MARTIN SCORSESE, UNE OEUVRE PUISSANTE ET PERSONNELLE
MARTIN SCORSESE 1942
Réalisateur Américain
/image%2F1371232%2F20260321%2Fob_0ab32c_aa01ms001.jpg)
Passionné jusqu'à l'obsession, Martin Scorsese est considéré comme étant un des plus brillants réalisateurs parmi ceux qui ont débuté dans les années 70, mais on dit aussi de lui qu'il est "imprévisible". Travailleur acharné, fasciné par les frustrations d'ordre sexuel provoquées par la religion et la violence qui peut en résulter. Tout ceci apparaît clairement dans ses films les plus personnels. Il faut dire également qu'il a été courageux; pendant douze années de rang, il a lutté avec ténacité contre la maladie, soutenu par l'idée d'être un jour diplômé d'une école de cinéma.
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_dd05a9_aa01ms004.jpg)
Italo-américain de la troisième génération, Martin Scorsese est né le 17 novembre 1942 à Flushing (New York), mais il a grandi dans le milieu catholique italien de Manhattan, sa famille s'étant installée, en 1950, dans le quartier de Little Italy. Asthmatique, il ne pouvait se livrer à aucun effort. Pour le distraire, son père l'emmenait deux fois par semaine au cinéma. Doté d'une imagination fertile, le jeune Scorsese utilisait cette moisson d'images pour s'inventer son propre cinéma. Avec le temps, lorsqu'il repense à son adolescence, Scorsese avoue qu'il lui arrive souvent de confondre les évènements réels avec les films qu'il voyait alors, ceux de John Ford, de Samuel Fuller, de l'actrice Alice Faye, ou avec ceux qu'il imaginait.
Sa famille acquiert un poste de télévision à la fin des années 40. Ainsi, Scorsese peut-il voir un grand nombre de vieux films. Mais c'est "Sur les quais" de Kazan, qui influencera le plus le jeune homme dans son adolescence. A l'âge de quatorze ans, il décide de devenir prêtre, mais le rock and roll, les boîtes de la 42e Rue et ses amis du Lower East Side le détournent de ses chères études. En 1963, il s'inscrit à la New York University, où il suit tout d'abord les cours de littérature anglaise puis, obéissant à son attirance pour les images, les cours de cinématographie, encouragé par le professeur Haig Manoogian, auquel il dédiera "Raging Bull" (1980). Parmi ses compagnons d'études et ses amis se trouvent Brian de Palma, qui lui fait connaître Robert De Niro, le cameraman Michael Wadleigh, lequel réalisera en 1970 "Woodstock" et Mardik Martin, qui deviendra son collaborateur pour plusieurs scénarios.
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_0f19ef_aa01rdn4.jpg)
Initialement; ses résultats scolaires sont si mauvais qu'il n'est pas accepté à l'Université Fordham, et doit se contenter d'entrer à l'Université de New York. Là; il découvre avec bonheur le département cinéma. Dès le premier cours, il réalise qu'il a enfin trouvé sa véritable vocation. Pendant ses études, il signe plusieurs courts métrages, parmi lesquels il faut citer l'excellent "It's Not Just You, Muray" (1964), tourné en 16 mm, format beaucoup plus économique. La découverte des films de la nouvelle vague française, grâce aux projections du New York Festival, ainsi que certains films indépendants comme le "Shadows" (1959) de John Cassavetes et incite Scorsese à s'essayer à la réalisation de films expérimentaux.
Interprété par Harvey Keitel et Zina Bethune, le film aura pour titre (I Call First) et sera distribué en 1968 sous celui de "Who's That Knocking at My Door ?" A le revoir aujourd'hui, on y découvre, outre la bonne prestation de Keitel et une belle photographie en noir et blanc, une sorte d'ébauche de "Mean Streets" (1973), qui,à l'époque, en était déjà au stade du scénario. Ce premier long métrage de Martin Scorsese fut conçu, à l'origine, comme la deuxième partie d'un triptyque qui ne vit jamais le jour, consacré aux jeunes du quartier new-yorkais de Little Italy. La première partie, "Jérusalem, Jérusalem", aurait raconté la retraite religieuse d'un groupe de jeunes hommes. La troisième, "Season of the Witch", servit finalement de point de départ à l'écriture de "Mean Streets". Lors de sa mise en route, en 1965, l'œuvre n'est qu'un simple film de fin d'études à la New York University. "Mon père a réussi à trouver 6 000 dollars issus d'un prêt pour étudiant, expliqua Scorsese. Je crois bien que c'était la première fois qu'on réalisait un film d'université en 35 mm noir et blanc sur la Côte Est" (Scorsese in Scorsese" Ed. Cahiers du Cinéma,1990).
Sitôt terminé "Who's That Knocking at My Door ?", Scorsese réalise un autre court métrage en 16 mm, "The Big Shave" (1967), très remarqué au Festival belge du cinéma expérimental de Knokke-le-Zoute. Pour la circonstance, le cinéaste se rend en Europe avec le cameraman Richard Coll. Il y reste six mois, durant lesquels il tourne des films publicitaires, collaborant aussi aux Pays-Bas, avec Rim de la Parra et Wim Verstrappen, scénario du thriller "Besessen" (1969). Sa réputation de monteur lui vaut d'être appelé par Hollywood. Alors qu'il travaille au montage de "La Caravane d'amour" (1971) de François Reichenbach, il fait la connaissance de Roger Corman, qui lui confie la réalisation d'un film "Pour les gars de la 42e Rue", ainsi que Corman désigne son public.
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_266470_aa01ms0012.jpg)
Le réalisateur-producteur s'attendait plus ou moins à une suite de son propre film "Bloody Mama" (1970). En fait, "Bertha Boxcar" (Boxcar Bertha,1972) de Martin Scorsese est une méditation étrange, avec quelques scènes d'une grande violence, sur la vie de certains militants syndicalistes itinérants et sur les laissés-pour-compte des années de la grande crise. Quelque peu perplexe, le patron de l"AIP ne sait pas pas très bien quel sort réserver au film, d'autant que Martin Scorsese a considérablement remanié et gonflé le scénario original. Malgré tout, le film et son auteur trouvent des admirateurs au sein même de l'industrie du cinéma et dans les festivals. On encourage alors Scorsese à réaliser un film auquel il croirait vraiment et non plus une œuvre commerciale de routine.
Ce film sera "Mean Streets" : réalisation à petit budget (elle ne coûte que 550 000 dollars) qui allait rencontrer un grand succès au New York Film Festival et à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Portrait de toute une génération d'Italo-Américains du ghetto de Little Italy, coincés entre le pouvoir de l'Eglise catholique et celui de la mafia dans lequel Harvey Keitel joue une nouvelle fois un personnage très proche du réalisateur. Homme désireux de se libérer de l'emprise de son éducation catholique, Charlie ne peut en même temps renoncer à "sauver" ceux qui l'entourent, en particulier son meilleur ami et la sœur épileptique de ce dernier. Sa généreuse démarche se soldera par la catastrophe. Une bonne part du charme du film tient à l'utilisation de la musique rock, qui ne sert pas seulement à situer l'époque, mais constitue un commentaire sonore aux moments de forte tension émotionnelle. Les personnages se définissent autant par ce qu'ils font et ce qu'ils disent que par l'ambiance musicale dans laquelle ils évoluent.
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_d4ccbf_aa01ms0053.jpg)
Au-delà des préoccupations personnelles qui s'y expriment, "Mean Streets" est un film "de genre" classique qui s'inscrit dans une tradition remontant au moins aux "Anges aux figures sales". Le film, parfois projeté en France sous le titre "Les Rues chaudes", fut tourné très rapidement, au cours de l'automne 1972, dans les rues, les magasins, les bars de la petite Italie où se déroule l'action et où le réalisateur, qui joue le rôle du tueur à la fin du film, a vécu toute sa jeunesse comme indiqué ci-dessus. "Quand on a été élevé dans Little Italy, que devenir, sinon gangster ou prêtre ? Or je ne pouvais être ni l'un ni l'autre. Physiquement, je ne pouvais faire un gangster acceptable. Je me faisais toujours tabasser. Mes amis sont toujours là-bas, ils s'habillent toujours de la même façon, ils n'ont guère changé. J'ai beaucoup de tendresse pour eux" (M. Scorsese, Positif no170). D'une certaine façon d'ailleurs, on peut dire que Scorsese n'a tourné que des films "de genre", sur lesquels, bien sûr, il opère des variations. "Mean Streets" est suivi de "Alice n'est plus ici" (Alice Doesn't Live Here Anymore,1974), histoire d'une veuve qui erre à travers l'Amérique à la poursuite du bonheur, quête éperdue et pathétique entre deux rêves impossibles : s'imposer dans la chanson ou rencontrer le grand amour. Beau portrait de femme, à la manière des œuvres d'un Douglas Sirk ou d'un Frank Capra, admirablement servi par Ellen Burstyn, laquelle obtiendra l'Oscar de la meilleure actrice et fut outre cité dans les catégories meilleur scénario et meilleur second rôle féminin à Diane Ladd. Le film est aussi un poignant témoignage sur l'Amérique.
En 1976 dans "Taxi Driver", la ville de New York n'est pas seulement un décor, elle participe à l'égal des personnages, à l'histoire elle-même. Récompensé à Cannes par la Palme d'Or, "Taxi Driver" apportait la consécration internationale au jeune réalisateur. Bien que Scorsese ait eu recours à Paul Schrader pour la rédaction du scénario de son film, il existe une filiation directe entre "Mean Streets" et "Taxi Driver", à cette différence près que dans ce dernier film le rédempteur se mue en véritable ange exterminateur, en tueur honoré et couvert de louanges pour avoir abattu un malfrat. Mais, au bout de ce voyage nocturne dans l'enfer de la grande ville, celle-ci, réduite à un kaléidoscope de couleurs et de formes étranges, finit par perdre toute réalité au point qu'on se demande si l'on ne se trouve pas dans l'univers mental d'un halluciné. "Taxi Driver" pose "le problème de la solitude propre à la condition humaine, incarné par un être marchant à travers la foule grouillante, ballotté, ignoré ou abusé, bousculé ou flatté, qui ne se sent jamais concerné parce qu'enfermé dans son univers secret et fantasque, il est incapable de communiquer avec les autres".
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_967ca7_aa01ms0051.jpg)
Les critiques qui louèrent le "réalisme" du film semblent s'être fourvoyés, à moins qu'ils n'aient fait référence à son réalisme subjectif. Il n'y a pas loin d'ailleurs entre la façon dont le cinéaste détourne le véritable "décor des rues de New York dans "Taxi Driver" jusqu'à le rendre artificiel et sa décision de tourner "New York, New York" (1977) entièrement en studio. Pour reprendre ses propres déclarations, Scorsese voulait réaliser "un film intitulé "New York, New York", entièrement tourné à Los Angeles, qui rappellerait les films que je voyais quand j'étais enfant, et qui donnerait une idée à la fois réelle et imaginaire de New York. C'est ainsi que j'ai cherché à mêler vision imaginaire (les films qui marquèrent mon enfance) et réalité (celle de ma propre expérience)". Avec "New York, New York", Scorsese veut donner aux spectateurs la possibilité de revivre la prise de conscience du peuple américain, de l'optimisme des années d'après guerre à la désillusion des années 50. Tout en optant pour l'artifice dans la forme - à la manière de "Romance inachevée" (1953) - le film de Scorsese cherche à montrer la réalité complexe des rapports humains, peut-être pour éprouver la résistance des formes anciennes d'expression face à un contenu réaliste.
"The Last Waltz" (1978), un semi-documentaire sur le dernier concert du Band, entre lui aussi dans la catégorie du cinéma de genre : le film-concert avec interviews des vedettes participantes. Le film vaut autant par la maîtrise avec laquelle Scorsese organise les différents éléments que par le regard qu'il pose sur un phénomène culturel au seuil du déclin. "Raging Bull", pour sa part, appartient au genre très hollywoodien traitant du monde de la boxe, du type "Marqué par la haine" (1956), mais revu et corrigé par un homme élevé au sein de la communauté italo-américaine. La misogynie dont il témoigne par moments est d'ailleurs tout à fait caractéristique de l'œuvre de Scorsese. Pour preuve la scène où Jake La Motta, le héros, en arrive au paroxysme de la violence à la seule idée que sa jeune épouse, qu'il idolâtre, puisse avoir couché avec son frère. "Raging Bull" présente également d'autres constantes des films de Scorsese : l'amour, l'amitié virile, la rédemption, le geste gratuit.
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_537383_aa01ms007.jpg)
En 1982, Scorsese aborde de nouveaux thèmes, mais toujours liés au monde du spectacle, avec "La Valse des pantins" (The King of Comédy), sorte d'étude sur le phénomène du vedettariat, où Jerry Lewis partage l'affiche avec Robert De Niro, l'acteur favori du cinéaste. Présenté au gala d'ouverture du Festival de Cannes de 1983, le film y reçut un accueil mitigé. En 1985, une "campagne anti-blasphème" venue des ultras du protestantisme américain rebondit en France à propos d'un projet d'adaptation de "La dernière tentation du Christ", d'après Nikos Kazantzakis. Le ministre de la Culture Jack Lang et le procureur Humbert Balsan, favorables à la réalisation du projet en France, reçoivent plus d'un millier de lettres de protestations. C'est alors que le Cardinal Lustiger intervient directement auprès de l'Elysée pour faire obstacle au projet. C'est ainsi que le projet abandonné, donnera naissance à "After Hours" (1985) qui a obtenu le Prix de la Mise en Scène au Festival de Cannes 1986. "D'un bout à l'autre c'est une farce, souligne Martin Scorsese. Une farce du subconscient. Un mélange de différents genres : la comédie loufoque, le film noir, les histoires de maison hantée".
Avec "Le Couleur de l'argent" (The Color of Money,1986), Martin Scorsese rend hommage à un classique du cinéma américain, "L'Arnaqueur" de Robert Rossen. Paul Newman y reprend vingt-cinq ans après le rôle de l'ex-champion de billard Fast Eddie Felson, face à un brillant et impétueux disciple interprété par Tom Cruise. L'obsession de Scorsese pour la religion s'exprime dans des oeuvres ambitieuses telles que "La Dernière tentation du Christ" (The Last Temptation of Christ,1988) avec Willem Dafoe dans le rôle du Messie et Harvey Keitel dans celui de Judas, ce film fit scandale dans les milieux intégristes. Présenté au Festival de Venise en 1988, le film ne fut l'objet d'aucun scandale. Sa distribution en France déchaîna l'hostilité intolérante des milieux intégristes. Des bombes lacrymogènes interrompaient fréquemment les séances, jusqu'à l'incendie criminel du cinéma "Saint-Michel" à Paris, survenu dans la nuit du 22 au 23 octobre 1988, et suivi de l'arrestation des pyromanes. Le cinéaste renouvela différemment avec "Kundun" (1997), extraordinaire épopée du Dalai Lama depuis son enfance au Tibet jusqu'à sa fuite en exil.
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_c7b885_aa01ms003.jpg)
Cette veine, que l'on peut qualifier de "cinéphilique", se poursuit avec "Les Nefs à vif" (Cape Fear,1991), remake du thriller tourné par Jack Lee Thompson en 1962, produit par Steven Spielberg. Là encore, l'hommage est sincère et le respect évident. D'ailleurs, Scorsese réutilise la partition composée à l'origine par Bernard Herrmann. Le réalisateur fit appel aux mêmes acteurs dans des rôles différents à quelques-uns de ceux qui avaient tourné la première version dont Gregory Peck, Robert Mitchum et Martin Balsam. Il crée en 1992 la société "Martin Scorsese Presents" chargée de la diffusion de grands classiques. Une autre source d'inspiration est la saga "mafieuse", commencée en 1973 avec "Mean Streets". "Les Affranchis" (Goodfellas,1990) a pour personnage principal le gangster repenti Henry Hill incarné par le regretté Ray Liotta, que l'on suit depuis ses années de formation à Brooklyn jusqu'à sa prise en main par le F.B.I. On y retrouve bien entendu De Niro, mais aussi Joe Pesci, autre acteur fétiche. Tous deux seront présents, ainsi que Sharon Stone dans "Casino" (1995). C'est l'auteur du livre Nicholas Pileggi qui fut le coscénariste du film "Casino" lequel commença à rassembler de la documentation sur Las Vegas dans les années 70 et sur la carrière du directeur de casino Frank Rosenthal.
Scorsese aborde pour la première fois le film d'époque avec "Le Temps de l'innocence" (The Age of Innocence,1993), d'après le roman d'Edith Wharton, déjà porté à l'écran en 1924 par Wesley Ruggles et en 1934 par Philip Moeller. Pour cette somptueuse reconstitution de la haute société de Manhattan en 1870, il fait appel à Michelle Pfeiffer, Daniel Day-Lewis et Winona Ryder, acteurs étrangers à son cercle habituel de comédiens. En 1995, il est le maître d'oeuvre d'une histoire très personnelle du cinéma américain : "A Personnal Journey With Martin Scorsese Through American Movies" produit par Florence Dauman pour la BBC. Après "Taxi Driver" et "After Hours", Martin Scorsese plongeait avec "A tombeau ouvert" (Bringing Out the Dead,1999), à nouveau dans la nuit new-yorkaise, ses bas-fonds et ses ambiances hypnotiques, toujours marquées par une imprégnation religieuse et théâtre d'un itinéraire rédempteur... Outre de multiples détails visuels et les attitudes christiques du héros, la construction du film épouse d'ailleurs un écoulement symbolique, s'étirant comme la fête chrétienne de Pâques de la journée du jeudi au dimanche matin, où les personnages joués par Nicolas Cage et Patricia Arquette se figent dans une saisissante pietà.
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_79f23e_aa01ms008.jpg)
Depuis une vingtaine d'années, Martin Scorsese envisageait ce projet inspiré par un livre de Herbert J. Asbury, lequel ne vit pas le jour dès 1980, mais en 2002, le réalisateur mis en projet "Gangs of New York", mais ce n'est qu'en septembre 2000 qu'eurent les premières prises de vues dans les studios de Cinecittà, où le décorateur habituel de Scorsese, recréa, sur six hectares, le quartier de Five Points. Sa date de sortie, plusieurs fois repoussée, en particulier au moment des attentats du 11 septembre 2001. Cette fresque épique et flamboyante sur les premières guerres des clans dans le New York du XIX e siècle, ce fut le début d'une grande collaboration avec Leonardo DiCaprio. Le premier film qui fut tourné avec le comédien, était "Aviator" (The Aviator,2004) dont l'histoire du célèbre producteur Howard Hughes, s'attache aux années 1927-1947. Les séquences aériennes furent tournées en numérique et l'image de Leonardo DiCaprio incrustée dans les plans. Ce film fut nommé à onze reprises aux Oscars, cinq furent décernés dont le meilleur second rôle féminin à Cate Blanchett, mais aussi pour la photographie, les costumes, les décors, le montage. Six ans plus tard, un deuxième film avec Leonardo DiCaprio "Shutter Island" (2010). Lorsqu'il reçut le scénario, Martin Scorsese travaillait la narration d'un documentaire consacré à Val Lewton "Val Lewton : The Man in the Shadows,2007) de Kent Jones. Val Lewton produisait des petits films à petit budget où l'angoisse était suggérée plutôt que montrée. Scorsese organisa des projections de films comme "La Féline" ou "Vaudou" de Jacques Tourneur ou "L'île des morts" de Mark Robson, afin de restituer la même atmosphère.
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_065530_aa01ms0010.jpg)
Entretemps, Scorsese avait dirigé Jack Nicholson, Matt Damon, Mark Wahlberg et Alec Baldwin dans "Les Infiltrés" (The Departed,2006), le film remporte l'Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur. En 2011, le réalisateur s'oriente vers un film d'aventures fantastique "Hugo Cabret" dont l'histoire se déroule à Paris dans les années 30, avec pour toile de fond, la gare Montparnasse, un jeune garçon mais aussi de l'illustre Georges Méliès. Deux ans plus tard, Scorsese retrouve pour la cinquième fois DiCaprio pour le tournage du "Loup de Wall Street" (The Wolf of Wall Street), d'après les mémoires du courtier en bourse Jordan Belfort avec un scénario qui évoque l'ascension et la chute de ce courtier véreux des années 90. En 2015, l'Institut Lumière à Lyon lui décerne le Prix Lumière, pour l'ensemble de son œuvre. En 2019, Martin Scorsese réalise "The Irishman" avec Robert De Niro, Joe Pesci et Al Pacino. Pour sa monumentale saga du gangstérisme, filmée en 35 mm, construite sur de multiples allers-retours chronologiques, avec un budget colossal de 175 millions de dollars tenu grâce à Netflix. En 2023, Martin Scorsese réunit ses deux acteurs favoris : Robert De Niro et Leonardo DiCaprio dans "Killers of the Flower Moon", tiré du livre de David Grann, une histoire de crime, de racisme et de corruption.
*Affiches-ciné * Cinetom
/image%2F1371232%2F20260327%2Fob_a6e2c2_aa01ms0062.jpg)
/image%2F1371232%2F20260327%2Fob_028475_aa01ms0055.jpg)
/image%2F1371232%2F20260327%2Fob_dbb9a0_aa01ms0061.jpg)
/image%2F1371232%2F20260327%2Fob_dab778_aa01ms004.jpg)
/image%2F1371232%2F20260327%2Fob_aaf63c_aa01ms0050.jpg)
/image%2F1371232%2F20260327%2Fob_1043a7_aa01ms0012.jpg)
/image%2F1371232%2F20260327%2Fob_00ef13_aa01ms0053.jpg)
/image%2F1371232%2F20260327%2Fob_4cdf0b_aa01ms51.jpg)
/image%2F1371232%2F20260327%2Fob_0891e4_aa01ms0058.jpg)
/image%2F1371232%2F20260327%2Fob_9cc34b_aa01ms0051.jpg)
/image%2F1371232%2F20260327%2Fob_3dd7d2_aa01ms006.jpg)
/image%2F1371232%2F20260327%2Fob_b6541d_aa01ms007.jpg)
/image%2F1371232%2F20260327%2Fob_8c9464_aa01ms0054.jpg)
/image%2F1371232%2F20260327%2Fob_525418_aa01ms009.jpg)
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_457582_aa01rdn3.jpg)
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_d6c940_aa01ms0015.jpg)
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_5693fe_aa01ms002.jpg)
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_be3a07_aa01ms005.jpg)
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_28ffc3_aa01ms008.jpg)
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_6b861e_aa01ms0011.jpg)
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_6e26ff_aa01ms0059.jpg)
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_5d6a24_aa01ms0052.jpg)
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_93c533_aa01ms0013.jpg)
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_1b171a_aa01ms0014.jpg)
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_b823fa_aa01ms0016.jpg)
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_253530_aa01ms0056.jpg)
/image%2F1371232%2F20260328%2Fob_bb02d2_aa01ms0017.jpg)