OLIVIA DE HAVILLAND                   1916

               Actrice Américaine

      

      

          

         

Une volonté de fer sous un visage d'ange. Qui s'imaginerait en voyant cette ravissante comédienne, cantonnée la plupart du temps dans des rôles de femmes soumises dont le plus caractéristique est celui de Mélanie dans "Autant en emporte le vent". Engagée à 19 ans chez Warner, elle personnifia pendant des années la jeune fille incolore, inodore et sans saveur, face notamment à Errol Flynn qui fit d'elle, hors écran, son souffre-douleur : elle fut, en effet, l'une des rares à ne pas succomber à son charme - et aux charges!, du "viril" héros. Très vite lassée de ces emplois banals, elle entre en conflit avec son studio et se lance avec détermination dans un combat où son aînée Bette Davis avait déjà échoué. Trois ans de procès et d'éloignement du public la mûrissent et son retour dans des créations plus solides marque la transformation de sa personnalité. Hollywood ne s'y trompa pas en la récompensant de deux Oscars successifs. Si la suite de sa carrière ne répond pas à son attente, Olivia De Havilland laisse cependant dans la mémoire des cinéphiles un cortège de personnages féminins authentiques et vivants très éloignés de ceux, sophistiqués et glacés, incarnés par sa soeur cadette Joan Fontaine.  Danièle Grivel.  

Selection : "Capitaine Blood", "La Charge de la Brigade Légère", Les Aventures de Robin des Bois", "Les Conquérants", "La Vie privée d'Elizabeth d'Angleterre", "Autant en emporte le vent", "La Piste de Santa-Fe", "La vie passionnée des soeurs Brontë", "A Chacun son destin", "La Fosse aux serpents", "L'héritière" 

      

Actrice américaine née le 1er juillet 1916 à Tokyo, de parents anglais : son père, directeur d'un bureau d'avocats, était issu d'une vieille famille de la noblesse britannique et sa mère Lilian Ruse, ancienne actrice, avait abandonné le théâtre pour pour se marier. Après son divorce, Me de Havilland emmene ses deux filles en Californie. En 1918, sa famille s'établit à Saratoga,  Olivia De Havilland est la soeur aînée de Joan Fontaine. Ses parents se séparèrent lorsqu'elle eut six ans.

Pour se distraire, Olivia se joint à la troupe de comédiens amateurs de son collège et se fait remarquer dans "Le Songe d'une nuit d'été" par un collaborateur de Max Reinhardt. Celui-ci l'engage dans son groupe théâtral pour la représentation sur scène de la pièce de Shakespeare, puis conserve son rôle dans la version cinéma qu'il tourne en 1935 pour la Warner. Prise sous contrat, Olivia est aussitôt classée dans la catégorie des héroïnes douces et sans caractère, faire valoir des vedettes mâles du studio : James Cagney, George Brent, Dick Powell ou Errol Flynn, avec qui elle fut sa partenaire dans huit films et aura à subir à chaque tournage les avances puis les sarcasmes de l'acteur qui ne supportait pas qu'une femme puisse lui résister. Malgré cela, ils formeront à jamais un couple idéal de l'écran.  

Le studio lui signe un contrat de sept ans, son premier film sera "Alibi Ike" (1935) de Ray Enright. "Le Songe d'une nuit d'été" (A Midsummer's night dream,1935) qui sera portée à l'écran par la Warner Bros. La Warner la fait travailler dur "Capitaine Blood" (1935)puis "La Charge de la brigade légère" (The Charge of the Light Brigade,1937) deux films réalisés par le cinéaste Michael Curtiz qui renouvellera avec Errol Flynn et Olivia de Havilland dans "Les Aventures de Robin des Bois" (The Adventures of Robin Hood,1938) qui deviendra l'un des plus célèbres aventuriers du cinéma américain.

Olivia de Havilland donna la réplique à Bette Davis dans "La vie privée d'Elizabeth d'Angleterre" (The Private Lives of Elizabeth and Essex,1939) aux côtés d'Errol Flynn. Elle enchaine avec deux autres films qui la cantonne la plupart du temps dans des rôles de femmes soumises : "Les Conquérants" (Dodge City,1939) et "La Charge Fantastique" (They Died with Boots on,1941) de Raoul Walsh.

Elle fit une délicieuse incursion dans la comédie avec  "Quatre au paradis" (Four's a Corwd,1938) de Michael Curtiz. Elle perd pied face à Fredric March dans "Anthony Adverse" (1936) de Mervyn LeRoy, mais réalise un an plus tard,une magnifique interprétation de jeune femme du monde, évaporée dans une comédie légère : "Aventure de minuit" (Its Love I'm after,1937) d'Archie Mayo. A l'époque où elle incarne Mélanie dans "Autant en Emporte le vent" (Gone With the Wind,1939) produit par David O'Selznick et réalisé par trois cinéastes qui se sont succédés : Sam Wood, George Cukor et Victor Fleming. Son talent de comédienne est suffisamment confirmé pour qu'elle puisse sortir de son stéréotype de sainte-nitouche. C'est chose faite avec son interprétation de la jeune femme charmante de James Cagney dans "Strawberry Blonde",1941) de Raoul Walsh et de la célibataire farouche, courtisée puis épousée par ce gigolo cynique qu'incarne Charles Boyer, dans "Par la porte d'or" (Hold Back the Dawn,1941) de Mitchell Leisen.

Olivia de Havilland est citée pour l'Oscar, mais ce fut sa soeur Joan Fontaine qui l'emporta pour "Soupçons" (Suspicion). Avec "Princess O' Rourke" (1943) de Norman krasna, s'achèva le contrat de Olivia de Havilland avec la Warner. Celui-ci demanda une prolongation de six mois, prétextant des interruptions en cours de contrat.  C'est après une longue et lourde procédure judiciaire que l'actrice remporta le procès qu'elle engagea contre la firme qui la rendit célèbre. 

Contrairement à certains autres acteurs,actrices, comme Bette Davis, George Brent ou Ann Sheridan qui avaient tenté des actions contre la Warner, elle ne céda pas. Pour gagner sa vie, Olivia de Havilland s'en alla en tournée pour les soldats sur le front et vend des bons de guerre. Le 3 février 1945, ses efforts sont récompensés par un décret de la Cour Suprême, appelé depuis la "De Havilland Decisions, qui limite, quelles que soient les circonstances, la durée des contrats à sept ans, périodes de non-activités incluses.        

Absente des écrans depuis près de trois ans, elle revient en 1946 avec des rôles mieux adaptés à son talent. Son jeu est plus subtil, plus authentique et cela se voit tellement qu'elle est récompensée de nombreux prix dont deux  Oscars, en 1946 pour "A Chacun son destin" (To Each His Ownn) de Mitchell Leisen et en 1949 pour "L'Héritière" (The Heiress) de William Wyler avec Montgomery Clift comme principal partenaire; Ainsi que le Prix de la Critique New-Yorkaise pour "La Fosse aux serpents" (The Snake Pit) en 1948 ( d'Anatole Litvak), ce film dépeint le drame d'une dépression  dans une clinique psychiatrique.  

A la Paramount, Olivia de Havilland  fut à l'affiche dans "Champagne pour deux" (The Well-Groomed Bride,1946) de Sidney Lanfield. Elle commence à deployer ses ailes, tout d'abord dans le rôle de deux soeurs, une innocente et une coupable dans "La Double Enigme" (The Dark Mirror,1946) de Robert Siodmak, une oeuvre incroyablement réussie qui permet à l'actrice de développer ses immenses talents d'actrice. 

Curieusement, alors qu'elle au sommet de sa gloire, elle abandonne le cinéma pour le théâtre. Mais le public ne répond pas à son attente : les deux pièces qu'elle joue à New York sont des échecs. Elle tourne un nouveau film "Ma Cousine Rachel" (My Cousin Rachel,1953) d'Henry Koster, mais le succès n'est pas au rendez-vous. En 1955, elle s'installe donc à Paris et songe à se retirer. On la revoit pourtant dans des productions secondaires et accepte en 1964, à la demande de son amie Bette Davis, de reprendre le chemin de Hollywood pour le tournage de "Chut, Chut, Chère Charlotte" (Hush, Hush, Sweet Charlotte,1964) de Robert Aldrich. Cette même année, elle est à l'affiche dun film à suspense réalisé par Walter Grauman, qui demande qu'à être connu : "Une Femme dans une cage" (Lady in a Cage,1964).

Depuis 1970, elle ne fait que de très brèves apparitions comme dans "Les Naufragés du 747" (Airport 77,1977), et participe à des feuilletons télévisés américains. Olivia de Havilland a été mariée avec Marcus Goodrich, un romancier de 1946 à 1952; puis avec Pierre Galante, le directeur de Paris-Match, de 1955 à 1978. Elle a deux enfants : Benjamin, né en 1949 et Gisèle, née en 1956. Elle est aussi l'auteur d'un livre de mémoires qui raconte avec humour sa vie à Paris : Every Frenchman Has One". Olivia De Havilland aura 100 ans en 2016 ! et reste ainsi l'une des doyennes du cinéma mondial : Olivia de Havilland, Kirk Douglas, Suzy Delair, Danielle Darrieux, Joan Fontaine, Michèle Morgan, Micheline Presle, Lauren Bacall, Maureen O'Hara, Shirley Temple, Esther Williams, Charles Aznavour, Michel Galabru....        

Elle reçut la Légion d'honneur le 9 septembre 2010 et les César ont oublié de lui remettre en Février 2011 un César d'Honneur pour l'ensemble de sa carrière. Certains ont eu deux César d'honneur...

j'ai eu la chance de connaître un évènement malheureux qui me permit de rentrer en contact avec Olivia De Havilland....               

       

      

                       

 

 

                               

   

             

         

                                   

         

        

          

 

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                                                             KIRK DOUGLAS