CLARA BOW, PREMIER SEX-SYMBOL DU CINÉMA AMERICAIN
CLARA BOW 1905 - 1965
Actrice Américaine
Clara Bow est le personnage provocant au coeur de la merveilleuse fête qu'est la grande époque du jazz. Elle représente la nouvelle femme émancipée, avec cette qualité mystérieuse, ce-je-ne-sais-quoi qui émane de son corps épanoui et sensuel, de ses yeux immenses et de son abondante chevelure teinte au henné. Les jeunes hommes boivent dans des flacons de poche ornés de son effigie boudeuse, tandis que l'actrice descend somptueusement Wilshire Boulevard dans sa voiture rouge décapotable, en compagnie de deux chiens de salon décolorés comme ses cheveux.
Malgré cela, Clara Bow reste simple, confiante en elle, pétillante et energique. Elle est aussi le premier sex-symbol du cinéma qui ne semble pas ridicule aujourd'hui. Les vendeuses qu'elles incarnent souvent constituent la majorité de son public féminin; ses maillots de bain et ses vêtements serrés lui assurent un succès certain auprès des hommes.
Sa vie ressemble au scénario de l'un de ses films : une enfance marquée par la pauvreté à Brooklyn où elle est née le 25 août 1905. Enfant des rues, Clara Bow est livrée à elle-même jusqu'à cette année 1921 qui la voit remporter un premier prix à un concours de beauté, dont le grand prix est une figuration dans un film, "Beyond the Rainbow" (1921). Son rôle bien modeste, de gamine délurée et aguicheuse, est suivi de nombreux autres qui, peu à peu, retiennent l'attention du public et des producteurs.
Elle obtient un rôle plus important dans "Le Harpon" (Down to the Sea in Ships,1923), après que le réalisateur Elmer Clifton eut remarqué sa photo dans un magazine amateur. Elle est engagée par B.P. Schulberg qui la fait tourner dans quatorze films en 1925, dont "The Plastic Age" (1925) de Wesley Ruggles où elle est appelée "le plus chaleureux Jazz-Baby" du cinéma". En 1925, La Paramount l'engage pour "La Soif de vivre" (Dancing Mothers) d'Herbert Brenon, son premier succès : le titre français traduit bien l'exubérante vitalité d'une comédienne dont l'essentiel du talent semble tenir dans l'attirance quasi animale qu'elle exerce sur les spectateurs et ses partenaires masculins. Cette sexualité sans fards ni détours fut à l'époque baptisée "It".
eElle accompagne Schulberg à la Paramount, où elle remporte un succès avec "Le Démon du flirt" (Mantrap,1926) de Victor Fleming. Elle est alors une actrice importante pour que les studios songent à en faire la vedette d'un film : dans "Le Coup de foudre" (It,1927) d'Elinor Glyn, elle joue la vendeuse d'un magasin de lingerie dont le patron est Antonio Moreno. Le triomphe du film la propulsa aux cimes du box-office et de la popularité. Star de la Paramount pendant les trois années suivantes, elle réussit assez bien son passage au parlant dans "The Wild Party" (1929) de Dorothy Arzner, bien que son habitude de courir constamment sur le plateau pose des problèmes à la technique, un peu rudimentaire à l'époque.
Ensuite, le scandale éclate. En 1930, elle révèle avoir verser de l'argent à la femme d'un médecin pour "détournement de mari". Elle accumule une dette de 14 000 dollars dans un casino du Nevada, sans vraiment s'en rendre compte, et, en 1931, invente un procès à son ex-secrétaire, Daisy de Voe, pour vol et détournement de fonds. Celle-ci contre-attaque et prouve le penchant de Clara Bow pour la boisson, la drogue et les gigolos. Bien que Clara Bow gagne le procès, le public se détourne d'elle. Elle fait alors une dépression nerveuse, et la Paramount la délaisse. Une vie sentimentale jugée scandaleuse, un état dépressif hérité de sa mère morte en asile et une totale incapacité à gérer ses affaires mirent rapidement fin à la carrière d'une star, "sex-symbol des années 20, dont la trajectoire fut celle d'une étoile filante. Comem celle de Marilyn Monroe, à une nuance près, de taille, Clara Bow mourut à plus de soixante ans, le 26 septembre 1965, à Culver City, oubliée de tout le monde....
Clara Bow tourne son dernier film, "Hoop là"(1933) de Frank Lloyd, pour la Fox, avant de se retirer dans le Nevada avec son mari, le cow-boy de série B Rex Bell. Chaque année, elle envoyait une carte de Noël à la journaliste mondaine Louella Parsons pour lui demander d'une écriture très fine : "Vous souvenez-vous de moi?".
1924
Quand on a vingt-ans - 1925 - Wesley Ruggles
1927
Les Enfants du divorce - 1927 - Josef von Sternberg - Frank Lloyd
Les Ailes - 1927 - William A. Wellman
Il faut que tu m'épouses - 1927 - Dorothy Arzner
La Belle aux cheveux roux - 1928 - Clarence G. Bagder
L'Amour joue et gagne - 1928 - Clarence G. Bagder
Les Endiablées - 1928 - Dorothy Arzner
La Cadette - 1929 - Edward Sutherland
1930
Fille de feu - 1932 - Frank Lloyd
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