SIMON DE LA BROSSE      1965 - 1998

                           Acteur  français

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« Il y a deux Simon de La Brosse : l’un truffaldien, romanesque, fiévreux, incandescent, avec de vrais moments d’abandon (chez Assayas ou Téchiné), l’autre beaucoup plus contrôlé, plus mécanique, attiré, comme quelques autres jeunes acteurs (Anglade en tête) par le jeu calibré, “à l’américaine”. Est-il besoin de dire celui qu’on préfère ? » Les “Cahiers du Cinéma” ont tiré avec justesse le portrait de Simon de La Brosse en mai 1988. Qui pouvait alors imaginer le suicide de ce jeune acteur prometteur moins de dix ans après, le 17 avril 1998 à Suresnes, à l’âge de 32 ans ?

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Né le 9 octobre 1965 à Paris, Simon de La Brosse use ses fonds de culotte sur les escaliers de la butte Montmartre. Il s’ennuie plus à l’école que les dimanches et s’y fait essentiellement remarquer comme pitre. Devenu garçon de café, sa chance est d’être repéré à dix-sept ans par Dominique Besnehard qui le présente à Éric Rohmer qui prépare "PAULINE À LA PLAGE". Il y sera l’attachant Sylvain, qui découvre à ses dépens, l’espace d’un été, les retours de bâton du marivaudage.

"PAULINE À LA PLAGE" (1983) est le troisième volet de la série "Comédies et proverbes" qu'Éric Rohmer inaugura en 1980 avec "La femme de l'aviateur" (le second volet étant "Le beau mariage", sorti en 1982). De ce film, le réalisateur dit simplement, mais non sans une pointe d'humour : "A qui aime B aime C. Autrement dit, c'est le "drame" des passions sans écho...".

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Le jeune acteur s'inscrit au Conservatoire en 1984, puis au cours Florent. Simon de la Brosse participe au tournage d'un film de Claude Sautet : "GARCON" (1983) avec Yves Montand, Nicole Garcia et Jacques Villeret. Il enchaîne avec "GLAMOUR" (1984) de François Merlet avec Yves Jouffroy et Gabriella Dufwa. Simon rejoint l'équipe de Jacques Doillon pour "LA VIE DE FAMILLE" (1985). Avec ce film, Jacques Doillon signe son huitième long-métrage pour le cinéma.

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En 1985, il a le bonheur de participer à "37°2, LE MATIN". Hélas, son personnage disparaît au montage… pour réapparaître en 1991 dans la version longue. Il affine ensuite son image de dandy à la page dans "DÉSORDRE" et "BUISSON ARDENT", tantôt névrosé à l’excès, tantôt trop policé. Couronné par le "Prix de la Critique Internationale" au Festival de Venise 1986, "DESORDRE" est le premier long métrage d'Olivier Assayas - critique des " Cahiers du Cinéma" et scénariste de deux films d'André Téchiné: "Rendez-vous" et "Le lieu du crime". Assayas (né en 1955) présente ainsi son film et ses personnages: "Oui, c'est un film noir, mais noir comme J'est le romantisme de l'adolescence, à la fois tourmenté, fiévreux et torturé par un tropplein de vie. C'est une période qu'on peut difficilement traiter de manière légère et gaie.. Quant à mes personnages, je n'ai pas voulu les juger. D'une certaine façon, ils se posent les mêmes questions que chacun, ils se heurtent aux mêmes parois, passant de l'enthousiasme de la jeunesse aux anxiétés de l'âge adulte."BUISSON ARDENT" (1987) est le second long métrage de Laurent Perrin et a obtenu le Prix Jean Vigo 1987.

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En dépit de son charme certain et de son bagout, Claude Miller lui confie par deux fois des rôles analogues d’amants de poche que des donzelles ambitieuses rejettent temporairement, pour goûter à l’homme mûr. Simon était en butte à Féodor Atkine dans PAULINE…, il trouve sur son chemin, Jean-Philippe Écoffey dans "L’EFFRONTÉE" (1985) et Didier Bezace dans "LA PETITE VOLEUSE" (1988).

Simon de la Brosse est au générique de "LA PETITE VOLEUSE" (1988) de Claude Miller avec Charlotte Gainsbourg. Dans une lettre à Helen Scott, François Truffaut, en 1965, écrivait : "Je suis un peu ému aujourd'hui car j'ai revu ma première maîtresse, la première fille avec qui j'ai habité et vécu en 1948. Elle est devenue un peu moche, tout comme moi, et elle a fait de la prison, trois enfants, le trottoir et un peu de tout. Elle vit à Marseille. J'irai la voir en octobre pour l'interroger au magnétophone afin de faire le scénario de " La petite voleuse " de cette manière. " Avant sa mort, Truffaut en avait confié le canevas à Claude Berri- une trentaine de pages - le chargeant de le mettre en scène lui-même ou de le faire réaliser par un cinéaste de son choix. Claude Miller tint à soumettre son adaptation à l'approbation de Claude de Givray, de Madeleine, la veuve de Truffaut, et de ses deux filles : leur accord fut sans réserve...

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Simon de La Brosse et Charlotte Gainsbourg - La Petite Voleuse

       

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      Charlotte Gainsbourg - Simon de la Brosse et Claude Miller

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"TRAVELLING AVANT "lui offre une variante. Il y brûle d’amour pour le Septième Art ! Puis André Téchiné et Gérard Frot-Coutaz jouent davantage encore de sa plastique impeccable au fil d’emplois plus physiques. Il se remet d’un coup de couteau dans le dos dans "LES INNOCENTS" (1987). Ce film a fait l'objet d'une sortie en deux temps. Diffusé dans une seule salle des Champs-Elysées, le 23 décembre 1987, le film a été diffusé au niveau national quinze jours après, soit le 6 janvier 1988. A l'affiche de ce film : Sandrine Bonnaire, Simon de la Brosse, Abdel Kechiche, Jean-Claude Brialy et Marthe Villalonga.

Le film s'achève sur une citation d'Antigone. "Les Innocents" est, selon André Téchiné lui-même, "une adaptation très libre et moderne de la pièce. " Le titre devait d'ailleurs être " Les Oiseaux sauvages ", idée encore tirée d'Antigone et dont le sens était: " défendre la cité contre l'assaut des oiseaux sauvages. "

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Après avoir joué le rôle d'un masseur dans "APRÈS APRÈS-DEMAIN" (1990), il incarne un doux rêveur marginal dans "LES ARCANDIERS" (1991) de Manuel Sanchez aux côtés de Dominique Pinon, Géraldine Pailhas et Charles Schneider.

Qu’est-ce qu’un arcandier ? Selon le réalisateur, il s’agit, en parler nivernais, d’une personne à l’esprit brouillon, condamnée à se démener sans trêve, ni repos et qui “cultive l’art de n’aboutir à rien”. Manuel Sanchez signait là son premier long métrage.

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Simon de La Brosse, qui a parcouru avec bonheur la décennie 80, se voit moins demandé au début des années 90. Hors "Les Arcandiers".  Il ne tournera plus que dans trois films : "L’AMOUR EXTRÊME" (1991,Ao Fim da Noite) de Joaquim Leitao (une romance lisboète en compagnie de Laura Morante),
"L’OMBRE DU DOUTE" (1993 ) d'Aline Issermann (dans lequel il interprète un agent d’assurance le laissent insatisfait) et
"DES FEUX MAL ÉTEINTS" (1994) de Serge Moati.

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Simon de La Brosse a toujours beaucoup tourné pour la télévision. Il tient un petit rôle dans “L’Amour en héritage” de Douglas Hickox (1984), une saga sur la bohême parisienne des années trente dont les vedettes sont Stefanie Powers et Stacy Keach. Il est Alexandre Chazelle dans “Lace” (1984) et “Lace 2” (1985), réalisés par William Hale II, série dans laquelle l’héroïne, jouée par Phoebe Cates, est successivement à la recherche de son père et de sa mère. Simon y côtoie aussi Anthony Higgins et Arielle Dombasle.

En 1989, il participe au “Suspect” d’Yves Boisset aux côtés de Jean-Pierre Bisson, et en 1991 à “Fatale Obsession” de Catherine Corsini face à Anne Roussel. Il interprète enfin Gino Coppi, le frère du champion cycliste dans “Fausto et la dame blanche” d’Alberto Sironi (1995) et Rodolphe Farouz dans “Louise et les marchés”, un véhicule à la gloire de Line Renaud signé Marc Rivière (1998).

En 1991, Simon de La Brosse exprimait son point de vue sur sa profession au magazine “Première” : « Acteur, c’est le seul métier qu’on peut apprendre tout seul, où l’on ne fait appel qu’à soi et à son imaginaire. Mais je crois que, tous les jours, les acteurs sont tentés de s’arrêter et se disent : Mais pourquoi je n’ouvre pas un restau ? C’est vrai que c’est un peu un métier de fêlé où on alterne de grands moments de doute avec d’autres, plus brefs, où on a un peu confiance en soi. Il faut savoir aller au bord du gouffre, le plus près possible, sans y tomber… »
 

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- 1983
PAULINE À LA PLAGE (Éric Rohmer)

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GARÇON ! (Claude Sautet).
- 1984
GLAMOUR (François Merlet).
- 1985
LA VIE DE FAMILLE (Jacques Doillon).
L’EFFRONTÉE (Claude Miller)
- 1986
DÉSORDRE (Olivier Assayas).
- 1987
BUISSON ARDENT (Laurent Perrin)
TRAVELLING AVANT (Jean Charles Tacchella) B
LES INNOCENTS (André Téchiné).
- 1988
LA PETITE VOLEUSE (Claude Miller) C.
- 1990
APRÈS APRÈS-DEMAIN (Gérard Frot-Coutaz)
STRIKE IT RICH (James Scott).
- 1991
LES ARCANDIERS (Manuel Sanchez) D
37°2, LE MATIN (Jean-Jacques Beineix, version longue)
L’AMOUR EXTRÊME (Ao Fim da Noite, Joaquim Leitao).
- 1993
L’OMBRE DU DOUTE (Aline Issermann).
- 1994
DES FEUX MAL ÉTEINTS (Serge Moati).

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