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18 décembre 2023

DÉCÈS DU CINÉASTE FRANCO-GEORGIEN OTAR IOSSELIANI

       

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            DÉCÈS DU CINÉASTE FRANCO-GEORGIEN

           OTAR IOSSELIANI    1934 - 2023

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Le cinéaste Otar Iosseliani, Prix Louis-Delluc 1999 en France pour «Adieu, plancher des vaches!», est décédé dans la nuit de samedi à dimanche 17 décembre 2023 en Géorgie, à 89 ans, a-t-on appris dimanche auprès de sa distributrice française, Régine Vial, de la société Les Films du Losange. Otar Iosseliani est né à Tbilissi et a été formé à l'école de cinéma VGIK de Moscou, dans les années 1950, où il se distingue déjà par la fantaisie, l'anticonformisme et une distance amusée qui vont marquer son œuvre. Ce réalisateur avait notamment présidé le jury de la Caméra d'or, qui couronne le meilleur premier film présenté dans l'une des sections du Festival de Cannes, en 2000.

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Otar Iosseliani était un cinéaste Franco-Georgien né le 2 février 1934 à Tbilissi en Géorgie (anciennement URSS). Il étudie le piano, la composition et la direction d'orchestre avant de suivre, de 1953 à 1955, des cours de mathématiques et de mécanique à l'Université de Moscou. Puis il entre au V.G.I.K., la prestigieuse école de cinéma soviétique, où ses maîtres sont Alexandre Dovjenko et Mikhaïl Tchiaoureli. Il y réalise des documentaires et, comme travail de fin d'études, "Avril", moyen métrage d'une cinquantaine de minutes. Les héros de ce premier essai sont des jeunes mariés qui semblent d'abord se contenter d'amour et d'eau fraîche dans leur appartement vide. Mais à mesure qu'ils remplissent celui-ci de meubles et d'équipements ménagers, leur bonheur se dégrade jusqu'à la première dispute. La bande-son enregistre les moindres bruits du quotidien, contrepoint sonore à des gags purement visuels qui rappellent le comique de Jacques Tati. S'il critique la société de consommation, "Avril" met aussi en scène des personnages rien moins que positifs ce qui, à l'aune du réalisme socialiste, est jugé intolérable par les autorités du cinéma, qui interdiront le film jusqu'en 1974.

Déçu au point de songer à abandonner le cinéma, Iosseliani y revient quand même avec "La Fonte", documentaire dont l'historien Georges Sadoul, salue le ton personnel et neuf. Mais le cinéaste n'en a pas fini avec les censeurs. Son premier long métrage, "La Chute des feuilles", chronique non chalande de la vie en Géorgie au temps des vendanges, est à nouveau contesté et interdit jusqu'en 1968, parce qu'il révèle, avec humour, l'existence de trafiquants, le peu d'entrain des travailleurs à accomplir leur tâche et le ridicule des touristes "étrangers des Russes" en visite guidée dans les chais.

Plaidoyer en faveur d'une culture menacée "L'Ancienne chanson géorgienne" (1969) ne fut pratiquement jamais montré, "Il était une fois un merle chanteur", tourné en 1970, ne sera "libéré" qu'en 1974 et présenté à Cannes à la Quinzaine des Réalisateurs. Son "merle chanteur", un percussionniste, est un doux rêveur, insaisissable et toujours ailleurs. Et le film le suit avec sympathie, flâneur et insolent comme lui. Quant à "Pastorale", il ne sortira d'URSS qu'en 1982, au Festival de Berlin, où il obtient le Prix de la critique internationale. Parabole sur le rôle émancipateur de l'Art, quatre musiciens bouleversent le quotidien d'un village géorgien, ce film sans véritables ressorts dramatiques servit de prétexte aux responsables du cinéma soviétique pour éloigner, à sa demande, un artiste décidément irrécupérable.

C'est donc en Europe de l'Ouest et particulièrement en France qu'Otar Iosseliani poursuit, depuis 1982, une œuvre atypique qui connaît une faveur et une audience croissantes. En effet, presque tous ses films réalisés depuis cette date, ont reçu les plus hautes récompenses. Ainsi "Les Favoris de la lune" (1984), fable sur l'appétit de possession qui mène la danse des destinées humaines, "Et la Lumière fut" (1989) conte écologique tourné au cœur du Sénégal et "Brigands chapitre VII" (1996), comédie noire sur l'écrasement de la Géorgie par le pouvoir communiste ont obtenu le Grand Prix du Jury au Festival de Venise, "La Chasse aux papillons" (1992), Grand Prix de l'Académie des arts de Berlin, déplore en demi-teintes la disparition d'un monde traditionnel et convivial au profit d'une société mercantile où fraternité et solidarité ne sont que mots vide de sens. "Adieu plancher des vaches" (1999), enfin, présenté hors compétition à Cannes, Prix Louis Delluc, est un poème en images où se télescopent dans un apparent désordre des personnages farfelus qui expriment avec humour la révolte de tous ceux qui rêvent de fuir le "plancher des vaches" du monde contemporain. Le cinéaste Otar Iosseliani est décédé le 17 décembre 2023 en Géorgie, à 89 ans

*Extraits d'Images & Loisirs

 

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