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CINETOM
13 mars 2026

ROBERT ENRICO, L'EMPREINTE D'UN GÉANT

ROBERT ENRICO         1931 - 2001

Réalisateur, Scénariste Français

Cinéaste prolifique, qui a su valoriser de nombreux comédiens dans des films d'auteur, de divertissement, tout en sachant conjuguer l'image et le son, sans oublier certaines mélodies que l'on oublie pas comme celles de François de Roubaix dans "Les Aventuriers" ou "Le Vieux fusil" ou celles d'Ennio Morricone dans "Le Secret".

Robert Enrico est né le 13 avril 1931 à Liévin dans le Pas-de-Calais, ses parents déménagent à Toulon où son père dirige un magasin de motos et de cycles, c'est d'ailleurs un champion motocycle reconnu. Après des études secondaires au collège des maristes, à Toulon, il obtient son baccalauréat et fait partie de la VIIe promotion de l'I.D.H.E.C. (Institut des Hautes Etudes Cinématographiques) (1953-1956) des "Théophiliens", troupe universitaire spécialisée dans le répertoire du théâtre français du Moyen Age, il travaille parallèlement, comme assistant-metteur en scène et monteur de films industriels, médicaux et agricoles.

 

En 1956, son court métrage "Jéhanne", à partir de miniatures du XVe siècle, est sélectionné pour le Festival de Venise. Il est coréalisateur et monteur avec Luciano Emmer du film "A chacun son paradis", un film de montage à partir de documents en 16 mm tournés par différents aventuriers et cinéastes-explorateurs. Il réalise des reportages filmés pour la télévision : "Le Brésil des Théophiliens" (1952) et "Jeanne à Rouen" (1953). De 1956 à 1959, il effectue son service militaire - en même temps que Claude Lelouch et Jean-Gabriel Albicocco - au  Service Cinématographique des Armées et y réalise plusieurs moyens et courts métrages avec le concours de l'Aviation et de la Marine Nationale.

 

En 1960, "Thaumetopoea", un court métrage sur le cycle biologique de la chenille processionnaire du pin, traité dans un esprit de science-fiction remporte de nombreuses récompenses dans les festivals internationaux. "La Rivière du hibou" (1961), court métrage de fiction d'après une nouvelles d'Ambrose Bierce, situé pendant la Guerre de Sécession, reçoit la "Palme d'Or au Festival de Cannes 1962 et l'Oscar du court métrage à Hollywood en 1964. Enrico réalise par la suite "Au cœur de la vie" (1962) et entreprit la réalisation de ce triptyque composé de trois courts métrages, d'après trois nouvelles de l'auteur américain Ambrose Bierce. Boudé par la profession, ce programme ne trouva de sorti en salles que trois ans plus tard, dans deux salles parisiennes. Quant au suivant "La Belle Vie" (1964), Robert Enrico déclara ironiquement : "Dix-huit mille entrées et dix ans de dettes, c'est ça "La Belle Vie". Le thème principal étant la tranche de vie d'un appelé du contingent qui vient de terminer son service à l' A.F.N. (Afrique française du Nord). Enrico Parsema cette fiction de bandes d'actualité à propos desquelles Samuel Lachize écrivit dans "L'Humanité" : "Elles s'intègrent par leurs images dans l'histoire elle-même (...) Elles sont représentatives d'un moment de notre époque : chasse au faciès, rafles, plastiquages, manifestations au Quartier Latin ou à Charonne, les rues d'Alger..." Initialement prévu pour une durée plus longue, le film fut boudé par les distributeurs et connut quelques démêlés avec la censure. Après une présentation au Festival de Venise, la reconnaissance vint par l'obtention du Prix Jean Vigo et celles d'autres prix, à Prades, aux Rencontres internationales de Cannes.

 

Nommé réalisateur à l'O.R.T.F., Robert Enrico tourne sa première dramatique : "La Redevance du Fantôme", d'après Henry James, avec Marie Laforêt et Stéphane Fay, qui remporte le Grand Prix Albert Ollivier. Robert Enrico rencontre le succès critique et public avec "Les Grandes Gueules" (1965) interprété par Bourvil, Lino Ventura, Marie Dubois et Michel Constantin. Robert Enrico emprunte à José Giovanni le sujet de son film suivant "Les Aventuriers" (1967), mais il ne garde que certains épisodes du roman. De plus, il supprime un personnage masculin pour le remplacer par une femme incarnée par Joanna Shimkus aux côtés de Alain Delon et Lino Ventura sur une musique inoubliable de François de Roubaix. Cette même actrice retrouvera le réalisateur dans "Tante Zita" (1968), lequel a préféré revenir au film d'auteur qu'il avait défendu dans "La Belle Vie" : "J'avais très envie , après deux films à vedettes, de me replonger dans un cinéma plus personnel, plus intérieur... L'occasion m'en a été fournie par ma femme, Lucienne Hamon, qui avait écrit il y a quelques années une très belle nouvelle intitulée "Tante Zita"... Voilà pourquoi je fais ce film et en le faisant dans ces conditions j'ai l'impression de travailler librement."

 

En 1968, Enrico dirige Jean-Paul Belmondo et Joanna Shimkus dans "Ho !" d'après le roman de José Giovanni, puis Lino Ventura et Brigitte Bardot dans "Boulevard du Rhum" (1971). Quant au film suivant "Les Caïds" (1972) co-écrit avec Pierre Pelegri, qui avait collaboré au scénario des cinq films précédents, il mettait en présence deux générations d'acteurs. Face aux -déjà - vieux routiers Serge Reggiani, Jean Bouise et Michel Constantin, Juliet Bertho et Patrick Bouchitey. Le thème de l'homme en fuite est cher au romancier Francis Ryck, qui l'illustra déjà dans "Drôle de pistolet", devenu au cinéma "Le Silencieux". Enrico réalise cette fois-ci "Le Secret" (1974) sur une musique d'Ennio Morricone avec Jean-Louis Trintignant, Philippe Noiret et Marlène Jobert.

 

"Le Vieux fusil" (1975) fut un énorme succès, l'Académie des Arts et Techniques du Cinéma lui décerna 3 César en 1975, meilleur film français, meilleure interprétation masculine à Philippe Noiret et meilleure musique à titre posthume à François de Roubaix, décédé avant la sortie du film. De Romy Schneider, Robert Enrico dira qu'elle était une comédienne merveilleuse et d'une photogénie diabolique. Elle veut devenir la première. Elle sait se donner à fond dans un rôle. Dans la scène cruciale où elle est violentée, où elle se débat et où elle était déchaînée au point qu'elle a renversé un comédien dans les escaliers. Elle était à la fin du tournage couverte de bleus, ses ongles étaient cassés et elle avait un doigt abîmé. J'ai coupé volontairement le son pour ne laisser agir que l'image, mais les hurlements étaient terrifiants...". A noter la présence de Jean Bouise et Madeleine Ozeray, épouse de Louis Jouvet. 

 

Robert Enrico réalise un téléfilm  pour France 2 (Antenne 2) "Un Neveu silencieux" (1979) qui sortira dans les salles de cinéma en 1979, dont le sujet décrit le quotidien d'un enfant trisomique et de ses parents. En 1980, le cinéaste a un autre projet en chantier, "L'Empreinte des Géants", hommage aux travailleurs anonymes qui, sur d'énormes engins, ont construit le réseau autoroutier français. C'est Serge Reggiani qui eut l'immense plaisir de tourner cette histoire liée aux préoccupations sociales évidentes. Ce film est inspiré du roman "La Marie Marraine" qui raconte la lutte impitoyable de deux puissants groupes de camionneurs. A noter la présence de Mario Adorf, Andréa Ferréol, Raimund Harmstorf, Dominique Laffin, Patrick Chesnais et Philippe Léotard autour de Reggiani. Concernant le film suivant "Pile ou Face" (1980), à trois semaines du premier tour de manivelle, Philippe Noiret tomba gravement malade et dû être hospitalisé, une fois rétabli, il put démarrer le 25 janvier 1980 à Bordeaux pour se terminer trois semaines plus tard. Michel Serrault donna la réplique à Noiret dans ce "polar psychologique" teinté de comédie et dialogué par Michel Audiard. Ce fut un succès.

 

"Au nom de tous les miens" (1983), avant d'être un film, ce fut avant tout un livre écrit par Martin Gray et Max Gallo, dont Gray avait refusé de céder les droits d'adaptation cinéma pendant dix ans, en s'appuyant sur l'argument suivant : "On ne risque pas la mémoire des siens avec n'importe quel cinéaste..." Puis Martin Gray a rencontré Robert Enrico, dont il avait aimé les films "pour leur humanité". Persuadé qu'Enrico "est de ceux qui comprennent la souffrance, l'amour, la violence". Gray a donc finalement cédé les droits de ce livre où il raconte sa propre histoire. Et, au résultat, Martin Gray a dit son "étonnement qu'Enrico ait pu à ce point être fidèle et surtout ne pas faire un film de haine. "Au nom de tous les miens" fut conçu comme une série télévisée, en huit épisodes de 55 minutes, en parallèle de laquelle Enrico réalisa pour le cinéma une version de 145 minutes. Le tournage, long et compliqué, se déroula en France, au Canada et en Hongrie, où fut construite une réplique du camp de concentration de Treblinka, dont s'était enfuit Martin Gray, l'auteur du roman dont le film est l'adaptation -interprété par Jacques Penot et Michael York.

 

Film qui résonne comme une vérité assurée, ce drame écologique autour de la pollution d'une réserve d'eau potable par des produits chimiques, "Zone rouge" (1986) réunit Sabine Azéma et Richard Anconina. Suivront "De Guerre lasse" (1987), adaptation d'un roman de Françoise Sagan dont l'action, située pendant l'Occupation dans la région du Vercors, aborde les thèmes de la Collaboration, de l'antisémitisme, de la Résistance, qui appartiennent à l'Histoire. Les trois principaux protagonistes de ce film sont Christophe Malavoy, Pierre Arditi et Nathalie Baye. Robert Enrico a rendez-vous à nouveau avec l'Histoire lors du tournage du film "La Révolution française"  (1) "Les Années Lumière" ". Premier volet d'un diptyque - le second "Les Années Terribles" signé par l'Américain Richard T. Heffront - où sont évoqués les événements survenus depuis le "Serment du Jeu de Paume", le 20 avril 1789, jusqu'à la déclaration de guerre, le 20 avril 1792, à l'Autriche. Une version télévisuelle - quatre épisodes de 90 minutes - fut diffusée sur le petit écran. 185 jours de tournage, 200 rôles 30 000 figurants, 40 000 costumes, telles sont quelques-unes des données chiffrées de ces deux films réalisés, à l'occasion du bicentenaire, de janvier à mai 1989. L'objectif étant une sortie en salles à l'automne. Les deux tournages furent simultanés, avec deux équipes, et en double version, anglaise et française. 

 

Les deux derniers films du cinéaste passèrent quasiment inaperçus : "Vent d'Est" (1993) avec Malcom Mc Dowell, Pierre Vaneck et Jean-François Balmer, sur le sort des soldats russes qui, durant la Seconde Guerre mondiale, avaient combattu aux côtés des Allemands. "Fait d'hiver" (1999), relate le combat sans espoir d'un divorcé interprété par Charles Berling pour garder près de lui, fût-ce par les armes, ses deux enfants. L'action se situe près de Montauban, le film est inspiré d'un évènement réel qui eu lieu à Cestas en 1969. Le début de cette histoire est émouvant lorsque les deux enfants et leur père chantonne une chanson de Claude François. Robert Enrico a encore réalisé pour la télévision "Le Hérisson" (1989) avec Gisèle Casadesus et Pierre Vaneck et "Saint-Exupéry, la dernière mission" (1994) avec Bernard Giraudeau. Le cinéaste  a écrit son autobiographie, "Au cœur de ma vie". Robert Enrico souffrait d'un cancer du poumon depuis 1998, il décède trois ans plus tard, le 23 février 2001 à Paris, il avait 69 ans. 

 

*Affiches-ciné * Cinéma français * Cinetom

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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