AL JOLSON                        1886 - 1950

             Acteur, Chanteur Américain d'origine russe

 

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Acteur américain d'origine russe, Al Jolson est né le 26 mai 1886 à Saint-Pétersbourg. Ses parents  Moses et Naomi Yoelson, avaient déjà trois enfants (Rose, Etta, Hirsch) et le dernier-né fut baptisé Asa, comme son grand-père maternel. Son père Moses était chanteur de synagogue et, désirant que ses fils lui succèdent, il leur apprit dès l'enfance comment poser la voix. Les conditions de vie des juifs devenant de plus en plus dures dans la Russie des tsars, la famille Yoelson décida d'émigrer en Amérique.

Encore très jeunes, Hirsch et Asa, avaient changé leur nom en Harry et Al, gagnèrent New York, bien décidés à entreprendre une carrière théâtrale. C'est alors qu'Al prit l'habitude de se grimer le visage en noir : un maquillage qui le caractérisa tout au long de sa carrière. En quelques années à peine, il devint la coqueluche du public.

En 1921, suprême consécration, son nom fut donné à un théâtre. Le Jolson Theatre ouvrit ses portes en octobre de cette année-là avec un spectacle de Al, "Bombo", qui fut un triomphe. Critique et public lui réservèrent aussi un accueil enthousiaste en 1925 pour son interprétation de "Big Boy", dont il créa la célèbre chanson "California here I Come".  

Jolson était donc devenu star de première importance et le cinéma ne laissa pas échapper l'occasion d'en tirer profit, malgré une première expérience qui avait tourné court. En effet, en 1923, Griffith, fasciné par le personnage de Jolson, l'avait engagé pour "Mammy's Boy". Jolson se jugeant mauvais dès les premiers rushes, abandonna le tournage. Aucun contrat n'ayant été signé Griffith perdit 100 000 dollars dans l'affaire. Ce fut la Warner qui appela Al pour interpréter "Le Chanteur de Jazz" (The Jazz Singer) en 1927, mimant sur la renommée de l'acteur qui avait conquis toute l'Amérique grâce aux disques vendus à des centaines de milliers d'exemplaires.

On connaît le triomphe du film. Jolson fut alors immédiatement engagé pour un second film, "Le Fou chantant" (The Singing Fool,1928). L'industrie du Celluloïd semblait avoir découvert les clefs d'une réussite certaine : Jolson et le parlant. Mais avec le temps, seul l'avenir du second allait se voir confirmer. Le manque de bons sujets et de réalisateurs capable de diriger et surtout de contrôler la grande exhubérance de Jolson lui fut fatal.  

En 1934, la Warner tenta de relancer Jolson en portant "Wonder Bar" à l'écran; mais le film, qui avait pourtant mobilisé bien des talents (ceux de Busby Berkeley, pour les ballets de Warren Dubin pour les chansons sans compter la brillante distribution qui réunissait Kay Francis, Dolores Del Rio, Ricardo Cortez et Dick Powell) fut un autre échec. Jolson ne faisait plus recette et il décida donc de quitter l'écran...Abandon momentané, car, à la suite  de son remariage avec une artiste de musical Ruby Keeler, il reprit le chemin de Hollywood. Jolson et Ruby Keeler interprétèrent ensemble, en 1935, "Entrez dans la danse" (Go Into Your Dance). S'il ne fit pas un triomphe, le film consacra cependant ce nouveau couple de l'écran  et permit à Al Jolson de tourner, seul, en 1936, "The Singing Kid". Après une nouvelle interruption qui dura trois ans, Jolson revint au cinéma, mais il dut se contenter de "participations extraordinaires" ou de rôles secondaires.

En 1946, à Hollywood dédiait un film à Jolson et à son mythe : "Le roman d'Al Jolson" (The Jolson Story), hommage dont peu de vedettes bénéficièrent. Cette biographie  de Jolson connut un énorme succès et relança sa carrière de chanteur. Personnalité complexe jusqu'à la contradiction, Al Jolson manifestait en tout, et surtout dans son métier, un égoïsme obsessionnel : impulsif, vaniteux et jaloux de toute réussite hors la sienne, il était cependant capable de générosité quand il s'agissait du public. C'est ainsi qu'il monta à ses frais quelque temps avant sa mort, survenue le 23 octobre 1950, un spectacle destiné aux forces armées américaines engagés en Corée.

Admiré dans le monde entier et à jamais lié aux débuts du parlant, Al Jolson incarnait un des plus grands mythes du cinéma : sa disparition n'en eut que plus de retentissement. 

     

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