JOHN GARFIELD             1913 - 1952

            Acteur Américain

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Dans les années 30, John Garfield est le dernier "dur" à entrer dans l'écurie des super-vedettes de la Warner Bros. Le cheveu sombre, la carrure solide et l'allure déterminée, agressive, il a souvent joué les cyniques rebelles -image qui lui venait du mileu modeste new-yorkais dont il était issu. A l'écran, il avait un côté naturaliste, "moderne" qui le rapprochait davantage de Brando dont il fut un précurseur et de James Dean que de James Cagney ou de Bogart.

John Garfield est né le 4 mai 1913 à New York. Sa famille, d'origine juive, était pauvre : son père, modeste employé dans un pressing, demeure dans le souvenir de son fils "un ignorant", un fanatique religieux. La rue était le royaume de Julius; la rue de la misère, celle du Bronx, de ces ghettos urbains où la délinquance semble la seule issue possible au malheur.

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La raison de vivre de Julius sera le théâtre. En 1927, il gagne le concours oratoire du "New York Times" et entre à la Fondation Heckscher où il apprend les bases de l'art du comédien. Après des cours dramatiques, John Garfield entre au Group Theatre et se fait un nom sur les scènes de Broadway, notamment dans "Golden Boy" de Clifford Odets, en 1937. Entre-temps il avait débuté au cinéma en 1933 dans un film de Lloyd Bacon "Prologues" (Footlight Parade).

Il avait obtenu ses premiers rôles en 1930 mais c'est seulement après avoir parcouru les Etats-Unis à pieds et en auto-stop, qu'il débutera vraiment sur les planches. Il s'appelle maintenant Julius Garfield et c'est sous ce nom qu'il jouera, de 1934 à 1938 au Group Theatre, le plus fameux des théâtres d'avant-garde de l'époque, aux côtés de gens comme Elia Kazan, Lee J. Cobb, Frances Farmer, dans des pièces engagés, en particulier celles de Clifford Odets son grand ami du Bronx.

John Garfield entre à la Warner en 1938, et son tempérament brut, caustique, apporte une bouffée d'oxygène salvatrice avec "Rêves de jeunesse" (Four Daughters,1938) de Michael Curtiz, oeuvre par ailleurs sentimentale. Ce premier rôle lui vaut d'être nominé pour l'Oscar du meilleur second rôle masculin, mais le studio ne parvient pas à lui  trouver les bons rôles qu'il mérite. Celui qui sous le nom de John Garfield va, dans les studios Warner Bros, devenir en quelques films le symbole du mauvais garçon, révolté, coléreux mais peu à peu transformé par l'amour. Il trouvera ses meilleurs rôles sous la direction de Michael Curtiz,Howard Hawks ou Delmer Daves.

Naturellement, on le verra jouer les solitaires ou les paumés dans "Je suis un criminel" (They Made me a Criminal,1939) de Busby Berkeley et "Jeunesse triomphante" (Dust be my Destiny,1939) de Lewis Seiler, ou un gangster hautain mais perdu dans "Castle On The Hudson" (1940) de Anatole Litvak, remake de "20 000 ans sous les verrous".

En 1941, John Garfield prouve qu'il est à la hauteur face à Edward G. Robinson dans "Le Vaisseau fantôme" (The Sea Wolf) réalisé par Michael Curtiz. En 1942, "prêté" à la MGM, il sera le copain de Spencer Tracy dans "Tortilla Flat" de Victor Fleming. Avec l'entrée en guerre des Etats-Unis, il échoue immédiatement dans divers films de guerre, à commencer par "Air Force" d'Howard Hawks, et pourtant un film de qualité puis "Destination Tokyo" (1943) de Delmer Daves. Avec "Une Route de ténèbres" (Pride of the Marines,1945) de Delmer Daves, dont il est la vedette;, il fait revivre la vie d'Al Schmid, ce film est considéré comme sa meilleure création, celle d'un marine devenu aveugle.

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John Garfield est au sommet de sa carrière. Meurtrier solitaire dans "Le Facteur sonne toujours deux fois" (The Postman Always Ring Twice,1946), mis en scène par Tay Garnett, qu'il tourne à la MGM, Garfield réussit à camper un personnage à la fois plus sensible, intelligent et faible, et donc plus sympathique, que celui du roman de James M. Cainn auprès d'une Lana Turner plus inébranlable, froide et dure que jamais. Les deux acteurs y sont excellents et beaucoup se souviendront de leurs scènes d'amour.

Ensuite, John Garfield revient à l'image familière de ses débuts, lorsqu'il jouait "Golden Boys", au théâtre. On le verra dans "Humoresque" (1946) de Jean Negulesco, auprès de Joan Crawford, film qui met fin à son contrat avec la Warner Bros, en jeune violoniste pauvre, talentueux et ambitieux, qui se hisse en haut de l'échelle tout en essayant de conserver son intégrité -genre de rôle dans lequel il excelle; "Sang et or" (Body and Soul,1947) de Robert Rossen lui vaut une seconde nomination aux Oscars. Le second film qu'il tourne en 1947, "Le Mur invisible" (Gentleman's agreement) d'Elia Kazan où il tient le rôle secondaire face à Gregory Peck, remporte l'Oscar du meilleur film. Avec "L'Enfer de la corruption" (Force of Evil,1948) de Abraham Polonski s'achève une série de bons films pour l'acteur.

Toutefois, l'uniformité de son jeu pourrait supposer que Garfield n'a jamais pu s'imposer vraiment, les rôles deviennent moins intéressants;  il retrouve le cinéaste Michael Curtiz qui le fait tourner dans "Trafic en haute mer" (The Breaking Point,1950), remake du "Port de l'angoisse", tandis que "Menaces dans la nuit" (He Ran all the Way,1951) de John Berry, se trouve être, hélas, son dernier film. Accusé d'avoir été communiste par la Commission des activités anti-américaines du sénateur McCarthy, John Garfield fut, en effet, l'une des victimes les plus tragiques de la chasse aux sorcières. Solitaire et aigri, John Garfield meurt d'une crise cardiaque le 20 mai 1952 à New York, à l'âge de 39 ans. Des milliers de personnes suivirent les obsèques de celui qui fut, "rebel whitout a cause", le James Dean des années 40.  

 

                     Je suis un criminel - 1939 - Busby Berkeley

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               Le Vaisseau fantôme - 1941 - Michael Curtiz

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                 Le Facteur sonne toujours deux fois - 1946 - Tay Garnett

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               Sang et or - 1947 - Robert Rossen  

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                  Le Mur invisible - 1947 - Elia Kazan

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            La Belle de Paris - 1950 - Jean Negulesco 

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