ROCK HUDSON, TOUT CE QUE LE CIEL PERMET
ROCK HUDSON 1925 - 1985
Acteur Américain
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Il y a quarante ans, soit le 2 octobre 1985 disparaissait l'acteur américain Rock Hudson. Celui-ci était âgé de 59 ans. Son décès avait bouleversé le monde entier, étant mort du Sida à Beverly Hills en Californie. Il était la première grande célébrité à mourir d'une maladie liée au Sida.
Rock Hudson est l'exemple même de l'acteur formé "sur le tas". Avant de tourner son premier film pour la Warner, "Les Géants du ciel" (Fighter Squadron,1948) de Raoul Walsh, il n'avait jamais joué : il ne faudra pas moins de 38 prises de vues avant qu'il n'énonce une phrase correctement. Et, pourtant, en quelques années, il deviendra la principale vedette de l'Universal et l'une des plus grands acteurs du cinéma américain des années 60.
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Rock Hudson est né le 17 novembre 1925 à Winnetka (Illinois), Histoire de Rock Hudson ou comment devenir une star en huit leçons. Premièrement : être grand, brun, beau et musclé. Deuxièmement : trouver un bon agent. Troisièmement : choisir un nom viril et anglosaxon. Quatrièmement : apprendre l'art dramatique, le chant, la danse, l'escrime et l'équitation. Cinquièmement : poser pour le plus grand nombre possible de photos publicitaires avant même d'avoir tourné un film. Sixièmement : prendre progressivement conscience de sa force au fur et à mesure des tournages, et ne jamais refuser un rôle. Septièmement : essayer de varier les plaisirs en passant du western au drame et du mélo à la comédie. Huitièmement : lorsque, l'âge venant, les offres se font rares, s'orienter vers la télévision et le théâtre.
Employé des postes à la sortie de l'Université, il s'engage ensuite dans la marine afin de servir son pays pendant trois années de 1943 à 1946. De retour à la vie civile, il exerce divers métiers : camionneur, mécanicien, avant d'être remarqué par un agent de la Warner qui deviendra son agent Harry Wilson et lui procure son premier rôle "Les Géants du ciel"(sous le nom de Roy Fitzgerald). Rock Hudson déclara : "C'était plus une figuration qu'un vrai rôle, mais ça m'a permis d'observer la façon dont travaillaient les acteurs". C'est pour cette compagnie qu'il tourne son premier film, mais il fera son apprentissage d'acteur à l'Universal, tenant une vingtaine de petits rôles dans des films policiers comme "Undertow" (1949) de William Castle, "I Was a Shoplifter" (1950), "L'Impasse maudite" (One Way Street,1950) de Hugo Fregonese et "Shakedown,1950) de Joseph Pevney. Dans les deux autres films qu'il tourne également en 1950, il incarne un footballeur, dans une comédie sans prétention intitulée "Peggy" de Frederick De Cordova, et un Peau-rouge dans "Winchester 73" d'Anthony Mann. Il interprète des rôles mettant avant tout en valeur ses qualités physiques. Parallèlement, il suit l'enseignement de l'école de Sophie Rosenstein qui lui permet d'améliorer sa diction et de se perfectionner dans des activités aussi diverses que la danse ou l'escrime.
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Sa popularité monte ensuite à mesure que s'accumulent les rôles : gangster dans "The Fat Man" (1950) de William Castle, pirate dans "Le Joyeux Corsaire" (Double Crossbones,1950) de Charles T. Barton, pilote dans "Air Cadet" (1951) et champion dans la catégorie poids lourds dans "The Iron Man" (1951), deux films signés par Joseph Pevney, joueur dans "Les Affameurs" (Bend Of the River,1952) d'Anthony Mann et employé de ranch dans "Le Traître du Texas" (Horizons West,1952) de Budd Boetticher.
Il aura un rôle de premier plan dans "Une Fille à bagarres" (The Scarlet Angel,1952) de Sidney Salkow, où il incarne un capitaine de bateau faisant la cour à une fille du saloon, Yvonne De Carlo, puis dans une agréable comédie dans l'action se déroule dans les années 20 "Qui donc a vu ma belle ?" (Has Anybody Seen My Gal ?,1952) réalisé par Douglas Sirk, où James Dean est figurant. Ils joueront encore ensemble dans "Géant" (Giant,1956) de George Stevens, Dean étant l'antithèse de la star traditionnelle que représente Rock Hudson. C'est le premier des huit films que Rock Hudson tournera sous la direction de Douglas Sirk.
La popularité de Rock Hudson va grandissante et c'est Raoul Walsh, à nouveau, qui en fait un acteur de premier plan à travers trois films : "Victime du destin" (The Lawless Breed,1953), où il tient le rôle d'un voleur armé qui meurt très jeune, et surtout "La Belle espionne" (Sea Devils,1953) et "Bataille sans merci" (Gun Fury,1953). Sous la direction de Budd Boetticher, il incarne un jeune diplômé de l'école militaire de West Point qui défend des vues très libérales sur les Indiens dans "L'Expédition du Fort King" (Seminole,1953). Le clou du film est la longue séquence de l'avancée des soldats dans la nature hostile des bayous, l'attaque du camp peuplé uniquement de mannequins puis l'irruption des Indiens couverts de maquillages guerriers. Ce rôle l'amènera à interpréter le chef indien Cochise dans "Taza, fils de Cochise" (Taza, Son Of Cochise,1954) de Douglas Sirk.
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Cependant, Douglas Sirk se rend compte que le physique de l'acteur correspond à l'homme dont rêvent les lectrices de roman-photo, aussi décide-t'-il de lui faire tourner une série de mélos doucereux et scabreux produit par Ross Hunter, qui feront de lui une star à part entière. Il fallut quelques années à Rock Hudson pour se débarrasser de son personnage de beau jeune premier et pour imposer ses qualités d'acteur. Il trouve le juste milieu entre la légèreté et la gravité dans "Le Secret magnifique" (The Magnificent Obsession,1954) où il interprète le rôle du playboy devenu chirurgien pour guérir Jane Wyman qui a perdu la vue à cause de lui dans un accident de voiture. Dans "Tout ce que le ciel permet" (All That Heaven Allows,1954) la même Jane Wyman bouscule les conventions en épousant son jardinier (Rock Hudson) beaucoup plus jeune qu'elle. Dans "Ecrit sur du vent" (Written On The Wind,1956), Rock Hudson est la seule personne normale d'une famille qui a fait fortune dans le pétrole, mais dont tous les membres sont alcooliques, impuissants, malades ou violents. Quelques deux ans plus tard, Douglas Sirk réunit à peu près les mêmes acteurs, Rock Hudson, Robert Stack, Dorothy Malone pour "La Ronde de l'aube" (Tarnished Angels,1958), un film sur l'acrobatie en vol, dans lequel Rock Hudson révèlera une nouvelle profondeur en incarnant un journaliste alcoolique. Il déclara : "J'avais trouvé passionnant ce personnage de looser, alcoolo, viré de son job et qui se retrouve dans un milieu très spécial des acrobates de meetings aériens. J'avais essayé de composer un personnage réaliste, je m'étais acheté, chez un fripier des quartiers pauvres, un costume mité et des souliers de cuir tout éraflés. On a tourné quelques jours dans cette optique, mais quand les exécutives ont vus les rushes, ils ont commencé à hurler et on s'est retrouvé avec un film bien clean à leur façon au lieu de ce qui aurait pu être une adaptation bien plus subtile et forte de Faulkner.
Douglas Sirk avait su merveilleusement tirer parti du magnétisme de l'acteur, comme le rappellent James Robert Parrish et Don E. Stanke dans leur livre "The All Americans" : "Sirk a parfaitement utilisé le regard enjôleur de Rock, en le filmant très souvent en gros plan et en lui faisant regarder directement la caméra."
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Il continuera à jouer les héros de mélos dans "One Desire" (1955) de Jerry Hopper, avec Anne Baxter et Julie Adams, dans "Ne dites jamais adieu" (Never Say Goodbye,1956) de Jerry Hopper également, il est le chirurgien qui sauve la vie de la femme qu'il croyait être la sienne dix ans auparavant; et enfin dans un autre film de Douglas Sirk, "Les Ailes de l'espérance" (Battle Hymn,1957), on le voit en prêtre-pilote. Son interprétation de Frederic Henry dans le remake de "L'Adieu aux armes" (A Farewell To Arms,1957) de Charles Vidor qui ne fut pas une totale réussite et lui vaut le prix du plus mauvais acteur de l'année, décerné par le Harvard Lampoon. Par contre, le réalisateur Richard Brooks dirigea Rock Hudson et Sidney Poitier dans "Le Carnaval des Dieux" (Something of Value,1957) sur l'indépendance du Kenya, évoquant le racisme sur la révolte des Mau-Mau, d'octobre 1952 à octobre 1956.
Au début des années soixante, Rock Hudson aborde la comédie avec "Confidences sur l'oreiller" (Pillow Talk,1959) de Michael Gordon, où il partage l'affiche avec Doris Day, ils ont tourné ensemble à trois reprises, puisque dès 1961, il tourne avec elle dans "Un Pyjama pour deux" (Love Come Back,1961) de Delbert Mann et "Ne m'envoyez pas de fleurs" (Send Me No Flowers,1964) de Norman Jewison, trois petits chefs-d'œuvre du genre "comédie sophistiquée sur le sexe". Le succès du couple Rock Hudson - Doris Day relève du plus pur des hasards. Jusqu'à leur rencontre cinématographique, leurs carrières avaient suivi des voies parallèles et, chacun à sa façon, ils incarnaient le rêve de réussite de l'Américain moyen.
Il fallut quelques années à Rock Hudson pour se débarrasser de son personnage de beau jeune premier et pour imposer ses qualités d'acteur. Sous l'égide des producteurs avisés qui décidèrent de leur association en 1959, leur image de marque allait subir une nette mutation. Jusqu'alors, Rock Hudson avait surtout interprété des rôles mélodramatiques. "Confidences sur l'oreiller" allait être un véritable révélateur pour les deux acteurs. En passant à la comédie, Hudson put faire la preuve de l'étendue de son registre. Ce film n'en fut pas moins un énorme succès.
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Durant les années 60, Rock Hudson connaîtra quelques autres succès comme "El Perdido" (The Last Sunset,1961) de Robert Aldrich avec Kirk Douglas et Dorothy Malone, puis une autre réussite totale avec "Le Sport favori de l'homme" (Man's Favorite Sport,1964) d'Howard Hawks. Il est l'auteur d'un best-seller sur la pêche alors qu'il n'a jamais pêché de sa vie. L'on voit Rock Hudson traversait à moto un chemin boueux et entre dans un ours. Il tombe, lève les yeux et voit l'ours conduire la moto. Ensuite une petite fille, après avoir demandé si la moto appartient à Rock, demande à celui-ci s'il faut longtemps pour apprendre à un ours à faire de la moto.... Grâce à cette situation, le caractère du personnage n'est pas traditionnel, il est irréel. On peut souligner sa présence dans deux autres films "Destination : Zebra, station polaire" (Ice Station Zebra,1968) de John Sturges avec Ernst Borgnine et Patrick McGoohan et "Le Téléphone rouge" (A Gathering of Eagles,1963) de Daniel Mann avec Rod Taylor.
Il y a également sa rencontre avec Gina Lollobrigida dans "Le Rendez-vous de septembre" (Come September,1961) de Robert Mulligan et "Etranges compagnons de lit" (Strange Bedfellows,1965) de Melvin Frank et avec Leslie Caron "Le Coup de l'oreiller" (A Very Special Flavor,1965) de Michael Gordon. Quelque soit le personnage qu'il endosse, il a toujours son air désinvolte. Après toutes ces fumisteries puériles et dépourvues d'humour, il reprendra des rôles plus "concrets". On le voit en automate rajeuni dans "Opération diabolique" (Second,1966) de John Frankenheimer puis en héros de guerre presque robotisé dans "Tobrouk, Commando pour l'enfer" (Tobruk,1967) d'Arthur Miller, "L'Assaut des jeunes loups" (The Hornet's Nest,1970) de Phil Karlson.
Rock Hudson tournera aussi des westerns "de routine" comme "Les Géants de l'Ouest" (The Undefeated,1970) d'Andrew McLaglen avec John Wayne, "Duel dans la poussière" (Showdown,1972) de George Seaton et une comédie musicale avec Julie Andrews, "Darling Lili" (1970) de Blake Edwards. Il est aussi à l'affiche d'un film plus ou moins érotique de Roger Vadim, "Si tu crois fillette" (Pretty Maids All In A Row,1971). En 1978, il joue et "chante" dans une comédie musicale à Broadway, puis on le voit dans un film catastrophe "Avalanche" de Corey Allen.
Durement frappé par la mort de sa mère en 1972, Rock Hudson limite ensuite ses apparitions à l'écran. Les années 80 le voient s'orienter vers la télévision avec "The Starmaker" et Lou Antonio, "La Troisième Guerre Mondiale" de David Greene et la série "Dynastie". Atteint du Sida, il avait entrepris la rédaction de ses mémoires peu avant sa mort survenue dans sa maison de Beverly Hills, le 2 octobre 1985, il avait 59 ans. Son homosexualité avait été révélé dans la presse, la mort de l'acteur a contribué à attirer l'attention sur l'épidémie de Sida et sur les conséquences dramatiques.
*Affiches-ciné * Cinetom
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