JEAN-JACQUES ANNAUD, L'AVENTURIER DU CINÉMA FRANCAIS
JEAN-JACQUES ANNAUD 1943
Réalisateur, Producteur Français
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Cinéaste hors pair, Jean-Jacques Annaud nous a fait rêver pendant plusieurs décennies, avec des films bien différents les uns des autres, mais toujours avec une certaine authenticité, qualité et réalisme. Il a su nous émerveiller, scotchés sur nos fauteuils à fixer l'écran pour vivre les histoires d'un ours, des balbutiements des premiers hommes sur terre. Mais aussi nous faire vibrer avec Guillaume de Baskerville, donner ses lettres de noblesse au septième art avec "La Victoire en chantant" où Carmet et Dufilho ont démontré leurs qualités de comédiens...
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Jean-Jacques Annaud est né le 1er octobre 1943 à Juvisy-sur-Orge (Seine-et-Oise). Fils d'un cheminot chef de gare et d'une mère secrétaire de direction dans l'industrie chimique. Dès son enfance, deux passions l'anime : l'Histoire en particulier l'archéologie et la collection de vieux projecteurs et de caméras d'amateurs. "Une fois par mois, le dimanche après-midi, mes parents m'emmenaient au cinéma voir "Si Versailles m'était conté", "Ben-Hur", des westerns, j'adorais ça". C'est plus précisément en voyant "La Bataille du Rail" de René Clément qu'il prend goût au cinéma.
Si, en secret, le jeune Jean-Jacques ambitionne de devenir artiste, précisément réalisateur de films, il lui semble plus aisé de convaincre ses parents de son désir d'embrasser une carrière technique. C'est pourquoi il entre à l'Ecole de Vaugirard où il obtient un BTS de technicien du cinéma. A 19 ans, il réalise son tout premier film, un court métrage : "Les Sept péchés capitaux du cinéaste". Parallèlement, il passe une Licence de Lettres qui lui permet d'entrer à l'I.D.H.E.C. (Institut des Hautes Etudes Cinématographiques), section réalisation. Puis il trouve un stage d'assistant sur un film publicitaire, travaille comme grouillot à "Paris-Match" et, en 1965, part accomplir son service militaire au Cameroun, auquel le réalisateur formula : "L'Afrique m'a bouleversé et, très vite, j'ai eu envie d'y retourner pour réaliser mon premier film."
A son retour en France, la Publicité, qui vient d'être introduite à la Télévision, a besoin de nouveaux talents. En quelques années et plus de quatre cent spots, Annaud va devenir le Monsieur Publicité français. Mais l'envie de réaliser un film pour le cinéma tenaille Annaud. Il lui faudra attendre l'année 1976 pour voir naître son premier film "La Victoire en chantant" et par la même occasion un retour vers l'Afrique en Côte d'Ivoire dans le scénario s'étale en 1915. Annaud déclara : "On croyait que j'allais faire "Les Charlots font l'Afrique" parce qu'on ne voyait pas comment un mec qui faisait de la pub pouvait s'intéresser aux problèmes du colonialisme du patriotisme imbécile et de la continuité des races". C'est un échec et malgré un Oscar du meilleur film étranger, Annaud doit encore faire la preuve de ses capacités à réaliser un long métrage. Pourtant, il lui aura fallu six longues années nécessaires pour produire ce film grâce à l'appui de Jacques Perrin, d'Arthur Cohn, d'une Société Ivoirienne, et de Claude Berri. Le film conçu à partir de faits réels encore plus invraisemblables passa inaperçu en France. En 1977, il obtint un succès triomphal à New York où il resta à l'affiche vingt-deux semaines. A la suite de ce succès, de retour en France, le film commença une deuxième carrière commerciale sous le titre "Noirs et Blancs en couleurs".
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Son deuxième film fut "Coup de tête" (1979) sur un scénario de Francis Veber et posa de gros problèmes de raccord pour les séquences de match où Patrick Dewaere marquait les deux buts. La production organisa une véritable fête à Auxerre au cours de laquelle trois mille personnes se mêlèrent spontanément aux cent figurants composant la base du cortège, et cela avec cinq comédiens footballeurs qui, avec six professionnels d'Auxerre, forment l'équipe de Trincamp. Ainsi, ils purent disposer d'images de Patrick Dewaere, balle au pied, avec en arrière plan un stade plein de spectateurs. Ce film valut à Jean Bouise le César du meilleur second rôle; cette satire du football professionnel où l'argent règne en maître et asservit les joueurs aux appétits politico-financiers des dirigeants. Le succès est au rendez-vous, pour le réalisateur. Quatre années se sont écoulées entre l'idée de base et la sortie du film "La Guerre du feu" (1981), qui est le troisième long métrage à Jean-Jacques Annaud, lequel a tourné en Ecosse et au Kenya, puis au Canada avec un budget de douze millions de dollars. Sur le tournage, il y avait vingt-huit maquilleurs, dix perruquiers, dix costumiers. Les dix-huit mammouths que l'on voit dans l'une des séquences du film, sont des éléphants maquillés. "La Guerre du feu" a obtenu le César 1981 du meilleur film français et Annaud celui du meilleur réalisateur. Sans omettre le succès international. Jean-Jacques Annaud est sollicité par les Américains pour tourner à Hollywood.
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Dès la fin 1981, Annaud songe à réaliser "L'Ours" (1988) mais le budget en est si important que le projet est repoussé. Entre-temps, le cinéaste lit alors "Le Nom de la Rose" (The Name of the Rose,1986) qui deviendra son film, grâce au roman d'Umberto Eco, professeur de sémiologie à l'université de Bologne et qui permet à Annaud de raviver sa passion de toujours pour l'Histoire. Œuvre complexe, plaidoyer pour la liberté d'expression, "Le Nom de la Rose" coproduction européenne est un nouveau succès international, il obtient le César du meilleur film étranger. Avec ce succès triomphal, Annaud peut enfin entreprendre "L'Ours". Fin août 1986, Claude Berri lui donne le feu vert, le réalisateur mobilise alors ses dresseurs et conseillers animaliers et trouve des extérieurs dans les Dolomites, où le tournage commence le 18 mai 1987 pour s'achever le 25 septembre. Des années de préparation, 109 jours de tournage, un budget de 140 millions de Francs, 900 000 abeilles, des ours de toutes tailles et neuf millions de spectateurs en France et plus encore dans le reste du monde. Nouveau triomphe, nouveau César du meilleur réalisateur et Grand Prix National du Cinéma décerné par le ministre de la Culture.
C'est encore Claude Berri qui a donné à Jean-Jacques Annaud, lequel souhaitait réaliser un film sur l'éveil à la sexualité d'une jeune fille - l'opportunité d'adapter "L'Amant", le roman autobiographique de Marguerite Duras, née en 1914 près de Saïgon, existe un cycle autobiographique en rapport avec sa jeunesse indochinoise. "Un Barrage contre le Pacifique" (1950) et "L'Amant" (Prix Goncourt 1984 et succès mondial) en sont les titres essentiels. En 1958, René Clément avait réalisé "Barrage contre le Pacifique" qui évoqué la jeune fille, son frère et sa mère. Quand, dans "L'Amant" (1992), l'héroïne évoque la ruine de sa mère, les terres submergées par l'océan, il s'agit du sujet du "Barrage contre le Pacifique". En désaccord avec les adaptateurs, Marguerite Duras se tint à l'écart du film. Elle publia en 1991 "L'Amant de la Chine du Nord", reprise de son roman où elle laissait entrevoir l'adaptation cinématographique qu'elle en aurait souhaitée. Le cinéaste fit alors appel à Gérard Brach, au grand dam de l'écrivain qui, dès lors, fera savoir que "L'Amant", film, n'aura rien à voir avec son roman. Annaud raconte qu'à la sortie de son film et au vu de son succès immédiat Marguerite Duras lui est tombée dans les bras, sous les flashes des photographes...
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En 1994, la firme américaine Sony Pictures Classics demande à Jean-Jacques Annaud de réaliser le premier film de fiction en Imax 3D. Ce sera "Les Ailes du courage" (Wings of Courage). Moyen métrage de 48 minutes, le film évoque l'aventure des pionniers de l'aérospatiale, les Jean Mermoz (Val Kilmer), Antoine de Saint-Exupéry (Tom Hulce) et Henri Guillaumet (Craig Sheffer). Tourné au Canada, le film relate l'odyssée de Guillaumet, dont l'avion s'est écrasé quelque part dans les Andes et qui marchera six jours et six nuits avant d'être secouru et de retrouver son épouse. Après cette fructueuse expérience, Annaud s'occupe de mettre en œuvre "Sept ans au Tibet" (1997) produit par la firme américaine TriStar, le projet intéressa Brad Pitt lequel fit savoir qu'il souhaitait incarner l'alpiniste autrichien Heinrich Harrer, par ailleurs ancien nazi, qui trouvera un sens nouveau à son existence au contact de la philosophie bouddhiste; et lui permit d'écrire son livre "Sept ans d'aventure au Tibet" de 1944 à 1951. Le succès du film fut mitigé, malgré le fait qu'il a engrangé près de trois millions d'entrées au cinéma. Le tournage dura sept mois dont une bonne partie dans la Cordillère des Andes, auxquels il aura fallu cinq cent ouvriers pour construire les décors, cent authentiques moines tibétains ainsi que cent cinquante membres de l'équipe de tournage.
Pour "Stalingrad" (2001), Jean-Jacques Annaud disposa d'un budget conséquent pour reconstituer, l'une des batailles les plus meurtrières de l'histoire de l'humanité. Bien que présenté, en février 2001, en ouverture du Festival de Berlin, cette superproduction fut boudée Outre-Rhin. En revanche, le public russe applaudit cette puissante évocation d'une victoire sur le nazisme. En France, en dépit d'un score supérieur à plus d'un million d'entrées, le film fut considéré comme un demi-échec malgré cette extraordinaire épopée de l'existence des deux tireurs d'élite dont l'un, Vassili Zaitsev, devint un héros de l'Union Soviétique en abattant 242 soldats et officiers allemands dans les rues de Stalingrad. Tourné dans les studios de Babelsberg le film rivalise, quant au réalisme des scènes de bataille, avec "Il faut sauver le soldat Ryan" de Spielberg.
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Jean-Jacques Annaud avait déjà abordé l'époque coloniale dans son premier long métrage ainsi qu'avec "L'Amant" en 1992, lorsqu'il se décida à mettre en bobines "Deux frères" (2004), le réalisateur retrouva également l'Asie, qui avait donc été la toile de fond à plusieurs reprises. Les extérieurs du film furent tournés en Thaïlande et au Cambodge, notamment sur le site prestigieux du temple d'Angkor, ce qui lui permit d'accéder à plus de trois millions de spectateurs. Il déclara : "Je me mets dans des situations infernales en rêvant à des trucs infaisables et en me donnant le plus de mal possible pour donner réalité sur l'écran à ce dont j'ai rêvé. Il faut raconter des histoires exceptionnelles, différentes, nouvelles ou qui donnent l'impression de l'être". C'est ainsi que Jean-Jacques Annaud conçoit son cinéma, comme un grand spectacle.
En 2007, Annaud réalise "Sa Majesté Minor" avec José Garcia et Vincent Cassel, malheureusement le film est mal accueillit par la presse mais aussi par le public français, qui peut-être attendait une oeuvre similaire au précédent soit les "Deux frères". Le réalisateur se défendit sur sa prise de risque : "Je prends le risque de déranger, de larguer. Mais le cinéma n'est-il pas une prise de risque permanente, un défi aux règles ? L'art, le spectacle, doivent-ils se fondre dans le politiquement correct de l'hygiène globalisée ?" Autre échec cuisant, "Or noir", sorti en 2011 avec Antonio Banderas et Tahar Rahim. En 2015, Jean-Jacques Annaud réalise son treizième film "Le Dernier loup", où l'on raconte les péripéties d'un loup dans un village de la Mongolie, adapté du roman de Jiang Rong "Le Totem du loup", qui donne à cette œuvre, un certaine authenticité de la beauté d'un récit sur une expérience humain-animal hors du commun. En avril 2021, Annaud commence le tournage d'un nouveau long métrage "Notre-Dame brûle" (2022) qui raconte l'incendie de Notre-Dame de Paris d'avril 2019. D'abord envisagé comme un documentaire à base d'archives, le film retrace presque en temps réel l'action des combattants du feu lors de cet évènement. A cette reconstitution parfaite, s'ajoutent des images composites (smartphone, TV, Internet) filmées lors de la tragédie. Seules quelques scènes furent tournées sur le parvis et à l'intérieur de Notre-Dame. Des décors reconstruits à l'identique en studio simulèrent une grande partie de la nef, les escaliers en colimaçon, les coursives extérieures, la charpente du transept nord et l'intérieur du beffroi nord.
En 2005, il est président du jury du 5e Festival international du film à Marrakech, il est également élu à l'Académie des Beaux-Arts au fauteuil de Gérard Oury, il est introduit par Roman Polanski. En 2012, Annaud est aussi Président du Jury du 16e Festival international du film de Shanghai. Puis Président du Jury du 37e Festival international du film de Moscou. En 2026, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé lui consacre une exposition intitulée "Le Chantier invisible. Dans les coulisses de films de Jean-Jacques Annaud.
*Nos 3 Films préférés : * La Guerre du feu * Le Nom de la Rose * L'Ours
* Affiches-ciné * Cinéma français * Cinetom
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