Alfred Hitchcock inaugura le seizième Festival de Cannes avec son film "Les Oiseaux" avec Tippi Hedren et Rod Taylor. Cette cérémonie a été officialisée avec la présidence de Habib Deloncle, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères. Un gala de bienfaisance au profit de la Croix-Rouge Française, fut organisé par la télévision française, sous l'égide de l'eurovision. Maria Schell fut nommée présidente du Jury du Festival Internatinal du Film Croix-Rouge, et un colloque cinéma-télévision présidé par le cinéaste René Clair eut lieu. La cérémonie s'est déroulé du 9 au 23 mai 1963.
Nico Papatakis présenta "Les Abysses". Parmi les jurés Armand Salacrou (Président), Jean de Baroncelli, François Chavane, Robert Hossein et Wilfrid Baumgartner représentèrent la France. Fedérico Fellini clôtura le seizième Festival International du Film de Cannes avec "Huit et Demi", en présence de Alain Peyrefitte, ministre de l'Information.
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ROBERT HOSSEIN - JURY
LE JURY
Armand SALACROU, Président
AhmedSEFRIOUI FrançoisCHAVANE Gian LuigiRONDIHenriALEKAN JacquelineAUDRY JeanDE BARONCELLI JOURENEV KarlSCHEDEREIT
Un petit homme à moustache, tout simple d'allure et modeste, le français moyen de l'époque. A le regarder, on évoque les manches de lustrine, le parapluie de coton, les bons souliers bien cirés, le chapeau melon, la chaîne de montre qui barre le ventre. De ce bonhomme attentif et méticuleux, d'une attendrissante dignité, émane une sympathie qui, pendant des années réchauffe le coeur de ceux qui sont heureux de le retrouver, au ciné du coin, chaque fin de semaine. Franc et honnête, plus finaud qu'on ne le croit et habile à faire percer une pointe d'émotion à travers les toussotements d'une voix ouatée par un semblant de rhume.
-Noir&Blanc Olivier Barrot et Raymond Chirat -Editions Flammarion
Acteur français né le 10 juillet 1884 à Sciton-Sinac (Dordogne). Pierre larquey eut une enfance dure et sa jeunesse oscilla curieusement entre la tentation du séminaire et le rire du théâtre. Une représentation de cirque avait déclenché en lui l'appel. Mais jusqu'au service militaire qu'il fit à Madagascar dans la coloniale, et même après, il travailla à Bordeaux dans des maisons de commerce.
Il y avait dans cette grande ville un conservatoire : le jeune Larquey y entra, et, d'après lui apprit le "naturel"". Ce fameux naturel, cette tranquille bonhomie qui caractériseront son jeu tout au long de sa vie. C'est alors que le journal "Comoedia organisa un concours de comiques en 1937, dont le premier prix était un engagement dans un théâtre réputé du boulevard. Larquey fut lauréat en remportant sous le nom de Roger Maxel, le premier prix pour sa composition d'Harpagon. Dès lors, il joue dans des véritables théâtres. C'est ainsi qu'il abordera les vaudevilles, opéras-comiques et opérettes.
Pendant cette période, il débute au cinéma dans "Le Nabad" (1911) du réalisateur Albert Capellani, suivit de "Patrie" et "Germinal" (1912). Il lui faudra attendre le début des années 30 pour l'aperçevoir dans "Le Chien jaune" (1932) de Jean Tarride, "Topaze" (1932) de Louis Gasnier avec Louis Jouvet ou bien dans "Le grand jeu" (1933) de Jacques Feyder, "Madame Bovary" (1933) de Jean Renoir, "La Rue sans nom" (1933) de Pierre Chenal et "Les Misérables" (1933) avec Harry Baur et Charles Vanel.
Une proposition en 1937, Larquey saute dans le train et arrive à Paris. Engagé à la Comédie-Mondaine, sur la Butte-Montmartre, il accumule rôle sur rôle à un rythme forcené et, sur la pointe des pieds, se faufile dans les studios du Film d'Art. Mobilisé, il retrouve les planches à l'armistice, triomphe dans un "concours de comiques" et récolte ainsi un engagement d'une année aux Variétés. Larquey y restera quinze ans, créera notamment le père Tamise de "Topaze" qu'il retrouvera aux feux des studios, en 1932.
Soutenant une cadence frénétique de tournage, il a paru dans des plaisanteries qui s'intitulent "Compartiments de dames seules" (1934) de Christian-Jaque avec Armand Bernard, "La Mariée du régiment" (1933) de Maurice Cammage, "La Rosière des Halles" (1933) de Jean de Limur, "Une poule sur un mur" (1936) de Maurice Gleize, à quoi feront écho, des années plus tard : "Et ta soeur" (1931) d'Henry Lepage et la production Couzinet : "Trois vieilles filles en folie" (1931)...
1937 : l'acteur chéri du public : Pierre Larquey qui ajoute déjà à son palmarès déjà riche le chiffre ahurissant de onze nouveaux films tournés en douze mois. Trois d'entre eux sont signés par René Pujol : "Titin des Martigues", "La griffe du hasard", "Trois artilleurs au pensionnat", les autres titres se partagent entre Roger Richebé "L'habit vert", Marcel L'Herbier "La Citadelle du silence", Jean-Paul Paulin "Les Filles du Rhône", Henri Decoin "Mademoiselle ma mère".
En 1931 et 1940, un rapide examens des titres de film interprétés par Pierre Larquey démontre que ce comédien doué de sa génération, acceptait à peu près tout...le mélodrame larmoyant, la bouffonnerie, les satires signées Yves Mirande, les adaptations de romans célèbres, et encore et toujours les comédies de caserne, prétextes à gros rires. Tambour de ville dans "Knock" (1933) de Roger Goupillères. Il devient clairon de la Légion dans "Le Grand Jeu" (1934) de Jacques Feyder avec Pierre-Richard Willm, Françoise Rosay et Marie Bell. Sous une perruque poudrée, il souffle ses rôles ses rôles à "Adrienne Lecouvreur" (1938) sous la direction de Marcel L'Herbier en attendant de devenir le bon pêcheur flammand de "L'empreinte du Dieu" (1940) de Léonide Moguy ou le père Hochepot, tout heureux de vivre au "Sixième étage" (1939) de Maurice Cloche. Il bégaie en gangster marseillais dans "Justin de Marseille" (1934) de Maurice Tourneur avec Antonin Berval
En 1936, Larquey donna la réplique à Antonin Berval et Yvette Lebon dans "Romarin" (1936) d'André Hugon. Les extérieurs furent tournés en Provence, à Cassis, Cros-de-Cagnes, Toulon et dans l'arrière-pays. L'année 1936 vit la résurrection dans le cinéma français des grands classiques de la littérature populaire comme "La Loupiote", tiré du roman d' Aristide Bruant avec Pierre Larquey, Jeanne-Fusier Gir et Ginette Leclerc, réalisé par Jean Kemm et Jean-Louis Bouquet.
Dans "Sept hommes, une femme" (1936) d'Yves Mirande, Larquey incarnait un brave ouvrier arrivé par son travail à un rang supérieur. On le retrouve aussi dans "Messieurs les ronds-de-cuir" (1936) où il est un malheureux conservateur de province, victime de l'administration et de la malignité des choses. On a voulu lui faire tout jouer et il a tout accepté. Les paysans collés dans la glèbe dans "La Terre qui meurt" (1936) de Jean Vallée, il est aussi un bon père de famille dans "La Marmaille" (1935) de Dominique Bernard Deschamps
"Les Filles du Rhône" (1937) de Jean-Pierre Paulina a été entièrement réalisé en décors naturels (extérieurs et intérieurs) en Camargue, à une époque où le travail en studio prévalait. Il fut la vedette de "Monsieur Coccinelle" (1938) où le réalisateur Bernard Deschamps donnait une valeur symbolique à ce personnage de tout petit français moyen, englué dans sa routine et empêtré dans ses habitudes. Ce film est l'un des rares où Pierre Larquey tint le rôle principal. Aucun de ses partenaires n'était des acteurs de premier plan.
L'Occupation ne ralentit en rien l'activité cinématographique de Pierre Larquey, en quatre ans il parait dans vingt et un films, mieux elle lui procure l'occasion d'un renouvellement total de ses compositions. Henri-Georges Clouzot qui connaissait le talent du comédien à la scène jugea bon de le débarasser de la défroque de vieux paysan ou de petit rentier qui menaçait de l'étouffer et en fit d'abord un des trois coupables de "L'assassin habite au 21" (1942) aux côtés de Pierre Fresnay, Suzy Delair, Jean Tissier et Noël Roquevert. Clouzot le métamorphose, d'un artisan paisible, il fait surgir un étrangleur...
Larquey ressuscite les vieux domestiques, complices des jeunes filles de bonne famille dans "Le Mariage de Chiffon" (1941) réalisé par Claude Autant-Lara. Directeur de pensionnat dans "Les Anciens de Saint-Loup" (1950) de Georges Lampin avec Serge Reggiani, Bernard Blier et François Périer. Geôlier sentencieux dans "Le lit à colonnes" (1942) de Roland Tual. Il est aussi le père noble dans "Sylvie et les fantômes" (1945) de Claude Autant-Lara.
Il fut aussi Vorzey le médecin honorable, auteur des lettres anonymes du "Corbeau" (1943), il extirpe un être pervers qui brouille les pistes et finit la gorge tranchée. Dans le même temps, il chaperonnait Chiffon en parfait domestique de la belle époque jouait l'ange luttant contre le malin dans "La Main du diable" (1942) aux côtés de Pierre Fresnay et Noël Roquevert. Pierre Larquey donna la réplique à Gaby Morlay dans "Le Voile bleu" (1942) de Jean Stelli, en étant un amoureux transi, soupire en vain auprès d'une nurse sublime. Il encourt à deux reprises les sévices de l'occupant, celui de 1914 et celui de 1940 dans "Les Otages" (1939) de Raymond Bernard avec Charpin et dans "Jericho" (1945) d'Henri Calef avec Pierre Brasseur.
Sur le mince fil conducteur d'une recherche d'identité, "La Collection Ménard" (1944) de Bernard-Roland se présente comme une sorte de film à sketches où abondent les personnages insolites, voir totalement loufoques avec Suzy Prim, Lucien Baroux, Robert Le Vigan, Jean Tissier, Edouard Delmont, Pierre Larquey, Marguerite Moreno...Tous les excentriques du cinéma français.... Pierre Larquey a sublimé l'amour paternel dans "Le Père Goriot" (1944) de Robert Vernay, il fit aussi une remarquable interprétation d'un père noble dans "Sylvie et le fantôme" (1945) de Claude Autant-Lara avec Odette Joyeux.
Il interpréta avec un succès croissant une cinquante de films sans parvenir à lasser son public. La dernière étape de sa carrière, Clouzot fait appel à lui pour incarner ce fameux surveillant du collège privé dans "Les Diaboliques" (1954) d'Henri-Georges Clouzot. La propriétaire de cet établissement est incarnée par Vera Clouzot et son époux (Paul Meurisse) , préférant le concours de sa maîtresse (Simone Signoret) pour commettre un meurtre machiavélique... Larquey fut aussi l'un des protagonistes de ce film maudit "Les Espions" (1957) de Clouzot. C'est en guide au château de Versailles dans "Si Versailles m'était conté" (1953) que l'on aperçoit Pierre Larquey, qui enchâina toujours pour le compte de Sacha Guitry en interprétant Pierre Broussel qui eut sa part dans le déclenchement de la Fronde dans "Si Paris nous était conté". Dans "Assassins et Voleurs" (1956) de Sacha Guitry, Larquey devait dire quelques phrases d'une philosophie souriante prononcées par un vieux pêcheur.
Juché sur un tracteur et figurant un véritable paysan, il avait donné la réplique à Jean Gabin dans une scène du "Président" (1960) d'Henri Verneuil. C'était véritablement un acteur du terroir. Symbole de la mythologie du cinéma français des années 30 au début des années 60. Pierre Larquey décéda le 17 avril 1962, il y a cinquante ans.
John Ford pseudonyme de Sean Aloysius O'Fearna né à Cape Elisabeth dans l'Etat du Maine, le 1er février 1895. Le réalisateur de "La chevauchée fantastique" meurt le 31 août 1973.
Cadet de treize enfants d'une famille d'origine irlandaise, il séjournera en Irlande pendant quelque temps et on retrouvera le goût de ce pays et de ses habitants dans nombre de ses films. Le père O'Fearna tient un saloon à Portland. C'est au collège de cette ville que le jeune Sean fait ses études avant d'échouer au concours d'entrée de l'Académie Navale.
A l'âge de 18 ans, il rejoint son frère Francis, de treize ans son aîné, qui a trouvé du travail comme acteur et comme réalisateur à Hollywood sous le nom de Francis Ford. Pendant quatre ans il va l'aider; il sera accessoiriste, assistant, acteur. Il joue même le rôle d'un membre du Ku-Klux-Klan dans "Naissance d'une Nation" de David Wark Griffith.
C'est en 1917, qu'il réalisa son premier film : "The Tornado". Il le signe Jack Ford et gardera ce prénom jusqu'en 1923. Il touna par la suite de nombreux westerns de moyen métrage dont la vedette était Harry Carrey (Cheyenne Harry). Quand le cinéma devient sonore, ce metteur en scène de trente-trois ans à déjà inscrit plus de soixante titres à sa filmographie, c'est déjà un vieux routier du cinéma. John Ford s'est marié en 1920, deux enfants sont nés de cet union (Patrick en 1921 et Barbara en 1922)
En 1934, John Ford réalisez "Judge Priest" avec Will Rogers. Ecrit conjointement par Dudley Nichols et Lamar Trotti, deux des scénaristes attitrés du cinéaste, le film est empreint d'un mélange d'émotions et d'humour bourru, de drames et de petits faits quotidiens dans la veine de Ford....
L'année suivante, c'est l'acteur Victor Mc Laglen et Preston Foster qui sont les principaux interprètes du film "Le Mouchard" (The Informer,1935). C'est par ailleurs le premier film de John Ford à obtenir un accueil critique triomphal, le film reçut quatre Oscars, celui de la meilleure mise en scène, du meilleur scénario, de la meilleure musique et de la meilleur interprétation masculine pour Victor Mc Laglen.
John Ford n'aimait pas son film "Révolte à Dublin" (The Plough and The Stars,1936), à cause des interférences du studio qui avait imposé Barbara Stanwyck et tourné des scènes à son insu pour la version américaine. Tiré d'après la pièce "La Charrue et les étoiles" de Sean O'Casey. Ce long métrage se rattachait à sa veine irlandaise et, donc, à ses origines, comme "Le mouchard"...
Dès la fin des années 30, John Ford avait déjà une centaine de films à son actif mais il était loin d'avoir tout dit. Son "âge d'or" couvre environ trois décennies. Il commence en 1939 avec deux films, "La Chevauchée Fantastique" (Stagecoach) avec John Wayne, Claire Trevor, Thomas Mitchell (le docteur), John Carradine (le joueur) et George Bancroft (le shérif), et "Vers sa Destinée" (Young Mr. Lincoln) avec Henry Fonda. La carrière cinématographique de John Ford compte plus d'un Chef-d'Oeuvre où l'émotion la plus intense se conjugue avec le spectaculaire.
On attribue souvent à "La chevauchée fantastique" le mérite d'avoir contribué à la réhabilitation du western au cours des années 40. Ce n'est qu'en partie vrai puisque la sortie de ce film coïncida avec le regain du genre. Authentique chef-d'oeuvre, "La chevauchée fantastique" allait servir de modèle au nouveau western...
Dans "Vers sa destinée", il sut donner, avec l'appui d'Henry Fonda, une image d'Abraham Lincoln. Ces moments sublimes, dans les films de John Ford montrent mieux que toute critique a posteriori le caractère spécifiquement méditatif et l'on pourrait même dire messianique de son art. Sa nature contemplative ne fut que rarement comprise. Bien souvent, en effet, notamment en France, les titres donnés à ses films en déformaient l'esprit : "charge héroïque", "poursuite infernale", "chevauchée fantastique" les rattachaient au genre épique alors que Ford était avant tout un pacifiste et un humaniste. L'affirmation de Voltaire sur la nécessité, chez un auteur épique, de porter son choix sur un héros dont le nom est déjà gravé dans l'esprit du lecteur,, ne peut s'appliquer qu'à quelques uns de ses films comme "Vers sa destinée" entre autres .
Pendant cette période, il reçois à trois reprises, l'Oscar du meilleur réalisateur pour "Le Mouchard", "Les Raisons de la colère" et "Qu'elle était verte ma vallée". Après avoir réalisé "Sur la Piste des Mohawks" (Drums along the Mohawks,1939) avec Henry Fonda et l'actrice d'origine française, Claudette Colbert, que John Ford mit en scène "Les Raisins de la Colère" (The Grapes of Wrath,1940). C'est en souvenir de la terrible famine qui ravagea l'Irlande, sa seconde patrie; dans le film de Ford on voit des paysans qui abandonnent les terres arides de l'Oklahoma.
Eugene O'Neill prétendait que de toutes les versions cinématographiques de ses oeuvres, seul "Les Hommes de la mer" ( (The Long Voyage,1940) lui paraissait fidèle et O'Neill se plaisait d'ailleurs à revoir le film que John Ford tira de quatre courtes pièces. Les principaux interprètes sont John Wayne, Thomas Mitchell, Barry Fitzgerald et Ward Bond. Dana Andrews et Gene Tierney avaient l'un et l'autre interprété leur premier film en 1940. Ils étaient donc encore débutants lors du tournage du film "La Route du tabac" (Tobacco Road,1941) réalisé par John Ford qui déclara n'avoir pu traduire à l'écran, le réalisme brutal, l'érotisme débridé de l'écrivain (Eskine Caldwell) : "J'ai aimé faire ce film. Je l'ai revu à la télévision et j'y ai pris plaisir".
Dans "Qu'elle était verte ma vallée" (How green was my valley,1941), les combats menés par les travailleurs entraînent la désagrégation de la communauté et de l'idyllique existence des Morgan dans le petit village gallois où il sont installés. Le plu jeune fils, Huw (incarné par Roddy McDowall) dont l'enfance constitue le noyau de toute l'histoire, doit à la fin suivre ses frères à la recherche de nouveaux pâturages. Les personnages crées par John Ford s'efforcent de rester fidèles à eux-mêmes et à leur mode de penser même lorsque de grands bouleversements historiques les menacent. Sous cet angle, Ford est proche du grand metteur en scène soviétique Mark Donskoï. Après avoir reçu l'Oscar du meilleur réalisateur pour "Qu'elle était verte ma vallée" (How green was my valley,1941), John Ford est mobilisé en 1942, le Lieutenant-Commander Ford, U.S.N.R., participe à la guerre du Pacifique et dirige une équipe de cinéastes de l'U.S Navy. Blessé à Midway, il perd l'usage de son oeil gauche, titulaire de nombreuses décorations dont le Purple Heart. Il sera nommé amiral, à titre honorifique, en 1954.
En 1945, après la fin de la guerre, il reprend le chemin des studios avec "Les Sacrifiés" (They Were Expendable), un drame situé dans le Pacifique en 1941, avec John Wayne et Robert Montgomery; commencé par John Ford, celui-ci ayant été blessé lors de la réalisation, le film fut terminé par l'acteur Robert Montgomery. Dans "La Poursuite infernale" (My Darling Clementine,1946), Ford ne présente nullement le légendaire shérif Wyatt Earp (Henry Fonda) comme un être d'exception. Il ne cherche pas à l'exalter, mais le plongeant dans la réalité quotidienne, il lui donne consistance et vérité. Wyatt Earp n'est pas la proie d'une haine aveugle contre la famille Clanton qui a tué son frère et qu'il renonce à faire justice lui-même et choisit la voie de la légalité. Dans ce dernier film, le sens de la communauté naissante est mis en èvidence par un certain nombre de scènes comme le bal donné sur les lieux où s'élevera la chapelle et les monologues shakespeariens d'un acteur itinérant. Ford, dans ses films, ne s'abandonne jamais à la violence ; il n'y a recourt que lorsqu'il ne peut faire autrement, sans complaisance.
Il n'est pas sans intérêt de comparer le héros type de John Ford, qui agit en fonction d'une conscience sociale, à celui du western classique dont les motivations sont au contraire rigoureusement personnelles et dont la vision du monde est presque toujours égoïste. Le western tire sa force dramatique de la violence avec des confrontations, oppositions, détachements. Des films de Raoul Walsh à ceux de Delmer Daves, le héros de western choisit délibérément de prendre part au combat qui lui permettra d'atteindre son objectif mais dont, s'il survit, il restera marqué pour toujours. Même sans chevauchées ou affrontements sanglants, la structure dramatique du western classique repose toujours sur des moments d'extrême tensions. Avec John Ford, au contraire, le mobile principal est plus flou, plus ténu. Il naît rarement d'une émotion individuelle ou d'une force inexorablement négative et destructrice comme la vengeance. Voyages, pérégrinations, lente odyssée d'un convoi, missions de reconnaissance d'un escadron de cavalerie, traversée du désert par une dilligence ou fuite d'un groupe de bandits dominent ses westerns.
Ses films, généralement se présentent comme l'odyssée d'un groupe, qu'il s'agisse des passagers de la diligence dans "La chevauchée fantastique", des paysans qui abandonnent les terres dans "Les Raisins de la colère", des détachements de cavalerie en mission dans "Le Massacre de Fort-Apache" (Fort Apache,1948), dans "La Charge Héroïque", dans "Rio Grande" (1950) et dans "Les Cavaliers" (The Horse Soldiers,1959, des colons normons dans "Le Convoi des Braves" (Wagon Master,1950). ce film ne fut distribué en France que 15 ans plus tard. Pourtant, il fut tourné à la même époque que la trilogie sur la cavalerie américaine...John Wayne était l'interprète principal dans les trois films et prend du galon entre le premier et le troisième.
On peut constater sur le générique du film de John Ford, que "Le Fils du désert" (Three Godfathers,1948) comporte une dédicace : "A la mémoire de Harry Carrey, une grande étoile au firmament des premiers westerns. Les quatre principaux interprètes sont John Wayne, Pedro Armendariz, Harry Carey Jr et Ward Bond.
L'univers de John Ford est, en outre peuplé de déracinés, d'hommes sans but, comme les marins du "Long Voyage", ou les commanches de "La Prisonnière du désert" qui, privés de territoire, errent sans fin. A cette classe appartiennent égalezment le boxeur américain Sean Thornton incarné par John Wayne, héros de "L'Homme tranquille" (The Quiet Man,1952), qui retourne dans son pays après avoir tué accidentellement un homme sur le ring
En 1953 sort sur les écrans , le film préféré de John Ford "Le Soleil brille pour tout le monde" (The Sun Shines Bright), n'hésite pas à compromettre sa propre réputation pour empêcher le lynchage d'un enfant noir. Ford déclara : "C'est mon film préféré, je l'adore. Et tout y est comme dans la vie. Je savais bien qu'il ne ferait pas un succès, comme "Le convoi des Braves", mais j'ai réalisé l'un et l'autre pour mon plaisir"
Trois Sublimes canailles (1926)
Maman de mon coeur (1928)
1929 (The Black Watch)
1932
1933
1934
Le Monde en marche (The World moves on,1934)
1935
1936
Révolte à Dublin (1936)
1937
1939
Avec "Mogambo" (1953), John Ford réalise le remake du film de Victor Fleming (La Belle de Saïgon) avec Clark Gable, Jean Harlow et Mary Astor. L'année suivante, Ford réalise une partie des scènes d'action de "Hondo, l'homme du désert" (Hondo,1954), le complément du film est restitué par John Farrow. Dans "Les Deux Cavaliers" (Two Rode Together,1961), le shérif McCabe incarné par James Stewart ne tire que deux coups de revolver, les deux seuls d'ailleurs, de tout le film. Le recours à la violence n'est jamais motivé par de simples ressentiments personnels, il ne constitue pas une fin en soi ou une affirmation de sa personnalité : il est à la rigueur dicté par le devoir, ou par le la necessité.
Les véritables protagonistes du cinéma de John Ford sont donc, par conséquent moins les individus que la communauté : soldats anonymes qui pacifient l'Ouest pionniers traversant le pays pour bâtir de nouveaux Etats etc. En résumé, il s'agit de tous ceux qui ont contribué à construire les Etats-Unis, mais dont les visages et les noms sont oubliés. C'est leur oeuvre que ces films célèbrent, une oeuvre faite d'héroïsme quotidien et que Ford exalte avec souffle et grandeur.
John Ford propose de tenir les deux rôles principaux à Tyrone Power et Maureen O'Hara dans "Ce n'est qu'un au revoir" (The Long Gray Line,1955), tiré du roman de Marty Maher et N. Reeder Champion "Bringing Up the Brass". C'est la Columbia qui acheta les droits cinématographiques de ce livre autobiographique qui était un hymne aux traditions et aux valeurs de l'Amérique éternelle. Les souvenirs du véritable Marty Maher, qui demeura tout sa vie simple sergent, composent une chronique familiale qui s'étend sur 50 années de vie à l'Académie militaire. Sa moralité est commune à bien des oeuvres de John Ford qui s'attache ici à rendre hommage aux "humbles", à ceux qui ne sont jamais les héros de hauts faits d'armes...
Ford co-réalise avec Mervyn Leroy : "Permission jusqu'à l'aube" (Mister Roberts,1955) avec pléiade d'acteurs : Henry Fonda, James Cagney, William Powell et Jack Lemmon. C'est la biographie romancée de Frank W. Weade, paralysé, il devint écrivain et un scénariste à succès. C'est ainsi que John Ford adapta les mémoires de ce commandant relatant son histoire dans "L'Aigle vole au soleil" The Wings of Eagles,1957) avec John Wayne, Maureen O'Hara, Dan Dailey et Ward Bond. "Quand se lève la lune" (The Rising of the Moon,1957) avec Tyrone Power fait partie de la veine irlandaise de l'oeuvre de John Ford; il déclara, à propos de ce film : "Je l'ai fait rien que pour m'amuser et j'y ai pris beaucoup de plaisir. Il n'en disait pas plus mais c'était clair.
A propos de "La Dernière Fanfare" (The Last Hurrah,1958), John Ford a déclaré, dans le long entretien recueilli par Peter Bogdanovitch (Studio Vista,1967) : "Jai beaucoup aimé faire ce film. C'était une bonne étude de caractère. Et c'est merveilleux de diriger Spencer Tracy" au côté de Jeffrey Hunter l'un des protagonistes de "La prisonnière du Désert". Cette même année c'est "Inspecteur de service" (Gideon's Day,1958) avec Jack Hawkins, que met en scène Ford et qui restera l'un de ses trois films anglais, les deux autres étant "Quand se lève la lune" et "Le Jeune Cassidy". En 1960, John Ford réalise "Le Sergent noir" (Sergeant Rutledge" avec Jeffrey Hunter, Constance Towers et Woody Strode. Les extérieurs furent tournés à Monument Valley, lieu fordien par excellence depuis "La chevauchée fantastique". Ce film fait partie de la dernière période de Ford et se situe entre"Les Cavaliers" (The Horse Soldiers,1959) avec John Wayne et William Holden (ce film de 1959 contait l'odyssée d'un groupe de soldats nordistes engagés à l'intérieur des lignes sudistes) et"Les Deux Cavaliers" (Two rode together,1961) avec James Stewart et Richard Widmark
La production cinématographique de John Ford se reconnait aux grands thèmes qui l'ont inspiré : celui de la propriété, entre autres que l'on retrouve jusque dans son dernier western "Les Cheyennes" (Cheyenne Autumn,1964) fuite dramatique d'une communauté de Cheyennes hors de leur réserve pour reconquérir la terre de leurs aïeux. Le mobile principal est moins sans doute l'aspiration à "construire" quelque chose en portant à bon terme un projet que d'arriver à posséder "quelque chose" qu'il s'agisse d'un lopin de terre, d'une maison, d'un foyer ou plus modestement d'une simple chaise à bascule signe pathétique de propriété à laquelle aspire Mose Harper dans "La Prisonnière du Désert" (The Searchers,1956). Mais c'est seulement en luttant pour défendre les terres conquises sur l'ennemi et contre les forces hostiles de la nature, que les héros" de Ford prennent conscience des vraies valeurs. Les principaux interprètes sont John Wayne, Jeffrey Hunter, Natalie Wood, Vera Miles et Ward Bond; les extérieurs furent tournés à Monument Valley en Arizona, paysage convoité par Ford qui peut prétendre avoir tourné dix-sept films avec John Wayne, un véritable record!. "Cheyenne Autumn" est le dernier western de John Ford. L'odyssée de la grande tribu Cheyenne, qui firent près de 2400 kilomètrees pour aller de l'Oklahoma; où le gouvernement américain les avait parqués après leur reddition au Général Miles en 1877. Ford avait déclaré qu'il était très fier de ce film, parce qu'il s'agit d'une histoire vraie et parce qu'il a traitée tout à fait comme un film muet: "Ce sont les images et pas les mots qui devraient raconter l'histoire.
Souvent les héros des films de John Ford parviennent le plus souvent à dominer la crise qui les menace, il leur en coûte souvent cher. Dans "L'homme qui tua Liberty Valance" (The Man Who Shot Liberty Valance,1962) Tom Doniphon (interprété par John Wayne) tue le hors-la-loi Liberty (Lee Marvin mais fait en sorte de laisser croire que le mérite revient à Ransom Stoddard (James Stewart). Par ce geste noble, Doniphon sacrifie à Stoddard sa gloire personnelle, la fille qu'il aime et choisit la solitude et la mort. Dans ses dernières réalisations, le désir du metteur en scène de célé l'éffort collectif s'est quelque peu altéré et, avec les années, son comportement se fait parfois cynique et amer. Un abîme, en effet, sépare la sereine simplicité d'une oeuvre comme "Sur la piste des Mohawks" -le tribut de Ford à l'Amérique des pionniers à la veille de la guerre d'Indépendance - de "La Charge héroïque", où s'insinue le germe du doute : Nathan Brittles, le héros se penche une nouvelle fois sur sa vie d'officier et commence à se poser des questions. Il doute de la mission dont il est chargé (il doit soumettre les Indiens) mais la poursuit quand même.
Après avoir contribué au tournage de "La Conquête de l'Ouest" (How the West was won,1962) aux côtés de deux autres cinéastes : Henry Hathaway et George Marshall. Ford proposa une reflexion mélancolique sur le passé mais non dépourvu d'humour dans le cadre paradisiaque d'une île du Pacifique dans "La Taverne de l'Irlandais" (Donovan's Reef,1963) Ses deux derniers films furent "Le Jeune Cassidy" (Young Cassidy,1965), à noter que le cinéaste Jack Cardiff remplaça John Ford en plein tournage, qui tomba malade. Cette même année sortit sur les grands écrans son dernier film "Frontière chinoise" (Seven Women,1965) avec Anne Bancroft.
Premier représentant de toute une tradition cinématographique, John Ford a donné, par son oeuvre, un témoignage grandiose sur l'art de porter fidèlement à l'écran l'histoire de son propre pays. Le 31 août 1973, John Ford meurt dans sa maison de Palm Desert en Californie.
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_____________________ A suivre __________________________________
Le cinéaste Claude Miller, 70 ans, auteur de plusieurs succès du cinéma français des années 1980 avec les plus grands interprètes, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi 5 avril 2012 à Paris.
L'auteur de "La meilleure façon de marcher", "Garde à vue" ou "L'effrontée" était malade depuis plusieurs mois. Nous conserverons longtemps dans nos mémoires le trio qu'il a su formé avec trois grands comédiens qui ne connaissaient pas : Lino Ventura, Michel Serrault et Romy Schneider dans un moindre rôle mais avec une confrontation avec Lio, inoubliable....Bien sûr, il y a également "La meilleure façon de marcher" avec Patrick Dewaere et Patrick Bouchitey, "Mortelle Randonnée" de nouveau avec Michel Serrault, et Isabelle Adjani.
Né le 20 février 1942 à Paris dans une famille juive laïque, Claude Miller a effectué ses études secondaires, entre à l'I.D.H.E.C. en 1962. Puis il accomplit son service militaire au Service cinématographique des armées (comme Claude Lelouch). Miller exerce son métier aux côtés des plus grands cinéastes dont il était l'assistant : Marcel Carné "Trois chambres à Manhattan" (1965), Robert Bresson "Au Hasard Balthazar (1966), Michel Deville "Martin Soldat" (1966), Jacques Demy "Les Demoiselles de Rochefort" (1967), Jean-Luc Godard "Week-end" (1967), René Allio "Pierre et Paul", ainsi que directeur de production de tous les films de François Truffaut, à l'exception de "La Nuit américaine" (1973).
Le premier court-métrage réalisé par Claude Miller, "Juliet dans Paris" (1967) avec Juliet Berto, est, racontée en 18 minutes, une humouristique histoire de vampire. Le second, "La question ordinaire" (1969) fut plusieurs mois interdit par la censure; son sujet est la torture et on y trouve, parmi les interprètes, Gérard Desarthe et Juliet Berto. Quant au troisième court métrage, "Camille ou la comédie catastrophique" (1971), il fut, comme le précédent, interdit aux moins de 18 ans, on y voit des soldats, dont l'un d'eux est interprété par Philippe Léotard y sont ridiculisés par Camille (Juliet Berto) dans une ambiance burlesque et frondeuse incompatible avec le respect dû à la chose militaire.
C' est en 1976 que la révélation s'éffectue en réalisant son premier long métrage : "La Meilleure façon de marcher", avec Patrick Dewaere et Patrick Bouchitey. François Truffaut écrira : "J'aime beaucoup le film de Claude Miller (...) les mots de racisme, sexisme, fascisme, homosexualité, virilité, ne sont pas prononcés et n'ont pas besoin de l'être dans cette danse de mort qui se termine par un coup de couteau dans la cuisse (...) -L'Avant-Scène Cinéma no138).
C'est dans cette même violence qu'il tourne "Dites-Lui que je l'aime" (1977), film sur l'amour fou, mal compris du public en dépit de la présence au générique de Gérard Depardieu, Miou-Miou, Dominique Laffin et Josiane Balasko. Après un échec relatif, Claude Miller dut attendre quatre ans avant de se voir confier la réalisation de "Garde à vue" (1981), une confrontation avec deux monstres sacrés qui n'avaient jamais tourné ensemble : Lino Ventura et Michel Serrault, Romy Schneider donna la réplique à Ventura pour la première et dernière fois. Ce fut un énorme succès public et critique. Le film obtint quatre César dont celui du meilleur scénario et du meilleur acteur pour Michel Serrault ( Lino Ventura a été oublié injustement)
C'est de nouveau les retrouvailles avec Michel Serrault dans "Mortelle randonnée (1983) donnant la réplique à Isabelle Adjani; film plus personnel, qui raconte les ravages de l'amour fou. Dans "L'effrontée" (1985), Claude Miller révèle Charlotte Gainsbourg adolescente, César du jeune espoir féminin,. En 1988, Miller tourne "La petite voleuse", de nouveau avec Charlotte Gainsbourg et Simon De La Brosse, le dernier scénario écrit par François Truffaut.
Miller est aussi l'auteur d'"Un secret" (2007), tiré du roman de Philippe Grimbert, avec Cécile de France et Patrick Bruel. Avec une belle énergie, il a consacré ses dernières forces à réaliser "Thérèse Desqueyroux" (dont la sortie est prévue à l'automne 2012) qui sera son dernier film", a fait savoir sa famille. Claude Miller a tourné ce long métrage, adapté du roman de François Mauriac, avec Audrey Tautou et Gilles Lellouche.
"Jour de tristesse, Claude Miller est mort", a tweeté le Festival de Cannes, où le réalisateur avait obtenu en 1998 le Prix du jury pour "La classe de neige", adapté du roman d'Emmanuel Carrère.
Le Premier ministre François Fillon a salué un "grand artiste" et un "intime du 7e art". Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a rendu hommage à un homme "ambitieux, exigeant, passé maître dans l'art de filmer l'humain dans toute sa complexité". La Commission européenne a tenu elle aussi à rendre hommage à "un passionné du cinéma européen", président du réseau Europa Cinémas (3.000 écrans dans plus de 60 pays).
Du côté des acteurs, Guy Marchand a estimé qu'il allai "être dur de faire du cinéma maintenant", regrettant la perte de "ce qu'il y a de mieux pour la mise en scène"."Militant de la création" Michel Blanc, qui a joué un "petit mais très important vrai beau rôle" dans "La meilleure façon de marcher", gardera le souvenir de "quelqu'un de très doux, extrêmement attentif" et Bernadette Lafont ("L'effrontée") celui d'un "soleil".
Sandrine Kiberlain, à qui il avait confié un rôle dans "Betty Fisher et autres histoires" (2001), a évoqué un cinéaste "fou amoureux des actrices" et "une rencontre très forte". UGC a regretté la disparition "d'un des grands représentants du cinéma français de grande qualité".
"Dites-lui qu'on l'aime", déclarait de son côté l'ARP (société civile des auteurs, réalisateurs, producteurs), que Claude Miller a présidée de 1997 à 1999.
Il "aura beaucoup oeuvré pour le rayonnement du cinéma français en dehors de ses frontières", a rappelé Unifrance, tandis que l'école de cinéma La Fémis saluait également sa mémoire.
La SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques), dont Claude Miller a été administrateur cinéma, a honoré un "militant de la création" et le Centre national du cinéma (CNC) un "homme engagé, attentif à la santé du cinéma français et à la formation des jeunes créateurs".
Humphrey Bogart naquit à New York le 23 janvier 1899 (non pas comme l'a indiqué plus tard les bulletins de presse le 25 décembre 1900). Son père, le docteur Belmont DeForest Bogart, était un des chirurgiens les plus renommés de la ville. Sa mère, Maud Humphrey, travaillait comme illustratrice pour des magazines.
Après avoir fait ses études à la Trinity School, Bogart s'inscrit à la Philipps Academy d'Andover dans le Massachusetts et prépare Yale. Expulsé pour mauvaise conduite, il s'engage en 1918 dans la marine, où il sert durant quelques mois, il est victime d'une blessure dont la cicatrice lui marquera toute sa vie durant la lèvre. De retour à la vie civile, il entre au service du producteur de théâtre William A. Brady qui l'encourage à tenter une carrière d'acteur.
Bogart interprétera dix-sept pièces jusqu'à "La forêt pétrifiée". Ses premières apparitions sont peu probantes, mais Bogart persiste et apprend progressivement à maîtriser son jeu. De 1923 à 1929, distribué le plus souvent dans des rôles de jeune premier chic et nonchalent, en 1929, remarqué par un talent-scout dans "It's a Wise Child", il est pris sous contrat par la Fox pour une durée de un an. Il n'est à cette époque qu'un jeune premier de théâtre peu coté, dont le cachet hebdomadaire ne s'élèvera qu'à 400 dollars, le studio ne sachant dans quel registre le situer, le met à l'épreuve dans les genres les plus divers. Le bilan hétéroclite s'avère peu concluant, et Bogart regagne Broadway, déçu et convaincu d'en avoir fini avec le cinéma.
Bogart travailla notamment sous la direction de John Ford dans "Up The River" (1930) l'année de ses débuts où l'on recense son premier court métrage "Broadway's Like That". En décembre 1931, il accepte cependant un contrat à court terme avec la Columbia et abandonne la scène pour apparaître en vedette dans "Love Affair" (1932), une comédie de Thornton Freeland. Il passe ensuite à la Warner, où il tourna, sous la direction de Mervyn LeRoy, "Une allumette pour trois" (Three on a Match,1932), son premier rôle de gangster.
Sa carrière, jusqu'alors hésitante, aborde un tournant décisif en 1935 grâce à la pièce de Robert E. Sherwood "The Petrified Forest", où il tient durant plus de sept mois, le rôle du gangster Duke Mantee aux côtés de Leslie Howard. Sollicité pour reprendre le rôle à l'écran, Howard insiste pour que son partenaire soit également engagé. Et c'est ainsi qu'à trente-sept ans, Bogart, renonçant définitivement à la scène, entame sa carrière à la Warner, où il tournera la quasi-totalité de ses films jusqu'en 1948.
La firme qui l'a classé d'emblée parmi les "bad guy", lui fait tourner en moyenne un film tous les deux mois. Durant quatre ans, le débutant aligne une impressionnante série de rôles de gangsters, à l'ombre de comédiens déjà confirmés comme Edward G. Robinson, James Cagney et George Raft.
Bogart incarna avant tout des perdants sans envergure que la fermeté de ses antagonistes suffit à dérouter : le poète idéaliste de "La forêt pétrifiée" (Petrified Forest,1936) d'Archie Mayo triomphe ainsi singulièrement de Duke en le forçant à l'abattre; dans la zone délabrée de "Rue sans Issue" (Dead End,1937), l'architecte visionnaire Joel McCrea s'oppose avec succès au gangster Baby "Face"' Martin qu'il fait appréhender. Lorsqu'il aborde d'autres genres, comme le western "Terreur à l'Ouest" (The Oklahoma Kid,1939) de Lloyd Bacon, c'est seulement pour y transposer le personnage familier que le public attend de lui. De brèves excursions dans le mélodrame "Victoire sur la nuit" (Dark Victory,1939) où il est le partenaire de Bette Davis, la comédie : "M Dodd par pour Hollywood" (Stand-In,1937) de Tay Garnett et le film d'horreur : "Le Retour du Docteur X" (The Return of Dr X,1939) resteront sans conséquence. Il lui faudra attendre "Une Femme dangereuse" (They Drive By Night,1940) de Raoul Walsh pour sortir du moule imposé.
En 1938, Bogart avait été déjà à l'affiche de "L'école du crime" (Crime School) de Lewis Seiler, qui fut très polifique dans les années 30, spécialiste du film policier, il dirigea Bogart à plusieurs reprises, ce film est leur première collaboration suivront : "Hommes sans loi", "Le Châtiment", "Rendez-vous à minuit" et enfin en 1942 "Le Caïd".
Bogey comme on le surnomma n'était pas encore une vedette à part entière, le mythe n'est pas encore crée, il retrouve le cinéaste Walsh pour "Les Fantastiques années 20" (The Roaring Twenties,1939) aux côtés de James Cagney et Priscilla Lane. "Hommes sans loi" (King of the Underworld,1939) de Lewis Seiler est l'un des sept films tournés par Bogart en 1938 pour la Warner Bros.
1930
1932
1936
1937
1939
En 1941, Bogart, qui n'avait jusqu'alors tenu la vedette que dans une poignée de films B, se trouve soudain amené à remplacer George Raft dans "La Grande évasion" (High Sierra) de Raoul Walsh. Le générique attribue la première place à l'actrice Ida Lupino (qui fait la une de ses plus belles performances), mais Bogart dans le rôle de Roy Earle, gangster vieilli et désillusionné, est la révélation du film.
Le tournant des années 40 marque donc, parmi maints bouleversements, un changement de cap radical dans la carrière de Bogart, qui va désormais rejoindre son époque. Le gangster a fait son temps et épuisé une grande partie de son charme et de son pouvoir de provocation. On n'est plus à l'époque du défi à l'autorité, et pas encore à celle de l'engagement collectif. Ni gangster ni policier (mais un peu des deux) le détective privé va logiquement s'imposer comme une des figures héroïques dominantes des années 40.
En 1941, ce chantre du speticisme viril prend les traits de Sam Spade. Le personnage crée en 1929 par le romancien Dashiell Hammett, avait déjà vécu deux aventures cinématographiques; il lui manquait un interprète : ce fut Humphrey Bogart. La troisième version du "Faucon Maltais" (Maltese Falcon,1941), plus fidèle que les autres au texte d'Hammett, remarquablement servie par la mise en scène économique et rigoureuse de John Huston, sera la bonne. Entouré d'une brillante distribution (Bogart, Mary Astor, Gladys George, Sidney Greenstreet, Peter Lorre, Elisha Cook Jr et Ward Bond, Bogart, métamorphosé, dur et caustique, illustre à merveille l'éthique du "private eye". Intransigeant, totalement indépendant, indifférent aux représentants de la loi et totalement désintéressé. Spade revêt grâce à lui une totale vérité.
Le personnage bogartien arbore ici, d'un coup physionomie réelle. Il est, et restera, dans les circonstances les plus diverses, l'homme qui masque ses exigences derrière une totale absence de foi et d'illusions qui refuse les grands principes et se défie de toutes les causes abstraites. Sa démarche est solitaire, il ne sollicite pas les autres, qui se pressent toujours autour de lui.
"Casablanca" (1942) de Michael Curtiz avec Ingrid Bergman, Humphrey Bogart, Sydney Greestreet, Peter Lorre et Claude Rains ainsi que "Le Port de l'Angoisse" (To Have and Have Not,1944) le projettent de même au centre d'univers cosmopolites et divisés.
Walsh avait donné au Bogart de "La Grande Evasion" une humanité, Huston, dans "Le Faucon Maltais"; une morale et les moyens de se protéger; Curtiz, dans "Casablanca", lui ajoute une dimension romantique et une raison de vivre.
En 1945, Bogart qui avait été marié successivement aux comédiennes Helen Menken, Mary Philips et Mayo Methot, épouse Lauren Bacall, alors âgé de vingt et un ans. Depuis 1943 et le triomphe de "Casablanca", il est devenu l'une des dix plus grandes stars de Hollywood.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Bogart tourne successivement "Griffes Jaunes" (Across the Pacific,1942) troisième film de John Huston où l'on peut constater la particpation de Sidney Greenstreet et Mary Astor, (tous deux furent les principaux acteurs du "Faucon Maltais" ; "Echec à la gestapo" (All Through the Night,1942) de Vincent Sherman au côté de Conrad Veidt. C'est la première fois que l'on présente le personnage d'un gangster patriote, optant sans hésitation pour la défense des Etats-Unis. "Le Caïd" (The Big Shot,1942) est la cinquième et dernière collaboration du réalisateur Lewis Seiler avec Bogart.
En 1943, la Warner Bros proposa à Bogart le rôle principal de "Convoi vers la Russie" (Action in the North Atlantic,1943) de Lloyd Bacon avec Raymond Massey et Alan Hale. Bogart enchaîna avec "Sahara" une forme de remake de "La Patrouille perdue" qui se situait dans le désert d'Arabie. "Passage To Marseille" (1944) de Michale Curtiz est la première tentative de la Warner Bros de retrouver le succès de "Casablanca" en réformant une partie de l'équipe du film dont les quatres principaux acteurs : Bogart, Claude Rains, Sidney Greenstreet et Peter Lorre. Quant à l'actrice principale ce n'est autre que Michèle Morgan tournant son quatrième et dernier film américain.
Avec "Le Port de l'Angoisse" (To Have and Have not,1945), Howard Hawks avait réuni l'un des plus beaux couples du cinéma américain. En 1945, il joue à deux reprises un personnage d'assassin : face à Alexis Smith dans "La Mort n'était pas au rendez-vous" (Conflict,1945) de Curtis Berhardt (ce film s'inscrit dans un courant très populaire de suspenses psychologico-psychanalytiques mis à la mode en 1945 dans le cinéma américain) et Barbara Stanwyck dans "La Seconde Madame Carroll" (The Two Mrs. Carrolls) de Peter Godfrey.
Ces deux compositions n'auront qu'un impact limité au regard du "Grand Sommeil" (The Big Sleep,1946) , où Bogart, retrouvant pour la deuxième fois Bacall sous la direction de Hawks, incarne cinq ans après "Le Faucon maltais", un autre détective mythique, le plus grand peut-être de la littérature policière : Philipe Marlowe. Imaginé par Raymond Chandler à la fin des années 30, Marlowe représente une version du "privé" plus romantique que celle imaginée par Hammett.
Aucun autre interprète n'avait capté et ne captera aussi exactement que Bogart l'essence aristocratique du personnage, ce mélange constant de fermeté et de dérision, ce plaisir équivoque à s'aventurer dans la jungle des villes.
A mesure que Bogart, devient mythique, les changements d'identité lui sont plus aisés; ainsi dans "Les Passagers de la nuit" (Dark Passage,1947), il sera face à Bacall, un innocent traqué, étrangement passif, il croise aussi de plus en plus fréquemment des répliques de lui-même, des ombres de son passé, tel le Rusty Reagan du "Grand Sommeil", double du Rick de "Casablanca". Le jeu peut aller jusqu'à l'échange : dans "Key Largo" (1948), parabole à peine voilée sur la guerre froide, Bogart assume, face à Lauren Bacall, un rôle analogue, à celui de Leslie Howard dans "La forêt pétrifiée", tandis qu'Edward G. Robinson incarne un gangster calqué sur Duke Mantee. Même jeu de références dans "Le Trésor de la Sierra Madre" (The Treasure of the Sierra Madre,1948) où John Huston fait tourner à Bogart un des rôles les plus inhabituels de sa carrière : un aventurier au bout du rouleau qui se lance à la recherche d'un filon d'or et mourra dans des conditions sordides, victime de sa soif de richesses.
Bogart tourna sous la direction de Nicholas Ray dont ce fut le troisième film "Les Ruelles du malheur" (Knock on Any door,1949) au côté du jeune John Derek, incarnant un jeune déliquant accusé du meurtre d'un policier. La même année, Bogart apparu dans le film de Stuart Heisler "Tokyo Joe". Certains le considérants comme une tentative de remake de "Casablanca". C'est avec le même réalisateur qu'Humphrey Bogart incarna le Major Matthew Brennan dans "Pilote du Diable" (Chain Lightning,1950) avec Eleanor Parker et Raymond Massey. (Ce film étant méprisé dans la filmographie de Bogart).
C'est après avoir joué dans "Le violent" (In a Lonely Place,1950) de Nicholas Ray au côyé de Gloria Grahame, que Bogart enchaîna en 1951, il sera dans "La Femme à abattre" (The Enforcer), unDistric Attorney en lutte contre une entreprise du crime. Tourné à la manière d'une enquête, dans le style semi-documentaire chez la Warner, c'est un classique du film noir particulièrement remarquable pour la complexité de son montage et la force de ses scènes de violence. (Vingt ans plus tard, on apprendra que le réalisateur de ce film, signé Bretaigne Windust, était Raoul Walsh.)
La même anné, Bogart retrouve John Huston pour "L'Odyssée de l'African Queen" (The African Quenn,1951) . Mi-comédie de caractères, mi films d'aventures, le film est bâti tout entier sur l'affrontement deux fortes personnalités. Bogart, alcoolique grincheux transformé en héros par Katharine Hepburn, bigote transie en proie à ses premiers émois amoureux, y fait une des ses compositions les plus colorées de sa carrière qui lui vaudra un Oscar. Le film remporta un énorme succès.
C'est aussi en 1951 que l'on vit Humphrey Bogart dans "Sirocco" , réalisé par Curtis Bernhardt et produit par l'acteur lui-même avec sa compagnie fondée sous le nom de Santana. Avec "Bas les Masques" (Deadline U.S.A.,1952), vibrant pladoyer en faveur de la liberté de la presse, Bogart retrouve, sous la direction de Richard Brooks, l'inspiration démocratique de "Key Largo". Ce fut le 68 ème film de Bogart et sûrement l'un de ses plus beaux films. On connaissait le mythe Bogart, mais avec le film de Brooks, l'homme et le comédien ne font plus qu'un....Un an plus tard, Brooks en fait, avec "Le Cirque infernal (Battle Circus), un médecin militaire sceptique et rugueux, porté sur l'alcool et les femmes.
Dans "Ouragan sur le Caine" (The Caine Mutiny,1954), une ambitieuse production de Stanley Kramer dirigée par Edward Dmytryk, Bogart revêt les traits du capitaine Queeg, officier névrosé et dictatorial destitué par ses subordonnés. Réflexion ambigüe sur le pouvoir et la responsabilité, qui donne à l'acteur l'occasion de faire une composition marquante et inhabituelle. En 1954 également, "Sabrina" de Billy Wilder, en fait l'héritier sarcastique d'une grande famille, amoureux de la fille de son chauffeur incarnée par la sublime Audrey Hepburn et le Golden Boy (William Holden).
Tourné la même année, "La Comtesse aux pieds nus" (The Barefoot Contessa,1954) de Joseph L. Mankiewicz, une des plus fascinantes évocations de l'univers hollywoodien, montre un Bogart définitivement en retrait, transformé en témoin. L'échec commercial du film, perçu à l'époque comme trop sophistiqué et trop littéraire, ramène Humphrey Bogart vers des emplois plus conventionnels et des films de moindre envergure.
En 1954, Bogart avait tenté vainement d'acheter les droits d'adaptation du roman et de la pièce de Joseph Hayes écrits à partir de faits authentiques. C'est finalement William Wyler qui le porta à l'écran avec Bogart, Fredric March, Arthur Kennedy et Gig Young dans un film intitulé : "La Maison des Otages" (The Desperate House,1955) de William Wyler. En 1956, "Plus dure sera la chute" (The Harder They Fall) de Mark Robson lui vaut d'endosser une nouvelle fois le rôle de journaliste et de dénoncer le racket de la boxe. Film-testament qui conclut sa carrière sur une note appropriée, sinon sur un coup d'éclat. Ce fut le 77 ème et dernier film. Le dernier plan nous montre "Bogey" tel qu'en lui-même...Le visage déjà marqué par la souffrance et la mort. La santé de Bogart se détériora rapidement durant le tournage.
Humphrey Bogart est mort d'un cancer de l'oesophage le 14 janvier 1957. Sa réputation n'a cessé de croître au cours des années 60 pour atteindre aux dimensions d'un culte. Il possédait une forme d'élégance, de courrage et d'insolence, une autorité narquoise, et savait s'éffacer lorsqu'il le fallait. Agressif, concret, économique, son jeu est d'un modernisme étonnant. Bogart reste aujourd'hui lié à ce que le cinéma américain nous a offert de meilleur.....
Les affiches de cinéma se distinguent au coin des rues en pleine lumière. Elles ont subies bien souvent l'emprise des modes, l'iunfluence d'une époque et les contraintes techniques du moment. En couleur ou en noir et blanc, évidente ou énigmatique, immense sur une façade de cinéma ou plus discrète sur un plus petit support, l'affiche de film ne cesse depuis de nombreuses décennies de séduire et d'accrocher le passant.
Pour le réalisateur René Clair, faire un film c'est raconter une histoire en images. L'affichiste quant à lui semble avoir un pari bien plus ambitieux a tenir, en effet, il doit raconter en une seule image des tas d'histoires.
Désormais l'affiche de cinéma ne stylise plus, elle montre. Elle a dépassé le stade publicitaire dont le but était d'abord de faire rêver, pour atteindre celui de la communication et du commerce dont la première fonction est de faire vendre.
Au départ, conçues pour n'être qu'éphémères, les affiches de film deviennent immortelles, passant des murs de la rue sur ceux des appartements, des expositions ou des musées. Les boutiques spécialisées; les ventes aux enchères, les reproductions en carte postale, posters et albums illustrés, témoignent de cet engouement sans cesse grandissant.
A savoir que CINETOMDVD.COM propose d'anciennes affiches de films qui seront de plus en plus nombreuses, certaines rarissimes.
Le comédien Michel Duchaussoy, sociétaire honoraire de la Comédie-Française, est décédé d'un arrêt cardiaque dans la nuit de lundi à mardi 13 mars 2012 à l'âge de 73 ans, a-t-on appris auprès de son agent.
Michel Duchaussoy était né le 29 novembre 1938 àValenciennes, après avoir effectué des études de lettres à la Faculté de Lille, monte à Paris en 1961, et passe avec succès le concours du Conservatoire. Ses professeurs renommés sont Robert Manuel et Fernand Ledoux. A sa sortie, Michel Duchaussoy obtient deux premiers prix de comédie classique et de comédie moderne, à l'unanimité du jury. Un prix d'excellence couronnera le tout. Il fut Sociétaire de la "Maison de Molière" de 1967 à 1984
Michel Duchaussoy dû se résoudre à effectuer son service militaire en Algérie, puis devient pensionnaire à la Comédie Française. En 1966, il est nommé sociétaire et se diversifie dans des emplois et un répertoire très larges : "Les Temps difficiles", "Le songe d'une nuit d'été", "Electre", "Le dindon", "Un fil à la patte", "Le misanthrope"...
La même année, il débute au cinéma grâce au cinéaste Alain Jessua dans "Jeu de Massacre" (1967) : "C'est le premier film que je tourne déclarait-il alors. On m'avait déjà propose plusieurs rôles mais aucun ne me plaisait vraiment. Dès que, j'ai lu le script de Jessua, j'ai été enthousiasmé."
Claude Chabrol qui se souvient de lui pour avoir assisté au concours du Conservatoire lui fait jouer l'inspecteur de police dans "La Femme infidèle" (1969) aux côtés de Stéphane Audran et Michel Bouquet. C'est le début d'une collaboration fructueuse. Suivront : "Que la bête meure" (1969) avec Jean Yanne et Caroline Cellier, "La Rupture" (1970), et "Nada" (1973).
Dans le domaine de la télévision, on le remarqua dans "Nul n'est parfait", dans la série des "Histoires insolites" et "Le banc de la désolation", d'après Henry James. Deouis, Michel Duchaussoy à continué d'apparaître sur le petit écran dans "Un juge, un flicn en 1976; "Hamlet", de Jean Delanoy en 1978; il était également un musicien : "Strauss" d'Edouard Molinaro (1979); "Pétrus", de Marcel Achard; "Tarendol" d'après Barjavel; "Le coup d'état", de Jean Delannoy.
Homme des fidélités (à Chabrol, Delannoy, Vadim, Corneau), Michel Duchaussoy retrouva Alain Jessua à deux reprises dans "Traitement de choc" (1972) aux côtés d'Alain Delon, Annie Girardot et Robert Hirsh; et "Armaguedon" (1977) avec Delon et Jean Yanne.
Michel Duchaussoy avait aussi tourné dans de nombreux films sous la direction notamment de Louis Malle, Bertrand Tavernier, ou Patrice Leconte.
Michel Duchaussoy a également beaucoup tourné pour la télévision, notamment dans "Les Misérables" de José Dayan, ainsi qu'avec Nina Companeez ("L'Allée du Roi") ou Olivier Marchal (Braquo).
Que la bête meure» (1969) avec Jean Yanne - Michel Duchaussoy - Caroline Cellier
Le cinéaste et romancier français Pierre Schoendoerffer est mort tôt mercredi 14 mars 2012, à l'âge de 83 ans, des suites d'une opération à Clamart (banlieue parisienne), a annoncé à l'AFP sa famille, confirmant une information du Figaro.fr.
"Pierre Schoendoerffer de l'Institut de France, écrivain metteur en scène, documentariste, vice-président de l'Académie des Beaux-Arts, section cinéma et audiovisuel, est mort ce matin à l'hôpital militaire Percy", a indiqué sa famille dans un court communiqué.
Membre fondateur des César, Pierre Schoendoerffer s'était fait le témoin scrupuleux de la grandeur et de la misère des combattants, monde qu'il avait bien connu.
Pierre Schoendoerffer est né le 5 mai 1928 à Chamalières (centre) mais il est d'origine alsacienne et passe une partie de son enfance à Reischoffen, terre de ses ancêtres. En 1947, il se présente à l'examen, d'entrée à l'Ecole nationale de la Marine marchande mais échoue et s'embarque comme matelot-léger sur un cargo suédois. Le jeune Schoendoerffer s'était enthousiasmé à la lecture de Joseph Kessel et Joseph Conrad, et rêvait d'être marin. A 19 ans, et passait 18 mois en Baltique et mer du Nord.
Remplaçant à sa demande un camarade tué, il avait filmé pendant trois ans les atrocités de la guerre, été fait prisonnier par le Viêt Minh à Dien Bien Phu (1954) et passé quatre mois en captivité.
Démobilisé, il avait décide de rayonner dans la région, comme correspondant de guerre pour le magazine "Life".
Prisonnier à Dien Bien Phu (Vietnam) en mai 1954, puis libéré, il avait quitté l'armée pour devenir reporter-photographe. Du Vietnam à l'Algérie, il était sur tous les fronts, menant à la fois une carrière d'écrivain, de grand reporter (Paris-Match, ORTF) et de cinéaste.
Après son Il s'était engagé en 1952 au service cinématographique des armées, où il avait fait ses débuts de caméraman en Ipremier film, "La Passe du Diable" (1958), il a alterné films de fiction et documentaires et écrit son premier roman en 1963, "La 317e Section", qu'il a adapté à l'écran en 1965. Une oeuvre qui reste un des meilleurs témoignages sur la guerre d'Indochine, tandis que "La Section Anderson", tourné deux ans plus tard, recevait l'Oscar du meilleur film documentaire.
Parmi ses oeuvres majeures, Pierre Schoendoerffer a écrit et adapté à l'écran "Le Crabe tambour" (1977, grand prix du roman de l'Académie française), puis "L'Honneur d'un capitaine" (1982), où il dressait à nouveau le portrait de soldats luttant pour l'honneur, sans illusions sur l'issue du combat.
Avec "Dien Bien Phu" (1991), il a réalisé une fresque guerrière puissante, doublée d'une méditation sur les sacrifices inutiles.
Le président-candidat Nicolas Sarkozy a salué un "fils spirituel de Joseph Kessel" dont l'"oeuvre engagée" a offert "la démonstration magistrale du rôle que jouent l'art et les artistes pour nous aider à mieux comprendre notre Histoire collective et le sens des destinées individuelles".
Son rival, le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande a rendu hommage à un "rare cinéaste ayant fait du film de guerre français un genre à part entière" qaui a "su filmer l'homme au plus près de lui-même dans des situations extrêmes, sans hésiter à mettre sa vie en jeu, pour son pays comme pour son art".
Décédé mercredi 7 mars 2012 au matin vers 7 heures à l'hôpital de Rambouillet (Yvelines). Pierre Tornade avait 82 ans, «Il s'est éteint après plusieurs jours de comas», a indiqué le comédien Michel Melki, mandaté par la fille de Pierre Tornade, suite à une chute accidentelle.
Né le 21 janvier 1930 à Bort-Les-Orgues, Pierre Tornade commence sa carrière d'acteur par le théâtre et rejoint à 25 ans la célèbre troupe des Branquignols de Robert Dhéry réunissant Jacques Legras, Jean Lefevbre, Michel Serrault, Jacqulien Maillan. L'année suivante, il fait sa première apparition au cinéma dans "Les Truands"de Carlo Rim. De cette expérience de tournage, il gardera som de scène : Tornade (son vrai nom est en effet Tournadre).
Moustache gauloise, voix de bon vivant à l'accent corrézien, Pierre Tornade était un comédien comique et populaire. Il a habité les écrans français - télévision et cinéma, des années 1960 à 1990. Rôles de policiers - agents, inspecteurs, commissaires - gendarmes, bidasse... il a baladé sa tronche de bon français au travers de la production populaire française du «Gendarme à New York», avec De Funès à «Arrête ton char, bidasse avec Darry Cowl».
Pierre Tornade portait plutôt bien l'uniforme. Le comédien avait collectionné les rôles de flics, de gendarmes et de militaires, plutôt franchouillards et sympathiques
Il aura été pendant neuf ans le commissaire Florimond Faroux de Nestor Burma, prêté sa voix à Obélix, à Abraracourcix ou encore à Averell Dalton, tourné dans près de 70 films, incarnant notamment le capitaine Dumont de «La 7e compagnie»...
Il sera aussi le père de la victime (Isabelle Huppert) dans «Dupont Lajoie», avec Jean Carmet, et celui de Charles dans «Fort Saganne» d'Alain Corneau. Second rôle très identifiable du cinéma français, il avait aussi beaucoup travaillé dans le théâtre, notamment de boulevard.
Mort de Gérard Rinaldi, acteur et chanteur du groupe de comiques Les Charlots
Le comédien Gérard Rinaldi s'est éteint vendredi 2 mars 2012 à l'hôpital de Briis-sous-Forges, dans l'Essonne. Il est mort à l'âge de 69 ans des suites d'un cancer. Gérard Rinaldi avait rencontré un grand succès populaire en créant le groupe humoristique "Les Charlots" dans les années 70. Chanteurs à leurs débuts, les Charlots deviennent très vite des acteurs. Sous la direction de Claude Zidi, ils tournent notamment dans "Les bidasses en folie" en 1971. La comédie attire sept millions de spectateurs lors de sa sortie en France. Au cours de sa carrière, Gérard Rinaldi a tourné une vingtaine de films pour le grand écran, dont "La grande Java", ", "les Fous de stade". En 1984, le groupe se sépare, et le comédien fait cavalier seul et devient la vedette de la série "Marc et Sophie". Il y incarne un vétérinaire marié à un médecin de ville joué par Julie Arnold. Il fera 220 épisodes entre 1987 et 1991. Après la chanson et lecinéma, Gérard Rinaldi est monté sur les planches en jouant dans une dizaine de pièces de théâtre. Ces dernières années, il avait joué dans de nombreux téléfilms.
Gérard Rinaldi était né le 17 février 1943. 1965 : Ils sont cinq, Gérard Rinaldi, Jean Sarrus, Gérard Filippelli, dit “Phil”, Jean Rieubon, dit “Donald” et Luis Rego, Unis par la musique, il décide leur nom de scène :“Les Problèmes”…C'est le début des vaches maigres et des grands espoirs…
1966 : La rencontre avec Antoine, ils enregistrent : “Oh yeah”, six mois au top ! Nous sommes derrière les premiers tubes d’Antoine, sa garde rapprochée quoi… Les tournées se succèdent dans la tourmente, les kilomètres aussi, c’est les premiers “cheveux longs” en France, angoisse de nos parents…
1967 : Changement de cap, ça y est c’est décidé, on délire tellement entre nous que nous décidons de faire sur scène ce que nous faisons normalement dans la vie : les Charlots… et après mûre réflexion, ce sera notre nom de scène. Coup dur, Donald doit partir à l’armée…. C’est le frère de notre producteur qui lui succède, Jean-Guy Fechner. A partir de là mes amis je passe l’overdrive…
1967 : Une parodie d’Antoine devient le célèbre “Chauffe Marcel” (cité plus tard par Jacques Brel ) La même année s’enchaîne des titres originaux et des pastiches, genre inédit à l’époque, où Gérard brille particulièrement. Les imitations hilarantes font mouche… C’est : “Elle a gagné le yoyo en bois du Japon avec la ficelle du même métal”, puis “Hey Max”, une parodie de “Hey Jo” chanté alors par Johnny… qui nous fait partager l’Olympia et les tournées.
De 67 à 71…. “Paulette la reine des paupiettes”, “Merci Patron”, “Albert le contractuel”, “Les play bois”, “Berry Blues”, “Sois érotique”, “Si tu ne veux pas payer d’impôts”, “Sur la route de Penzac”… Les titres et les albums s’enchaînent : “Les Charlots chantent Boris Vian”, “Les Charlots au Caf’conc”… “La Biguine au biniou”, etc.
1970 : Le cinéma n’aurait pas pu se passer de nous… un premier film avec Francis Blanche : “La grande java” et c’est la rencontre avec Claude Zidi avec lequel nous allons encore faire quatre films. Personne n’imagine alors que nous allons faire plus de cinquante millions d’entrées en France sur la totalité de nos films… et être doublés en japonais, allemand, indien ou chinois !
1971 : “Les bidasses en Folie”. Luis Rego décide de faire sa route en solitaire. On ne s’occupe pas des signaux, on met le charbon ! On enchaîne les films à quatre : Jean, Phil, Gérard et Jean-Guy…
1972 : “Les fous du stade”, “Les Charlots font l’Espagne”
1973 : “Les Charlots mousquetaires” tomes 1 et 2 : “A nous quatre cardinal…”, “Les Charlots en folie”
1974 : “Le Grand Bazar”, “Les Bidasses s’en vont en guerre”
1975 : “Bons Baisers de Hong-Kong”. Jean-Guy Fechner quitte le groupe, nous voilà trois, Jean, Phil Gérard… (prononcer : “j’enfile Gérard…”)
1977 : “Les Charlots en délire”
1978 : Au théâtre c’est “La Cuisine des Anges”
1979 : “Et Vive la Liberté”
1980 : “Les Charlots contre Dracula”. Un tour de chant insubmersible créé sous De Gaulle… Parallèlement nous signons chez Barclay et reprenons les galas que nous avions délaissé pour le cinéma, et c’est “Chagrin d’labour”, une parodie de “Chagrin d’amour”, premier rap français, suivi du fameux “Apérobic”, un pastiche de l’émission télé de Véronique et Davina.
1982 : “Le Retour des Bidasses en Folie”
1983 : “Charlots Connection”
1984 : France 2 : Nous succédons à Michel Drucker le temps d’un hiver, les samedi soirs en direct du pavillon Gabriel : “Demain c’est Dimanche”
1985 : “C’est trop c’est trop” suivi d’un album de parodie des tubes de l’année : “Parod’hits parade” avec “Elle a la bouche camembert”
1986 : “Fesse en rut majeur”, un album de chansons paillardes au son et aux mots actuels… On ne pouvait s’en empêcher !
2008 : Un petit break de vingt années ramène en studio Gérard et Jean, la base intellectuelle fondatrice du groupe, pour revisiter les tubes et au passage s’amuser sur nos âges… tendres, avec un slam évocateur : “T’as les sixties” et dans la série “Les Charlots témoins de leur temps” nous enregistrons “Le blues du fumeur”…
2009 : C’est la rencontre avec le spectacle “Age Tendre”, émotion et plaisir garantis…
Le 7 avril 1927 est une date importante pour le cinéma français : celle de la présentation à l'Opéra du "Napoléon" d'Abel Gance, peut-être le plus grand film tourné dans notre pays. Après la réalisation de ce chef-d'oeuvre incontestable, le nom de Gance est son zénith...
Abel Gance est né à Paris le 25 octobre 1889. Se croyant doué pour le théâtre, il commence par jouer la comédie (dans le registre mélodramatique) et par écrire des pièces en vers. Il tâte aussi un peu du cinéma, joue Molière jeune dans un film de Léonce Perret, écrit des scénarios pour Gaumont.
Il ignore encore que l'avenir lui réserve beaucoup plus d'avanies et de déceptions que de satisfactions et de réussites. Dorénavant, son oeuvre se composera beaucoup plus de films de circonstance et de projets inaboutis que de nouveaux chefs-d'oeuvre.
Très vite c'est le cinéma qui va le solliciter avec la mise en scène et même la production indépendante, qui l'attire. Son ambition le pousse vers les "grands sujets", les grands personnages, interprétés par de grands acteurs (De Max, Léon Mathot, Harry Baur). La gloire lui vient, au lendemain de l'armistice de 1918, avec "J'accuse ! ", vigoureux pamphlet contre la guerre (dont il fera un remake parlant en 1938), c'est le premier volet d'une trilogie qui devait comprendre aussi "Les Cicatrices", puis "La Société des Nations", dont les scénarii furent écrits en octobre 1917. Le financement de "J'accuse" dû en partie à la contribution de Charles Pathé, le fait qe le Service Cinématographique de l'Armée apporta son concours à la réalisation. A sa sortie en 1919, entre la signature de l'armistice et celle de la paix, le film provoqua des remous divers et déplut aux nationalistes et aux chauvins qui parlèrent d'antimilitarisme. Gance fit alors quelques coupures et modifications qui atténuèrent la violence initiale de l'oeuvre.
Ce fut en 1917, un énorme succès "Mater Dolorosa", et les critiques de l'époque, d'Eile Vuillermoz à Colette, aussi bien que le public s'enthousiasmèrent pour une oeuvre qui faisait subir à une donnée de mélodrame ce que Gance appelait une "transmutation esthétique". Résultat obtenu par le dépouillement voulu du décor qui devait accentuer l'intensité dramatique de certaines scènes, par la qualité des interprètes : Emmy Lynn en tête. L'année suivante on peut souligner sa presation en tant que réalisateur dans "La Dixième Symphonie" (1918) avec sèverin Mars, Emmy Lynn et André Lefaur.
Abel Gance avait lu le livre de Pierre Hamp "Le Rail", lorsqu'il commença le tournage du film "La Roue" (1923). D'abord intitulé, "La rose du rail", en 1919. Son interprète Séverin Mars mourut en 192 avant la présentation de l'oeuvre dont la durée du tournage fut de seize mois. Ferdinand Léger dessina les affiches. Les scènes ferroviaires furent tournés à Nice de décembre 1919 à juin 1920. Puis à Chamonix et au Col de la Vesa où Gance, gêné par la gare du funiculaire la fit démolir et déplacer des poteaux électriques.
L'arrivée du parlant constitue pour le cinéaste de "La Roue" un coup très dur, dont il ne se remettra jamais tout à fait. Mais c'est d'abord par le livre qu'il inaugure l'ère nouvelle. Abel Gance ajoutera son romantisme flamboyant, son prophéisme souvent visionnaire, ne sorte de transe poétique et d'effervescence de l'esprit qui n'appartiennent qu'à lui. On est emporté, fasciné, et si parfois on sourit aux dépens de l'auteur, la phrase suivante le fait aussitôt regretter, tant la sincérité est évidente et fréquente la marque du génie.
L'homme Gance, aussi bien que le créateur, s'est mis tout entier dans "Prisme", avec ses peines, ses chagrins (les pages sur la mort de la femme aimée sont bouleversantes) aussi bien que ses intuitions fulgurantes. La lecture en est indispensable à qui veut essayer de comprendre la personnalité puissante et tourmentée du créateur de "Napoléon" (1927). Dans ce livre unique, Gance le prophète parachève sa figure d'homme de la Renaissance. Malgré les énormes moyens qui furent mis à sa disposition (plus de cent mille mètres de pellicule enregistrée, un millier de figurants. Le projet s'avéra irréalisable...Le tournage commença dans l'enthousiasme, voire le délire, on plaça des caméras sur le dos des chevaux au galop, on surimpressiona jusqu'à seize images d'une sur l'autre....et après les prises de vues on ramassait de véritables blessés sur le terrain!.
La même année que "Prisme", Gance présente un nouveau film, le premier depuis "Napoléon" tourné en 1926, et qui aurait dû être un nouveau triomphe. C'est "La Fin du Monde" (1930), auquel il pensait depuis longtemps. Mais, hélas! une sonorisation imparfaite ajoutée après coup à ce film conçu comme une oeuvre muette, une sortie à un mauvais moment, dans les débuts confus du parlant, et une critique catastrophique, tout contribua à l'échec du film. La censure s'en mêla. Il existe un court métrage intitulé "Autour de (La fin du monde)" et réalisé par Eugène Deslaw, qui montre le tournage du film. On peut y comtempler certains plans, très osés pour l'époque, de l'orgie finale qui accompagne l'attente de "La fin du monde". Ces plans furent bien sûr supprimés dans la version exploitée, et sans ce précieux document nous ignorerions aujourd'hui leur existence.
Après l'échec couteux de ce film ambitieux, Abel Gance va traverser de longues années de purgatoire, dont il aura bien du mal à se remettre. En 1932, il réalise une nouvelle version de "Mater Dolorosa", son succès de 1917. Line Noro et ses camarades ne font pas oublier Emmy Lynn, Firmin Gimier et Gaston Modot dans l'ancien film, et la parole n'ajoute rien à un sujet dont elle souligne cruellement les excès mélodramatiques. Nouvel échec qui va se traduire pour Abel Gance, entre 1933 et 1935, par l'exécution d'une série de besognes presque toutes particulièrement ingrates et où il reste peu de choses d'un génie cinématographique condamné à ronger son frein. Cela commence en 1933 avec "Le Maître de Forges", le vieux succès, toujours populaire, de Georges Ohnet, filmé à de nombreuses reprises. Gance écrit le scénario et se contente d'assurer la supervision d'une réalisation confiée au très médiocre Fernand Rivers, appliquée cette fois à "La Dame aux camélias" (1934), sujet encore plus inépuisable. La réussite est un peu supérieur, grâce à de jolies mélodies de Reynaldo Hahn et au couple Yvonne Printemps-Pierre Fresnay, mais elle sera tout à fait éclipsée, deux ans plus tard, par la superbe version américaine de George Cukor avec Greta Garbo, la meilleure encore à ce jour!.
Entre-temps, Gance avait signé "Poliche" (1934) adapté par Henri Decoin d'une pièce connue d'Henry Bataille. C'est peu dire qu'il ne reste rien de l'auteur de "Napoléon" dans ces travaux alimentaires. On le retrouve en 1935 avec "Napoléon Bonaparte" justement version sonorisée d'un chef d'oeuvre d'antan, "enrichie" de quelques scènes nouvelles et dans un fameux montage modifié.
Les autres films de l'année 1935 sont aussi plus ou moins attristants : "Le roman d'un jeune homme pauvre" adapté d'un fade roman d'Octave Feuillet, démodé depuis déjà pas mal de temps. A peine au-dessus, mais tout de même plus gai et plus élevé, on trouve "Jérôme Perreau", film "historique" qui évoque la Fronde et ses barricades. Si la verve de Georges Milton dans le rôle du personnage éponyme apparaît bien facile, l'attraction du film est la composition assez sensationnelle de Robert Le Vigan dans le personnage de Mazarin, plus fourbe et cauteleux que nature; l'acteur ne craint pas de montrer qu'il s'amuse, mais sans jamais verser dans la parodie. Il a rarement fait mieux.
En comparaison, "Lucrèce Borgia" (1935) n'a pour elle qu'une belle réputation de scandale et l'anatomie généreusement dévoilée d'Edwige Feuillère dans un rôle qui contribua beaucoup à sa gloire de future "grande dame" du cinéma. Le film est amusant, bien fait, et Gance, muselé, se rattrape sur un érotisme qui est une des constantes de son génie créateur, et qui s'est manifestée dans son oeuvre toutes les fois qu'il en a eu l'occasion. Une fois cela reconnu, ce film excessivement décrié à l'époque de sa sortie, s'il ne discrédite nullement son auteur, ne fait guère plus que lui permettre de conserver la main. Avec succès. En effet, c'est en 1936 qu'on retrouve le véritable Abel gance, avec un film admirable cette fois, un de ses trois ou quatre plus authentiques chef-d'oeuvre, son plus grand film parlant en tout cas : "Un Grand amour de Beethoven" avec Harry Baur et Annie Ducaux. Pour la première fois depuis quatre ans, auteur complet d'un film (scénariste et réalisateur), Gance retrouve toute son inspiration et se laisse emporter par un sujet selon son coeur. Le film bouillone d'une invention jaillissante digne de celle qui se manifestait dix ans plus tôt dans le gigantesque "Napoléon". Gance se retrouve ici à un niveau qui est le sien.
Après cela, on s'afflige pour Gance de le voir obligé de réaliser "Le Voleur de femmes" (1937) d'après un roman d'un aussi mauvais écrivain que Pierre Frondaie, dans le film ce sont Jules Berry et Annie Ducaux les principaux interprètes. C'est la période où Gance commence à penser à son film sur le Christ, "La Divine tragédie", qui l'occupera dix ans avant qu'il y renonce définitivement.
En 1937, sensible à l'approche de la guerre, il refait "J'accuse" sur un scénario assez différent de la version de 1918, auquel collabore le dramaturge Stève Passeur (comme pour les deux films suivants, ainsi que déjà pour "Beethoven"). Le film fait l'unanimité contre lui; c'est ainsi que Bardèche et Brasillach le taxent de "pacifisme obscène", reproche qu'à cette date (le film est sorti quelques mois avant à Munich) on n'attendrait pas de ce bord. Ils reprochent également à Gance d'être toujours prêt à revenir sur le passé", ce qui est plus exact, mais qui fait fi d'un des droits sacrés de l'artiste.
Critiques et historiens se sont également montrés sévères pour "Louise" (1939), adapté de l'opéra-comique de Gustave Charpentier, "romance style cousette 1900" (J. Mitry) et chantépar Grace Moore, film qu'on aimerait bien revoir aujourd'hui que la mode a redécouvert la musique de Charpentier. En revanche, tout le monde s'accorde, de Mitry à Truffaut, à trouver que " Paradis Perdu" (1939) avec Micheline Presle et Fernand Gravey, qui clôt la période, est digne des meilleures réussites d'Abel Gance. C'est au moins vrai des premiers tiers du film, réussite parfaite qui ,malheureusement, dans la dernière partie, se dégrade quelque peu. Sans aller comme Jean Mitry, à en faire le meilleur film de la décennie du cinéaste (Un Grand amour de Beethoven a une tout autre envergure), il faut reconnaître, avec lui, les qualités du ton de comédie sentimentale et le dicret lyrisme de l'évocation des souvenirs du personnage principal.
1912
La Dixième Symphonie (1918) avec Sèverin-Mars
Au Secours! (1923) avec Max Linder
Après ces dix années abondantes et fécondes, où figurent quatre ou cinq films dont on se serait bien passé, et Gance aussi, et où manquent deux chefs-d'oeuvre qu'on était en droit d'attendre, la carrière d'Abel Gance va prendre une tournure encore bien plus dramatique. Il lui reste cinq films à tourner en vingt-trois ans, de 1940 à 1963, et puis, l'âge étant venu, dix-huit ans de silence, mais pas d'inaction ni de résignation. Le 11 novembre 1940, il donne le premier tour de manivelle de "Vénus Aveugle", film écrit par lui et qui, dans son esprit, doit être une allégorie de la France souffrante et regénérée. Il dédie "humblement" son oeuvre à Monsieur le Maréchal, en qui la France s'est incarnée. Malgré ces bonnes intentions, le film est ridiculisé par la critique, qui n'y voit qu'un simple mélodrame, tout comme le public, lequel lui fait cependant un beau succès. Il s'agit bien d'ailleurs d'un mélodrame, comme les aime Gance, avec des parties qui visent au sublime et y atteignent parfois, et d'autres qui frôlent le grotesque.
En tout cas, Gance s'y retrouve beaucoup plus égal à lui-même que dans l'adaptation du "Capitaine Fracasse" (1942) interprété par Fernand Gravey. Le cinéaste va suivre l'invention du "pictographe", système de maquettes dessinées combinées avec les décors construits donne des résultats plus probants.
Excepté un début de réalisation de film sur Manolete, en Espagne, abandonné en cours de travail pour des raisons mal éclaircies. Abel Gance va rester sans tourner pendant douze ans, jusqu'en 1954. Cet oubli scandaleux et sans équivalent du plus grand cinéaste français avec Jean Renoir prend fin avec la réalisation du vieux mélodrame de Dumas père : "La Tour de Nesle" (1955). Jeune critique plein d'enthousiasme, Francçois Truffaut a beau écrire : "Comme il se trouve qu'Abel Gance est un génie, "La Tour de Nesles" est un film génial"....Le film fut tourné en huit semaines en deux versions, l'une pour la distribution italienne, l'autre "déshabillée" pour la France
Après l'expérience sans lendemain du "Magirama" (1956), programme de courts métrages réalisés en "polyvision", ce n'est qu'en 1960 que Gance, grâce à André Malraux, pourra réaliser "Austerlitz", en collaboration avec Roger Richebé. Malgré de beaux morceaux, le film s'en ressent et à aucun moment il ne parvient à la dimension épique qui caractérisait "Napoléon". A noter la présence de Pierre Mondy en Napoléon 1er, Martine Carol en Joséphine de Beauharnais, Jean Marais (Carnot), Georges Marchal (Lannes), Vittorio de Sica (Pie VII), Michel Simon (Alboise), Orson Welles (Fulton)....
Beaucoup plus réussi apparaît "Cyrano et d'Artagnan" (1963), qui clôture la carrière de cinéaste de Gance, malheureusement ce film plein de jeunesse et de fougue d'un cinéaste de soixante quatorze ans, sortira gravement mutilé par ses distributeurs. Ainsi prenait fin, dans une incompréhension devenue de règle depuis longtemps, une carrière semée de traverses et d'embûches, plus que tout autre au cinéma.
En 1966, la télévision offre à Gance l'occasion de réaliser la "Marie Tudor" de Hugo, qui est une belle réussite dans son genre, mais une revanche insuffisante sur tant de projets abandonnés la mort dans l'âme : "Les grands intitiés", " La Divine Tragédie", Ignace de Loyola" et tant d'autres jusqu'au fameux "Christophe Colomb", rêve poursuivi jusqu'aux extrêmes limites de la vieillesse, avec la même obstination mise par le navigateur à découvrir la route des Indes....Ce scénario, devenu monstrueux et qui finira par représenter un ou deux milliers de pages de manuscrit, épouvantera tous les producteurs français et étrangers. Une fois de plus, Gance aura suivi le conseil de Delluc en 1917 :"Ne cessez jamais de voir trop grand!". Mais comme presque toujours dans sa vie, le conseil se sera retourné contre lui, car au cinéma (voir Erich Von Stroheim, David Wark Griffith, Orson Welles et tant d'autres) il vaut mieux, justement, ne pas voir trop grand.
Sa dernière consolation cinématographique, Gance l'aura connue en 1971, quand, grâce à Claude Lelouchn il aura pu reprendre encore une fois son "Napoléon" et en donner, sous titre de "Bonaparte et la Révolution", un nouveau montage postsynchronisé qui aura permis à une génération nouvelle de découvrir cette oeuvre devenue mythique. Pourtant, la véritable apothéose sera celle de 1980 à New York, avec la projection de la version de 1927 minutieusement restaurée par Kewin Brownlow. Mais le sort devait, une fois de plus s'acharner sur Abel Gance : décédé le 10 novembre 1981 à l'âge de 92 ans, il n'aura pu assister à la "résurrection" française de son chef-d'oeuvre. Sans doute, comme tous les précurseurs, ce créateur était-il venu trop tôt et avait-il raison d'écrire dans "Prisme" : "Les Instruments sont trop imparfaits pour que je puisse construire une cathédrale de lumière."
Mort du comédien Jacques Duby, figure du cinéma des années 50-60Le comédien Jacques Duby, qui a tourné dans de nombreux films, notamment sous la direction de Julien Duvivier ou d'André Cayatte, incarnant souvent des personnages naïfs ou fragiles, est mort mercredi 15 février 2012 à l'âge de 89 ans, a-t-on appris jeudi auprès de sa fille.
Né le 7 mai 1922 à Toulouse, Jacques Duby était également un acteur de théâtre, qui fit ses débuts sur les planches dans des oeuvres de Marcel Aymé, comme "Clérambard" (1954) ou "Les oiseaux de lune" (1955).
D'une timidité maladive dans son enfance qu'il parviendra à dominer grâce à des cours d'élocution, Jacques Duby sera un habitué des pièces de boulevard (Félicien Marceau, Antoine Blondin, Marc Camoletti). Il joue aussi dans "la Logeuse" de Jacques Audiberti (1960).
Au cinéma, il est l'époux de "Thérèse Raquin" (1953) de Marcel Carné et un des acteurs favoris de Julien Duvivier, qui l'emploie dans "L'Homme à l'imperméable" (1956), "Pot-Bouille" (1957) et "Boulevard" (1960). Il tourne aussi avec André Cayatte dans "Avant le déluge" (1953) et "Le Dossier noir" (1955), ainsi que dans "Les Salauds vont en enfer" (1955) de Robert Hossein et dans "Le Clan des Siciliens" d'Henri Verneuil en 1969.
A la télévision, on le voit dans la série "Claudine" d'Edouard Molinaro, adaptée de Colette, et dans plusieurs enquêtes du Commissaire Maigret. Il incarne le maire Crochon tout au long de la série "Maguy" aux côtés de Rosy Varte. Les obsèques de Jacques Duby auront lieu jeudi 23 février à l'Eglise Saint-Roch à Paris. Il sera inhumé le même jour au cimetière de Montmartre
Décès du réalisateur grec Théo Angelopoulos après un accident
Le réalisateur grec Théo Angelopoulos est décédé mardi 24 janvier 2012 après un accident, a annoncé la télévision publique NET. Agé de 76 ans, il avait remporté de la Palme d'or du Festival de Cannes et du Lion d'or à la Mostra de Venise.
Le cinéaste a succombé mardi soir à une hémorragie cérébrale dans un hôpital près du Pirée, où il avait été admis après avoir été renversé par un motard dans la rue, a précisé NET.
Figure emblématique du "Nouveau cinéma" grec à partir des années 1970, Angelopoulos a réalisé une quinzaine de films, retraçant pour la plupart l'histoire et la société de la Grèce contemporaine, et caractérisés par de longs et silencieux plans sur fond de paysages de son pays.
Il est crédité d'avoir été influencé considérablement par le cinéma français de l'époque. Il avait remporté en 1980 le Lion d'Or à Venise pour son film "Alexandre le Grand". En 1998, le Festival de Cannes lui avait attribué sa Palme d'Or ainsi que le prix du jury oecuménique pour "L'Eternité et un jour".
Sa mort a suscité une véritable émotion nationale. Angelopoulos était le contraire d'un cinéaste populaire. Ses films étaient difficilement trouvables en DVD en Grèce. Avec sa mort, tout le monde a pris conscience qu'il était comme le Parthénon du cinéma grec .Plus d'un millier de personnes l'ont accompagné jusqu'à sa tombe, où des musiciens ont joué la chanson du Voyage des comédiens (1975), reprise en choeur par le cortège.
La comédienne française Sophie Desmarets, qui avait été à l'affiche de nombreuses pièces de théâtre de boulevard dont la célèbre "Fleur de cactus" de Barillet et Grédy, est morte lundi 13 février 2012 à son domicile parisien à l'âge de 89 ans, a annoncé sa famille
Elle était l'une des actrices les plus rieuses du théâtre français. "J'aime faire rire et rire moi-même. La gaîté est le plus précieux des biens de ce monde", affirmait la comédienne qui avait publié ses mémoires en 2002.
Sophie Desmarets, de son vrai nom Jacqueline Desmarets, est née le 7 avril 1922 à Paris d'une mère bretonne et d'un père lorrain, directeur du Vélodrome d'Hiver. Elle fréquente les meilleures institutions. "J'ai fait de sages études au cours Maintenon, puis au collège de Neauphle (pour raisons de santé), enfin à Gstaadt, en Suisse. Une stabilité raisonnable qui m'a marquée pour toute mon existence". Cette grande sportive, amatrice de ski, de tennis et de natation, rate cependant son bac.
Le théâtre l'attire. A l'occasion de la vente d'une maison par ses parents, elle rencontre Louis Jouvet. "Ca te plairait ce métier ma petite ? Alors essaie", lui aurait-il dit. Sophie Desmarets sortira du Conservatoire avec un premier prix de comédie.
Elle débute pourtant sa carrière au cinéma, remarquée par Henri Decoin alors qu'elle donne la réplique à Rosine Luguet venue se présenter pour un rôle dans "Premier rendez-vous" (1941), film dont Danielle Darrieux est la vedette . Au générique, elle apparaît sous son véritable nom : Jacqueline desmarets. En 1942 au Conservatoire, elle obtient un premier accessit de comédie, tourne son second film aux côtés de Gaby Morlay qui marque ses véritables débuts au cinéma, et se marie.
Suivront une cinquantaine de films parmi lesquels "Rocambole" (1947, Jacques de Baroncelli), "Si Paris nous était conté", (1955, Sacha Guitry), "Les trois font la paire" (1957, Sacha Guitry), "La famille Fenouillard" (1960, Yves Robert), "Fantôme avec chauffeur" (1996, Gérard Oury), "Fallait pas !" (1996, Gérard Jugnot).
Même si elle avait tourné dans une cinquantaine de films parmi lesquels "Rocambole" (1947), "Si Paris nous était conté" (1955) ou plus récemment "Fantôme avec chauffeur" (1996), Sophie Desmarets avait cependant toujours préféré le théâtre où elle s'était spécialisée dans des pièces de boulevard souvent signées du tandem Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy.
Elle avait triomphé en 1960 dans "Adieu prudence" puis, surtout, dans "Fleur de cactus". La pièce a été donnée à Paris de 1964 à 1967 puis en province. Sophie Desmarets l'avait reprise vingt ans plus tard, en 1987.Deux fois mariée et mère de deux filles, elle avait quitté la scène dans les années 1990.
Sophie Desmarets a cependant toujours préféré le théâtre, en dépit d'un trac irrépressible. Elle s'y spécialise dans des pièces de boulevard souvent signées Barillet et Grédy dans lesquelles sa jovialité, son regard malicieux, son nez retroussé conquièrent le public.
Elle triomphe en 1960 dans Adieu prudence" puis, surtout, dans "Fleur de cactus". "C'était le personnage qui me collait le mieux à la peau", dira-telle. La pièce est donnée à Paris de 1964 à 1967 puis en province. Sophie Desmarets la reprendra vingt ans plus tard, en 1987.
La comédienne, mariée deux fois et mère de deux filles, mène également au triomphe deux autres pièces de Barillet et Grédy, "Quatre pièces sur jardin" (1969-70) et "Peau de vache" (1975).
Passionnée de jardinage et propriétaire d'une boutique d'antiquités à Paris, elle avait quitté la scène dans les années 90, "lasse de jouer au théâtre" et aspirant "au repos et au bonheur de voir les jours s'écouler paisiblement".
L'acteur américain Ben Gazzara est décédé vendredi 3 février 2012 à l'âge de 81 ans dans un hôpital de New York où il était traité pour un cancer du pancréas, a annoncé son avocat.
D'origine sicilienne, Ben Gazzara, dont le vrai nom est Biagio Anthony Gazzara, naît le 28 août 1930. Ses parents le destinaient à une carrière d'ingénieur mais, attiré par l'art dramatique, il entre en 1951 à l'Actors Studio où il fréquente Paul Newman, James Dean et Steve McQueen. Deux ans plus tard, il se fait remarquer dans "End as a man", une pièce de Calder Willingham mise en scène par Jack Garfein, qui l'impose pour la version cinématographique, de "Demain ce seront des hommes" (The Strange One",1957) dans le rôle d'un élève-officier se livrant à des brimades. Tout aussi peu sympathique est l'officier arrogant, accusé de meurtre et défendu par James Stewart dans "Autopsie d'un meurtre" (Anatomy of a Murder,1959) d'Otto Preminger. Il avait débuté au théâtre à Broadway en 1956 grâce à Elia Kazan dans "La Chatte sur un toit brûlant" de Tennessee Williams, où il incarnait Brick
Après une premiere expérience italienne dans "Larmes de joie" (Risate di Gioia,1960) de Mario Monicelli, où il a l'actrice italienne Anna Magnani pour partenaire, la série télévisée "Match contre la vie" lui vaut son premier grand succès : au fil des 86 épisodes, il incarne un avocat atteint d'une maladie incurable brûlant la vie par les deux bouts.
La rencontre de John Cassavetes, en 1970, bouleverse totalement sa carrière. Ben Gazzara devient, avec Symour Cassel et Peter Falk, l'un de ses interprètes de prédilection en même temps que l'un de ses amis les plus proches. L'amitié perdue puis retrouvée est aussi le thème d' "Husbands" (1970), le premier film à les réunir et le préféré de l'acteur. Ensemble, ils tournent encore "Le Bal des vauriens", également connu sous le titre "Meurtre d'un Boomaker chinois" (The Killing of a Chinese Bookie,1976), où il incarne le patron d'une boîte de nuit qui, pour s'acquitter d'une dette de jeu, doit commettre un meurtre, puis il enchaîna avec "Opening Night" (1977) aux côtés de l'épouse du cinéaste, l'actrice Gena Rowlands.
"Begin the Beguine" écrit spécialement à son intention, était un autre projet commun. Très lié à John Cassavetes, Peter Bogdanovitch engage Ben Gazzara pour un film noir situé à Singapour, "Jack le magnifique" (Saint-Jack,1979) et une comédie douce-amère, "Et tout le monde riait" (They All Laughed,1981). S'offrent ensuite de nouveaux contrats en Italie avec "Conte de la folie ordinaire" (Storie di odinaria follia,1981) de Marco Ferreri, où son personnage, inspiré de Charles Bulowskin est un ivrogne doublé d'un obsédé sexuel et "La Fille de Trieste", où il joue un créateur de bandes dessinées érotiques. Dans les deux cas, il a Ornella Mutti pour partenaire.
Les Blouses Blanches (1961) de Phil Karlson
1979
Dès lors, la carrière de Ben Gazzara prend une tournure plus internationale. Il ne travaille qu'occasionnellement aux Etats-Unis, où les premiers rôles de ses début cèdent désormais la place à des emplois secondaires dans "Road House" (1988) de Rowdy Herrington, "Haute Trahison" (1996) (The Shadow Conspiracy,1996) de George Pan Cosmatos et "La prisonnière espagnole" (The Spanish Prisoner,1996) de David Mamet.
Ben Gazzara apparaît également dans de nombreuses coproductions : franco-suisse comme "Passe-Passe" (Quicker Than the Eye,1988) de Nicolas Gessner ou italo-brésilienne comme "Per Sempre" (1991) de Walter Hugo Khouri. Après plusieurs projets qui n'abourirent pas, il se lance aussi dans la mise en scène, qu'il avait eu l'occasion d'aborder avec huit épisodes de "Match contre la vie" et deux de "Columbo". Jamais distribué, ni aux Etats-Unis, ni en France, produit avec des capitaux italiens, tourné en Angleterre et à Bali, "Oltre L'Oceano" (1990) dont Ben Gazzara est également le scénariste et l'interprète, s'inspire des méthodes de tournage de John Cassavetes.
Tout comme d'autres productions indépendantes dans lesquelles il apparaît au cours des années 90, la plupart marquant les début de jeunes cinéastes. Une grande variété de rôles s'offre à lui: père monstrueux d'indifférence dans "Buffalo 66" (1998) premier film du comédien Vincent Gallo où se désintéressant de ses filles dans "Happiness" (1998) de Todd Solondz. Comédien chevronné et riche d'expérience dans "Illuminata" (1998) de John Turturro et producteur de films pornographiques dans "The Big Lebowski" (1998) des frères Cohen, aveugle et violeur enfin dans "Dogville". Des productions à gros budget comme "Summer of Sam" et "Thomas Crown" le sollicitent également.
En 1979, le Festival du Cinéma américain de Deauville a rendu hommage à Ben Gazzara qui, en 2003, s'est vu décerner un Emmy Award pour son interprétation dans "Hysterical Blindness" de Mira Nair. Il fut l'époux de la comédienne Janice Rule, disparue en octobre 2003 et dont il était divorcé depuis 1979.
Le cinéma muet n'était pas fait pour lui, dont la voix basse, l'accent de sa provence natale et la diction théâtrale avaient grandement servie une renommée acquise. Orson Welles avait déclara c'est "Le plus grand acteur du monde".
Raimu de son véritable nom Jules Auguste Muraire, César Raimu naquit à Toulon, en Provence, le 17 décembre 1883. très jeune il découvre le spectacle et voue un véritable culte aux artistes qui se produisent à Toulon. Ce fut son tour, le jeune Muraire monta sur les planches et fut concluant au point de faire ses "classes" ainsi que la sélective école du Caf Conc, tout comme Jean Gabin et Fernandel.
(Jules Muraire, alias Raimu lorsqu'il cherchait à perçer dans les ginguettes et les bastringues de Toulon est mort à Neuilly le 20 septembre 1946. En pleine gloire.) Il s'est soumis très vite à la rude école méridionale. Sa persévérance le soutenait. N'arrivant pas à s'imposer le Rallum de ses débuts. Raimu devint souffleur à Marseille, croupier à Aix-Les-Bains et vendit du sel en gros...."Noir&Blanc" -Editions Flammarion - Olivier Barrot et Raymond Chirat).
Vers 1910, sa rencontre avec le grand Félix Mayol est déterminante pour sa carrière. Le créateur de la célèbre chanon "Les mains de femme" lui propose en effet de monter à Paris. Au printemp de 1910, le Concert Parisien devient le concert Mayol, ce qui permis à celui qui allait devenir le grand Raimu de faire ses premiers pas dans cette salle de la rue de l'échiquier à Paris. Raimu triomphe dans de nombreuses revues. Yves Mirande qu'on retrouvera toujours sur la route du comédie écrivit une revue "C'est solide"" au titre prometteur. Raimu prend de la consistance, flatte le public, ne dédaigne pas le déguisement et en arrive à caricaturer la Joconde pour le spectacle "De midi à quatorze heures"
Des acteurs notoires : Lucien Guitry, Max Dearly lui conseillèrent de bifurquer, de se libérer du music-hall. En 1915, il rencontre Georges Feydeau qui, d'emblée, l'engage pour une reprise de "Monsieur chasse". Raimu donne libre cours à sa généreuse nature et les auteurs à la mode se le disputent. Sacha Guitry l'installe en 1916 dans le rôle du mari de "Faisons un rêve".
En 1914, la Première Guerre mondiale éclate, Raimu avait débuté au cinéma en 1912 dans "L'homme nu" d'Henri Desfontaine. Il tournera "L'Agence Cacahuète" de Roger Lion en 1914 avant d'être mobilisé puis réformé en 1915. En 1916, Raimu est déjà l'un des grands comédiens du Théâtre de Boulevard. Comme Louis Jouvet, le cinéma ne l'intéresse pas...Il faut avouer que les films muets ne s'apprétaient pas à son génie, puisque la parole enveloppe le mythe Raimu. C'est pourquoi il lui faudra attendre le début des années 30 et le cinéma parlant pour enfin, pouvoir donner au cinéma, ce qu'aucun acteur n'avait jusqu'alors réalisé.
En 1931, Fernandel donna la réplique à Raimu dans "Le blanc et le noir" (1931) du cinéaste franco-américain Robert Florey. Après le music-hall et le théâtre, Raimu remporta son premier grand succès à Paris en 1929, dans "Marius" de Marcel Pagnol, un triomphe qui se répéta deux ans plus tard avec l'adaptation cinématographique de la pièce. Ils avaient prévu dans le casting, la présence de l'actrice Gaby Morlay et Victor Francen. Pierre Fresnay était Marius, Orane Demazis en Fanny, Raimu en César et Charpin, le généreux Panisse. "Marius" (1931) fit le tour du monde, dans sa version d'origine. La réalisation fut confiée à un cinéaste hongrois : Alexander Korda. Tout a été dit du Bar de la Marine, de son patron et de son fiston. Mieux que quiquonque, Marcel Pagnol a rendu à César ce qui lui revient : sa décision de prêter vie au cafetier chaleureux plutôt qu'à maître Panisse, comme le souhaitait l'auteur, le pittoresque, l'émotion et la jovialité dont il a su revêtir derrière son comptoir le roi du Vieux Port.
L'année suivante, c'est la suite: "Fanny" (1932), Pagnol demanda à Marc Allégret de superviser la direction du film. Le succès de "Marius" au théâtre avait incité l'auteur à écrire une suite "Fanny" qui fut jouée pour la première fois au Théâtre de Paris, le 5 décembre 1931, alors que le film "Marius" triomphait dans les salles de cinéma. Quelques modifications étaient intervenues dans la distribution. Raimu, à la suite d'oppositions avec Léon Volterra, abandonnait le rôle de César au profit d'Harry Baur, Pierre Fresnay relayé par Berval. En 1936, Pagnol se décida de conclure sa trilogie avec un troisième volet "César" (1936) qu'il réalisa lui-même et avec la même distribution, dont son équipe technique qui avait participé aux tournages de "Jofroi" et "Angèle", "Merlusse"...C'est ainsi que le brave Panisse s'en est allé, que la partie de cartes, avec la chaise vide est resté dans toutes les mémoires...Aux côtés de Raimu, Pierre Fresnay, Orane Demazis, Charpin, Alida Rouffe, Paul Dullac, Edouard Delmont, Robert Vattier et Maupi.
Raimu enchaîna avec une réalisation de Marc Allégret dans "Mam'zelle Nitouche" (1931) avec Janine Marèse puis sous la direction de Maurice Tourneur "Les Gaités de l'escadron" (1932) aux côtés de deux débutants : Jean Gabin et Fernandel. 1933. C'est Pierre Colombier qui dirigea Raimu, Edwige Feuillère, Lucien Barroux et Pauline Carton dans "Ces Messieurs de la Santé" (1933). Puis Raymond Bernard le fait tourner dans "Tartarin de Tarascon" (1934) gaillard chasseur de casquettes d'Alphone Daudet en un vieillard prématuré, l'oreille aux aguets, glacé par son ombre. Pierre Colombier reprends du service en réalisant "L'école des cocottes" (1935) avec André Lefaur et René Saint-Cyr.
C'est André Hugon qui réalisa "Gaspard de Bresse" (1935) avec Berval dans le rôle-titre et Raimu dans celui de Samplan. Claude Heymann celui des "Jumeaux de Brighton" (1936) avec Raimu et Michel Simon
Après avoir brillé avec la trilogie de Pagnol, c'est Jean Grémillon qui réussit une oeuvre personnelle avec "L'étrange Monsieur Victor" (1938) aux côtés de Madeleine Renaud (son épouse), Viviane Romance et Pierre Blanchar. Ce film fut tourné à l'aube du deuxième conflit mondial. Sa sortie à Paris, fut inaperçue, il fut réédité qu'en 1974, le producteur Raoul Ploquin le présenta dans sa version intégrale, après de longs péripéties pour obtenir enfin, la première bobine manquante.
De forte corpulence, l'air renfrogné, capable d'être agressif et vulnérable avec la même force de conviction, Raimu excella à rendre l'esprit du midi de la France. Bien plus que sa très belle prestation dans "Un Carnet de bal" (1937) de Julien Duvivier, film à skecktches, son meilleur rôle restera celui de la Femme du boulanger. Deux ans plus tard, il connut aussi un grand succès avec "La Fille du Puisatier" de Marcel Pagnol. L'aisance avec laquelle Raimu peut passer du registre de la fureur à celui de la tendresse est la caractétistique essentielle de son talent. En témoigne son personnage de cocu pathétique dans "La femme du boulanger". Lorsque revient la femme infidèle (Ginette Leclerc), le boulanger passe passe sa colère sur la chatte Pomponette, partie depuis trois jours "Garce, salope, ordure,", pour suivre "un passant du clair de lune, puis ouvre ses bras à l'épouse repentie et essuie furtivement une larme.
Bien sûr qu'à cette même époque, Raimu tourna plusieurs films devenus des classiques avec le temps et qui ont valu, à Raimu admiration et sympathie d'un vaste public qui ne lui tint pas rigueur des quelques ratés....En 1944, il revint au théâtre par la grande porte de la Comédie Française. Jean Cocteau, qu'il l'y accueillit, décrit ainsi l'émotion du nouveau venu : il ressemblait à un enfant craintif à la porte du proviseur
La dernière période de sa carrière, jussqu'à sa mort en 1946, présente peu d'intérêt, car les rôles qui lui étaient confiés étaient très inférieurs à ses capacités, à l'exception de deux films : "Les Inconnus dans la maison" (1941) d'Henri Decoin, sur un scénario de Clouzot, et "L'homme au chapeau rond" (1946) de Pierre Billon (son dernier rôle), où Raimu donnait la réplique à a Aimé Clariond et Gisèle Casadesus et redoublait de cynisme vis-à-vis- de sa petite fille. Raimu faisait partie de ces acteurs qui se mettent tout entier dans la peau de leurs personnages, et sont capables d'être crédibles même dans des films médiocres.
En ce début de 1946, Raimu avait reçu d'importants contrats de cinéma. Après "Les Gueux au Paradis" (1945) qu'il tourna sous la direction de Pierre Billon aux côtés de Fernandel et Armand Bernard. Non loin de Mâcon, à la suite d'un éclatement de pneu, qui provoqua un accident et heurta un platane de plein fouet. Deux des passagers "Yves Mirande (cinéaste) et Paul-Edmond Decharme s'en tirèrent avec quelques foulures, mais la blessure de Raimu était plus grave (fracture de la partie supérieure du tibia et luxation du genou. Après de multiples efforts pour cicatriser toutes ses blessures, Raimu se portait mieux. C'est après le tournage de "L'homme au chapeau rond", qu'il devait subir une opération chirurgicale. Au matin, il était de bon humeur, quelques heures plus tard, après son opération chirurgicale, il était décédé. Raimu venait de mourir d'une syncope blanche et ne put être réaniné.
Raimu meurt le 20 septembre 1946 , et des funérailles en l'église Saint-Philippe-du-Roule devant des milliers de personnes. Au cimetière, Marcel Pagnol lui fit ses adieux : "Tu vas jouer ce soir dans trente salles et des foules vont rire et pleurer; tu exerces toujours ton art, tu continues à faire ton métier, etje peux mesurer aujourd'hui la reconnaissance que nous devons à la lampe magique qui rallume les génies éteints, qui refait danser les danseuses mortes, et qui rend à notre tendresse le sourire des amis perdus." Raimu repose au cimetière de toulon.
La comédienne Rosy Varte, qui avait interprété le rôle titre de la série télévisée à grand succès Maguy, est décédée au cours de la nuit de vendredi 13 janvier au samedi 14 janvier 2011 à l'hôpital américain de Neuilly, a annoncé à l'AFP son époux, Pierre Badel.
D'origine arménienne, née en novembre 1923 (ou 1927) en Turquie, celle dont le vrai nom était Nevarte Manouélian est morte suite à une bronchite, qui a dégénéré en infection pulmonaire, selon Pierre Badel.
La date de sa naissance, selon lui, est restée imprécise, faute de registres d'état civil à l'époque en Turquie. Nevarte, a-t-il indiqué, veut dire "la rose" en arménien.
Elle avait rejoint la France alors qu'elle était tout bébé. Après avoir joué dans plusieurs théâtre parisiens (Comédie des Champs-Elysées, Théâtre Edouard VII, Vieux Colombier, Théâtre de l'atelier...) elle avait fait partie du TNP de Jean Vilar, où elle avait créé Ubu roi en 1958.
Rosy Varte débute au cinéma en 1949 dans "Vendetta en Camargue" de Jean Devaivre avec Jean Tissier et Brigitte Auber dans les rôles principaux. Suivront "Minuit, Quai de Bercy" (1951) de Christian Stengel avec Erich Von Stroheim, "Gueule d'Ange" (1954) de Marcel Blistène avec Maurice Ronet et Viviane Romance. 1954, on retrouve Rosy Varte à l'affiche du film de Jean Renoir "French-Cancan (1954) avec Jean Gabin. Professionnellement parlant, Elle sera fidèle au cinéaste Alex Joffé qui lui donna de nombreux seconds rôles dont le fameux "Fortunat" (1960) avec Bourvil et Michèle Morgan. Elle est l'inoubliable voisine d'origine juive, se cachant dans le grenier d'un immeuble, sympathise avec les deux immenses comédiens français.
Rosy Varte eut parfois de petits rôles mais qui eurent leurs importances comme dans "Peur sur la ville" (1975) d'Henri Verneuil, où le fameur tueur en série l'étranglera pendant qu'elle prépare son café à grains...
A partir de 1971 elle avait participé à plusieurs spectacles donnés à la Comédie française. Spécialisée dans les rôles comiques, elle a interprété de 1985 à 1993, le rôle de Maguy aux côtés de Jean-Marc Thibault dans la série à grand succès du même nom, en 333 épisodes, diffusée sur Antenne2. Pour ce rôle, elle avait remporté en 2007 le 7 d'or de la meilleure comédienne. Sa dernière apparition à la télévision datait de 2007, avec le téléfilm français Hubert et le chien. Pendant près de 40 ans, Rosy Varte a joué aussi dans de nombreux films (Clouzot, Renoir, Truffaut, Henri Verneuil, Sautet....).
Une année riche en cinéma, ainsi l'année 2011 est une année record. "Intouchables de Eric Toledano et Olivier Nakache l'a prouvé en se plaçant à côté de "La Grande Vadrouille" et "Bienvenue chez les Chtit's" dans le volet des réussites d'entrées au cinéma. On pourra noter qu'après la crise de 1929; le cinéma se portait bien. La population se ruait au cinéma voir des films sombres, c'est ainsi que naquirent "Dracula", "Frankenstein, "King-Kong", "L'homme invisible", "Le Loup garou" etc .
La crise et le cinéma, la disparition de deux grandes dames du cinéma mondial : Elizabeth Taylor et Annie Girardot. La consécration de Jean Dujardin au Festival de Cannes avec "The Artist"de Michel Hazanavicius. Le succès de Fabrice Luchini dans "Les Femmes du 6ème étage" de Philippe le Gay
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1-INTOUCHABLES de Eric Toledano et Olivier Nakache (16 millions d'entrées)
Eric Toledano et Olivier Nakache
2-RIEN A DECLARER de Dany Boon - (8 millions d'entrées)
2-HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT (2ème partie)
de David Yates- (6,5 millions d'entrées)
SELECTION CINETOM
1-HABEMUS PAPAM de Nanni Moretti
2-THE ARTIST de Michel Hazanavicius
3-LES FEMMES DU 6ème ETAGE de Philippe le Gay
-Il aurait été plus normal de féliciter Jean Dujardin et le réalisateur Michel Hazanavicius, excellente initiative d'avoir eu le courage de mettre cette oeuvre au profit du public. Il faut saluer la performance de Michel Piccoli dans un film de Nanni Moretti qui ne laisse pas indifférent. Et bien sûr Fabrice Luchini et ses femmes qui ont fait le succès de ce sublime film.
DECES CINEMA 2011
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Peter Postlethwait, 64 ans, acteur britannique, son visage familier c'est normal on le vit dans de nombreux films : "La Malédiction" de Richard Donner avec Gregory Peck, "Le Monde perdu -Jurassik Park" de Steven Spielberg, "Au nom du père" de Jim Sheridan, "Usual Suspetcs" de Bryan Singer........ 7 février 1946 - 2 janvier 2011
Sophia Loren
Maria Schneider, 58 ans, actrice française, fille du comédien Daniel Gélin. C'est Brigitte Bardot et Alain Delon qui furent ses premiers repères. Le cinéaste italien Bernardo Bertolucci qui la consacra dans "Le dernier tango à Paris" l'actrice donna la réplique à Marlon Brando, puis Jack Nicholson..Elle décéda d'un cancer.BB fut très affecté....27 mars 1952 - 3 février 2011
Le dernier tango à Paris (1972) de Bernardo Bertolucci
Profession reporter (1975) de Michelangelo Antonioni
Annie Girardot, L'une de nos plus grandes actrices françaises s'en est allée, après avoir souffert discrètement de la maladie d'Alzheimer. Ce sera la personnalité qui m'aura le plus marqué dans la disparition de tous ceux et celles qui ont tiré leur révérence en 2011. De ses films, on se souviendra de "Rocco et ses frères", sa rencontre avec Renato Salvatori, "Le mari de la femme à,barbe", "Les camarades," Vivre pour vivre" de Claude Lelouch "Mourir d'aimer d'André Cayatte, "Un homme qui me plait" de Lelouch, "Clair de terre" de Guy Gilles, "Traitement de choc" d'Alain Jessua avec Alain Delon, "Docteur Françoise Gailland", "A chacun son enfer" d'André Cayatte avec Fernand Ledoux....Annie Girardot décède le 28 février 2011 à Paris, ville où elle est naquit le 2 octobre 1931.
Jane Russell, 89 ans, actrice américaine, née le 21 juin 1921, elle nous quitte le 28 février 2011. Devenue célèbre grâce à son interprétation du film "Le Banni" du producteur Howard Hughes. Les autres films sont : "Le paradis des mauvais garçons", "Les hommes préfèrent les blondes", "Les Implacables", "L'ardente gitane" et Bungalow pour femmes.
Michel Fortin, 73 ans, acteur français. (15 mars 2011 à l'âge de 73 ans)
Elizabeth Taylor, La dernière reine d'Hollywood disparait le 23 mars 2011 à l'âge de 79 ans. Elle fut l'amie de Roddy MacDowall, Rock Hudson, James Dean, Montgomery Clift et Michael Jackson. Sa carrière cinématographique est culte de "Cléopâtre" de Mankiewicz à Lassie, en passant par "Souviens toi l'été dernier" en passant par "Cérémonie secrète" de Losey. Il y a aussi "La mégère apprivoisée" de Zeffirelli, "Reflets dans un oeil d'or" et tant d'autres.
Marie-France Pisier, Actrice française décède le 24 avril 2011 à l'âge de 66 ans dans des conditions restées obscures. Elle se noie dans la piscine familiale du Sud de la France. "Baisers volés" de Truffaut "Souvenirs d'en France" de Téchiné, "Les soeurs Bronte" ou "Le corps de mon ennemi" d'Henri Verneuil avec Jean-Paul Belmondo qu'elle devait retrouvait pour l'honnorer au Festival de Cannes
Raoul Ruiz, Cinéaste chilien décèda le 19 août 2011 à l'âge de 70 ans
Robert Lamoureux , Acteur, réalisateur, auteur. Il meurt le 29 octobre 2011 à l'âge de 91 ans. De "Papa,maman, la bonne et moi" à "Arsène Lupin" de Becker. On le retrouvera bien des années plus tard avec sa célèbre trilogie de la "7ème Compagnie" qu'il réalisa lui-même. Le théâtre fut l'une de ses passions.
Ken Russell , réalisateur britannique, décédé le 27 novembre 2011 à l'âge de 84 ans. "Love" sera le film fétiche avec Alan Bates et Oliver Reed, suivront : "Music Lovers", "Les diables", "Tommy", "Valentino" avec Nureev, "Les jours et les nuits de China Blues" avec Anthony Perkins....
Vittorio de Seta , Réalisateur et scénnariste italien mort le 28 novembre 2011 à l'âge de 88 ans.
Bill McKinney , Acteur Américain décédé le 1er décembre 2011 d'un cancer de l'oesophage, à l'âge de 80 ans.
Pour cette Nouvelle Année, je vous souhaite à toutes et tous, chers cinéphiles, internautes, sympathisants, ou inconnus d'un moment une Bonne et Heureuse Année 2012, Que celle-ci puisse vous apporter que du bonheur à vous et aux personnes qui vous sont chères.
Une année s'achève, et cela fait deux ans quewww.cinetomdvd.coma vu le jour, cette année de nombreux nouveaux DVD, Blu-Ray, Affiches, livres, figurines seront en vente sur le site avec paiement sécurisé pour les paiements CB via Paypal, même pour ceux et celles qui n'ont pas de compte Paypal et cela sans frais supplémentaires.
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Personnalités évoquées en 2012
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RAIMU
(Il fallait bien débuter l'année 2012 avec celui qui était considéré comme le plus grand acteur de monde d'après le génie qu'était Orson Welles (Début Janvier 2012)
ABEL GANCE
(Celui à qui on doit "Napoléon" ou "Paradis Perdu" sera évoqué début 2012)
FRANCOISE ROSAY
(L'une des plus grandes actrices françaises des années 30-50 sera évoquée au 1er trimestre 2012 : Elle débute avec le soutient de son époux le cinéaste Jacques Feyder "La Kermesse héroïque", mais aussi "L'auberge rouge" de Claude Autant-Lara)
JACQUES FEYDER
L'Atlantide
LOUIS JOUVET
(Cela devait être évoqué en 2011, ce sera honoré au -1er trimestre 2012 )
CHARPIN
(Le complice de Raimu, l'oncle de Fernandel, le cocu malheureux, il a tout joué, mais tellement bien joué, que l'on ne peut l'oublier, il sera évoqué au 1er trimestre 2012)
CHRISTIAN-JAQUE
(L'un des cinéastes qui a donné à Fernandel quelques uns de ses plus beaux rôles dont "François 1er, marié à Martine Carol, il sera évoqué au 1er semestre 2012 avec Marcel L'Herbier, Edmond T. Gréville, Pierre Chenal, Jean Dréville, Marc Allégret et Yves Allégret)
GRETA GARBO
(La Divine sera aussi sur Cinetom en janvier 2011)
JEAN-LOUIS BARRAULT
(Cet immense comédien de "Drôle de drame" ou de "La Symphonie fantastique" sera évoqué en 2012)
GRACE KELLY
(Disparue en septembre 1982, cela fera trente ans que la Princesse de Monaco nous a quitté)
HENRY FONDA
(Disparue en août 1982, trente ans après une évocation du talent de cet immense acteur)
ROMY SCHNEIDER
(Déja évoquée sur Cinetom, on essaiera d'affiner sa biographie, disparue tragiquement en mai 1982, il y aura trente ans.)
PATRICK DEWAERE
(Evoqué en juillet 1982, il y aura trente ans)
Il y aura également une évocation à tous ces acteurs cités en 2011 et que le temps trop court n'a pas permis de préparer dans de bonnes conditions, parties remises pour Paul Meurisse, Charles Vanel, Pierre Mondy, Robert Hossein, Michel Galabru, Philippe Noiret, Pierre Granier-Deferre, Jean Rochefort, Isabelle Huppert, Kirk Douglas, Bela Lugosi...
INGRID BERGMAN
(Jeanne d'Arc à Golda Meir, en passant par Casablanca" sera évoqué pour le trentième anniversaire de sa disparition)
CINEMA ITALIEN
(Evocation au deuxième semestre et pendant l'été 2012, quelques uns des plus grands acteurs et actrices italiennes d'Anna Magnani, à Sophia Loren, d'Alberto Sordi à Marcello Mastroianni, de Ugo Tognazzi à Vittorio Gassman à Toto....)
Noël Roquevert est né le 18 décembre 1892 à Doué-la-Fontaine, près de Saumur dans le département du Maine et Loire, il est le fils des comédiens Auguste et Marie-Louise Bénévent. C'est d'ailleurs aux côtés de ses parents, qu'il débute dès son plus jeune âge à plusieurs figurations dont le fameux bébé de six mois dans "Le Bossu" monté par Auguste et Marie Bénévent
Noël Roquevert prétendait avoir joué avec le grand Max Linder dans "L'étroit mousquetaire", or le comédien situe cet évènement en octobre 1920, à Paris alors que la production est américaine et fut tourné en 1922 à Hollywood!
Après avoir été fantassin lors de la Première Guerre mondiale, honoré de la Croix de guerre, après cette douloureuse partie de sa vie, il se prépare à jouer dans différents théâtres parisiens. Roquevert a tant joué au théâtre (près de cent cinquante pièces) comme au cinéma, qu'il était excusable, des dizaines d'années plus tard, d'avoir oublié certains détails d'une carrière commencée sur les planches en 1897!
Dès 1934, Noël Roquevert ne cessera de tourner au cinéma sans cesser pour autant les scènes parisiennes. Il débute au cinéma officiellement dans le film de Robert Siodmak "Tumultes" (1931) où Charles Boyer, Florelle et Armand Bernard étaient les acteurs principaux. En 1934, il participe au tournage de "Liliom" (1934) de Fritz Lang. (en brigadier).Suivront "La Bandera" (1935) de Duvivier, "Tarass boulba" (1936) avec Harry Baur, "Marthe Richard au service de la France" (1937) de Raymond Bernard avec Edwige Feuillère, "Barnabé" (1938) d'Alexandre Esway avec Fernandel, "Entrée des artistes" (1938) de Marc Allégret avec Louis Jouvet (Roquevert est vigile).
(On peut citer les inspecteurs de police qui se fabriquent un uniforme passe-partout à partir d'une défroque civile. Le cinéma ne propose alors à l'artiste que des apparitions rapides et d'ailleurs saisissantes. On n'oublie pas, l'ayant vu quelques secondes, sa silhouette sèche, ses traits anguleux le léger strabisme qui rapproche ses yeux perçants. On garde dans l'oreille l'écho de son débit martelé, le tranchant de sa parole. On s'étonne de sa lenteur à conquérir l'écran.) (Les Excentriques du cinéma français de Raymond Chirat et Raymond Barrot aux Editions Henri Veyrier).
La guerre de 1939 le surprend alors qu'il joue des farces au Palais-royal. L'Occupation le fixe à Paris. Son étoile dès lors va briller de tout son éclat grâce, il faut le dire, à la Continental franco-allemande. La société, avisée, s'intéresse aux promesses du comédien, lui fait confiance. Sur les trente films qu'elle produit, Roquevert en interprète onze. De "Mam'zelle Bonaparte" (1941) de Maurice Tourneur au "Dernier sou" (1943) d'andré Cayatte. Dans le premier il donne du relief à l'ignominie d'un louche policier. Il tient la vedette dans le dernier en campant un gangster de médiocre envergure qui pratique l'escroquerie aux petites annonces.
Et, entre-temps : inspecteur plein de jactance à qui Raimu rabat le caquet dans "Les Inconnus dans la maison" (1941) d'Henri Decoin, pandore véhément "La symphonie fantastique" (1941) de Christian-Jaque, suspect trop évident pour être coupable dans "Picpus" (1942) de Richard Pottier, provincial en goguette titillé par le démon de midi "Vingt-cinq ans de bonheur" (1943) de René Jayet, avocat aux amples effets de manches "La Vie de plaisir" (1943) d'Albert Valentin, mari ridicule dans "Pierre et Jean" (1943) d'André Cayatte.
Il boîte, mais fait partie d'un consortium du crime dans "L'assassin habite au 21" d'Henri-Georges Clouzot. Bien qu'il lui manque un bras il peut écrire sous la dictée et gifler Ginette Leclerc dans "Le Corbeau" (1943) de Clouzot. Dans tous ses films et dans "Dernier atout" (1941) de Jacques Becker où il pétarade dans un rôle de policier imbécile, il démontre la netteté de ses compositions, son autorité et un goût pour la charge efficace qui le pousse à épaissir le trait de ses silhouettes. Il observe, compose et fait rire. Il pénètre de temps en temps par la petite porte dans les allées de l'Histoire. Sacha Guitry qui lui confie au théâtre le role du déménageur dans "N'écoutez pas mesdames", lui a proposé de figurer Fouché dans "Le destin fabuleux de Désirée Clary" (1941). Dans "Napoléon" (1954) de Sacha Guitry, Roquevert-Cambronne n'aura qu'un mot à dire.
Fidèle compagnon de "Du Guesclin" (1948) de Bernard La Tour, son personnage à d'émouvantes résonances, mais le film est un échec. En revanche "Fanfan la Tulipe" (1952) de Christian-Jaque triomphe. Son duo exceptionnel avec Gérard Philipe reste dans toutes les mémoires, leur duel sur le toît de l'auberge devenu une scène culte. Paraît-il qu'à peine arrivé sur le lieu du tournage, Roquevert aurait demandé à Gérard Philipe s'il avait vu les "lolos" de Gina Lollobrigida"...L'artiste se dépense dans un emploi de soudard qui rappelle -en moins hargneux mais en plus méchant -les compositions de James Finlayson (voir sur Cinetom), l'éternel ennemi de Laurel et Hardy.
Si le canotier personnifie Maurice Chevalier et le chapeau melon Pierre Larquey, le béret basque - le béret français! symbolise Roquevert. Les héros en pantoufle, les stratèges sur banquette de moleskine, les colonels Ranchonnot, les retraités virulents et les commerçants poujadistes ont été promptement épinglés, emballés et livrés frémissants dans les salles obscures. L'épicier concupiscent d' "Antoine et Antoinette" (1946) de Jacques Becker et le juré obtus de "Justice est faite" (1950) d'André Cayatte. Le voisin soupçonneux des "Diaboliques" (1954) d'Henri-Georges Clouzot avec Simone Signoret et Vera Clouzot et l'ancien résistant de "Marie-octobre" (1958) de Julien Duviver avec une pléiade d'acteurs en huis clos : Lino Ventura, Paul Guers, Serge Reggiani, Paul Meurisse, Paul Frankeur, Bernard Blier et Danielle Darrieux, tous s'alignent pour le jeu de massacre. Roquevert paraît et la scène bascule soudain, tant l'intérêt se concentre sur ce qu'il dit, sur ce qu'il fait.
On connaît tous ses gestes, on pressent toutes ses mimiques, on devine toutes ses intonations, car il tourne en moyenne huit films par an. Il amuse toujours. Pendant les années 50, il enchaînera différents films, pas tous égaux mais qui a permis d'amuser un public. Quoi qu'il en soit, Noël Roquevert aura diverti des générations de spectateurs qui, en l'applaudissant, prenaient leur revanche sur le propriétaire intraitable, l'adjudant sadique,le crémier arrogant et la baderne incurable. N'est-ce pas rien d'avoir servi d'exutoire à toute une population.?(Les Excentriques du cinéma français de Raymond Chirat et Raymond Barrot aux Editions Henri Veyrier).
Après "Les Diaboliques", on retiendra sur le plan cinématographique "Le Mouton à cinq pattes" (1954) d'Henri Verneuil avec Fernandel, "Madame Du Barry" (1954) de Christian-Jaque avec Martine Carol, "Le Dossier noir" (1955) d'André Cayatte avec Bernard Blier, "Nana" (1955) de Christian-Jaque.
Roquevert fut l'acteur des répliques comme celle donnée à Jean Gabin au bord d'une plage dans "Archimède le clochard" (1959) de Gilles Grangier, à Francis Blanche dans "Snobs" (1961) de Jean-Pierre Mocky, de Belmondo dans "Cartouche" (1962) de Philippe de Broca, de Gabin et Belmondo dans "Un singe en hiver"(1962) d'Henri Verneuil oui Louis de Funès dans "Le Diable et les Dix commandements" (1962) film à sketches de Duvivier.
C'est en 1972 que Noël Roquevert tourna son dernier film sous la direction de Pierre Tchernia dans "Le Viager" en incarnant le patriarche de la famille Gallipeau, bénéficiaire du viager. ("Le drame du bonhomme, c'est qu'il a un coeur d'or et joue les traîtres. La nature inéluctable lui ayant fait l'orbite cave, le sourcil échevelé, un long triste nez, un menton abrupt, une verrue insolente sur la joue et, à certains moments, le regard torve (comment croire à la droiture de pensée d'un être dont le regard dévie?). Guitry le définissait comme "un comédien-né, véridique, sensible, direct, sans défaut, sans travers, sans truc, inestimable". Bel éloge d'un acteur dont le talent fut trop souvent confiné à la caricature de l'éternel représantant de l'ordre, rouspeteur en béret basque, à la manière de ces "héros en pantoufles, stratèges sur banquettes de moleskine (...) (Les Excentriques du cinéma français de Raymond Chirat et Raymond Barrot aux Editions Henri Veyrier).
Noël Roquevert décéda à Douarnez le 6 décembre 1973 à l'aube de ses 81 ans. Il avait eu trois passions dans sa vie : son métier, la chasse et sa femme, Paulette Noiseux, comédienne auprès de laquelle il vécut quarante-cinq and et dont la disparition précèda de peu la sienne, un suicide discret.
__________A SUIVRE TOUT PROCHAINEMENT_______________
Jacques Debary, comédien de théâtre, de cinéma et de télévision, est décédé vendredi 9 décembre 2011 à l'âge de 97 ans. Né le 25 novembre 1914 à Saint-Quentin dans les Yvelines. Avant d'aborder sa carrière de comédien, il exerça d'abord comme instituteur, il lui fallut attendre près de la cinquantaine pour débuter à la télévision. Son rôle du commissaire Cabrol dans la série télévisée "Les Cinq dernières minutes" (1975-1992), mais aussi au théâtre où il joua Orgon dans Tartuffe de Molière.
Durant sa carrière théâtrale il sera dirigé par de grands noms, comme Patrice Chéreau ou Peter Brook, avant de faire son entrée comme pensionnaire à la Comédie française, en 1984. Jacques Debary jouera sa dernière pièce, Un mari idéal d'Oscar Wilde, à l'âge de 84 ans.
Parallèlement, entre 1967 et 1993, il jouera dans une trentaine de films dont "Borsalino and Co" (1974), de Jacques Deray avec Alain Delon entre autres, "La Scoumoune" (1972) de José Giovanni avec Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale, "Le Voleur" (1967) de Louis Malle, toujours avec Belmondo, ou "Le fantôme de la liberté de Luis Bunuel" (1974).
Les obsèques de Jacques Debary auront lieu vendredi 16 décembre au funérarium des Batignolles, avant le transfert du corps, le même jour, au cimetière de Montparnasse.
Il était l'un de ses seconds rôles du cinéma français que l'on n'oublie pas, il a donné la réplique à Simone Signoret, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon et tant d'autres. Avec Pierre Larquey, Julien Carette, Julien Guiomar, Jean Bouise, Raymond Bussières, Noël Roquevert, Henri Virlojeux, Paul Frankeur, et ils sont nombreux, disparaîssent tous ceux qui ont su nous attendrir, nous étonner, nous surprendre mais dans tous les cas, nous divertir (Cinetom - Marc Tom)
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ROLAND DUBILLARD1923 - 2011
L'écrivain, dramaturge et comédien Roland Dubillard est décédé mercredi 14 décembre 2011 à l'âge de 88 ans. Né le 2 décembre 1923 à Paris. Auteur d'une oeuvre empreinte de poésie absurde et d'humour noir, qui a parfois été rapprochée de celle de "Beckett"et de "Ionesco", Roland Dubillard a surtout écrit pour le théâtre, des pièces comme "Naïves hirondelles" (1961), "Le Jardin aux betteraves" (1969) ou "Les Dialogues" (1975).
Son oeuvre avait fait l'objet d'un festival en 2004 à Paris au théâtre du Rond-Point, avec notamment Le Jardin aux betteraves dans une mise en scène de Jean-Michel Ribes avec Julie Depardieu et François Morel.
Les Diablogues avaient aussi été joués au théâtre du Rond-Point au 2007, dans une mise en scène d'Anne Bourgeois, avec François Morel et Jacques Gamblin, puis dans une version féminine au Théâtre Marigny mise en scène par Jean-Michel Ribes.
La version filmée de cette pièce au Rond-Point est programmée pour les fêtes de fin d'année sur France 2. "C'est un immense poète comique", a déclaré Jean-Michel Ribes pour qui "ses pièces sont une réponse absolue à ces raisonnements qui font qu'on n'est plus que des machines à argent". "C'est quelqu'un dont on va probablement mesurer maintenant l'incroyable génie" et "dont l'univers, je l'espère, va continuer à nous apporter l'oxygène qui nous manque".
Venu au cinéma grâce notamment à Jean-Pierre Mocky, Roland Dubillard est apparu dans plusieurs films du cinéaste "Les Compagnons de la marguerite" aux côtés de Claude Rich et Francis Blanche, "La Grande Lessive" avec Bourvil et Francis Blanche, "Le Témoin" avec Philippe Noiret et Alberto Sordi. Il a tourné pour Yannick Bellon, l'un de ses plus beaux films "Quelque part quelqu'un", Alain Corneau "France société anonyme", Patrice Leconte "Les vécés étaient fermés de l'intérieur", Andrzej Zulawski "L'amour braque"ou Serge Gainsbourg "Charlotte for Ever".
Il est aussi l'auteur de recueils de poèmes et de nouvelles. Malade depuis longtemps, Roland Dubillard avait été victime en 1987 d'un accident vasculaire qui l'avait condamné au fauteuil roulant.
Je me souviens de Roland Dubillard dans le magnifique film de Yannick Bellon "Quelque part, quelqu'un" (1972) avec Loleh Bellon et Roland Dubillard. A voir absolument car il représente bien la société d'aujourd'hui. Impersonnel, où l'égoïsme prédomine dans cette achictecture froide des buildings de métal et de verre. Les gens ne se connaissent plus, préférant l'indifférence des autres pour ne point être importuné. Roland Dubillard c'est aussi "Les Compagnons de la marguerite", "La grande lessive" et "Le Témoin" de Mocky.
La Légendaire montée au zénith hollywoodien de Vivien Leigh commença le soir du 10 décembre 1938, alors quue l'on filmait l'incendie d'Altlanta reconstitué dans les studios de la Selnick International Pictures avec une série de de vieux décors d'autres films sommairement restaurés pour la circonstance. Le tournage d'Autant en emporte le vent (Gone With the Wind,1939), différé pendant longtemps,commençait enfin. Et pourtant, on ne connaissait pas encore celle qui incarnerait Scarlett O' Hara.
Vivien Mary Hartley plus connu sous le nom de Vivien Leigh est née le 5 novembre 1913 à Darjeeling, en Inde. Elle fut séparée encore enfant de sa mère. Devenue Vivien Leigh par son mariage avec l'avocat Herbert Leigh Holman. Elle fait ses débuts au cinéma en 1934, comme figurante dans "Things are Looking Up" d'Albert de Courville.
Vivien Leigh tourne son premier rôle en vedette dans "Gentleman's Agreement" (1935) de George Pearson. Alexander Korda lui signe un contrat de cinq ans qui commence en 1936 par "L'invicible Amanda" (Five over England) de William K. Howard, avec celui qui deviendra quelques temps plus tard son époux : Sir Laurence Olivier. En 1938, elle partage l'affiche de "Vedette du Pavé" (St. Martin's Lane) de Tim Whelan avec Charles Laughton. Abandonnant, sur un coup de tête, son rôle dans "Le Voleur de Bagdad". Vivien Leigh part à Hollywood rejoindre Laurence Olivier.
C'est Victor Saville, le metteur en scène anglais bien connu, qui avait dirigé Vivien Leigh dans "Le Mystère de la Section 8" (Storm in a Teacup,1937), qui lui aurait téléphoné un jour à Londres pour lui dire, en substance, ceci : "Je viens tout juste d'achever la lecture d'un livre, d'un très beau livre dont dont on pourrait faire un film, et dont l'héroïne est la plus grande peste que la terre ait jamais portée..." Ajoutant qu'il avait pensé à elle comme l'actrice la mieux placée pour incarner ce rôle. Décidée à tenter sa chance, elle suivit Laurence Olivier, avec lequel elle était déjà très liée et qui plus tard deviendra son mari, jusqu'en Californie où il devait interpréter le rôle de Heathcliff dans "Les Hauts de Hurlevent" (Wuthering Heights,1939) produits par Samuel Goldwyn. Il semble qu'à cette occasion elle ait été remarquée par Selznick aussi bien que par Cukor qui ne l'oublièrent pas. On dit même, en réalité, que le choix était arrêté mais qu'on le tint secret afin de ne pas compromettre la vaste campagne publicitaire lancée aux Etats-Unis, pour trouver la Scarlett idéale. Ensuite, le moment venu, on fit apparaître Vivien Leigh comme la découverte de Myron Selznick.
David O' Selznick courait le risque de déchaîner l'ire des financiers éjà exaspérés par la lenteur des préparatifs et anxieux de retirer quelques profits de leurs investissements. Toutefois, la longue et inquiéte recherche de Scarlett O' Hara dans "Autant en emporte le Vent" (Gone With the Wind,1939) était sur le point d'aboutit, précisément ce soir-là. Tandis que se préparaient les prises de vues, Myron Selznick, un des plus importants agents de Hollywood s'approcha de son frère David. Il était accompagné d'une jeune femme mince, aux yeux magnifiques. "Dave" fit Myron, en prononçant la phrase que tous les attachés de presse, tous les cinéphiles passionnés, tous les amateurs d'anedoctes répéteraient et propageraient au cours des futurs décennies : "Dave, je veux te présenter à Scarlett O'Hara."
La recherche de l 'oiseau rare, soutenue par une active campagne publicitaire de trois années, venait de prendre fin, une actrice anglaise qui n'avait que quelques films seulement à son actif, interpréterait le rôle de Scarlett, l'héroïne du best-seller de Margaret Mitchell. Que Vivien Leigh ne fût pas Américaine ne constitua pas une offense pour les nombreux admirateurs de la belle sudiste Scarlett. Impardonnable, en revanche, aurait été de faire interpréter le rôle par une "Yankee" !.
Grâce à des professeurs de diction Vivien parvint à ajouter "juste ce qu'il fallait de douceur" à son accent très anglais. Elle fut également "prise en main" par George Cukor, officiellement tant qu'il assura la mise en scène du film, puis à titre personnel après que Victor Fleming l'eut remplacé au bout de trois semaines. De nombreux problèmes surgirent d'ailleurs entre l'actrice et le nouveau metteur en scène; tout n'alla pas pour le mieux aussi avec Clark Gable, son partenaire; ses nerfs craquèrent à plusieurs reprises sur le plateau et hors des studios. Tout cela ne l'empêcha pas de "décrocher" un Oscar. Son succès a résisté au temps, même si des doutes subsistent toujours sur la façon dont elle obtint le célèbre rôle de Scarlett. Il existe une autre version sur la manière dont se déroulèrent les faits.
A vingt-six ans, Vivien Leigh devint un produit commercial d'une inestimable valeur. David O'Selznick, qui s'en était assuré l'exclusivité n'accorda sa participation qu'avec parcimonie : d'abord à la MGM, pour "La Valse dans l'Ombre" (Waterloo Bridge,1940) de Mervyn LeRoy avec Robert Taylor, (mélodrame sur fond de guerre), puis à Alexander Korda (auquel revenait le mérite de l'avoir découverte en Angleterre) pour "Lady Hamilton" (That Hamilton Woman!,1941).
La Seconde Guerre mondiale et une maladie tinrent Vivien Leigh éloignée des studios pendant un certain temps. On la revit dans le rôle de Cléopâtre dans "César et Cléopâtre" (Caesar and Cleopatra,1945). Refusant les offres d'Hollywood, elle part en tournée avec l'Old Vic en compagnie de son mari. Tennessee Williams la choisit personellement pour le rôle de Blanche Du Bois dans "Un Tramway nommé Désir" (A Streetcar Named Desire,1951) qui fut ensuite adapté à l'écran, en 1951, par Elia Kazan. Son interprétation remarquable lui valut d'obtenir à Venise la Coupe Volpi pour la meilleure actrice. L'auteur de la pièce, Tennessee Williams dira : "Elle a apporté à son personnage tout ce que j'ai souhaité et même plus que je n'aurais jamais osé espérer". En dix ans, elle ne tourna que trois films dans lesquels elle s'enlaidit volontairement.
Plusieurs bouts d'essai pour le rôle de Scarlett ont été conservés. Celui de Vivien Leigh a probalement abouti dans quelque collection privée mais il nous reste le témoignage de Cukor. Selon lui, personne pas même l'actrice anglaise elle-même au cours du tournage du film, n'égala jamais l'incroyable spontanéité avec laquelle, dans ce bout d'essai, elle affronta, pour la première fois, son rôle.
Par plus d'un point la personnalité de Vivien Leigh rejoignait celle du personnage de Scarlett. En incarnant de façon si parfaite le tempérament passionnel de l'héroïne, l'actrice confirmait ses aptitudes à exprimer les sentiments les plus forts mais aussi les plus subtils comme elle l'avait déjà fait dès 1937 dans "L'invicible Armada" (Fire Over England). Une intensité dramatique qu'on retrouve plus tard dans "L'autre homme" (The Deep Blue Sea,1955) et dans d'autres productions plus mineures comme "Le Visage du plaisir" (The Roman Springs of Mrs Stone,1961) et dans "La Nef des Fous" (Ship of Fools,1965), son ultime film, où on l'a retrouve en divorcée amére et alcoolique
La vie de Vivien Leigh fut particulièrement tourmentée, elle fut victime de crises d'hystérie et de dépression avant d'être atteinte de tuberculose en 1945. Après avoir lutté toute sa vie contre la maladie, elle succomba le 8 juillet 1967 à Londres, elle fut incinérée, ses cendres ont été dispersées.
L'Invincible Armada (Fire Over England,1936)
Le Mystère de la section 8 (Dark Journey,1937)
Tempête dans une tasse de thé (Storm in a teacup,1937) de Victor Saville
La Valse dans l'ombre" (Waterloo Bridge,1940) de Mervyn Leroy
FILMOGRAPHIE
1935 : The Village Squire de Reginald Denham : Rose Venables 1935 : Things are Looking Up de Albert de Courville : Etudiante 1935 : Look Up and Laugh de Basil Dean : Marjorie Belfer 1935 : Gentlemen's Agreement de George Pearson : Phil Stanley 1937 : L'Invincible Armada (Fire Over England) de William K. Howard : Cynthia 1937 : Le Mystère de la Section 8 (Dark Journey) de Victor Saville : Madeleine Goddard 1937 : Tempête dans une tasse de thé (Storm in a Teacup) de Ian Dalrymple et Victor Saville : Victoria 'Vickie' Gow 1938 : Vive les étudiants (A Yank at Oxford) de Jack Conway : Mrs. Elsa Craddock 1939 : Vedettes du pavé (Sidewalks of London) de Tim Whelan : Liberty Libby 1939 : Autant en emporte le vent (Gone With the Wind) de Victor Fleming : Scarlett O'Hara 1940 : 21 Jours Ensemble (21 Days) de Basil Dean : Wanda 1940 : La Valse dans l'ombre (Waterloo Bridge) de Mervyn LeRoy : Myra Lester 1941 : Lady Hamilton (That Hamilton Woman) de Alexander Korda : Emma Lady Hamilton 1945 : César et Cléopâtre (Caesar and Cleopatra) de Gabriel Pascal : Cleopatre 1948 : Anna Karenine de Julien Duvivier : Anna Karenine 1951: Un tramway nommé Désir (A Streetcar Named Desire) de Elia Kazan : Blanche DuBois 1955 : L'Autre Homme (The Deep Blue Sea) de Anatole Litvak : Hester Collyer 1961 : Le Visage du plaisir (The Roman Spring of Mrs. Stone) de José Quintero : Karen Stone 1965 : La Nef des fous (Ship of Fools) de Stanley Kramer : Mary Treadwell