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CINETOM
3 juin 2017

GINETTE LECLERC, LA GOUAILLEUSE

       GINETTE LECLERC                        1912 - 1992 

      Comédienne Française 

  

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De son véritable nom Geneviève Menut, Ginette Leclerc est née le 9 février 1912 à Paris. Regardez bien les traits de Ginette Leclerc. Dépouillez-les de l'excès de maquillage imposé par l'écran. Oulbiez ce qu'on a toujours dit d'elle. Ginette Leclerc offre l'un des plus émouvants visages que l'on connaisse, aussi vivant et expressif, aussi pur que celui de Jeanne Moreau dans "La Notte" d'Antonioni.

Comédienne très fine, beaucoup plus sensible que ne le laisse supposer l'agressivité des rôles qu'on lui confia si souvent, elle est toujours au moins juste, et parfois grande, Pierre Chenal, Edmond T. Gréville, Maurice Tourneur, Henri-Georges Clouzot, Marcel Pagliero, Gilles Grangier, Walerian Borowczyk et bien sûr Marcel Pagnol et Max Ophüls ont eu la générosité de faire confiance à ses possibilités dramatiques qui glorifiaient "Une frange lourde de mauvaise fille qui allonge ses yeux aux proportions de ceux d'une chatte amoureuse, une langue agaçante contre des dents magnifiques, une bouche propre à la morsure. Si elle redresse la tête, c'est pour montrer la ligne désirable de son cou. Si elle étend son bras, c'est qu'il est nu et provoquant. Si elle enfile des bas, c'est qu'ils sont noirs...", écrivait Nino Frank en 1948.

Elle s'est confiée en 1963 dans un livre étonnant de franchîse et de modestie, "Ma vie privée". Ginette Leclerc porta en elle, dès l'adolescence, cette flamme du désir qui l'habitait comme d'autres la foi et qui, au sens propre, fit sa vie. Petite figurante aux mines boudeuses, elle débuta au cinéma dans "La Dame de chez Maxim's" (1932) d'Alexandre Korda en même temps que son exacte contemporaine Viviane Romance, et ces deux ravissantes personnes se partagèrent pendant quinze ans des emplois de même nature. Laquelle préférez-vous?

Ginette sait aussi chanter et danser, elle tourne "Ciboulette" (1933) de Claude Autant-Lara, elle se lance au music-hall chez Henri Varna, elle est choisie par Louis Lumière pour être la vedette d'un court-métrage en relief "L'Ami de Monsieur" (1934). Le succès lui vient tout de go : fille légère un peu canaille, volontiers à demi-nue, Ginette Leclerc tourne quatre ou cinq comédies chaque année avec les Christian-Jaque, Guissart, Pujol et Forrester, et paraît dans les opérettes d'Albert Willemetz et les théâtres de Léon Volterraz, n'appartenant encore qu'à la riche lignée de comédiens de complément.

En 1936, Pierre Chenal qui tournait en Italie une nouvelle adaptation due à Vitrac et Salacrou de "Feu Mathias Pascal" de Pirandello eut l'idée de proposer à l'actrice un rôle mois caricatural. La sensualité insidieuse de Romilda distillée par la ferme direction du metteur en scène lui convenait si bien qu'on ne vit plus en Ginette le seul objet d'un désir brut "L'homme de nulle part". Léonide Moguy en fit une convaincante et perverse détenue de "Prison sans barreaux" (1938), où elle obtint un vif succès personnel. Et la même année, elle triomphait à très juste titre dans "La Femme du boulanger"  de Pagnol, qui célébrait par excellence la glorieuse et dévastatrice splendeur de la comédienne. Elle y remplissait à la perfection la fonction attendue d'elle, mais la véritable passion que Raimu lui portait, la lente simplicité propre à la mise en scène de Pagnol lui conféraient en plus un soupçon d'immortalité.

La guerre lui valut deux de ses meilleurs films, et beaucoup d'ennuos. Elle manifestait une maturité émouvante et une digne acceptation de sa sensualité dans le beau "Val d'enfer" (1943) de Maurice Tourneur. Mais surtout, elle était admirable d'émotion retenue, de passion dans "Le Corbeau" (1943) de Clouzot.  Les suites politiques de ce film, bien connues, n'épargnèrent pas Ginette Leclerc, que l'on semblait à la Libération confondre avec son personnage. Elle avait atteint la trentaine, et dans ces films perçait une aptitude très authentique, très touchante à la tendresse. La femme qu'elle était, en outre, n'avait jamais été plus attirante. Ces deux derniers films, comme "Le Dernier Sou" d'André Cayatte également tourné en 1943, étaient produits par la Continental allemande. De ce fait, et aussi à cause des louches affaires de son compagnon d'alors, le triste acteur Lucien Galas, Ginette Leclerc passa quelque temps en prison à la Libération. Ce qui ne l'empêcha pas, selon des coutumières incohérences de son métier, d'être choisie par l'acteur italien Marcello Pagliero, homme de gauche formé par le néo-réalisme, comme vedette de son magnifique "Un Homme marche dans la ville" (1949). Nouveau scandale. La presse communiste et les milieux syndicaux s'insurgent contre ce film qui démoralisait Billancourt en montrant les dockers du Havre en proie à des passions susceptibles de leur faire négliger leur intérêt de classe. Pagliero se montrait pourtant fort chaleureux à l'égard de ses personnages, mais on lui pardonna difficilement, en pleine guerre froide, d'avoir préféré la nuance à l'assertion et permis à une Ginette Leclerc plus mûre, plus séduisante et meilleure comédienne que jamais, de faire oublier les injustes soupçons nés des suites du "Corbeau".

Evidemment parfaite pensionnaire de la maison Tellier du "Plaisir" (1951) de Ophuls, elle retrouvait Gabin en veuve de gangster au milieu des routiers du solide "Gas-Oil" (1955) de Grangier. Cette actrice de tant de vaudevilles finit même par côtoyer l'avant-garde en 1968 lorsqu'elle participa au très curieux "Goto, île d'amour" de Borowcyk en compagnie de son vieux complice Pierre Brasseur. Depuis, Jean Herman, Jean-Claude Brilay, Jean Yanne et quelques autres lui ont fait signe, sans que ces apparitions présentent beaucoup d'intérêt. Qu'importe, Ginette Leclerc n'a sans doute pas atteint le rang de notoriété que connut sa rivale Viviane Romance, mais sa façon d'être à l'écran, cette liberté et cette insolence lui assurent une durable singularité. Elle appartient de plein droit à l'histoire des passions françaises. Ginette Leclerc décède le 2 janvier 1992 des suites d'un cancer. 

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*Affiches Cinema français - Cinetom

D'après "Noir&Blanc" -  Olivier Barrot & Raymond Chirat Editions Flammarion

 

 

____________________Michael Lonsdale (Michel Lonsdale)

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