbe rôle, pour lequel il sera d'ailleurs distingué du prix Gregori Chmra en 1987.

 

Les années 80 sont très prolifiques pour André Dussollier, son interprétation très "carrée" d'un intègre commandant du contre-espionnage de la France Libre dans "Mon ami le traître" (1988) de José Giovanni est également remarquable, tout comme sa création insolite de commissaire de police psychopathe dans un film à suspense méconnu "Fréquence meurtre" (1988) d'Elisabeth Rappeneau avec Catherine Deneuve. Il démontre la même sûreté de jeu dans un film d'époque avec "Le Colonel Chabert" (1994) de Yves Angelo avec Gérard Depardieu, une comédie sociologique avec "Les Marmottes" (1993) d'Elie Chouraqui ou un vaudeville de boulevard avec "Quadrille" (1997) de Sacha Guitry, mis en scène par Valérie Lemercier. Une autre interprétation marquante lui est inspirée par Claude Sautet en 1992 "Un Cœur en hiver". Il y incarne Maxime l'expansif, face à Daniel Auteuil, l'introverti, son ami et collègue, lesquels travaillent dans un atelier de lutherie, mais c'est une sorte de trouble jeu entre les deux amis face à la relation qu'ils ont initié avec la belle Camille interprétée par Emmanuelle Béart. Dans ce film à la construction et à l'atmosphère musicale, le trio d'acteurs est à l'unisson et Dussollier remporte le César du meilleur second rôle masculin en 1993. Il garde semblable profondeur et envergure de séduction en passant de Sautet à Michel Deville "Aux Petits Bonheurs" (1994) ou avec la réalisatrice Danièle Dubroux "Border Line" (1992). Il tourne également sous la direction de différents réalisateurs comme Costa-Gavras "La Petite Apocalyspse" (1993), Jeanne Labrune "De Sable et de sang" (1988) avec pour thème la tauromachie, Yves Robert "Montparnasse-Pondichéry" (1994) avec Miou-Miou, et Ettore Scola "Le Roman d'un jeune homme pauvre" (Il romanzo di un giovane povero,1996).

 

André Dussollier n'a jamais abandonné ses premiers amours théâtrales remontant régulièrement sur les planches : "Love" de Murray Schisgal en1985, "La Mouette" de Tchekhov, avec Juliette Binoche t sous la direction d'Andreï Konchalowsky en 1988, "Le Chemin solitaire" de Schnitzler mis en scène par Luc Bondy en 1989, "Scènes de la vie conjugale", adapté d'Ingmar Bergman par Jacques Fieschi avec Nicole Garcia. Deux autres films de cette période sont également à énoncer "L'Enfance de l'art" (1988) de Francis Girod où il incarne un cinéaste qui triomphe au Festival de Venise et "Sushi Sushi" (1991) de Laurent Perrin. Le 28 février 1998, André Dussollier remporte le César du meilleur acteur pour une nouvelle collaboration avec son mentor Alain Resnais, grâce à "On connaît la chanson" (1997), qui intègre à ses dialogues des extraits de chansons connues repris en play-back par les comédiens et qui récolte alors sept récompenses. L'acteur devient l'un des plus régulièrement nominés lors de cette cérémonie annuelle, recevant la statuette du meilleur second rôle masculin pour "La Chambre des Officiers" (2001) de François Dupeyron.

 

Dans les années 2000, André Dussollier enchaîne les tournages avec des films dont les thèmes sont tous différents, il est dirigé par  Sophie Fillières dans "Aie" (2000), Pitof dans "Vidocq" (2001) avec Gérard Depardieu dans le rôle-titre; "Tanguy" (2001) d'Etienne Chatiliez avec Sabine Azéma, "Tais-toi !" (2003) de Francis Veber avec Gérard Depardieu et Jean Réno, une suite à "Trois hommes et un couffin" avec "18 ans après" (2003) de Coline Serreau et des retrouvailles avec Alain Resnais dans "Les Herbes folles" (2009), puis donner la réplique à Thierry Frémont dans "Une Affaire d'Etat" (2009) d'Eric Valette. Le réalisateur Jean Becker le dirige à trois reprises dans "Les Enfants du Marais" (1999) aux côtés de Jacques Gamblin, Michel Serrault et Jacques Villeret, dont ce dernier lui donnera la réplique dans "Un Crime au Paradis" (2001) avec Josiane Balasko. Puis "Effroyables jardins" (2003) d'après le roman de Michel Quint où il retrouve Villeret, son compagnon de route aux côtés de Thierry Lhermitte et Benoît Magimel. André Dussollier est aussi un narrateur hors pair dans divers documentaires, sa voix reconnaissable entre mille est souvent utilisée, "Ils ont filmé la guerre en couleurs" '2000) de René-Jean Bouyer, ou "Ils voulaient tuer de Gaulle" (2005) de Jean-Teddy Filippe,

 

Cette reconnaissance renouvelée salue une activité intense, trois ou quatre films par an, en moyenne au cours de la décennie et une popularité toujours croissante. Outre ses fidélités artistiques affirmées avec Alain Resnais "Coeurs" (2006), Jean-Pierre Jeunet (la voix du narrateur "Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain" (2001) ou "Un Long dimanche de fiançailles" (2004) mais aussi Pascal Thomas dans la fameuse trilogie : "Mon petit doigt m'a dit ..." (2005), d'après le roman d'Agatha Christie : "Le Crime est notre affaire" (2008) et enfin "Associés contre le crime" (2012) où il forme un duo inoubliable avec Catherine Frot. Dussollier répond volontiers aux sollicitations de cinéastes  de la jeune génération, comme Guillaume Canet "Ne le dis à personne" 2006), Dominik Moll "Lemming", qui lui permet d'aborder un registre plus inquiétant qu'à l'ordinaire ou encore Nicolas Boukhrief, qui en fait un émouvant flic en retraite frappé par la maladie d'Alzheimer dans "Cortex" (2008).

 

Dans les années 2010 - 2020, on retiendra quelques rôles signifiants comme celui de Joseph Staline dans "Une Exécution ordinaire" (2010) de Marc Dugain dont ce fut sa première réalisation, "Diplomatie" (2014) film historique de Volker Schlöndorff, dans lequel Dussollier incarne Raoul Nordling et Niels Arestrup celui du général Dietrich von Choltitz; "Mon Pire cauchemar" (2011) d'Anne Fontaine avec Isabelle Huppert et Benoît Poelvoorde. "Impardonnable" (2011) de André Téchiné avec Carole Bouquet (Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2011). En exergue du film "Mauvaises herbes" (2018) de Kheiron, figure cette phrase de Victor Hugo dans "Les Misérables" : "Mes amis, retenez ceci, il n'y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes, il n'y a que de mauvais cultivateurs. En 2019, on retrouve André Dussollier dans deux autres longs métrages : "Fourmi" de Julien Rappeneau et la suite de "Tanguy, le retour" d'Etienne Chatiliez. Avec une filmographie enrichissante comme celle d'André Dussollier, à l'aube de ses 80 ans, il vient de jouer aux côtés de Miou-Miou, Pauline Clément et Thomas Solvérès "Chers Parents" (2026) réalisé par Emmanuel Patron.

 

*Affiches-ciné * Cinéma français * Cinetom

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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