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24 janvier 2026

SAMI FREY, COMÉDIEN DE L'ÉLÉGANCE ET DE LA DISCRÉTION

SAMI FREY                 1937

Comédien Français

Sami Frey, comédien de l'élégance, qui n'a jamais cherché la lumière envahissante, aura marqué durablement, lui aussi le cinéma français y compris la Nouvelle Vague. Le théâtre est son territoire majeur. Sa voix grave et reconnaissable entre toutes devient presque hypnotique. Sami Frei, plus connu sous le nom de Sami Frey est né le 13 octobre 1937 à Paris. Ses parents sont des Juifs polonais immigrés en France, son père était maroquinier, le jeune Sami n'a que deux ans lorsque son père décède en 1939. Quant à sa mère, il n'a que cinq ans lorsque celle-ci est déportée de Drancy vers Auschwitz en 1942.

 

Il vécut une enfance troublée par la guerre et les persécutions allemandes. Après l'arrestation de sa mère, Sami Frey a vécu avec une partie de sa famille sous une fausse identité. Orphelin très jeune, il fut élevé en grande partie par sa grand-mère et une tante. A dix-sept ans il s'inscrit au cours Simon et commence à faire de la figuration, notamment dans le "Napoléon" (1955) de Sacha Guitry. A la fin de sa troisième année de cours, il sort premier de sa promotion. Il devient assistant-régisseur puis obtient des petits rôles à l'écran. Sa carrière cinématographique débute en 1956 avec "Pardonnez-nous nos offenses" réalisé par Robert Hossein, puis "Jeux dangereux" (1958) de Pierre Chenal. On peut citer également "La Nuit des traqués" (1958) de Bernard Roland ou celui-ci lui propose le troisième rôle aux côtés de Philippe Clay et Juliette Mayniel.

 

Lorsque Henri-Georges Clouzot l'engage pour "La Vérité" (1960) qui le révèle au public, il a déjà une très longue carrière théâtrale derrière lui. On peut souligner son jeu sobre et efficace en interprétant l'amant de Brigitte Bardot et Marie-José Nat. A noter que pour la préparation du film, de nombreux essais de comédiens eurent lieu avec la comédienne dont : Jean-Paul Belmondo, Gérard Blain, Jean-Pierre Cassel, Marc Michel et Sami Frey. "La Vérité" est bien accueilli par la critique et connaît un succès public puisqu'il attire près de six millions de spectateurs. A l'issue du tournage, Bardot quitte Jacques Charrier pour Sami Frey, sa liaison avec Brigitte Bardot fera beaucoup parler de lui. Cette idylle se terminera en 1963. Depuis, il compense cet excès par une discrétion qui le tient à l'écart des journalistes.

 

Sami Frey mène de front une carrière au cinéma et au théâtre. En 1962, il joue "Dans la jungle des villes" de Brecht, en 1963, "Le Soulier de satin" de Claudel. Au cinéma, Georges Franju le dirige aux côtés de Emmanuelle Riva, Philippe Noiret et Edith Scob dans "Thérèse Desqueyroux" (1962). Sa filmographie alterne les films de Agnès Varda pour "Cléo de cinq à sept" (1962), Michel Deville pour "L'Appartement des filles" (1963) avec Mylène Demongeot, Jean-Luc Godard pour "Bande à part" (1964) avec Anna Karina et Claude Brasseur. Après Brigitte Bardot, Sami Frey donne la réplique à Catherine Deneuve dans "Avec amour et avec rage" (1964) de Pasquale Festa Campanile et "Manon 70" (1967) de Jean Aurel, Michèle Mercier dans "Angélique et le Roy" (1965) de Bernard Borderie, Marie-France Pisier dans "L'écume des jours" (1967) de Charles Belmont, puis il rencontre Delphine Seyrig pendant le tournage de "Mister Freedom" (1968) de William Klein, laquelle deviendra sa compagne.  

 

Curieusement, il aura tourné au cinéma dans des films d'auteurs parfois méconnu comme celui de Marguerite Duras pour "Jaune le soleil" (1971), de Stanislav Stanojevic pour "Le Journal d'un suicidé" (1971) avec Delphine Seyrig et Marie-France Pisier, Jean-François Adam pour "M comme Mathieu" (1970) avec Brigitte Fossey et Bulle Ogier. En 1972, il fait une rentrée remarquée et magistrale avec "César et Rosalie" de Claude Sautet où Romy Schneider doit choisir entre un Yves Montand exubérant et Sami Frey discret mais efficace. Deux ans plus tard, il donne la réplique à Jeanne Moreau, Delphine Seyrig dans "Le Jardin qui bascule" de Guy Gilles. Sami Frey devra attendre le tournage du film de Coline Serreau "Pourquoi pas" en 1977 pour être à nouveau à la une de l'actualité cinématographique. Ce second film de la réalisatrice a obtenu de nombreux Prix dont le Prix Georges Sadoul (1977), la médaille d'argent au Festival de Chicago (1978) et a bénéficié d'une nouvelle sortie à Paris, le 6 mai 1981. Sami Frey retrouve Catherine Deneuve comme partenaire dans "Ecoute voir" (1977) de Hugo Santiago, puis enchaîne avec d'autres actrices aussi méritantes qu'Isabelle Adjani pour "Mortelle randonnée" (1983) de Claude Miller, Geraldine Chaplin pour "Une Page d'amour" (1977) de Maurice Rabinowicz ou Jane Birkin dans "Le Garde du corps" (1983) de François Leterrier. Avec "La vie de famille" (1985), Jacques Doillon signe son huitième long métrage pour le cinéma, il déclare que ce film est un peu "un film de vacances, dans lequel le personnage principal, interprété par Sami Frey, a besoin d'air, besoin de sortir de chez lui". 

 

A noter que dans les années 80, le comédien se rapproche de cinéastes d'auteurs très talentueux comme "L'Etat de grâce" (1986) de Jacques Rouffio avec Nicole Garcia et Pierre Arditi, "De sable et de sang" (1988) de Jeanne Labrune avec Sami Frey, André Dussollier et Clémentine Célarié. C'est une suite de faits réels qui a inspiré la cinéaste. En septembre 1984, elle assiste pour la première fois à une corrida dans les arènes de Dax. Francisco Ribeira Paquirri toréait six taureaux. Déjà très choquée par le spectacle, elle apprend que ce même torero est mort quinze jours plus tard, en Andalousie : un mauvais coup de corne dans l'artère fémorale et le torero meurt, pendant son transfert à Cordoue. Puis, un autre cinéaste belge le réclame, André Delvaux, certes ce n'est pas pour refaire "Un Soir, un train"  mais "L'Œuvre au noir" (1988), d'après le roman de Marguerite Yourcenar, laquelle avait approuvé le scénario définitif et projetait de se rendre sur les lieux du tournage, mais elle mourut juste quelque temps avant.

 

Dans les années 90, Gérard Mordillat a adapté le journal de Jacques Prevel "En compagnie d'Antonin Artaud" (1994), où le cinéaste indiquait le choix du noir et blanc qui s'imposait de toute évidence pour valoriser l'interprétation de Antonin Artaud par Sami Frei. Autre orientation, d'avoir tourné sous la direction de Bertrand Blier, "Les Acteurs" aux côtés de Claude Rich, André Dussollier et Jacques Villeret. Autre histoire, autre film, celui avec Mathilde Seigner "Danse avec lui" (2006) de Valérie Guignabodet où le thème récurrent d'une jeune femme qui après avoir connu une rupture dramatique, qui a bouleversé son existence, réapprend à vivre et à aimer grâce à la rencontre troublante d'un vieux maître d'équitation et de son cheval. Sa dernière participation pour le cinéma date de 2017, où il donne la réplique une ultime fois à Emmanuelle Devos et Richard Berry dans "Numéro Une" réalisé par Tonie Marshall.

*Affiches-ciné * Cinéma français * Cinetom

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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