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           JEAN YANNE      1933 - 2003

           Acteur, Réalisateur, Auteur, Humoriste, Français

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Des années 60 à la fin des années 90, Jean Yanne aura su nous émouvoir, nous divertir avec une complaisance hors du commun. En tant que comédien, dans les films de Chabrol, mais aussi de Georges Lautner sans oublier sa sublime interprétation dans "Nous ne vieillirons pas ensemble" de Maurice Pialat.

Jean Yanne est né le 18 juillet 1933 aux Lilas, de son véritable nom : Jean Gouyé. Il fait ses études de journalisme après avoir passé quelques années au Lycée Chaptal. Mais il délaisse très vite le journalisme pour écrire des sketches pour le cabaret. Jacques Canetti l'engage pendant deux ans aux "Trois Baudets". C'est ainsi qu'il fait la connaissance du futur réalisateur Yves Robert dont il fera partie. On le voit dans "Les Carnets du Major Thompson", d'après Daninos, et dans "Cinémassacre", de Boris Vian.

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En 1954, Jean Yanne part faire son service militaire pendant 32 mois, ce qui était à l'époque une période normale pour faire son armée. A son retour, il reprend le cabaret et débute dans la chanson. Il enregistre son premier disque : des chansons dont il est l'auteur et qu'il accompagne lui-même au guide-chant. En 1961, après ses rencontres de Gérard Sire et Jacques Martin, il devient une vedette de la radio (Radio Luxembourg, puis Europe 1) et de la télévision, sans cesser d'écrire des chansons, pour lui et pour les autres (Philippe Clay, Line Renaud). Il compose également une revue pour Josephine Baker à l'Olympia, collabore à des scénarios de films de Jean Richard et Philippe Clay, écrit des bandes dessinées avec le dessinateur Tito Topin, qui collaborera à tous ses films.

C'est Alain Jessua qui le fait débuter au cinéma en 1964 dans "La Vie à l'envers" avec Charles Denner, jusqu'à l'énorme succès d' "Erotissimo", en 1968, sa carrière cinématographique est assez inégale, avec des hauts "Week-end" (1967) de Jean-Luc Godard et des bas "Bang-Bang" (1966) de Serge Piollet avec Sheila. Au milieu de tout ça, Jean Yanne a tourné sous la direction de Claude Chabrol dans "La Ligne de démarcation" (1965), et de Yves Robert dans "Monnaie de singe"(1965). C'est Claude Chabrol qui lui propose deux rôles sur mesure cette même année de 1969, "Que la bête meure" avec Michel Duchaussoy et Caroline Cellier; le second "Le Boucher" aux côtés de Stéphane Audran. Ces deux films ne feront qu'augmenter la célébrité de l'acteur. Le choix des acteurs dans "Que la bête meure" est particulièrement intéressant car Jean Yanne joue un personnage à l'opposé de ses rôles d'amuseur public. Chabrol déclara : "C'est plus qu'un acteur, c'est une personnalité extraordinaire, sa voix, sa démarche, son regard...cela ne s'invente pas ou ne s'apprend pas ! Yanne est un acteur américain, typiquement français. C'est le terroir qui gronde. C'est la banlieue qui rugit. C'est tout ce qu'on veut et tout ce que j'aime : c'est l'humour qui vous crispe pour s'épanouir dans la tragédie."

Georges Lautner lui offre un rôle sur mesure dans "Laisse aller c'est une valse" (1970) aux côtés de Mireille Darc, Michel Constantin et Bernard Blier. Quant à Yves Boisset, il le dirige dans son quatrième film "Le Saut de l'ange" (1971). En 1971, "Nous ne vieillirons pas ensemble" de Maurice Pialat, lui vaut de remporter le Prix d'interprétation Masculine au Festival de Cannes. Sûrement l'une des plus belles réussites de Jean Yanne où l'on savoure les dialogues de Pialat dans ce face à face entre Yanne et Marlène Jobert. "Nous ne vieillirons pas ensemble" est un livre, un livre autobiographique. Cet aspect est très important pour Pialat qui déclara : "J'ai toujours pensé qu'il fallait pour ce film, des acteurs qui aient une réelle ressemblance avec les protagonistes de la véritable histoire...moi et l'autre. Jean Yanne, je le crois du moins, a une certaine ressemblance morphologique avec moi...Marlène Jobert aussi, je l'ai choisie pour sa ressemblance avec le personnage réel".

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La même année, il fonde avec Jean-Pierre Rassam la société de production "Cinéquanon", ce qui lui permettra de réaliser lui-même "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" (1972), qui est un très gros succès public après avoir été refusé par tous les producteurs. Célèbre animateur de radio, Jean Yanne se devait pour sa première mise en scène cinématographique de parler de ce monde qu'il a pratiqué pendant dix ans. "Nous ne pouvions pas, bien sûr, tourner dans une station existante, précise-t-il, alors que nous avions besoin d'un studio, de son hall, de ses couloirs et de sa salle de rédaction, de la programmation et de la discothèque". Bernard Blier et Michel Serrault avaient accepté de tourner dans le film contrairement à d'autres comédiens qui refusèrent. L'année suivante, Yanne tourna deux autres films "Moi y'en a vouloir des sous" avec Blier, Serrault et Daniel Prevost entre autres. Puis "Les Chinois à Paris" (1974) lequel a suscité une vive réprobation de l'ambassade de Chine à Paris qui, y voyant une "assimilation inacceptable de la Chine socialiste à l'Allemagne fasciste", demanda purement et simplement son interdiction, tout comme d'ailleurs, "L'Humanité rouge", seul journal maoïste français reconnu par Pékin. Vive polémique également chez les anciens résistants par le journal gaulliste "La Nation".

En 1976, après l'insuccès relatif de son quatrième film "Chobizenesse" dont il composa également la musique. Yanne considéra  qu'il s'agissait de son premier échec public : "C'est moi qui l'ai raté. En fait, je n'ai pas raté ce que je voulais faire, mais je n'ai pas fait le film que les gens voulaient voir. C'était un film pessimiste. Les gens ont cru qu'ils allaient rire. Or, je leur ai filé le bourdon." (in "Jean Yanne, Ni Dieu ni Maître", Gilles Durieux, Ed. Le Cherche midi,2005). Il fut résident américain à partir de 1979, Jean Yanne a vécu entre Los Angeles et Paris. Après avoir réalisé trois nouveaux films, il se partage entre les premiers et les seconds rôles, à la demande, sans rien susciter, plus préoccupé par ses activités de conseiller international en achat d'œuvres d'art. Jean Yanne recommence à interpréter les films des autres "Armaguedon" (1976) lui permet de retrouver le cinéaste de ses débuts, Alain Jessua qui le confrontera à Alain Delon.

"Je te tiens, tu me tiens par la barbichette" (1979) est une satire du monde de la télévision. Le rôle principal y est tenu par Mimi Coutelier, ex-Miss France et sa compagne d'alors. "Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ" (1982) avec Coluche en vedette, brocarde les hommes d'influence. Une pléiade de personnalités du cinéma et de la télévision défilent tout au long du film : Léon Zitrone, Yves Mourousi, Moustache, José Artur, Philippe Clay, Michel Constantin, André Pousse, Darry Cowl, Daniel Emilfork, Paul Preboist et Michel Auclair. Enfin "Liberté, égalité, Choucroute" (1985), qui réunit Jean Poiret, Michel Serrault et Ursula Andress, tire à vue sur les mœurs politiques dépravées.

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Parmi ses rôles de premier plan, on peut retenir "Hanna K." (1983) de Costa-Gavras avec Jill Clayburgh, "Attention bandits !" (1986) de Claude Lelouch où il incarne un receleur  aux côtés de Patrick Bruel, "Fucking Fernand" (1987) de Gérard Mordillat, il devient un criminel en fuite et sa composition de Pierre Laval pour le "Pétain" (1993) de Jean Marboeuf avec Jacques Dufilho et Jean-Pierre Cassel. Au titre de ses seconds rôles marquants, citons : M. Homais, le célèbre pharmacien de "Madame Bovary"(1991) de Claude Chabrol, le désabusé" chef de la police d' "Indochine" (1991) de régis Wargnier, le représentant de commerce de "Regarde les hommes tomber" (1994) de Jacques Audiard, le colporteur du "Hussard sur le toît" (1995) de Jean-Paul Rappeneau, le corrompu Goëtzman de "Beaumarchais l'insolent" (1996) de Edouard Molinaro, le père assassin de "Enfants de salaud" (1996) de Tonie Marshall, le gourou hystérique de "Fallait pas" (1996) de Gérard Jugnot ou le docteur de palace mafieux de "Tenue correcte exigée" (1997) de Philippe Loiret; "Fausto" (1993),premier film de Remy Duchemin, film présenté au Festival de Cannes 1993 dans la section "Cinémas en France" et enfin "Je régle mon pas sur le pas de mon père"(1999) de Rémi Waterhouse avec Guillaume Canet.

Jean Yanne tourne également pour la télévision, surtout lorsque les scénarios sont signés par son vieux complice Tito Topin, comme "Le Cheval de coeur" (1996) de Charlotte Brandström, "Balade en ville" (1996) de Marc Angelo. Il a aussi tenu la dragée haute à Bruno Cremer dans "L'Ecluse" (1994) d'Olivier Schatzky, nouvel opus des enquêtes du commissaire Maigret. Enfin Gilles Nadeau et Pierre Bouteiller lui ont consacré un portrait documentaire pour la télévision : "Jean Yanne, le provocateur masqué" (1996). Déjà vingt-ans que Jean Yanne est mort le 23 mai 2003 d'une crise cardiaque dans sa propriété de Morsains, il avait 69 ans.

 

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