CHRISTIAN DE CHALONGE, L'ARGENT DES AUTRES, MALEVIL
CHRISTIAN DE CHALONGE 1937 - 2025
Réalisateur, Scénariste Français
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Le 6 décembre 2025 disparaissait le réalisateur Christian de Chalonge, à l'âge de 88 ans, malheureusement, je n'ai pas eu connaissance de son décès, ni dans les journaux télévisés, ni nulle part ailleurs. Certes, il n'a pas tourné de nombreux films mais certains d'entre-deux sont restés mémorables. Le dernier film de ce cinéaste que j'ai vu au cinéma, sur les Grands Boulevards à Paris, fut "Le Bel été 1914" avec Claude Rich et Maria Pacôme, soigné par une belle photographie de cette gigantesque demeure ou manoir dans une campagne française, troublée par le début de la guerre 14-18.
Christian de Chalonge est né le 21 janvier 1937 à Douai (Nord). Après avoir obtenu un baccalauréat en Philosophie au Lycée Condorcet et un Certificat de Lettres à la Sorbonne, il entre à l'Institut des Hautes Etudes Cinématographiques (I.D.H.E.C.) en section réalisation. Il devient ainsi assistant-réalisateur, dans un premier temps il est stagiaire, puis deuxième et premier : de René Clair, Gilles Grangier, Henri Verneuil, Serge Bourguigon, Claude de Givray, Alain Jessua, Jean-Louis Richard, Denys de la Patellière, Georges Franju et Henri-Georges Clouzot.
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En 1967, il réalise son premier film, "Le Saut" (O Salto,1968), qui relate l'itinéraire d'un jeune paysan portugais qui émigre clandestinement en France avec l'espoir d'y trouver du travail et d'y mener une vie plus aisée. Cette première œuvre est sélectionnée pour représenter la France au Festival de Venise et reçoit le Prix Jean Vigo. L'année suivante, Tony Richardson, dont il a été par deux fois l'assistant, lui confie la direction de la deuxième équipe de "La Charge de la Brigade légère" (Charge of the Light Brigade,1968). Il dirigera d'ailleurs en deuxième équipe, ultérieurement celles de "Etat de siège" de Costa-Gavras (1972) et "Le Désert des Tartares"(1976) de Zurlini.
En 1970, il prépare et dirige le tournage du film "L'Alliance", qui est aussi sélectionné pour le Festival de Venise. C'est l'histoire d'un vétérinaire taciturne (Jean-Claude Carrière) et d'une mystérieuse femme (Anna Karina), épousée par l'intermédiaire d'une agence matrimoniale, qui s'observent sous le regard des animaux de toutes sortes qu'il abrite et étudie. Le cinéaste met l'accent sur les détails du quotidien, sauf que le réalisme glisse cette fois progressivement dans l'onirisme. Ce mélange de quotidienneté et d'insolite se retrouve dans ses deux œuvres suivantes : "Parcelle brillante", tourné pour la télévision, et "L'Argent des autres". De même que "L'Alliance", "Parcelle brillante" met en scène, dans le huis-clos d'un logement, deux personnages étrangers l'un à l'autre- une brute demeurée incarnée par Gert Froebe et une jeune fille jouée par Juliet Berto, mais qu'il a trouvée grièvement blessée, soignée, nourrie et logée et qui entretiennent une étrange liaison.
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Lorsque le producteur Henri Lassa, proposa le sujet de "L'Argent des autres" (1978) à Christian de Chalonge, celui-ci fut immédiatement séduit par le destin de ce cadre, victime de cette machine infernale contre laquelle, il va se rebeller et se battre mettant progressivement à jour tous ses rouages. Pierre Dumayet et Christian de Chalonge travaillèrent au scénario du film à partir du roman de Nancy Markham relatant un scandale financier très proche de celui du Patrimoine Foncier. Ils se dégagèrent très vite de l'aspect documentaire d'un film mettant à jour les ficelles de ces scandales qui agitèrent l'opinion public à la fin des années 60. "L'Argent des autres" se vit décerner le prix Louis Delluc 1978, le César du meilleur film et celui du meilleur réalisateur 1978. A noter la présence de Jean-Louis Trintignant, Claude Brasseur, Michel Serrault et Catherine Deneuve.
Après cette œuvre ambitieuse, plébiscitée par le public et la critique, Christian de Chalonge tourne son quatrième film "Malevil" (1981), projet difficile, un groupe de personnages doit faire face à une situation à laquelle il n'était pas préparé, à ceci près que celle-ci n'est plus d'ordre socio-économique. Adapté d'un roman de Robert Merle, ce sont les survivants d'une explosion nucléaire qui doivent réapprendre à vivre sur une Terre dévastée. Budget financier vaste, De Chalonge avait obtenu près de deux milliards de centimes (Francs). Il a pu ainsi tourner pendant quatorze semaines sur le causse du Larzac et faire édifier le décor des ruines du château, grandeur nature. Une pléiade de comédiens sont à l'affiche du film : Michel Serrault, Jacques Dutronc, Robert Dhéry, Jacques Villeret et Jean-Louis Trintignant.
Deux ans plus tard, Christian de Chalonge réalise "Les 40e Rugissants" dont le thème est orienté vers une histoire d'ingénieur qui, poussé par un journaliste peu scrupuleux, participe à une course autour du monde en solitaire sans posséder l'expérience suffisante de la navigation. Ce film s'inspire de la véritable histoire du Britannique Donald Crowhurst, qui, le 31 octobre 1968, se lança sans expérience dans la première course autour du monde en solitaire. Plus tard le bateau de Crowhurst était retrouvé la dérive en plein Atlantique nord. Cette histoire a séduit le comédien-producteur du film Jacques Perrin dès 1972, c'est ainsi qu'il a cherché à en faire un film pendant plusieurs années, et en a finalement écrit le sujet avec André G. Brunelin et Christian de Chalonge.
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En 1984, De Chalonge réalise une dramatique télévisée en hommage aux Surréalistes, "Les cadavres exquis boiront le vin nouveau", qui prend pour prétexte la rencontre, dans le Centre Pompidou d'une adolescente et d'André Breton, Robert Desnos, Joan Miro et Arthur Rimbaud. Il tourne également deux autres téléfilms "Le Diable en ville" (1987) et "Le Château du pendu" (1988), appartenant à la série "Inspecteur Lavardin", interprétée par Jean Poiret. Il faudra attendre huit années pour voir sur grand écran, un nouveau film de Christian de Chalonge "Docteur Petiot" (1990) qui trace le portrait du sinistre médecin de Paris sous l'Occupation. Co-produit par Michel Serrault, le quatrième film tourné par l'acteur avec sous la direction de Christian de Chalonge. Pour dépeindre celui que l'on surnomma "le vampire de l'Etoile" ou "le vampire du 21", les auteurs ont construit le scénario en trois parties : "un jour et une nuit en 1942, un jour et une nuit en 1943 et trois jours en 1944".
Quelques mois après la sortie du "Docteur Petiot", il entreprend "Le Voleur d'enfants" (1991), d'après Jules Supervielle, une autre histoire d'ogre, mais d'un ogre blanc qui veut le bonheur d'enfants malheureux, réfugié dans la pénombre d'un appartement labyrinthique situé dans un Paris lui aussi onirique. Cinq ans plus tard, De Chalonge réalise "Le Bel été 1914", son huitième long métrage, adaptation d'une partie du roman d'Aragon, "Les voyageurs de l'impériale", en la transposant légèrement. "Le Bel été 1914" s'inscrit dans une tradition littéraire, théâtrale puis cinématographique : l'œuvre construite autour d'un domaine, d'une propriété, avec pour toile de fond, la Première Guerre mondiale, laquelle fut déclarée le 1er septembre 1914, Christian de Chalonge remarqua, à propos de son film : "Les personnages pris dans leur destin participent et appartiennent, en fait, à l'histoire collective, et le film débouche sur cette impasse sans avenir qui sera la déclaration de la Guerre de 14-18 (...). Seuls les enfants, Gabriel, Yvonne, Suzanne, auront peut-être appris les premiers jeux de l'amour pour construire un monde neuf." En 1997,le réalisateur retrouve pour la cinquième fois Michel Serrault pour le diriger dans "Le Comédien", d'après la pièce de Sacha Guitry. Christian de Chalonge décède le 6 décembre 2025 à l'âge de 88 ans à Saint-Denis.
*Affiches-ciné * Cinéma français * Cinetom
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