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CINETOM
16 décembre 2025

HARRISON FORD, ACTEUR OU AVENTURIER AUTHENTIQUE

HARRISON FORD         1942

Acteur Américain

Harrison Ford a réussi à passer du stade d'acteur de série B qui végète à la star mondiale en quelques années. Il faut dire que les débuts cinématographiques étaient prometteurs en tournant sous la direction de cinéastes confirmés comme Michelangelo Antonioni, George Lucas, Francis Ford Coppola  ou Steven Spielberg. Harrison Ford est né le 13 juillet 1942 à Chicago (Illinois), son père était directeur publicitaire et sa mère actrice pour la radio.

 

il commence à jouer la comédie dans son collège du Wisconsin et dans les proches tournées estivales. En 1963, après des études sans grand soucis d'ambition, il s'établit en Californie et poursuit ses activités théâtrales sur la scène du "Laguna Beach Playhouse". Pris sous contrat à la Columbia pour 150 dollars par semaine afin d'apparaître à la télévision sur de petites apparitions. Le cinéma lui donne une première chance en 1966 dans le film "Un Truand" (Dead Heat on a Merry-Go-Round) de Bernard Girard, puis dans "La Poursuite des tuniques bleues" (Long Ride Home,1967) de Phil Karlson avec Glenn Ford (le jeune lieutenant Shaffer sous le nom de Harrison J. Ford).

 

Si les jeunes spectatrices américaines lui trouvent déjà un look de séducteur averti, lui ne s'en contente absolument pas, préférant devenir menuisier, c'est ainsi qu'il déserta les studios de cinéma au bout de dix-huit mois. Pendant cette période, Harrison Ford participe à des feuilletons télévisés "L'Homme de fer", "Le Virginien", "Dynatsy". En 1968, il s'affirme face à James Caan dans "La Brigade des cow-boys" (Journey to Shiloh) de William Hale. Assez taciturne, sa timidité agressif lui ferme les portes : "J'ai fait pourtant le choix d'un excellent rôle dans "Zabriskie Point" d'Antonioni mais finalement ma séquence a été coupée au montage !"

 

Harrison Ford serait donc toujours menuisier afin de nourrir sa femme et ses enfants si George Lucas n'avait pas eu l'excellente idée de faire appel à lui pour son "American Graffiti" (1973). Désormais, après cette retraite forcée, les temps forts de sa carrière cinématographique ne vont plus se compter. Francis Ford Coppola lui propose un petit rôle dans "Conversation secrète" (The Conversation,1974) avec Gene Hackman en vedette et une Palme d'or au Festival de Cannes 1974. En 1977, c'est le triomphe du premier volet de la trilogie de "Star Wars" (La Guerre des Etoiles), suivi de "L'Empire contre-attaque" (The Empire Strikes Back,1980) de Irvin Kershner et "Le Retour de Jedi" (Return of the Jedi,1983) de Richard Marquand, trois films devenus cultes sur plusieurs décennies et propulsent dans les hautes sphères du box-office. Tous ceux qui pensent qu'il n'est qu'un veinard sans grande envergure se trompent. C'est ainsi qu'Harrison Ford enchaîne avec "Les Aventuriers de l'Arche perdue" (Raiders of the Los Ark,1981) réalisé par Steven Spielberg. Autre histoire autre énorme succès mondial. Un rôle en or pour Harrison Ford, il n'est plus permis de douter, il s'agit bien d'un authentique grand comédien. La suite de sa carrière le confirmera.

 

Entre temps, il s'illustre dans quelques compositions non dénuées d'intérêt comme cet ancien du Vietnam dans "Heroes" (1977) de Jeremy Paul Kagan, ce pilote de bombardier héroïque dans "Guerre et passion" (Hanover Street,1979) de Peter Hyams, ou ce cow boy dans "Un Rabbin au Far-West" (The Frisco Kid,1979) de Robert Aldrich où il révèle une nature comique. Avec "Blade Runner" (1982) réalisé par Ridley Scott, il ajoute d'après Spielberg "une dimension quasi-mythique à son métier d'acteur". Avec Harrison Ford, c'est un peu un personnage mythologique du cinéma d'avant-guerre qui renaît des cendres d'Hollywood. Avec Harrison Ford ce sont les anciennes gloires jadis qui ont fait le prestige du cinéma américain qui se glorifient comme celles de l'époque des Gary Cooper, Humphrey Bogart, Cary Grant, Errol Flynn ou James Stewart.

 

En 1984, Spielberg retrouve Harrison Ford pour une nouvelle aventure de "Indiana Jones et le temple maudit" (Indiana Jones and the Temple of Doom), mais celui-ci n'est pas véritablement la suite des "Aventuriers de l'Arche perdue", puisque ce premier film de Spielberg mettant en scène le héros Indiana Jones se déroulait en 1936, soit un an plus tard. Grâce à la saga de "La Guerre des étoiles" et  celle de "Indiana Jones", Harrison Ford figure, au milieu des années quatre-vingt, parmi les acteurs d'Hollywood avec lesquels il faut désormais compter. Peter Weir fait appel à lui pour deux de ses meilleurs films : "Witness" (Témoin sous surveillance,1985) où il incarne avec brio un inspecteur de police obligé de se fondre dans une communauté Amish afin de résoudre un meurtre. Pour le réalisateur : "Outre l'originalité du sujet, j'ai été attiré par le fait que Harrison Ford prenait part au projet. Pour moi, c'est l'un des trois ou quatre acteurs qui réussissent toutes les qualités pour un premier rôle. Lors de notre rencontre, il m'a signifié qu'il avait décidé de ne plus tourner dans un autre "policier de base". Nous avions donc le même objectif : sortir des sentiers battus." C'est ainsi que réalisateur et acteur se retrouvèrent pour une nouvelle aventure avec "Mosquito Coast" (The Mosquito Coast,1986) où il joue un inventeur utopiste embarquant sa famille dans une hallucinante épopée au cœur de l'Amérique Centrale. Dans la même veine, il tourne à Paris, sous la direction de Roman Polanski, un thriller d'inspiration hitchcockienne, "Frantic" (1987). Sa grande qualité est, par sa présence à la fois banale et imposante, d'apporter à chacune de ces situations exceptionnelles un solide ancrage dans la réalité.

 

Peu familier de la comédie, il se tire néanmoins très honorablement d'un emploi à la Cary Grant dans "Working Girl" (Quand les femmes s'en mêlent,1988) de Mike Nichols avec Melanie Griffith et Sigourney Weaver. Avec "Indiana Jones et la dernière croisade" (Indiana Jones and the Last Crusade,1989) de Steven Spielberg s'achève pour un temps, la trilogie consacrée au célèbre architecte-explorateur. Le film a atteint le million de spectateurs à Paris, en moins de trois semaines. Puis il enchaîne avec "Présumé innocent" (Presumed Innocent,1990) de Alan J. Pakula, un thriller juridico-criminel où il a pour partenaire une lascive et calculatrice Greta Scacchi. Harrison Ford retrouve le réalisateur Mike Nichols, trois ans plus tard pour "A propos d'Henry" (Regarding Henry,1991), cette fois dans le personnage tragique d'un avocat rendu amnésique à la suite d'un accident.

 

Pendant quelque temps, sa trajectoire semble constamment croiser celle d'Alec Baldwin, Ford aurait dû en effet, dans "A la poursuite d'Octobre rouge", interpréter l'expert de la C.I.A. Jack Ryan, héros de Tom Clancy, rôle finalement échu à Baldwin. Ce dernier refuse en revanche de reprendre le même personnage dans "Jeux de guerre" (Patriot Games,1992) de Philip Noyce pour une somme qu'il juge insuffisante et Ford entre de nouveau en lice. L'année suivante, c'est encore Alec Baldwin que les producteurs avaient d'abord choisi pour tenir la vedette dans "Le Fugitif" (The Fugitive,1993) d'Andrew Davis, un des films les plus marquants de la carrière de Harrison Ford, un succès planétaire. Le tournage eut lieu à Chicago et, pour la séquence de l'accident de train, à Dillsboro en Caroline du Nord.

 

Dans la seconde moitié des années quatre-vingt-dix, Harrison Ford est un des acteurs les plus aimés du public et appréciés par la critique. A côté de participations amicales comme "Les Cent  et une nuits" (1995) d'Agnès Varda, il consolide sa position dans des films d'action comme "Danger immédiat" (Clear and Present Danger,1994) de Philip Noyce. Inspiré d'affaires réelles, celui-ci est le troisième film mettant en scène Jack Ryan, le héros imaginé par Tom Clancy et déjà incarné par Harrison Ford, dans "Jeux de guerre", qui avait pour toile de fond l'activisme de l'IRA. En 1995, il accepte de tourner dans la nouvelle version du film de Billy Wilder, "Sabrina", réalisé par Sydney Pollack, reprenant le rôle tenu par Humphrey Bogart. Les films d'action sont à l'honneur avec "Ennemis rapprochés" (The Devil's Own,1997) d'Alan J. Pakula, où il affronte un terroriste interprété par Brad Pitt. Puis il enchaîne avec "Air Force One" (1997) de Wolfgang Petersen, en héroïque Président des Etats-Unis. Mais il s'intéresse aussi de plus en plus à la comédie, comme en témoignent "Sabrina" et surtout "Six jours, sept nuits" (Six Days, Seven Nights,1998) de Ivan Reitman, incarnant un aventurier quelque peu misanthrope.

 

Régulièrement nommé "Homme le plus sexy de l'année" par le magazine "People" et même "Star du Siècle" par la National Association of Theatre Owners, Harrison Ford figure indéniablement au panthéon du cinéma américain, même s'il a reçu moins de récompenses officielles que ne le faisaient supposer son talent et sa notoriété : une citation à l'Oscar pour "Witness" et deux Golden Globes pour "Le Fugitif" et "Sabrina". Trois ans après le tournage de "Sabrina", une deuxième collaboration avec Sydney Pollack avec "L'Ombre d'un soupçon" (Random Hearts,1999), un rôle proche de l'homme traqué de "Frantic", celui d'un individu ordinaire, découvrant la liaison de sa femme, après la mort de celle-ci dans un accident d'avion.

 

Les années 2000 débute avec la complicité du réalisateur Robert Zemeckis, lequel dirige Harrison Ford dans le film "Apparences" (What Lies Beneath,2000), un rôle à contre-emploi de la plupart de ses choix d'interprétations. Son personnage en apparence lisse et fort cache en réalité un monstre inquiétant tentant de tuer son épouse, qui n'est autre que l'actrice Michelle Pfeiffer. Deux ans plus tard, il s'attarde avec un film inspiré de faits authentiques, l'histoire d'un commandant d'un sous-marin nucléaire russe contesté par ses hommes dans "K-19 : Le Piège des profondeurs" (K-19 : The Widowmaker) de Kathryn Bigelow. Les films suivants n'ont pas eu le succès escompté, de même très mal accueilli par les critiques, comme "Firewall" (2006) de Richard Loncraine ou "Hollywood homicide" (2003) de Ron Shelton. Il incarne également un agent de l'immigration aux allures rassurantes dans "Droit de passage" (Crossing Over,2009) de Wayne Kramer, mais aussi le présentateur grincheux d'une chaîne de télévision dans "Morning Glory" (2010) de Roger Michell.

 

C'est en reprenant le chapeau et le fouet en archéologue averti dans "Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal" (Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull,2008) de Steven Spielberg qu'il renoue avec le succès public. En 2011, Ford donne la réplique à Daniel Craig dans lequel il combat une invasion d'extra-terrestres dans "Cowboys et Envahisseurs" (Cowboys and Aliens) de, Jon Favreau, lequel situe l'action dans un décor de western. Mais rien n'y fait, le succès d'antan n'est plus au rendez-vous, il lui faudra renouer avec Han Solo, le mercenaire séducteur et cabotin mais vieillissant pour revenir au sommet du box-office avec "Star Wars : Le Réveil de la force" (Star Wars : The Force Awakens,2015) de J.J. Abrams. En 2010, il reçoit le César d'Honneur du cinéma français. En 2017, il a pour partenaire Ryan Gosling dans "Blade Runner 2049" de Denis Villeneuve où il reprend son rôle trente-cinq ans plus tard à celui réalisé par Ridley Scott en 1982. On peut noter également la nouvelle version du roman de Jack London, transposé au cinéma "L'Appel de la forêt" (The Call of the Wild,2020) de Chris Sanders, il y incarne John Thornton un chercheur d'or. Présenté hors compétition à Cannes, le cinquième volet de la saga des aventures de "Indiana Jones et le cadran de la destinée" ( (Indiana Jones and the Dialof Destiny,2023) de James Mangold.

*Affiches-ciné * Cinetom

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans "Un Rabbin au Far West", Robert Aldrich lui a donné, au dernier moment, un rôle prévu pour John Wayne : celui d'un bandit sûr de lui, incarnant l'Ouest sauvage, face à un rabbin gaffeur et dépaysé, arrivé tout droit de sa Pologne natale. Choix a priori curieux, car c'est lui, d'habitude, qui a l'air d'être déplacé, super aventurier timide et maladroit, flic urbain dans une communauté rurale non-violente, savant américain perdu dans Paris, avocat se retrouvant au rang des accusés.

 

Mais Aldrich en avait vu d'autres : de Gary Cooper à Burt Lancaster en passant par Frank Sinatra et Lee Marvin. Qu'il ait choisi d'ajuster un rôle écrit pour un homme dont les dernières créations exploitaient l'image mythique, et qui venait de mourir, à une star, idole du jeune public pour ses incarnations de héros de bande dessinée, n'avait rien de fortuit. Sous ses hésitations, derrière l'air égaré et ses maladresses contrôlées, il avait reconnu le professionnel, l'être authentique et vulnérable; celui-là même qui avait su échapper aux stéréotypes des personnages classiques du début, fort mal connu, de sa carrière. Dans "Witness", peut-être son plus beau film, il est à nouveau un personnage double : flic et menuisier. "On a toujours besoin d'un bon ouvrier" lui dit le chef de la communauté dans laquelle il a trouvé refuge. Façon comme une autre pour Peter Weir de dire ce qu'il pense de son interprète. Mais aussi et surtout,, portrait en profondeur de Harrison Ford qui, avant d'être acteur, fut charpentier. "Comme la charpente supporte le toit en demeurant invisible, son travail n'apparaît pas mais charpente ses créations" a écrit, à son propos, Alain Garel. Harrison Ford a travaillé de ses mains. Et j'ai envie de dire que cela se voit dans son jeu, dans son comportement balourd, dans son air traqué, comme s'il s'excusait de n'être pas au bon endroit. Ford, c'est un artisan au pays des frimeurs, un être authentique égaré chez les stars ou, plus simplement, Alice au pays des merveilles". François Guérif      

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