DÉCÈS DE L'ACTEUR TERENCE STAMP "THÉORÈME
DÉCÈS DE L'ACTEUR BRITANNIQUE
de "THÉORÈME"
TERENCE STAMP 1938 - 2025
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Nous apprenons en ce dimanche 17 août 2025, la mort du comédien Britannique Terence Stamp, à l'âge de 87 ans. Voyou désinvolte ou ange maléfique, séduisant, étrange ou pervers, ou les trois à la fois, Terence Stamp n'est pas de ces visages qu'on oublie... Il laisse derrière lui une œuvre extraordinaire dans le domaine du cinéma. Pasolini l'avait mis en scène dans son film "Théorème", mais on ne peut oublier son rôle perturbant dans "L'Obsédé" de William Wyler ou "Modesty Blaise" de Losey.
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Comme son père, capitaine de remorqueur sur la Tamise, Terence Stamp est londonien et sa mère est Française. Il est né le 22 juillet 1938 à Londres, dans le quartier de Stepney. Adolescent passionné de golf, il rêve de devenir joueur professionnel, tout en ramassant les balles des autres. Puis devenu coursier auprès d'une agence de publicité, il est saisi par le démon du théâtre et s'inscrit à dix-huit ans à la "Webber Douglas Academy", après avoir obtenu une bourse d'étudiant.
Reconverti en machiniste, il est remarqué en Iago dans "Othello" de Shakespeare par Jimmy Frazer, qui deviendra son imprésario tandis que son propre frère Chris Stamp sera plus tard celui des "Who". Acteur dans les pièces "The Long and the Short and the Tall" et "Why the Chicken?", il est repéré par la comédien Peter Ustinov devenu réalisateur, lequel cherche un beau jeune homme pour le rôle principal de "Billy Budd" (1962) ou il devient un ange robuste pour affronter les foudres du capitaine sadique incarné par Robert Ryan. Il réussit si bien à traduire l'esprit angélique de l'innocent imaginé par le romancier Herman Melville qu'il reçoit une nomination aux Oscars.
Après le rôle mineur d'un étudiant impétueux dans "Le Verdict" (Term of Trial,1962) de Peter Glenville, auprès de Laurence Olivier comme acteur principal, il décroche un autre rôle en or, presque aussi difficile que celui de "Billy Budd", celui de "L'Obsédé" (The Collector,1965) de William Wyler, d'après le best-seller de John Fowles, il interprète ce jeune employé de bureau taciturne, collectionneur de papillons asocial qui kidnappe et martyrise une jeune femme interprétée par Samantha Eggar dans l'espoir de se faire aimer d'elle. En vérité, pas trop littéraire le personnage manquait d'épaisseur, mais Terence Stamp, touchant de timidité et de gaucherie, séduit le jury du Festival de Cannes qui lui décerne le prix d'interprétation masculine. Un rôle en correspondance malicieuse avec celui qu'il tiendra vingt ans plus tard dans "The Hit" (1984) de Stephen Frears, en otage railleur de deux tueurs nerveux et querelleurs!
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Avec sa petite amie, le mannequin Jean Shrimpton, il devient un personnage très en vue du "Londres dans le vent" au cours des années 60. Dans cet esprit très mode, il incarne Willie Garvin, face à l'éblouissante Modesty, jouée par l'actrice italienne Monica Vitti, dans "Modesty Blaise" (1966), parodie du film d'espionnage de Joseph Losey. L'année suivante, il est le sergent Troy dans "Loin la foule déchaînée" (Far From The Madding Crowd,1967), d'après Hardy, adapté par John Schlesinger ou ce jeune officier essentiellement soucieux de séduire Julie Christie. Ensuite, il s'intègre au naturalisme misérabiliste de Ken Loach pour le film "Pas de larmes pour Joy" (Poor Cow,1967). En 1968, Terence Stamp tourne deux excellents films en Italie, l'un exploitant le côté légèrement satanique de sa beauté, l'autre lui permettant de jouer, une dernière fois, avec la pureté d'un "Billy Budd", "Histoires extraordinaires", inspiré des nouvelles d'Edgar Allan Poe, est un film en trois volets : le premier de Vadim, forcé et bavard, le second de Louis Malle, plat et académique et le troisième de Fellini, "Toby Dammit ou il ne faut pas parier sa tête avec le diable", vertigineuse fable ou Terence Stamp, acteur alcoolique, est pourchassé par Satan, sous les traits d'une adorable fillette portant un gros ballon blanc. Le second film italien de l'acteur est "Théorème" (Teorema) de Pier Paolo Pasolini, étrange allégorie montrant comment la vie d'une famille bourgeoise se trouve bouleversée par la venue d'un "ange" qui passe de lit en lit, en séduisant tour à tour chaque membre d'une famille bien-pensante, y compris la bonne !. Représentant officiel de l'Italie au Festival de Venise en août 1968, "Théorème" se voit décerner le Prix de l'Interprétation féminin et celui de l'Office Catholique International du Cinéma, mais désapprouvé par le Vatican. L'accueil favorable de la presse, l'odeur de scandale et les polémiques dans les milieux catholiques assurèrent au film un succès commercial.
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Terence Stamp avait également interprété Arthur Rimbaud face à son amant Paul Verlaine (Jean-Claude Brialy) dans "Une Saison en enfer" (Una stagione all'inferno,1971) de Nelo Risi. Après cela, Terence Stamp, acteur emblématique des années 60, s'efface peu à peu au terme de la décennie. Il tournera des films obscurs, comme "The Mind of Mister Soames" (1970) de Alan Cooke, où il est ce patient de trente ans tiré du coma dans lequel il était plongé depuis sa naissance, ou voyageur dans le temps pour "Hu-Man" (1975) de Jérôme Laperrousaz. Dans un film de Peter Brook de 1979, "Rencontres avec des hommes remarquables" (Meetings With Remarkable), récit des jeunes années de G.I. Gurdjieff. Terence Stamp interprète le maléfique général Zod dans "Superman" (1978) de Richard Donner et "Superman II" (1980) de Richard Lester et à l'occasion, ne dédaigne par un western, comme en témoignent "El Gringo" (Blue,1968) de Silvio Narizzano ou bien après "Young Guns" (1989) de Christopher Cain. Enfin, au cours des années quatre-vingt, il avait rédigé les trois premiers volumes de son autobiographie : "Stamp Album".
Il lui faudra attendre les années 90 pour le revoir dans des films grand public, comme "Priscilla, folle du désert" (The Adventures of Priscilla, Queen of the Desert,1994) de Stephan Elliott. Ce film a reçu un accueil critique très favorable et a connu un succès commercial important. Terence Stamp donne dans ce rôle de femme trans une de ses meilleures compositions, sur un fond musical du groupe Abba. Cinq ans plus tard, il est dirigé par Steven Soderbergh pour "L'Anglais" (The Limey) aux côtés de Peter Fonda et Joe Dalessandro. Le film est bien accueilli par la critique en général et fut présenté au Festival de Cannes 1999. On peut citer également le premier film du journaliste-animateur-écrivain Bernard Rapp "Tiré à part" (1996) qui permet à Terence Stamp de donner le meilleur de lui-même dans ce thriller dramatique. La poursuite de sa carrière cinématographique lui permet d'obtenir des seconds ou troisièmes rôles dans divers superproductions comme "Star Wars, épisode I : La Menace fantôme" (1999) de George Lucas ou "Walkyrie" (2008) de Bryan Singer avec Tom Cruise et Kenneth Branagh. Il est aussi à l'affiche à deux reprises sur des films signés par Tim Burton "Big Eyes" (2014) et "Miss Peregrine et les enfants particuliers" (Miss Peregrine's Home for Peculiar Children,2016). A noter également son face à face avec Vanessa Redgrave dans "Song for Marion" (2012) de Paul Andrew Williams. Ses deux derniers films pour le cinéma date de 2019 et 2021 avec "Murder Mystery" de Kyle Newacheck et "Last Night in Soho" d'Edgar Wright. Terence Stamp est décédé le 17 août 2025 à Londres, à l'âge de 87 ans.
*Affiches-ciné * Cinetom
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