RAIMU, LE PLUS GRAND ACTEUR DU MONDE
RAIMU 1883 - 1946
Comédien Français
Le cinéma muet n'était pas fait pour lui, dont la voix basse, l'accent de sa provence natale et la diction théâtrale avaient grandement servie une renommée acquise. Orson Welles avait déclara c'est "Le plus grand acteur du monde".
Raimu de son véritable nom Jules Auguste Muraire, César Raimu naquit à Toulon, en Provence, le 17 décembre 1883. très jeune il découvre le spectacle et voue un véritable culte aux artistes qui se produisent à Toulon. Ce fut son tour, le jeune Muraire monta sur les planches et fut concluant au point de faire ses "classes" ainsi que la sélective école du Caf Conc, tout comme Jean Gabin et Fernandel.
(Jules Muraire, alias Raimu lorsqu'il cherchait à perçer dans les ginguettes et les bastringues de Toulon est mort à Neuilly le 20 septembre 1946. En pleine gloire.) Il s'est soumis très vite à la rude école méridionale. Sa persévérance le soutenait. N'arrivant pas à s'imposer le Rallum de ses débuts. Raimu devint souffleur à Marseille, croupier à Aix-Les-Bains et vendit du sel en gros...."Noir&Blanc" -Editions Flammarion - Olivier Barrot et Raymond Chirat).
Vers 1910, sa rencontre avec le grand Félix Mayol est déterminante pour sa carrière. Le créateur de la célèbre chanon "Les mains de femme" lui propose en effet de monter à Paris. Au printemp de 1910, le Concert Parisien devient le concert Mayol, ce qui permis à celui qui allait devenir le grand Raimu de faire ses premiers pas dans cette salle de la rue de l'échiquier à Paris. Raimu triomphe dans de nombreuses revues. Yves Mirande qu'on retrouvera toujours sur la route du comédie écrivit une revue "C'est solide"" au titre prometteur. Raimu prend de la consistance, flatte le public, ne dédaigne pas le déguisement et en arrive à caricaturer la Joconde pour le spectacle "De midi à quatorze heures"
Des acteurs notoires : Lucien Guitry, Max Dearly lui conseillèrent de bifurquer, de se libérer du music-hall. En 1915, il rencontre Georges Feydeau qui, d'emblée, l'engage pour une reprise de "Monsieur chasse". Raimu donne libre cours à sa généreuse nature et les auteurs à la mode se le disputent. Sacha Guitry l'installe en 1916 dans le rôle du mari de "Faisons un rêve".
En 1914, la Première Guerre mondiale éclate, Raimu avait débuté au cinéma en 1912 dans "L'homme nu" d'Henri Desfontaine. Il tournera "L'Agence Cacahuète" de Roger Lion en 1914 avant d'être mobilisé puis réformé en 1915. En 1916, Raimu est déjà l'un des grands comédiens du Théâtre de Boulevard. Comme Louis Jouvet, le cinéma ne l'intéresse pas...Il faut avouer que les films muets ne s'apprétaient pas à son génie, puisque la parole enveloppe le mythe Raimu. C'est pourquoi il lui faudra attendre le début des années 30 et le cinéma parlant pour enfin, pouvoir donner au cinéma, ce qu'aucun acteur n'avait jusqu'alors réalisé.
En 1931, Fernandel donna la réplique à Raimu dans "Le blanc et le noir" (1931) du cinéaste franco-américain Robert Florey. Après le music-hall et le théâtre, Raimu remporta son premier grand succès à Paris en 1929, dans "Marius" de Marcel Pagnol, un triomphe qui se répéta deux ans plus tard avec l'adaptation cinématographique de la pièce. Ils avaient prévu dans le casting, la présence de l'actrice Gaby Morlay et Victor Francen. Pierre Fresnay était Marius, Orane Demazis en Fanny, Raimu en César et Charpin, le généreux Panisse. "Marius" (1931) fit le tour du monde, dans sa version d'origine. La réalisation fut confiée à un cinéaste hongrois : Alexander Korda. Tout a été dit du Bar de la Marine, de son patron et de son fiston. Mieux que quiquonque, Marcel Pagnol a rendu à César ce qui lui revient : sa décision de prêter vie au cafetier chaleureux plutôt qu'à maître Panisse, comme le souhaitait l'auteur, le pittoresque, l'émotion et la jovialité dont il a su revêtir derrière son comptoir le roi du Vieux Port.
L'année suivante, c'est la suite: "Fanny" (1932), Pagnol demanda à Marc Allégret de superviser la direction du film. Le succès de "Marius" au théâtre avait incité l'auteur à écrire une suite "Fanny" qui fut jouée pour la première fois au Théâtre de Paris, le 5 décembre 1931, alors que le film "Marius" triomphait dans les salles de cinéma. Quelques modifications étaient intervenues dans la distribution. Raimu, à la suite d'oppositions avec Léon Volterra, abandonnait le rôle de César au profit d'Harry Baur, Pierre Fresnay relayé par Berval. En 1936, Pagnol se décida de conclure sa trilogie avec un troisième volet "César" (1936) qu'il réalisa lui-même et avec la même distribution, dont son équipe technique qui avait participé aux tournages de "Jofroi" et "Angèle", "Merlusse"...C'est ainsi que le brave Panisse s'en est allé, que la partie de cartes, avec la chaise vide est resté dans toutes les mémoires...Aux côtés de Raimu, Pierre Fresnay, Orane Demazis, Charpin, Alida Rouffe, Paul Dullac, Edouard Delmont, Robert Vattier et Maupi.
Raimu enchaîna avec une réalisation de Marc Allégret dans "Mam'zelle Nitouche" (1931) avec Janine Marèse puis sous la direction de Maurice Tourneur "Les Gaités de l'escadron" (1932) aux côtés de deux débutants : Jean Gabin et Fernandel. 1933. C'est Pierre Colombier qui dirigea Raimu, Edwige Feuillère, Lucien Barroux et Pauline Carton dans "Ces Messieurs de la Santé" (1933). Puis Raymond Bernard le fait tourner dans "Tartarin de Tarascon" (1934) gaillard chasseur de casquettes d'Alphone Daudet en un vieillard prématuré, l'oreille aux aguets, glacé par son ombre. Pierre Colombier reprends du service en réalisant "L'école des cocottes" (1935) avec André Lefaur et René Saint-Cyr.
C'est André Hugon qui réalisa "Gaspard de Bresse" (1935) avec Berval dans le rôle-titre et Raimu dans celui de Samplan. Claude Heymann celui des "Jumeaux de Brighton" (1936) avec Raimu et Michel Simon
Après avoir brillé avec la trilogie de Pagnol, c'est Jean Grémillon qui réussit une oeuvre personnelle avec "L'étrange Monsieur Victor" (1938) aux côtés de Madeleine Renaud (son épouse), Viviane Romance et Pierre Blanchar. Ce film fut tourné à l'aube du deuxième conflit mondial. Sa sortie à Paris, fut inaperçue, il fut réédité qu'en 1974, le producteur Raoul Ploquin le présenta dans sa version intégrale, après de longs péripéties pour obtenir enfin, la première bobine manquante.
De forte corpulence, l'air renfrogné, capable d'être agressif et vulnérable avec la même force de conviction, Raimu excella à rendre l'esprit du midi de la France. Bien plus que sa très belle prestation dans "Un Carnet de bal" (1937) de Julien Duvivier, film à skecktches, son meilleur rôle restera celui de la Femme du boulanger. Deux ans plus tard, il connut aussi un grand succès avec "La Fille du Puisatier" de Marcel Pagnol. L'aisance avec laquelle Raimu peut passer du registre de la fureur à celui de la tendresse est la caractétistique essentielle de son talent. En témoigne son personnage de cocu pathétique dans "La femme du boulanger". Lorsque revient la femme infidèle (Ginette Leclerc), le boulanger passe passe sa colère sur la chatte Pomponette, partie depuis trois jours "Garce, salope, ordure,", pour suivre "un passant du clair de lune, puis ouvre ses bras à l'épouse repentie et essuie furtivement une larme.
Bien sûr qu'à cette même époque, Raimu tourna plusieurs films devenus des classiques avec le temps et qui ont valu, à Raimu admiration et sympathie d'un vaste public qui ne lui tint pas rigueur des quelques ratés....En 1944, il revint au théâtre par la grande porte de la Comédie Française. Jean Cocteau, qu'il l'y accueillit, décrit ainsi l'émotion du nouveau venu : il ressemblait à un enfant craintif à la porte du proviseur
La dernière période de sa carrière, jussqu'à sa mort en 1946, présente peu d'intérêt, car les rôles qui lui étaient confiés étaient très inférieurs à ses capacités, à l'exception de deux films : "Les Inconnus dans la maison" (1941) d'Henri Decoin, sur un scénario de Clouzot, et "L'homme au chapeau rond" (1946) de Pierre Billon (son dernier rôle), où Raimu donnait la réplique à a Aimé Clariond et Gisèle Casadesus et redoublait de cynisme vis-à-vis- de sa petite fille. Raimu faisait partie de ces acteurs qui se mettent tout entier dans la peau de leurs personnages, et sont capables d'être crédibles même dans des films médiocres.
En ce début de 1946, Raimu avait reçu d'importants contrats de cinéma. Après "Les Gueux au Paradis" (1945) qu'il tourna sous la direction de Pierre Billon aux côtés de Fernandel et Armand Bernard. Non loin de Mâcon, à la suite d'un éclatement de pneu, qui provoqua un accident et heurta un platane de plein fouet. Deux des passagers "Yves Mirande (cinéaste) et Paul-Edmond Decharme s'en tirèrent avec quelques foulures, mais la blessure de Raimu était plus grave (fracture de la partie supérieure du tibia et luxation du genou. Après de multiples efforts pour cicatriser toutes ses blessures, Raimu se portait mieux. C'est après le tournage de "L'homme au chapeau rond", qu'il devait subir une opération chirurgicale. Au matin, il était de bon humeur, quelques heures plus tard, après son opération chirurgicale, il était décédé. Raimu venait de mourir d'une syncope blanche et ne put être réaniné.
Raimu meurt le 20 septembre 1946 , et des funérailles en l'église Saint-Philippe-du-Roule devant des milliers de personnes. Au cimetière, Marcel Pagnol lui fit ses adieux : "Tu vas jouer ce soir dans trente salles et des foules vont rire et pleurer; tu exerces toujours ton art, tu continues à faire ton métier, etje peux mesurer aujourd'hui la reconnaissance que nous devons à la lampe magique qui rallume les génies éteints, qui refait danser les danseuses mortes, et qui rend à notre tendresse le sourire des amis perdus." Raimu repose au cimetière de toulon.


























__________A SUIVRE PROCHAINEMENT_______________________
DECES DE LA COMEDIENNE ROSY VARTE
DECES DE LA COMEDIENNE
ROSY VARTE 1923 - 2011

La comédienne Rosy Varte, qui avait interprété le rôle titre de la série télévisée à grand succès Maguy, est décédée au cours de la nuit de vendredi 13 janvier au samedi 14 janvier 2011 à l'hôpital américain de Neuilly, a annoncé à l'AFP son époux, Pierre Badel.
D'origine arménienne, née en novembre 1923 (ou 1927) en Turquie, celle dont le vrai nom était Nevarte Manouélian est morte suite à une bronchite, qui a dégénéré en infection pulmonaire, selon Pierre Badel.
La date de sa naissance, selon lui, est restée imprécise, faute de registres d'état civil à l'époque en Turquie. Nevarte, a-t-il indiqué, veut dire "la rose" en arménien.
Elle avait rejoint la France alors qu'elle était tout bébé. Après avoir joué dans plusieurs théâtre parisiens (Comédie des Champs-Elysées, Théâtre Edouard VII, Vieux Colombier, Théâtre de l'atelier...) elle avait fait partie du TNP de Jean Vilar, où elle avait créé Ubu roi en 1958.
Rosy Varte débute au cinéma en 1949 dans "Vendetta en Camargue" de Jean Devaivre avec Jean Tissier et Brigitte Auber dans les rôles principaux. Suivront "Minuit, Quai de Bercy" (1951) de Christian Stengel avec Erich Von Stroheim, "Gueule d'Ange" (1954) de Marcel Blistène avec Maurice Ronet et Viviane Romance. 1954, on retrouve Rosy Varte à l'affiche du film de Jean Renoir "French-Cancan (1954) avec Jean Gabin. Professionnellement parlant, Elle sera fidèle au cinéaste Alex Joffé qui lui donna de nombreux seconds rôles dont le fameux "Fortunat" (1960) avec Bourvil et Michèle Morgan. Elle est l'inoubliable voisine d'origine juive, se cachant dans le grenier d'un immeuble, sympathise avec les deux immenses comédiens français.
Rosy Varte eut parfois de petits rôles mais qui eurent leurs importances comme dans "Peur sur la ville" (1975) d'Henri Verneuil, où le fameur tueur en série l'étranglera pendant qu'elle prépare son café à grains...
A partir de 1971 elle avait participé à plusieurs spectacles donnés à la Comédie française. Spécialisée dans les rôles comiques, elle a interprété de 1985 à 1993, le rôle de Maguy aux côtés de Jean-Marc Thibault dans la série à grand succès du même nom, en 333 épisodes, diffusée sur Antenne2. Pour ce rôle, elle avait remporté en 2007 le 7 d'or de la meilleure comédienne. Sa dernière apparition à la télévision datait de 2007, avec le téléfilm français Hubert et le chien. Pendant près de 40 ans, Rosy Varte a joué aussi dans de nombreux films (Clouzot, Renoir, Truffaut, Henri Verneuil, Sautet....).
___________A SUIVRE PROCHAINEMENT___________________
L'ANNEE DU CINEMA 2011
L'ANNEE DU CINEMA
2011
SOUVENIRS _____________

Selection Cinetom 2011
CINEMA 2011
Une année riche en cinéma, ainsi l'année 2011 est une année record. "Intouchables de Eric Toledano et Olivier Nakache l'a prouvé en se plaçant à côté de "La Grande Vadrouille" et "Bienvenue chez les Chtit's" dans le volet des réussites d'entrées au cinéma. On pourra noter qu'après la crise de 1929; le cinéma se portait bien. La population se ruait au cinéma voir des films sombres, c'est ainsi que naquirent "Dracula", "Frankenstein, "King-Kong", "L'homme invisible", "Le Loup garou" etc .
La crise et le cinéma, la disparition de deux grandes dames du cinéma mondial : Elizabeth Taylor et Annie Girardot. La consécration de Jean Dujardin au Festival de Cannes avec "The Artist"de Michel Hazanavicius. Le succès de Fabrice Luchini dans "Les Femmes du 6ème étage" de Philippe le Gay
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1-INTOUCHABLES de Eric Toledano et Olivier Nakache (16 millions d'entrées)


Eric Toledano et Olivier Nakache

2-RIEN A DECLARER de Dany Boon - (8 millions d'entrées)



2-HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT (2ème partie)
de David Yates- (6,5 millions d'entrées)



SELECTION CINETOM
1-HABEMUS PAPAM de Nanni Moretti



2-THE ARTIST de Michel Hazanavicius


3-LES FEMMES DU 6ème ETAGE de Philippe le Gay

-Il aurait été plus normal de féliciter Jean Dujardin et le réalisateur Michel Hazanavicius, excellente initiative d'avoir eu le courage de mettre cette oeuvre au profit du public. Il faut saluer la performance de Michel Piccoli dans un film de Nanni Moretti qui ne laisse pas indifférent. Et bien sûr Fabrice Luchini et ses femmes qui ont fait le succès de ce sublime film.
DECES CINEMA 2011
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Peter Postlethwait, 64 ans, acteur britannique, son visage familier c'est normal on le vit dans de nombreux films : "La Malédiction" de Richard Donner avec Gregory Peck, "Le Monde perdu -Jurassik Park" de Steven Spielberg, "Au nom du père" de Jim Sheridan, "Usual Suspetcs" de Bryan Singer........ 7 février 1946 - 2 janvier 2011
Sophia Loren
Maria Schneider, 58 ans, actrice française, fille du comédien Daniel Gélin. C'est Brigitte Bardot et Alain Delon qui furent ses premiers repères. Le cinéaste italien Bernardo Bertolucci qui la consacra dans "Le dernier tango à Paris" l'actrice donna la réplique à Marlon Brando, puis Jack Nicholson..Elle décéda d'un cancer.BB fut très affecté....27 mars 1952 - 3 février 2011
Le dernier tango à Paris (1972) de Bernardo Bertolucci
Profession reporter (1975) de Michelangelo Antonioni
Annie Girardot, L'une de nos plus grandes actrices françaises s'en est allée, après avoir souffert discrètement de la maladie d'Alzheimer. Ce sera la personnalité qui m'aura le plus marqué dans la disparition de tous ceux et celles qui ont tiré leur révérence en 2011. De ses films, on se souviendra de "Rocco et ses frères", sa rencontre avec Renato Salvatori, "Le mari de la femme à,barbe", "Les camarades," Vivre pour vivre" de Claude Lelouch "Mourir d'aimer d'André Cayatte, "Un homme qui me plait" de Lelouch, "Clair de terre" de Guy Gilles, "Traitement de choc" d'Alain Jessua avec Alain Delon, "Docteur Françoise Gailland", "A chacun son enfer" d'André Cayatte avec Fernand Ledoux....Annie Girardot décède le 28 février 2011 à Paris, ville où elle est naquit le 2 octobre 1931.


Jane Russell, 89 ans, actrice américaine, née le 21 juin 1921, elle nous quitte le 28 février 2011. Devenue célèbre grâce à son interprétation du film "Le Banni" du producteur Howard Hughes. Les autres films sont : "Le paradis des mauvais garçons", "Les hommes préfèrent les blondes", "Les Implacables", "L'ardente gitane" et Bungalow pour femmes.
Michel Fortin, 73 ans, acteur français. (15 mars 2011 à l'âge de 73 ans)

Elizabeth Taylor, La dernière reine d'Hollywood disparait le 23 mars 2011 à l'âge de 79 ans. Elle fut l'amie de Roddy MacDowall, Rock Hudson, James Dean, Montgomery Clift et Michael Jackson. Sa carrière cinématographique est culte de "Cléopâtre" de Mankiewicz à Lassie, en passant par "Souviens toi l'été dernier" en passant par "Cérémonie secrète" de Losey. Il y a aussi "La mégère apprivoisée" de Zeffirelli, "Reflets dans un oeil d'or" et tant d'autres.
Marie-France Pisier, Actrice française décède le 24 avril 2011 à l'âge de 66 ans dans des conditions restées obscures. Elle se noie dans la piscine familiale du Sud de la France. "Baisers volés" de Truffaut "Souvenirs d'en France" de Téchiné, "Les soeurs Bronte" ou "Le corps de mon ennemi" d'Henri Verneuil avec Jean-Paul Belmondo qu'elle devait retrouvait pour l'honnorer au Festival de Cannes
Raoul Ruiz, Cinéaste chilien décèda le 19 août 2011 à l'âge de 70 ans
Robert Lamoureux , Acteur, réalisateur, auteur. Il meurt le 29 octobre 2011 à l'âge de 91 ans. De "Papa,maman, la bonne et moi" à "Arsène Lupin" de Becker. On le retrouvera bien des années plus tard avec sa célèbre trilogie de la "7ème Compagnie" qu'il réalisa lui-même. Le théâtre fut l'une de ses passions.
Ken Russell , réalisateur britannique, décédé le 27 novembre 2011 à l'âge de 84 ans. "Love" sera le film fétiche avec Alan Bates et Oliver Reed, suivront : "Music Lovers", "Les diables", "Tommy", "Valentino" avec Nureev, "Les jours et les nuits de China Blues" avec Anthony Perkins....
Vittorio de Seta , Réalisateur et scénnariste italien mort le 28 novembre 2011 à l'âge de 88 ans.
Bill McKinney , Acteur Américain décédé le 1er décembre 2011 d'un cancer de l'oesophage, à l'âge de 80 ans.
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* Prochainement :
Raimu, César pour toujours - Greta Garbo la Divine - John Ford -
CINETOM & CINETOMDVD.COM VOUS SOUHAITENT UNE BONNE ANNEE 2012
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_________2012
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EN 2012?
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Personnalités évoquées en 2012
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RAIMU
(Il fallait bien débuter l'année 2012 avec celui qui était considéré comme le plus grand acteur de monde d'après le génie qu'était Orson Welles (Début Janvier 2012)

ABEL GANCE
(Celui à qui on doit "Napoléon" ou "Paradis Perdu" sera évoqué début 2012)
FRANCOISE ROSAY
(L'une des plus grandes actrices françaises des années 30-50 sera évoquée au 1er trimestre 2012 : Elle débute avec le soutient de son époux le cinéaste Jacques Feyder "La Kermesse héroïque", mais aussi "L'auberge rouge" de Claude Autant-Lara)
JACQUES FEYDER

L'Atlantide
LOUIS JOUVET
(Cela devait être évoqué en 2011, ce sera honoré au -1er trimestre 2012 )

CHARPIN
(Le complice de Raimu, l'oncle de Fernandel, le cocu malheureux, il a tout joué, mais tellement bien joué, que l'on ne peut l'oublier, il sera évoqué au 1er trimestre 2012)

CHRISTIAN-JAQUE
(L'un des cinéastes qui a donné à Fernandel quelques uns de ses plus beaux rôles dont "François 1er, marié à Martine Carol, il sera évoqué au 1er semestre 2012 avec Marcel L'Herbier, Edmond T. Gréville, Pierre Chenal, Jean Dréville, Marc Allégret et Yves Allégret)


GRETA GARBO
(La Divine sera aussi sur Cinetom en janvier 2011)

JEAN-LOUIS BARRAULT
(Cet immense comédien de "Drôle de drame" ou de "La Symphonie fantastique" sera évoqué en 2012)

GRACE KELLY
(Disparue en septembre 1982, cela fera trente ans que la Princesse de Monaco nous a quitté)

HENRY FONDA
(Disparue en août 1982, trente ans après une évocation du talent de cet immense acteur)

ROMY SCHNEIDER
(Déja évoquée sur Cinetom, on essaiera d'affiner sa biographie, disparue tragiquement en mai 1982, il y aura trente ans.)

PATRICK DEWAERE
(Evoqué en juillet 1982, il y aura trente ans)

Il y aura également une évocation à tous ces acteurs cités en 2011 et que le temps trop court n'a pas permis de préparer dans de bonnes conditions, parties remises pour Paul Meurisse, Charles Vanel, Pierre Mondy, Robert Hossein, Michel Galabru, Philippe Noiret, Pierre Granier-Deferre, Jean Rochefort, Isabelle Huppert, Kirk Douglas, Bela Lugosi...
INGRID BERGMAN
(Jeanne d'Arc à Golda Meir, en passant par Casablanca" sera évoqué pour le trentième anniversaire de sa disparition)


CINEMA ITALIEN
(Evocation au deuxième semestre et pendant l'été 2012, quelques uns des plus grands acteurs et actrices italiennes d'Anna Magnani, à Sophia Loren, d'Alberto Sordi à Marcello Mastroianni, de Ugo Tognazzi à Vittorio Gassman à Toto....)

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NOËL ROQUEVERT, L'UN DES PLUS GRANDS SECONDS ROLES DU CINEMA FRANCAIS
NOEL ROQUEVERT 1892 - 1973
Comédien Français



Noël Roquevert est né le 18 décembre 1892 à Doué-la-Fontaine, près de Saumur dans le département du Maine et Loire, il est le fils des comédiens Auguste et Marie-Louise Bénévent. C'est d'ailleurs aux côtés de ses parents, qu'il débute dès son plus jeune âge à plusieurs figurations dont le fameux bébé de six mois dans "Le Bossu" monté par Auguste et Marie Bénévent
Noël Roquevert prétendait avoir joué avec le grand Max Linder dans "L'étroit mousquetaire", or le comédien situe cet évènement en octobre 1920, à Paris alors que la production est américaine et fut tourné en 1922 à Hollywood!
Après avoir été fantassin lors de la Première Guerre mondiale, honoré de la Croix de guerre, après cette douloureuse partie de sa vie, il se prépare à jouer dans différents théâtres parisiens. Roquevert a tant joué au théâtre (près de cent cinquante pièces) comme au cinéma, qu'il était excusable, des dizaines d'années plus tard, d'avoir oublié certains détails d'une carrière commencée sur les planches en 1897!
Dès 1934, Noël Roquevert ne cessera de tourner au cinéma sans cesser pour autant les scènes parisiennes. Il débute au cinéma officiellement dans le film de Robert Siodmak "Tumultes" (1931) où Charles Boyer, Florelle et Armand Bernard étaient les acteurs principaux. En 1934, il participe au tournage de "Liliom" (1934) de Fritz Lang. (en brigadier).Suivront "La Bandera" (1935) de Duvivier, "Tarass boulba" (1936) avec Harry Baur, "Marthe Richard au service de la France" (1937) de Raymond Bernard avec Edwige Feuillère, "Barnabé" (1938) d'Alexandre Esway avec Fernandel, "Entrée des artistes" (1938) de Marc Allégret avec Louis Jouvet (Roquevert est vigile).
(On peut citer les inspecteurs de police qui se fabriquent un uniforme passe-partout à partir d'une défroque civile. Le cinéma ne propose alors à l'artiste que des apparitions rapides et d'ailleurs saisissantes. On n'oublie pas, l'ayant vu quelques secondes, sa silhouette sèche, ses traits anguleux le léger strabisme qui rapproche ses yeux perçants. On garde dans l'oreille l'écho de son débit martelé, le tranchant de sa parole. On s'étonne de sa lenteur à conquérir l'écran.) (Les Excentriques du cinéma français de Raymond Chirat et Raymond Barrot aux Editions Henri Veyrier).
La guerre de 1939 le surprend alors qu'il joue des farces au Palais-royal. L'Occupation le fixe à Paris. Son étoile dès lors va briller de tout son éclat grâce, il faut le dire, à la Continental franco-allemande. La société, avisée, s'intéresse aux promesses du comédien, lui fait confiance. Sur les trente films qu'elle produit, Roquevert en interprète onze. De "Mam'zelle Bonaparte" (1941) de Maurice Tourneur au "Dernier sou" (1943) d'andré Cayatte. Dans le premier il donne du relief à l'ignominie d'un louche policier. Il tient la vedette dans le dernier en campant un gangster de médiocre envergure qui pratique l'escroquerie aux petites annonces.
Et, entre-temps : inspecteur plein de jactance à qui Raimu rabat le caquet dans "Les Inconnus dans la maison" (1941) d'Henri Decoin, pandore véhément "La symphonie fantastique" (1941) de Christian-Jaque, suspect trop évident pour être coupable dans "Picpus" (1942) de Richard Pottier, provincial en goguette titillé par le démon de midi "Vingt-cinq ans de bonheur" (1943) de René Jayet, avocat aux amples effets de manches "La Vie de plaisir" (1943) d'Albert Valentin, mari ridicule dans "Pierre et Jean" (1943) d'André Cayatte.
Il boîte, mais fait partie d'un consortium du crime dans "L'assassin habite au 21" d'Henri-Georges Clouzot. Bien qu'il lui manque un bras il peut écrire sous la dictée et gifler Ginette Leclerc dans "Le Corbeau" (1943) de Clouzot. Dans tous ses films et dans "Dernier atout" (1941) de Jacques Becker où il pétarade dans un rôle de policier imbécile, il démontre la netteté de ses compositions, son autorité et un goût pour la charge efficace qui le pousse à épaissir le trait de ses silhouettes. Il observe, compose et fait rire. Il pénètre de temps en temps par la petite porte dans les allées de l'Histoire. Sacha Guitry qui lui confie au théâtre le role du déménageur dans "N'écoutez pas mesdames", lui a proposé de figurer Fouché dans "Le destin fabuleux de Désirée Clary" (1941). Dans "Napoléon" (1954) de Sacha Guitry, Roquevert-Cambronne n'aura qu'un mot à dire.
Fidèle compagnon de "Du Guesclin" (1948) de Bernard La Tour, son personnage à d'émouvantes résonances, mais le film est un échec. En revanche "Fanfan la Tulipe" (1952) de Christian-Jaque triomphe. Son duo exceptionnel avec Gérard Philipe reste dans toutes les mémoires, leur duel sur le toît de l'auberge devenu une scène culte. Paraît-il qu'à peine arrivé sur le lieu du tournage, Roquevert aurait demandé à Gérard Philipe s'il avait vu les "lolos" de Gina Lollobrigida"...L'artiste se dépense dans un emploi de soudard qui rappelle -en moins hargneux mais en plus méchant -les compositions de James Finlayson (voir sur Cinetom), l'éternel ennemi de Laurel et Hardy.
Si le canotier personnifie Maurice Chevalier et le chapeau melon Pierre Larquey, le béret basque - le béret français! symbolise Roquevert. Les héros en pantoufle, les stratèges sur banquette de moleskine, les colonels Ranchonnot, les retraités virulents et les commerçants poujadistes ont été promptement épinglés, emballés et livrés frémissants dans les salles obscures. L'épicier concupiscent d' "Antoine et Antoinette" (1946) de Jacques Becker et le juré obtus de "Justice est faite" (1950) d'André Cayatte. Le voisin soupçonneux des "Diaboliques" (1954) d'Henri-Georges Clouzot avec Simone Signoret et Vera Clouzot et l'ancien résistant de "Marie-octobre" (1958) de Julien Duviver avec une pléiade d'acteurs en huis clos : Lino Ventura, Paul Guers, Serge Reggiani, Paul Meurisse, Paul Frankeur, Bernard Blier et Danielle Darrieux, tous s'alignent pour le jeu de massacre. Roquevert paraît et la scène bascule soudain, tant l'intérêt se concentre sur ce qu'il dit, sur ce qu'il fait.
On connaît tous ses gestes, on pressent toutes ses mimiques, on devine toutes ses intonations, car il tourne en moyenne huit films par an. Il amuse toujours. Pendant les années 50, il enchaînera différents films, pas tous égaux mais qui a permis d'amuser un public. Quoi qu'il en soit, Noël Roquevert aura diverti des générations de spectateurs qui, en l'applaudissant, prenaient leur revanche sur le propriétaire intraitable, l'adjudant sadique,le crémier arrogant et la baderne incurable. N'est-ce pas rien d'avoir servi d'exutoire à toute une population.? (Les Excentriques du cinéma français de Raymond Chirat et Raymond Barrot aux Editions Henri Veyrier).
Après "Les Diaboliques", on retiendra sur le plan cinématographique "Le Mouton à cinq pattes" (1954) d'Henri Verneuil avec Fernandel, "Madame Du Barry" (1954) de Christian-Jaque avec Martine Carol, "Le Dossier noir" (1955) d'André Cayatte avec Bernard Blier, "Nana" (1955) de Christian-Jaque.
Roquevert fut l'acteur des répliques comme celle donnée à Jean Gabin au bord d'une plage dans "Archimède le clochard" (1959) de Gilles Grangier, à Francis Blanche dans "Snobs" (1961) de Jean-Pierre Mocky, de Belmondo dans "Cartouche" (1962) de Philippe de Broca, de Gabin et Belmondo dans "Un singe en hiver"(1962) d'Henri Verneuil oui Louis de Funès dans "Le Diable et les Dix commandements" (1962) film à sketches de Duvivier.
C'est en 1972 que Noël Roquevert tourna son dernier film sous la direction de Pierre Tchernia dans "Le Viager" en incarnant le patriarche de la famille Gallipeau, bénéficiaire du viager. ("Le drame du bonhomme, c'est qu'il a un coeur d'or et joue les traîtres. La nature inéluctable lui ayant fait l'orbite cave, le sourcil échevelé, un long triste nez, un menton abrupt, une verrue insolente sur la joue et, à certains moments, le regard torve (comment croire à la droiture de pensée d'un être dont le regard dévie?). Guitry le définissait comme "un comédien-né, véridique, sensible, direct, sans défaut, sans travers, sans truc, inestimable". Bel éloge d'un acteur dont le talent fut trop souvent confiné à la caricature de l'éternel représantant de l'ordre, rouspeteur en béret basque, à la manière de ces "héros en pantoufles, stratèges sur banquettes de moleskine (...) (Les Excentriques du cinéma français de Raymond Chirat et Raymond Barrot aux Editions Henri Veyrier).
Noël Roquevert décéda à Douarnez le 6 décembre 1973 à l'aube de ses 81 ans. Il avait eu trois passions dans sa vie : son métier, la chasse et sa femme, Paulette Noiseux, comédienne auprès de laquelle il vécut quarante-cinq and et dont la disparition précèda de peu la sienne, un suicide discret.

























__________A SUIVRE TOUT PROCHAINEMENT_______________
JOYEUX NOEL
DECES DES COMEDIENS JACQUES DEBARY - ROLAND DUBILLARD
DECES DES COMEDIENS
JACQUES DEBARY 1914 - 2011

Jacques Debary
Jacques Debary, comédien de théâtre, de cinéma et de télévision, est décédé vendredi 9 décembre 2011 à l'âge de 97 ans. Né le 25 novembre 1914 à Saint-Quentin dans les Yvelines. Avant d'aborder sa carrière de comédien, il exerça d'abord comme instituteur, il lui fallut attendre près de la cinquantaine pour débuter à la télévision. Son rôle du commissaire Cabrol dans la série télévisée "Les Cinq dernières minutes" (1975-1992), mais aussi au théâtre où il joua Orgon dans Tartuffe de Molière.
Durant sa carrière théâtrale il sera dirigé par de grands noms, comme Patrice Chéreau ou Peter Brook, avant de faire son entrée comme pensionnaire à la Comédie française, en 1984. Jacques Debary jouera sa dernière pièce, Un mari idéal d'Oscar Wilde, à l'âge de 84 ans.
Parallèlement, entre 1967 et 1993, il jouera dans une trentaine de films dont "Borsalino and Co" (1974), de Jacques Deray avec Alain Delon entre autres, "La Scoumoune" (1972) de José Giovanni avec Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale, "Le Voleur" (1967) de Louis Malle, toujours avec Belmondo, ou "Le fantôme de la liberté de Luis Bunuel" (1974).
Les obsèques de Jacques Debary auront lieu vendredi 16 décembre au funérarium des Batignolles, avant le transfert du corps, le même jour, au cimetière de Montparnasse.

Il était l'un de ses seconds rôles du cinéma français que l'on n'oublie pas, il a donné la réplique à Simone Signoret, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon et tant d'autres. Avec Pierre Larquey, Julien Carette, Julien Guiomar, Jean Bouise, Raymond Bussières, Noël Roquevert, Henri Virlojeux, Paul Frankeur, et ils sont nombreux, disparaîssent tous ceux qui ont su nous attendrir, nous étonner, nous surprendre mais dans tous les cas, nous divertir (Cinetom - Marc Tom)
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ROLAND DUBILLARD 1923 - 2011

L'écrivain, dramaturge et comédien Roland Dubillard est décédé mercredi 14 décembre 2011 à l'âge de 88 ans. Né le 2 décembre 1923 à Paris. Auteur d'une oeuvre empreinte de poésie absurde et d'humour noir, qui a parfois été rapprochée de celle de "Beckett"et de "Ionesco", Roland Dubillard a surtout écrit pour le théâtre, des pièces comme "Naïves hirondelles" (1961), "Le Jardin aux betteraves" (1969) ou "Les Dialogues" (1975).
Son oeuvre avait fait l'objet d'un festival en 2004 à Paris au théâtre du Rond-Point, avec notamment Le Jardin aux betteraves dans une mise en scène de Jean-Michel Ribes avec Julie Depardieu et François Morel.
Les Diablogues avaient aussi été joués au théâtre du Rond-Point au 2007, dans une mise en scène d'Anne Bourgeois, avec François Morel et Jacques Gamblin, puis dans une version féminine au Théâtre Marigny mise en scène par Jean-Michel Ribes.
La version filmée de cette pièce au Rond-Point est programmée pour les fêtes de fin d'année sur France 2. "C'est un immense poète comique", a déclaré Jean-Michel Ribes pour qui "ses pièces sont une réponse absolue à ces raisonnements qui font qu'on n'est plus que des machines à argent". "C'est quelqu'un dont on va probablement mesurer maintenant l'incroyable génie" et "dont l'univers, je l'espère, va continuer à nous apporter l'oxygène qui nous manque".
Venu au cinéma grâce notamment à Jean-Pierre Mocky, Roland Dubillard est apparu dans plusieurs films du cinéaste "Les Compagnons de la marguerite" aux côtés de Claude Rich et Francis Blanche, "La Grande Lessive" avec Bourvil et Francis Blanche, "Le Témoin" avec Philippe Noiret et Alberto Sordi. Il a tourné pour Yannick Bellon, l'un de ses plus beaux films "Quelque part quelqu'un", Alain Corneau "France société anonyme", Patrice Leconte "Les vécés étaient fermés de l'intérieur", Andrzej Zulawski "L'amour braque"ou Serge Gainsbourg "Charlotte for Ever".
Il est aussi l'auteur de recueils de poèmes et de nouvelles. Malade depuis longtemps, Roland Dubillard avait été victime en 1987 d'un accident vasculaire qui l'avait condamné au fauteuil roulant.





Je me souviens de Roland Dubillard dans le magnifique film de Yannick Bellon "Quelque part, quelqu'un" (1972) avec Loleh Bellon et Roland Dubillard. A voir absolument car il représente bien la société d'aujourd'hui. Impersonnel, où l'égoïsme prédomine dans cette achictecture froide des buildings de métal et de verre. Les gens ne se connaissent plus, préférant l'indifférence des autres pour ne point être importuné. Roland Dubillard c'est aussi "Les Compagnons de la marguerite", "La grande lessive" et "Le Témoin" de Mocky.
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VIVIEN LEIGH, IMMORTELLE SCARLETT O'HARA
VIVIEN LEIGH 1913 - 1967
Actrice Américaine

La Légendaire montée au zénith hollywoodien de Vivien Leigh commença le soir du 10 décembre 1938, alors quue l'on filmait l'incendie d'Altlanta reconstitué dans les studios de la Selnick International Pictures avec une série de de vieux décors d'autres films sommairement restaurés pour la circonstance. Le tournage d'Autant en emporte le vent (Gone With the Wind,1939), différé pendant longtemps,commençait enfin. Et pourtant, on ne connaissait pas encore celle qui incarnerait Scarlett O' Hara.

Vivien Mary Hartley plus connu sous le nom de Vivien Leigh est née le 5 novembre 1913 à Darjeeling, en Inde. Elle fut séparée encore enfant de sa mère. Devenue Vivien Leigh par son mariage avec l'avocat Herbert Leigh Holman. Elle fait ses débuts au cinéma en 1934, comme figurante dans "Things are Looking Up" d'Albert de Courville.
Vivien Leigh tourne son premier rôle en vedette dans "Gentleman's Agreement" (1935) de George Pearson. Alexander Korda lui signe un contrat de cinq ans qui commence en 1936 par "L'invicible Amanda" (Five over England) de William K. Howard, avec celui qui deviendra quelques temps plus tard son époux : Sir Laurence Olivier. En 1938, elle partage l'affiche de "Vedette du Pavé" (St. Martin's Lane) de Tim Whelan avec Charles Laughton. Abandonnant, sur un coup de tête, son rôle dans "Le Voleur de Bagdad". Vivien Leigh part à Hollywood rejoindre Laurence Olivier.
C'est Victor Saville, le metteur en scène anglais bien connu, qui avait dirigé Vivien Leigh dans "Le Mystère de la Section 8" (Storm in a Teacup,1937), qui lui aurait téléphoné un jour à Londres pour lui dire, en substance, ceci : "Je viens tout juste d'achever la lecture d'un livre, d'un très beau livre dont dont on pourrait faire un film, et dont l'héroïne est la plus grande peste que la terre ait jamais portée..." Ajoutant qu'il avait pensé à elle comme l'actrice la mieux placée pour incarner ce rôle. Décidée à tenter sa chance, elle suivit Laurence Olivier, avec lequel elle était déjà très liée et qui plus tard deviendra son mari, jusqu'en Californie où il devait interpréter le rôle de Heathcliff dans "Les Hauts de Hurlevent" (Wuthering Heights,1939) produits par Samuel Goldwyn. Il semble qu'à cette occasion elle ait été remarquée par Selznick aussi bien que par Cukor qui ne l'oublièrent pas. On dit même, en réalité, que le choix était arrêté mais qu'on le tint secret afin de ne pas compromettre la vaste campagne publicitaire lancée aux Etats-Unis, pour trouver la Scarlett idéale. Ensuite, le moment venu, on fit apparaître Vivien Leigh comme la découverte de Myron Selznick.
David O' Selznick courait le risque de déchaîner l'ire des financiers éjà exaspérés par la lenteur des préparatifs et anxieux de retirer quelques profits de leurs investissements. Toutefois, la longue et inquiéte recherche de Scarlett O' Hara dans "Autant en emporte le Vent" (Gone With the Wind,1939) était sur le point d'aboutit, précisément ce soir-là. Tandis que se préparaient les prises de vues, Myron Selznick, un des plus importants agents de Hollywood s'approcha de son frère David. Il était accompagné d'une jeune femme mince, aux yeux magnifiques. "Dave" fit Myron, en prononçant la phrase que tous les attachés de presse, tous les cinéphiles passionnés, tous les amateurs d'anedoctes répéteraient et propageraient au cours des futurs décennies : "Dave, je veux te présenter à Scarlett O'Hara."
La recherche de l 'oiseau rare, soutenue par une active campagne publicitaire de trois années, venait de prendre fin, une actrice anglaise qui n'avait que quelques films seulement à son actif, interpréterait le rôle de Scarlett, l'héroïne du best-seller de Margaret Mitchell. Que Vivien Leigh ne fût pas Américaine ne constitua pas une offense pour les nombreux admirateurs de la belle sudiste Scarlett. Impardonnable, en revanche, aurait été de faire interpréter le rôle par une "Yankee" !.
Grâce à des professeurs de diction Vivien parvint à ajouter "juste ce qu'il fallait de douceur" à son accent très anglais. Elle fut également "prise en main" par George Cukor, officiellement tant qu'il assura la mise en scène du film, puis à titre personnel après que Victor Fleming l'eut remplacé au bout de trois semaines. De nombreux problèmes surgirent d'ailleurs entre l'actrice et le nouveau metteur en scène; tout n'alla pas pour le mieux aussi avec Clark Gable, son partenaire; ses nerfs craquèrent à plusieurs reprises sur le plateau et hors des studios. Tout cela ne l'empêcha pas de "décrocher" un Oscar. Son succès a résisté au temps, même si des doutes subsistent toujours sur la façon dont elle obtint le célèbre rôle de Scarlett. Il existe une autre version sur la manière dont se déroulèrent les faits.
A vingt-six ans, Vivien Leigh devint un produit commercial d'une inestimable valeur. David O'Selznick, qui s'en était assuré l'exclusivité n'accorda sa participation qu'avec parcimonie : d'abord à la MGM, pour "La Valse dans l'Ombre" (Waterloo Bridge,1940) de Mervyn LeRoy avec Robert Taylor, (mélodrame sur fond de guerre), puis à Alexander Korda (auquel revenait le mérite de l'avoir découverte en Angleterre) pour "Lady Hamilton" (That Hamilton Woman!,1941).
La Seconde Guerre mondiale et une maladie tinrent Vivien Leigh éloignée des studios pendant un certain temps. On la revit dans le rôle de Cléopâtre dans "César et Cléopâtre" (Caesar and Cleopatra,1945). Refusant les offres d'Hollywood, elle part en tournée avec l'Old Vic en compagnie de son mari. Tennessee Williams la choisit personellement pour le rôle de Blanche Du Bois dans "Un Tramway nommé Désir" (A Streetcar Named Desire,1951) qui fut ensuite adapté à l'écran, en 1951, par Elia Kazan. Son interprétation remarquable lui valut d'obtenir à Venise la Coupe Volpi pour la meilleure actrice. L'auteur de la pièce, Tennessee Williams dira : "Elle a apporté à son personnage tout ce que j'ai souhaité et même plus que je n'aurais jamais osé espérer". En dix ans, elle ne tourna que trois films dans lesquels elle s'enlaidit volontairement.
Plusieurs bouts d'essai pour le rôle de Scarlett ont été conservés. Celui de Vivien Leigh a probalement abouti dans quelque collection privée mais il nous reste le témoignage de Cukor. Selon lui, personne pas même l'actrice anglaise elle-même au cours du tournage du film, n'égala jamais l'incroyable spontanéité avec laquelle, dans ce bout d'essai, elle affronta, pour la première fois, son rôle.
Par plus d'un point la personnalité de Vivien Leigh rejoignait celle du personnage de Scarlett. En incarnant de façon si parfaite le tempérament passionnel de l'héroïne, l'actrice confirmait ses aptitudes à exprimer les sentiments les plus forts mais aussi les plus subtils comme elle l'avait déjà fait dès 1937 dans "L'invicible Armada" (Fire Over England). Une intensité dramatique qu'on retrouve plus tard dans "L'autre homme" (The Deep Blue Sea,1955) et dans d'autres productions plus mineures comme "Le Visage du plaisir" (The Roman Springs of Mrs Stone,1961) et dans "La Nef des Fous" (Ship of Fools,1965), son ultime film, où on l'a retrouve en divorcée amére et alcoolique
La vie de Vivien Leigh fut particulièrement tourmentée, elle fut victime de crises d'hystérie et de dépression avant d'être atteinte de tuberculose en 1945. Après avoir lutté toute sa vie contre la maladie, elle succomba le 8 juillet 1967 à Londres, elle fut incinérée, ses cendres ont été dispersées.
L'Invincible Armada (Fire Over England,1936)
Le Mystère de la section 8 (Dark Journey,1937)
Tempête dans une tasse de thé (Storm in a teacup,1937) de Victor Saville






La Valse dans l'ombre" (Waterloo Bridge,1940) de Mervyn Leroy









FILMOGRAPHIE
1935 : The Village Squire de Reginald Denham : Rose Venables
1935 : Things are Looking Up de Albert de Courville : Etudiante
1935 : Look Up and Laugh de Basil Dean : Marjorie Belfer
1935 : Gentlemen's Agreement de George Pearson : Phil Stanley
1937 : L'Invincible Armada (Fire Over England) de William K. Howard : Cynthia
1937 : Le Mystère de la Section 8 (Dark Journey) de Victor Saville : Madeleine Goddard
1937 : Tempête dans une tasse de thé (Storm in a Teacup) de Ian Dalrymple et Victor Saville : Victoria 'Vickie' Gow
1938 : Vive les étudiants (A Yank at Oxford) de Jack Conway : Mrs. Elsa Craddock
1939 : Vedettes du pavé (Sidewalks of London) de Tim Whelan : Liberty Libby
1939 : Autant en emporte le vent (Gone With the Wind) de Victor Fleming : Scarlett O'Hara
1940 : 21 Jours Ensemble (21 Days) de Basil Dean : Wanda
1940 : La Valse dans l'ombre (Waterloo Bridge) de Mervyn LeRoy : Myra Lester
1941 : Lady Hamilton (That Hamilton Woman) de Alexander Korda : Emma Lady Hamilton
1945 : César et Cléopâtre (Caesar and Cleopatra) de Gabriel Pascal : Cleopatre
1948 : Anna Karenine de Julien Duvivier : Anna Karenine
1951: Un tramway nommé Désir (A Streetcar Named Desire) de Elia Kazan : Blanche DuBois
1955 : L'Autre Homme (The Deep Blue Sea) de Anatole Litvak : Hester Collyer
1961 : Le Visage du plaisir (The Roman Spring of Mrs. Stone) de José Quintero : Karen Stone
1965 : La Nef des fous (Ship of Fools) de Stanley Kramer : Mary Treadwell
JEAN GABIN, DU REALISME POETIQUE A L'ANNEE SAINTE (2)
JEAN GABIN 1904 - 1976
Acteur Français
2ème partie



La même année, il cotoya Madeleine Renaud et Danielle Darrieux dans "La Maison Tellier", un des trois épisodes du "Plaisir" de Max Ophüls. Mais ce n'est qu'en 1953 qu'il rencontra enfin celui qui allait le servir pleinement. En effet, dans "Touchez pas au grisbi" (1954), il campa magistralement pour Jacques Becker Max le menteur, pittoresque figure de la "Série noire" issue de l'imagination pleine de verve d'Albert Simonin. Ave ce rôle en or, Gabin renouait avec ses anciens personnages de voyous du cinéma, mais avec plus de "puissance", affichant un optimisme tranquille en toutes circonstances qui annonçait la plupart de ses interprétations des années 60. On attribua à Gabin le Prix d'interprétation masculine au Festival de Venise 1954. Parmi les personnages les plus marquants de sa seconde carrière, on se souviendra du dernier film réunissant Michèle Morgan et Jean Gabin dans "La Minuite de vérité" de Jean Delannoy, mais aussi "Leur dernière nuit" (1953) dernière collaboration entre Gabin et le cinéaste Georges Lacombe. Il y eut aussi "L'air de Paris" (1954) de Marcel Carné où incarnait un ancien boxeur malin et paternel, "Chiens perdus sans collier" (1955) de Jean Delannoy, "Razzia sur la chnouf" (1955) d'Henri Decoin (tourné en grande partie en décors naturels, le film passionna le public par son aspect documentaire, montrant son détour les méfaits de la drogue sur le comportement des intoxiqués).
C'est Jean Renoir qui tourna "French-Cancan" (1954), étant un fervent du CafConc' et souhaita ainsi le magnifier dans ce film où de nombreux acteurs sont à l'affiche : Gabin, Maria Felix, Françoise Arnoul, Gianni Esposito, Philippe Clay, Jean-Roger Caussimon, Valentine Tessier, Michel Piccoli, Jean Parédès, Albert Remy, Dora Doll et Gaston Modot.
Sa rencontre avec Gilles Grangier
Le cinéaste a rencontré Jean Gabin en 1936 aux Studios de Saint-Maurice., et puis la guerre éclata. Le cinéaste l'avait revu à l'époque où il vivait une idylle avec Marlène Dietrich, mais il lui fallut attendre le tournage de "La Vierge du Rhin" en 1953. Gabin connaissait une traversée du désert, il revait d'Italie où il avait joué au côté de Silvana Pampanini dans "Fille dangereuse" (1952) de Guido Brignone; Gabin retrouva Grangier qui tournait "Les jeunes mariés" avec François Périer et lui proposa de réaliser "La Vierge du Rhin" mais ne fut pas un grand succès. Cependant une nouvelle collaboration venait de nâitre, par la suite, Grangier devait tourner dix autres films avec Gabin en vedette et cela, jusqu'en 1969, parmi lesquels : "Les Vieux de la vieille", "Archimède le clochard", "Le Cave se rebiffe"...
En 1955 c'est la rencontre Audiard-Gabin dans "Gas-Oil", Jeanne Moreau, Ginette Leclerc, Marcel Bozzuffi, Robert Dalban, Henri Crémieux et Roger Hanin sont les principaux interprètes de ce film tiré du roman de Georges Bayle. C'est la première fois que l'on peut voir sur une affiche, trois noms réunis : Jean Gabin, Gilles Grangier et Michel Audiard. Séduit par sa verve, Gabin l'adopte pendant de nombreuses années...
Parmi les personnages marquants de sa seconde carrière, on se souviendra du peintre de "La Traversée de Paris" (1956) de Claude Autant-Lara, d'après un recueil de Marcel Aymé "Le vin de Paris". Gabin crée un personnage nouveau, assez éloigné de sa mythologie habituelle, cynique, agressif, antipathique face à Bourvil dans le rôle de Martin et Louis de Funès dans celui de Jambier l'épicier.
"Des Gens sans importance" (1956) marque la première rencontre d'Henri Verneuil et de Jean Gabin. Il reprenait son rôle de camionneux qu'il tenait déjà dans son film précèdent "Gas-Oil". Cette fois sans le recours à un prétexte de série noire, il renoue avec ses personnages populaires de sa grande période d'avant-guerre, mais assume ici un destin médiocre qui, en d'autres temps, l'aurait conduit à la révolte contre la société.
"Voici le temps des assassins" (1956) de Julien Duvivier exploite juqu'à la frénésie l'ambiguïté, de la garce au visage d'ange. Un trio inédit : Gabin, Danièle Delorme et Gérard Blain. A cette même période, Jean Gabin incarna François Cardinaud dans "Le sang à la tête" (1946) , une adaptation du "Fils Cardinaud" de Simenon, réalisé par Gilles Grangier, lequel proposa l'année suivante à Gabin un rôle proche de celui de "Touchez pas au grisbi", "Le Rouge est mis", d'après le roman d'Auguste Le Breton.
En 1957, c'est Jean-Paul le Chanois qui assure la mise en scène du "Cas du Docteur Laurent" avec Gabin, Nicole Courcel et Sylvia Monfort; les effets d'une méthode d'accouchements décrit dans le film devait reccueillir une importante audience et fut accueillie avec enthousiasme par la critique pour son "réel courage" dans une aventure "pas tellement commerciale" (Cahiers du Cinéma).
Jean Gabin fut chronologiquement le huitième comédien à incarner le commissaire Maigret au cinéma dans "Maigret tend un piège" (1957) de Jean Delannoy avec Annie Girardot, Jean Desailly et Olivier Hussenot. Deux ans plus tard, en 1959, sortie sur les écrans : "Maigret et l'affaire Saint-Fiacre" dirigé encore par le cinéaste Jean Delannoy qui déclara : "Ni Gabin, nimoi-même ne voulions recommencer après le premier, alors qu'il avait eu un énorme succès, précisait-il. Mais les producteurs ont insisté...(Jean Delannoy, Institut Jacques Prévert; Aulnay-Sous-Bois.1985).
"Le Désordre et la Nuit" (1958) de Gilles Grangier est tiré du roman de Jacques Robert. Après une douzaine d'années consacréees pour l'essentel à la comédie, le cinéaste entamait vers le milieu des années 50 sa période "Noire". On peut faire une petite exception pour deux autres de ses films, deux comédies : "Archimède le clochard" (1958) (une idée de Jean Gabin), Grangier déclara : "Tout a commencé dans un bistrot.Nous étions en bord de piste sur la rue, le Vieux, Michel et moi, dans le troquet qui appartenait à la belle-soeur de Pierre Véry, près du carrefour de l'Alma. Et soudain une cloche vient nous taper. Gabin lui donne cent balles. Puis, à la fin du repas, il dit: "Pourquoi on prendrait pas un clochard? Je me vois bien là-dedans".
"Les Grandes Familles" (198) réalisé par Denys De La Patellière fut l'un des plus grands succès de l'année : en effet 500 000 spectateurs en huit semaines d'exclusivité. Le roman de Maurice Druon avait été adapté par Audiard et De La Patellière, condensant l'action en la transposant dans le Paris de la fin des années 50. Le résultat donne un film grand public où s'affrontent deux monstres sacrés : Jean Gabin et Pierre Brasseur.
Gabin enchaîna en incarnant un vieil avocat confronté à la jolie Brigitte Bardot dans "En cas de malheur" (1958) de Claude Autant-Lara. Tiré du roman de Georges Simenon, adapté par Pierre Bost et Jean Aurenche; ce film représente le type même du film français de qualité. Claude Autant-Lara a su mettre en scène ces deux grands acteurs, en opposant Jean Gabin, bourgeois en proie au démon de midi, Bardot reste fidèle à son personnage de symbole sexuel.
Denys De La Patellière avait adapté avec Audiard "Rue des Prairies" (1959), s'inspirant du roman de l'acteur René Lefèvre qui avait publié avant-guerre "Les Musiciens du ciel". C'est Gilles Grangier qui orchestra la réalisation des "Vieux de la vieille" (1960), d'après le roman de René Fallet. Son problème avait été de trouver trois "vieillards" insupportables qui soient en même temps des têtes d'affiches. Le choix s'était porté d'abord sur Jean Gabin et Noël-Noël, et c'est Gabin lui-même qui avait proposé d'engager Pierre Fresnay alors que les producteurs voulaient Fernandel, car la carrière de Fresnay était en perte de vitesse : "Quand je suis allé chercher sa réponse chez lui, expliquait Gilles Grangier, on m'a reçu dans un petit salon, en bas; et j'entendais, Yvonne Printemps, au premier, qui lui disait : "Ecoutez, Pierre, vous n'allez pas tourner avec de vrais acteurs, vous allez vous couvrir de ridicule!" Elle le mettait en condition, la vache!" (in "passé la Loire, c'est l'aventure", entretien avec François Guérif, Terrain Vague Losfeld,1989).
Gabin incarna également un vieil homme politique bourru, sorte de Clémenceau du régime dans "Le Président" (1961) d'Henri Verneuil (Film qui avait diffusé à la télévision le jour de son décès en novembre 1976), puis Grangier initie la relève avec "Le Cave se rebiffe" (1961) avec Gabin, Maurice Biraud, Martine Carol, Bernard Blier, Françoise Rosay, Ginette Leclerc, Frank Villard et Balpétré. Le cinéaste renouvelle l'expérience l'année suivante avec "Le Gentleman d'Epsom" (1962) ou "Les Grands Seigneurs", il s'agissait d'une histoire d'Albert Simonin intitulée "Le Pelousard". Parait-il qu'au début du tournage, Gabin et Louis de Funès s'admiraient l'un l'autre, le tournage s'étant bien passé, puis, ils se sont détestés. Cela n'a pas empêché Gilles Grangier de retrouver une fois encore Gabin dans un troisième volet consacré à Maigret dans "Maigret voit rouge" (1963).
A cette même période, Jean Gabin joue dans deux films réalisés par Henri Verneuil, "Un Singe en hiver" (1962) avec Jean-Paul Belmondo dans un rôle mémorable, des répliques cultes d'Audiard, un duo exceptionnel, l'une des plus belles prestations de Belmondo. (Le roman d'Antoine Blondin avait reçu le prix Interallié en 1959); le suivant avec Alain Delon dans "Mélodie en sous-sol" (1963). Cela a permis à Gabin de de retrouvait Viviane Romance avec laquelle il n'avait pas joué depuis "La belle équipe"...
Jean-Paul Le Chanois fit partie des réalisateurs attitrés de Jean Gabin, qu'il dirigea dans quatre films dont "Monsieur" (1964) où une pléiade d'acteurs défilèrent : Liselotte Pulver, Mireille Darc, Philippe Noiret, Gaby Morlay, Berthe Grandval (l'armoire volante), Gabrielle Dorziat et Henri Crémieux.
"Le Tonnerre de Dieu" (1965) fut le plus grand succès public des carrières respective de Jean Gabin et Denys De La Patellière, avec lequel il tourna l'année suivante "Du Riffifi à Paname" (1966) au côté de l'acteur américain George Raft.
A propos de Gabin, le cinéaste Jean Delannoy avait fait cette déclaration : "Gabin, finalement, était un type très seul qui s'ennuyait dans ses fermes...Dans "Le Soleil des voyous" (1966), il incarne un type à la retraite et dit à Robert Stack (Les Incorruptibles) "Je vais t'expliquer, je t'emmerde" -cela le résumait assez bien (Jean Delannoy - Institut Jacques Prévert - Aulnay-sous-Bois,1985)
En 1968, c'est Georges Lautner, à qui l'on doit "Les Tontons Flingueurs" qui réalisa "Le Pacha" (1967). Celui-ci se souvient : "J'avais passé un accord avec Matra (les voitures de la gendarmerie étaient des Matra). J'avais pris le même modele pour Gabin, mais quand il est arrivé, il m'a dit : "Lautner, vous n'allez pas me faire monter dans ce suppositoire!. J'ai eu un grand moment de panique; il était bourru mais gentil. Finalement il s'est installé... (A noter la présence de Serge Gainbourg, qui composa la musique et incarna un petit rôle)
Henri Verneuil réalisa "Le Clan des Siciliens" (1969) d'après le roman d'Auguste Le Breton, sur une musique d'Ennio Morricone. Le cinéaste retrouve dans cette super-production à "l'américaine", Jean Gabin, Alain Delon et Lino Ventura.
"La Horse" (1969) a été co-produit par la Gafer, la société de production de cinéma fondée par Gabin et Fernandel en 1962. (Tous deux avaient tournés "L'Age ingrat" (1964) réalisé par Gilles Grangier avec Franck Fernandel, Marie Dubois et Noël Roquevert). Dans "La Horse", Gabin incarna le personnage d'Auguste Maroilleur, grand propriétaire terrien, un portrait partiellement autobiographique de Gabin règnant dans le civil sur sa ferme de l'Orne "La Moncorgerie"...
Avec "Le Chat" (1971), tiré du roman de Georges Simenon, réalisé par Pierre Granier-Deferre, il partage la vedette avec Simone Signoret restera l'une de ses plus belles prestations des années 70. Il fut également l'impénétrable Gaston Dominici dans "L'Affaire Dominici" (1973) de Claude Bernard-Aubert. Il ne faut pas oublier la foule de personnages pittoresques et truculents qu'il a interprétés devant les caméras plus ou moins inspirées de Denys de La Patellière, de Jean-Paul Le Chanois, de Gilles Grangier (11 films en tout), d'Henri Verneuil et de Jean Delannoy. Enfin il n'avait pas son pareil pour "sortir" les dialogues - faits sur mesure, il est vrai de Michel Audiard (qui a signé les scénarios d'une vingtaine de ses films), de Pascal Jardin et d'Alphonse Boudard.
En 1973, Gabin accepta de donner la réplique à Alain Delon (à sa demande) dans "Deux Hommes dans la ville" que réalisa José Giovanni aux côtés de Michel Bouquet et Mimsy Farmer. L'année suivante, sur des paroles de Jean-Loup Dabadie et une musique de Philippe Green, il enregistre "Maintenant je sais", qui deviendra un disque à succès.
Après avoir été le Premier Président de la Cérémonie des César (sa dernière apparition), Jean Gabin meurt dans sa 73ème année, le 15 novembre 1976, des suites d'une congestion pulmonaire, compliquée d'ennuis cardiaques et d'hypertension. Selon ses dernières volontés, il fut incinéré et l'urne contenant ses cendres fut jetée, en pleine mer, au large de Brest.





































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* Problèmes de santé (les Acouphènes), quelque chose de difficile à vivre surtout lorsqu'on est pas préparé à ce symptôme-
TOUT PROCHAINEMENT -VIVIEN LEIGH - NOEL ROQUEVERT -
JEAN GABIN, DU REALISME POETIQUE A L'ANNEE SAINTE
JEAN GABIN 1904 - 1976
Acteur Français


S'il est un acteur dont le nom est à jamais associé aux chefs d'oeuvre du réalisme poétique, c'est bien Jean Gabin, dont la carrière à l'écran, commencée en 1930, se poursuivit jusqu'en 1976.
Ses meilleurs films :"La Bandera", "La Belle équipe" "Pépé le Moko" de Julien Duvivier; "La Grande Illusion", "La Bête Humaine", "Les Bas-Fonds" de Jean Renoir; "Le Quai des Brumes", "Le Jour se lève" de Marcel Carné; "Gueule d'Amour", "Remorques" de Jean Grémillon; "Au-delà des Grilles" de René Clément; "La Vérite sur Bébé-Donge" d'Henri Decoin; "Touchez pas au Grisbi" de Jacques Becker, "Des Gens sans importance", "Le Président", "Le Singe en Hiver", "Mélodie en sous-sol", "Le Clan des Siciliens" d'Henri Verneuil; "Les Grandes Familles" de Denys de la Patellière; "Les Vieux de la vieille" de Gilles Grangier" et "Le Chat" de Pierre Granier-Deferre.


Jean Gabin de son véritable nom Jean-Alexis Moncorgé, naquit à Paris (23, Boulevard Rochechouart dans le 18ème arrondissement) le 17 mai 1904, entouré de ses six frères et soeurs. il mourut toujours à Paris, le 26 novembre 1976. La date de naissance que nous rapportons est celle qui est généralement admise. D'autres biographes ne mentionnent pas Paris comme lieu de naissance, mais Mériel, en Seine-et-Oise.
Ses parents faisaient tous les deux parties du monde du spectacle : son père était chanteur d'opérette et de café-concert; sa mère, Hélène Petit, était chanteuse fantaisiste, cmme on disait alors. Jean a passa ses premières années à Mériel et c'est là qu'il prit goût à la campagne, qu'il acquit des habitudes qu'il ne devait plus perdre et qui, beaucoup plus tard, devaient le pousser à se replier le plus souvent possible dans son domaine où il se consacrait à l'élevage. Il fréquenta l'école primaire du village, puis revint chez ses parents à Paris, afin de suivre les cours d'une école de la rue de Clignancourt. Son père le fit ensuite entrer comme pensionnaire au lycée Jeanson-de-Sailly, mais les études ne l'attiraient pas. Il voulait lui, aussi, comme ses parents, se consacrer au théâtre.
De ce fait, il fit l'école buissonnière plus souvent qu'à son tour, puis s'échappa de l'école pour s'essayer à différents métiers : il fut manoeuvre à la gare de La Chapelle, ouvrier dans une fonderie à Beaumont, magasinier aux Magasins généraux de Drancy, jusqu'à ce que son père prît en compte la volonté de son fils de faire du théâtre. Il le présenta à Pierre Fréjol, l'administrateur des Folies-Bergère; Jean avait alors dix-neuf ans. C'est à ce moment qu'il devint figurant et prit le nom de Gabin, un pseudonyme qui avait déjà été le nom de scène de son père.
Jusqu'à la fgin de l'année 1929, Jean Gabin fit ses premières armes dans le spectacle en participant à ces fameuses revues qui ont fait la célébrité de Paris dans le monde entier. Ses débuts eurent lieu le 14 avril 1923, au Vaudeville, dans une revue de Rip; il faisait de la figuration dans quatre silhouettes; c'est ainsi qu'il était tour à tour garde égyptioen, contrôleur, mendiant et pirate.
De nombreux autres spectacles suivirent : la même année, aux Bouffes-Parisiens, "La Dame en décoletté"; en 1925 (après son service militaire), "Trois Jeunes Filles nues", toujours aux Bouffes-Parisiens" (il joua dans cette opérette pour la première fois au côté de son père); puis, en 1927, un tour de chant en province et en Amérique du Sud.
En 1928, il fut remarqué par Mistinguett qui le fit engager comme "boy" au Moulin-Rouge pour "Paris qui tourne"; en chantant et dansant avec la "Miss", il allait attirer l'attention des critiques. Dans "Allo'...Ici Paris", déjà quelques chansons et deux numéros comiques. Enfin, la même année, de nouveau aux Bouffes-Parisiens, il fut le jeune premier (et toujours comique) de "Flossie", une opérette en trois actes. L'année suivante, on revit Gabin dans "Arsène Lupin banquier", où il joua avec son père. Ce spectacle lui valut d'élogieuses critiques pour ses talents comiques.
A la fin de 1930, toujours aux Bouffes-Parisiens, il apparut encore dans une opérette en trois actes, "Les Aventures du roi Pausole", où figuraient aussi, dans de petits rôles, Simone Simon et Edwige Feuillère. Il revint au exceptionnellement au théâtre en 1949 pour interpréter, avec Madeleine Robinson et Claude Dauphin, "La Soif" d'Henry Bernstein. Dès le début des années 30 et jusqu'à sa mort, il ne se consacra plus qu'au cinéma.
Après une série de petits rôles, Jean Gabin connut très vite la consécration. Vedette de l'écran dès les années 30, il le resta jusqu'à sa disparition et ne connut guère la désaffection du public. (Sauf après son retour de la fin de la Seconde Guerre Mondiale et cela jusqu'au tournage de "Touchez pas au grisbi"). Peu d'acteurs de sa génération pourront se flatter d'avoir connu, et su préserver une telle popularité, qu'il devait autant à sa présence physique qu'à ses incontestables qualités professionnel de l'écran.
En 1928, il avait été l'interprète de deux courts sketches sonores avec le comique Dandy : "Ohé les Valises" et "Les Lions". Les premières années, la carrière cinématographique de Gabin fut liée, fort logiquement aux rôles comiques d'opérette ou de vaudeville qui l'avaient révélé au théâtre. C'est ainsi que Gabin fut engagé dans une opérette filmée, "Chacun sa chance" (1930) de Hans Steinhoff et René Pujol, aux côtés de Gaby Basset qui deviendra sa femme. Jusqu'en 1934, année de sa consécration comme acteur dramatique, il tourna quelques rôles souvent comique qui étaient loin d'annoncer les futurs "personnages" que Gabin incarnerait bientôt : le prolétaire révolté, le "parigot" désenchanté mais toujours prompt à l'action, l'aventurier respectueux du code d'honneur, le "mauvais garçon"...
En 1931, Jean Gabin rencontre Fernandel dans l'un de leurs premiers films "Paris-Béguin" avec Jane Marnac. Gabin incarne pour la première fois de sa carrière un personnage de mauvais garçon au coeur tendre poursuivi par le destin. Cette même année, il joue le troisième rôle de "Tout ça ne vaut pas l'amour" de Jacques Tourneur dont c'est son premier long métrage. Au moment de la sortie du film "Le Tunnel" (1933) de Kurt Bernhardt, Jean Vial, critique du magazine "Pour Vous", estima que Jean Gabin, auquel on a l'habitude de confier des rôles légers, révèle ici une puissance dramatique inattendue". "Zouzou" (1934) fut le premier film parlant et chantant de Joséphine Baker, l'acteur principal du film n'était autre que Jean Gabin, entamant ici son seizième long métrage. Il chante et danse "Ah! viens Fifine", ou "La java des Marsiallo", une valse musette.
Le tournant de sa carrière se situe au cours de 1934-1935. Après l'avoir utilisé dans "Maria Chapdelaine" (1934) avec Madeleine Renaud et Jean-Pierre Aumont et "Golgotha" (1935) où il y jouait le rôle de Ponce-Pilate aux côtés de Robert leVigan, Harry Baur et Edwige Feuillère. Julien Duvivier lui confia le rôle principal de "La Bandera" (1935), d'après le roman de Pierre Mac Orlan. Ce personnage de français fugitif s'engageant dans la légion étrangère espagnole fut pour Gabin le premier d'une série de rôles d'aventuriers désespérés et "romantiques". A partir de ce film il allait en effet collectionner les personnages d'homme traqué, de réprouvé, de révolté un peu frustre. C'est un classique des films sur la Légion...
Ayant débuté dans le Paris des ouvriers et des employés de caf conc', Gabin, enfant de la balle, se révéla l'interprète idéal de ce prolétaire plutôt "grande gueule" que réellement contestataire, sombre et individualiste, ironiquement parisien, parigot même, mais sans vulgarité, et enfin assez malheureux pour susciter la sympathie des spectateurs.
Après une expérience pseudo-russe des "Bas-Fonds" (1936) de Jean Renoir où Louis Jouvet donnant la réplique à Gabin qui se vit offrir par Julien Duviver le rôle principal de "Pépé le Moko" (1936), un rôle qui allais l'imposer définitivement en créant le "mythe" de Gabin, ce fut un très grand succès public. Dans le monde lourdement exotique de la Casbah d'Alger où évolue le dangereux caïd campé par Gabin, ce ne sont qu'aventures pittoresques et haletantes, défilé de personnages stéréotypés, dignes des meilleurs romans populaires, amour fou et perdu...Gabin conservera des années durant le charisme dont l'entourèrent Henri Jeanson et Julien Duvivier, charisme qui s'était manifesté dans un autre film de Duvivier : "La Belle équipe" (1936), Gabin chante dans le film une célèbre valse musette : "Quand on s'promène au bord de l'eau . La France qui s'identifia à Gabin était celle de l'avant-guerre, ballottée entre le Front Populaire et les frissons de la guerre prochaine; et quand cette France là disparut, Gabin dut changer d'emploi.
Durant ces années il fut le lieutenant Maréchal de "La Grande Illusion" (1937) aux côtés du Commandant von Rauffenstein interprété par Eric Von stroheim et le Capitaine de Boeldieu par Pierre Fresnay. Le titre a été emprunté au livre de Norman Angell sur l'utopie des guerres économiques. Roosevelt déclara "Tous les démocrates du monde devraient voir ce film...", malheureusement le film fut interdit par la censure en Italie, en Belgique et bien entendu par Goebbels, qui le désigne comme "l'ennemi cinématographique no1". Quant à Jean Gabin, il rentrait définitivement dans la ''Cours des grands acteurs du cinéma français".
Gabin incarna Lucien Bourache dit "Gueule d'Amour" dans le film du même nom réalisé en 1937 par Jean Grémillon. C'est Jean Gabin, qui après avoir lu le roman d'André Beucler, proposa en vain, à plusieurs producteurs de le porter à l'écran. C'est Raoul Ploquin qui accepta. Le film fut tourné dans les studios allemands de Neubabelsberg, près de Berlin et pour les extérieurs à Orange et à Cannes. C'est Mireille Balin qui lui donna la réplique, après le succès incontesté de "La Bandera".


















Le Messager (1937) de Raymond Rouleau
Après avoir été Jean le déserteur du film de Marcel Carne : "Le Quai des Brumes" (1938) d'après le roman de Pierre Mac Orlan. Il incarne François, l'ouvrier en révolte dans "Le Jour se lève" (1939) marque l'apogée de qui sera désormais désigné sous le nom de "réalisme poétique" : une description du monde marquée par une fatalité et mettant en scène des personnages "asociaux", ouvriers, saltinbanques, déserteurs, comédiens, poétes, rêveurs, que la société empêche d'être heureux...
Cette brève mais remarquable galerie de personnages le fit rapidement devenir le symbole de tout un cinéma mélancolique et populiste, sombrement, mais toujours poétiquement, réaliste, un cinéma composé de grands ports noyés dans la brume, de petits bars de province (comme celui où Gabin retrouve Mireille Balin des années après que celle-ci l'eut quitté en gâchant sa vie, dans (Gueule d'Amour), de rues parisiennes, d'ombres et de révoltes soudaines, d'amours intenses et toujours malheureuses. Ces repères nous aident à déterminer tout ce que ce cinéma, en dépit de son apparente nouveauté, pouvait avoir de conventionnel, sinon de convenu. Il était l'héritier de la tradition littéraire populiste, une longue filiation qui, à travers Emile Zola, Eugène Sue, Eugène Chavette, puis Henri Poulaille et Pierre Mac Orlan, avait posé les bornes de l'univers où se croisent la tragédie, le peuple et l'aventure. Cinéma de rêves et de fantasmes tout autant que les pires productions hollywoodiennes, mais auquel Gabin a prêté son visage, le rendant par là même vraisemblable. Car il était "peuple, ce qui ne s'apprend pas dans les cours d'art dramatique...
En 1938, sorti sur les écrans de "La Bête humaine" de Jean Renoir qu'il considérait comme le film où il est allée au-delà des images. Il déclara : "Je suis allée au-delà des images. Et puis, dans ce film, il y avait, si je puis me permettre, un des plus beaux plans que j'ai jamais tourné, et que l'on ne voit pas parce qu'il a été coupé. Lorsque Simone Simo, gît en travers du lit après avoir été poignardée par Gabin, la caméra, partant des pieds, remontait très lentement, caressait son corps, passait sur la blessure jusqu'à sa tête et se terminait sur un plan de Gabin, sans expression.
Dans les années qui précédèrent immédiatement la guerre sa popularité fut indiscutable en France et à l'étranger. A la création de son mythe avaient contribué de manière décisive non seulement les cinéastes déjà mentionnés, mais aussi certains scénaristes dont le travail fut tout aussi décisif tant pour l'acteur que pour l'ensemble du cinéma français de l'époque: Jeanson, déjà cité (sa contribution ne fut importante que pour "Pépé le Moko", et surtout Charles Spaak ("La Bandera", "La Belle équipe", "Les Bas-Fonds", "Gueule d'Amour" et "Le Récif de corail" (1939) de Maurice Gleize), ainsi que Jacques Prévert ("Le Quai des Brumes", "Le Jour se lève" (1939) de Marcel Carné et "Remorques" (1939) de Jean Grémillon avec Michèle Morgan). Certains d'entre eux collaborèrent aussi aux films d'après-guerre de Gabin, mais ce fut surtout pendant les années 30 qu'ils réussirent à mettre en valeur, par leurs textes, la personnalité de l'acteur, et à transformer le joyeux comique de caf'conc' en un sombre champion des causes perdues.
Mobilisé dans la marine, à Cherbourg, le 2 septembre 1939, Gabin gagna le dépôt de la marine de Cherbourg. En avril 1940, il obtint une permission pout terminer "Remorques" puis, par la suite, le gouvernement de Vichy l'autorisa à s'embarquer pour les Etats-Unis afin de tourner un film pour la Fox, à condition qu'il revienne dans les huit mois. Gabin tourna deux films, "La Péniche de l'amour" (Mootide,1942) avec Ida Lupino (le film fut commencé par Fritz Lang, qui y travailla quatre jours avant d'être remplacé par Archie Mayo), ce film cultivait des ressemblances délibérées avec la mythologie de l'acteur issue de ses films français d'avant-guerre puis "L'Imposteur" (The Impostor,1943) de Duvivier qui s'était lui aussi réfugié en Amérique.
En 1943, il s'engagea comme volontaire dans les Forces Navales Françaises Libres, la marine gaulliste. Il fut affecté à Norfolk et en Afrique du Nord au sein de la 2e D.B. de Leclerc. Il débarqua en France en 1944 et fut démobilisé en juillet 1945 avec le grade de second maître fusilier; il reçut la médaille militaire et la croix de guerre.
La France qu'il retrouvait n'était plus celle qu'il avait quittée deux ans plus tôt. Elle avait changé, comme lui dont les cheveux grisonnants annonçaient qu'il allait devoir changer de personnages. Il était temps pour Gabin de donner un nouveau départ à sa carrière
Il était temps pour Gabin de donner un nouveau départ à sa carrière. Après avoir refusé le rôle principal des "Portes de la nuit" (194) du tandem Carné-Prévert, qui fut attribué à Yves Montand, il accepta celui de "Martin Roumagnac" (1946), un film de Georges Lacombe qui n'eut aucun succès, mais dans lequel il donnait la réplique à Marlène Dietrich. Il tenta un retour à son personnage des années d'avant-guerre avec "Au-delà des grilles" (1949), réalisé par René Clément dans un esprit assez proche de celui de "Pépé le Moko". Mais Gabin ne persista pas dans cette voie qui pouvait être dangereuse pour son image de marque. Le film fut présenté au Festival de Cannes 1949 et obtint le Prix de la Mise en scène ainsi que celui de la meilleure interprétation féminine pour Isa Miranda. Il reçut également l'Oscar du meilleur film étranger.
Les années avaient passé" et le "mauvais garçon" de jadis, avec l'âge, avait acquis la physionomie d'un homme mûr; on l'imaginait plus aisément désormais du côté de la loi que contre elle. Il eut quelque mal à retrouver la voie du succès, malgré le film de Marcel Carné, "La Marie du port" (1949), inspiré de Georges Simenon, où il bénéficiait d'un rôle à sa mesure. Il s'installait ainsi à contrecourant de tout romantisme, bourgeois aisé, solide en affaires, en proie au démon de midi, il accède à l'argent, au confort, à l'ennui du quotidien.
En 1951, le film de Georges Lacombe "La Nuit est mon royaume" lui permit de remporter la coupe Volpi à la Biennale de Venise, en incarnant un conducteur de locomotive, qu'il avait déjà joué dans "La Bête humaine". C'est à la même période que l'on attribua à Gabin, le titre de meilleur acteur français de l'année pour "La Vérité sur Bébé-Donge" (1951) d'Henri Decoin avec Danielle Darrieux (autre adaptation de Simenon).










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FILM NOIR - LES ANNEES 30-40 (2)
FILM NOIR
LES ANNEES 30-40 (2)
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2- LES DETECTIVES PRIVES
Dans les années 40 on vit apparaître sur les écrans le détective privé, solitaire, dur et très souvent en marge de la loi, chevalier sans peur dans un monde désormais dominé par la corruption. Ce personnage nouveau trouvera un terrain d'élection dans ce qu'on a baptisé "film noir".
Un caprice de l'histoire voulut que la naissance du cinéma coïncidat avec l'âge d'or du roman policier. dans les deux cas, il s'agissait d'expressions artistiques essentiellement populaires, rapidement les producteurs de cinéma allaient puiser largement dans le fonds de la littérature policière.
Les frissons provoqués par les histoires de Sherlock Holmes sont plus "nobles", dans la mesure où ils procèdent de l'admirable logique déductive du personnage; en passant à l'écran, Sherlock Holmes allait quelque peu se "démocratiser", il devint plus populaire. A partir de 1903, on put voir très souvent sur les écrans les aventures d'Holmes et de Watson. Nombre d'acteurs ont incarné ces deux personnages, mais aucun n'atteignit la notoriété du duo Basil Rathbone-Nigel Bruce, tenants respectifs du rôle d'Holmes et de celui de son inséparable ami médecin, Watson. Le duo se forma à la 20th Century-Fox avec deux bons films d'atmosphère de 1939, "Les Chiens de Baskerville" (The Hound of The Baskerville) et "Sherlock Holmes" (The Adventures of Sherlock Holmes), les autres films de la série ayant été produits par l'Universal.
En raison de la popularité des histoires d'espionnage pendant la guerre, la figure du détective victorien devint rapidement anachronique; l'Universal la modernisa alors pour des films comme "Sherlock Holmes et l'arme secrète" (Sherlock Holmes and the Secret Weapon,1943) et "Sherlock Holmes in Washinghton" (1943) mais ceux-ci n'avaient plus grand chose de commun avec les histoires originales de Conan Doyle, si ce n'est une certaine élégance et une bonne dose d'ironie.
"Les Chiens de Baskerville" (The Hound of The Baskerville,1939)

"Sherlock Holmes" (The Adventures of Sherlock Holmes,1939)




Sherlock Holmes et l'arme secrète" (Sherlock Holmes and the Secret Weapon,1943)

1946
A l'époque de la prohibition, la nature du thriller cinématographique changea radicalement et la criminalité devint un des principaux thèmes de film. Quand la loi qui interdisait la fabrication, la vente et le transport de boissons alcoolisées aux Etats-Unis fut appliquée en 1919, les gangsters et les trafiquants s'organisèrent pour la première fois au niveau national et la violence fit désormais partie intégrante de la vie quotidienne. Hostiles à la prohibition, les citoyens se mirent à contester les forces de la loi, la magistrature et la police, jugées inefficaces et corrompues.
Les rues des grandes villes se transformèrent en champs de bataille dans lesquels les criminels affrontaient leur ennemi le plus implacable, le détective. Seul Philo Vance, le célèbre détective privé de S.S. Van Dine, habituellement incarné à l'écran par l'élégant William Powell, agissait encore dans un monde qui n'avait pas grand chose à voir avec la réalité, un monde où le sang et la violence n'apparaissaient pas. Il revint à Dashiell Hammett....l'auteur aux romans policiers, d'arracher le crime "littéraire" aux salons pour le faire descendre dans la rue, véritable jungle sans foi ni loi.
Les années 40 virent l'ascension du détective privé. Ce furent les écrivains Dashiell Hammett et Raymond Chandler qui en créèrent le personnage et lui donnèrent une réelle consistance. Le détective privé est le personnage clé du cinéma américain d'alors, l'homme auquel on a confié la tâche d'explorer les zones les plus obscures de la psychologie collective américaine. Qu'il s'agisse de Sam Spade ou de Philip Marlowe, pour la majorité des amoureux du cinéma la figure du détective privé s'identifie à Humphrey Bogart. Cette identification est si naturelle qu'il est aujourd'hui presque impossible de lire les romans policiers de Chandler et d'Hammett sans imaginer Bogart dans le rôle du héros.
Dans leurs romans, de même que dans les films tirés de leurs oeuvres, la "vérité" ne coïncide jamais avec la solution de l'énigme. Dans le film "Adieu ma belle" (Murder, My Sweet,1944) adapté du roman de Chandler "Adieu ma jolie", publié en 1940, Philip Marlowe se contente au début de rechercher une femme, Velma, enquête de routine débouchant sur un mystérieux meurtre qui, bien qu'occupant une grande part du film, n'a rien à voir avec le fond de l'histoire.
Hitchcock lui-même se tint presque toujours à distance du policier "pur", car le frisson et le suspense l'intéressaient plus que la solution du mystère. "L'homme qui en savait trop" (The Man Who Knew Too Much,1934), "Les Trente-Neuf Marches" (The Thirty-Nine Steps,1935) et "La Mort aux Trousses" (North by Northwest,1959) sont des films d'espionnage, mais l'attention du spectateur est presque toujours détournée de l'intrigue initiale.
En fait, pour Sam Spade et Philip Marlowe, la vérité se trouve dans ce qu'ils découvrent au cours de leur enquête et dans la manière avec laquelle ils font face aux évènements. Chandler décrit lui-même mieux que tout autre la figure du détective. Dans "Le Faucon Maltais" par exemple, Spade a trahi son associé, Archer, car il a noué une liaison avec la femme de celui-ci. Quand Archer est tué, il repousse soudainement la femme et procède à son enquête, motivé à la fois par le remords et par le désir de vengeance.
Par film noir, on entend avant tout un genre cinématographique reposant sur la réunion d'un certain nombre d'éléments et de procédés visuels, agrémentés d'une bande sonore et d'un accompagnement musical caractéristiques : les trottoirs luisant de pluie reflètent les pâles lueurs des réverbères, les enseignes au néon d'hôtels sordides, les snacks ouverts toute la nuit (Les Tueurs de Robert Siodmak ), les bars équivoques, tandis qu'un air de Jazz est perçu au loin, en sourdine. La pluie et la maigre lumière dissolvent toutes les formes . Les perspectives sont déformées et les masses sombres des maisons contribuent à créer une atmosphère de cauchemar.
Ces clichés constitutant les emblèmes visuels et thématiques des films américains des années 40, furent exaltés par la critique française au cours de la période 1945-1955 et étaient fort prisés du public. Naturellement interdit aux français pendant l'Occupation allemande, les films américains envahirent les écrans nationaux après 1945. En l'absence de toute référence, les critiques cinématographiques français recoururent à la littérature. En France, Raymond Chandler et Dashiell Hammett étaient publiés chez Gallimard dans la célèbre "Série noire" et, par voie de conséquence, le roman policier d'action fut qualifié de "roman noir". De là à appliquer ce dernier adjectif au cinéma, il n'y avait qu'un pas, qui fut aussitôt affranchi.
Que de productions de ce genre aient reçu en France, un bon accueil, n'était pas cependant l'effet du hasard : l'atmosphère dont elles étaient imprégnées n'était pas seulement en parfaite harmonie avec la littérature existentialiste d'écrivains comme Jean-Paul Sartre et Albert Camus, elle évoquait encore ce romantisme pessimiste qui avait caractérisé le meilleur cinéma français d'avant guerre.
Dans l'Amérique des années d'après guerre, au contraire, le contraste entre la sombre atmosphère du film noir et l'exubérante insouciante de la comédie musicale en Technicolor des années 40 reflétait la crise d'une société quelque peu bouleversée par la guerre et fort troublée par sa dernière conquête : la bombe atomique.
Les sociologues ont suggéré l'idée d'interpréter le film noir comme une métaphore du "cauchemar américain", antithèse absolue du "rêve américain. A l'appui de cette théorie, il faut considérer l'impact d'une série de changement intervenus dans l'ordre social : l'effrondrement de valeurs telles qu'on les concevait avant guerre, provoqué parla réalité vécue du conflit; le retour des hommes, après leur démobilisation, dans un pays où les rôles économiques et sexuels traditionnels avaient été remis en cause par la soudaine émancipation des femmes; le sentiment que la paix et la sécurité récemment retrouvées étaient minées par la peur entretenue par la paranoïa politique.
"Adieu ma belle" (Murder, My Sweet,1944)
"L'homme qui en savait trop" (The Man Who Knew Too Much,1934)

L'atmosphère particulière du film noir est due, en grande partie, à son éclairage. La plupart des films noirs se déroulent la nuit, à la lumière artificielle; dans la rue, les réverbères répandent une lueur inquiétante; des volets protègent les fenêtres, les lampes de table diffusent des cône de lumière qui n'éclairent qu'à peine les visages. Ils restent plongés dans l'ombre, la plupart du temps, l'acteur débite son texte en dehors du champ lumineux tout en se confondant le plus souvent, avec ceux qui l'entoure.
Il faut noter enfin la prépondérance du flash-back dans le film noir. Celui-ci commence souvent sur un temps fort; l'acteur crucial a été perpétré, il est irrévocable. Des films comme "La Griffe du passé" (Out of the Past), dirigé par Jacques Tourneur en 1947, remontent souvent le cours du temps, comme s'ils cherchaient à retrouver les origines de quelque vieille malédiction. Dans "Assurance sur la mort" (Double Indemnity,1944) de Billy Wilder, Fred MacMurray, mortellement blessé, nous raconte tout ce qui a précédé. Quand nous entendons Fred MacMurray faire le récit de sa première rencontre avec Barbara Stanwyck, nous sentons qu'il cherche à lui faire porter la totale responsabilité de ce qui est arrivé tandis que les images du flash-back qui défilent sous nos yeux, plus ambiguës, nous font comprendre que les deux personnages partagent cette responsabilité.
"La Griffe du passé" (Out of the Past,1947) de Jacques Tourneur


_____A SUIVRE PROCHAINEMENT ______________
"Les précurseurs du film noir et les héros du crime"__

LA CITE SANS VOILES de JULES DASSIN
LA CITE SANS VOILES
Coup de Coeur *****
de Jules Dassin 1948
"Naked City"



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La ville de New York, une heure du matin. Une jeune femme, Jane Dexter, est assassinée par deux hommes. L'un des deux hommes, Backalis, est tué par son complice. L'enquête commence, menée par un vétéran des affaires criminelles, l'inspecteur Dan Muldoon (Barry Fitzgerald), et un jeune inspecteur, Jimmy Halloran. Ils interrogent le médecin de Jane Dexter, le docteur Stoneman, puis son amie Ruth Morrison. Niles, interrogé par la police, ment de toute évidence. Tout laisse penser à une affaire de vol. La bague de Jane, un saphir noir, avait été volée. Niles vend au docteur Stoneman un étui à cigarettes, volé aussi.
La bague de fiançailles de Ruth Morrison est un bijou volé également. Ils se rendent chez Niles qui vient d'être arrêté. Le corps de Backalis est repêché. Par une série de coïncidences, les recherches se précisent : le suspect numéro un est un acrobate joueur d'harmonica nommé Willie Garzah. Le quartier est cerné par les hommes de Muldoon. Garzah s'échappe par les toîts, vers le pont de Brooklyn. Cerné, il tire. Les policiers ripostent. Garzah est mortellement touché et tombe dans le vide.
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Inspecteur Dan Muldoon |
Barry FITZGERALD |
Jimmy Halloran |
Don TAYLOR |
Frank Niles |
Howard DUFF |
Ruth Morrison |
Dorothy HART |
Willie Garzah |
Ted De CORSIA |
Dr Stoneman |
House JAMESON
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| Réalisateur : Jules DASSIN | |
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D'après le roman de Malvin WALD |
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Scénario : Albert MALTZ-Malvin WALD |
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Montage : |
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| Directeur de la photographie : William DANIELS | |
| Décors et costumes : Russell GAUSMABN | |
| Musique : Miklos ROSZA | |
| Producteur : Mark HELLINGER | |
| Co-Producteur : | |
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Distributeur : Universal Date de sortie : 1948 Durée : 96 mn /USA / FILM NOIR |
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Dès le début du film, nous assistons à une plongée prodigieuse de l'immensité des buldings new-yorkais. D'ailleurs, Jules Dassin le réalisateur avait accepté de faire "La Cité sans voiles" (Naked City) en dépit de l'histoire...."J'ai dit :"Oui, si on me laisse tourner dans les rues de New York, dans des intérieurs réels, avec des inconnus", déclarait le cinéaste.
Certains ont qualifié de film "néo-réaliste" américain, le long métrage de Dassin, il peut aussi être considéré comme l'une des plus belles réussites du film noir de la fin des années 40, au ton pessimiste, caractéristiques de cette époque d'après-guerre. Il s'agit du deuxième volet de la "trilogie américaine" de Dassin avec "Les Démons de la Liberté" (Brute Force,1947) et "Les Bas-Fonds de Frisco" (Thieves Highway,1949)
______________A SUIVRE_______________________
ADIEU A ROBERT LAMOUREUX
DECES DU COMEDIEN,AUTEUR,CHANSONNIER
ROBERT LAMOUREUX
1920 - 2011

Robert Lamoureux, comédien, chansonnier et auteur, est mort à 92 ans. Robert Lamoureux, réalisateur du très populaire "Mais où est donc passée la 7ème compagnie?", est décédé samedi 29 octobre 2011 à l'âge de 92 ans, a annoncé à l'AFP sa fille France Lamoureux.
"Papa nous a quittés ce matin. Il était tombé dans le coma avant-hier puis il s'est réveillé hier. On pensait que ça irait mieux, mais il est retombé dans le coma", a déclaré sa fille.
Robert Lamoureux a régné sur le comique populaire pendant plus d'un demi-siècle, comme chansonnier, puis comme réalisateur et auteur de pièces de théâtre. Le succès populaire de son vaudeville militaire "Mais où est donc passée la septième compagnie", qui a entraîné la réalisation de deux suites, bat aujourd'hui encore des records d'audience à la télévision.
Egalement comédien de talent, Robert Lamoureux a été nommé trois fois aux Molière.Né le 4 janvier 1920 dans une famille parisienne modeste, Robert Lamoureux arrête sa scolarité à la fin de l'école primaire et entame une série de petits boulots dès l'âge de 14 ans
Venu au cabaret en 1949, il y triomphe rapidement grâce à des monologues dont certains sont passés à la postérité, comme "Papa, maman, la bonne et moi" (Grand Prix du disque 1950) ou "La chasse au canard". Après avoir vainement tenté de s'imposer au cinéma comme acteur, Robert Lamoureux renoue avec le succès à la fin des années 60, d'abord grâce au théâtre. Il a écrit 14 pièces de boulevard, dont certaines tiendront l'affiche plusieurs années. C'est le cas de "La Soupière" (1971, 2.000 représentations), "La brune que voilà" (1957), reprise en 1986 et adaptée pour Michel Leeb sous le titre "Le Tombeur", "Diable d'homme" (1980) et enfin "Si je peux me permettre..." (1996), dont la millième a été jouée le 19 avril 2000 au théâtre Saint-Georges, à Paris.
Mais c'est surtout le cinéma qui lui apporte la consécration, dans les années 70, grâce aux aventures de la "7ème compagnie", qui mettent en scène les périples de soldats français livrés à eux-mêmes pendant la débâcle de 1940 et qui surmontent tous les obstacles grâce au "système D". Interprété notamment par Jean Lefebvre, Pierre Mondy et Pierre Tornade, le premier film de la série ("Mais où est donc passée la 7ème compagnie", 1973) a atteint les 4 millions d'entrées.
Marié une première fois à 22 ans avec une amie d'enfance dont il a eu trois enfants, Robert Lamoureux s'était remarié au début des années 60 avec la comédienne Magali de Vendeuil qui lui a donné une fille. Robert Lamoureux avait été fait Officier de la Légion d'honneur dans la promotion de Pâques 2000.
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*Le 20 septembre 2011, j'avais évoqué la carrière cinématographique de Robert Lamoureux
http://cinetom.canalblog.com/archives/2011/09/20/22096903.html
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ROBERT LAMOUREUX 1920-2011
Acteur, Humoriste, Réalisateur, Auteur...Français
Auteur, parolier, scénariste, comédien et réalisateur français né le 4 janvier 1920 à Paris. Robert Lamoureux, fils d'Alice Lamoureux, receveuse de tramway et d'un père inconnu (qu'il retrouva peu de temps après, mais pour un laps de temps bien court), elle le prénomma : Robert, Marcel, Adolphe. Après avoir obtenu son certificat d'études en 1932, il cessa ses études pour aider financièrement sa mère, se décida à travailler en effectuant plusieurs métiers dont : coursier, maçon, vernisseur ou réparateur de machines à écrire...
le 7 mai 1940, Robert Lamoureux fut mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, quittant Saint-Mandé pour Issoire dans le Puy-de-Dôme. En août 1942, il épousa Simone Chaigneau, employé de Banque, ils eurent un fils prénommé Jean-Louis, né en août 1943.
Robert Lamoureux débuta dans le music-hall en 1948, dans une salle disparue appelée le Central de la chanson. Il interprète des chansons de son propre répertoire et popularisant au cabaret et à la radio d'irrésistibles monologues qui lui valent le Grand Prix du Disque. Après l'Amiral et les Trois Baudets où il anime une revue avec Pierre Dac et Francis Blanche, Lamoureux est le partenaire d'Edith Piaf dans "La P'tite Lili" à l'ABC. C'est à cette même époque qu'il écrit l'une de ses plus célèbres chansons : "Papa, Maman, la bonne et moi"
Sa gouaille le désigne pour être dès son premier film, un bonimenteur intarissable dans "Le Roi des Camelots" (1951), sous la direction d'André Berthomieu aux côtés de Jean Carmet et Yves Deniaud. Lamoureux déclara : "Mes débuts au cinéma. La caméra, la technique me paralysent. Encore plus l'absence du public. Incapable de me décontracter, inaudible, je joue la tête rentrée dans les épaules, le regard fixé sur le parquet. La production suggère de me faire tourner avec une minerve"
Son premier film est un demi-succès, ce qui lui permit de tourner deux autres films dans la foulée, puis il enchaîne avec André Berthomieu le tournage de deux films: "Allô...Je t'aime" (1952) avec Denise Grey et Jacques Dynam et "Chacun son tour" (1952) aux côtés de Marthe Mercadier et Jane Marken.
Quelques uns des cinéastes spécialisés dans la comédie le feront tourner : Alex Joffé (Lettre ouverte), Carlo Rim (Escalier de Service), Jean-Paul Le Chanois (Le village magique).... Sacha Guitry fait appel à lui pour incarner Latude, le roi de l'évasion français, dans "Si Paris nous était conté" (1956).
Entre-temps le producteur Robert Dorfman proposa à Jean-Paul Le Chanois le tournage du film "Papa, Maman, la bonne et moi" (1954) conçu d'après le succès de la fameuse chanson de Robert Lamoureux. Deux ans plus tard, Marcel Aymé et Pierre Véry adaptèrent une suite : "Papa, Maman, Ma femme et moi" (1956). Le premier film avait été un immense succès, ce qui encouragea le cinéaste Le Chanois à tourner un deuxième volet avec les mêmes principaux comédiens : Robert Lamoureux, Gaby Morlay, Fernand Ledoux, Nicole Courcel et Louis de Funès. Le succès fut au rendez-vous, ce qui n'empêcha pas Jean-Paul Le Chanois de refuser catégoriquement de faire un troisième long métrage de la famille Langlois.
Puis Jacques Becker révèle les talents de comédiens de Robert Lamoureux, en lui proposant d'incarner l'un des meilleurs Arsène Lupin du cinéma avec "Les Aventures d'Arsène Lupin" (1957). Ce comédien subtil et plein de ressources renouvellera l'aventure en participant à la rédaction des dialogues d'un second film intitulé : "Signé Arsène Lupin" (1959) dont la mise en scène est d' Yves Robert, avec Alida Valli, Yves Robert, Roger Dumas et Jacques Dufilho.
Au paragraphe concerné à Robert Lamoureux, on peut lire dans l'ouvrage de Olivier Barrot et Raymond Chirat "Noir&blanc : "Une gouaille naturelle, une élégance impeccable et cette voix presque éraillée, ce ton ironique..."
Dès 1960, à contre-courant de la "nouvelle vague", Robert Lamoureux tourne son premier long métrage (avec l'assistance technique de Maurice Régamey) "Ravissante" où il l'est lui-même l'interprète aux côtés de Sylva Koscina, Philippe Noiret, Jacques Dacqmine et Eddie Constantine. Aussitôt après cette première réalisation, c'est avec Michèle Mercier et Françoise Fabian qu'il porte à l'écran "La Brune que voilà!" (1960) tiré d'une pièce de boulevard.
Il lui faudra attendre quinze ans plus tard pour connaître la véritable consécration avec les très populaires aventures de "Mais où est donc passée la Septième Compagnie ?" (1973), "On a retrouvé la Septième Compagnie" puis "La Septième Compagnie au clair de lune" (1977), dont il est l'auteur complet, trois vaudevilles militaires situés au moment de la débâcle de 1940 puis de l'Occupation, qui sont des prétextes à des numéros d'acteurs avec Pierre Mondy, Jean Lefebvre, Henri Guybet, Aldo Maccione et Pierre Tornade.
Si Robert Lamoureux s'est fait rare au cinéma depuis 1960, c'est qu'il a exercé d'inlassables activités au théâtre, comme auteur et acteur, reprenant des pièces de Sacha Guitry ou des rôles célèbres immortalisés par de grands comédiens disparus. On ne l'a vu à la télévision que dans des émissions de théâtre filmé où sont présentées ses propres pièces comme "La Soupière" (1983), "Le Tombeur" (1987), ainsi que dans une mini-série, "La Guerre des privés" (1992).
Il faut noter également sa magnifique prestation dans le film de Michel Deville : "L'Apprenti Salaud" (1976) aux côtés de Claude Piéplu et Georges Wilson. Le cinéaste définiera la présence de Robert Lamoureux dans le rôle principal ainsi :" Sympathique au public, il est l'acteur le plus crédible pour ce rôle d'homme de cinquante ans qui soudain réalise la médiocrité de sa vie et décide, coûte que coûte, d'échapper à son univers quotidien. Qu'il soit habillé en blouse de quincailler ou du trois pièces Prince de Galles de l'homme parvenu, Robert Lamoureux reste vrai pour le spectateur. Il assure une vérité à ce personnage de naïf qui, peu à peu, va ressembler malgré lui aux salauds qu'il escroque en se servant de leurs tics, de leurs défauts, et de leur appât du gain."
En 1979, Robert Lamoureux s'inscrit au Parti Socialiste, décoré de la Légion d'honneur en 1987. Il est aujourd'hui, âgé de 91 ans.







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11 février 1964 Louis de Funès - Robert Lamoureux - Robert Dhéry
Jacques Balutin -Daniel Russo - Michel Leeb - Robert Lamoureux
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MAURICE TOURNEUR, D'UNE REUSSITE AMERICAINE A L'IMPASSE DES DEUX-ANGES
MAURICE TOURNEUR 1876 - 1961
Cinéaste Franco-Américain

Plus considéré aux Etats-Unis qu'en France, le réalisateur franco-américain Maurice Tourneur eut, entre autre mérites, celui d'apporer à Hollywood, selon l'historien de cinéma Georges Sadoul, "un raffinement et une culture alors peu communs".
Ses meilleurs films parlants : "Accusée, levez-vous! avec Gaby Morlay, "Au nom de la loi" avec Charles Vanel et Marcelle Chantal, "Les Gaîtés de l'Escadron" avec Raimu, Jean Gabin et Fernandel, "Les deux orphelines" avec Renée Saint-Cyr, "Justin de Marseille" avec Antonin Berval et Pierre Larquey, "Koenigsmark" avec Pierre Fresnay, "Samson" avec Harry Baur et Gaby Morlay, "Le Patriote" avec Harry Baur, "Katia" avec Danielle Darrieux, "Volpone" avec Harry Baur, Louis Jouvet et Charles Dullin, "Péchés de jeunesse" avec Harry Baur, "La Main du diable" avec Pierre Fresnay et Noël Roquevert, "Mam'zelle Bonaparte avec Edwige Feuillère, "Le Val d'enfer" avec Ginette Leclerc, "Cecile est morte" avec Albert Préjean, "Après l'amour" avec Pierre Blanchar et "Impasse de Deux-Anges" avec Paul Meurisse et Simone Signoret.
Maurice Tourneur, de son vrai nom Maurice Thomas est né le 2 février 1876 à Paris, où son père était artisan-bijoutier. Après des études au lycée Condorcet, il débuta une carrière artistique en illustrant des ouvrages de luxe puis fut le collaborateur de Rodin et du peintre Puvis de Chavannes. En 1900, il abandonna la décoration théâtrale pour la comédie.
Maurice Tourneur se retrouva aux "Bouffes du Nord" dans la "Tour de Nesle". Réjane l'engagea en 1901 comme acteur et régisseur, c'est alors qu'il fit la connaissance de camarades, futurs cinéastes, qui s'appelaient Léonce Perret et Emile Chautard, c'est tout naturellement qu'il le remplaça, quand celui-ci fut envoyé par la société Eclair aux Etats-Unis pour prendre en main la production de la filiale américaine de Fort Lee, dans le New-Jersey.
Après le départ de Chautard, Maurice Tourneur fit donc ses débuts dans la mise en scène en septembre 1912, en réalisant l'adaptation d'un roman à succès de Gyp, interprété par Polaire, "Le Friquet". Jusqu'en mai 1914, Tourneur allait réaliser quinze films pour Eclair, aujourd'hui tous disparus. On y trouvait de tout, du "Dernier Pardon" (1913) à Courteline "Les Gaîtés de l'Escadron" (1913), ( que Tourneur refera vingt ans plus tard), de Dumas "La Dame de Monsoreau" (1913) à Gaboriau "Monsieur Lecoq" (1914), tous interprétés par Henry Roussell, Polaire, Maurice de Féraudy, Charles Krauss et Fernande Van Doren, femme de Tourneur et mère du futur cinéaste Jacques Tourneur. Après le fameux "Mystère de la chambre jaune" (1914) de Gaston Leroux et sa non moins fameuse suite, Tourneur, devenu réalisateur consacré, fut à son tour envoyé à Fort Lee, en mai 1914, pour y faire un film par mois.
Après avoir eu le privilège de réaliser des sérials et mélodrames, sa vie allait prendre un autre cours, et son oeuvre aussi. Surpris par la guerre aux Etats-Unis, Tourneur y demeura, fut plus ou moins accusé de se dérober à ses obligations militaires et pour finir se fit naturaliser américain. Son oeuvre importante, celle qui va en gros de 1915 à 1925, est une oeuvre américaine, et comme le rappelle Jean Mitry, un réfèrendum de 1918, le sacrait quatrième grand metteur en scène américain, après David Wark Griffith, Thomas Ince, et Cecil Blount de Mille, avant Barker, Brenon, Dwan et quelques autres.
Eclair ayant liquidé sa filiale américaine, et son contrat ayant été repris par les nouveaux acquéreurs américains, c'est donc pour ceux-ci que Tourneur poursuivit sa nouvelle carrière. Dès 1917, il passait chez Paramount, pourqui il fit quelques-uns de ses plus grands succès, ce qui ne l'empêcha pas de travailler également pour la First National, Godwyn, Universal...
Son premier film marquant fut "Trilby" (1915) d'après un roman de George Du Maurier (l'auteur de "Peter Ibbetson" avec Clara Kimball Young, une des premières grandes actrices américaines. Les nombreux films suivants n'ont guère laissé de traces dans les mémoires, et il faut attendre 1917 pour voir Tourneur s'imposer vraiment au premier rang. Cette année-là, il tourne d'abord deux films avec Mary Pickford, "Fille d'Ecosse" (The Pride of the Clan) et "Pauvre petite fille riche" (The Poor Little Rich Girl), ce dernier étant un immense succès commercial. Vinrent ensuite plusieurs films pour Elsie Ferguson, autre grande vedette du moment, dont une adaptation d'Ibsen, "Maison de Poupée" (A Doll's House,1918), puis Tourneur décida, avec l'aide de Paramount, de se produire lui-même. Il en résulta plusieurs films qui fondèren sa grande réputation d'alors, et en firent un des maîtres de Hollywood vers 1918.
"L'oiseau bleu" (The Blue Bird,1918) d'après la pièce symboliste de Maeterlinck fit sensation surtout par son climat poétique et ses décors féeriques. Ceux-ci étaient dus à deux français, le décorateur Ben Carré (qui avait déjà travaillé avec Tourneur) et le peintre André Ibels. L'esthétique en était inspirée des Ballets russes, et cela parut alors le comble de la recherche et de l'audace cimétographique, au sein d'une production américaine plutôt soucieuse de réalisme. "Prunella" (1918), autre oeuvre symboliste, executée avec les deux mêmes décorateurs, vint confirmer cette tendance et la réputation de grand "artiste" de Tourneur. Celui-ci réalisa ensuite un grand film un peu à la manière d'"Intolérance" (Intolerance,1916), "Woman" (1918) devenu en français "L'Eternelle tentatrice" ou "Les Fées de la mer".
D'autres films suivirent, nombreux et moins d'orignaux, excepté "Une Victoire" (Victory,1919) d'après le roman de Conrad, jusqu'à un nouveau chef-d'oeuvre, "L'Ile au Trésor" (Treasure Island,1920). Tourneur y avait rendu l'étrangeté du climat de Stevenson, grâce à une photo très travaillée, ainsi qu'à des décors insolites pour lesquels il avait retrouvé Carré et Ibels. Mitry en compare la qualité plastique à celle des films allemands contemporains. L'autre grand film américain de Tourneur fut encore l'adaptation d'un roman célèbre : "Le Dernier des Mohicans" (The Last of the Mohicans,1921) de Fenimore Cooper, co-réalisé avec Clarence Brown. Wallace Beery y fit une composition remarquable, mémorable, déterminante pour la suite de sa carrière.
Ensuite, parmi une production abondante, on peut encore extraire quelques titres intéressants, comme "L'Ile des navires perdus" (The Isle of the Lost Ships,1923), à l'atmosphère onirique, "La Frontière humaine" (Never the Twain Shall Meet,1925) et "Aloma" (Aloma of the South Seas,1926), ces deux dernièrs tournés en Polynésie.
En 1926, Maurice Tourneur quittait Hollywood pour n'y plus revenir. En 1927, il réalisait un film à Berlin, "Le Navire des hommes perdus" (Das Schiff der verlorene Menschen) avec une Marlène Dietrich d'avant Sternberg, déjà éclatante, et qui est un bon film d'aventures. Dernier film muet du réalisateur, montré pour la première fois à Berlin le 16 septembre 1929, après plusieurs représentations à la censure allemande, le film fut distribué en Angleterre en 1930 et ne sortit jamais aux Etats-Unis. Entre-temps, le cinéma parlant inondait les écrans du monde entier.
Sa carrière muette s'achevait, comme elle avait commencé, par un film français, "L'Equipage" (1928) d'après le célèbre roman de Joseph Kessel, grand succès que vint un peu troubler le rappel, par certains journaux, de la conduite de Tourneur pendant la guerre. En effet, il est victime d'une virulente campagne de presse qui l'oblige à interrompre momentanément le tournage de "L'équipage" qu'il achève ensuite. (Tourneur était objecteur de conscience).
Sa carrière parlante n'eut pas le même éclat que la précèdente. Metteur en scène à l'année chez Pathé-Natan, il y fit un peu de tout. Avec l'avènement du parlant naît un autre Tourneur, le moraliste qui puise dans ses souvenirs de jeunesse, liés à la fréquentation des milieux anarchistes, la majeure partie de son inspiration critique à l'égard d'une société où domine le cynisme et l'appât du gain.
"Accusée, Levez-vous" (1930) est un drame judiciaire interprété par Gaby Morlay et Charles Vanel, deux comédiens fort appréciés du public de l'époque et qui seront à nouveau partenaires dans "Maison de danses", que Tourneur tourne en 1931, retrouvant à l'occasion son goût d'antan pour l'esthétisme.
"Partir" (1931) est un mélodrame sur le thème du rachat, tiré du roman de Roland Dorgelès avec Jean Marchat. Les extérieurs du film furent tournés au Cap Pinède ainsi que quelques plans à Port-Saïd. L'accueil que reçut cette "symphonie marine" fut plutôt favorable. On pouvait lire sur Cinémonde (3 septembre 1931) "Le beau navire, le bruit des treuils, la mer immense, le drame à bord développent leur rythme, avec harmonie, avec logique, avec juste le lyrisme nécessaire et sans l'ordinaire fadeur qui accompagne d'habitude les ouvrages de cette inspiration.
"Au nom de la loi" (1932), film policier, elliptique et d'une sobriété documentaire traitant en filigrane du problème de la drogue. Les extérieurs furent tournés à Marseille et à Paris Gare du Nord, les scènes de studio à Joinville. Le montage fut effectué par le fils du cinéaste, Jacques Tourneur, qui débutait. A noter, la présence de l 'actrice Marcelle Chantal, qui n'est autre que la mère de Micheline Presle.
Cette même année 1932 sort sur les écrans de cinéma : "Les Gaités de l'escadron", d'après la pièce de Courteline avec Raimu, Jean Gabin et Fernandel, celui-ci arriva sur le plateau avec dix jours de retard, le temps de se rétablir d'une diphtérie contractée en Allemagne. A sortie, le film de Tourneur fut colorié au pochoir selon un procédé exclusif Pathé...
Tourné entre octobre 1932 et février 1933 dans les studios Pathé-Natan de Joinville le Pont, "Les Deux Orphelines" marqua les débuts au cinéma de Renée Saint-Cyr, qui raconte dans son livre de souvenirs, "En toute mauvaise foi" (Editions du Rocher,1990), des rapports particulièrement tendus sur le tournage. Connu pour mortifier ses acteurs, Maurice Tourneur traumatisa la comédienne au point qu'elle se révéla incapable de tourner le moindre gros plan en sa présence. Le réalisateur était alors invité à aller fumer une cigarette dans la cour du studio, laissant à ses techniciens le soin d'effectuer le travail à sa place.
"Justin de Marseille" (1934) lui permet de mettre son art du récit sans fioriture au profit d'une étude du "milieu" marseillais. C'est le dixième film parlant réalisé par Maurice Tourneur, ce long métrage devait s'intituler "Ma Belle Marseille". C'est Antonin Berval qui joue le rôle-titre, aux côtés de Larquey, Aimos, Alexandre Rignault.
C'est Léonce Perret, qui devait signer le film "Koenigsmark" (1935) mais mourut en août 1935, quelques jours avant d'entreprendre le tournage. Tourneur assisté de Jean-Paul Le Chanois, le remplaça au pied levé, et tourna même simultanément une version anglaise avec les trois acteurs principaux : (Elissa Landi, Pierre Fresnay et John Lodge).
Flamme éternelle (The Undyng Flame,1917)
Woman (1918)
Une Victoire (Victory,1919)
Le Cercle Blanc (The White Circle,1920)

La Fange (The Bait,1921)
1922
Le Corsaire aux jambes molles (Clothes makes the pirate,1925)
The Mysterious Island (1926)




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Harry Baur signait en même temps que Gaby Morlay un contrat qui offrait à tous deux les rôles principaux de "Samson" (1936), que réalisa Tourneur avec dans les autres rôles principaux : André Luguet, Suzy Prim; Gabrielle Dorziat et André Lefaur. Ce fut Léopold Marchand, auteur dramatique d'adapter une pièce écrite, près de trente ans auparavant. Drame de l'adultère et de l'argent, "Samson" était aussi l'analyse d'un caractère, celui d'un richissime banquier qui n'hésita pas à cause volontairement sa ruine pour provoquer en même temps celui de l'amant de sa femme. On retrouvait dans ce film, des situations assez similaires de celles de "David Golder", film précèdemment tourné par le comédien Harry Baur.
A Part leur prénom, Maurice Tourneur et Maurice Chevalier ont en commun un séjour professionnel dans les studios d'Hollywood, l'acteur surnommé le "french-lover" fut l'interprète principal du film "Avec le sourire" (1936) aux côtés de Marie Glory et André Lefaur. Maurice Chevalier entouré des Bluebell's Girls, chante et mime le fameux "Chapeau de Zozo"....
Tourneur retrouva le comédien Harry Baur pour le tournage du "Patriote" (1938), celui-ci incarne le tsar Paul 1er dont le règne despotique avait pris fin en 1801, à la suite de son assassinat organisé par le conseil d'Etat Pahlen. Le film s'inspirait d'un livre pseudo-historique d'Alfred Neumann, mais plus encore d'une production hollywoodienne portant le même titre, tournée à la fin du muet par Ernst Lubitsch. Baur prenait ainsi la succession d'Emil Jannings qui avait déployé pour interpréter Paul 1er tout son arsenal gigantesque et diversifié des tics faciaux. Harry Baur s'était installé dans son personnage et comptait bien renouveler sa performance de Raspoutine en écrasant ses partenaires de tout le poids de sa majesté et de sa puissance. Les autres interprétes sont Pierre Renoir, Jacques Varennes, Josette Day et Suzy Prim.
"Katia" (1938) de Maurice Tourneur avec Danielle Darrieux dans le rôle principal n'est pas un sous-"Mayerling", car le cinéaste avait du talent, et la production les gros moyens. Le film remporta un énorme succès, ce qui est tout à fait justifié, en effet, c'est son conteste l'un des meilleurs films parlants de Tourneur.
C'est pendant l'entrée en guerre de la France que le réalisateur Maurice Tourneur achève le tournage de "Volpone" (1940). Adapté par Jules Romains et Stefan Zweig d'une comédie satirique, composée au début du XVIIème siècle par l'auteur dramatique britannique Ben Johnson. "Volpone" avait été l'un des plus gros succès de l'entre-deux-guerres. Charles Dullin avait monté, crée et interprété cette pièce, en 1928, sur la scène de l'Atelier, avant de le reprendre de multiples fois. A noter que le début des prises de vues avaient commencé en juin 1938 par Jacques de Baroncelli, mais elles furent interrompues en raison de difficultés financières. Elles reprirent le 23 mars 1940 avec pratiquement les mêmes comédiens, exception faite de Jean Tissier mais sous la direction d'un nouveau metteur en scène. Marcel L'Herbier s'étant montré trop gourmand pour son salaire, Maurice Tourneur fut finalement engagé.
Harry Baur qui avait pris l'habitude de tourner pour la société allemannde la Continental Films, fut à nouveau diriger par Maurice Tourneur dans "Péchés de Jeunesse" (1941). Le scénario conçu par Albert Valentin et adapté par Charles Spaak avec la collaboration de Michel Duran, s'apparentait à celui de "Carnet de bal", à cette différence près que ce n'était plus une femme qui partait à la recherche des ses anciens soupirants mais un quinquagénaire qui tentait de découvrir les enfants issus de ses liaisons de jeunesse. Harry Baur était entouré de comédiens et comédiennes expérimentés tels que Jacques Varennes, Guillaume de Sax, Pierre Bertin, Georges Chamarat, Jeanne Fusier-Gir et Suzanne Dantès.
Cette même année, il réalise "Mam'zelle Bonaparte" (1941) avec Edwige Feuillère. C'est pendant l'occupation que Maurice Tourneur offrira au public, l'un de ses plus beaux films "La Main du diable" (1942) avec Pierre Fresnay, Palau, Noël Roquevert et Pierre Larquey. C'est Jean Aurenche qui avait débuté à adapter la nouvelle de Gérard de Nerval, "La Main enchantée". Mais rapidement les difficultés de l'adaptation cinématographique a décidé le cinéaste à le proposer à son ami Jean-Paul le Chanois.
Ce fut Ginette Leclerc au côté de Gabriel Gabrio qui incarna le rôle principal du film "Le Val d'enfer" (1943) tourné par Maurice Tourneur pendant cette drôle de guerre. Il enchaîna avec le tournage de l'un des trois "Maigret" incarné par Albert Préjean. Celui réalisé par Tourneur, "Cécile est morte" est tiré d'un roman de Georges Simenon.
"Après l'amour" (1948) fut l'avant-dernier film de Maurice Tourneur et la troisième adaptation de la pièce de Pierre Wolff et Henri Duvernois. Les principaux interprètes sont Pierre Blanchar (il était apparenté à Maurice Tourneur dont il avait épousé la belle-soeur, Martine Vinot, en 1923), Simone Renant et Giselle Pascal.
La carrière parlante n'eut pas le même éclat que la précèdente, elle s'arrêta en 1948 avec un ultime film : "Impasse des Deux-Anges" avec Simone Signoret, Paul Meurisse, Marcel Herrand et Jacques Castelot. Signoret fait une composition remarquée, considéré comme le testament d'un auteur désenchanté qui, amputé d'une jambe à la suite d'un grave accident d'automobile survenu en 1949, finit ses jours, auprès de Louise Lagrange, sa deuxième épouse, et comme traducteur de romans policiers américains. Maurice Tourneur meurt le 4 août 1961 à Paris dans le 16 ème arrondissement.














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Jean la Poudre (1912)
Figures de cire (1912)
Soeurette (1913)
Les Ruses de l’amour (1913)
Mademoiselle 100 millions (1913)
Les Gaîtés de l’escadron (1913)
Le Dernier pardon (1913)
La Dame de Monsoreau (1913/II)
Le Camée (1913)
La Bergère d’Ivry (1913)
Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume (1913)
Rouletabille (1914)
Monsieur Lecoq (1914)
La Dernière incarnation de Larsan (1914)
Le Friquet (1914)
Le Puits mitoyen (1914)
Le Corso rouge (1914)
Mother (1914)
Man of the Hour (1914)
The Wishing Ring: An Idyll of Old England (1914)
The Pit (1914)
Alias Jimmy Valentine (1915)
The Cub (1915)
The Ivory Snuff Box (1915)
Trilby (1915)
A Butterfly on the Wheel (1915)
Pawn of Fate (1916)
The Hand of Peril (1916)
The Closed Road (1916)
The Rail Rider (1916)
The Velvet Paw (1916)
The Pride of the Clan (1917)
A Girl’s Folly (1917)
The Poor Little Rich Girl (1917)
The Whip (1917)
The Undying Flame (1917)
Law of the Land (1917)
Barbary Sheep (1917)
Exile (1917)
The Rise of Jenny Cushing (1917)
Rose of the World (1918)
The Blue Bird (1918)
Prunella (1918)
A Doll’s House (1918)
Sporting Life (1918)
Woman (1918)
The White Heather (1919)
The Life Line (1919)
The Broken Butterfly (1919)
Victory (1919)
My Lady’s Garter (1920)
Treasure Island (1920)
The White Circle (1920)
The Great Redeemer (1920)
The County Fair (1920)
Deep Waters (1920)
The Last of the Mohicans (1920)
The Bait (1921)
The Foolish Matrons (1921)
Lorna Doone (1922)
The Brass Bottle (1923)
The Christian (1923)
While Paris Sleeps (1923)
The Isle of Lost Ships (1923)
Jealous Husbands (1923)
Torment (1924)
The White Moth (1924)
Never the Twain Shall Meet (1925)
Sporting Life (1925)
Clothes Make the Pirate (1925)
Old Loves and New (1926)
Aloma of the South Seas (1926)
L’Équipage (1928)
Das Schiff der verlorenen Menschen (1929)
The Mysterious Island (1929)
Accusée, levez-vous! (1930)
Maison de danses (1931)
Partir (1931)
Au nom de la loi (1932)
Les Gaietés de l’escadron (1932)
Lidoire (1933)
L’Homme mystérieux (1933)
Les Deux orphelines (1933)
Le Voleur (1934)
Königsmark (1935)
Justin de Marseille (1935)
Koenigsmark (1935)
Samson (1936)
Avec le sourire (1936)
Le Patriote (1938)
Katia (1938)
Volpone (1941)
Péchés de jeunesse (1941)
Mam’zelle Bonaparte (1942)
La Main du diable (1943)

Le Val d’enfer (1943) 
Cécile est morte (1944) 
Après l’amour (1948)
Impasse des deux anges (1948)
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ARLETTY, GARANCE OU ATMOSPHERE ?
ARLETTY 1898 - 1992
Actrice Française


"Atmosphère...atmosphère...est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère?...". Cette réplique culte est aujourd'hui dans tous les esprits. Cette réplique d'Hôtel du Nord, qu'Arletty prononce avec toute sa gouaille, près du Canal Saint-Martin, à un Louis Jouvet cynique...C'est Marcel Carné qui propulsa définitivement Arletty au firmament des actrices françaises de l'entre-deux-guerres.
Ses meilleurs films : "Pension Mimosas" de Jacques Feyder, "Faisons un rêve", "Les perles de la couronne" ainsi que "Désiré" tous trois de Sacha Guitry, "La Chaleur du sein" de Jean Boyer, "Hôtel du Nord","Le Jour se lève, "Les Visiteurs du Soir" et "Les Enfants du Paradis" (ses meilleurs films), "Fric-Frac" de Autant-Lara, "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer, "Madame Sans-Gêne" de Roger Richebé, "Huis Clos" de Jacqueline Audry, "Maxime" de Henri Verneuil et "Le Jour le plus long" (sa participation)



Actrice française née le 15 mai 1898 à Courbevoie, de son véritable nom : Léonie Bathiat. Son père auvergnat conducteur de tramways, sa mère lingère. Elle fut dactylographe jusqu'en 1920. C'est par hasard, dans la rue, que Arletty rencontre Paul Guillaume, personnalité qui imposa l'Art Nègre et le Cubisme. Il lui formula de nombreux conseils dont celui de tenter sa chance au théâtre et lui donne une lettre de recommandation pour le directeur du Théâtre des Capucines. Celui-ci l'engage dans un emploi bien précis à l'époque : "petite femme de revue".
Arletty renonce à s'appeler Léonie Bathiat, elle choisit après avoir lu "Mont-Oriol" de Maupassant, de devenir "Arlette". Puis à l'instigation de Tristan Bernard, elle ajouta un i au bout, puis transformera le i en y. Extraits de "Noir&Blanc d'Olivier Barrot et Raymond Chirat aux Editions Flammarion
Actrice déconcertante, inspirée, lucide, elle suscite dès ses débuts la curiosité, les rires, l'approbation, l'admiration et sans doute la jalousie. Sa fantaisie mise en valeur par une plastique sans défauts se pare d'une grâce insouciante. Elle garde et diffuse le reflet des années folle. Arletty promène déjà son fameux regard chaviré dont parle Colette et s'amuse à coller sur sa figure les masques du plaisir et de la fête. Donc parisienne, encore qu'elle se réclame de son cher Courbevoie, mais d'ascendante auvergnate dont elle se targue.
Après avoir travaillé dans différents music-halls, Arletty fit ses vrais débuts à l'écran dans "Un Chien qui rapporte" (1931) de Jean Choux aux côtés de René Lefevre et Paulette Dubost. Le cinéma parlant commence à se diffuser dans tous les cinémas de France, Arletty avait refusé de jouer dans des films muets, mais accepte un petit rôle dans "La douceur d'aimer" de René Hervil, sa première participation à un film parlant. Malheureusement ces deux expériences l'avaient épouvantée, Arletty se trouvait "horrible et mal photographiée", elle ne souhaitait pas renouveler l'expérience.
Arletty s'emploie à soigner sa photogénie, à colmater l'écart entre ses dents, à imposer une beauté à nulle autre pareille. Entre-temps, elle enchaîne les tournages, c'est en 1935 qu'elle joue un rôle épisodique mais très remarqué dans "Pension Mimosas" de Jacques Feyder dont son assistant n'est autre que Marcel Carné...
C'est Sacha Guitry qui lui propose de figurer dans le prologue filmé qu'il ajoute à "Faisons un rêve" (1936), en compagnie de comédiens et de comédiennes de renom. La robe qu'elle porte à cette occasion remplace son cachet. Pour sa première grande fresque pseudo-historique le Maître lui fignole le rôle d'une reine d'Abyssinie dans "Les Perles de la couronne" (1937). Arletty obtient un vif succès personnel dans une scène qui n'est autre qu'un sketch de revue...
"Désiré" (1937), troisième atout, fournit à la piquante actrice le rôle déluré de Madeleine, la femme de chambre de Jacqueline Delubac. Elle s'y montre radieuse, svelte, souple dans ses mouvements. Elle dresse la table avec ses partenaires Guitry et Pauline Carton et il en résulte une sorte de ballet supérieurement réglé et, de ce fait, inoubliable.
Arletty apparaît à l'écran dans l'adaptation fine, soignée, exacte du roman "Le Petit Chose" d'Alphonse Daudet réalisée en 1938 par Maurice Cloche. Le film, oublié depuis belle lurette, étonna à sa réapparition: à croire que ceux qui le découvrirent n'avaient jamais parcouru cette histoire d'un enfant; certains y décelèrent même des traces d'homosexualité dans les liens qui unissent Daniel Eyssette à son frère ainé. D'autres virent dans le personnage de la théâtreuse, mauvais génie du "Petit Chose", une préfiguration de Garance....
En 1938, elle participe à une aimable comédie qui l'unit à Michel Simon dans "La Chaleur du sein" (1938) de Jean Boyer. Mais ce fut son succès personnel dans "Hôtel du Nord" (1938) qui marqua le début de sa collaboration artistique avec Marcel Carné. Sa fameuse réplique "Atmosphère...atmosphère...est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère? restera gravé dans toutes les mémoires des cinéphiles mais aussi des français.
Son personnage se fit plus dense avec "Le Jour se lève" (1939), où elle interprétait le rôle complexe de Clara. Ses jambes gainées de noir s'évadant d'un tutu vaporeux, rôle qui semble secondaire et dont on ne peut oublier ni la gravité, ni le mépris, ni la tendresse. "Arletty en Clara distille la grâce et l'émotion, roulée comme un caillou par le torrent de la vie. Le coeur intact. Grande de corps et d'âme. Mince, flexible et brûlante. Affranchie comme pas une et sentimentale comme toutes." Ainsi la décrit Jacques Natanson dans "Paris-Spectacle.
Arletty pouvait tenir des rôles très différents tout en restant parfaitement convaincante, comme le prouvent des films tels que "Fric-Frac" (1939) co-réalisés par Claude Autant-Lara et Maurice Lehmann. Michel Simon et Fernandel se disputeront la présence de la comédienne, c'est Michel Simon qui aura le privilège de jouer à nouveau avec Arletty dans "Circonstances atténuantes" (1939) de Jean Boyer. Le film fut tourné seulement en quinze jours, dans la bonne humeur, Michel Simon interprétant l'austère magistrat, Gaël Le Sentencier. La chanson de Georges Van Parys : "Comme de bien entendu" devint populaire et la France chantonna ce refrain....
La drôle de guerre qui n'amuse vraiment personne va tourner à la déconfiture. "Tempête" (1939) de Bernard Deschamps, également connu sous le titre de "Tempête sur Paris" fut distribué en avril 1940, c'est l'un des derniers films sortis en France avant la débâcle. C'est aussi la première réunion d'Arletty et de Erich Von Stroheim dans un même générique, mais n'ont aucune scène ensemble. Ils se retrouveront après la guerre dans "Portrait d'un assassin" (1949) de Bernard Roland.
Arletty déclara "j'ai été, je peux le dire, la plus payée de mon pays pendant quelques mois. Mais c'était pas à se vanter :parce que ça ne changeait rien. Je n'avais pas plus de qualité parce qu'on me payait plus cher que je n'en avais dix ans avant à jouer dans des revues.
Projet d'avant-guerre que concrétise Roger Richebé, initialement prévu en couleurs : "Madame Sans-Gêne" (1941) fut l'un des trois films français produit sous l'Occupation. Les extérieurs furent tournés au château de Grosbois, occupé par un général de l'aviation allemande et son état-major. L'officier consentit à "prêter" sa résidence pour une journée, grâce à l'intervention personnelle d'Arletty, ce qui lui valut quelques ennuis à Libération...
Ensuite des rôles à toilettes, celles somptueuses et extravagantes qui portent la griffe de Robert Piguet, couturier à la mode. Elle est à l'affiche de "Boléro" (1941) de Jean Boyer aux côtés de André Luguet et Jacques Dumesnil. Puis une comédie de boulevard d'un éclat relatif : "L'Amant de Bornéo" (1941) de René Le Hénaff et Jean-Pierre Feydeau avec Jean Tissier. Arletty anime avec Noël-Noël un des sketches d'Yves Mirande pour "La femme que j'ai le plus aimée" (1942) de Robert Vernay






"Les Visiteurs du Soir" (1942) de Marcel Carné, Arletty apparaissait en troubadour, du prénom de Dominique, l'androgyne envoyée du diable. Rôle énigmatique qu'elle a considéré à juste titre comme le tournant de sa carrière. Troublante et magnifique lorsqu'elle chevauche aux abords du château. Les autres interprètes sont : Marie Déa, Jules Berry, Fernand Ledoux, Alain Cuny ainsi que des figurants aux noms célèbres (Simone Signoret, Jean-Pierre Mocky et Alain Resnais) .
Arletty attend Garance dans "Les Enfants du Paradis" (1945) de Marcel Carné, la mystérieuse, promise par les copains Prévert et Carné : son plus beau rôle de femme qui est, comme elle l'a dit, le plus beau rôle de femme. Maîtrise totale de l'artiste, elle interprète la première époque sur deux registres : l'acidulé et le doux, retrouvant les accents d'autrefois et les tempérant lorsque la tendresse amoureuse l'envahit. Quand le rideau se lève sur la deuxième époque, elle n'est plus que gravité, nostalgie discrète, mélancolie profonde. Le tournage commence le 16 août 1943 mais il est interrompu en raison de l'imminence du débarquement allié en Normandie. Ce long métrage ne verra le jour qu'au début de 1945 alors qu'Arletty est en surveillance survéillée A la sortie triomphale des "Enfants du Paradis", le film est resté 54 semaines en exclusivité, et fut classé comme étant le premier film de l'histoire du cinéma français, lors d'une retransmission de "La plus belle Nuit du Cinéma" sur Canal+ en présence du cinéaste Marcel Carné qui fut récompensé.
C'est en 1949 qu'Arletty fit sa rentrée cinématographique avec "Portrait d'un Assassin" aux côtés de Pierre Brasseur, Erich von Stroheim, Marcel Dalio, Maria Montez et Jules Berry. Malheureusement ce film ne connaîtra pas un grand succès commercial. Arletty retrouve le théâtre avec un certain succès dans "Un Tramway nommé Désir" dans une mise en scène de Raymond Rouleau, en 1959, c'est "La descente d'Orphée". Elle fit également une mémorable imitation de Piaf dans une revue à l'Empire. En 1966, Arletty reprend "Les Monstres Sacrés" (1966) de Cocteau.
Après sa création de "Garance", Arletty ne devait plus apparaître que dans une série de films que la plupar des historiens considèrent indignes de son talent. "Gibier de Potence" (1951) de Roger Richebé est le second d'entre eux après une interruption de quatre années. Le film bénéficia d'une bonne presse et Arletty confia par la suite que ce personnage d'entremetteuse demeurait l'un de ses préférés : "ça c'est un rôle que je trouve merveilleux, avec un sujet vraiment excellent...C'est peut-être le titre qui lui a fait du tort..." (in Arletty", par Philippe Ariotti et Philippe de Comes, Ed. Henri Veyrier,1978)
Elle enchaîne avec "L'Amour Madame" (1951) du cinéaste Gilles Grangier. très âgée, vêtue de blanc, sachant toujours écouter, elle répond avec une politesse mesurée par la fatigue. Arletty, par sa fabuleuse trajectoire dans la voie lactée, reste un cas unique dans le cinéma français.
"Huis-Clos" (1954) est une pièce en un acte de Jean-Paul Sartre, mis en scène par la réalisatrice Jacqueline Audry qui estima avoir été "d'une fidélité absolue à Sartre". Aux côtés d'Arletty, Gaby Sylvia, Jean Murat et Franck Villard. La comédienne retrouva, quinze après "Le Jour se lève", toute l'équipe de Carné sans Prévert mais avec Gabin, dans "L'Air de Paris" (1954).
En 1962, Arletty est au générique des acteurs français du "Jour le plus long" produit par Darryl Zanuck. La carrière d'Arletty fut tragiquement interrompue par la cécité, elle est contrainte à abandonner les studios. Sa dernière apparition au cinéma "Le Voyage à Biarritz" (1963) de Gilles Grangier où elle retrouve Fernandel. Ajoutons qu'elle a merveilleusement raconté les péripéties de son existence dans un livre magnifique, "La Défense", dont le style est assez célinien...
Arletty décède le 23 juillet 1992 à Paris, à l'âge de 94 ans.





____Côté Portraits____________________
Arletty et Bernard Blier
Obsèques d'Arletty
Marcel Carné - Roland Lesaffre
- 1930 : La Douceur d'aimer de René Hervil
- 1931 : Un chien qui rapporte de Jean Choux
- 1932 : Enlevez-moi de Léonce Perret
- 1932 : Une idée folle de Max de Vaucorbeil :
- 1932 : La Belle Aventure de Reinhold Schünzel et Roger Le Bon :
- 1933 : Je te confie ma femme de René Guissart
- 1933 : Le Voyage de monsieur Perrichon de Jean Tarride
- 1933 : Un soir de réveillon de Karl Anton
- 1933 : La Guerre des valses de Ludwig Berger, Raoul Ploquin
- 1934 : Pension Mimosas de Jacques Feyder
- 1934 : Le Vertige de Paul Schiller
- 1935 : La Garçonne de Jean de Limur
- 1935 : Amants et Voleurs de Raymond Bernard
- 1935 : La Fille de madame Angot de Jean Bernard-Derosne
- 1935 : Aventure à Paris de Marc Allégret

- 1936 : Le Mari rêvé de Roger Capellani
- 1936 : Faisons un rêve de Sacha Guitry

- 1936 : Messieurs les ronds-de-cuir d'Yves Mirande
- 1936 : Feu la mère de madame - court métrage de Germain Fried
- 1936 : Mais n'te promène donc pas toute nue - court métrage de Léo Joannon
- 1937 : Mirages ou Si tu m'aimes d'Alexandre Ryder
- 1937 : Désiré de Sacha Guitry
- 1937 : Aloha, le chant des îles de Léon Mathot
- 1937 : Les Perles de la couronne de Sacha Guitry et Christian-Jaque
- 1938 : Hôtel du Nord de Marcel Carné

- 1938 : La Chaleur du sein de Jean Boyer
- 1938 : Le Petit Chose de Maurice Cloche
- 1939 : Circonstances atténuantes de Jean Boyer
- 1939 : Fric-Frac de Claude Autant-Lara et Maurice Lehmann
- 1939 : Le jour se lève de Marcel Carné
- 1940 : Tempête de Dominique Bernard-Deschamps
- 1941 : Madame Sans-Gêne de Roger Richebé
- 1942 : Boléro de Jean Boyer
- 1942 : Les Visiteurs du soir de Marcel Carné
- 1942 : L'Amant de Bornéo de Jean-Pierre Feydeau et René Le Hénaff
- 1942 : La Femme que j'ai le plus aimée de Robert Vernay
- 1942 : La Loi du 21 juin 1907 - court métrage de Sacha Guitry
- 1943 : Les Enfants du paradis - première époque Le boulevard du crime de Marcel Carné
- 1943 : Les Enfants du paradis - deuxième époque L'homme en blanc de Marcel Carné
- 1947 : La Fleur de l'âge - film inachevé de Marcel Carné
- 1948 : Madame et ses peaux-rouges (Buffalo Bill et la bergère) de Serge T. de Laroche
- 1949 : Portrait d'un assassin de Bernard-Roland
- 1950 : Georges Braque - documentaire d'André Bureau
- 1951 : L'Amour, Madame de Gilles Grangier
- 1951 : Gibier de potence de Roger Richebé
- 1953 : Le Père de Mademoiselle de Marcel L'Herbier et Robert-Paul Dagan
- 1954 : Le Grand Jeu de Robert Siodmak
- 1954 : Huis clos de Jacqueline Audry
- 1954 : L'Air de Paris de Marcel Carné
- 1956 : Mon curé chez les pauvres d'Henri Diamant-Berger
- 1956 : Vacances explosives de Christian Stengel

- 1958 : Le Passager clandestin de Ralph Habib
- 1958 : Et ta sœur de Maurice Delbez
- 1958 : Un drôle de dimanche de Marc Allégret
- 1958 : Maxime d'Henri Verneuil

- 1959 : Paris la belle - (CM) de Pierre Prévert et Marcel Duhamel
- 1960 : Les Primitifs du XIIIe - (CM) de Pierre Guilbaud
- 1961 : Les Petits Matins ou Mademoiselle stop de Jacqueline Audry
- 1962 : La Loi des hommes de Charles Gérard
- 1962 : La Gamberge de Norbert Carbonnaux
- 1962 : Le Jour le plus long (The Longest day) de Ken Annakin et Andrew Marton
- 1962 : Tempo di Roma de Denys de La Patellière
- 1962 : Le Voyage à Biarritz de Gilles Grangier

- 1967 : Dina chez les rois -(CM) de Dominique Delouche
- 1977 : Jacques Prévert - (MM) de Jean Desvilles
- 1985 : Carné, l'homme à la caméra -de Christian-Jaque
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- Prochainement:
*Maurice Tourneur * Cinéma Fantastique (Halloween)* Jean Gabin * Greta Garbo *John Ford *Kirk Douglas*Noël-Noël*Olivia de Havilland*Raimu *Louis Jouvet * Le Film Noir (2ème partie)*Fred Astaire * Busby Berkeley...
MARLENE DIETRICH, LA VENUS BLONDE
MARLENE DIETRICH 1901 - 1992
Actrice, Chanteuse Américaine




Maria Magdalena von Losch Dietrich, plus connue sous le nom de Marlène Dietrich est née le 27 décembre 1902 à Berlin. Certains biographes et historiens du cinéma ne sont pas tous d'accord, au sujet du lieu et de la date de naissance. De famille bourgeoise, orpheline de père officier de la police prussienne, mort pendant la Grande Guerre, sa mère se remaria avec Eduard von Losch qui était officier dans un régiment de grenadiers. Marlène Dietrich avait fait des études musicales à l'école de Dessau et fréquenté l'académie de Max Reinhardt, au Deutsches Theater.
Marlène débute au cinéma en 1919 dans "Im Schatten des Glücks" de Jacob Fleck et Luise Fleck, mais il faudra attendre 1923 pour officialiser les débuts au cinéma avec "Le Petit Napoléon" (Der Kleine Napoleon) de George Jacoby, elle épouse le 17 mai 1923 Rudolf Sieber, scénarite et assistant réalisateur, dont elle avait eu une fille en 1924. Elle participe à l'interprétation de textes d'auteurs importants, comme Shakespeare, Kleist, Wedekind...en compagnie d'acteurs de renommés comme Hans Albers...mais ses succès personnels les plus marquants, elle les avait obtenus avec les comédies musicales : "Es liegt in der luft" (1923), "Broadway" (1925), et "Zwei Kravatten" (1928). Ce fut précisément en voyant Marlène Dietrich dans ce dernier spectacle que le réalisateur Josef von Sternberg eut la conviction d'avoir découvert l'interprète idéale du film qu'il avait alors en projet...
Il convient de rappeler que si c'est Sternberg qui a "crée" Marlène, ce n'est pas lui qui la fit débuter à l'écran. Quand il a découvrit sur scène, elle avait déjà 17 films à son actif, bien entendu dans de petits rôles. "L'homme au bord de la route" (Der Mensch am Wegen1923) de William Dieterle, "La Rue sans joie" (Die Freudlose Gasse,1926) de G.W. Pabst, "La Du Barry" (Eine Du Barry von heute,1926) d'Alexander Korda et "Le Navire des hommes perdus" (Das Schiff der verlorenen Menschen,1929) du cinéaste français Maurice Tourneur.
Le bout d'essai auquel Sternberg soumit Marlène Dietrich avant de l'engager constitue la deuxième étape de la création de son mythe. Sternberg fut littéralement subjugué par l'effet de la voix rauque de la jeune actrice tandis qu'elle interprétait une chansonnette assez leste :"You're the Cream in my Coffee". L'enthousiasme du metteur en scène était loin d'être partagé par l'acteur Emil Jannings à qui était dévolu le rôle principal de "L'Ange bleu" (Der Blaue Engel,1930). Avec ce film, en effet, Jannings, la plus grande gloire du cinéma germanique, s'apprêtait à faire ses début au parlant. L'UFA et le producteur Erich Pommer avaient tout mis en oeuvre pour "servir" l'acteur et en faire le véritable pivot du film : un sujet fort tiré du roman de Heinrich Mann : "Professor Unrat", un personnage dramatique, une équipe technique de haut niveau, Hans Albers et Rosa Valetti dans les seconds rôles, enfin, un metteur en scène d'origine autrichienne qui venait de faire ses preuves à Hollywood l'année précédente avec "Les Nuits de Chicago" (Underworld).
Jannings sentit le danger et il n'eut pas tort. Dès le début du tournage, par la grâce de l'actrice et la volonté du metteur en scène, Jannings se rendit compte qu'il ne serait pas la véritable vedette du film. Il tenta, mais en vain, de désamorcer la mécanique explosive de Lola-Lola en forçant son propre jeu (lequel ne se caractérisait pas, déjà, par la subtilité et la retenue).
Vaincu, il se laissa gagner par la colère. "Durant le tournage de la scène de strangulation, a raconté Dietrich, Jannings donnait l'impression de vouloir m'étrangler pour de bon. Mon cou resta couvert de bleus après que la scène eut été tournée." Jannings ne pardonna jamais à l'actrice le tour que celle-ci lui avait involontairement joué. Plus tard, devenu l'acteur officiel de l'Allemagne nazie, d'autres motifs s'ajoutèrent à son ressentiment envers Marlène. Celle-ci, en effet, n'avait pas répondu aux demandes réitérées de Goebbels la priant de revenir dans son pays, et avait obtenu, en 1939, la citoyenneté américaine. Toutefois, Janning ne pouvait renoncer à apparaître comme un des responsables d'un évènement historique (du moins sur le plan cinématographique); dans ses mémoires, publiés après sa mort, il prétend que ce fut lui qui conduisit Sternberg voir Dietrich dans "Zwei Krawatten".
L'engouement de Sternberg et le succès de "L'Ange bleu" ouvrirent à Dietrich la route de Hollywood, plus précisément celles des studios de la Paramount où l'on cherchait un type de femme à opposer à celui de Greta Garbo, star de la MGM. Etre originaire d'Europe était un élément très apprécié à Hollywood; mais les actrices étaient rapidement débarrassées de tout ce qui faisait au départ leur originalité pour qu'elles puissent devenir conformes à un certain style plus hollywoodien. Marlène perdit ainsi sa spontanéité charnelle toute berlinoise; son corps et son visage furent soumis à des traitements amincissants pour présenter une image plus allusive et énigmatique de l'érotisme. Dans le cas de Marlène Dietrich, pourtant, c'est plus Sternberg que Hollywood qui porta la responsabilité de cette transformation.
En véritable Pygmalion, il transféra sur sa vedette tout le poids de sa sensibilité inquiète et troublée. Il créait la femme-symbole, celle qu'on ne peut pas suivre jusqu'au bout du monde après l'avoir rencontrée. Les exemples ne sont pas rares, dans l'histoire du cinéma, de tels transferts aboutissant à la création d'un personnage mythique, mais celui de Sternberg est sans aucun doute le plus éclatant.
Séduit par le thème de la perdition de l'homme par la femme, fascinante incarnation du démon de la chair, Sternberg avait beaucoup travaillé autour du personnage de Lola-Lola, notamment au niveau de l'éclairage, utilisant tous les effets de clair-obscur du cinéma expressionniste. Lola-Lola incarne la sensualité à l'état pur. Peu à peu, dans les films que Sternberg et Dietrich réalisèrent ensemble à Hollywood, cette image perdit de son animalité pour gagner en sophistication.
Amoureuse éperdue d'un légionnaire interprété par Gary Cooper dans "Coeurs brûlés" (Morocco,1930), ce fut le premier film américain de Marlène Dietrich. Sternberg et la Paramount changèrent le titre original en "Morocco" pour donner ainsi plus d'exotisme. Le film obtint trois nominations pour l'Oscar; celle de la meilleure interprétation féminine à Marlène Dietrich, celle de la meilleure mise en scène à Josef von Sternberg. Mais aucun Oscar ne fut décerné, quant à Gary Cooper, il conserva un mauvais souvenir du tournage, pretextant que le cinéaste n'en avait que pour Marlène...
Froide et cynique espionne dans "X-27" (Dishonored,1931) de Sternberg, la Paramount changea le titre en "Dishonred", malgré les protestations de l'auteur, qui faisait remarquer que la jeune femme n'était pas déshonorée, mais fusillée!. Après le succès remporté par le couple Gary Cooper-Marlène Dietrich dans "Morocco", la Paramount avait songé à les réunir à nouveai dans "X-27", mais Cooper ne voulait plus tourner sous la direction de Sternberg avec lequel il ne s'était pa du tout entendu.
Marlène fut une aventurière internationale dans "Shanghai Express" (1932) de Josef von Sternberg. C'est l'un des films les plus connus du tandem Sternberg-Dietrich. Elle enchaîne avec "Blonde Vénus" (1932) où elle incarne une chanteuse de luxe et mère malheureuse dans "Blonde Vénus" (1932). C'est la cinquième collaboration de Marlène avec Sternberg, elle a pour partenaires : Cary Grant et Herbert Marshall.
En 1933, alors que Sternberg se trouve en Europe, Marlène demanda auprès de la Paramount, que le cinéaste dirige son prochain film : "L'Impératrice rouge" (The Scarlet Empress,1934), Sternberg accepta, et Marlène incarna Catherine de Russie, tsarine de toutes les russies. Marlène est aussi perverse que passionnée dans "La Femme et le Pantin" (The Devil is a Woman,1935) de Josef von Sternberg, tous ces rôles, auxquels l'actrice se prête avec docilité, ne servent qu'à glorifier un même personnage : la femme fatale.
A l'énumération de ces rôles, on ne peut pas ne pas songer à ceux de Garbo. L'espionne de "X-27" renvoie à "Mata-Hari", "L'impératrice rouge" à "La Reine Christine", la demi-mondaine de "Shanghai Express à "Anna Christie"...
"L'Enigme" (1929) de Kurt Bernhardt
















Le Chevalier sans armure (Knight without Armour,1937) de Jacques Feyder

Très avertie du goût des spectateurs, Marlène Dietrich savait innover et remodeler son personnage quand l'occasion se présentait. Après sa rupture avec son cinéaste Pygmalion, elle sut rencontrer les réalisateurs les plus talentueux et amorcer une nouvelle carrière, tout en préservant son image symbolique. Après Sternberg, le mythe persiste, mais Marlène y introduit la dimension de l'ironie, de la légèreté malicieuse et, pour tout dire, de l'intelligence.
C'est Ernst Lubitsch qui l'aida à ranger au rayon des accessoires tout ce qui est "strass et clinquant de la periode sternbergien. Il supervisa et produisit : "Desir" (Desire,1936) de l'élégant Frank Borzage et réalisa "Ange" (Angel,1937). Dans cette comédie sophistiquée sur l'adultère, le maître viennois de Hollywood révélait enfn le véritable visage de l'actrice et sa grâce spirituelle. Curieuse vocation que celle de Lubistch : deux ans plus tard, il jetait aux orties le personnage romantique de la Divine, Greta Garbo. A partir d' "Ange", Marlène allait utiliser, avec beaucoup d'humour, de subtilité et de brio, son personnage symbolique dans ces films brillants et très divertissants. Mais celui de Lubitsch fut à la fois un échec public et critique. En 1936, Il avait supervisé "I Love a Soldier", où Marlène était la partenaire de Charles Boyer. Le tournage fut interrompu, et terminé longtemps après avec d'autres comédiens.
Se succédèrent ainsi : "Femme ou démon" (Destry Rides Again,1939) de George Marshall, "La Maison des sept péchés" (Seven Sinners,1940) de Tay Garnett (le film connut une succès populaire. Agée de 40 ans, la femme-fatale inaugurait une série de personnages plus mûrs, où elle ne trichait plus avec son âge...). C'est le premier film qui réunit Marlène Dietrich et John Wayne. Les deux comédiens se retrouveront à nouveau deux ans plus tard pour "Les Ecumeurs" (The Spoilers,1942) de Ray Enright et "La Fièvre de l'or noir" (Pittsburgh,1942) de Lewis Seiler.
Il y eut aussi "Madame veut un bébé" (The Lady Is willing,1942) de Mitchell Leisen. Interprète intelligente, elle peut collaborer d'égal à égal avec des metteurs en scène exigeants : Jacques Feyder dans "Le Chevalier sans armure" (Knight Without Armour,1937) ou René Clair dans "La Belle ensorceleuse" (The Flame of New-Orleans,1941), qui fut un échec commercial, malgré des critiques qui considèraient cette oeuvre "cocasse et impertinente", en effet, on est ici en présence du cas assez rare d'une actrice qui se sert de son expérience pour se tourner gentiment en dérision. Marlène semblait vouloir marquer son détachement jusque dans sa manière de s'habiller : il n'était pas rare de la voir, désormais porter, dans sa vie privée, de simples vêtements masculins.
Au cours de la seconde guerre mondiale, Marlène Dietrich se dévoue pour l'United Services Organisation, allant de base militaire en base militaire, en se rendant en France, en Tchécoslovaquie, aux Iles Aléoutiennes. Elle suivit les troupes alliées, participant au maintien moral des hommes en chantant pour eux (ce qui lui valut la Légion d'honneur). C'est d'ailleurs, elle-même qui annonça aux militaires devant lesquels elle se produisait à Anzio que le débarquement de Normandie venait de commencer. A l'époque, Marlène avait en toute conscience et bien qu'il en coutât quitter son pays et refuser le nazisme. Au moment même où les armées de Hitler envahissaient l'Europe, elle optait pour la nationalité américaine.
Ce n'est plus le public qui accrédite le mythe de Marlène, c'est le cinéma lui-même. On ne fait pas plus de films centrés sur un personnage totalement fictif, mais sur une femme bien réelle, riche d'expérience, tant au cinéma que dans sa vie privée. Son jeu nuancé et sa précense à l'écran, son abattage lui attirent des auteus particulièrement prestigieux : avec Fritz Lang, elle tourne "L'Ange des Maudits" (Rancho Notorious,1952) et avec Orson Welles, "La Soif du mal" (Touch of Evil,1958).
Hitchcock très sensible au charme des femmes blondes, fait appel à elle pour "Le Grand Alibi" (Stage Fright,1950). Billy Wilder réédite, à sa manière, son vieux duel avec Emil Jannings en la confrontant à Charles Laughton dans "Témoin à charge" "Witness for the Prosecution,1957). C'est presque de droit qu'elle figure au générique du "Procès à Nuremberg" (Judgement at Nuremberg,1961), dans lequel Stanley Kramer a dressé le bilan nazisme.
affiche sur : www.cinetomdvd.com à partir du 20 octobre 2011

La Scandaleuse de Berlin (A Foreign Affair,1948) de Billy Wilder


Le Voyage Fantastique (No Highway in the Sky,1951)
Une Histoire de Monte Carlo (The Monte Carlo Story,1957)

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Après avoir tourné un avant-dernier film en 1964, sous la direction de Richard Quine aux côtés de William Holden et Audrey Hepburn dans "Deux têtes folles" (Paris when it sizzles), Marlène a pratiquement mis fin à sa carrière cinématographique. A près de quatre-vingts ans, elle est apparue encore à l'écran dans "Just a Gigolo" (Schöner Gigolo-Armer Gigolo,1979), de David Hemmings pour jouer le rôle d'une vieille maîtresse dans le Berlin de Lola-Lola. Pendant des années, elle s'est consacrée à sa carrière de chanteuse. Comme au cinéma, ses récitals font la preuve d'un professionnalisme parfait : jamais plus de seize morceaux au programme, répétés obstinément avec l'orchestre; le moindre détail est étudié afin d'obtenir l'effet souhaité.
Des robes que nulle autre qu'elle ne pourrait ou n'oserait porter aux éclairages, en passant par la mise en scène et le maquillage, tout porte sa marque. Hemingway lui a dit un jour : "Tu es immortelle". Immortelle en effet, grâce à la magie de l'écran, apparaîra-t'elle toujours coiffée de son gibus, campée sur ses longues jambes, dans la fumée des cigarettes du cabaret de l'Ange bleu...
Le 15 juin 1976 mourait à New-York Rudolf Sieber, le père de sa fille Maria. Marlène Dietrich reçoit la Légion d'honneur le 2 janvier 1990, elle vécut à Paris, avenue Montaigne pendant une quinzaine d'années, avant de mettre un terme à sa vie, en se procurant des médicaments. Elle décède le 6 mai 1992 à Paris, dix ans après le décès de son amie Romy Schneider...
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*Prochainement : ARLETTY
LE GRAND COUTEAU DE ROBERT ALDRICH
LE GRAND COUTEAU
Coup de Coeur *****
de Robert Aldrich 1955
"The Big Knife"


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Nous sommes à Bel-Air, dans la luxueuse résidence de Charlie Castle (Jack Palance), célèbre acteur de cinéma qui est à un tournant de sa carrière. Sa femme, Marion(Ida Lupino), est sur le point de le quitter, lui reprochant sa vie dissolue et sa faiblesse envers son producteur, le perfide et retours Stanley Hoff (Rod Steiger). Celui-ci survient précisément pour arracher à sa vedette la signature d'un contrat qui le lie à lui pour sept ans. Un chantage l'y aide : Charlie a en effet sur la conscience le meurtre accidentel d'une fillette, alors qu'il conduisait en état d'ivresse et en galante compagnie.
L'affaire a été étouffée mais va rebondir à la suite des bavardages d'une figurante sans malice, Dixie (Shelley Winters). La presse à scandale s'en mêle...Pris entre sa femme qui le pousse à tout quitter et son producteur prêt à toutes les compromissions, Charlie tergiverse. Jusqu'au moment où l'on apprend que Dixie a été trouvée morte, accidentellement, bien sûr...A bout de nerfs, prenant enfin conscience de sa veulerie et du milieu corrompu qui est le sien, Charlie s'ouvre les veines dans la salle de bains. Smiley, le bras droit du producteur, dicte aux journalistes une version habilement édulcorée de l'évènement. Tout le monde paraît satisfait. Sauf Marion qui, seule au centre de la pièce, hurle son désespoir...
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Charlie Castle |
Jack PALANCE |
Marion Castle |
Ida LUPINO |
Staley Hoff |
Rod STEIGER |
Dixie |
Shelley WINTERS |
Hank |
Wesley ADDY |
Smiley CoyNat |
Wendell COREYEverett SLOANE |
| Réalisateur : Robert ALDRICH | |
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D'après la pièce de Clifford ODETS |
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Scénario : James POE |
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Montage : |
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| Directeur de la photographie : Ernet LASZLO | |
| Décors et costumes : William GLASCOW | |
| Musique : Frank DEVOL | |
| Producteur : Jack R. BERNE | |
| Co-Producteur : | |
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Distributeur : Artistes Associés Date de sortie : 1955 Durée : 111 mn /USA / DRAME PSYCHOLOGIQUE |
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"Le Grand Couteau" (The Big Knife,1955) est l'adaptation à l'écran de la pièce de Clifford Odets, jouée avec succès à Broadway. C'est Robert Aldrich qui assura la mise en scène, juste après avoir orchestré le tournage de deux films importants : "Vera Cruz" et "En quatrième Vitesse". Metteur en scène ayant une filmographie ou tous les genres cinématographiques sont représentés : "Le jour où la terre s'arrêta", "West Side Story", "Qu'est-il arrivé à Baby Jane?", "Le Vol du Phoenix", "Bronco Apache"...
"Le Grand couteau" est une satire virulente de la décadence de certains milieux cinématographiques américains. Le rôle principal du célèbre acteur de cinéma devait être incarné par John Garfield, celui-ci ayant décédé peu de temps avant la préparation du tournage, c'est Jack Palance qui fut choisi, alors qu'il commençait à devenir célèbre en interprétant des rôles de "méchants". "La peur au ventre"... C'est aux Bouffes Parisiennes, sous la direction de Jean Renoir que l'on transposa la pièce, interprétée par Daniel Gélin, Claude Génia et Paul Bernard.
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FRITZ LANG, LE GRAND HOMME DU CINEMA ALLEMAND
FRITZ LANG 1890 - 1976
Cinéaste Américain d'origine allemande
L'oeuvre de Fritz Lang est celle d'un "moraliste hautain". Univers très noir, hanté de culpabilité, peuplé de héros solitaires qui se débattent dans un monde hostile ou indifférent, et dont une mise en scène totalement maîtrisée accentue le caractère étouffant.
Friedrich Christian Anton Lang plus connu sous le nom de Fritz Lang, est né le 5 décembre 1890 à Vienne. Il est le fil d'un architecte en vue qui, désireux de le voir succéder, lui fait entreprendre des études d'architecture. Mais le jeune homme renâcle, s'adone d'abord à la peinture, puis rompt avec sa famille et s'engage dans un long voyage autour du monde. Il est à Paris lorsque la guerre éclate. Interné, il s'évade, rejoint l'Autriche et revêt l'uniforme. Il sera plusieurs fois blessé, perdra un oeil. C'est dans un hôpital militaire qu'il rencontre par hasard le cinéaste Joe May. Celui-ci l'introduit auprès de la compagnie cinématographique Decla, et met en scène un scénario écrit par Fritz Lang, "Mariage au club des Excentriques" (Die Hochzeit im Exzentric-Club,1917).
Mais celui-ci ne se satisfait pas longtemps de ses fonctions de scénariste. Les films qu'on tire de ses oeuvres lui paraissent infidèles et sans imagination. Il manque, de peu, réaliser "Le Cabinet du docteur Caligari". L'amitié d'Erich Pommer, patron de la Decla-Bioscop, lui permet enfin de passer à la mise en scène avec "Le Rastaquouère" (Halb Blut,1919), aujourd'hui perdu, comme d'ailleurs la plupart de ses premiers films : il ne subsiste de cette époque que les deux épisodes des "Araignées" (Die Spinnen,1919 et 1920). C'est un serial qui accumule les péripéties feuilletonesques. On y trouve déjà, toutefois, le thème de l'organisation romanesquement criminelle, ainsi qu'un vif souci de la construction dramatique, caractéristique de toute son oeuvre.
"Les Trois Lumières" (Der Müde Tod,1921) est un film admirable. Une jeune fille cherche à arracher son fiancé à la mort. Celle-ci lui propose un marché : elle épargnera le jeune homme, si sa fiancée parvient à sauver la vie de trois autres personnes. Chaque épisode (à Bagdad, en Chine, à Venise) est le récit d'un échec, et l'héroïne ne trouvera de solution qu'en rejoignant l'homme qu'elle aime dans la mort. Par-delà une intrigue reprise du romantisme allemand, l'oeubre retient par son extraordinaire beauté formelle : plans rigoureusement composés, rôle plastique des éléments architecturaux (murs, escaliers), éclairages savants. Si la production de Lang est, comme le disait Claude Chabrol, une "métaphysique de l'architecture", jamais cette définition n'aura été plus justifiée qu'ici. C'est aussi un chef-d'oeuvre de l'expressionnisme allemand.
"Le Docteur Mabuse" (1922); deux épisodes : "Doktor Mabuse der Spieler et Inferno) reprend, par sa structure policière, les thèmes d'inspiration des "Araignées". Mais le docteur Mabuse est un génie du Mal d'une tout autre envergure, et surtout le film est une extraordinaire évocation de film de l'Allemagne du régime de Weimar, vaincue et fiévreuse. Lang crée là un personnage qui le poursuivra toute sa vie, et où certains, comme Siegfried Kracauer, ont voulu voir une préfiguration de Hitler.
Le premier épisode du cycle des "docteur Mabuse" porte le sous-titre original de "Le grand joueur" (Dr Mabuse der Spieler). Sorti en France sous le titre de "Mabuse le joueur". Le deuxième épisode est intitul" "Inferno, une pièce sur les hommes de ce temps". En France, plus connu sous le titre "Mabuse le démon du crime" (Inferno, Ein Spiel Von Menschen unserer Zeit). Ce film proposé en deux épisode, fut un des gros succès de la firme U.F.A. , et fut pourtant interdit aux moins de dix-huit ans en Allemagne.
Fritz Lang donna une suite en utilisant le parlant avec"Le Testament du docteur Mabuse" (Das Testament des Dr. Mabuse,1932), dont l'antinazisme n'est pas niable. Mais Lang n'est pas à cette époque comme plus tard, un auteur à "message". Ce qui l'intéresse, c'est le zeitgeist, "l'esprit du temps", c'est-à-dire un ensemble de préoccupations collectives, qu'il répercute et remodèle à la fois. Il tourne d'ailleurs juste après Mabuse, "Les Nibelungen" (Die Nibelungen,1924) d'une importance capitale dans l'oeuvre du cinéaste. Deux ans de préparation, trente et une semaines de tournage, effectué en studio à Berlin. Lang définissait son film comme un document national susceptible de faire connaître la culture allemande dans le monde entier"
Cette puissante récréation des grandes légendes germaniques souleva une polémique inverse, certains critiques ayant cru devoir l'interpréter, a posteriori, comme une prophétie des thèses nazies. Les intentions de Fritz Lang étaient bien sûr différentes. Il semble bien n'avoir vu dans "les Nibelungen" que le prétexte à un fabuleux exercice de style : "Je n'ai jamais eu beaucoup de sympathie pour Siegfried, comme héros. Il est menteur, escroc, et plutôt insipide. Toutefois, ce fut à l'époque une chose merveilleuse que de pouvoir disposer de tous ces gens, et de faire construire des forêts entières..."
L'oeuvre comporte deux parties : "Siegfried (Siegfrieds Tod) et "La Vengeance de Kriemhilds Rache). La première est aussi statique que la seconde est mouvementée, mais toutes deux se caractérisent par une farouche volonté de stylisation qui n'est pas dépourvue de hiératisme. Reste un film où la mise en scène est à elle-même son propre objet, et dont on comprend l'impact qu'il eut dans une Allemagne traumatisée par la défaite.
Celle-ci est à l'arrière plan de "Métropolis" (1926). Cette oeuvre colossale, le plus coûteux des films jamais produits en Allemagne, a vieilli : l'intrigue en est naïve, et la fin, grandiose réconciliation du Capital et du Travail, passablement artificielle...Mais cette description d'une ville industrielle de l'avenr, où s'opposent des ouvriers réduits à l'esclavage et des maîtres tout-puissants, a gardé beaucoup de sa force (les mouvements de la foule y sont impressionnants) et toute sa poésie.
Fritz Lang est alors au sommet de sa carrière. Les deux films qu'il tourne ensuite, "Les Espions" (Spione,1928) et "La Femme sur la Lune" (Frau im Mond,1929) ne représentent pourtant qu'une reprise de thèmes déjà utilisés, si remarquables qu'ils soient par ailleurs. Pour le tournage de ces deux films, le cinéaste dut crée sa propre maison de production, la "Fritz Lang Film GMBH.

La Femme sur la Lune (Frau Im Mond,1928)



"M le Maudit" (M,1931) est peut-être le plus grand de son auteur, il reprend des procédés stylistiques chers à Lang, et d'origine expressionniste (composition géométrique des plans, emploi symbolique d'éléments architecturaux, éclairages contrastés), il est aussi chargé de mille éléments réaliste. Il montre, dans tous ces détails, une société condamnée. "M" (première lettre du mot allemand "der Mörder", le meurtrier) s'appelait initialement "Les assassins sont parmi nous". Le parti nazi, s'estimait visé, interdit à Fritz Lang de tourner tant que le titre ne serait pas changé... Quant à l'histoire, elle s'inspire du cas Kuerten, connu aussi sous le nom du Vampire de Dusseldorf. Lang précisa : "Mon film a été conçu avant qu'il n'ait été découvert : bien des choses prévues pour le film se sont trouvées réalisées. Je n'ai personnellement emprunté que certains détails à la réalité comme celui par exemple de la pègre décidée à supprimer l'homme gênant pour son travail." Peter Lorre, formé à l'école de Bretch, fut obsédé pendant toute sa carrière par ce rôle et reste à tout jamais M., le maudit.
L'arrivée des nazis au pouvoir vaut à Lang une proposition inattendue : Goebbels, négligeant "Le Testament du docteur Mabuse" (qu'il a d'ailleurs fait interdire) et les origines juives du cinéaste, lui offre la direction du cinéma allemand "rénové". Lang prend le soir même le train pour la France. Il y tourne "Liliom" (1934), puis s'installe aux Etats-Unis, ou il devra attendre 1936 pour tourner son premier film américain, "Furie" (Fury) avec Spencer Tracy et Sylvia Sidney. L'histoire, Joe Wilson (Spencer Tracy) est accusé à tort d'être un kidnappeur. La foule attaque la prison et y met le feu. On le croit mort; mais il se cache, pousse ses frères à attaquer en justice ceux qui voulaient le tuer. Tous sont condamnés à mort, et Joe pense d'abord à les abandonner à leur sort. Ce n'est que supplié par sa fiancée qu'il se décide à se rendre au tribunal. On voit l'ambiguïté de l'apologue : l'innocent Joe identifie justice et vengeance, et sacrifie la première à la seconde, rééditant le geste même de ses meurtriers.
Il commence alors la seconde partie de sa carrière, qui semble n'avoir plus aucun rapport avec ses films antérieurs. Le changement le plus frappant affecte la mise en scène elle-même : sûre de ses pouvoirs au besoin délibérément ostentatoire dans la période allemande, elle se fait discrète, presque invisible, et ne vise plus que la plus extrême sobriété. L'effacement des thèmes qu'on aurait cru spécifiquement "langiens" va de pair avec une soumission apparente aux pires conventions hollywoodiennes. Une telle évolution n'a pas manqué de déconcerter la critique : "L'Amérique paraît avoir broyé le grand réalisateur allemand", écrira Georges Sadoul. Il faudra l'intervention des futurs chefs de file de la "Nouvelle Vague", alors critiques aux Cahiers du Cinéma, pour qu'il soit mis fin à la dépréciation systématique des films de cette époque, et à la fétichisation sans nuances des oeuvres allemandes.
Lang n'a, en fait, jamais cédé aux impératifs commerciaux. Le fait qu'il soit passé d'une compagnie à l'autre, qu'il ait lui-même produit certains de ses films, qu'il soit resté, pour de longues périodes, sans tourner, en témoigne suffisamment.
Les deux films suivants, "J'ai le droit de vivre" (You Only Live Once,1937) et "Casier Judiciaire" (You and Me,1938) sont des variations sur le même thème, et forment avec "Furie" une sorte de trilogie, dont "J'ai le droit de vivre" est sans doute le moment le plus fort.
Il avait abordé là un genre "critique", à préoccupations sociales. Il passe alors à des structures nettement plus manichéennes. Le western d'abord : Dès son arrivée à Hollywood, Lang allait enfin pouvoir concrétiser l'un de ses rêves de jeunesse en réalisant un western. De 1938 à 1940, Lang, tout en tournant d'autres film, travaille pour le compte de Zanuck, sur un vaste proje : l'histoire du Far-West. Ce projet ne vit pas le jour. Par contre, Zanuck proposa à Lang, la réalisation dans "Le Retour de Frank James" (The Return of Frank James,1940) qui constitue en quelque sorte de la suite du célèbre brigand (Jesse James, le Brigand bien-aimé). Dans ce film, Lang allait, une fois de plus, traiter ses thèmes favoris, en particulier celui de l'individu face à son destin et surtout celui de la vengeance. Il s'agit également du premier film en couleurs (technicolor) réalisé par Lang. L'année suivante, Fritz Lang tourna "Les Pionniers de la Western Union" (Western Union,1941) avec Robert Young et Randolph Scott . Lang déclara "J'aime les westerns, ils possèdent une morale très simple et très nécessaire. La réalisation de Lang est de la manière la plus traditionnelle mais aussi la plus juste.
Par sa manière de traiter les thèmes les plus fort du genre (importance de la notion d'honneur, de la valeur de la parole donnée et du respect de lui-même), il parvient à en subvertir le code bien établi. La guerre éclate alors. Si elle réveille l'antinazisme de Lang, il est frappant de voir qu'elle l'amène à réaliser des oeuvres qui s'apparentent plus au film d'espionnage qu'au film de guerre proprement dit : c'est le cas de "Chasse à l'homme" (Man Hunt,1941) ou d' "Espions sur la Tamise" ( The Ministry of Fear,1944), ce dernier est à compter parmi les plus riches de sa production. Même "Les Bourreaux meurent aussi" (Hangmen Also Die,1943), inspiré d'un évènement authentique (l'exécution de Heydrich, gauleiter de Tchéscolovaquie, par un groupe de résistants), met l'accent sur le côté "enquête policière" de l'intrigue, avec tous les coups de théâtre que cela comporte. Le traître à la Résistance est ainsi dénoncé par elle aux occupants, comme responsable de l'attentat. Bertolt Brechtn qui collaborait au scénario, fut très mécontent de ce qui lui paraissait être une recherche à tout prix du sensationnel. Mais le point de vue de Lang était tout autre. La lutte clandestine (espionnage ou résistance) implique le double, ou le triple jeu, donc une succession contradictoire d'apparences trompeuses.
Elle est aussi en dehors de toute légalité réelle. La justice passe même par l'illégalité, le héros de "Espions sur la Tamise" (Ray Milland) doit échapper aux espions nazis, mais aussi à la police, qui le prend pour un meurtrier. Echanges de rôles, confusion de fonctions, où Lang peut, mieux que jamais, remettre en cause toute morale abstraite, d'autant plus subtilement que bons et méchants sont clairement désignés dès le départ.

Casier Judiciaire (You and me,1938)

La guerre se terminant, il passe au film policier. C'est une évolution logique, qui est aussi celle d'Hitchcock, par exemple "La Femme au portrait" (Woman in the Window,1944), "La Rue Rouge" (Scarlet Street,1945), "Le Secret derrière la Porte" (Secret Beyond the Door,1948), sont aussi liés par la même atmosphère (mi-policière, mi-psychologique) inquiétante par le retour discret de certains effets expressionnistes, et par une volonté de dépouillement pas toujours dépourvue d'esthétisme.
"House by the River" (1950) est un échec, "Guérillas" (American Guerilla in the Phillipines,1950) un pensum. Le critique français Luc Moullet écrivit : "Le seul film dont Lang ait à rougir...Tout est fade, incolore. Quelques moments dramatiques émergent : le soldat qui se laisse manger par les fourmis pour ne pas crier et trahir la présence de ses camarades..."
Fritz Lang se retrouve avec "L'Ange des Maudits" (Rancho Notorious,1952) admirable western avec Marlène Dietrich, empreint toutefois d'une inquiétante nostalgie funèbre. Le thème de la vengeance (le héros recherche le meurtrier de sa femme) s'y efface derrière une étude très froide des mythes du western et de leur épuisement. Il s'agit du deuxième film en couleurs de Lang et son troisième western. Il y eut aussi "Le démon s'éveille la nuit" (Clash by night,1952) avec Robert Ryan, Barbara Stanwyck et une débutante qui sera révélé au grand public : Marilyn Monroe. "La femme au gardénia" (The Blue Gardenia,1953) est une aigre peinture de milieux figés et mesquins.
Si "Réglement de comptes" (The Big Heat,1953) met en scène un héros typiquement langien (un policier intègre qui lutte contre le banditisme et veut venger la mort de sa femme, tuée à sa place), "La Cinquième victime" (While the City Sleeps,1956) est une oeuvre au vitriol, où aucun personnage n'est épargné. La minutie même du film (qui lie la recherche d'un assassin et de féroces luttes de succession au sein d'un grand journal), avec son intrigue soigneusement enchevêtrée, a quelque chose d'accablant. Le "happy end" lui-même reste très ambigu.
La même attitude inspire un autre chef-d'oeuvre, "Les Contrebandiers de Moonfleet" (Moonfleet,1955), où, cependant, la présence d'un enfant introduit une note d'espoir. Le scepticisme de Lang semble peu à peu se charge d'amertume. Sa vision du monde, qui a toujours été à la fois critique et "dégagée".
Le journalisme est encore le prétexte du dernier film américain de Lang avec "L'Invraisemblable vérité" (Beyond a Reasonable Doubt,1956) avec Dana Andrews. Là encore, le scénario est d'une incroyable subtilité de construction, et repose sur une série de rebondissement successifs, dont chacun annule le précèdent. Un journaliste s'accuse d'un crime, fournissant à la police de preuves fabriquées, il entend démontrer la relativité de la justice, mais aussi se faire de la publicité...Son futur beau-père, directeur de journal, détient les détails de la machination; mais il est tué dans un accident, et le journaliste est condamné à mort. Sauvé à la dernière minute, il se trahit sans le vouloir au cours d'une conversation : il était bel et bien l'assassin et avait monté toute cette affaire pour se blanchir définitivement... Le film fut un échec commercial complet. Il est pourtant significatif de toute la période américaine de Lang. Formellement : tout y est sacrifié à l'intrigue (ce souci exclusif est le niveau auquel s'exerce désormais la "métaphysique" de l'architecture", qui ne progresse qu'en se détruisant. Thématiquement : cette réflexion sur la vérité déchire les apparences les unes après les autres, sans jamais s'arrêter à aucunes d'elles.
La coloration politique et sociale dont sont parés la plupart des films américains de Fritz Lang ne doit toutefois pas masquer le discours fondamental d'un metteur en scène qui, dans son inspiration profonde comme dans son expression essentielle, est toujours demeuré allemand. Or, c'est précisémment en Allemagne que Lang, tournant le dos à Hollywood, allait accomplir sa vision du monde. Avec "Le Tigre du Bengale" (Der Tiger von Eschnapur,1958) et "Le Tombeau Hindou" (Das Indische Grabmal,1958), l'art du cinéaste se dépouille à cet égard de toute ambiguïté. En effet, le caractère délibérément exotique et rocambolesque du récit permet à la mise en scène d'acquérir une totale autonomie : le palais, les costumes et les péripéties ne sont que les vecteurs d'une écriture cinématographique dont le mouvement spatial et temporel fonde une pure architecture de signes et de symboles. Jamais dans l'oeuvre de Fritz Lang, la fascination de la mort et l'obsession du pouvoir absolu n'avaient été exprimées de manière aussi rigoureusement totalitaire.
Cet univers funèbre, hautain et glacé, Lang lui donnera une forme quasiment abstraite dans son dernier film "Le Diabolique Docteur Mabuse" (Die Tausend Augen des Doktor Mabuse,1961), où il renoue avec son personnage le plus célèbre. Dans cette oeuvre testamentaire, il est facile de reconnaître une identification pour le moins troublante entre le metteur en scène et son personnage : les mains du docteur Mabuse, que l'on voit manipuler une console de télévision, ne sont-elles pas les propres mains de Fritz Lang?
Bien qu'il ait continué à travailler sur d'autres projets, aucun de ceux-ci n'a abouti. Il apparaît en 1963 dans "Le Mépris" de Jean-Luc Godard, où il incarne son propre rôle, et Godard, en signe d'hommage, joue celui de son assistant. On se souvient de la fameuse scène où Michel Piccoli présente Fritz Lang à Brigitte Bardot en lui donnant pour référence, le films qu'ils viennent de voir du Grand Homme du Cinéma Allemand : "L'ange des maudits" avec Marlène Dietrich.
Fritz Lang est mort à Los Angeles le 2 août 1976, à l'âge de quatre-vingt six ans.
Les Bourreaux meurent aussi (1942)









Guérillas (1950)










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DECES DE L'ACTRICE FRANCAISE PAULETTE DUBOST
DECES DE L'ACTRICE FRANCAISE
PAULETTE DUBOST
1910 - 2011


La comédienne française Paulette Dubost, grand second rôle de l'après-guerre et interprète dans une centaine de films dont "La Règle du jeu" (1939) de Jean Renoir, est décédée mercredi 21 septembre 2011 à l'âge de 100 ans.
Paulette Dubost doit être incinérée aux Ulis, dans la banlieue parisienne. Digne descendante des servantes espiègles de Marivaux, cette petite femme, au visage tout en rondeur, au sourire malicieux et à l'irrésistible accent faubourien, avait donné la réplique aux plus illustres acteurs français, de Raimu à Fernandel, Louis Jouvet à Bourvil, Brigitte Bardot à Catherine Deneuve, de Michel Piccoli à Gérard Depardieu.
Elle fut la partenaire de Buster Keaton dans "Le Roi des Champs-Elysées" (1935) de Max Nossek. Paulette Dubost fut l'une de nos comédiennes françaises les plus célèbres d'avant et d'après guerre, sa gouaille et sa frimousse contribuèrent à être présente à de nombreuses manifestations culturelles ou publicitaires, ce qui lui permit d'accèder à une certaine célèbrité.
Après avoir tourné dans plus de 165 films, après avoir travaillé avec quelques uns des plus grands cinéastes tels que Jean Renoir, Max Ophuls, Marcel Carné, Henri Decoin, Marcel L'Herbier, Julien Duvivier, Jean Delannoy, Claude Autant-Lara, Louis Malle, François Truffaut, Yves Allégret et tant d'autres y compris ceux qui n'ont peut être pas la même renommée mais qui ont été de véritables artisans : Gilles Grangier, Henri Verneuil, Pierre Tchernia, Georges Lautner, André Hunebelle.
Paulette Dubost aura joué avec quelques uns des plus prestigieux acteurs du cinéma français : Jean Gabin, Fernandel, Bourvil, Harry Baur, Louis de Funès, Buster Keaton, Arletty, Julien Carette, Albert Préjean, Michel Simon, Charles Boyer, Gaby Morlay, Pierre Brasseur, Louis Jouvet, Charpin, Pierre Fresnay, Danielle Darrieux, Martine Carol, Alain Delon, la liste est longue, et il semblerait qu'elle soit la doyenne des actrices françaises, sans oublier Suzy Delair, Danielle Darrieux, Michèle Morgan, Micheline Presle.
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http://cinetom.canalblog.com/archives/2010/03/16/17253301.html
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PAULETTE DUBOST 1910 - 2011
Actrice Française

Paulette Dubost, de son véritable nom Paulette Marie Emma Deplanque est née à Paris le8 octobre 1910. Elevée dans le milieu du spectacle (sa mère, Suzanne était chanteuse à l'Opéra-Comique, son père était ingénieur du gaz), petit-rat à l'Opéra de Paris, dès l'âge de sept ans (aux côtés d'Odette Joyeux et Josette Day) , mais comprenant qu'elle ne sera jamais une danseuse étoile, elle se tourne vers les revues de music-hall et l'opérette Paulette Dubost doit à la danse son premier contact avec le public. Elle s'essaye à l'Opérette. Elle entre au conservatoire de Paris en 1927, dans la section "Chant et Comédie".
Ces premiers pas sur les planches se passèrent aux Bouffes Parisiens avec "Les Aventures du Roi Pausole" que le réalisateur Wilhem Thiele lui propose de jouer le rôle d'une acheteuse de bas dans "LE BAL" (1931) avec dans le rôle principal André Lefaur.
De 1932 à 1933, Paulette Dubost tourne dans un nombre important de longs métrages, citons "Dans les rues" (1932) de Victor Trivas aux côtés de Madeleine Ozeray (épouse de Louis Jouvet) et Jean-Pierre Aumont (jeune premier), "L'Ordonnance" (1933) de Victor Tourjansky avec un débutant nommé Fernandel et l'actrice Marcelle Chantal (mère de Micheline Presle). Il y eut également un film sous la direction de Jacques Tourneur : "Pour être aimé" (1933).
Dès lors, elle sera l'interprète de très nombreux films, essentiellement des vaudevilles et des comédies. Son physique et sa nature enjouée la font spécialiser dans les rôles de soubrette.
Sa petite frimousse, son travail assidu et des tournages qui se succèdent, favorise sa popularité. Elle accède au premier rôle féminin dans des petits films ou l'accède presque au vedettariat à sans prétention tels que : "LE BONHEUR" (1934) réalisé par Marcel L'Herbier avec Gaby Morlay, Charles Boyer et Michel Simon. Avec son petit nez retroussé "à la parisienne", Paulette Dubost devient populaire et se fait remarquer aux côtés de Jean Servais dans"JEUNESSE" (1934) de Georges Lacombe. Citons également : "Le Comte Obligado" (1934) de Léon Mathot, "La Petite Sauvage" (1935) de Jean De Limur avec José Noguero, "La Rosière des Halles" (1935) de Max Glass, "L'Auberge du Petit Dragon" (1934) de Jean de Limur avec Albert Préjean, "Le Bébé de l'escadron" (1935) de René Sti, aux côtés de Michel Simon et Pierre Brasseur puis "La Brigade en jupons" à nouveau de Jean de Limur .
Un autre film intéressant : "Ferdinand Le Noceur" de René Sti interprétés par Fernandel, Alerme, on se souvient de cette fameuse scène où les deux acteurs s'immobilisent devant le portrait Paulette Dubost, sa sortie au cinéma date du 28 février 1935. En 1936, Paulette Dubost donne la réplique à Buster Keaton, qui clôture sa carrière cinématographique avec un film sans grand intérêt :"Le Roi des Champs-Elysées" (1936) ...
En 1936, elle abandonne le cinéma, refuse une proposition alléchante de la Fox et se marie. C'est Marcel Carné qui la décide à revenir au cinéma, en 1938, avec "HOTEL DU NORD" en interprétant Ginette, femme volage à l'accent parigot. Puis vient "LA REGLE DU JEU", qui demeure son film favori. Paulette Dubost retrouve son partenaire de "L'ordonnance", Fernandel, qui l'attend le temps d'un tournage, celui de "BARNABE" (1938) d'Alexandre Esway avec Noel Roquevert
En 1939, Paulette Dubost interprète le rôle de "BECASSINE" en sabots, coiffe légère au vent, visage rond que surplombe un nez en trompette, est un échec artistique et commercial alors qu'il aurait dû être le début d'un carrière prometteuse pour l'actrice aux joues roses. Cela ne l'empêchera pas de chanter, danser, jouer la comédie d'un jeu simplet coloré de fraîcheur. Paulette Dubost déclara : "Mon personnage de Becassine, ça été une chance ratée. Ca m'a caalogué. Je suis contente d'avoir été une artiste dite comique, mais ça m'empêchait de tenir des rôles plus graves. Quand on pense à (Raymond) Bussières, on l'a découvert à soixante-seize ans dans "Le pain noir", à la télé, après tant d'années à jouer les gouapes. Quel merveilleux comédien il était, Bubu ! J'ai un copain qui n'a joué que les curés, (Jacques) Monod n'interprétait que les juges et (Robert) Dalban des patrons de bistros".
Pendant l'occupation, Paulette Dubost ne tourne que très peu de films. 1939 : "Le Paradis des voleurs" de L. C. Marsoudet avec Charpin, Roland Toutain, Aimos, Carette. 1941 : "Opéra-Musette" (1941) de René Lefèvre et Claude Renoir avec Saturnin Fabre, René Lefèvre et Raymond Bussières. 1942 : "Je suis avec toi" d'Henri Decoin avec Pierre Fresnay, Yvonne Printemps et Bernard Blier.
Fernandel réalise "Adrien" (1943) et retrouve Paulette Dubost par la même occasion, le temps d'un tournage. Elle enchaîne avec plusieurs longs métrages, on peut retenir "Farandole" (1944) d'André Zwobada avec Gaby Morlay, André Luguet, Bernard Blier.Elle incarnait une prostituée. Puis "Au Petit Bonheur" (1945) du cinéaste Marcel L'Herbier avec Danielle Darrieux dans le rôle principal.
Tant de simplicité, tout en gardant une façon touchante et sentimentale, sont les qualificatifs que l'on conserve pour décrire une partie de la personnalité de cette comédienne. 1945-1946, elle tourne sous la direction d'un ancien avocat devenu réalisateur, André Cayatte qui réalise successivement "Roger La Honte" et "La Revanche de Roger La Honte" avec Lucien Coedel, Paul Bernard, Maria Casarès, Jean Debucourt, Louis Salou, Jean Tissier, Jean Desailly...
En 1947 et 1949, elle donne la réplique à deux reprises à Bourvil dans "Blanc comme Neige" et "Le Roi Pandore" tous deux signés par André Berthomieu. Paulette Dubost, Francis Blanche et Maurice Baquet sont les principaux protagonistes du film de Fernand Rivers : "Tire-au-Flanc" (1949). Une enième fois, elle fut la partenaire de Fernandel dans "Uniformes et Grandes Manoeuvres" (1950) de René Le Hénaff.
Il lui faudra ensuite attendre 1951, date à laquelle, elle participera au tournage du film de Max Ophuls "LE PLAISIR" (1952), pour apparaître dans un film important; elle avoue ne pas lire les scénarios des autres : "Si je les lisais, dit-elle, je refuserais de les tourner et je ne gagnerais pas ma vie." Dans les années 50, on retiendra dans la carrière cinématographique de Paulette Dubost, trois autres longs métrages de qualité : "LA FETE A HENRIETTE" (1952) de Julien Duvivier, "LOLA MONTES" (1955) de Max Ophüls et "LE DEJEUNER SUR L'HERBE" (1959) de Jean Renoir.
Paulette Dubost se souvient d'un entretien avec le réalisateur Jean Renoir, dans cette même période que le tournage du "Déjeuner sur l'herbe". On peut lire dans ses mémoires : "On se rappelait nos souvenirs. "La Règle du jeu" avait été un échec : à sa sortie, au Colisée, le public a tout cassé dans la salle. J'étais alors au Maroc et mes parents m'ont écrit: "Et bien, on est pas fiers que tu sois dans le film de ce fou !". Il n'y a que des ereintements, avant quele film soit interdit pour démoralisation...On me disait : "C'est honteux de tourner de pareilles inepties." J'étais sidérée. C'est là que j'ai compris que la plupart des gens volaient très bas. C'était pénible. Quelque fois je coupais court à la conversation, je ne prenais même pas le temps de discuter. Ils n'ont pigé le ton, le sens de ce film que longtemps après la guerre. Il y eut un revirement et il fallait les entendre : "Ah mais moi, je l'ai toujours apprécié, ce film...". Mon oeil ! Je les avais étiqueté, les optus qui par la suite ont voulu faire croire qu'ils avaient tout compris tout de suite. Même mes parents ont fini par se résigner". Paulette Dubost - C'est Beau la Vie -Edition Flammari
A cette même période que "Le déjeuner sur l'herbe", elle joue aux côtés de Raymond bussières et Louis de Funès dans "Mon Frangin du Sénégal" (1953) de Guy Lacourt, sur des dialogues de Norbert Carbonnaux. Dans "Le Mouton à cinq pattes" (1955) réalisé par Henri Verneuil, Paulette Dubost incarne l'épouse de Fernandel. Attentionnée, c'est elle qui finira par dire à Fernandel, qu'il a une mauvaise mine, alors que celui-ci a signé un contrat d'obséques auprès d'un de ses employeurs de pompes funèbres qui n'est autre que Louis de Funès.....
Il est certain que Paulette Dubost a connu la plupart des acteurs du cinéma français du XXème siècle : Julien Carette, Jean Tissier, Saturnin Fabre, Jeanne Fusier-Gir, Pauline Carton, André Luguet, Noël-Noël, Raymond Bussières, Pierre Brasseur, Bourvil, Alerme, Charpin, Harry Baur, Mireille Balin, Dany Robin, Paul Bernard, Louis Salou, Gabriello, Maria Casarès, Lucien Coëdel, Jean Debucourt, Henri Crémieux, Bernard Blier, Gaby Morlay, Jany Holt, Annie Ducaux, Jacques Dumesnil, Fernandel, Pierre Fresnay, René Lefèvre, Roland Toutain, Raymond Aimos, Edouard Delmont, Marcel Dalio, Mila Parély, Armand Bernard, Marguerite Moreno, André Lefaur, Noël Roquevert, Louis Jouvet, Jane Marken, Jean-Pierre Aumont, François Périer, Fernand Gravey, Gabrielle Dorziat, Suzy Prim, Raymond Cordy, Françoise Rosay, Lucien Barroux, Charles Boyer, Jean Servais, Louis de Funès, Albert Préjean, René Saint-Cyr, Robert Le Vigan, Pierre-Richard Willm, Marcelle Chantal, Alexandre Rignault, Madeleine Ozeray, Jean Marais, Claude Dauphin, Arletty, Martine Carol, Jean Gabin, Darry Cowl, Robert Dalban, Jean-Claude Brialy, Paul Meurisse, Charles Blavette, Henri Vidal, Jean Seberg, Romy Schneider, Maurice Ronet, Robert Hossein, Jacques Monod et tant d'autres....
Il y eut également sa participation dans le film de Jean Delannoy "Maigret tend un piège" (1959), puis avec Louis de Funès dans "Taxi, Roulotte et Corrida" (1958) d'André Hunebelle qui la dirigera à nouveau dans "Le Bossu" (1959) aux côtés de Jean Marais et Bourvil. Dans les années 60, Paulette Dubost se tourne vers la télévision qui lui offre aujourd'hui les rôles dramatiques dont elle a rêvé longtemps dans des films qu'elle juge de grande qualité. Parmi eux, citons : "La Grossesse de Madame Brache", "Un temps ailleurs", "Le Paria", "Le Tiroir secret" (feuilleton de Edouard Molinaro), "Julien Fontanes, magistrat"....
A cette même période, on aperçoit dans sa filmographie, sa participation dans deux films avec Romy Schneider en vedette principale : "Jeunes filles en uniforme" (1958) et "Mademoiselle Ange" (1959) de Géza Radranyi. En 1961, une petite apparition mais vite repérable dans le film de Georges Lautner "Arrêtez les tambours" avec Bernard Blier dans le rôle d'un médecin qui déambule dans sa ville assiégée pendant l'occupation.
Maurice Ronet, Robert Hossein, Paulette Dubost, Marina Vlady et Jacques Monod sont les principaux interprétes d'un film de Claude Autant-Lara : "Le Meurtrier" (1962). Méconnu du public, ce long métrage mérite d'être à nouveau diffusé sur le petit écran... Celle qui fut une véritable "Becassine" enchaîna les tournages : "Les Mystères de Paris" (1962) d'André Hunebelle avec Jean Marais. "GERMINAL" (1962) de Yves Allégret, "Maigret voit rouge" (1963) de Gilles Grangier. Toujours sous la coupe du cinéaste, elle joue l'épouse de Jean Gabin dans "L'AGE INGRAT" (1964), son futur beau-frère dans le film n'est autre que Fernandel. Le film fut un échec pour une première collaboration entre Jean Gabin et Fernandel, qui ont produit le film avec leur toute nouvelle société de production "La Gafer".
A noter également la participation de Paulette Dubost au film de Marcel Ophüls, (réalisateur du documentaire "Le Chagrin et la Pitié") "Peau de Banane" (1963) avec Jean-Paul Belmondo, Jeanne Moreau, Jean-Pierre Marielle, Claude Brasseur et Gert Fröbe. Puis on la retrouve dans la première réalisation de Paule Delsol "Une Fille à la dérive" (1963) pour lequel le distributeur modifia le titre du film au dernier moment, son titre initial "La Dérive".
Louis Malle dirige Paulette Dubost dans l'un de ses plus beaux rôles au cinéma, au milieu des deux grandes actrices françaises : Brigitte Bardot et Jeanne Moreau dans "VIVA MARIA" (1965). Paulette Dubost déclara : "Les choses viennent quand elles doivent venir. A la longue... il y a quelques années, je reçois un coup de fil : "Allo ? Paulette Dubost?, Ben oui... Ici Louis Malle. J'y crois pas. Ca doi êre une farce. Je fais répéter : Ici Louis Malle et Jean-Claude Carrière. Je vous appele de Mexico City, on vient d'écrire un scénario et on vous destine un très beau rôle...."
"J'y crois toujours pas. Ils me rappellent et insistent en ajoutant : C'est avec Brigitte Bardot. Là, j'ai failli tomber à la renverse. Brigitte, je l'ai toujours adorée. Ca a été un grand sujet de discussion avec ma mère qui disait : Elle ne sait pas jouer la comédie, elle montre ses fesses. Tu l'as vue? -Ah non !." -Paulette Dubost -C'est court, la vie -Edition Flammarion.
Dans leur ouvrage "Les Excentriques du cinéma français" (Edition Henri Vernier -1983), Olivier Barrot et Raymond Chirat soulignent l'importance des films "Le MEURTRIER" de Claude Autant-Lara, "VIVA MARIA", bien sûr et aussi "Le Dimanche de la vie" (1965) de Jean Herman avec Danielle Darrieux, Olivier Hussenot, Françoise Arnoul et Berthe Bovy.
Pendant les années 70, Paulette Dubost tourne moins pour le cinéma. Elle poursuit vaille que vaille son bonhomme de chemin. Les années n'ont guère de prise sur elle. Elle conserve ses joues fermes, sa voix sentencieuse, aussi bien dans "La Barricade du Point du Jour" (1977) de René Richon, que dans "Tendre Poulet" (1978) et "On a volé la cuisse de Jupiter" tous deux signés par Philippe de Broca. Après la sublime oeuvre de François Truffaut"LE DERNIER METRO" (1981), elle enchaîne avec "Le Retour des bidasses en folie" (1982) de Michel Vocoret.
Elle plane, Paulette, et planera toujours, mais comme on le chantait autrefois : "C'est ce qui fait son charme -un charme toujours différent - elle n'est pas comme les autres et c'est bien plus marrant." Pour le tournage de "MILOU EN MAI" (1990), Louis Malle déclara "J'ai choisi d'utiliser le matériel historique de façon détournée, comme un écho, le film se passant très loin de Paris, et le ton étant celui de la comédie. En relisant les numéros du "Monde" de l'époque, en réécoutan les directs d'Europe 1, j'avais toujours devant les yeux l'image d'une vielle dame qui meurt, qu'on installe dans la bibliothèque, et qui est là, tout le temps présente. je voulais aussi tourner encore une fois dans mon Sud-Ouest, celui de "Lacombe Lucien" et "Black Moon". C'est ainsi que le cinéaste sollicita à nouveau Paulette Dubost, vingt-cinq ans après "Viva Maria"
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LA REGLE DU JEU de Jean Renoir
ROBERT LAMOUREUX, DE PAPA,MAMAN,LA BONNE ET MOI A LA 7EME COMPAGNIE....
ROBERT LAMOUREUX 1920
Acteur, Humoriste, Réalisateur, Auteur...Français

Homme de théâtre, touche à tout, parolier, auteur, acteur, réalisateur. Le film qui le rendit populaire n'est autre que "Papa, Maman, la bonne et moi" de Jean-Paul Le Chanois. Sa voix très particulière était célèbre lorsqu'il proposa de jouer "La Chasse au canard".
Après avoir été l'interprète de Marcel Achard et de Sacha Guitry, Robert Lamoureux joua dans ses propres pièces, pas moins de seize pièces en quarante ans de bons et loyaux service au profit d'un public qui lui rendait bien.... Le succès phénoménal de la trilogie de "Mais où est donc passé la 7ème Compagnie ?" lui permit d'être à nouveau à la Une du cinéma français.

Auteur, parolier, scénariste, comédien et réalisateur français né le 4 janvier 1920 à Paris. Robert Lamoureux, fils d'Alice Lamoureux, receveuse de tramway et d'un père inconnu (qu'il retrouva peu de temps après, mais pour un laps de temps bien court), elle le prénomma : Robert, Marcel, Adolphe. Après avoir obtenu son certificat d'études en 1932, il cessa ses études pour aider financièrement sa mère, se décida à travailler en effectuant plusieurs métiers dont : coursier, maçon, vernisseur ou réparateur de machines à écrire...
le 7 mai 1940, Robert Lamoureux fut mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, quittant Saint-Mandé pour Issoire dans le Puy-de-Dôme. En août 1942, il épousa Simone Chaigneau, employé de Banque, ils eurent un fils prénommé Jean-Louis, né en août 1943.
Robert Lamoureux débuta dans le music-hall en 1948, dans une salle disparue appelée le Central de la chanson. Il interprète des chansons de son propre répertoire et popularisant au cabaret et à la radio d'irrésistibles monologues qui lui valent le Grand Prix du Disque. Après l'Amiral et les Trois Baudets où il anime une revue avec Pierre Dac et Francis Blanche, Lamoureux est le partenaire d'Edith Piaf dans "La P'tite Lili" à l'ABC. C'est à cette même époque qu'il écrit l'une de ses plus célèbres chansons : "Papa, Maman, la bonne et moi"
Sa gouaille le désigne pour être dès son premier film, un bonimenteur intarissable dans "Le Roi des Camelots" (1951), sous la direction d'André Berthomieu aux côtés de Jean Carmet et Yves Deniaud. Lamoureux déclara : "Mes débuts au cinéma. La caméra, la technique me paralysent. Encore plus l'absence du public. Incapable de me décontracter, inaudible, je joue la tête rentrée dans les épaules, le regard fixé sur le parquet. La production suggère de me faire tourner avec une minerve"
Son premier film est un demi-succès, ce qui lui permit de tourner deux autres films dans la foulée, puis il enchaîne avec André Berthomieu le tournage de deux films: "Allô...Je t'aime" (1952) avec Denise Grey et Jacques Dynam et "Chacun son tour" (1952) aux côtés de Marthe Mercadier et Jane Marken.
Quelques uns des cinéastes spécialisés dans la comédie le feront tourner : Alex Joffé (Lettre ouverte), Carlo Rim (Escalier de Service), Jean-Paul Le Chanois (Le village magique).... Sacha Guitry fait appel à lui pour incarner Latude, le roi de l'évasion français, dans "Si Paris nous était conté" (1956).
Entre-temps le producteur Robert Dorfman proposa à Jean-Paul Le Chanois le tournage du film "Papa, Maman, la bonne et moi" (1954) conçu d'après le succès de la fameuse chanson de Robert Lamoureux. Deux ans plus tard, Marcel Aymé et Pierre Véry adaptèrent une suite : "Papa, Maman, Ma femme et moi" (1956). Le premier film avait été un immense succès, ce qui encouragea le cinéaste Le Chanois à tourner un deuxième volet avec les mêmes principaux comédiens : Robert Lamoureux, Gaby Morlay, Fernand Ledoux, Nicole Courcel et Louis de Funès. Le succès fut au rendez-vous, ce qui n'empêcha pas Jean-Paul Le Chanois de refuser catégoriquement de faire un troisième long métrage de la famille Langlois.
Puis Jacques Becker révèle les talents de comédiens de Robert Lamoureux, en lui proposant d'incarner l'un des meilleurs Arsène Lupin du cinéma avec "Les Aventures d'Arsène Lupin" (1957). Ce comédien subtil et plein de ressources renouvellera l'aventure en participant à la rédaction des dialogues d'un second film intitulé : "Signé Arsène Lupin" (1959) dont la mise en scène est d' Yves Robert, avec Alida Valli, Yves Robert, Roger Dumas et Jacques Dufilho.
Au paragraphe concerné à Robert Lamoureux, on peut lire dans l'ouvrage de Olivier Barrot et Raymond Chirat "Noir&blanc : "Une gouaille naturelle, une élégance impeccable et cette voix presque éraillée, ce ton ironique..."
Dès 1960, à contre-courant de la "nouvelle vague", Robert Lamoureux tourne son premier long métrage (avec l'assistance technique de Maurice Régamey) "Ravissante" où il l'est lui-même l'interprète aux côtés de Sylva Koscina, Philippe Noiret, Jacques Dacqmine et Eddie Constantine. Aussitôt après cette première réalisation, c'est avec Michèle Mercier et Françoise Fabian qu'il porte à l'écran "La Brune que voilà!" (1960) tiré d'une pièce de boulevard.
Il lui faudra attendre quinze ans plus tard pour connaître la véritable consécration avec les très populaires aventures de "Mais où est donc passée la Septième Compagnie ?" (1973), "On a retrouvé la Septième Compagnie" puis "La Septième Compagnie au clair de lune" (1977), dont il est l'auteur complet, trois vaudevilles militaires situés au moment de la débâcle de 1940 puis de l'Occupation, qui sont des prétextes à des numéros d'acteurs avec Pierre Mondy, Jean Lefebvre, Henri Guybet, Aldo Maccione et Pierre Tornade.
Si Robert Lamoureux s'est fait rare au cinéma depuis 1960, c'est qu'il a exercé d'inlassables activités au théâtre, comme auteur et acteur, reprenant des pièces de Sacha Guitry ou des rôles célèbres immortalisés par de grands comédiens disparus. On ne l'a vu à la télévision que dans des émissions de théâtre filmé où sont présentées ses propres pièces comme "La Soupière" (1983), "Le Tombeur" (1987), ainsi que dans une mini-série, "La Guerre des privés" (1992).
Il faut noter également sa magnifique prestation dans le film de Michel Deville : "L'Apprenti Salaud" (1976) aux côtés de Claude Piéplu et Georges Wilson. Le cinéaste définiera la présence de Robert Lamoureux dans le rôle principal ainsi :" Sympathique au public, il est l'acteur le plus crédible pour ce rôle d'homme de cinquante ans qui soudain réalise la médiocrité de sa vie et décide, coûte que coûte, d'échapper à son univers quotidien. Qu'il soit habillé en blouse de quincailler ou du trois pièces Prince de Galles de l'homme parvenu, Robert Lamoureux reste vrai pour le spectateur. Il assure une vérité à ce personnage de naïf qui, peu à peu, va ressembler malgré lui aux salauds qu'il escroque en se servant de leurs tics, de leurs défauts, et de leur appât du gain."
En 1979, Robert Lamoureux s'inscrit au Parti Socialiste, décoré de la Légion d'honneur en 1987.Robert Lamoureux a joué la dernière fois au théâtre en 2000, dans sa pièce "Si je peux me permettre". Depuis, il se reposait dans sa résidence à Boulogne-Billancourt, où il écrivait des poèmes. Il est aujourd'hui, âgé de 91 ans.









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Jacques Balutin -Daniel Russo - Michel Leeb - Robert Lamoureux
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WILLIAM A. WELLMAN, VETERAN DE HOLLYWOOD
WILLIAM A. WELLMAN 1896 - 1975
Cinéaste Américain
Vétéran de Hollywood, William A. Wellman utilisa avec bonheur tous les genres cinématographiques grâce à son exceptionnelle maîtrise technique. Ses plus grandes réussites resteront les westerns et les films de guerre.
Ses meilleurs films : "Wings" avec Clara Bow et un débutant du nom de Gary Cooper, "L'ennemi public" avec James Cagney, "Les Conquérants", "L'appel de la forêt" avec Clark Gable, "Une étoile est née", "Beau Geste" avec Gary Cooper et Susan Hayward, "La lumière qui s'éteint" avec Ronald Colman et Ida Lupino, "Les forçats de la gloire", "Bastogne", "L'étrange incident, "Buffalo Bill", "La ville abondonnée" avec Gregory Peck, "Le rideau de fer", "L'allée sanglante" avec John Wayne et Lauren Bacall, "Au-Delà du Missouri" avec Clark Gable, "Aventures dans le Grand Nord", "Convoi de femmes" avec Robert Taylor...
William Augustus Wellman est né le 29 février 1896 à Brookline, près de Boston. Avant de se consacrer au cinéma, il a été joueur professionnel de hockey sur glace; pendant la Première Guerre mondiale il est ambulancier à la Légion étrangère, puis pilote de chasse de la légendaire escadrille Lafayette. Son avion abattu, il fut grièvement blessé et reçut de nombreuses décorations.
A la fin de la guerre, il va se familiariser avec les techniques du cinéma, en débutant comme acteur dans "Douglas brigand par amour" (Knickerbocker Glory,1919) aux côtés de Douglas Fairbanks. Il sera ensuite garçon de courses aux studios Sam Goldwyn et exerca divers emplois sur le plateau avant de tourner pour la Fox son premier film comme réalisateur, "The Man Who Won" (1923), un western interprété par Dustin Farnum.
Les deux années suivantes, il réalise une série de six films ayant pour héros le légendaire cow-boy Buck Jones. Mais il semble en fait que seul "The Vagabond Trail" (1924) puisse être considéré comme un véritable western. En tout état de cause, il s'agit d'une hypothèse invérifiable, la plupart des films muets de Wellman ayant été perdus.
Au cours des années 20, Wellman va conquérir sa place dans la jungle de Hollywood. En 1927, on lui confie la réalisation des "Ailes" (Wings) avec Clara Bow, Charles "Buddy" Rogers et Gary Cooper, débutant. Ce film retrace les missions héroïques accomplies par l'aviation américaine en territoire français lors de la Première Guerre mondiale. Sa passion pour les avions, qui remonte à l'enfance, et son expérience personnelle de pilote de guerre confèrent au film une grande authenticité. Aucun autre de ses films d'aviation n'égalera d'ailleurs le dynamisme et la puissance d'émotion des "Ailes". Le film, qui sortit une première fois en muet en août 1927 puis une deuxième fois avec musique et effets sonores en janvier 1929, obtint l'Oscar du meilleur film cette année-là.
Au début des années 30, William A. Wellman consolide sa position à Hollywood, tournant 17 films en trois ans pour la Warner. Ces oeuvres, dont la plus connue est "L'ennemi public" (The Public Ennemy,1931) avec James Cagney font encore l'unanimité aujourd'hui par leur étonnant modernisme et leur ton très personnel.
En 1933, Wellman réalise "Wild Boys of The Road" qui s'inscrit dans la grande tradition des films sociaux dont la Warner s'était faite la spécialiste dans les années 30. La fin du film fut mutilée et transformée en "happy-end", au grand désespoir du cinéaste qui déclara : "La fin de "Wild Boys"! interminable! Jack Warner est un homme méprisable et je le hais. Oui il l'a changée et c'est dégueulasse. Le pauvre juge regardant son fils...une triste fin, vraiment. Ils étaient tous supposés se rendre là où on garde les enfants, en maison de correction..."
A la même époque, Wellman tourne "Les Conquérants" (The Conqueros,1932) pour la RKO. Cette saga d'une famille de banquiers, qui se déroule sur trois générations, va de la guerre de Sécession à la grande crise de Wall Street. Pour la première fois depuis "The Vagabond Trail", Wellman aborde l'univers du western, qu'il saura restituer avec beaucoup d'originalité. Dans la scène impressionnante de la pendaison des voleurs de chevaux, il filme d'abord la rangée de noeuds coulants fixés à une grosse branche, puis les hommes qui montent à cheval et attachent les cordes aux selles pour la pendaison; tandis qu'ils s'éloignent lentement, les corps des douze pendus s'élèvent depuis le bas de l'écran.
Les meilleurs films de Wellman sont bâtis sur des plans-séquences semblables à celui-ci. L'enchaînement des informations visuelles successives permet au spectateur d'analyser lui-même le thème directeur de la scène au lieu de le découvrir par le procédé sélectif du montage. Wellman avait utilisé ce type de prise de vues pour la première fois et avec beucoup de succès dans "L'Ennemi public". Il y aura à nouveau recours pour "Robin des bois de l'Eldorado" (Robin Hood of Eldorado,1936), son premier western parlant produit par la MGM. Il s'agit d'une évocation de la figure légendaire du mexicain Joaquim Murrieta, incarné par Warner Baxter, qui déclara la guerre aux Etats-Unis dans le territoire qui deviendra l'Etat de Californie. Bien que les producteurs aient considérablement édulcoré le projet initial, Wellman décrit de façon saisissante l'attitude "impérialistes" des américains face au peuple mexicain. La fusillade finale, montrée comme une boucherie sanglante, est caractéristique du style sans concessions du cinéaste.
"La Petite Provinciale" (Small Town Girl,1936) permit au cinéaste William A. Wellman de réunir sur un même plateau : Janet Gaynor, Robert Taylor et un débutant du nom de James Stewart. C'est à la même époque que le réalisateur venait d'achever le tournage de "L'Appel de la forêt" (Call of the Wild,1935) avec Clark Gable et Loretta Young.
Wellman collabore ensuite avec le producteur David O. Selznick à l'élaboration et la réalisation d' "Une étoile est née" (A Star is Born,1937) avec Janet Gaynor et Fredric March. Le film fut nominé sept fois aux Oscars dont Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleur Acteur et Meilleure Actrice...Après ce succès incontesté, Wellman, Fredric March et David O. Selznick, commencèrent le tournage de "La Joyeuse suicidée" (Nothing Sacred,1937) sur un scénario de Ben Hetch avec Carole Lombard. Le succès de ces deux films lui vaut de décrocher un contrat de producteur-réalisateur à la Paramount (pour laquelle il a déjà travaillé dans les années 20) et lui assure une plus grande indépendance.
Pour Wellman, la fin des années 30 est marquée par trois brillantes réussites sur des scénarios de Robert Carson. "Les Hommes volants" (Men With Wings,1938) est un hommage fervent à l'aviation, avec plusieurs scènes de bataille à couper le souffle. Le célèbre "Beau Geste" (1939) avec Gary Cooper, Ray Milland, Robert Preston et Susan Hayward exalte les traditions de l'héroïsme de la Légion étrangère.
"La Lumière qui s'éteint" (The Light That Failed,1939) adapté du grand roman de Kipling, bénéficia d'une superbe interprétation réunissant Ronald Colman, bouleversant dans le rôle du peintre qui devient peu à peu aveugle, et Ida Lupino.
Les Pilotes de la mort (Legion of the Condemned,1928)
Les Mendiants de la vie (Beggars of life,1928)
Les Nuits de Chinatown (Chinatown Nights,1929)
1931
1935


La Lumière qui s'éteint (The Light That Failed,1939)

Durant les années 40, Wellman s'essaye aux genres les plus divers, de la comédie satirique comme "Roxie Hart" (1942) avec Ginger Rogers, ou "L'Etrangleur" (Lady of Burlesque,1943), interprété par Barbara Stanwyck, au reportage réaliste et dépouillé, quasi documentaire, des "Forçats de la Gloire" (The Story of G.I. Joe,1945). La decennie s'achévera par un autre film de guerre, "Bastogne" (Battleground,1949) avec Van Johnson.
On peut également citer : "L'étrange incident" (The Ox-Bow Incident,1944) réalisé en 1943 et distribué en 1944, le film de Wellman passa pratiquement inaperçu et ne fut redécouvert qu'après la guerre. Pourtant ce fut l'un de ses meilleurs films, il apporte au western un ton absolument neuf. Contrairement à John Ford, qui met l'accent sur l'action, Wellman privilégie les personnages, leur donnant une remarquable densité psychologique.
Les critiques seront donc quelque peu désorientés par le film suivant, "Buffalo Bill" (1944), qui semble marquer un retour au western traditionnel. Pourtant à travers la figure légendaire de William Frederick Cody, dit "Buffalo Bill", Wellman tente d'aborder la mythologie de l'Ouest avec un oeil nouveau. Cody, fils de la Prairie et proche de la nature, a plus d'affinités avec les indiens qu'avec les envahisseurs blancs qui entreprennent de "civiliser l'Ouest et surtout d'exploiter ses ressources naturelles. Tout comme dans "Robin des bois de l'Eldorado", le cinéaste laisse transparaître son idéal pacifiste et il se livre à une critique lucide du racisme qui a été le fondement de la colonisation du Far-West. En filmant la bataille de War Bonnet Creek, Wellman se refuse implicitement à prendre parti pour l'une ou l'autre faction, et cette scène sauvage et chaotique dégage un profond sentiment d'horreur. "Buffalo Bill" est, en fait, un hommage à "l'homme naturel" et un réquisitoire amer contre l'avidité de l'homme blanc.
Le western suivant,"La Ville abandonnée" (Yellow Sky,1949) met en scène une bande de voleurs de banque dirigée par Gregory Peck et Richard Widmark (dont c'est le premier western) et leur arrivée dans une ville fantôme, dont les seuls habitants sont un vieillard et sa nièce incarnée par Anne Baxter. Tout le film baigne dans un climat d'avidité malsaine, autour de la cachette où le vieux a entreposé son or. Cette soif de l'or des hors-la-loi est décrite ici de la même façon que la soif de sang qui emporte la foule déchaînée dans "L'étrange incident", et "La ville abandonnée" baigne dans la même atmosphère de cauchemar, à ceci près qu'il existe malgré tout une possibilité de rachat, puisque Gregory Peck prouve qu'il n'est pas foncièrement malhonnête. Du fait que Wellman s'abstient de montrer l'affrontement final entre Peck et Widmark, certains critiques en ont conclu que le réalisateur ne s'était pas réellement senti concerné par son sujet. Or il s'agit du même refus de prendre parti que dans les films précèdents et les images gagnent une force accrue de cette neutralité apparente. Le vrai problème pour Wellman, ce n'est jamais de choisir entre la vie et la mort, entre le courage et la lâcheté, c'est de survivre au prix de la moindre compromission.
La même année que "La Ville abandonnée", Wellman réalise "Le Rideau de fer" (The Iron Curtain,1949), premier film de la fameuse série "antirouge" fondé sur les révélations authentiques d'un transfuge soviétique et dénonçant les atrocités staliniennes. Le mauvais accueil réservé à ce film en Europe, en France particulièrement, n'empêchera pas Wellman de récidiver avec "L'Allée Sanglante" (Blood Alley,1955), produit et interprété par John Wayne et dirigé cette fois contre la Chine de Mao. L'engagement de Wellman, loin d'être accidentel, correspond à une conviction profonde, ce qu'on oublie parfois de rappeler.
L'inspiratrice (The Great Man's Lady,1942)


L'étrangleur (Lady Of Burlesque,1943)

Les Forçats de la gloire (The Story of G.I. Joe,1945)
Le Rideau de fer (The Iron Curtain,1948)
Cas presque unique parmi les grands réalisateurs américains, Wellman est aussi à l'aise pour tourner en intérieurs qu'en décors naturels. Ainsi pour "Bastogne", il saura utiliser toutes les possibilités offertes par le studio. En revanche, "Au-delà du Missouri" (Across the Wide Missouri,1951) avec Clark Gable, sera presque entièrement tourné en extérieurs dans les montagnes Rocheuses. Ce western est un hommage aux rudes habitants des montagne et décrit leur rapport avec la nature et avec les tribus indiennes. Certaines séquences montrent avec une précision digne d'un documentaire les rites saisonniers des montagnards et les traditions indiennes. Mais le film sera mutilé avant sa sortie par la MGM et perdra beaucoup de son impact.
On peut opposer le Technicolor resplendissant d'"Au-delà du Missouri" au noir et blanc austère de "Convoi de femmes" (Westward the Women,1951), où Robert Taylor escorte, tout au long d'un voyage de 3 220 km, une caravane de femmes qui se rendent en Californie pour rejoindre leurs futurs maris, qu'elles ne connaissent que par leurs photographies. Wellman et l'opérateur William C. Mellor ont volontairement banni toute splendeur plastique qui aurait pu nuire au réalisme des images. Aucune rhétorique non plus, et les classiques scènes d'action, de tradition dans tout western, sont réduites au minimum. Le film en tire une force exemplaire. Lors de la séquence finale, lorsque les femmes arrivent enfin devant leur promis, l'une d'elles commence à jouer un petit air d'harmonica, puis un violon lui répond. Et on réalise brusquement que jusque-là, pas la moindre note de musique n'a accompagné les images.
Inédit en France, "Track of the Cat" (1954) avec Robert Mitchum, est adapté d'un roman de Walter Van Tilburg Clark, à qui l'on doit aussi le sujet de "L'étrange incident". Les habitants d'un ranch perdu dans la nature vivent dans la terreur d'un puma qui exerce des ravages dans la région. Mais pour chacun, la bête revêt une signification symbolique différente. C'est l'un des films les plus stylisés de l'oeuvre de Wellman; tourné en Cinémascope en en Technicolor, il donne paradoxalement l'impression du noir et blanc du fait des rares notations chromatiques. Fidèle à son style, Wellman choisit délibérément de ne jamais montrer le puma aux spectateurs.
Dès le milieu des années 50, Wellman commence à contempler Hollywood avec un oeil désenchanté. La nouvelle vague de bureaucrates en complet veston envahit les studios où il avait dû affronté des magnats incultes et grossiers, mais amoureux du cinéma. Toutefois, il est encore un réalisateur fort populaire : "Ecrit dans le ciel" (The High and The Mighty,1954) avec John Wayne, a fait 7 millions de dollars de recettes au cours de sa première année d'exploitation, et le metteur en scène à droit par contrat à un tiers des bénéfices, ce qui lui permet de consolider sa situation financière.
Le dernier film de Wellman, "Lafayette Escadrille" (1958) avec Tab Hunter incarnant un as de la Première Guerre mondiale plus de trente ans après "Les Ailes", renferme quelques références à son expérience de pilote de guerre. Mais lorsque la Warner annonce son intention d'y apporter des modifications, à commencer par le remplacement du titre prévu à l'origine, "C'est la guerre", Wellman abandonnera la bataille. Il a toutefois annoncé d'autres projets pour les années à venir, mais aucun ne verra le jour.
Wellman travaillait toujours en suivant son instinct profond, ce qui ne l'a pas empêché de réaliser certaines des oeuvres les plus abstraites et les plus raffinées du cinéma américain; volontairement dépouillés de tout effet spectaculaire, ses films n'en conservent par moins une très grande puissance d'évocation et ne sont dénués ni d'émotion ni de tendresse.
William A. Wellman, l'un des immortels de Hollywood qui n'a dirigé pas moins de 82 films sans jamais obtenir un seul Oscar, mais dont on ne compte plus les réussites éclatantes, est décédé des suites d'une leucémie, le 9 décembre 1975, à l'âge de soixante-dix neuf ans, dans sa propriété californienne de Brentwood.


Convoi de Femmes (Westward the Women,1951)






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