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19 janvier 2021

ADIEU A JEAN-PIERRE BACRI, COMÉDIEN D'EXCELLENCE

     

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          ADIEU A UN GRAND COMÉDIEN D'EXCELLENCE 

        JEAN-PIERRE BACRI   1951 - 2021 

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Il fut l'un de nos grands comédiens français des années 80 à nos jours, certains disent "Le ronchon du cinéma français", anti-héros râleur, désabusé mais tellement humain que l'on s'est attaché au fil du temps à son talent de comédien. Comme Caliméro râleur, nombreux de ses films ont été une source de plaisir à le voir nous crier ses joies et ses peines, son timbre de voix inoubliable mais tellement passionnant.

Je me souviens de lui depuis "Le Grand Pardon" d'Alexandre Arcady en 1982, puis "Le Grand carnaval" du même réalisateur puis "Coup de foudre" de Diane Kurys; de ses répliques d'inspecteur de police lequel agacé Lino Ventura  dans "La Septième cible". Dans "Subway" de Luc Besson en passant par Jean-Charles Tacchella dans "Escalier C" entouré de nombreux comédiens prometteurs. En 1986-1987, je l'ai beaucoup apprécié dans "L'Eté en pente douce" aux côtés de Jacques Villeret et Pauline Lafont puis dans un film inquiétant, "Mort un dimanche de pluie" avec Nicole Garcia, Jean-Pierre Bisson et Dominique Lavanant.

Le cinéaste Jean-Marie Poiré l'avait dirigé dans "Mes meilleurs copains", Diane Kurys lui offre un rôle sur mesure dans "La Baule-Les-Pins", mais c'est en 1993 qu'il fait une entrée fracassante avec "Cuisine et dépendances" de Philippe Muyl, c'est ainsi qu'il enchaîne film sur film, de grands succès : "Un Air de famille" de Cédric Klapisch, "On connait la chanson" d'Alain Resnais, "Place Vendôme" de Nicole Garcia, "Kennedy et moi" de Sam Karmann, et "Le Goût des autres" de Agnès Jaoui, sa partenaire dans la vie. La liste est longue : "Les Sentiments", "Comme une image", "Selon Charlie", "Le Sens de la fête" et tant d'autres.... 

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, publié le lundi 18 janvier 2021 à 18h14

Jean-Pierre Bacri, décédé lundi 18 janvier 2021 des suites d'un cancer, était un habitué des rôles d'anti-héros râleurs et désabusés mais profondément humains, plusieurs fois récompensé comme acteur mais aussi comme scénariste. Il avait ainsi reçu cinq César, quatre fois le trophée du meilleur scénario avec son ex-compagne Agnès Jaoui (pour "Smoking/No Smoking", "Un air de famille", "On connaît la chanson" et "Le Goût des autres") et une fois celui du meilleur acteur dans un second rôle pour "On connaît la chanson".

Il a été nommé six fois pour le César du meilleur acteur (pour "Kennedy et moi", "Le Goût des autres", "Les Sentiments", "Cherchez Hortense", "La Vie très privée de Monsieur Sim" et "Le Sens de la fête").Parfois catalogué comme l'acteur d'un seul rôle, celui de l'éternel bougon, il détestait pourtant qu'on lui colle "cette étiquette": "Je ne joue pas toujours des personnages râleurs !", s'était emporté l'acteur auprès de l'AFP en 2015. 

Pour Bacri, qui n'aimait pas les héros et "ne croyait pas aux types éclatants de bonheur", "traquer le vécu, la sobriété, la pudeur" et "refuser la tricherie" étaient une profession de foi. Dans les rôles qu'il choisissait, ou ceux qu'il écrivait avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri pourfendait le sectarisme culturel, le conformisme, les chapelles, la servilité...

 

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Jean-Pierre Bacri est né le 24 mai 1951 à Castiglione, en Algérie. Facteur en semaine, son père était caissier au cinéma "Star" de la ville pendant le week-end, et facteur la semaine. C'est ainsi que Jean-Pierre Bacri découvre au cinéma "Le Corbeau" de Clouzot, "Les Dix Commandements" de Cecil B. DeMille ou "Ben-Hur" de William Wyler...Il déclara : "Le cinéma m'a toujours passionné en tant que spectateur. J'étais très "bluffé" par les acteurs. Je suis toujours allé voir un film pour le talent d'un comédien. C'est probablement pour cette raison que j'ai un sens aigü de mon métier." - in "Ciné-Revue", 21 mai 1986.

En 1962, après l'Indépendance de l'Algérie, ses parents s'installent à Cannes, Jean-Pierre Bacri poursuit ses études au lycée Carnot, puis en faculté de lettres, avec l'intention de devenir professeur de latin et de français. Mais il abandonne ses projets professionnels, travaille un certain temps dans une banque, puis monte à Paris, en 1976 et ne tarde pas à être engagé par une agence de publicité pour écrire des textes.

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Bacri s'oriente au cours Simon et chez Périmony, joue les classiques avec l'accent pied-noir!... C'est l'écriture qui, dans un premier temps, l'attire. Sa première pièce "Tout simplement" en 1977, l'année suivante, il écrit "Le Timbre" puis, en 1979, "Le doux visage de l'amour", qui obtient le Prix de la Fondation de la Vocation.

En parallèle, Jean-Pierre Bacri obtient quelques petits rôles à la télévision, de "Maigret et le tueur" de Marcel Cravenne à "Ruy Blas". En 1980, Jean-Pierre Bouvier mettra en scène, au théâtre des Mathurins, une pièce écrite et interprétée par Bacri lui-même "Le Grain de sable", lequel obtiendra le Prix Tristan Bernard. Après avoir fait une apparition au cinéma en donnant la réplique à Alain Delon dans "Le Toubib" (1979), c'est en janvier 1982 qu'on le découvre vraiment à la sortie du "Grand Pardon", dans le rôle d'un proxénète obtenu grâce à son ami Gérard Darmon qui l'a présenté à Roger Hanin. Entre les deux films, il a joué dans "La Femme intégrale" (1980) de Claudine Guilmain, film peu connu.

Jean-Loup Dabadie écrit à son intention le rôle de l'inspecteur Esperanza "La 7e Cible" (1984) de Claude Pinoteau, après l'avoir découvert en mari paumé, aux côtés de Miou-Miou dans "Coup de foudre" (1983) de Diane Kurys. En 1985, Jean-Pierre Bacri toune sous la direction de Luc Besson dans "Subway" (1985) qui lui vaut une première nomination aux César et fait une apparition brève, mais remarquée, dans "On ne meurt que deux fois" (1985) de Jacques Deray. On le retrouve également en compagnie de Jean-Michel Ribes avec lequel il travaille à plusieurs reprises pour le cinéma "La Galette du roi" (1986) et pour le théâtre "Batailles" et "L'Anniversaire". 1986 sera l'occasion pour Jean-Pierre Bacri d'obtenir son premier grand rôle dans "Mort un dimanche de pluie" (1986) de Joël Santoni où il partage l'affiche aux côtés de Nicole Garcia, son épouse face à un couple diabolique incarnés par Jean-Pierre Bisson et Dominique Lavanant. On ne peut également oublier son interprétation magistral dans "L'Eté en pente douce" (1987) de Gérard Krawczyk avec Jacques Villeret et Pauline Laffont.

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Jean-Pierre Bacri est pourtant parvenu à un degré assez élevé de notoriété populaire, dépassant l'attachement traditionnel du public français aux seconds rôles drôles et typés. Il tourne assez peu mais il excelle en personnage de tonton "beauf" au grand coeur comme dans "La Baule-Les Pins" (1990) de Diane Kurys avec Nathalie Baye, Richard Berry, Zabou et Vincent Lindon. Mais lassé par les trop semblables propositions qu'on lui faisait, Bacri s'est tourné vers l'écriture, avec une réussite d'une ampleur et d'une constance rares. Trouvant en Agnès Jaoui, devenue sa compagne, une complice idéale, il écrit "Cuisine et dépendances", ou comment une soirée entre amis peut dégénérer en règlements de comptes, qui constitue l'un des plus grands succès de la scène théâtrale en 1991 au théâtre La Bruyère à Paris puis repris au théâtre de Montparnasse. Les cinq acteurs de la pièce sont aussi ceux du  film. Le duo de scénaristes fait également partie des interprètes de la pièce, avec zabou et Sam Karmann. Le quatuor est renconduit dans la version cinématographique réalisée par Philippe Muyl. Bacri y incarne un de ces grincheux dont il a le secret, grinçant et cynique, aux dialogues percutants et acérés. Un sillon que creuse encore, trois ans plus tard, "Un Air de famille", toujours co-écrit avec Agnès Jaoui. D'abord montée au théâtre, avec un succès constant, l'histoire est adapté au cinéma, Cédric Klapisch assurant la mise en scène. Le jeu de massacre vise cette fois l'univers de la famille, Bacri, en bistrotier de banlieue que sa femme vient de quitter, n'étant pas le dernier à décocher ses féroces flèches. Mais une certaine émotion et plus de nuances dans la construction des personnages se sont opérées par rapport au scénario précèdent et la réception du film est encore plus enthousiaste, Bacri et Jaoui recevant pour leur part le César du meilleur scénario. Ils avaient déjà reçu la statuette pour leur travail avec Alain Resnais avec "Smoking/No Smoking".

La collaboration du tandem de scénaristes avec le cinéaste est reconduite avec "On connaît la chanson" (1997), qui intègre des extraits de chansons connues, d'hier et d'aujourd'hui, dans les dialogues mêmes des personnages, se mettant à chanter en play-back avec une autre voix que la leur. Cette trouvaille scénaristique et visuelle est plébiscitée tant par le public que la profession. Bacri et Jaoui décrochent encore le César du scénario,, mais aussi ceux des meilleurs seconds rôles, puisqu'ils jouent aussi, cette fois, dans le film. Et le personnage tenu par Bacri s'éloigne cette fois du pur râleur, pince-sans-rire au masque fermé, qui est devenue presque sa marque de fabrique. Il est ici un quadragénaire tiraillé par le doute, hypocondriaque et angoissé, qui évoque une autre de ses créations, l'année suivante dans "Place Vendôme" (1998) de Nicole Garcia. Amant sans illusions d'Emmanuelle Seigner puis de Catherine Deneuve, il traîne sa peine avec ironie et amertume rentrée, dans le luxe des grands hôtels parisiens fréquentés par les joailliers et les grosses fortunes.

Bacri revient à la comédie avec "Didier", premier long métrage d'Alain Chabat. Sa stupéfaction en découvrant dans son panier le labrador Didier ayant pris forme humaine reste un grand moment d'humour. A noter sa prestation dans le film de Sam Karmann "Kennedy et moi" (1999) où il retrouve son ancienne partenaire et réalisatrice Nicole Garcia. En l'an 2000, sort sur les écrans français "Le Goût des autres", premier film réalisé par Agnès Jaoui, co-écrit par Bacri et s'inscrit dans l'esprit de la série de films scénarisés et souvent interprétés par le tandem. "Le Goût des autres" repose sur une observation juste et percutante des moeurs humaines, des dialogues ciselés et pleins de sel, avec une constante tendresse pour les personnages. Le film obtint, dès sa sortie un imposant succès public, et conforta la côté de popularité de Jean-Pierre Bacri. Quant au cinéaste Claude Berri, lequel lui offrira un rôle sur mesure dans "Une Femme de ménage" (2002). Deux ans plus tard, il réussit à nous émouvoir dans "Les Sentiments" de Noémie Lvovsky. 

Agnès Jaoui reprend les chemins de la réalisation avec "Comme une image" (2003) dont Bacri est toujours co-scénariste, une fois de plus le succès public est au rendez-vous. Nicole Garcia en tant que cinéaste fait appel à lui avec "Selon Charlie" (2005), de même Olivier Nakache et Eric Tolédano le dirige également dans "Le Sens de la fête" qui restera sûrement l'un de ses derniers grands rôles au cinéma, tout en soulignant son interprétation remarquée dans "Grand froid" (2016). Jean-Pierre Bacri nous quitte discrètement le 18 janvier 2021 à l'âge de 69 ans d'un cancer.

 

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*Affiches-cine *Cinemafrançais * Cinetom

 

*Décès de la comédienne Nathalie Delon - 1941 - 2021 "Le Samourai" de Melville, "La Leçon particulière" de Michel Boisrond, "Doucement les Basses" de Jacques Deray, "Abscences répétées" de Guy Gilles, "Sex Shop" de Claude Berri, "L'Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise" de Nina Companeez, "Une Anglaise romantique" de Joseph Losey, "Une Femme fidèle" de Roger Vadim, et "Nuit de chien" de Werner Schroeter. 

*Décès du cascadeur Remy Julienne - 1930 - 2021 - Des cascades impressionnantes qui débute avec "Fantomas" de André Hunebelle à "La Grande vadrouille" de Gérard Oury en passant par "Le Gendarme se marie", "Le Gendarme en balade ou "Les Grandes vacances trois films réalisés par Jean Girault. Il participal également aux cascades de certains James Bond (Roger Moore), la liste est assez impressionnante....    

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