CAROLE LOMBARD, TO BE OR NOT TO BE
CAROLE LOMBARD 1908 - 1942
Actrice Américaine
Elle était merveilleuse, mais si l'on se souvient d'elle, c'est moins pour sa beauté que que pour son intelligence. Reine de la "Screwball comedy", elle a prouvé, au cours de sa brève mais fulgurante carrière, qu'elle était une très grande comédienne.
Carole Lombard est née le 6 octobre 1908 à Fort Wayne, dans l'Indiana. De son vrai nom Jane Alice Peters, Carole Lombard était née dans une des familles les plus en vue. Après le divorce de ses parents, elle vient vivre à Los Angeles avec sa mère et ses frères. Elle fait ses débuts au cinéma, tout à fait par hasard, à treize ans quand le réalisateur Allan Dwan la voit jouer au base-ball avec d'autres enfants et l'engage pour devenir la soeur de Monte Blue dans "Le Crime Parfait" (A Perfect Crime,1921).
Entre 1929 et 1942, année où elle trouva la mort dans un tragique accident d'avion le 16 janvier 1942, elle joua dans environ 40 films, très différents entre eux quant au genre et à la qualité. Dans le firmament hollywoodien, elle s'affirma comme la reine de la "Screwball comedy", c'est-à-dire des comédies américaines brillantes et un peu follles, qui s'oppose à la comédie sophistiquée par son ton joyeux et humoristique.
Après avoir travaillé un certain temps à la Fox, elle joua pendant un an (1927) avec Mack Sennett, elle était une des ses fameuses "beautés au bain". Le grand comique était déjà sur le déclin, mais cela ne l'empêcha pas d'aider Lombard à trouver une manière de jouer bien personnelle, qui exploitait un penchant inné pour la comédie brillante. Cette technique, jointe à sa vivacité et à son humour, s'affirma pleinement dans ses meilleures comédies.
Tout en continuant ses études, Carole prend des leçons d'art dramatique dans l'espoir d'autres rôles. Elle obtient la vedette féminine de "Marriage en transit" (1925) de Roy William Neill et signe un contrat de cinq ans avec la Fox, que viendra malheuresement interrompre un accident d'automobile dans lequel elle sera grièvement blessée.
Quand elle est rétablie, Mack Sennett l'engage pour des courts métrages comiques. Ses rôles sont insignifiants, mais elle apprend le rythme et la comédie. En 1928, Carole Lombard travaille pour Pathé qui lui donne la vedette, mais dans des films mineurs : "Power" (1928), "High Voltage" (1929) deux réalisations d' Howard Higgins dont le premier rôle entièrement parlant de Carole Lombard.
La Paramount satisfait de sa performance dans "Safety in Numbers" (1930) lui propose un contrat de sept ans. Elle tourne plusieurs comédies avec William Powell qui l'épousera peu après leur rencontre. Si Carole Lombard se fait déjà remarquer par sa blondeur "super-sophistiquée" et sa façon particulière de porter les belles robes, elle n'atteint pas encore la classe des autres actrices de la Paramount qui ont pour nom à cette époque : Marlène Dietrich, Tallulah Bankhead, Sylvia Sidney, Miriam Hopkins ou Jean Arthur.
Carole Lombard savait contrôler sa vitalité explosive, sans jamais abandonner complètement à elle-même, ni au personnage qu'elle incarnait, et c'était à coup sûr sa plus grande qualité. Dans "Un Mauvais Garçon" (No Man of Her Own,1932), elle refusa à tout prix de s'adapter au roman mièvre du rôle qui lui avait été confié et préféra donner au film une touche mordante, qui ne fit d'ailleurs que l'améliorer. Ce film fut le seul où Clark Gable, dont elle fit son second mari en 1939. Tous deux formèrent un couple parfaitement uni, entouré d'un halo de sympathie et de charme.
Carole Lombard fait du bon travail dans "From Hell To Heaven" (1933) d'Erle C. Kenton, "L'Aigle et le Vautour" (The Eagle and the Hawk,1933) de Mitchell Leisen et Stuart Walker et "Boléro" (1934) de Wesley Ruggles où elle est le faire-valoir de George Raft et "We're Not Dressing" (1934) de Norman Taurog où elle est celui de Bing Crosby, elle n'a pas encore acquis ce "quelque chose de plus".
"Le Hors-la-loi" (Hearts and Spurs,1925) de W.S. Van Dyke
"Jeune Fille à marier" (Virtue,1932) de Edward Buzzell
"Un mauvais garçon" (No Man Of Her Own,1932) de Wesley Ruggles

"Le Fou des îles" (White Woman,1933) de Stuart Walker
Howard Hawks lui donne sa grande chance avec "Train de Luxe" (1934) qui la propulse au premier rang des stars d'Hollywood. Ses relations tendues avec la Paramount, s'enveniment. Quant son contrat arrive à expiration en 1936
Dans "Jeux de mains" (Hands Across the table",1935), Lombard travailla avec Mitchell Leisen un réalisateur qui venait tout de suite après Ernst Lubitsch pour la comédie légère. Leisen sut exploiter toutes ses qualités exceptionnelles d'actrice brillante et riche de glamour, l'amenant à se sortir à son aise dans un personnage qui semblait taillé sur mesure pour elle.
Carole Lombard était capable d'interpréter chaque personnage avec une part importante d'autocritique en restant vraiment détachée par rapport au rôle. Dire d'elle qu'elle était une actrice "brechtienne" fait immédiatement penser à Helen Weigel (qui était loin de posséder le glamour de Lombard), mais il n'en est pas moins vrai que Brecht aurait probablement admiré son jeu sobre, brillant et parfaitement adapté à la psychologie des différents personnages.
Ce fut surtout le personnage de l'actrice que Lombard sut jouer le mieux : Celles de "Train de luxe" et de "Jeux dangereux" incarnent à merveille le type de vedette au coeur froid et font saisir que dans une profession qui n'est que sentiment, les vrais sentiments ne peuvent être qu'absents. Ces deux personnages représentent la beauté et la puissance destructrice; leur égoïsme est total, le remords leur est inconnu. Aux yeux des autres, ils ont sont un masque fascinant et obligatoirement heureux.
Celle-ci est captivante sans pour autant devoir se montrer trop jolie, très attirante sans faire d'effort pour l'être : autant d'atouts dont elle fit preuve de manière remarquable dans le screwball comedy le plus réussie des années de la crise économique, "Mon Homme Godfrey" (My Man Godfrey,1936) dans lequel elle jouait avec son premier mari, William Powell (dont elle se sépara en 1933) et une mise en scène dirigée par Gregory la Cava. En 1937, Carole Lombard est l'une des actrices américaines les mieux payées de Hollywood. Quatre ans après leur première rencontre, Gable et Lombard se retrouvent à nouveau et c'est le coup de foudre, cependant Clark Gable ne peut obtenir le divorce et les deux acteurs deviennent le plus célèbre couple non-marié d'Hollywood, jusqu'à leur mariage, le 29 mars 1939.
Même dans le rôle d'Hazel Flagg, la femme de "La Joyeuse Suicidée" (Nothing Sacred,1937) qu'on croit atteinte de radiations et donc inévitablement condamnée à mourir, l'actrice ne verse pas du tout dans le pathétique. Ses premières réactions, lorsqu'elle apprend sa maladie, mêlent incrudilité et terreur, mais le fait de se retrouver ainsi au centre d'un drame si poignant engendre chez elle un certain orgueil. Dans le même film, Lombard interprète aussi de façon excellente la scène de la femme ivre. D'habitude, une femme ivre, en effet, est rarement amusante ou élégante; mais Carole Lombard réussit à l'être à la perfection.
Elle sut jouer avec beaucoup d'élégance malgré le climat oppressat dans lequel elle dut travailler, climat crée surtout par la direction un peu névrotique de Wellman, par le jeu légèrement théâtral de Fredric March et par le scénario de Ben Hecht, parti d'une idée brillante qui ne fut pas développée comme il aurait fallu.
Aucun de ces obstacles, par contre n'entrava le tournage de "Jeux Dangereux" (To Be Or Not to Be,1942), le film où Lombard fit preuve d'une grande intelligence et fournit sa meilleure interprétation. Cette comédie totalement réussie de Lubitsch raconte les aventures dans la Pologne occupée par les nazis, d'une troupe de théâtre composée de comédiens de quatre sous. Le manque du talent du directeur de la troupe inspire en effet au colonel de la Gestapo cette remarque féroce : "Il traitait Shakespeare comme nous traitons la Pologne."
Ce qui fait de ce film un chef d'oeuvre, c'est la mise en scène du monde des comédiens, la fiction théâtrale, qui se mêle au thème antinazi et, surtout, le personnage de l'actrice principale, Maria Tura, interprétée par Carole Lombard.
Sa première apparition donne tout de suite le ton : la troupe répète une pièce sur la Gestapo et Lombard entre en scène vêtue d'une robe de soirée en lamé. Le metteur en scène, perplexe et déconcerté par tant de mauvais goût, interrompt la scène et rappelle que l'action se déroule dans un camp de concentration et que le personnage principal est une prisonnière juive. Visiblement irritée par ces objections, la comédienne répond avoir agi ainsi pour mieux faire ressortir le rôle et pour nier les règles de la reproduction platement naturaliste de la réalité.
La performance de Lombard réside ici dans ses gestes raffinés et expressifs, une chose qu'elle avait apprise à l'époque du muet, et dans une diction rapide et ironique. Qu'elle flatte un espion allemand ("je suis honorée et émue"), qu'elle encourage les avances d'un bel aviateur ou s'occupe de l'insomnie paranoïaque de son mari, elle a toujours conscience d'être une grande comédienne. Pour elle, l'Europe dévastée n'est rien de plus qu'une scène lui permettant de montrer son talent d'actrice. Ce qui ne l'empêche pas de conquérir la sympathie du public, car elle fait sentir la profonde humanité de son personnage.
Carole Lombard meurt le 16 janvier 1942 dans un accident d'avion, après une tournée de propagande pour la vente de bons de guerre. Le Président Roosevelt télégraphiera à Clark Gable : "...Elle est et sera toujours une grande star et nous ne l'oublierons jamais."
"Train de Luxe" (20th Century,1934) de Howard Hawks
"C'est pour toujours" (Now and Forever,1934) de Henry Hathaway avec Gary Cooper
"La Danseuse à l'éventail" (Lady By Choice,1934) de Jack Conway
"La Joyeuse Fiancée" (The Gay Bride,1934) de Jack Conway
"Ce que Femme veut" (Love Before Breakfast,1936) de Walter Lang

"Le Lien Sacré" (Made for Each Other,1939) de John Cromwell


___________________________A SUIVRE
MARILYN MONROE, LA FEMME-ENFANT
MARILYN MONROE 1926 - 1962
Actrice Américaine

Mélange explosif de candeur et de sensualité débordante, Marilyn Monroe est une actrice proche du génie. Sous le maquillage et les atours, elle restait une "petite fille". Elle ne ressemblait à personne. Ce fut la femme-enfant....
Actrice américaine, Norman Jean Baker Mortenson est née le 1er juin 1926 au General Hospital de Los Angeles, capitale du cinéma. On raconte que sa chambre à l'orphelinat de Los Angeles donnait justement sur l'enseigne au néon surmontant les studios de la RKO. Marilyn raconta par la suite qu'un de ses plus beaux souvenirs d'enfance était une fête de Noël organisée par la RKO pour les petits orphelins de cette institution, alors qu'elle avait neuf ans. Marilyn Monroe sera retrouvée morte le 5 août 1962 dans sa villa de Brentford, en Californie. Sa mort a été selon les uns un suicide, un accident ou un crime politique. La police a conclu à une "overdose" de barbituriques.
Tout comme Chaplin encore, Marilyn Monroe aboutit dans un orphelinat après l'internement de sa mère. Lourd héritage, d'autant que du côté maternel, son grand-père comme sa grand-mère (discipline fanatique de l'évangéliste Aiméee Semple MacPherson, dans le temps de laquelle Marilyn fut baptisée) avaient eux aussi fini leurs jours à l'asile.
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, Norman Jean était employée dans un atelier de fabrication de parachutes quand un photographe chargé de prendre des photos destinées à la propagande officielle la découvrit et la présenta à un agent, Emeline Snively. En 1946, Norma Jean, lancée comme pin-up et cover-girl, réussit grâce à une habile manoeuvre publicitaire à faire un essai pour la 20th Century-Fox. L'acteur Ben Lyon, alors talent-scout pour la maison de production, lui conseilla de changer de nom : elle choisit donc Marilyn, sur la suggestion de Lyon, en hommage à une vedette d'autrefois, Marilyn Miller, et Monroe, le nom du mariage de sa grand-mère. La Fox lui ayant fait signer un contrat de un an, elle suivit le même chemin que toutes les aspirantes starlettes : essais, photos et deux petits rôles au cinéma dont l'un dans "Scudda Hoo! Scudda Hay! "(1948) de F. Hugh Herbert fut entièrement coupé au montage. A l'expiration de son contrat, celui-ci ne fut pas renouvelé.
Mais déjà Marilyn avait pris en main sa carrière. Elle continua à fréquenter les courts d'art dramatique auxquels la Fox l'avait inscrite; elle rencontra le premier de ses professeurs attitrés qui devaient par la suite mettre à rude épreuve la patiente de ses metteurs en scène; elle sut utiliser à bon escient toute la cohorte d'admirateurs, de conseillers, de mécènes et de producteurs qui tournait autour d'elle, tout particulièrement un agent, Johnny Hyde, de trente ans son aîné.
Un petit rôle lui valut d'apparaître au générique d'un film musical de la Columbia, "Ladies of the Chorus" (1948) de Phil Karlson; elle se fit poursuibre par Groucho Marx dans "La Pêche au trésor" (Love Happy, 1949) réalisé par David Miller, et elle attira pour la première fois l'attention, rapide mais bienveillante des critiques pour le rôle de la petite amie d'un avocat corrompu dans "Quand la Ville dort" (The Asphalt Jungle, 1950). Le metteur en scène de ce film, John Huston, qui devait onze ans plus tard la diriger avec beaucoup de patience dans le difficile tournage de son dernier film "Les Désaxés" (1961).
Marilyn Monroe apparut dans "Eve" (All about Eve, 1950) de Joseph L. Mankiewicz, qui lui offrit l'occasion de lancer une de ses premières répliques loufoques qui feront bientôt partie de son personnage. Les principaux interprétes de ce film qui restera comme l'un des préféré des cinéphiles sont : Bette Davis, Anne Baxter, George Sanders, Celeste Holm et Gary Merrill. Dans le rôle d'une starlette, Miss Caswell, Marilyn Monroel arrive dans une deception en compagnie du critique de théâtre Addison DeWitt (George Sanders) qui la présente suavement à Margo Channing (Bette Davis) : "Vous connaissez Miss Caswell, bien sûr ?" "Non", répond Margo, hautaine. "C'est parce que nous ne sommes jamais rencontrées" intervient en souriant Miss Caswell, avec une ingénuité désarmante.
Après avoir tourné avec Marilyn dans "Le Démon s'éveille la nuit" (Clash byNight, 1952), Barbara Stanwyck avertissait le monde du cinéma : Ne vous y trompez pas, cette fille sera une star." Marilyn avait vingt-cinq ans et déjà quelques rôles, fut le pôle d'attraction des photographes et échotiers sur le tournage : elle venait en effet deposer nue pour un calendrier resté célèbre. Quant au cinéaste du film, Fritz Lang déclara : "Pas facile de travailler avec elle ! elle était un curieux mélange de timidité et de manque de confiance en elle-même, mais connaissait exactement son impact sur les hommes. L'ambiance des studios la terrorisait et elle arrivait toujours en retard" (rapporté par Peter Bogdanovitch,"Fritz Lang in America)
Le public l'avait remarquée et ses rôles commençaient à prendre de l'importance. En 1952, la Fox fit l'erreur de lui confier un rôle dramatique, celui d'une jeune psychopathe dans "Troublez-moi ce soir" (Don't Bother to Knock) de Roy Baker au côté de Richard Widmark. Si les critiques et le public n'apprécièrent pas le film, l'inteprétation de Marilyn Monroe y était tout à fait louable, avec des moments d'intuition et d'intensité renforcées peut-être par les correspondances que l'actrice découvrait entre ce rôle et sa propre enfance.
Les trois films de Marilyn Monroe sortis en 1953 : "Niagara" du vétéran Henry Hathaway avec Joseph Cotten, "Les Hommes préfèrent les blondes" (Gentlemen Prefer Blondes) d'Howard Hawks avec Jane Russell et enfin "Comment épouser un millionnaire" (How to Marry) de Jean Negulesco, firent définitivement une star et le nouveau "sex symbol" de l'époque.





"Niagara" mélodrame passionnel tourné par le réalisateur Henry Hathaway, combinait les splendeurs des chutes du Niagara avec celles de Marilyn. On suivait en particulier dans un inoubliable travelling l'actrice de dos, s'éloignant de la caméra en ondulant sur des talons vertigineux. Sa démarche inimitable était une véritable chorégraphie de sensualité explosive grâce à ses jambes et à ses hanches, apparemment dotées de courbes supplémentaires. Il s'agit du dix-huitième film de Marilyn et s'impose définitivement comme actrice et sex-symbol, au point qu'un critique authentifie deux chefs d'oeuvres de la nature : Niagara et Marilyn.
Dans "Les Hommes préfèrent les blondes" et "Comment épouser un millionnaire" avec Betty Grable et Lauren Bacall, la présence de de Marilyn Monroe fut sans aucun doute en grande partie responsable du succès de ces deux films, mais elle sut toujours collaborer harmonieusement avec ses prestigieuses partenaires. "Les Hommes préfèrent les blondes" est la première comédie musicale où Marilyn tient la vedette. Quant au film de Negulesco : "Comment épouser un millionnaire" est le second film en Cinémascope de la Fox, après "La Tunique", et première comédie tournée dans ce format. Sur le plateau, Marilyn Monroe était toujours accompagnée de son professeur de comédie, son "coach", ce qui ne facilitait pas le travail comme le raconte Lauren Bacall dans son livre "Par moi-même" : "Marilyn était terrifiée, peu sûre d'elle; elle ne faisait confiance qu'à son coach et était toujours en retard.... A la fin d'une prise, elle jetait un coup d'oeil sur son coach qui se tenait derrière Jean Negulesco, quêtant son approbation. S'il secouait la tête en en signe de dénégation, elle insistait pour une autre prise. Une scène était souvent tournée quinze fois et même davantage...Et pourtant, je ne pouvais pas en vouloir à Marilyn, il n'y avait pas une ombre de méchanceté en elle...."
Elle était très attentive à la qualité des scénarios qu'on lui proposait, ses refus motivés provoquèrent souvent des conflits avec ses producteurs. Elle regrettera, bien à tort, d'avoir interprété le film d'Otto Preminger "Rivière sans retour" (River of no Return, 1954) qu"elle considérait comme une spéculation abusive sur ses attraits physiques. Dans ce western, Marilyn chante quatre chansons : "River of no return", "I'm gonna file with my claim", "One silver dollar", et "Down in the meadow"? Les extérieurs ont été tournés au Canada, à Banff, une petite ville des Alberta Rockies. A noter la présence de Robert Mitchum et Rory Calhoun aux côtés de Marilyn.
Dans "La Joyeuse Parade" (There's no Business Like Show Business, 1954) de Walter Lang, Marilyn Monroe tourne en plaisanterie le personnage classique de la vedette d'opérette, et chante à ravir de sa petite voix enfantine. Elle enchaîna dans un film devenu culte : "Sept ans de reflexion" (The Seven Year Itch, 1955), elle tint brillamment tête à un comique plein d'expérience, Tom Ewell, et dépassa même l'attente du metteur en scène Billy Wilder par la précision de ses effets comiques. Et pour Marilyn traversait une grave crise personnelle pendant ce tournage. La procédure de son divorce avec Joe Di Maggio était bien entamée. (Mariée pour la première fois à seize ans, Marilyn se maria une seconde fois en 1954 avec le champion de base-ball Jo Di Maggio mais le mariage échoua en moins d'un an.)
Mais comme indiqué auparavant elle s'entendit très bien avec le réalisateur, qui déclara quelques années plus tard qu'il la connaissait par coeur et qu'il savait exactement ce qu'il pouvait attendre d'elle. Pour le tournage de la fameuse scène du métro qui soulève en passant la jupe de Marilyn, Wilder fit bloquer Lexington Avenue, à New-York, plus de deux mille curieux assistaient à la scène devenue culte, ainsi que des photographes du monde entier...

Un des points culminants de cette période est "Arrêt d'autobus" (Bus Stop, 1956) de Joshua Logan, où son inteprétation pleine de vie et de bonheur dépasse largement les limites d'un scénario pas trop théâtral. Mais Marilyn s'était fait la réputation d'une actrice "difficile". Sa présence sur le plateau devenait de plus en plus épisodique et capricieuse. Elle abandonna quelques temps Hollywood pour retrouver à New-York son maître Lee Strasberg.
Ses ambitions culturelles semblèrent finalement satisfaites par son troisième mariage avec le dramaturge Arthur Miller et par l'interprétation du "Prince et la Danseuse" (The Prince and the Showgirl, 1957), son seul film britannique, aux côtés de Laurence Olivier qui assure la mise en scène et la première interprétation masculine. C'est Marilyn qui avait voulue financer la production du film. Mais sur le tournage, tout se gâta entre les deux artistes. Marilyn arrivait souvent en retard sur le plateau, voir n'y venait pas du tout au moindre pretexte. Elle était, de plus accompagnée de Paula Strasberg, l'épouse du fondateur de l'Actor's Studio, Lee Strasberg exigeait du metteur en scène d'interminables répétitions avant chaque prise. Excédé, Olivier exprima publiquement son impatience et sa colère et obtint enfin le départ de Paula Strasberg. La critique fut sévère avec le film dont elle ne retint que la performance d'actrice de Marilyn Monroe qui avait donc réussi, dans ce duel au sommet, à éclipser son prestigieux partenaire.
Mais sa vie privée commencçait à être très troublée. L'abus des neuroleptiques l'avait déjà entrainée dans le cycle infernal des dépressions. le manque de ponctualité et l'absentéisme, qui semblaient au début n'être que des caprices, apparurent dès lors comme les signes d'un mal véritable et profond. Travailler avec elle devenait de plus en plus difficile.
Dans "Certains l'aiment chaud" (Some Like it Hot, 1959) de Billy Wilder, l'actrice apparaît pleine de charme et d'humour, mais son partenaire Tony Curtis ne put s'empêcher de déclarer : "Embrasser Marilyn Monroe, c'était comme embrasser Hitler." Le rôle de Curtis, était en grande partie celui d'un travesti, Marilyn répondit sereinement à ce compliment peu courtois : "Il a dit ça uniquement parce que mes robes étaient plus jolies que les siennes."
"Certains l'aiment chaud" est sans doute l'un des sommets de la fulgurante carrière cinématographique de Marilyn Monroe et l'un de ses plus grands succès au cinéma. A noter également la prestation magistrale du cinéaste Billy Wider qui a minutieusement reconstitué l'époque du Jazz-Band, des gangsters et de la prohibition.
Après ce grand succès, "Le Milliardaire" (Let's Make Love, 1960) ne fut pas le film le plus brillant de la dernière partie de sa carrière, malgré la direction de George Cukor et la bouffée d'optimisme née d'une liaison avec son partenaire Yves Montand, mais il constituait encore une jolie réussite. Ce film est l'avant-dernier de Marilyn Monroe.
L'actrice parvint non sans mal à terminer les prises de vues des "Misfits" (Les Désaxés, 1960). Son mariage avec Arthur Miller, qui est aussi l'auteur du scénario du film et qui s'était fortement inspiré de son épouse pour le personnage de Roselyn, et qui traversait une crise. Malade, souvent abrutie de calmants, Marilyn dût être plusieurs fois hospitalisée. Ce rôle est pourtant l'un des plus beaux de sa carrière, comme si ses malheurs avaient contribué à la pronfondeur de son jeu. Parmi les plus touchantes, citons les scènes où Roselyn exprime son horreur face à la cruauté des hommes envers les chevaux sauvages qu'ils capturent : Marilyn avait toujours fait preuve d'une tendresse extrême et presque pathologique envers les animaux et les enfants.
Elle revint sur les plateaux pour jouer une ultime fois avec le cinéaste George Cukor pour "Something's Got to Give" (Quelque chose va craquer?, 1962), mais elle n'apparut qu'une douzaine de fois au studio au cours du début du tournage. La Fox la licencia et lui fit un procès en dommages et intérêts. Sept semaines plus tard, le 5 août 1962, elle mourut après ingestion d'une dose massive de neuroleptiques. Elle avait trente-six ans. Les quelques minutes de pellicule du tournage de "Something's Got to Give" nous montrent une Marilyn nouvelle, transformée, où l'on ne retrouve plus grand chose de la pin-up ingénue des débuts : c'est une femme d'une beauté fulgurante, enchanteresse et terriblement fragile. Sur une série d'essais en costumes, on la voit marcher, non plus de sa élèbre démarche ondulante; elle paraît voler. L'enchantement de ces scènes est inoubliable.
Le règne de Marilyn Monroe coïncida avec celui de la fin du star system, elle appartient à la dernière génération des véritables stars telles que Grace Kelly, Audrey Hepburn, Kim Novak, Elizabeth Taylor. Elle avait horreur qu'on la considère comme un symbole sexuel. Elle avait coutume de dire : "Je croyais que les symboles étaient des instruments de musique" mais Marilyn fut toutefois l'incarnation la plus parfaite de la féminité à l'écran, une femme fascinante, fière de son corps et de sa sensualité. "Je suis une femme, c'est certain, et j'en suis ravie" disait-elle. On prétendait qu'elle portait toujours des robes deux tailles trop petites pour mieux mettre en avant toute sa plastique. Elle aimait se regarder dans les miroirs. Debout, assise, ou en mouvement elle donne toujours l'impression d'avoir pleinement conscience de son corps et d'en être heureuse. La scène de "Something's Go to Give" où elle se baigne nue dans la piscine restera l'image du culte rendue à sa beauté.
Mais outre la sensualité, elle possédait aussi un talent comique raffiné; pourtant nous ne saurons jamais dans quelle mesure il était instinctif, ou dû à un travail préparatoire intense ou encore aux conseils de ses professeurs. Rien d'improvisé, sans aucun doute, dans la scène d' "Arrêt d'autobus" où elle chante gauchement "That Old Black Magic" et il y a quelque chose de presque mystique dans sa capacité à passer de la comédie à ce pathétique touchant dont elle était seule capable.
"L'argent ne l'interesse pas", dit-elle un jour, à la grande surprise d'un de ses premiers producteurs, "je veux simplement être merveilleuse". Et elle y parvint comme nulle autre. Un véritable mythe est née mais son destin funeste lui a ouvert l'eternité.




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Joe Di Maggio - Simone Signoret - Yves Montand - Marilyn Monroe
_________A suivre vers le 30 août prochain_________
* Prochainement : Alfred Hitchcock
JEAN HARLOW, PORTRAITS D'UNE BLONDE PLATINE
JEAN HARLOW 1911 - 1937
Portraits d'une Blonde Platine
"Je trouve les sous-vêtements incofortables, et puis mes personnages ont besoin de respirer"
Jean Harlow
Une chevelure blonde, des sourcils noirs bien soulignés, une lèvre supérieure aux courbes prometteuses, des tenues de satin moulées au corps, une sexualité extravertie et une réputation de croqueuse d'hommes. Ce fut Jean Harlow, qui restera l'une des actrices américaines les plus sensuelles, elle aura connue un règne bref, une petite decennie mais quelle decennie,mais qui aura modifié durablement l'image de la femme à l'écran et même dans la société occidentale moderne.





Clark Gable
________Ouvrages et Magazines divers__________
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Actrice Américaine
JEAN HARLOW, LA BLONDE PLATINE
JEAN HARLOW 1911 - 1937
Actrice Américaine

Grâce à son charme à la fois sensuel et agressif, Jean Harlow s'imposa au cours de sa brève et sublime carrière comme un des mythes les tapageurs d' Hollywood. Elle reçut le surnom mérité de "Platinum blonde" (La blonde platine). On conserera d'elle, quelques unes des meilleures prestations des années 30 comme : "Blonde Platine" de Frank Capra, "La Belle de Saïgon" de Victor Fleming avec Clark Gable, "La Malle de Singapour" de Tay Garnett mais aussi "Les Invités de huit heures" de George Cukor. Son dernier film "Saratoga" fut le plus grand succès de sa carrière.

Jean Harlow, de son vrai nom Harlean Charpentier, naquit dans le Missouri, à Kansas City le 3 mars 1911. Elle meurt avant la fin du tournage du film "Saratoga", au Good Samaritan Hospital de Los Angeles, le 7 juin 1937, à l'âge de vingt-six ans.
Ses parents le docteur Montclair Carpenter et sa mère Jean Harlow, se séparèrent alors que Harlean n'avait pas encore dix ans. Ayant adopté le nom de sa mère, elle fit son entrée dans le monde du cinéma à peine âgée de quinze ans, à Chicago, comme obscure figurante. Elle avait une voix spéciale, quelque peu nasillarde, une peau très blanche et un corps bien proportionné. En 1926, elle épousa, sans passion, un certain Charles McGrew. Cette union de courte durée à cause d'une atmosphère familiale assez trouble.
A cette époque, en effet, la mère de Jean avait épousé un bellâtre du nom de Marino Bello. Ce douteux personnage, qui se vantait d'être un excellent homme d'affaires, portait une attention soutenue, bien que discrète; à la fraîcheur juvénile et aux charmes bien concrets de la jeune fille. Celle-ci nourissait pour lui un mépris qui n'avait d'égal que l'amour qu'elle portait à sa mère. L'atmosphère de la famille Bello n'était donc pas absolument saine et exerça probablement une influence négative sur la future "platinium blonde".
A la fin des années 20, la famille s'installe en Californie, tout près de la Mecque du cinéma. Hollywood attirait déjà des nuées de jeunes femmes confiantes dans leur beauté provocante, pleines de rêves et d'espoirs. Jean se fit aussitôt remarquer par sa beauté spectaculaire; mais malgré tous ses efforts, elle ne parvenait pas à imposer son talent. Elle débute en 1928 dans des courts-métrages produits par Hal Roach, notamment avec Stan Laurel et Oliver Hardy où son apparition dans "Son Altesse Royale" (1929) (Double Whoopee,1929) reste mémorable.
Elle fut également engagée comme "faire-valoir" dans un des plus célèbres courts-métrages du tandem comique que sont Laurel & Hardy dans "Vive la liberté" (1929) (Liberty,1929) de Leo McCarey.
Ce fut Howard Hughes qui la découvrit enfin. Il lui confia le rôle principal dans la version parlante des "Anges de l'enfer" (Hell's Angels,1930) réalisé par Howard Howks. Avec cette épopée aérienne, Jean Harlow devint d'un seul coup une vedette, mais sa gloire fut de courte durée, ce qui s'explique assez facilement. La nature des ses rôles était, paradoxalement, un handicap tant ils étaient mal adaptés à son personnage. Le public, qui appréciait pourtant sa désinvolture et ses boucles blondes ne pouvait s'enpêcher d'éclater de rire quand il la voyait s'approcher du héros, dans ses toilettes moulantes, pour lui demander en toute ingénuité : "ça ne te dérange pas si je mets quelque chose de plus pratique?".
Un autre obstacle, beaucoup plus périlleux et sérieux cette fois, allait contrecarrer sa carrière; il fut dressé par les ligues de vertu les plus conservatrices et les cercles féminins les plus hypocrites qui, ne lui pardonnant par son côté sexy donnèrent le coup de grâce à son succès. Les producteurs s'obstinèrent pas contre ces détracteurs et s'adressèrent à d'autres actrices, pour lui confier des rôles qui étaient pourtant taillés sur mesure pour Jean Harlow.
Bien qu'il l'eût engagée sous contrat régulier, Howard Hughes la négligea très rapidement. La brutalité de cet oubli, après l'ivresse du succès, obligea Jean Harlow à se lancer dans une série de spectacles alimentaires, dans le Middle West et sur la côté est. Il va sans dire que ces représentations étaient de véritables désatres.
Jean cherchait le moyen de remonter la pente, et le trouva en la personne de Paul Bern, un producteur de la MGM qui réussit à convaincre Iving Talberg que Harlow possédait toutes les qualités requises pour entrer dans leur équipe de stars. La MGM racheta donc le contrat à Hughes et Jean retrouva sa popularité d'antan lorsqu'elle apparut, sous une perruque couleur de cuivre dans un film produit par Bern, "La Femme aux cheveux rouges" (Red-Headed Woman,1932) mise en scène par Jack Conway. Le film fut assitôt attaqué par les puritains mais la MGM résista contre vents et marées, ignorant les critiques et continuant à soutenir sa vedette.
Jean, aidée par son bonne nature et confiante en son succès retrouvé, tint tête facilement, cette fois aux menaces des puritains et des ligues féminines. Elle se remaria avec Paul Bern, un homme très différent d'elle, aussi calme et renfermé qu'elle éait expansive et débordante de vitalité. Mais le malheur semblait s'attacher aux pas de Jean : deux mois seulement après les noces, Bern se suicida.
L'actrice ne fut cependant pas mêlée à controverse qui suivit la fin tragique de son mari. Bien que profondément pertubée, et peut-être à cause de cela, elle se jeta à corps perdu dans le travail, jouant dans une douzaine de films pour la MGM. Des oeuvres comme "La Belle de Saigon" (Red Dust,1932) qui sera considéré longtemps comme le prototype du genre. Mais aussi "Mademoiselle Volcan" (Bombshell;1933) deux films signés par Victor Fleming. Et enfin "Les Invités de Huit heures" (Dinner at Eight, 1933) est tiré du pièce crée par Constance Collier dans une mise en scène de Sam H. Harris, fut jouée près de deux cents cinquante fois à Broadway. La MGM cherchait un sujet pour égaler le triomphe de "Grand Hôtel", son film à stars, qui réunissait notamment Greta Garbo, Wallace Beery, Joan Crawford, John et Lionel Barrymore.
David O'Selznick, le propre gendre de Louis B. Mayer, proposa pour sa première production pour la firme du lion, de porter à l'écran "Dinner at Eight". Il choisit George Cukor, dont il avait déjà produit pour la R.K.O. "What Price Hollywood" (première version d'une Etoile est née). Le film fut tourné "en vingt-sept ou vingt-huit jours" selon Cukor en 1970, sortit le 12 janvier 1934.
La Bête de la Cité (The Beast Of the City,1932) de Charles Brabin

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Dans tes Bras (Hold Your Man,1933) de Sam Wood
Mademoiselle Volcan (Bombshell,1933) de Victor Fleming
La Belle du Missouri (The Girl From Missouri,1934) de Jack Conway
Imprudente Jeunesse (Reckless,1935) de Victor Fleming
C'est le réalisateur indépendant Tay Garnett qui réalisa "LA MALLE DE SINGAPOUR" (China Seas,1935) avec Clark Gable, Jean Harlow, Wallace Beery, Lewis Stone, Rosalind Russell, C. Aubrey Smith et Akim Tamiroff. C'est à la demande de la MGM qui souhaitait faire de ce film, une super production prestigieuse. Cependant le tournage en fut difficile car le producteur Irving Thalberg exigeait régulièrement des modifications au scénario que le cinéaste refusait d'apporter. Autre facteur de tension sur le plateau : la franche et solide antipathie que nourrissaient l'un envers l'autre Wallace Beery et Jean Harlow réunis ici pour la troisième et dernière fois, aprés "Tribunal Secret" (The Secret Six,1931) de George Hill et "Grand Hôtel" (Dinner at eight,1934) du réalisateur à femmes qu'était George Cukor.
Un an après le suicide de son deuxième mari, elle épousa Hal Rosson un opérateur qui ressemblait à Bern autant physiquement que psychologiquement, et qui adorait Jean. Cette troisième expérience conjugale échoua et le divorce fut prononcé six mois apres leur mariage. Entre-temps, en 1934, Jean Harlow s'était lancée dans la "littérature" en publiant un récit d'inspiration érotique au titre sans équivoque : "Today is Tonight". Le livre fut immédiatement retiré de la circulation par la MGM, toujours soucieuse de sauvegarder l'image de marque de ses vedettes. L'ouvrage fut ainsi rapidement oublié.
Au fur et à mesure qu'elle avance dans une certaine notoriété, Jean démontre la qualité de son jeu et la maturité de son talent, alors qu'elle n'avait que vingt-cinq ans. Après le succès de "La Malle de Singapour", elle enchaîne l'année suivante avec "Une Fine mouche" (Libeled Lady,1936) à nouveau filmé par Jack Conway.
On pouvait aussi voir "La Belle du Missouri" (The Girl From Missouri,1934) de Jack Conway qui permit à l'actrice Jean Harlow d'être consacré définitivement comme une véritable actrice, même la critique souligne ses deux dernières prestations au cinéma, ce qui lui valent les éloges de la critique qui boudera quelques temps plus tard "Imprudente jeunesse" (Reckless,1935) mise en scène par un vétéran du cinéma américain Victor Fleming avec Spencer Tracy. "La blonde platine" eut également pour partenaire William Powell et contrairement à la rumeur, ils ne furent jamais mariés. Powell avait été marié à une autre brillante actrice, aussi sexy et populaire que Jean, la belle Carole Lombard. Comme on peut le deviner, la liaison de ces deux tempéraments extrêmes fut plutôt agitée. Elle fut de courte durée. Quand Powell quitta Harlow (après le tournage d'"Une Fine mouche", en 1936), elle était depuis longtemps atteinte d'une forme grave de maladie rénale.
Ce fut pendant le tournage de "SARATOGA" (1937) de Jack Conway avec Clark Gable que la santé de l'actrice se dégrada, son mal empirant. Elle meurt avant la fin du tournage, au Good Samaritan Hospital de Los Angeles, le 7 juin 1937, à l'âge de vingt-six ans. Elle fut remplacée par une doublure pendant les derniers jours du tournage. Ce film fut son plus grand succès de 1937, sans doute l'effet du décès de l'actrice aurait entraîné le désir de la voir une dernière fois au cinéma. En 1964, parut aux USA une biographie de l'actrice qui fut portée deux fois à l'écran la même année, avec Carroll Baker et Carol Lynley.



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Obsèques de Jean Harlow, le 9 juin 1937, à la Kirk Wee de l'Eglise Heather à Forest Lawn Memorial Park à Glendale
_______a suivre : Jean Harlow, Portraits d'une blonde______
ETE 2010
*Stan Laurel et Oliver Hardy (juillet 2010)
*Sacha Guitry
*Les Cinq secrets du désert de Billy Wilder sur le thème des films de Guerre
Marilyn Monroe (Août 2010)
MICHELINE PRESLE, DU MELODRAME A LA COMEDIE (2ème partie)
Actrice Française
2ème Partie
Pendant les années 60, Micheline Presle ne cesse de tourner, ce qui est normal, étant donné que le cinéma est l'une des ses passions. Elle enchaîne successivement avec Marcello Mastroianni dans "L'Assassin" (1960 du cinéaste italien Elio Petri, puis "Les Grandes personnes" (1961) de Jean Valère avec Maurice Ronet et Jean Seberg.
Micheline Presle mêle tournages pour le cinéma et joue pour le théâtre avec ce charme acidulé qui la caractérise, des comédies boulevardières d'Albert Husson ou de Louis Verneuil, des vaudevilles endiablés de Feydeau...
On la retrouve aux côtés de Vittorio Gassman, Ernest Borgnine, Bernard Blier et Kathy Jurado dans "Les Guérillos" (1961) d'après l'oeuvre de Mario Conti et une mise en scène signée par Mario Camerini. Julien Duvivier lui propose d'être à l'affiche dans un film à sketches "Le Diable et les Dix commandements" (1962), Jacques Demy quelques temps avant, avait lui aussi soumis un film à sketches "Les 7 Péchés Capitaux" (1961).
Un Mari en laisse (1962) d'Albert Lewin
"Vénus impériale" (1962) réalisé par Jean Delannoy n'a pas eu le succès escompté, le film n'a pas le même panache que les films mise en scène par Jean Delannoy dans les années 40 et 50. Par contre, Micheline Presle est à nouveau engagé par les américains afin de donner la réplique à Paul Newman, Edward G. Robinson et Gérard Oury dans "Pas de Lauriers pour les tueurs" de Mark Robson.
Elle est magistrale en none du XVIIIème siècle dans "LA RELIGIEUSE" (1965) de Jacques Rivette. Anna Karina, Liselotte Pulver et Francine Bergé sont les autres personnages clés du roman de Diderot qui raconte l'histoire d'une jeune femme qui est enfermée contre son gré dans un couvent et se révolte contre sa situation. Le film de ce cinéaste ayant participé à la nouvelle vague fut censuré et ne sortit qu'avec certaines tractation qui obligèrent les producteurs du film a modifié le titre.
Micheline participa à l'une des meilleures oeuvres du cinéaste Philippe de Broca avec "LE ROI DE COEUR" (1966) où une pléiade d'acteurs défilèrent tout au long du fim : Alan Bates, Pierre Brasseur, Geneviève Bujold, Jean-Claude Brialy, Michel Serrault, Françoise Christophe, Jacques Balutin et Julien Guiomar.
On constate dans ce drame romanesque mise en images par Marc Allégret "LE BAL DU COMTE D'ORGEL" (1970), (tiré du roman de Raymond Radiguet) que Micheline Presle incarne maintenant avec une certaine aisance, élange ou simplicité, les mères de famille... l'histoire se situe à Paris dans les années 20. Une jeune femme est prise jusqu'au vertige entre l'amour d'un jeune homme et l'emprise de son époux, le comte d'Orgel.

Une autre histoire (crée par Nicole de Buron), une autre prestation pour l'actrice qui fit merveille dans la célèbre série "Les Saintes Chéries" réalisé par Jean Becker pour la télévision avec Daniel Gélin intérprétant l'époux de Micheline Presle et pendant de nombreuses années, le public français fut enchanté par les péripéties d'un couple français moyen mais si attachant. Ils restérent aux yeux des téléspectateurs un couple idéal du petit écran.
A partir des années 70, l'actrice est très souvent sollicité pour incarner de nouvelles héroïnes pour lesquelles de nombreux cinéastes feront appel à elle, étant donné qu'elle a mûri... Le réalisateur Guy Gilles l'emploiera dans un rôle secondaire aux côtés d'actrices ou comédiennes confirmées qui ont été deux grandes dames du cinéma français" : Edwige Feuillère et Annie Girardot dans "LE CLAIR DE TERRE" (1970).
Jacques Demy l'engage dans deux de ses films, "PEAU D'ANE" (1970) une comédie féérique tiré de l'oeuvre du conte de Perrault, les autres comédiens sont Catherine Deneuve, Jacques Perrin, Jean Marais, Fernand Ledoux et Delphine Seyrig. Puis autour de Marcello Mastroianni (alors en couple dans la vie joue avec) Catherine Deneuve et Micheline Presle dans "L'Evènement le plus important depuis que l'homme a marché sur la lune" (1973). Le sujet n'est autre que l'histoire d'un couple menant un vie banale jusqu'au jour où l'époux ressent des malaises qui l'obligent à consulter un médecin : il est enceint !. Mastroianni excelle dans cette comédie farfelue qui se moque gentiment des revendication féministes.

Christian-Jaque, célèbre cinéaste des années 30 à 60, on lui doit "François 1er", "Boule de Suif", "Nana" et tant d'autres tourne une parodie de l'Ouest américain avec "Les Pétroleuses" (1973). Ce sont les femmes qui mènent la bagarre pour le contrôle d'un ranch. Brigitte Bardot, Claudia Cardinale et Micheline Presle sont les actrices principales de l'une des dernières réalisations du cinéaste français.
En 1974, Micheline Presle joue dans le dernier film d'Yves Allégret qui achève sa carrière avec un film sans grande prétention : "Mords pas on t'aime". On retouvera l'actrice en Corse en 1976 qui tourne un film qui ne sortira qu'en 1980 : "CERTAINES NOUVELLES" de Jacques Davila avec Bernadette Lafont, Gérard Lartigau, Caroline Cellier, Roger Hanin, Martine Sarcey et Anémone.
On peut également citer quelques rôles au cinéma que l'actrice Micheline Presle a joué en donnant une prestation juste comme dans "Démons de midi" (1979) de Christian Paureilhe avec Pierre Mondy. Un autre cinéaste, un autre rôle pour l'actrice de "Boule de Suif". "EN HAUT DES MARCHES" (1983) réalisé par Paul Vecchiali avec Danielle Darrieux et Hélène Surgère (actrice fétiche du cinéaste) Quant au cinéaste du "Corps à coeur", il rendait un hommage aux grandes dames du cinéma français.
Micheline Presle s'engage auprès de jeunes réalisateurs comme Gérard Frot-Coutaz, avec qui, elle tournera dans deux films "Beau temps mais orageux en fin de journée" (1985), puis "Après, après demain" (1989). "Je m'appelle Victor" (1993) est le premier long métrage de Guy Jacques, il eut l'idée de rassembler deux actrices le temps d'un film : Jeanne Moreau et Micheline Presle quant aux deux acteurs principaux : Julien Guiomar et Dominique Pinon.
Tonie Marshall, la fille de Micheline Presle est toujours au rendez-vous pour lui proposer un rôle : "Pas très catholique" (1993) avec Anémone, "Enfants de salaud" (1995) avec Nathalie Baye, Anémone, Jean Yanne et François Cluzet et enfin, "VENUS BEAUTE INSTITUT" (1998) qui remporta quatre César dont celui du Meilleur film de l'année 2000, ainsi que celui du Meilleur réalisateur, meilleur espoir féminin à Audrey Tautou et le Meilleur Scénario original ou adaptation.
Micheline doit regretter, comme le spectateur, l'époque de ses vingt ans où elle sut donner au cinéma français l'image d'une jeune actrice à la fois radieuse et nostalgique, et qui savait toujours relever d'un grain de fantaisie le piquant de ses créations. Elle est étonnant au côté de Claude Piéplu qui, à l'aube d'une vie bien remplie, forme avec Micheline Presle, un couplé épatant, parfois disjoncté dans "Casque bleu" (1994) mise en scène par Gérard Jugnot. Les autres protagonistes de cette histoire sont Victoria Abril, Valérie Lemercier et Jean-Pierre Cassel.
La réalisatrice Marie-Claude Treilhou lui accorde un rôle passionnant dans "LE JOUR DES ROIS" (1990). Il y eut également des éclats de rire avec la complicité de Claude Piéplu dans les oeuvres de Gérard Jugnot : "Casque bleu" et "Fallait pas" (1996). Pendant les années qui suivront, Micheline Presle poursuit sa carrière cinématographique, et sera le temps de jouer dans quelques longs métrages, une actrice de renommée que se dispute de nombreux réalisateurs, jeunes et moins jeunes. Francis Girod l'engage dans "Mauvais genres" (2001) aux côtés de Richard Bohringer, Robinson Stévenin et François Perrot. En 2005, on la voit avec Michel Serrault et Charles Berling dans une nouvelle aventure mise en scène par Jean-Pierre Mocky dans "GRABUGE" (2005).
Jean-Pierre Cassel et Micheline Presle formèrent un couple inédit aux côtés de Jean-Claude Brialy et Philippe Nahon, sous la direction de Romuald Beugnon dans "Vous êtes de la police ? ". En 2008, on gardera un souvenir rempli de nostalgie lorsque vient le moment où Jean-Paul Belmondo démontre une énorme tendresse à la plupart des acteurs qui défilèrent tout au long du film de Francis Huster : "Un Homme et son Chien". Micheline Presle, Jean-Marc Thibault, Françoise Fabian, Pierre Mondy, Carlo Nell....
Micheline Presle fut marié à William Marshall, elle eut une fille, la réalisatrice Tonie Marshall

______________Côté Photos_______________
Gérard Philipe et Danielle Darrieux dans "Le Diable au corps" de Claude Autant-Lara
César d'Honneur 2004
Fabrice Luchini
________En compagnie de__________________
Danielle Darrieux - Michèle Morgan (Photo Studio Harcourt)
Catherine Deneuve -hommage à Jacques Demy : "Peau d'âne"
Daniel Prevost
Dominique Besnehard
________Livres & Magazines__________________
Darry Cowl- Micheline Presle - Bernard Blier - Françoise Arnoul - Jean Marais - Jeanne Moreau - Serge Reggiani
_____________________________
- 1937 : La Fessée de Pierre Caron
- 1938 : Petite peste de Jean de Limur
- 1938 : Je chante de Christian Stengel
- 1939 : Jeunes filles en détresse de Georg Wilhelm Pabst
- 1940 : Elles étaient douze femmes de Georges Lacombe
- 1940 : Paradis perdu d'Abel Gance
- 1940 : La Comédie du bonheur de Marcel L'Herbier
- 1940 : Fausse Alerte de Jacques de Baroncelli
- 1940 : Parade en sept nuits de Marc Allégret
- 1941 : Histoire de rire de Marcel L'Herbier
- 1942 : Félicie Nanteuil de Marc Allégret
- 1942 : La Nuit fantastique de Marcel L'Herbier
- 1943 : Un seul amour de Pierre Blanchar
- 1943 : Le soleil a toujours raison de Pierre Billon
- 1944 : Falbalas de Jacques Becker
- 1945 : Boule de suif de Christian-Jaque
- 1947 : Le Diable au corps de Claude Autant-Lara
- 1947 : Les Jeux sont faits de Jean Delannoy
- 1948 : Tous les chemins mènent à Rome de Jean Boyer
- 1950 : Les Derniers Jours de Pompéi de Marcel L'Herbier
- 1950 : La Belle de Paris (Under My Skin) de Jean Negulesco
- 1950 : Guérillas (American Guerrilla in the Philippines) de Fritz Lang
- 1951 : La Taverne de la Nouvelle-Orléans (Adventures of Captain Fabian), de William Marshall
- 1953 : Les Amants de Villa Borghese (Villa Borghese) de Vittorio De Sica et Gianni Franciolini
- 1953 : La Dame aux camélias de Raymond Bernard
- 1954 : Si Versailles m'était conté de Sacha Guitry
- 1954 : L'Amour d'une femme de Jean Grémillon
- 1955 : Les Impures de Pierre Chevalier
- 1955 : Napoléon de Sacha Guitry
- 1956 : La Mariée est trop belle de Pierre Gaspard-Huit
- 1956 : Treize à table de André Hunebelle
- 1956 : Le Château des amants maudits de Riccardo Freda
- 1957 : Les Louves ou Démoniaque de Luis Saslawski
- 1957 : Les femmes sont marrantes d'André Hunebelle
- 1958 : Christine de Pierre Gaspard-Huit
- 1959 : Bobosse d'Étienne Périer
- 1959 : L'Enquête de l'inspecteur Morgan (Blind Date) de Joseph Losey
- 1960 : Une fille pour l'été de Édouard Molinaro
- 1960 : Le Baron de l'écluse de Jean Delannoy
- 1960 : Les Mystères d'Angkor (Herrin der Welt - Teil I, Die) de William Dieterle
- 1961 : Les Grandes Personnes de Jean Valère
- 1961 : L'Amant de cinq jours de Philippe de Broca
- 1961 : L'Assassin (L'Assassino) d'Elio Petri
- 1962 : La Loi des hommes de Charles Gérard
- 1962 : Les Sept Péchés capitaux de Claude Chabrol et Philippe de Broca
- 1962 : Le Diable et les Dix Commandements de Julien Duvivier
- 1963 : Vénus impériale (Venere imperiale)
- 1963 : Le Coup de bambou
- 1963 : Pas de lauriers pour les tueurs (The Prize) de Mark Robson
- 1964 : La Chasse à l'homme de Édouard Molinaro
- 1964 : Les Pieds Nickelés de Jean-Claude Chambon
- 1965 : Je vous salue, mafia ! de Raoul Lévy
- 1966 : La Religieuse de Jacques Rivette
- 1966 : Le Roi de cœur de Philippe de Broca
- 1970 : Le Bal du comte d'Orgel de Marc Allégret
- 1970 : Le Clair de terre de Guy Gilles
- 1970 : Peau d'Âne
- 1971 : Les Pétroleuses
- 1973 : L'Événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la Lune de Jacques Demy
- 1973 : L'Oiseau rare de Jean-Claude Brialy
- 1974 : La Gueule de l'emploi de Jacques Rouland
- 1974 : Deux Grandes Filles dans un pyjama de Jean Girault
- 1975 : Le Boucher, la star et l'orpheline de Jérôme Savary
- 1976 : Mords pas, on t'aime de Yves Allégret
- 1976 : Néa de Nelly Kaplan
- 1977 : Le Diable dans la boîte de Pierre Lary
- 1978 : Va voir maman, papa travaille de François Leterrier
- 1979 : S'il vous plait... la mer ?
- 1979 : Je te tiens, tu me tiens par la barbichette
- 1983 : En haut des marches
- 1986 : Beau temps mais orageux en fin de journée de Gérard Frot-Coutaz
- 1991 : Le Jour des rois de Marie-Claude Treilhou
- 1992 : Fanfan d'Alexandre Jardin
- 1994 : Casque bleu de Gérard Jugnot
- 1996 : Fallait pas !... de Gérard Jugnot
- 1997 : Les Mille et Une Recettes du cuisinier amoureux de Nana Dzhordzhadze
- 1998 : Le Voyage à Paris de Marc-Henri Dufresne
- 1998 : Vénus beauté (institut) de Tonie Marshall
- 1999 : Le Cœur à l'ouvrage de Laurent Dussaux
- 1999 : Mauvaises Fréquentations de Jean-Pierre Améris
- 1999 : Charmant Garçon de Patrick Chesnais
- 2001 : Vertiges de l'amour de Laurent Chouchan
- 2001 : Les Ames câlines de Thomas Bardinet
- 2001 : Mauvais Genres de Francis Girod
- 2003 : Saltimbank de Jean-Claude Biette
- 2003 : France Boutique de Tonie Marshall
- 2003 : Chouchou de Merzak Allouache
- 2004 : Grabuge ! de Jean-Pierre Mocky
- 2005 : L'Éloge de Thierry Teston (cm)
- 2006 : Vous êtes de la police ? de Romuald Beugnon
- 2008 : Musée haut, musée bas de Jean-Michel Ribes
- 2009 : Un homme et son chien de Francis Huster
- 2009 : Plein Sud de Sébastien Lifshitz
- 2010 : Thelma, Louise et Chantal de Benoît Pétré
- 2010 : Opération Weed de Frédéric Sojcher
A SUIVRE______________________
MICHELINE PRESLE, DU MELODRAME A LA COMEDIE
Actrice Française
Micheline Presle connut ses premiers succès au début de la guerre et de l'Occupation avec "Paradis perdu" d'Abel Gance en 1939, puis "La Comédie du bonheur" (1940) de Marcel L'Herbier. On peut également citer "La Nuit fantastique"suivis de deux créations importantes qui ne sortirent qu'après la Libération, "Félicie Nanteuil" (1942) de Marc Allégret et "Falbalas" (1944) de Jacques Becker.
Jeune fille ou jeune femme, parfois hésitant entre les deux, tous ses personnages sont marqués de sa forte personnalité et d'un talent aussi heureux dans le registre comique que dans le dramatique. Ces qualités se confirmèren dans le fameux "Diable au corps" (1946) du cinéaste Claude Autant-Lara, ou dans "L'Amour d'une femme" (1953) de Jean Grémillon. Les Américains la remarquèrent et elle fut engagée à Hollywood "Guérillas" de Fritz Lang.
Elle fut excellente dans un fameux film anglais de Joseph Losey, "L'enquête de l'inspecteur Morgan" (1959). Sans oublier sa participation à un feuilleton célèbre des années 60 : "Les Saintes-Chéries" au côté de Daniel Gélin.
Micheline Presle est née le 21 août 1922 à Paris , de son véritable nom Micheline Chassagne. Jeune fille de bonne famille elle répand la joie autour d'elle tout en s'ennuyant un peu de ses études au gré du temps. Ce fut un ami de son parrain qui était à la recherche de jeune filles susceptibles de figurer dans un pensionnat huppé.
Elle débute sa carrière cinématographique avec un long métrage intitulé "La Fessée" en 1937. Réalisé par Pierre Caron avec comme acteurs principaux Albert Préjean, Marguerite Moréno et Armand Bernard. L'année suivante, elle est engagée pour participer au film "Je Chante" dont la vedette est Charles Trénet et la mise en scène de Christian Stengel.
Attirée toute jeune par les studios et servie au départ par un tempérament vif, primesautier et décidé, ainsi que par une évidente photogénie, la jeune Micheline qu'on n'appelait pas encore Presle, passe rapidement par le purgatoire de la figuration. Malheureusement, les deux films qui suivront ("Petite peste",1938) (et "Vous seule que j'aime",1938) n'auront pas permis à l'actrice d'attirer l'attention sur elle. Elle suit des cours de danse, chante à l'occasion, renforce ses qualités d'actrice au contact de Raymond Rouleau et René Simon
C'est un collaborateur de Georg-Wilhem Pabst qui remarque Micheline Presle lors d'une audition, qui la propose au réalisateur qui prépare son dernier film français "Jeunes filles en détresse" (1939) , elle décroche l'un des rôles principaux grâce à sa franchise, sa spontanéité. Même si le film ne ressemble en rien à d'autres périodes du cinéaste qui fit sa gloire celle du muet ainsi que sa période allemande. Le film est réussi grâce à la plupart des comédiens qui sont brillants : Marcelle Chantal (sa mère), Micheline Presle, Jacqueline Delubac, Marguerite Moréno, André Luguet et Louise Carletti. Micheline y trouve à la fois un grand succès personnel et son pseudonyme de Presle. Les critiques sont enchantés par son naturel, sa fraîcheur et son aisance à jouer.
Aussitôt après, Abel Gance la réclame et tourne d'avril à juin 1939, "PARADIS PERDU", il ne sortit dans les salles parisiennes qu'à la fin de 1940. Ce film est un pur mélodrame, puisque le fil conducteur est fourni par la chanson écrite par Hans May, et qui rappelle combien la musique est pour Abel Gance un élément de choix dans la composition de ses oeuvres. Micheline Presle doit assumer un double rôle : la mère Janine et la fille Jeannette. Olivier Barrot et Raymond Chirat ont écris dans leur ouvrage "Noir et Blanc" aux éditions Flammarion : "Il s'agit d'un mélodrame. Charmeur dans sa première partie, moins convaincant par la suite. Le début se déroule dans la liesse populaire et les extravagances mondaines de la Belle-Epoque finissante. En midinette, admirée et aimée par un peintre qui la métamorphose en ravissant modèle, Micheline Presle est radieuse. Elle irrradie le bonheur de vivre et installe avec tant de pureté son personnage dans ce bref paradis que la violence du chagrin éprouvé par Fernand Gravey apprenant sa mort déferle sur le spectateur; la mélodie qui donne son nom au récit ajoute à l'émotion.
L'actrice reconnaît volontiers que le second volet du scénario n'a pas la même résonance. les êtres de chair et de sang d'avant 14 ne sont plus en 39 que silhouettes plaquées. Janine et Jeannette ont illuminé la carrière naissante, déjà prometteuse de Micheline Presle.
En 1940, Yves Mirande réalise "Elles étaient douze femmes" incarnaient par Gaby Morlay, Françoise Rosay, Betty Stockfeld, Micheline Presle, Blanchette Brunoy, Simone Berriau et Simone Renant. Le film raconte l'histoire d'une communauté de dames à l'abri du besoin séparees de leurs compagnons...
En août 1939, Marc Allégret entreprenait l'adaptation à l'écran de la pièce de Marcel Achard "Le Corsaire", lorsqu'il fut interrompu par le départ des comédiens mobilisés comme réservistes, le film ne fut jamais achevé. En mai 1940, afin de ne pas être confronté au même problème, Marc Allégret met en route "Parade en 7 nuits", un film à sketches composé de quatre histoires indépendantes et susceptibles d'être agencées en fonction des évènements. Heureuse idée. Après quelques semaines de tournage mouvementées dans les studios Pathé de la rue Francoeur, toute l'équipe met le cap sur la zone libre et vient s'installer dans les Studios de la Victorine. La distribution initiale connaît quelques modifications liées à ce déplacement : les sortants sont remplacés par des comédiens présents en zone non occupée, tels que Micheline Presle, Jean-Louis Barrault, Janine Darcey, Noël Roquevert ou encore Louis Jourdan qui débutait au cinéma...
Jusqu'à l'armistice, elle n'arrête plus de tourner et l'on constate dans "LA COMEDIE DU BONHEUR" (1940) que son talent est des plus nuancés. Le film est tourné à Rome tandis que les hostilités des fascistes à l'égard des acteurs français est à son apogée... Micheline Presle âgée de dix-huit ans est en totale harmonie avec le cinéaste Marcel L'Herbier qui la dirige aux côtés de Michel Simon, Ramon Novarro, Jacqueline Delubac, Alerme, Louis Jourdan et Sylvie. Le film sort avec un accueil favorable et cela pendant l'Occupation.
"Le Soleil a toujours raison" (1943) fut tourné entre juin et septembre 1941 dans les studios de Saint-Laurent du Var, puis à Saint-Tropez et au Mas de Triniterre en Camargue pour les extérieurs. Pierre Billon s'est entouré de quelques uns des meilleurs artisans : Jacques Prévert signa l'adaptation et les dialogues, Joseph Kosma ecrivit la musique des chansons, Alexandre Trauner créa les décors. Le scénario est entièrement bâti autour de la personnalité de Tino Rossi, grande vedette de la scène, qui interprète pas moins de sept chansons écrites pour l'occasion. En raison de la guerre, le film connut une sortie tardive en salle, il dut en effet, être validé par la commission dont la firme allemande était La Continental Films. Il fallut attendre le 27 janvier 1943 pour être présenté aux spectateurs parisiens du Paramount.
Avec "LA NUIT FANTASTIQUE" (1942), Marcel L'Herbier se plaçait résolument dans la tradition Méliès : il avait même songé à intituler son film "Le tombeau de Méliès" - dans le sens o Ravel composa "Le tombeau de Couperin". Si le cinéaste évoque Méliès, constate Roger Régent (in "cinéma de Frace", 1948 - ce n'est pas à cause des escamotages et des tours de passe-passe, c'est plus vraisemblablement parce que cette oeuvre nouvelle se réclamait directement des primitifs d'un art en voie de perdition, qu'elle s'efforçait d'arracher à l'écran tous les barbarismes, tous les contresens qui s'y étalaient encire et qui, depuis quarante ans et dans l'état de confusion où nous étions plongés, risquaient de se subtituer pour longtemps au véritable langage cinématographique. En 1943, "La Nuit fantastique" remporta le Grand Prix de la Critique Cinématographique. Quant à Micheline Presle qui interpréte Irène, la dame blanche dans ce conte fantastique réussit l'une de ses meilleures performances sur le plan cinématograpique. On peut citer les autres interprètes : Fernand Gravey, Saturnin Fabre, Michel Vitold, Jean Parédès, Bernard Blier et Marcel Levesque.
"FELICIE NANTEUIL" (1945) est un des films caractéristiques de cette époque qu'on a appelée le cinéma de Vichy. Tourné à Nice, donc en zone libre, en 1942. Il ne paraît, sur les écrans parisiens (et français), que trois ans plus tard. Le film s'inspire d'un roman d'Anatole France "Histoire Comique" qui analyse l'ascension d'une petite comédienne. Ambitieuse, elle surpasse son professeur, acteur médiocre, accessoirement son amant. Supplanté, la jalousie précipite le suicide du malheureux. Dès lors le remords accable la jeune femme. La réalisation de Marc Allégret permet à Micheline Presle d'apprécier la camaraderie et le grand talent de Claude Dauphin. "Félicie Nanteuil" demeure pour elle un de ses meilleurs souvenirs. (Noir et Blanc d'Olivier Barrot et Raymond Chirat -Editions Flammarion)
Quatre mois auparavant, Micheline Presle avait tourné "La Belle Aventure" (1942) réalisé par Marc Allégret avec Claude Dauphin et Louis Jourdan. Le film n'aura pas le même impact que "Félicie Nanteuil". Pierre Blanchar choisit le sombre drame de la Grande Bretèche rebaptisé : "Un Seul amour" (1943) qu'il réalisa et joua dans son deuxième long métrage au côté de Micheline Presle, d'après l'oeuvre d'Honoré de Balzac.
La Libération est proche, lorsque Jacques Becker propose à Micheline de jouer dans "FALBALAS" (1944). Le tournage fut gêné de multiples façons et notamment par la pénurie d'electricité qui obligeait les studios à des fermetures fréquentes. La Libération de Paris et ses suites immédiates empêchèrent la reprise rapide du tournage qui, commencé en 1944, ne s'acheva que dans l'hiver qui suivit ; le film étant présenté en juillet 1945. Les scènes d'extérieurs donnent une vision exacte de ce qu'était Paris à la veille de la Libération.
Elle fait preuve au théâtre de la même spontanéité qu'à l'écran, que ce soit dans "Am Stram Gram" de Roussin ou dans "Colinette" de Marcel Achard. Le réalisateur Christian-Jaque la transforme au cinéma dans "BOULE DE SUIF" (1945), d'après l'oeuvre de Guy de Maupassant. Quant à Henri Jeanson, il en est le dialoguiste et Micheline Presle a qui l'on a demandé de prendre quelques kilos en plus, réussit une étonne performance pittoresque et sensible. Il faut souligner la prestation des autres acteurs qui ont contribué également à la réussite de ce long métrage : Louis Salou, Alfred Adam, Berthe Bovy (L'armoire volonte), Louise Conte, Jean Brochard, Denis d'Inès, Pierre Palau et Suzet Maïs.
Le couronnement de l'actrice fut son interprétation de Marthe, une femme mariée qui dans une forme de détresse va rencontrer le jeune étudiant incarné par Gérard Philipe dans "LE DIABLE AU CORPS" (1947) signé par Claude Autant-Lara, d'après le célèbre roman de Raymond Radiguet. Le couple formé par ses deux grands acteurs devinrent l'un des couples les plus légendaires du septième art. Le roman de Radiguet avait fait scandale lors de sa parution en 1923. Son adaptation cinématographique à la fin de la seconde guerre mondiale, créa à son tour un scandale lors de sa sortie en salle et au Festival Mondial de Belgique où Gérard Philipe obtint le "Prix du Meilleur Acteur" et Claude Autant-Lara "le Prix de la Critique Internationale"

Selectionné pour le Festival de Cannes 1947, "LES JEUX SONT FAITS" tourné par Jean Delannoy avec la participation rarissime de Jean-Paul Sartre en tant que scénariste et dialoguiste devait être un évènement exceptionnel, mais malheureusement le film n'eut pas le succès escompté. On peut lire dans les écrits d'Olivier Barrot et Raymond Chirat (Noir et Blanc - Editions Flammarion) : "Les Jeux sont faits" réalise en 1946 par Jean Delannoy, sombra, rapidement englouti, dans un profond ennui. L'histoire, construite avec maladresse, réalisée avec froideur, conte les destins croisés d'une jeune femme de la bourgeoisie et d'un ouvrier. La première meurt empoisonnée par son mari, le second est supprimé par un tueur (l'action se déroule dans un pays imaginaire, opprimé par un dictateur). Tous deux se retrouvent dans l'au-delà. Ils se plaisent, ne demandent qu'à s'aimer. Par faveur spéciale et pour un jour plein ils reviennent sur terre où ils pourront revivre s'ils prouvent la réalité de leur amour. Ils n'y parviennent pas et disparaissent à jamais une seconde fois. Débarrassé de tout un appareil existentia-liste, le scénario affiche son inconsistance et sa prétention".
Micheline Presle est au sommet de sa popularité, elle accepte deux tourner dans deux co-productions franco-italiennes : "Les Derniers Jours de Pompeï" (1950) de Marcel L'Herbier dont le film est réussi ce qui n'est pas le cas pour "Tous les Chemins mènent à Rome" (1949) réalisé par Jean Boyer avec comme acteur principal Gérard Philipe.
L'actrice ayant signé un contrat de sept ans avec la Fox, c'est pourquoi Jean Negulesco la dirige en 1949 au côté de John Garfield dans "La Belle de Paris" (Under my skin). Elle enchaîne avec le cinéaste Fritz Lang qui met en scène "Guérillas" (American Guerilla in the Philippines,1950) avec Tyrone Power dans le rôle principal. Cette période propice permet à Micheline Presle d'orchestrer des duos inédits avec quelques uns des plus grands acteurs américains. D'ailleurs, c'est avec Errol Flynn, qu'elle poursuit son activité cinématographique aux USA, dans "La Taverne de New-Orléans" ( Adventures of Capitaine Fabian,1950) de William Marshall.
Plusieurs rôles de composition étant proposé à Micheline Presle, que l'on comprend aisément la raison pour laquelle, elle accepta d'être Marguerite Gautier dans "La Dame aux Camélias" (1953)avec Raymond Bernard à la réalisation. (Il nous avait emmerveillé avec le film muet du "Miracle des loups" puis quelques années plus tard, avec le sonore, on se souvient de sa version des "Misérables" avec Harry Baur.) C'est l'acteur italien Gino Cervi qui lui donna la réplique, aux côtés de Jean Parédès, Mathilde Casadesus, Roland Alexandre, Maurice Escande, Jean Brochard et Henri Crémieux.
Entretemps, elle aura été une éblouissante Marquise de Pompadour dans "Si Versailles m'était conté" (1953) du grand Sacha Guitry. Celui-ci lui offrira un autre rôle plus discretd' Hortense de Beauharnais dans l'épopée de "Napoléon" (1954).
"L'AMOUR D'UNE FEMME" (1954) fut le dernier long métrage réalisé par Jean Grémillon, il connut un échec critique et commercial quasi-unanime. Grémillon s'exprima en parlant du rôle de Marie interprétée par Micheline Presle : "Je ne veux guère juger mes personnages, je les laisse vivre...mais en bref, il me semble que Marie a très bien agi, elle essayer de combiner sa vocation qui lui apporte force, joie, sérénité et sans amour. André (Massimo Girotti), lui, préfère une femme sans métier, qui ne puisse trouver le bonheur qu'en lui, une femme-objet. En résumé, je crois que Marie est "ouverte au monde", André au contraire est fermé, replié sur lui-même". (J. Grémillon, Positif, no10).
Micheline sera également présente dans trois longs métrages italiens dont "Les Amants de la Villa Borghèse" (1953) de Gianni Franciolini avec Gérard Philipe et Vittorio de Sica. Puis " La Maison du souvenir" (Casa Ricordi,1954) du réalisateur Carmine Gallone. I y aura aussi "Le Château des Amants maudits" (1956) avec Gino Cervi.
Elle apparaît aussi dans "Les Mystères d'Angkor" (1959) de William Dieterle et surtout dans le magnifique film de Joseph Losey : "L'ENQUETE DE L'INSPECTEUR MORGAN" (Chance Meeting,1959). Il s'agit de l'un des meilleurs rôles de Micheline Presle. On pourra constater que la liste des films tournés chaque année par Micheline Presle ne connait aucun répit, elle enchaîne avec des cinéastes différents les uns des autres. Il y eut "Christine" (1958) de Pierre Gaspard-Huit où Alain Delon, Romy Schneider et Jean-Claude Brialy s'en donnaient à coeur joie de s'aimer et de se le dire, mais aussi, on apercevait Micheline Presle danser avec le jeune Alain Delon.... Mais aussi, "Bobosse" (1959), d'après la pièce d'André Roussin. C'est François Périer qui joue le rôle titre, pendant qu'Etienne Périer s'occupait de la mise en scéne (aucun lien de parenté).
La liste est longue pour citer le nombre de prestations au cinéma avec Micheline Presle, pendant cette période. Avec "Jean Gabin dans "Le Baron de l'Ecluse" (1960), avec Pascale Petit et Michel Auclair dans "Une Fille pour l'été" (1960), avec Jean-Pierre Cassel et Jean Seberg dans "L'Amant de cinq jours" (1961)
A suivre....

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PAULETTE DUBOST, DOYENNE DU CINEMA FRANCAIS
PAULETTE DUBOST 1910
Actrice Française


Paulette Dubost fut l'une de nos comédiennes françaises les plus célèbres d'avant et d'après guerre, sa gouaille et sa frimousse contribuèrent à être présente à de nombreuses manifestations culturelles ou publicitaires, ce qui lui permit d'accèder à une certaine célèbrité.
Après avoir tourné dans plus de 165 films, après avoir travaillé avec quelques uns des plus grands cinéastes tels que Jean Renoir, Max Ophuls, Marcel Carné, Henri Decoin, Marcel L'Herbier, Julien Duvivier, Jean Delannoy, Claude Autant-Lara, Louis Malle, François Truffaut, Yves Allégret et tant d'autres y compris ceux qui n'ont peut être pas la même renommée mais qui ont été de véritables artisans : Gilles Grangier, Henri Verneuil, Pierre Tchernia, Georges Lautner, André Hunebelle.
Paulette Dubost aura joué avec quelques uns des plus prestigieux acteurs du cinéma français : Jean Gabin, Fernandel, Bourvil, Harry Baur, Louis de Funès, Buster Keaton, Arletty, Julien Carette, Albert Préjean, Michel Simon, Charles Boyer, Gaby Morlay, Pierre Brasseur, Louis Jouvet, Charpin, Pierre Fresnay, Danielle Darrieux, Martine Carol, Alain Delon, la liste est longue, et il semblerait qu'elle soit la doyenne des actrices françaises, sans oublier Suzy Delair, Danielle Darrieux, Michèle Morgan, Micheline Presle.
Paulette Dubost, de son véritable nom Paulette Marie Emma Deplanque est née à Paris le8 octobre 1910. Elevée dans le milieu du spectacle (sa mère, Suzanne était chanteuse à l'Opéra-Comique, son père était ingénieur du gaz), petit-rat à l'Opéra dès l'âge de sept ans aux côtés d'Odette Joyeux et Josette Day, Paulette Dubost doit à la danse son premier contact avec le public. Elle s'essaye à l'Opérette. Elle entre au conservatoire de Paris en 1927, dans la section "Chant et Comédie".
Ces premiers pas sur les planches se passèrent aux Bouffes Parisiens avec "Les Aventures du Roi Pausole" que le réalisateur Wilhem Thiele lui propose de jouer le rôle d'une acheteuse de bas dans "LE BAL" (1931) avec dans le rôle principal André Lefaur.
De 1932 à 1933, Paulette Dubost tourne dans un nombre important de longs métrages, citons "Dans les rues" (1932) de Victor Trivas aux côtés de Madeleine Ozeray (épouse de Louis Jouvet) et Jean-Pierre Aumont (jeune premier), "L'ORDONNANCE" (1933) de Victor Tourjansky avec un débutant nommé Fernandel et l'actrice Marcelle Chantal (mère de Micheline Presle). Il y eut également un film sous la direction de Jacques Tourneur : "Pour être aimé" (1933).
Dès lors, elle sera l'interprète de très nombreux films, essentiellement des vaudevilles et des comédies. Son physique et sa nature enjouée la font spécialiser dans les rôles de soubrette.
Sa petite frimousse, son travail assidu et des tournages qui se succèdent, favorise sa popularité. Elle accède au premier rôle féminin dans des petits films ou l'accède presque au vedettariat à sans prétention tels que : "LE BONHEUR" (1934) réalisé par Marcel L'Herbier avec Gaby Morlay, Charles Boyer et Michel Simon. Avec son petit nez retroussé "à la parisienne", Paulette Dubost devient populaire et se fait remarquer aux côtés de Jean Servais dans"JEUNESSE" (1934) de Georges Lacombe. Citons également : "Le Comte Obligado" (1934) de Léon Mathot, "La Petite Sauvage" (1935) de Jean De Limur avec José Noguero, "La Rosière des Halles" (1935) de Max Glass, "L'Auberge du Petit Dragon" (1934) de Jean de Limur avec Albert Préjean, "Le Bébé de l'escadron" (1935) de René Sti, aux côtés de Michel Simon et Pierre Brasseur puis "La Brigade en jupons" à nouveau de Jean de Limur .
Un autre film intéressant : "FERDINAND LE NOCEUR" de René Sti interprétés par Fernandel, Alerme, on se souvient de cette fameuse scène où les deux acteurs s'immobilisent devant le portrait Paulette Dubost, sa sortie au cinéma date du 28 février 1935. En 1936, Paulette Dubost donne la réplique à Buster Keaton, qui clôture sa carrière cinématographique avec un film sans grand intérêt :"Le Roi des Champs-Elysées" (1936) ...

En 1936, elle abandonne le cinéma, refuse une proposition alléchante de la Fox et se marie. C'est Marcel Carné qui la décide à revenir au cinéma, en 1938, avec "HOTEL DU NORD" en interprétant Ginette, femme volage à l'accent parigot. Puis vient "LA REGLE DU JEU", qui demeure son film favori. Paulette Dubost retrouve son partenaire de "L'ordonnance", Fernandel, qui l'attend le temps d'un tournage, celui de "BARNABE" (1938) d'Alexandre Esway avec Noel Roquevert
En 1939, Paulette Dubost interprète le rôle de "BECASSINE" en sabots, coiffe légère au vent, visage rond que surplombe un nez en trompette, est un échec artistique et commercial alors qu'il aurait dû être le début d'un carrière prometteuse pour l'actrice aux joues roses. Cela ne l'empêchera pas de chanter, danser, jouer la comédie d'un jeu simplet coloré de fraîcheur. Paulette Dubost déclara : "Mon personnage de Becassine, ça été une chance ratée. Ca m'a caalogué. Je suis contente d'avoir été une artiste dite comique, mais ça m'empêchait de tenir des rôles plus graves. Quand on pense à (Raymond) Bussières, on l'a découvert à soixante-seize ans dans "Le pain noir", à la télé, après tant d'années à jouer les gouapes. Quel merveilleux comédien il était, Bubu ! J'ai un copain qui n'a joué que les curés, (Jacques) Monod n'interprétait que les juges et (Robert) Dalban des patrons de bistros".


Pendant l'occupation, Paulette Dubost ne tourne que très peu de films. 1939 : "Le Paradis des voleurs" de L. C. Marsoudet avec Charpin, Roland Toutain, Aimos, Carette. 1941 : "Opéra-Musette" (1941) de René Lefèvre et Claude Renoir avec Saturnin Fabre, René Lefèvre et Raymond Bussières. 1942 : "Je suis avec toi" d'Henri Decoin avec Pierre Fresnay, Yvonne Printemps et Bernard Blier.
Fernandel réalise "ADRIEN" (1943) et retrouve Paulette Dubost par la même occasion, le temps d'un tournage. Elle enchaîne avec plusieurs longs métrages, on peut retenir "FARANDOLE" (1944) d'André Zwobada avec Gaby Morlay, André Luguet, Bernard Blier.Elle incarnait une prostituée. Puis "AU PETIT BONHEUR" (1945) du cinéaste Marcel L'Herbier avec Danielle Darrieux dans le rôle principal.
Tant de simplicité, tout en gardant une façon touchante et sentimentale, sont les qualificatifs que l'on conserve pour décrire une partie de la personnalité de cette comédienne. 1945-1946, elle tourne sous la direction d'un ancien avocat devenu réalisateur, André Cayatte qui réalise successivement "ROGER LA HONTE" et "LA REVANCHE DE ROGER LA HONTE" avec Lucien Coedel, Paul Bernard, Maria Casarès, Jean Debucourt, Louis Salou, Jean Tissier, Jean Desailly...
En 1947 et 1949, elle donne la réplique à deux reprises à Bourvil dans "BLANC COMME NEIGE" et "LE ROI PANDORE" tous deux signés par André Berthomieu. Paulette Dubost, Francis Blanche et Maurice Baquet sont les principaux protagonistes du film de Fernand Rivers : "TIRE AU FLANC" (1949). Une enième fois, elle fut la partenaire de Fernandel dans "UNIFORMES ET GRANDES MANOEUVRES" (1950) de René Le Hénaff.
Il lui faudra ensuite attendre 1951, date à laquelle, elle participera au tournage du film de Max Ophuls "LE PLAISIR" (1952), pour apparaître dans un film important; elle avoue ne pas lire les scénarios des autres : "Si je les lisais, dit-elle, je refuserais de les tourner et je ne gagnerais pas ma vie."
Dans les années 50, on retiendra dans la carrière cinématographique de Paulette Dubost, trois autres longs métrages de qualité : "LA FETE A HENRIETTE" (1952) de Julien Duvivier, "LOLA MONTES" (1955) de Max Ophüls et "LE DEJEUNER SUR L'HERBE" (1959) de Jean Renoir.
Paulette Dubost se souvient d'un entretien avec le réalisateur Jean Renoir, dans cette même période que le tournage du "Déjeuner sur l'herbe". On peut lire dans ses mémoires : "On se rappelait nos souvenirs. "La Règle du jeu" avait été un échec : à sa sortie, au Colisée, le public a tout cassé dans la salle. J'étais alors au Maroc et mes parents m'ont écrit: "Et bien, on est pas fiers que tu sois dans le film de ce fou !". Il n'y a que des ereintements, avant quele film soit interdit pour démoralisation...On me disait : "C'est honteux de tourner de pareilles inepties." J'étais sidérée. C'est là que j'ai compris que la plupart des gens volaient très bas. C'était pénible. Quelque fois je coupais court à la conversation, je ne prenais même pas le temps de discuter. Ils n'ont pigé le ton, le sens de ce film que longtemps après la guerre. Il y eut un revirement et il fallait les entendre : "Ah mais moi, je l'ai toujours apprécié, ce film...". Mon oeil ! Je les avais étiqueté, les optus qui par la suite ont voulu faire croire qu'ils avaient tout compris tout de suite. Même mes parents ont fini par se résigner". Paulette Dubost - C'est Beau la Vie -Edition Flammarion
A cette même période que "Le déjeuner sur l'herbe", elle joue aux côtés de Raymond bussières et Louis de Funès dans "Mon Frangin du Sénégal" (1953) de Guy Lacourt, sur des dialogues de Norbert Carbonnaux. Dans "LE MOUTON A CINQ PATTES" (1955) réalisé par Henri Verneuil, Paulette Dubost incarne l'épouse de Fernandel. Attentionnée, c'est elle qui finira par dire à Fernandel, qu'il a une mauvaise mine, alors que celui-ci a signé un contrat d'obséques auprès d'un de ses employeurs de pompes funèbres qui n'est autre que Louis de Funès.....
Il est certain que Paulette Dubost a connu la plupart des acteurs du cinéma français du XXème siècle : Julien Carette, Jean Tissier, Saturnin Fabre, Jeanne Fusier-Gir, Pauline Carton, André Luguet, Noël-Noël, Raymond Bussières, Pierre Brasseur, Bourvil, Alerme, Charpin, Harry Baur, Mireille Balin, Dany Robin, Paul Bernard, Louis Salou, Gabriello, Maria Casarès, Lucien Coëdel, Jean Debucourt, Henri Crémieux, Bernard Blier, Gaby Morlay, Jany Holt, Annie Ducaux, Jacques Dumesnil, Fernandel, Pierre Fresnay, René Lefèvre, Roland Toutain, Raymond Aimos, Edouard Delmont, Marcel Dalio, Mila Parély, Armand Bernard, Marguerite Moreno, André Lefaur, Noël Roquevert, Louis Jouvet, Jane Marken, Jean-Pierre Aumont, François Périer, Fernand Gravey, Gabrielle Dorziat, Suzy Prim, Raymond Cordy, Françoise Rosay, Lucien Barroux, Charles Boyer, Jean Servais, Louis de Funès, Albert Préjean, René Saint-Cyr, Robert Le Vigan, Pierre-Richard Willm, Marcelle Chantal, Alexandre Rignault, Madeleine Ozeray, Jean Marais, Claude Dauphin, Arletty, Martine Carol, Jean Gabin, Darry Cowl, Robert Dalban, Jean-Claude Brialy, Paul Meurisse, Charles Blavette, Henri Vidal, Jean Seberg, Romy Schneider, Maurice Ronet, Robert Hossein, Jacques Monod et tant d'autres....
Il y eut également sa participation dans le film de Jean Delannoy "MAIGRET TEND UN PIEGE" (1959), puis avec Louis de Funès dans "TAXI, ROULOTTE ET CORRIDA" (1958) d'André Hunebelle qui la dirigera à nouveau dans "LE BOSSU" (1959) aux côtés de Jean Marais et Bourvil.
Dans les années 60, Paulette Dubost se tourne vers la télévision qui lui offre aujourd'hui les rôles dramatiques dont elle a rêvé longtemps dans des films qu'elle juge de grande qualité. Parmi eux, citons : "La Grossesse de Madame Brache", "Un temps ailleurs", "Le Paria", "Le Tiroir secret" (feuilleton de Edouard Molinaro), "Julien Fontanes, magistrat"....
A cette même période, on aperçoit dans sa filmographie, sa participation dans deux films avec Romy Schneider en vedette principale : "Jeunes filles en uniforme" (1958) et "Mademoiselle Ange" (1959) de Géza Radranyi. En 1961, une petite apparition mais vite repérable dans le film de Georges Lautner "Arrêtez les tambours" avec Bernard Blier dans le rôle d'un médecin qui déambule dans sa ville assiégée pendant l'occupation.
Maurice Ronet, Robert Hossein, Paulette Dubost, Marina Vlady et Jacques Monod sont les principaux interprétes d'un film de Claude Autant-Lara : "LE MEURTRIER" (1962). Méconnu du public, ce long métrage mérite d'être à nouveau diffusé sur le petit écran... Celle qui fut une véritable "Becassine" enchaîna les tournages : "Les Mystères de Paris" (1962) d'André Hunebelle avec Jean Marais. "GERMINAL" (1962) de Yves Allégret, "MAIGRET VOIT ROUGE" (1963) de Gilles Grangier. Toujours sous la coupe du cinéaste, elle joue l'épouse de Jean Gabin dans "L'AGE INGRAT" (1964), son futur beau-frère dans le film n'est autre que Fernandel. Le film fut un échec pour une première collaboration entre Jean Gabin et Fernandel, qui ont produit le film avec leur toute nouvelle société de production "La Gafer".
A noter également la participation de Paulette Dubost au film de Marcel Ophüls, (réalisateur du documentaire "Le Chagrin et la Pitié") "PEAU DE BANANE" (1963) avec Jean-Paul Belmondo, Jeanne Moreau, Jean-Pierre Marielle, Claude Brasseur et Gert Fröbe.
A souligner la participation de Paulette Dubost dans la première réalisation de Paule Delsol "UNE FILLE A LA DERIVE" (1963) pour lequel le distributeur modifia le titre du film au dernier moment, son titre initial "La Dérive".
Louis Malle dirige Paulette Dubost dans l'un de ses plus beaux rôles au cinéma, au milieu des deux grandes actrices françaises : Brigitte Bardot et Jeanne Moreau dans "VIVA MARIA" (1965). Paulette Dubost déclara : "Les choses viennent quand elles doivent venir. A la longue... il y a quelques années, je reçois un coup de fil : "Allo ? Paulette Dubost?, Ben oui... Ici Louis Malle. J'y crois pas. Ca doi êre une farce. Je fais répéter : Ici Louis Malle et Jean-Claude Carrière. Je vous appele de Mexico City, on vient d'écrire un scénario et on vous destine un très beau rôle...."
"J'y crois toujours pas. Ils me rappellent et insistent en ajoutant : C'est avec Brigitte Bardot. Là, j'ai failli tomber à la renverse. Brigitte, je l'ai toujours adorée. Ca a été un grand sujet de discussion avec ma mère qui disait : Elle ne sait pas jouer la comédie, elle montre ses fesses. Tu l'as vue? -Ah non !." -Paulette Dubost -C'est court, la vie -Edition Flammarion.
Dans leur ouvrage "Les Excentriques du cinéma français" (Edition Henri Vernier -1983), Olivier Barrot et Raymond Chirat soulignent l'importance des films "Le MEURTRIER" de Claude Autant-Lara, "VIVA MARIA", bien sûr et aussi "LE DIMANCHE DE LA VIE" (1965) de Jean Herman avec Danielle Darrieux, Olivier Hussenot, Françoise Arnoul et Berthe Bovy.
Pendant les années 70, Paulette Dubost tourne moins pour le cinéma. Elle poursuit vaille que vaille son bonhomme de chemin. Les années n'ont guère de prise sur elle. Elle conserve ses joues fermes, sa voix sentencieuse, aussi bien dans "LA BARRICADE DU POINT DU JOUR" (1977) de René Richon, que dans "TENDRE POULET" (1978) et "On a volé la cuisse de Jupiter" tous deux signés par Philippe de Broca. Après la sublime oeuvre de François Truffaut"LE DERNIER METRO" (1981), elle enchaîne avec "Le Retour des bidasses en folie" (1982) de Michel Vocoret.
Elle plane, Paulette, et planera toujours, mais comme on le chantait autrefois : "C'est ce qui fait son charme -un charme toujours différent - elle n'est pas comme les autres et c'est bien plus marrant."
Pour le tournage de "MILOU EN MAI" (1990), Louis Malle déclara "J'ai choisi d'utiliser le matériel historique de façon détournée, comme un écho, le film se passant très loin de Paris, et le ton étant celui de la comédie. En relisant les numéros du "Monde" de l'époque, en réécoutan les directs d'Europe 1, j'avais toujours devant les yeux l'image d'une vielle dame qui meurt, qu'on installe dans la bibliothèque, et qui est là, tout le temps présente. je voulais aussi tourner encore une fois dans mon Sud-Ouest, celui de "Lacombe Lucien" et "Black Moon". C'est ainsi que le cinéaste sollicita à nouveau Paulette Dubost, vingt-cinq ans après "Viva Maria"

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Paulette Dubost -Remise des Prix de la SACD -24 Juin 1991
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ANNIE GIRARDOT, ELOGE D'UNE ACTRICE EMOUVANTE (2ème partie)
2ème Partie
On retrouve Annie Girardot dans une comédie qui n'arrive point à s'affirmer, "JULIETTE ET JULIETTE " (1973) de Rémo Forlani avec Marlène Jobert et Pierre Richard.Apparaissent également au cours du film : Philippe Léotard en catcheur séducteur, Patrick Préjean en client de taxi irascible et Daniel Prévost qui personnifie l'ami du photographe, joué par Rémo Forlani lui-même.
L'année 73 se termine avec le tournage du film "URSULE ET GRELU" du cinéaste Serge Korber. Le film n'eut pas un grand intérêt, mise à part l'interprétation d'Annie Girardot, elle y est membre de l'armée du salut, aux côtés d'un Bernard Fresson en accordéoniste. A cette époque là, Annie tourne trop, on a l'impression qu'elle ne prends pas le temps de lire suffisamment les scénarios qui lui sont proposés.
C'est en 1974, qu'Annie Girardot va remporter son plus grand succès avec "LA GILFE" de Claude Pinoteau aux côtés de Lino Ventura, Isabelle Adjani et Francis Perrin. Le film est resté à l'affiche des cinémas parisiens en exclusivité pendant plus de 27 semaines. Ce sucès elle le partage avec Lino Ventura qui déclara :"Le sujet m'a plu, déclare Lino Ventura, car Dabadie, Pinoteau et moi-même avons des filles, nous avons voulu faire une comédie intergénération en faisant appel à nos propres expériences de père". Cette "comédie passionnelle" comme aime l'appeler Claude Pinoteau, est le second film du réalisateur qui a en effet signé avec la même équipe un film policier très apprécié "Le silencieux".
Annie Girardot s'engage dans trois autres films, l'un sur l'évocation de la tragédie chilienne "IL PLEUT SUR SANTIAGO" (1975) d'Helvio Soto aux cotés de André Dussolier, Bernard Fresson, Jean-Louis Trintignant, Maurice Garrel, Serge Marquand, Laurent Terzieff, Bibi Andersson et Ricardo Cucciolla. Le suivant avec Alain Delon dans "LE GITAN" (1975) adapté du roman "Histoire de fou", paru, dans la série noire, José Giovanni la nettement transformé : le héros, Pierre Loutrel, alias Pierrot le fini, disparaît et se mue en Gitan, devenu truand par révolte hors de toute mythologie gangstériste. Alain Delon, ici également coproducteur.
Et enfin "IL FAUT VIVRE DANGEREUSEMENT" (1975) dont ce fut l'unique réalisation de Claude Makowski. Elle y est l'amie de Claude Brasseur, petit detective privé qui rêve de partir construire un hôtel sur une île et manger des écrevisses tous les jours.
Un autre triomphe d' Annie Girardot, "DOCTEUR FRANCOISE GAILLAND" (1976), inspiré d'un roman de Noelle Loriot "Un cri" ". C'est Annie Girardot, passionnée par le roman, qui choisit d'en confier l'adaptation à Jean-Louis Bertucelli, dont elle avait beaucoup admiré "Remparts d'argile" (1970) et "On s'est trompé d'histoire d'amour" (1974). Il semble qu'ensuite les affinités entre le cinéaste et son interprète aient fait place à de l'incompréhension - " Quand j'ai eu connaissance de cette adaptation, j'ai été catastrophée. C'était insipide, crétinisant... " (A. Girardot, entretien dans " L'Unité ").
" Annie Girardot est une grande comédienne, mais le film que je voulais faire n'était pas celui qu'elle voulait faire. Cette histoire ne m'intéressait pas. " (J.-L. Bertucelli, Le Film Français, 8 avril 1977).
En dépit de ces " divergences " et d'un accueil critique plutôt mitigé, le film connut un très grand succès commercial puisqu'il rassembla, en quinze semaines d'exclusivité parisienne, 527 204 spectateurs.
Avec le film de Jean-Pierre Blanc, Annie donne la réplique à Julien Clerc et Miou-Miou avec "D'amour et d'eau fraîche" (1975) et retrouve par le suite le cinéaste de "Mourir d'aimer" et "Il n'y a pas de fumée sans feu", André Cayatte qui s'interroge sur l'enfance kidnappée dans "A CHACUN SON ENFER" (1976), quelques temps auparavant, l'affaire Patrick Henry et celle du "Pull-over rouge" ont été un choc émotionnel auprès du peuple français. Annie Girardot a de nouveau pour partenaire Bernard Fresson. Il s'agit d'un des derniers films avec Fernand Ledoux.
Annie Girardot incarne une toiletteuse de chiens dans "COURS APRES MOI QUE JE T'ATTRAPPE" (1975) mise en scène par Robert Pouret avec Jean-Pierre Marielle. Elle forme avec lui un couple ordinaire, mais attachant auprès du public français. Elle est patronne de gargotte dans "JAMBON D'ARDENNE" (1976) de Benoit Lamy, chauffeur de taxi dans "LE DERNIER BAISER" (1976) de Dolorès Grassjan avec Bernard Fresson et Maria Pacôme.
"LE POINT DE MIRE" (1977) de Jean-Claude Tramont s'inscrit dans la lignée de ces films répondant à la paranoïa engendrée par l'assassinat du président Kennedy. C'est à dessein que le scénario reste flou sur certains points, accréditant la thèse que le meurtre de John W. Maxwell a été décidé au plus haut niveau et que, comme Lee Harvey Oswald, il fallait trouver un homme (ou une femme) « de paille » : « L'important, c'est de savoir choisir, dit l'un des artisans du complot. Choisir sa victime, c'est facile. Il faut savoir choisir le coupable. ». Aux côtés d'Annie Girardot, Jacques Dutronc et Jean Bouise.
En 1977, Annie Girardot et Philippe Noiret forment un tandem dans "TENDRE POULET" d'après le roman "Le Frelon" – dont la construction en trois points de vue différents a ici disparue Jean-Paul Rouland et Claude Olivier, fut suivi de "La Fouine" et de "Poulet à l'italienne". La voix du mainate d'Antoine Lemercier est en fait celle de Michel Audiard. En 1980, Philippe de Broca réalisa une suite de "Tendre poulet", "ON A VOLÉ LA CUISSE DE JUPITER", avec la même équipe :Annie Girardot, Philippe Noiret, Catherine Alric, Francis Perrin et Roger Carel.

Dans "L'AMOUR EN QUESTION" (1977) d' André Cayatte, Annie Girardot incarne un juge d'instruction, avec "VAS Y MAMAN" (1978) elle est un écrivain aux côtés de Pierre Mondy, Nicole Calfan et Claude Piéplu. Annie donna également la réplique à Patrick Dewaere dans "LA CLE SUR LA PORTE" (1978) d'Yves Boisset.
Annie Girardot affirme une certaine indépendance dans le choix de ses films, et celà depuis "Vivre pour vivre" de Claude Lelouch. "LA ZIZANIE" (1978) réalisé par Claude Zidi fut l’unique occasion pour Annie Girardot et Louis de Funès de partager la vedette d’un film, ils furent tous deux assez émouvant.

On peut également ajouté dans la filmographie d'Annie Girardot sa participation dans le film de Luigi Comencini "LE GRAND EMBOUTEILLAGE" (1978) ou l'on pouvait reconnaître un nombre important d'acteurs de toutes nationalités confondues : Miou-Miou, Patrick Dewaere, Gérard Depardieu, Fernando Rey, Ugo Tognazzi, Marcello Mastroianni, Alberto Sordi et Stefania Sandrelli...
Il y eut aussi "LE CAVALEUR" (1979) de Philippe de Broca avec Jean Rochefort,Danielle Darrieux et Nicole Garcia, et "CAUSES TOUJOURS TU M'INTERESSES" (1978) du cinéaste Edouard Molinaro, elle y retrouvait son partenaire Jean-Pierre Marielle. l’aube des années quatre-vingts, Annie Girardot demeure toujours l’actrice française la plus populaire. Selon son habitude, elle alterne les genres, passant d’une comédie à un film policier puis à un drame sentimental, en interprétant des personnages souvent profondément ancrés dans la réalité sociale tels que médecin, professeur, chauffeur de taxi, avocat ou tout simplement femme au foyer. «Je crois que je suis la seule en France à avoir joué des rôles qui pouvaient aider les femmes. J’ai joué des rôles plus forts, des rôles d’homme» (in «La Revue du Cinéma» n° 472, Juin 1991).
Jamais négatifs ou résignés, les personnages qu’elle incarne sont en perpétuel combat contre les injustices et les préjugés, comme l’avocate d’"UNE ROBE NOIRE POUR UN TUEUR" (1980) de José Givanni et son attaque virulente contre la peine de mort. Mais à la suite de quelques échecs publics consécutifs, dont le méconnu "LA VIE CONTINUE" (1981) mise en scène par Moshé Mizrahi aux côtés de Jean-Pierre Cassel et Pierre Dux, où elle donne la réplique à sa propre fille Giulia Salvatori, les producteurs se détournent subitement d’elle et les projets, comme «Ticket d’acier» écrit par Bertrand Blier pour Patrick Dewaere, Gérard Depardieu et elle, n’aboutissent pas. De surcroît, son spectacle au Casino de Paris «Revue et corrigée», en 1982, s’avère un échec cuisant, laissant la comédienne moralement meurtrie. Mais Annie Girardot représente une figure familière dont le cinéma français semble ne pouvoir se passer et, en 1984, les propositions affluent de nouveau.
Une nouvelle Girardot, plus sereine et libérée des fluctuations du box-office, entame une nouvelle carrière dominée par les rôles de mères : vengeresse "LISTE NOIRE" (1984) d' Alain Bonnot, jalousement possessive de son fils unique "PARTIR REVENIR" (1984) de Claude Lelouch, "CINQ JOURS EN JUIN" (1988) de Michel Legrand ou simplement attendrie et bienveillante face à une progéniture turbulente et envahissante "MERCI LA VIE" (1991) du cinéaste Bertrand Blier.
Les cinéastes n’hésitent plus à lui confier des personnages peu sympathiques, comme la taularde féroce et délatrice de "PRISONNIÈRES" (1988) de Charlotte Silvera et «Le Fléau», insupportable mégère et compagne grossière de Paul Léautaud dans "COMÉDIE D’AMOUR" aux côtés de Michel Serrault. Claude Lelouch, qui lui voue une fidélité à toute épreuve, l’engage avec régularité. L’Italie, sa seconde patrie, la sollicite également tant au cinéma qu’à la télévision, mais les films qu’elle y tourne demeurent à ce jour inédits en France. Sa popularité l’amène tout naturellement à travailler pour la télévision et les populaires séries estivales «Le vent des moissons» et «Orages d’été» la confrontent aux réalités rurales et aux déboires sentimentaux dont le grand public raffole.

Elle tourne également pour le petit écran dans «Un métier de seigneur», «Le front dans les nuages», aux côtés de Danielle Darrieux, «Les merisiers» et «Un pull par-dessus l’autre». Toujours présente au théâtre, elle joue «Marguerite et les autres» (1983), spectacle composé de textes de Jean Cocteau, Jean-Loup Dabadie, Pierre Étaix, Michel Audiard et Félix Leclerc, «L’avare» de Molière, dans une mise en scène de Roger Planchon (1986), avec Michel Serrault, «Première jeunesse» de Christian Giudicelli (1987), avec Odette Joyeux, «Le roi se meurt» d’Eugène Ionesco (1988), «Heldenplatz» de Thomas Bernhard (1991), «La famille écarlate» de Jean-Loup Dabadie (1992) et «Les chutes du Zambèze» de Daniel Soulier (1995), etc… En complément de ces multiples activités, Annie Girardot est l’auteur de deux recueils de souvenirs «Vivre d’aimer» et «Ma vie contre la tienne», dédié à sa mère.
De 1990 à 2000, la carrière de la comédienne se décline essentiellement à la télévision, en Italie ou en France. Elle joue beaucoup moins au cinéma mais décroche malgré tout un César du meilleur second rôle féminin pour sa prestation dans "LES MISERABLES" (1994) de Claude Lelouch. Sur scène, l’actrice livre un bouleversant discours qui restera dans les annales de la cérémonie, lâchant en larmes « je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma, mais lui m’a manqué infiniment, follement, éperduement… ».
On la retrouve ensuite dans "LES BIDOCHONS" (1996), "CECI EST MON CORPS" de Rodolphe Marconi (2001) et surtout "LA PIANISTE" de Michael Haneke où une fois de plus son remarquable charisme crève l’écran, ce qui lui permet de remporter un nouveau César. Récemment, Annie Girardot a prêté sa voix au film d’animation de Jacques Rémy Gireird "LA PROPHETIE DES GRENOUILLES" (2003) avant de faire des apparitions dans "LE TEMPS DES PORTE-PLUMES" (2006) de Daniel Duval, "C’EST BEAU UNE VILLE LA NUIT" (2006) de Richard Bohringer, "BOXES" (2007) de Jane Birkin ou "CHRISTIAN" (2007) de Elisabeth Löchen. En septembre 2006, le grand public apprend par l’intermédiaire de son avocat, puis de la presse, qu’Annie Girardot est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Le livre « La Mémoire de ma mère » paru en avril 2007 et écrit par sa fille Giulia Salvatori, raconte le combat quotidien de l’actrice contre la maladie.
Annie Girardot reçoit des mains de Charles Vanel, le César de la Meilleure actrice pour "Docteur Françoise Gailland". 1976
Contrairement à d'autres, on peut percevoir la tendresse de l'immense comédien qu'était Michel Serrault à l'égard d'Annie Girardot...
Présidente des César l'année suivante, il faut reconnaitre que nous avont tous été émus par son discours émouvant...lors des César.

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Son bien-aimée Renato Salvatori
Philippe Noiret
Claude Brasseur
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ANNIE GIRARDOT, ELOGE D'UNE ACTRICE EMOUVANTE
ANNIE GIRARDOT 1931 - 2011
Actrice Française
Annie Girardot est l'une des dernières actrices d'une époque révolue, le public se reconnait en elle, elle reste l'une des comédiennes les plus aimées et les plus authentiques du cinéma français . Quelques titres parmis les plus importants de sa carrière : "L'homme aux clés d'or" avec Pierre Fresnay, "Maigret tend un piège" de Jean Delannoy avec Jean Gabin,"Rocco et ses frères" de Luchino Visconti avec Alain Delon et Renato Salvatori(son futur époux), "La proie pour l'ombre" d'Alexandre Astruc avec Daniel Gélin, "Le Rendez-vous" de Jean Delannoy avec Jean-Claude Pascal et Philippe Noiret, "Le bateau d'Emile" de Denys de la Patellière avec Lino Ventura, Pierre Brasseur et Michel Simon, "Le vice et la vertu" de Roger Vadim avec Catherine Deneuve et Robert Hossein, mais également "Trois chambres à Manhatta" de Marcel Carné avec Maurice Ronet, "Vivre pour vivre" de Claude Lelouch avec Yves Montand, "La bande à Bonnot" avec Jacques Brel, "Dillinger est mort" de Marco Ferreri avec Michel Piccoli, "Un homme qui me plait" de Lelouch avec Jean-Paul Belmondo, "Clair de terre" de Guy Gilles avec Edwige Feuillère, Micheline Presle et Roger Hanin, "Elle boit pas, elle fume pas mais elle cause" d'Audiard avec Bernard Blier entre autres.
A partir des années 70, on peut souligner sa participation dans "Les novices" avec Brigitte Bardot et "Guerre secrète" avec Bourvil, même si on aurait préfèrer un autre face à face avec Bourvil. Il y eut également "Mourir d'aimer" d'André Cayatte, quatre autres films en compagnie de Philippe Noiret, cela commence avec "La vieille fille" puis "La mandarine", et enfin les deux films de Philippe de Broca "Tendre poulet" et "On a volé la cuisse de Jupiter".
Il y eut aussi "Docteur Françoise Gailland" avec Jean-Pierre Cassel et une débutante nommée Isabelle Huppert, "Traitement de choc" d'Alain Jessua avec Alain Delon et Michel Duchaussoy, "Il n'y a pas de fumée sans feu" et "A chacun son enfer" deux films réalisés par André Cayatte. Et enfin, l'un de ses plus grands succès populaires "La gifle" aux côtés de Lino Ventura et Isabelle Adjani.
Annie Girardot est née le 25 octobre 1931 à Paris, dans le quartier de la Bastille. Sa mère est présidente des sages-femmes de France. Elle n'a jamais connu son père, décédé alors qu'Annie était une jeune enfant. Son frère, Jean, est de cinq ans son aîné. Après une enfance passée à Caen, elle prépare un diplôme d'infirmière à Paris sans grand enthousiasme.
Annie Girardot se découvre une vocation pour la comédie, elle se met à fréquenter le Centre Dramatique de la rue Blanche dès le mois d'avril 1949. Elle à Jean Meyer pour professeur. Sa première prestation au théâtre fut le rôle de Dorinedansune scène de "Tartuffe"; Elle poursuit la filière qui l'a conduit directement au Conservatoire, ou elle travaille sous la direction d'Henri Rollan.
En 1954 au Conservatoire : double premier prix de comédie, classique et moderne, que celle-ci remporte pour avoir interprété une scène de " La locandiera," de Carlo Goldoni. Annie est engagée à la Comédie Française. Pendant deux années elle interprète le répertoire : (Sylvia dans "Les jeux de l'amour et du hasard" de Musset), (La paix chez soi de Courtenine), (Les Misérables de Victor Hugo avec Aimé Clariond)
Annie Girardotdébute au cinéma à la fin de l'été 1955, dans un film méconnu d'André Hunebelle "TREIZE A TABLE" (1956), adapté d'une pièce de Marc-Gilbert Sauvajon avec Micheline Presle et Fernand Gravey. Le film n'offre guère grand interêt, mise à part qu'il s'agit de son premier film. Juste après son premier tournage cinématographique, elle enchaîne une pièce de théâtre de Jean Cocteau "La machine à écrire" et endosse le rôle de Margot. La critique est unanime, on parle d'Annie Girardot comme la grande révélation de ses dix dernières années.
Le cinéma s'interesse au cas Girardot, elle donne la réplique à Pierre Fresnay dans "L'HOMME AUX CLES D'OR", sous la direction de Léo Joannon. Le tournage débute le 22 mai 1956 pour s'achever le 13 juillet 1956. Annie eut un succès considérable, les critiques étaient emballés par sa performance. Les "clefs d'or" du titre sont celles figurant sur le blason cousu au revers de la livrée des portiers des grands hôtels. "Aidé par l'association des "Clefs d'Or" et par son président qui m'a donné quelques préceptes, je me suis amusé à observer les gens de l'hôtellerie et j'ai eu leur accord. Ils m'ont dit "C'est parfaitement vraisemblable." ("Pierre Fresnay", La Table Ronde, 1975). C'est le second film interprété par Annie Girardot qui, durant le tournage à Monte-Carlo, devait rentrer à Paris presque tous les soirs pour jouer, à la Comédie Française, "La machine infernale" de Jean Cocteau. Elle obtient l'année suivante le " Prix Suzanne Bianchetti ", pour "L'homme aux cles d'or".
Annie Girardot joue a merveille les petites garces, trois jours après la fin du tournage de "L'homme aux clés d'or", Annie Girardot enchaîne avec "REPRODUCTION INTERDITE" (1956) de Gilles Grangier, adapté du roman de Michel Lebrun. Il s'agit duseul film joué en vedette par le comédien Paul Frankeur : «Le producteur, Lucien Viard, voulait faire un film avec Paul Frankeur, expliqua Gilles Grangier. (…) Il était très ami avec lui et ne trouvait pas juste qu’il soit toujours réduit au rôle de faire-valoir. Je connaissais bien Paul, qui était un ami et avec qui j’avais fait plus d’une douzaine de films. . Je l’aimais beaucoup et je n’étais pas le seul. (in «Passé la Loire, c’est l’aventure», entretiens avec François Guérif, Terrain Vague, Losfeld, 1989). C’est Annie Girardot qui avait lu le livre de Michel Lenoir à la faveur d’un voyage en train et qui le recommanda à Gilles Grangier. Michel Lenoir était alors le pseudonyme de Michel Lebrun, auteur réputé de romans policiers (plus de 80 titres) dont une dizaine devait fournir des sujets au cinéma, et qui allait devenir dans le courant des années soixante, le «scénariste le mieux payé de France». Insatisfait des recettes, le producteur ressortit le film sous le titre "Meurtre à Montmartre", ce qui est mensonger, étant donné que l’action ne se passe jamais sur la Butte… «… Il paraît que "Meurtre à Montparnasse" faisait trop long sur l’affiche» précisa Gilles Grangier.
L'année 1957, elle participera à quatre films : "LE ROUGE EST MIS" mis en scène par Gilles Grangier, adapté par Michel Audiard et Auguste Le Breton, d'après son roman. Aux côtés de Jean Gabin, Lino Ventura, Paul Frankeuret Marcel Bozzuffi. Grangier énonce dans ses mémoires "50 ans de cinéma" : " Le vieux (Gabin) était monolithique, sans pitié ! Lino crevait l'écran. Frankeuret Bozzuffi étaient parfaits. Et je retrouvais Girardot. Elle était bandante, l'Annie, et quel talent !".
Le suivant "L'AMOUR EST EN JEU" ou "Ma femme, mon gosse et moi" de Marc Allégret lui permet d'interpréter quelque chose de différent dans le rôle de Marie-Blanche,si fine et sensible, Annie Girardot partage l'afficihe avec Robert Lamoureux, Jacques Jouanneau, Pierre Doris (qui vient de nous quitter) et Jean Parédès.
Le troisième film de l'année 57 est "MAIGRET TEND UN PIEGE", Jean Gabin fut chronologiquement le huitième comédien à incarner le commissaire Maigret au cinéma depuis 1932, d'après les romans de Georges Simenon. Jean Delannoy assura la mise en scène. Ce fut l'un des meilleurs films du cinéaste, il semblait s'interesser à ce film beaucoup plus qu'à certains autres. Maigret y faisait l'analyse pychologique d'un tueur (Jean Desailly) dont sa femme n'est autre qu'Annie Girardot.
Et enfin "Le desert de Pigalle" permet à Annie de retrouver Leo Joannon en 1957, cette fois-ci comme partenaire et réalisateur, elle y est encore une fois, une fille perdue "Josy la panthère" dont un prêtre essaue de la remettre dans le droit de chemin. Pendant deux ans, Annie Girardot va déserter les plateaux de cinéma, jusqu'en septembre 1959,au profit des planches...Elle quitte la Comédie Française. En 1958, aux côtés de Jean Marais, elle joue " Deux sur une Balançoire ", de William Gibson, au Théâtre des Ambassadeurs. En 1960, c'est " L'idiote ", de Marcel Achard, avec Jean-Pierre Cassel, au Théâtre Antoine.


Annie Girardot tourne "LA CORDE RAIDE" (1959) d'un jeune réalisateur Jean-Charles Dudrumet, tiré d'un roman de Michel Lebrun "La veuve". Son partenaire n'est autre que François Périer. Elle poursuit avec "RECOURS EN GRACE" (1959) du cinéaste Laszlo Benedek, (célèbre pour avoir tourné "L'équipée sauvage" avec Marlon Brando) inspiré d'un roman d'Henri Calef, le film n'offre pas une performance interessante à l'actrice. Il lui faudra attendre une rencontre exceptionnelle, celle de Luchino Visconti qui fait appel à elle pour tourner aux côtés d'Alain Delon, Katina Paxinou, Renato Salvatori, Suzy Delair dans "ROCCO ET SES FRERES" (1960). Une oeuvre magistrale, inoubliable sur une musique de Nino Rota. Un véritable chef d'oeuvre dont la première projection date du 10 mars 1961.
Adapté d'un ouvrage italien, "Rocco et ses frères" combine diverses influences, en particulier celles de Dostoïevski ("Les frères Karamazov") et Verga. On peut aussi le considérer comme une sorte de suite libre à "La terre tremble" tourné par Visconti en 1948 et qui fut un des grands films de l'école néo-réaliste. Le mélange d'acteurs italiens et français ne nuit pas à la profonde authenticité de l'œuvre. En 1960, le film remporta le Prix Spécial du Jury, le "Lion de Saint-Marc", en argent, au Festival de Venise. Annie Girardot interpréter le rôle de Nadia, une jeune prostituée. Ce film a permit à Alain Delon de voir lancer sa carrière internationale. Quant à Annie Girardot, elle épousa Renato Salvatori le 6 janvier 1962.


Annie Girardot - Alain Delon - Luchino Visconti pendant le tournage
Entre-temps, Annie Girardot avait tourné dans le film à sketches "LA FRANCAISE ET L'AMOUR" (1960) dont le sketche s'intitule "Le divorce". Alexandre Astruc réalise "LA PROIE POUR L'OMBRE" (1960) dans lequel Annie a pour mari Daniel Gélin et Christian Marquand pour amant. Alexandre Astruc présentait ainsi son film: La protagoniste de "La proie pour l'ombre" s'occupe d'une galerie de peinture et habite avec son mari, qu'elle a épousé sans jamais l'avoir réellement aimé. Aussi le sentiment qui l'unit à lui préserve son indépendance. Mais quand elle rencontrera un homme qu'elle adore et auprès de qui elle ira vivre, l'amant se substituera au mari. Elle deviendra alors dépendante et sera amenéeà briser, ainsi que les premiers, ces nouveaux liens.
Le film reprenait un projet écrit deux ans auparavant par Astruc et Françoise Sagan, "La plaie et le couteau", qui devint, après le désistement de la romancière, "La proie pour l'ombre". " Astruc ajoutait : "On dit déjà que mon film est le conflit entre la femme moderne et l'amour. Ce n'est pas exact. J'ai voulu plus précisément exprimer la difficulté qu'a une femme d'accepter d'être une femme. Elle est tellement persuadée qu'elle est l'égale de l'homme que lorsqu'un homme, par amour, la féminise, elle éprouve non pas une révolte mais un déchirement."

Après avoir rapidement tourné un sketch du film de Michel Boisrond "LES AMOURS CELEBRES" (1961), Annie Girardot donna la réplique à Edwige Feuillère. Après avoir séjourné aux Etats-Unis aux côtés de Renato Salvatori, Annie s'investit corps et âmes dans "LE BATEAU D'EMILE" (1961) de Denys de la Patellière aux côtés de Lino Ventura, Pierre Brasseur et Michel Simon. Ce film est tiré d'une adaptation de Simenon – "Le bateau d'Émile", retitré "Le homard flambé" lors d’une nouvelle sortie, fut tourné à La Rochelle. La nouvelle de Simenon, en revanche, se situait à Fécamp. Annie Girardot, au «Mistigri», interprète une chanson écrite spécialement pour le film par Jacques Plante pour les paroles et Charles Aznavour pour la musique.

Annie Girardot va rester absente des plateaux pendant pendant une dizaine de mois, le temps de donner naissance à a fille Giulia, le 15 juillet 1962. Annie retrouve les plateaux de cinéma, Roger Vadim prépare son prochain film "LE VICE ET LA VERTU" (1962). Ce film permet à l'actrice de rivaliser avec une débutante Catherine Deneuve, et de donner la réplique à Robert Hossein.
Lorsque, en 1961, Roger Vadim et Roger Vaillant annoncèrent leur projet d'adapter très librement les textes sulfureux du Marquis de Sade, l'affaire fit grand bruit. Le cinéaste et le romancier avaient fait sensation l'année précédente avec la sortie commerciale tumultueuse des LIAISONS DANGEREUSES 1960, que plusieurs municipalités avaient censurées. Le titre et le choix des prénoms féminins évoquaient directement l'_uvre du Marquis de Sade, l'auteur de et de l'. Les conditions de production et de distribution, bridées par une censure vigilante, ne permettaient guère une transposition fidèles des délires sadiens. On était loin de la liberté que s'octroya en 1975 Pier Paolo Pasolini pour SALO -OU LES CENT VINGT JOURNEES DE SODOME. Au moment de la sortie du film, Roger Vadim minimisa la référence au divin marquis, mais la critique en était restée aux précédentes déclarations d'intentions. Le malentendu desservit considérablement le film. Après avoir été le démiurge de Brigitte Bardot et d'Annette Stroyberg, Roger Vadim avait confié l'un des deux rôles principaux à Catherine Deneuve, alors jeune débutante devenue sa compagne.
Annie Girardot participera au tournage de sept films italiens, dont trois d'entre eux sortent du lot. 1963 est sa première rencontre avec l'univers si particulier des films de Marco, Ferreri, "LE MARI DE LA FEMME A BARBE" (1963) avec Ugo Tognazzi. Le film fut accueilliavec mépris et dégoût par la presque totalité de la presse française. Ce sixième film de Marco Ferreri permettait une difficile performance d'actrice; couverte des pieds à la tête d'un pelage inesthétique, Annie Girardot parvenait à exprimer une sensibilité qui faisait oublier la laideur factice dû à ce maquillage inhabituel. Le scénario ne faisait aucune concession à la bienséance, ce qui explique l'hostilité que "Le mari de la femme à barbe" rencontra au festival de Cannes de 1964. Pour ne pas heurter un public commercial désorienté par un tel excès d'humour noir, les producteurs imposèrent un autre dénouement. C'est ainsi qu'on put voir la femme-singe perdre tous ses poils avant d'accoucher et mettre au monde un bébé normalement constitué. Maria cessait d'être le monstre qu'on exhibe et commençait une nouvelle vie de femme normale. Antonio, sur les conseils d'un médecin avisé devenait un travailleur honnête... Il va de soi qu'une telle fin heureuse provoquait une rupture de style qui contrastait fort avec le ton grinçant de cette fable sur l'appât du gain et l'irrespect de la personne humaine.

Il faut souligner également la prestation d'Annie Girardot dans le film de Mario Monicelli "LES CAMARADES" (1963). Le film fut tourné au printemps 63, l'actrice incarnait à nouveau une prostituée. Après avoir été plusieurs fois primé, notamment à Mar Del Plata, où il a remporté le grand prix en 1964, ce film, dont la sortie en France a été tardive, a partout connu un échec commercial, à la grande amertume de ses auteurs. Sans doute, comme le pense Monicelli lui-même (Cf. " Le Cinéma Italien ", par Jean Gili, 10/18) était-il en avance sur son temps. On avait alors peu l'habitude de voir une fresque sociale (sur la première grève ouvrière à une époque charnière de l'histoire italienne) aussi peu chargée d'effets romanesques, d'accessoires " d'époque ", d'éléments dramatiques. Refusant, tout à la fois, le pur documentaire sur la condition ouvrière, selon un schéma politique propagandiste, et la reconstitution néo-réaliste d'un univers à la Zola, Monicelli et ses collaborateurs ont accumulé les handicaps.



Il y eut aussi le film à sketches "Les hors-la-loi du mariage" (1963) d'une ultime collaboration entre Valentino Orsini et les frères Taviani. Il s'agissait de six sketches sur les aberrations engendrées par une législation proscrivant le divorce.
Elle accepte de jouer dans le premier film de Robert Thomas, d'après une pièce de Felix Marceau "LA BONNE SOUPE", ainsi que de donner la réplique à Bourvil dans "GUERRE SECRETE" (1965) de Terence Young (il s'est illustré dans les premiers James Bond ). On peut s'apercevoir que sa carrière cinématographique est dans une impasse. On ne lui propose rien d'interessant.
Elle est l'interprète d'Arthur Miller, dans " Après la chute ", en 1965, au Gymnase, avec Michel Auclair et d'une comédie musicale de Renato Rascel, " Le Jour de la Tortue", aux côtés de Philippe Nicaud, au Théâtre Marigny. Annie est à l'affiche avec "TROIS CHAMBRES A MANHATAN" (1965), adaptation d'un roman de Georges Simenon, plusieurs cinéastes s'y étaient interessés. Carné souhaitait donner un cacher d'authenticité au roman de Simenon en tournant effectivement son film à New York. Après un voyage préparatoire, il dut y renoncer pour des raisons financières. Le tournage eut donc lieu dans les studios de Billancourt, le décorateur Léon Barsacq ayant rapporté de New York une énorme documentation photographique, des meubles et les accessoires nécessaires. La figuration fui choisie dans les milieux américains de Paris. Présenté, contre l'avis de son réalisateur au Festival de Venise 1965. TROIS CHAMBRES A MANHATAN fut récompensé en la personne d'Annie Girardot qui reçut la coupe Volpi pour la meilleure interprétation féminine.
Un autre moment intéressant dans la carrière de l'actrice, le film à sketches "LES SORCIERES" (1966) réalisé par Luchino Visconti. Silvano Mangano en était l'actrice principale aux côtés de Clint Eastwood. On s'aperçoit également que la Nouvelle Vague l'ignore plus ou moins, mise à part Claude Lelouch, qui va enfin révèler le talent immense de l'actrice.
C'est en décembre 1966, qu'Annie Girardot revient devant une caméra, celle de Claude Lelouch dans "VIVRE POUR VIVRE", elle y joue l'épouse délaissée par Yves Montand. Ce film a permis à la comédienne de reprendre goût du cinéma.
L'extraordinaire succès d'"UN HOMME ET UNE FEMME" avait projeté Claude Lelouch au premier plan de l'actualité. "Vivre pour vivre" bénéficie de moyens beaucoup plus importants, en particulier d'une distribution à caractère international. La carrière d'Annie Girardot qui piétinait depuis plusieurs années, fut relancée par ce film. La comédienne a très bien su décrire les rapports particuliers que Lelouch entretient avec ses acteurs : "Lelouch nous laisse vivre et nous regarde. Et nous surprend. Nous ne sommes plus des jouets. Il n'y a pas toute une cour alentour et des spots qui vous traquent. Il fait des choses humaines. Dans le travail, il donne du bonheur. Je ne connais pas beaucoup de metteurs en scène capables de le faire". En 1968, Annie Girardot remporte le Prix de la meilleure interprétation féminine au Festival de Mar del Plata, pour sa création.

Annie Girardot enchaîne avec deux autres films "LES GAULOISES BLEUES" (1967), unique réalisation d'un critique célèbre Michel Gournot. Ce film qui, bien que tourné avant mai 1968, en annonce prophétiquement le climat, est à ce jour l'unique film de Michel Cournot, poète, romancier, journaliste, longtemps critique de cinéma au "Nouvel Observateur", et critique de théâtre au journal "Le Monde". C'est un exemple de ce cinéma de poésie que Pasolini, en une définition passée à la postérité, apposait au traditionnel cinéma de prose. Diversement accueilli, il suscita des réactions d'une intensité au moins égale à celle que firent naître les critiques passionnées, voire provocatrices et anticonformistes, de Cournot, infatigable défenseur du cinéma de Jean-Luc Godard. Il fut tourné en son direct. A ce propos Cournot précisait à Gérard Langlois venu l'interroger pour " Les Lettres Françaises " (4 septembre 1968) : "Le doublage est un vrai scandale. Le son direct est plus concevable, mais il est très dur à utiliser et il augmente considérablement le budget. J'ai donc pris au départ des options. Par exemple, tourner en un seul plan à chaque fois, très long pour éviter les raccords sonores. "
Assez réussi, le film de Philippe Fourrastié : "LA BANDE A BONNOT" (1968), film ambitieux mené à bien, le film sortit en octobre 1968, ce qui le desservit considérablement dont la mesure ou le message pro-anarchiste qu'il véhicule ne fut compris que comme une volonté opportuniste de "raccrocher" à une actualité récente. Inspiré de faits réels qui défrayèrent la chronique pendant six mois, de 1911 à 1912. Le film se veut un document d'époque. Nombre de scènes sont d'ailleurs - reconstituées d'après des documents photographiques - comme le siège du Petit Robinson, à Nogent-sur-Marne - ou tirées de gravures parties dans "La Petite Illustration", même si, en ce qui concerne le scénario, la mort de Bonnot correspond en fait à celle d'un de ses complices, Valet, qui n'apparaît pas dans le film - Bonnot avant été abattu à Choisy-le-Roi avant que ses lieutenants ne tombent lors du siège de Nogent-sur-Marne.



Depuis 1962, Annie Girardot mène parallèlement une double carrière cinématographique, en France et en Italie où elle tourne plusieurs films avec Marco Ferreri. "DILLINGER EST MORT" (1968) est le second des trois films interprétés par Annie Girardot sous la direction de Marco Ferreri, entre LE MARI DE LA FEMME A BARBE (La Donna Scimmia, 1963) et "IL SEME DELL' UOMO" (1969) toujours inédit en France. Ce deuxième film est sûrement le meilleur film de Marco Ferreri. Par contre, c'est le début d'une longue collaboration entre Ferreri et Michel Piccoli qui, dans son livre "Dialogues égoïstes", cerne avec précision la signification profonde du film : "Mon personnage s'efforce d'habiter le temps qui le provoque. Je balise les secondes qui passent. Comme un nageur en train de sombrer, je griffe le décor pour mieux laisser la trace de mon présent. Pour exister en attendant que se matérialise dans mon futur le voilier libérateur, je déplace les objets, tue des rituels". Car, ainsi que le définit le comédien : "Ferreri n'envisage pas l'avenir. Il se contente de mettre en scène des êtres sans passé ni avenir qui se débattent dans les pièges du temps présent".
Le film fut présenté à Cannes, lors du Festival 1969, un an après l'interruption de la compétition cannoise par les événements de Mai 68. La critique y a vu une dénonciation de la "société de consommation", alors que Ferreri en a dit : "C'est encore un film bourgeois pour les bourgeois. Nous n'avons pas de dialogue révolutionnaire avec le public. La révolution se fait en faisant la révolution, pas en faisant des films." Ce qu'il précisera encore, de, manière provocatrice, en déclarant : "Dillinger ne sert à rien, il plaît au ghetto de la culture. Et on s'en fout..."
En Yougoslavie, elle est l'interprète de "IL PLEUT SUR MON VILLAGE", un film écrit et réalisé par Aleksandar Petrovic (l'auteur de "J'ai même rencontré des tziganes heureux").
Outre son activité au studio, elle poursuit également une carrière théâtrale ("L'Idiote", "Deux sur une balançoire", "Seule dans le noir", etc.). À la Scala de Milan, elle est la récitante de "Perséphone", l'opéra de Stravinski, tiré de l'œuvre d'André Gide. Seule en scène pendant deux heures, elle fut récemment encore "Madame Marguerite", dans une adaptation de Jean-Loup Dabadie. Sa personnalité et sa vivacité d'esprit lui permettent d'incarner les personnages les plus variés et d'aborder tous les registres.
Fin 1968, Annie renoue avec le comique grâce à une gentille satire de la publicité, "EROTISSIMO" (1968) du cinéaste Gérard Pirès avec qui,elle prend beaucoup de plaisir à travailler : "J'adore ce rôle, je me réjouis de l'interpréter. J'ai adoré ce film. Pirès voilà un garçon fantastique, et que j'aime beaucoup. Tourner avec lui, c'était très agréable, et je souhaite un jour refaire un film avec lui. C'est un garçon très efficace, très jeune, complètement fou." (In Cinémonde no1820, 27 janvier 1970).
On retrouve Jean-Paul Belmondo et Annie Girardot dans "UN HOMME QUI ME PLAIT" (1969) filmé par l'un des précurseurs de la Nouvelle Vague, Claude Lelouch. Annie s'invita à visiter les Etats-Unis. Elle poursuit sa carrière cinématographique avec un film atypique : "LE CLAIR DE TERRE" (1969), grand prix du Festival du Jeune Cinéma de Hyères en 1970, ce film est le troisième long métrage de Guy Gilles, cinéaste inclassable né en 1940 à Alger et mort prématurément en 1996. « Je n'ai jamais fait un film qui raconte ma vie. J'avais attendu d'ailleurs très longtemps pour faire "Le Clair de Terre"", car, par rapport au problème de l'Algérie, cela m'embêtait de raconter l'histoire de quelqu'un qui retourne dans son pays. Cela faisait appel à trop de thèmes « romantiques », ce qui me déplaisait. J'ai fait le film plus tard, en m'inspirant du personnage de mon frère, qui est plus jeune que moi : le film devint alors l'histoire de quelqu'un qui va dans un pays où il a des attaches sentimentales mais qu'il n'a pas connu. D'où l'importance des objets, des paysages, des gens qui allaient ressusciter ce passé inconnu. »
Retour à la bonne grosse rigolade avec un impérissable chef d'oeuvre d'Audiard "ELLE BOIT PAS, ELLE FUME PAS, MAIS ELLE DRAGUE" (1970). C’est le troisième des neuf films réalisés par Michel Audiard, qui a toujours avoué préférer un roman pour bâtir un script : « J’aime partir d’un livre parce que c’est un bon moteur au départ, même si on le fout en l’air après. » (in “Audiard par Audiard”, René Chateau, 1995). Une pléiade de vedettes se succèdent :Annie Girardot, Bernard Blier, Sim, Jean-Pierre Darras, Jean Carmet, et Jean le Poulain.
On me parle souvent des longs titres de mes films, expliquait-il Audiard. J’aime bien ça, les titres-phrases. Parce que par goût, par vice, j’ai toujours été plus tenté d’acheter un roman dont le titre est une phrase. Je trouve cela chouette. Si je vois sur une couverture “Marie” ou “Joseph”, il faut vraiment que je sois sûr de l’auteur, sinon cela ne me tente pas. Je suis certain que si “À la recherche du temps perdu” s’appelait simplement “Albertine”, ce serait moins bon. » (ibid.). En 1972, Audiard tourna, toujours avec Annie Girardot, ELLE CAUSE PLUS… ELLE FLINGUE qui n’est pas une suite de ce film.
Avec Michel Audiard
Annie Girardot se retrouve au début de l'été 1970 aux côtés de Brigitte Bardot pour le tournage du film "LES NOVICES" de Guy Casaril. Annie énonca : "J'ai l'impression d'être la mère de Brigitte. Je prends plaisir à être aux petits soins avec elle. Je l'oblige à dormir au moins dix heures par jour. Je lui prépare ses menus... (Annie Girardot press-book du film) -Avec Annie tout est merveilleux. J'aime autant la comédienne que la femme. Je suis sûre qu'ensemble nous allons faire un film étonnant". (Brigitte Bardot,idem)
Annie a beaucoup tourné avec une moyenne de quatre films par an, en 1971, André Cayatte réalise "MOURIR D'AIMER" qui s'inspire sans détours de l'histoire authentique de Gabrielle Russier; professeur dans un lycée du sud-ouest de la France, divorcée, mère de deux enfants, qui se donna la mort à la suite des accusations portées contre elle. Annie Girardot atteint une côte de popularité record avec "Mourir d'aimer". Elle s'est beaucoup investit....
Hormis ses "Lettres de Prison", présentées par Raymond Jean, deux ouvrages furent consacrés à l'affaire : "Les Écrous de la haine" par Michel Del Castillo et "Plaidoyer pour une âme" de Geneviève Lefèvre-Toussaint. Maître Palanque, juge d'instruction chargé de l'affaire en 1969, rendit publique une lettre (publiée dans "Le Provençal") dans laquelle il reprochait au metteur en scène son manque d'objectivité à l'égard de la justice et des parents. Aux côtés d'Annie Girardot, le regretté Bruno Pradal (l'élève) et François Simon.
Robert Chazal ecrivait le 23 janvier 1971 sur France-Soir "Annie Girardot domine tout le film de son autorité, de sa sensibilité. Quand elle est au milieu des élèves, c'est elle dans le comportement est le plus jeune et la plus dynamique. Dans le drame et dans le desespoir elle est bouleversante au-delà de toute expression. C'est la plus grande des artistes dans le plus généreux des films.
"LA VIEILLE FILLE" (1971) est le premier long métrage de Jean-Pierre Blanc, réalisé grâce à l'appui de Philippe Noiret et Annie Girardot, enthousiasmés à la lecture du scénario. C'est l'histoire de la rencontre de Muriel Bouchon, "vieille fille" et de Gabriel Marcassus quadragénaire solitaire incarné par Philippe Noiret qui semblait bien s'amuser avec sa partenaire....Le film connut un succès public honorable : 370.000 entrées à Paris en neuf semaines d'exclusivité. Le cinéaste retrouva même Annie Girardot en vedette de son troisième film, "D'AMOUR ET D'EAU FRAICHE" (1975) avec Miou-Miou et Julien Clerc.
Annie Girardot enchaîne avec "LES FEUX DE LA CHANDELEUR" (1972) de Serge Korber, qui avait précédemment dirigé Louis De Funès dans "Sur un arbre perché" et dans "L'homme orchestre", revient à un cinéma, intimiste et poétique, celui de ses courts métrages et de son premier long métrage "LE 17e CIEL".
Si le film reste fidèle à l'esprit du roman, la construction en est malgré tout différente. Le roman comprend de nombreux retours en arrière alors que le film se déroule chronologiquement de 1962 à 1972, car, avoue Serge Korber "je ne crois pas au "flash back" au cinéma". Le film fut tourné à Besançon, Pontarlier et Mouthiers en janvier et février 1972 mais cette année-là l'hiver fut si doux qu'il fallut faire appel aux spécialistes en neige artificielle.
L'un des meilleurs films de l'année 1972 reste sans conteste "TRAITEMENT DE CHOC" avec Alain Delon, Robert Hirsch et Michel Duchaussoy. Alain Jessua eut l'idée de ce film grâce à une expérience personnelle : "Je me suis trouvé dans la situation d'Annie Girardot. J'ai pris quelques vacances dans une maison de repos en Bretagne. Au bout de quatre jours, j'en avais assez. J'ai laissé aller mon imagination et je me suis dit que ce serait marrant de tourner un film dans un institut de ce genre."
Le cinéaste juge "Traitement de choc"comme "un film d'angoisse, de suspense, où l'humour trouve sa place de temps en temps, alors que tout devient de plus en plus angoissant". Pourtant, Alain Jessua n'a pas voulu faire un film délibérément noir : "C'est un film optimiste, grâce à l'action du personnage joué par Annie Girardot.".
Alain Jessua rend hommage à la comédienne : "Elle n'a cessé de prendre à cœur son travail activement." La scène du crime final a été pour nous tous un grand moment de cinéma. Je voulais très précisément revenir à une certaine vérité de ce type de situation. Je voulais un crime auquel on puisse croire, pas un crime "de cinéma".
Le film est resté célèbre pour les scènes dans lesquelles les deux acteurs principaux apparaissent entièrement nus. Les extérieurs ont été tournés à Belle-Ile-en-Mer.
Annie Girardot - Alain Delon - Luchino Visconti
Voir 2ème partie
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MICHELE MERCIER, Angélique pour toujours
MICHELE MERCIER 1939
Actrice Française



Michèle Mercier incarna de nombreuses héroines, mais il faut reconnaître que le public, toutes générations confondues l'a assimilé à Angélique, la Marquise des Anges, qui gagna ses galons avec la saga des Angéliques...Restera dans toutes les mémoires, le duo tout à fait exceptionnel entre la jolie demoiselle de Sancé de Monteloup, qui épousa le Comte de Peyrac.
Elle aura joué avec les plus grands noms du cinéma français : Michèle Morgan, Daniel Gélin, Bernard Blier, Charles Aznavour, Yves Montand, Charles Vanel, Jean-Paul Belmondo, Robert Hossein, Jean-Louis Trintignant, Jean Rochefort, Samy Frey, Roger Pigaut, Jean-Claude Pascal, Claude Rich, Pierre Brasseur....

Michèle Mercier est née le 1er janvier 1939 et prénommée Jocelyne, Yvonnne, Renée. Fille de pharmaciens niçois. Elle débute par la danse et devient petit rat de l’Opéra de Nice à huit ans. Michèle Mercier rencontre Maurice Chevalier, elle n'avait que 15 ans, et pourtant l'homme au célèbre canotier lui prédit sa réussite.
En 1957, Denys de La Patellière, tournant à Nice "Retour de Manivelle", l’engage pour jouer la bonne de Michèle Morgan, c'est ainsi qu'elle tourna son premier film, un suspense bien ficellé et cela jusqu'au dénouement. Daniel Gélin en faux-amant de Michèle Mercier, obligé de rendre des comptes au commissaire de police interprétait par Bernard Blier. (Pour ménager aux spectateurs une surprise de taille, le générique omettait de mentionner Bernard Blier qui n'apparaissait qu'au milieu du film).
Léonide Moguy la remarque et lui donne le rôle principal de "DONNEZ-MOI MA CHANCE" (1957). Sa beauté illumine aussi quelques films d’aventures italiens. On la retrouve aux côtés de Romy Schneider, Henri Vidal et Jean-Paul Belmondo dans "MADEMOISELLE ANGE" (1959) de Geza von Radvanyi.
Michèle Mercier fit une rencontre cinématographique importante celle avec François Truffaut, qui lui donna l'un des rôles dans "TIREZ SUR LE PIANISTE" (1960) avec Charles Aznavour, Marie Dubois, Nicole Berger et Albert Rémy. Après une escapade dans l'univers de l'acteur-cinéaste Robert Lamoureux dans "LA BRUNE QUE VOILA" (1960). Les deux autres actrices du film sont Françoise Fabian et Pierrette Pradier, à leurs côtés Jean-Pierre Marielle et Pierre Tchernia.
On la vit également dans "AIMEZ-VOUS BRAHMS ? " (1960) du cinéaste d'origine hongroise Anatole Litvak, les trois principaux interprètes sont Yves Montand, Ingrid Bergman et Anthony Perkins.
Daniel Boulanger et Claude Chabrol
Michèle Mercier - Yves Montand - Anthony Perkins - Ingrid Bergman
Michèle Mercier travailla avec de nombreux cinéastes italiens reconnus tels que : Dino Risi avec "LES MONSTRES" (1963), ainsi que "I GIOVEDI" (1963). Il eut également Mario Monicelli pour "CASANOVA 1970" (1964), ainsi que le maître du cinéma d'épouvante italien Mario Bava avec "LES TROIS VISAGES DE LA PEUR" (1962) aux côtés de Michèle Mercier ; Boris Karloff (le meilleur monstre de Frankenstein). Ce septième film de Mario Bava est un film comportant trois histoires, dont la première s'intitule : "Le Téléphone" (avec Michèle Mercier).


Pendant le tournage du film "Casanova 70" avec Marcello Mastroianni et Bernard Blier






La carrière d’un comédien parfois se résume à la seule réussite d’un succès commercial, ce fut le cas pour Michèle Mercier avec la saga populaire des "ANGÉLIQUE". Pourtant cette comédienne avait déjà fait ses preuves dans plus de vingt films
Lorsque Michèle Mercier fut contactée pour interpréter le rôle d'Angélique, elle avait déjà à son actif plus de vingt films dans sa filmographie. Bernard Borderie l’immortalise enfin en 1964 avec "ANGÉLIQUE MARQUISE DES ANGES", premier volet d’une saga costumée et mélodramatique créée par Anne et Serge Golon. Jusqu’en 1968, durant cinq aventures, de la Cour des Miracles aux marchés d’esclaves d’Arabie, Michèle Mercier apporte l’élément érotique indispensable aux tribulations d’une courtisane amoureuse d’un Robert Hossein boiteux. Entorses historiques, action, grands sentiments et zeste de sadisme sont les ingrédients obligés de cette recette commerciale dévoilant les épaules et la chute de reins d’une voluptueuse héroïne.
Le premier film de cette saga apparaissa sur les écrans le 8 décembre 1964. Pour incarner le principal personnage masculin (Joffrey de Peyrac) Francis Cosne songea à Robert Hossein, celui-ci fut choisi avant d'avoir engagé Michèle Mercier, qui pourtant était déjà une vedette en Italie. La production la considéra comme une débutante.
Aux côtés de Michèle Mercier et de Robert Hossein, l'excellent acteur Jean Rochefort dans le rôle de François Desgrez, avocat de Peyrac dans le premier film générique, qui deviendra par la suite lieutenant de police et ne cessera de soutenir la belle Marquise.....Au générique, une brillante distribution Giuliano Gemma (Un vrai crime d'amour de Comencini), Claude Giraud (Les Av de Rabbi Jacob), Jacques Toja (Sociétaire de la comédie française), François Maistre, Robert Porte, Jacques Castelot et Philippe Lemaire (disparu tragiquement dans le métro parisien). Puis dans le second volet "MERVEILLEUSE ANGELIQUE" (1964) on y vit Jean-Louis Trintignant en "poète crotté", Claire Maurier (Les 400 coups, La cuisine au beurre), Noel Roquevert, Charles Régnier, Serge Marquand et le nain Roberto.
Le troisième volet "ANGELIQUE ET LE ROY" (1966) fut adapté par Alain Decaux, contrairement aux deux précèdents films ou Francis Cosne, Claude Brulé et Bernard Borderie avaient assuré l'adaptation. Côté distribution, seuls Samy Frey, Estella Blain, Jean Parédès, Michel Galabru, Jean lefebvre, René Lefèvre furent ajouter à la distribution. Le film sortit sur les écrans en février 1966.
Malgré la participation furtive de Robert Hossein, les chiffres d'entrée furent si élevés qu'on décida de continuer une suite aux trois premiers volets. La musique fut écrite par Michel Magne, (disparu lui aussi tragiquement après avoir lu un livre qui s'intitule "suicide mode d'emploi" dans une chambre d'hôtel). Le style bien particulier de Michel Magne contribua au succès du film, au point que l'on vit un 45 tours et 33 tours réédités quelques années plus tard.

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Roger Pigaut, Ettore Manni, Jean-Claude Pascal et Jacques Santi sont aussi dans le générique des deux derniers films de la sage des "Angélique" avec "INDOMPTABLE ANGELIQUE" (1967) et "ANGELIQUE ET LE SULTAN" (1967). Les trois premiers récits se passent en France, les deux suivants se situaient en Méditerranée et au Moyen Orient...."Indomptable Angélique sortit sur les écrans français le 27 octobre 1967 et "Angélique et le sultan" le 23 août 1968. Après la sortie de ce dernier, la saga s'acheva. Nous étions à la veille de Mai 68, la libération des moeurs, et l'émancipation des femmes avaient peut être accentué la chute brutale des entrées des deux derniers volets....
Angélique est devenue un mythe du cinéma populaire, Michèle Mercier lui a donné une autre dimension humaine où se fondirent le personnage et l'actrice.
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Pendant le tournage avec le cinéaste Christian Jaque
Elle tentera en vain de se diversifier, produisant "LES BAROUDEURS" (1970) de Peter Collinson et "MACÉDOINE" (1970) de Jacques Scandelari au côtés de Pierre Brasseur et qui ne connaîtront pas le succès escompté. En 1987, Michèle Mercier a publié son autobiographie : “Angélique à cœur perdu” (Éditions Carrère), préfacée par Roger Peyrefitte.


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Festival de Cannes 1951-Michèle Mercier
Serge Gainsbourg
Jacques Chazot
Robert Webber
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- 1957
RETOUR DE MANIVELLE (Denys de La Patellère)
DONNEZ-MOI MA CHANCE (Léonide Moguy).
VHS
- 1959
LES NUITS DE LUCRÈCE BORGIA (Le notti di Lucrezia Borgia, Sergio Grieco)
MADEMOISELLE ANGE (Ein Engel auf Erden, Geza von Radvanyi).
- 1960
TIREZ SUR LE PIANISTE (François Truffaut)

LA BRUNE QUE VOILÀ (Robert Lamoureux)
LA LIGNE DE MIRE (Jean-Daniel Pollet)
LE SAINT MÈNE LA DANSE (Jacques Nahum)
LES PIRATES DE LA NUIT (Fury at Smugglers Bay, John Gilling)
AIMEZ-VOUS BRAHMS, (Good bye again, Anatole Litvak).
- 1961
LES MILLE ET UNE NUITS (Le meraviglie di Aladino, Henry Levin et Mario Bava)
LE BOUCANIER DES ÎLES (Il giustiziere dei mari, Domenico Paolella)
L’ÎLE DES FILLES PERDUES (Le prigioniere dell’isola del diavolo, D. Paolella).
- 1962
LES ANNÉES RUGISSANTES (Gli anni ruggenti, Luigi Zampa)
LES 3 VISAGES DE LA PEUR (I tre volti della paura, sketch “Le téléphone”, Mario Bava).

- 1963
SYMPHONIE POUR UN MASSACRE (Jacques Deray)
L’AÎNÉ DES FERCHAUX (Jean-Pierre Melville)
LA PUPA (Giuseppe Orlandini)
HAUTE INFIDÉLITÉ (Alta infidelta, sketch “Des gens modernes”, Mario Monicelli)
LES MONSTRES (I mostri, Dino Risi)
VIA VENETO (Giuseppe Lipartiti)
FRENESIA DELL’ESTATE (Luigi Zampa)
I GIOVEDI (Dino Risi).
- 1964
A GLOBAL AFFAIR (Jack Arnold)
ANGÉLIQUE MARQUISE DES ANGES (Bernard Borderie)
CASANOVA 70 (id., Mario Monicelli)

L’AMOUR EN 4 DIMENSIONS (Amore in quattro dimensione, sketch “Amore e Morte”, Mino Guerrini).
- 1965
MERVEILLEUSE ANGÉLIQUE (Bernard Borderie)
LE TONNERRE DE DIEU (Denys de La Patellière).
- 1966
ANGÉLIQUE ET LE ROY (Bernard Borderie)
LA SECONDE VÉRITÉ (Christian-Jaque)
SOLEIL NOIR (Denys de La Patellière)
LE PLUS VIEUX MÉTIER DU MONDE (sketch «L’amore attraverso i secoli», de Franco Indovina)
I NOSTRI MARITI (sketch “Il complesso di Angelotto”, L. Zampa)
COMMENT J’AI APPRIS À AIMER LES FEMMES (Como imparai ad amare le donne, Luciano Salce).
- 1967
INDOMPTABLE ANGÉLIQUE (Bernard Borderie).
- 1968
UNE CORDE, UN COLT (Robert Hossein)
ANGÉLIQUE ET LE SULTAN (Bernard Borderie).
- 1969
LES AMOURS DE LADY HAMILTON (Christian-Jaque)
UNE VEUVE EN OR (Michel Audiard).
- 1970
LES BAROUDEURS (You Can’t Win’em All, Peter Collinson).
- 1971
MACÉDOINE (Jacques Scandélari)
SCANDALE À ROME (Roma bene, Carlo Lizzani)
PER AMORE O PER FORZA (Massimo Franciosa)
LES FANTÔMES DE HURLEVENT (Nella stretta morsa del ragno, Antonio Margheriti).
- 1972
LE VIAGER (Pierre Tchernia, apparition)
L’APPEL DE LA FORÊT (Call of the Wild, Ken Annakin).
- 1978
GOTZ VON BERLICHINGEN (Wolfgang Liebeneimer).
- 1984
JEANS’ TONIC (Michel Patient).
- 1998
LA RUMBERA (Piero Vivarelli)
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