GENE KELLY, INVITATION A LA DANSE
GENE KELLY 1912 - 1996
Acteur, Danseur, Chorégraphe, Cinéaste... Américain
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Gene Kelly de son véritable nom Eugène Curran Kelly est né le 22 août 1912 à Pittsburgh, Pennsylvanie aux États-Unis. A huit ans, sa mère Harriet, l'inscrit dans une école de danse. Dès l'âge de quinze ans, il monte avec son professeur un numéro de claquettes pour la fête de fin d'année du lycée. Il pratique aussi l'athlétisme et de nombreux autres sports.
La crise de 1929 le force à arrêter des études de journalisme. Il trouve un empoi de moniteur d'éducation physique. En 1931, il devient répétiteur d'un professeur de danse, avant d'ouvrir, encouragé par sa mère, sa propre école dans le sous-sol de la maison familiale. Pendant ce temps, il continue à se perfectionner en prenant des cours avec Bernice Holmes, élève des ballets Diaghilev.
C'est en 1938 qu'il obtient son premier travail de chorégraphe au Playhouse de Pittsburgh. Le succès qu'il connaît le pousse à tenter sa chance à Broadway. Il est engagé dans la comédie musicale de Cole Porter "Leave It To me", puis dans la revue de John Murray Anderson "One For The Money". Dès lors, Gene Kelly n'a plus de difficultés à trouver du travail. Il fait la chorégraphie et danse dans de nombreux spectacles. Et rencontre celle qui deviendra sa femme le 22 nombre 1941, Betsy Blair, une fille naîtra de leur union Kerry.
En 1940, il passe une audition pour un nouvelle comédie musicale de Rogers et Hammerstein "Pal Joey"...La pièce tiendra l'affiche 270 représentations et fera de Gene Kelly une star à Broadway. Grâce à son succès, Hollywood s'intéresse à lui. Mais il ne se décide que tardivement; et c'est finalement avec David O' Selznick qu'il signe un contrat en octobre 1941. Comme le producteur n'est pas spécialisé dans les films musicaux, celui-ci vend le contrat de Kelly à la MGM.
Signalons que Kelly bénéficiait déjà d'un réel prestige à la MGM; en effet, dès son premier film, tourné en 1942 par Busby Berkeley, "For Me and My Gal", il avait formé avec Judy Garland un tandem particulièrement heureux. Kelly était apparu ensuite dans quatre autres films, dont deux comédies musicales : "La Du Barry était une dame" (DuBarry Was a Lady) et "La Parade aux étoiles" (Thousands Cheer) : (l'une et l'autre de 1943). Toutefois, à part un petit numéro personnel (dans lequel il avait pour partenaire un torchon !) dans "La Parade aux étoiles", il ne lui avait pas été vraiment donné la possibilité de s'exprimer totalement. "La Reine de Broadway" (Cover girl,1944) était l'occasion rêvée et il sut, avec l'assistance du metteur en scène Stanley Donen, l'exploiter à merveille notamment dans le numéro qu'il exécute avec sa propre image. A savoir qu'à ce moment là, Kelly fut "prêté" à la Columbia pour un musical original de Jerome Kern, dans lequel il fut le partenaire de Rita Hayworth, alors première grande "vedette" de la compagnie. Donen avait pour mission de seconder Gene Kelly auquel on avait laissé carte blanche pour la chorégraphie de ses propres numéros en solo. Ce film fut pour les deux hommes un magnifique occasion de montrer ce dont ils étaient capables.
Quand Gene Kelly revint à la MGM, il entraîna Stanley Donen avec lui et ils travaillèrent une nouvelle fois ensemble aux numéros musicaux d' "Escale à Hollywood" (Anchors Aweigh,1945), le premier film où Kelly eut Frank Sinatra pour partenaire. Dans leur interprétation de deux marins en permission, ils mirent en évidence la complémentarité de leur rôle respectif et de leur personnalité : tandis que Kelly était le type même du pédant plein de morgue, Sinatra campait le garçon timide et introverti, constamment poursuivi par des femmes toujours prêtes à le dorloter!. Dans ce film; Gene Kelly, à titre d'expérience, combina les évolutions d'un vrai danseur (lui-même en l'occurence) avec des personnages et des décors de dessins animés : un procédé qu'il utilisera à nouveau dans "Invitation à la danse" (Invitation to te Dance,1954) et dans un film de télévision : "Le Jardin enchanté" (Jack and the Beanstalk,1967).
Après "Escale à Hollywood", Kelly fit une brève apparition dans "Ziegfield Folies" (Ziegfeld Follies,1946) dans lequel il exécutait sur la musique de Gershwin le numéro humoristique : "The Babbitt and the Bromide" en compagnie de son unique et grand rival à l'écran, Fred Astaire. En 1947, on fit appel à Kelly et à Donen pour sauver "Living in a Big Way", une comédie dramatique écrite et dirigée par Gregory La Cava, qui versait souvent dans une certaine mièvrerie. Ils mirent au point deux numéros dont "Children Games" dans lequel Gene Kelly fit la preuve de son exceptionnelle aptitude à travailler avec des enfants et se livra à des exercices acrobatiques étonnants de précision. Kelly (seul cette fois) eut ensuite le premier rôle masculin dans le film de Vincente Minnelli : "Le Pirate" (The Pirate,1948), dans lequel il donnait la réplique à Judy Garland, mais leur interprétation fut assez mal accueillie par la critique qui considéra leur jeu inférieur à celui de Lynne Fontanne et d'Alfred Lunt, héros de la version (non musicale) de Broadway. Jugement sévère tant l'association Kelly-Garland semble parfaite dans ce film au rythme irrésistible et déchaîné. On se rappellera tout particulièrement le numéro de Kellyn "Nina", qui constituait sur le plan de la danse et de la mise en scène un authentique tour de force!.
Depuis longtemps Kelly et Donen avaient le projet de tourner un film dans lequel numéros musicaux et sujet ne feraient qu'un tout. L'occasion leur en fut donnée par Arthur Freed, le producteur de la MGM, qui, après réflexion, décida de les faire travailler en tandem dans "Match d'amour" (Take Me Out to the Ball Game,1949) sous la direction de Busby Berkeley. Le scénario était tiré d'un sujet original de Kelly et Donen : une jeune femme (Esther Williams) devient patron d'une équipe de base-ball à la suite d'un héritage. Le sujet, qui ne comporte pas de séquences aquatiques, raconte les amours de trois champions de l'équipe en l'occurence Gene Kelly, Frank Sinatra et Jules Munshin. Ce film peut d'ailleurs être considéré comme la répétition générale d' "Un Jour à New York" (On The Town,1949) réalisé aussitôt après. On y retrouve en effet les trois mêmes acteurs et à quelques nuances, la même trame.
Bien que Busby Berkeley fût le metteur officiel de "Match d'amour", il semble que son intervention se soit limitée à la séquence où l'on fait griller des fruits de mer. Pour le reste, il se contenta de superviser les expériences techniques auxquelles se livraient ses jeunes chorégraphes. Grâce au succès obtenu par ce dernier film Gene Kelly et Stanley Donen se virent confier par Arhtur Freed la mise en scène d'"Un jour à New York", un film qui, par son exubérance, sa virtuosité et le recours aux prises de vues en extérieurs, ranima le genre un peu en perte de vitesse de la comédie musicale.
Avec le film suivant, "La Jolie fermière" (Summer Stock,1950), Gene Kelly par contre marqua un temps d'arrêt. Aux côtés de Judy Garland, il tourna dans une comédie musicale où les scènes en solo sont particulièrement réussies, il utilise "musicalement" les bruits d'une feuille de papier et d'une lame de parquet. Puis en 1951, avec Vincente Minnelli, il travailla à l'une des plus célèbres comédies musicales de l'histoire du cinéma, "Un Américain à Paris" (An Americain in Paris), film qui permit à Kelly de créer ses numéros chorégraphiques les plus élaborés dans lequel il utilisa admirablement la symphonie jazzée de Gershwin. Manifestement, Kelly avait voulu frapper un grand coup. Il faut bien reconnaître que grâce à la technique cinématographique extrêmement brillante de Minnelli, aux admirables décors reconstituant l'ambiance des différentes écoles de peinture française de la fin du siècle dernier et à la chorégraphie complexe de Kelly, ce film fit l'unanimité de la critique et du public.
Gene Kelly et Stanley Donen allaient se retrouver l'année suivante pour tourner ce qui constitue à jamais le chef-d'oeuvre du genre : "Chantons sous la pluie" (Singin' in the Rain,1952). Cette affectueuse évocation d'un Hollywood presque oublié, où le silence était Green, particulièrement inspirés, ce chef-d'oeuvre du septième art bénéficia du concours de la fraîche et mutine Debbie Reynolds et Donald O'Connor qui exécute en solo le célèbre "Make' Em Laugh" et de Jean Hagen, merveilleuse interprète de la terrible star du muet Lina Lamont, malheureusement dotée d'une voix épouvantable. Sans parler des inoubliables apparitions - dans "Broadway Ballet", de Cyd Charisse, peut-être la plus belle danseuse qu'on ait jamais vue à l'écran.
Avec "Chantons sous la pluie", Kelly et Donen, tous deux en grande forme, atteignirent une perfection qu'on ne retrouve pas dans "Beau fixe sur New York" (It's Always Fair Weather,1955). Ce film était conçu (comme "Un jour à New York") pour un trio mais Kelly, Dan Dailey et Michael Kidd ne surent pas retrouver le dynamisme du premier "triplé". "Beau fixe sur New York" contait l'histoire de trois anciens compagnons d'armes se retrouvant après dix ans de séparation et qui découvraient alors qu'ils n'avaient pas très bien tourné. L'amertume générale du film jurait trop nettement avec l'allégresse des numéros dansés.
Dès 1954, Kelly avait interprété le rôle principal dans un musical de Minnelli dont il avait également dirigé la chorégraphie "Brigadoom", qui permit de voir la fascinante présence de Cyd Charisse. Kelly et Minnelli projettèrent de tourner les extérieurs en Ecosse. Des restrictions financières contraignèrent les producteurs à réaliser le film entièrement en studio, en Cinémascope. Gene Kelly s'était aussi lancé dans la réalisation de l'ambitieuse "Invitation à la danse" (Invitation to the Dance,1956). Ce film entièrement dansé où Kelly avait déployé tous ses talents de chorégraphe et de danseur dans trois styles différents (classique, jazz et expérimental) fut un échec et ne couvrit même pas les frais de production qui avaient été considérables. La partie classique avait été particulièrement soignée avec la participation de danseurs étoiles à leur apogée, comme Claire Sombert, Claude Bessy et Tamara Toumanova, ainsi qu'une musique de ballet écrite par le compositeur français Jacques Ibert.
On vit ensuite Gene Kelly dans "Les Girls" (1957) de George Cukor, derniers feux de la comédie musicale dont il fut le protagoniste et qui fut une réussite complète. Il participa plus tard à une mémorable production télévisée "Dancing : a Man's Game" au cours de laquelle il fit valoir les multiples facettes de son talent sans éviter, cependant, une certaine complaisance. En 1965, il parut dans "Les Demoiselles de Rochefort", tentative de comédie musicale "à la française", où malgré de jolis moments, il semblait un peu perdu au milieu des acteurs français dont Catherine Deneuve, Françoise Dorléac, Jacques Perrin, Michel Piccoli ou Danielle Darrieux.... Ce furent des adieux un peu mélancolique au genre où il s'était si souvent illustré. Il dirigea ensuite de brillantes comédies dramatiques, dont le fastueux "Hello, Dolly !" (1969) avec Barbra Streisand, qui connut un grand succès. On le vit pour la dernière fois dans "Xanadu" (1980) de Robert Greenwald où il se remit, de façon inattendue, à danser. Mais il avait passé l'âge. Il revient tout de même de temps à autre devant les caméras, dansant auprès de Fred Astaire, les ballets-liaisons de "Hollywood...Hollywood!" (That's Entertainment !,1974) . En outre, Gene Kelly a réalisé, sans y tenir de rôle, les films suivants : "Gigot, le clochard de Belleville" (Gigot,1962), "Guide pour un mari volage" (A Guide For The Married Man,1967), "Hello, Dolly" (1969) et "Attaque au Cheyenne-Club" (The CHeyenne social club,1970). Gene Kelly avait épousé en 1960 Jeanne Coyne, son assistante depuis 1949 et celà jusqu'au décès de son épouse en 1973. Deux enfants sont nés de cette union, Timothy et Bridget. Gene Kelly décède de plusieurs attaques cérébrales le 2 février 1996.
1942
Parade aux étoiles - 1943 de George Sindey
Pilot No5 - 1943 de George Sidney
Vacances de Noël - 1944 de Robert Siodmak
Escale à Hollywood - 1945 de George Sidney
1946
1948
Match d'amour - 1949 de Busby Berkeley
La Main noire - 1950 de Richard Thorpe
1951
Chanton sous la pluie - 1952 de Stanley Donen
Chantons sous la pluie (Singin' in the Rain)-Extrait
1954
Beau fixe sur New York - 1955 de Stanley Donen et Gene Kelly
Invitation à la danse - 1956 de Gene Kelly
1957
1958
Procès de singe - 1960 de Stanley Kramer
Gigot, le clochard de Belleville - 1962 de Gene Kelly
1967
1974
________________________Julie Andrews