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           DÉCÈS DU COMÉDIEN-RÉALISATEUR 

          ROBERT HOSSEIN    1927 - 2020 

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Publié le jeudi 31 décembre 2020 à 12h40

Robert Hossein s'est éteint à l'âge de 93 ans, comme l'a révélé Le Point. Il laisse derrière lui une immense carrière sur scène et au cinéma. Robert Hossein est décédé jeudi 31 décembre 2020 au lendemain de son anniversaire, comme l'a révélé Le Point. Il était né le 30 décembre 1927 d'un père iranien zoroastrien compositeur et d'une mère russe orthodoxe, Robert Hossein, né Abraham Hosseinoff, a grandi dans la pauvreté et décidé après la guerre, à 15 ans, de se consacrer à l'art dramatique.

Il venait d'avoir 93 ans. Homme de cinéma et de théâtre, il aura mené une carrière prolifique, naviguant habilement entre les plateaux de tournage de Claude Lelouch et Georges Lautner, et la mise en scène de grands spectacles.

Derrière la caméra, Robert Hossein a dirigé quelques grandes figures du cinéma français, comme Lino Ventura et Jean Carmet dans "Les Misérables" en 1982, et Johnny Hallyday dans "Point de chute" en 1970.Son adaptation en comédie musicale de l'oeuvre de Victor Hugo a rencontré un énorme succès dans les années 80. Robert Hossein a joué dans près d'une centaine de films. Comme "Le casse" en 1971 et "Le professionnel" en 1981, à chaque fois au côté de Jean-Paul Belmondo. Père de quatre enfants, le metteur en scène a vécu un drame en 1974 quand sa future femme, Michèle Watrin, se tue dans un accident de la route.

Il était à la place du passager et s'en est sorti miraculeusement. Homme pressé, à la gouaille inimitable, Robert Hossein restera comme l'un des plus grands metteurs en scène de théâtre français du XXe siècle.

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Robert Hossein (Hosseinhoff), est né le 30 décembre 1927 à Paris. D'un père d'origine persane, compositeur, et d'une mère russe pianiste. C'est en plaisantant qu'il affirmera "être né dans une poubelle de l'histoire". En effet Hossein est un de ces enfants de la guerre, nés entre 1925 et 1930, qui avaient quinze ans lorsque la Seconde Guerre mondiale à éclaté et que l'Occupation a gâché leur jeunesse....

Les premières années de sa vie, il les passe à l'hôtel de Parme, rue de Clichy où sont installés ses parents qui ont quitté la Russie bolchévique de leur enfance pour l'espoir en Europe de l'Ouest. A sept ans, l'école primaire ne le passionne guère, préférant aller au cinéma, malgré son très jeune âge, entrant dans des petits salles de quartier dès qu'il a quelques sous en poche ou bien passant par la sortie dès la fin de la séance précédente.

C'est ainsi que défila sous ses yeux, Robert Lynen dans "Poil de Carotte" avec Harry Baur en passant par "Blanche-Neige et les sept nains" de Walt Disney, puis "Cléopâtre" de Cecil B. De Mille et "Robin des Bois" de Michael Curtiz avec Errol Flynn et Olivia de Havilland.

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Vint le temps du pensionnat, fréquentant une douzaine d'établissements différents, la plupart tenus par des Russes immigrés. En 1939, un jour du mois de juillet, Robert Hossein doit quitter Paris, la guerre menace d'éclater. Des bombardements du côté de Vierzon, il regagne Chateauroux où des inconnus l'hébergent. Récupéré par la Croix-Rouge, Il arrive à Agen où une place l'attend dans un nouveau pensionnat. C'est là qu'il va rester durant une année, jusqu'à ce que l'Armistice de 1940 soit signé...

Durant toutes ces années d'Occupation, il va voir des dizaines de longs métrages, ce qui lui permettra d'affirmer plus tard qu'il connait aujourd'hui des choses sur le 7e Art de l'époque, il est amoureux fou de Michèle Morgan, Edwige Feuillère ou de Michèle Alfa. Au cours de l'été 1944, le père de Robert Hossein lui trouve une place de pensionnaire dans une ferme située près d'Orléans, les américains viennent de débarquer en Normandie, pendant ce temps, le jeune Hossein a un ami de son âge, celui-ci n'est autre que Mario David, célèbre second rôle du cinéma français. Tous les deux se promènent sur les chemins et les routes et vivent l'insouciance de leur dix-sept ans. C'est là que le jeune Hossein écrivit ses premiers textes dont une nouvelle, "Arthur ou le journal d'un jeune voyou" qui deviendra quelques temps plus tard sa première création théâtrale sous le titres : "Les Voyous".

Inscris au court d'art dramatique d'Emile Dars, directeur de l'école du Vieux-Colombier, travaille dans la classe de Maurice Escande, avec Béatrix Dussane, tous deux sociétaires de la Maison de Molière, mais différents problèmes relationnels le dirige vers l'ancien professeur du Conservatoire René Simon, les élèves ne sont autres que : Jacqueline Maillan, François Périer, Pierre Mondy, Claude Gensac, Philippe Lemaire, Jean-Claude Pascal, Nicole Courcel, Philippe Nicaud...

Après avoir effectué son service militaire en Allemagne, Robert Hossein reprend ses cours d'art dramatique, retrouve l'ambiance de la rive gauche parisienne, il décroche son premier contrat au cinéma dans "Le Diable boiteux" (1948) que met en scène l'un des plus grands maîtres du spectacle français Sacha Guitry. Robert est un jeune page dans ce film prestigieux à la distribution grandiose dominée par Guitry et son épouse du moment Lana Marconi. Il figure dans "Aux yeux du souvenir" (1948) dont Michèle Morgan et Jean Marais sont les acteurs principaux sous la direction de Jean Delannoy.

L'année suivante c'est Raymond Bernard qui lui propose de prononcer sa première phrase au cinéma dans "Maya" avec Viviane Romance et Louis Seigner. En 1954, c'est Michel Audiard qui propose au réalisateur Pierre Foucaud de confier un rôle intéressant à Robert Hossein dans le film "Série noire", sur un scénario de Pierre Gaspard-Huit. Une jolie distribution menée par Michèle Morgan, Henri Vidal son époux mais aussi Erich von Stroheim, Roger Hanin et Pascale Roberts. L'un des grands évènements cinématographique de l'année 1955, c'est la sortie du film de Jules Dassin avec "Du Rififi chez les hommes", sur des dialogues d'Auguste Lebreton, le film raconte un hold-up exceptionnel avec Jean Servais, Robert Manuel et Magalie Noël. Le film est présenté au Festival de Cannes 1955, un enthousiasme populaire font de ce "Rififi", un chef- d'oeuvre du genre.

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Avec l'appui de Frédéric Dard, il crée ainsi "Les salauds vont en enfer" dont le succès théâtral est considérable. Il connait le succès au Théâtre de la Renaissance avec "La Corde".  Le jeune acteur se décide à passer devant la caméra afin de mettre en scène "Les salauds vont en enfer", en 1955. Pour l'assister, il fait appel au cinéaste Georges Lampin, il choisit pour héroïne une jeune fille de seize ans, Marina Vlady, qui venait d'être découverte par André Cayatte dans "Avant le déluge". Le tournage commence le 6 juin 1955 à Marseille dans les studios Marcel Pagnol.

Quelques semaines plus tard, le couple formait par Robert Hossein et Marina Vlady s'unissait pendant le tournage de "Crime et Châtiment" (1956) de Georges Lampin avec une distribution prestigieuse : Jean Gabin,  Bernard Blier, Gaby Morlay, Gérard Blain, Lino Ventura, Julien Carette, Roland Lesaffre et Marina Vlady...Hossein ne retrouve les studiops que le 4 décembre 1956, afin d'être dirigé par Roger Vadim dans une oeuvre en couleurs, la première pour lui, dont Françoise Arnoul est la vedette féminine. Il s'agit de "Sait-on jamais" (1956). Retour à la réalisation pour Robert Hossein en 1958 avec ce qui va rester l'un de ses meilleurs longs métrages "Toi le venin". Il s'agit à la fois d'un suspense dans lequel on se demande qui est qui, et d'un drame sentimental et psychologique qui tourne autour de Marina Vlady et sa soeur Odile Versois.

Hossein ne revient à l'écran qu'à la fin de l'année 1958, dirigé par Edouard Molinaro dans le polar "Des femmes disparaissent", second film du cinéaste, Hossein est en tête d'affiche, ses partenaires sont Estella Blain, Magali Noël, Philippe Clay et Jacques Dacqmine. Le film est interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie parisienne le 1er mai 1959. A cette même époque, il enchaîna plusieurs tournages comme "Du riffi chez les femmes" (1959), "La Sentence" (1959) de Jean Valère (drame de la Résistance qui se déroule presqu'intégralement dans une cave où sont retenus trois hommes et deux femmes. (Roger Hanin, Lucien Raimbourg, Hossein et Marine Valdy), "La Nuit des espions" (1959) de Robert Hossein.

 

Avec Dard, il prépare l'adaptation d'un roman de l'écrivain, "Les Scélérats" qu'il a l'intention de mettre en scène, ce sera son cinquième film en tant que réalisateur, Michèle Morgan lui donna la réplique, il faut avouer que le jeune Robert Hossein admire énormément l'actrice.  Le film est en vase clos avec trois personnages dont la présence de Perrette Pradier en remplacement de Marina Vlady. Décidément, l'amitié de Robert Hossein et de Frédéric Dard est non seulement une réussite sur le plan humain mais un grand succès sur le plan professionnel. Chacune de leurs collaborations donne naissance à un excellent moment de cinéma. Après "Les scélérats", Hossein est l'interprète de "La Menace" (1960) réalisé par Gérard Oury dont c'est la première réalisation.

Ce fut Marcel Bluwal qui dirigea Robert Hossein dans "Le Monte-charge" en 1962, quelques semaines après la fin du tournage, il passe de nouveau à la réalisation en entreprenant son sixième long métrage : "Le Jeu de la vérité", cette intrigue en vase clos bénéficie d'une prodigieuse distribution dominée par Hossein et Paul Meurisse, mais dans laquelle sont aussi présents Jean-Louis Trintignant, Jean Servais, Perrette Pradier, Nadia Gray, Françoise Prévost....

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En 1962, Hossein participe quelques minutes dans le long métrage de Jacqueline Audry, "Les Petits matins", il s'agit d'un voyage initiatique au cours duquel une jeune autostoppeuse belge tente de trouver le bonheur auprès d'hommes de rencontre avec Gilbert Bécaud, Daniel Gélin, François Périer, Lino Ventura, Claude Rich, Noël-Noël, Fernand Gravey, Pierre Brasseur, Jean-Claude Brialy, Francis Blanche et Darry Cowl. En cette année 1962, c'est donc "Le Repos du guerrier" où Vadim offre à Robert la plus jolie fille du monde : Brigitte Bardot. Le succès populaire est important.  Hossein retrouve Vadim pour le tournage du "vice et la vertu" (1963) avec Catherine Deneuve et Annie Girardot puis "Chair de poule" (1963) de Julien Duvivier (remake du facteur sonne toujours deux fois) aux côtés de Catherine Rouvel, Jean Sorel, Georges Wilson et Lucien Raimbourg.

Un autre suspense "Les yeux cernés" (1964) qu'Hossein tourne lui-même, à ses côtés une nouvelle fois Michèle Morgan et une débutante Marie-France Pisier. Francis Cosne, producteur du "Repos du guerrier" proposa à Hossein de tourner au côté de Michèle Mercier dans "Angélique, Marquise des anges" (1964), tirée de l'oeuvre d'Anne et Serge Golon, ce film d'aventures historiques où il serait ce séducteur balafré dont la belle Angélique tombe éperdument amoureuse. C'est ainsi que débute cette saga ou Joffrey de Peyrac (Hossein) y apparaît comme un homme hideux, boiteux, effrayant....

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Robert Hossein retrouva Marie-France Pisier dans "Le vampire de Düsseldorf" (1965) qu'il réalise lui-même, avant d'être diriger par le cinéaste des premiers "James Bond", Terence Young dans "Guerre secrète" aux côtés de Bourvil et Annie Girardot. Il fut également le partenaire de Jean Gabin dans "Le tonnerre de Dieu" (1965) de Denys de la Patellière où il retrouve la merveilleuse "Angélique..." Michèle Mercier.

Dans les années 70, Robert Hossein n'est qu'un second rôle dans le film à succès d'Henri Verneuil "Le Casse" (1971) dont Belmondo est la vedette principale. Hossein enchaîna immédiatement avec "Un meurtre est un meurtre" (1972) d'Etienne Périer avec Michel Serrault, Jean-Claude Brialy et Stéphane Audran, des retrouvailles avec Brigitte Bardot dans "Don Juan 73" (1973) de Vadim, manifestement inspiré du Marquis de Sade.

En 1980, Claude Lelouch prépare un film ambitieux de six heures qu'il a baptisé "Les Uns et les Autres". Six mois de tournage, le film est présenté en ouverture du Festival de Cannes hors compétition. Beaucoup considérent ce film de trois heures au cinéma, comme étant le meilleur film de Lelouch. C'est à la même époque qu'Hossein donna à nouveau la réplique à Jean-Paul Belmondo dans "Le Professionnel" de Georges Lautner, autre succès important pour Bébel. Après avoir été dans l'entourage de Roger Hanin dans "Le Grand Pardon" (1982) d'Alexandre Arcady, il proposa à Lino Ventura de succéder à Jean Gabin ou Harry Baur afin d'incarner Jean Valjean. Alain Decaux et Robert Hossein se sont attaqués à l'Oeuvre monumentale de Victor Hugo. Ventura est surpris de constater que Robert Hossein est pensé à  lui, il se refuse à à prendre la suite de Gabin dans un personnage aussi fort. Il en faut davantage pour décourager Robert Hossein qui va inlassablement revenir à la charge pendant plusieurs semaines. Ventura accepte, Michel Bouquet donna son accord pour être l'inspecteur Javert, et celui de Jean Carmet pour celui de Thénardier. En 1980, Hossein avait déjà mis en scène le chef-d'oeuvre de Victor Hugo au Palais des Sports, dans une comédie musicale. En 1982, deux versions cinématographiques sont réalisées simultanément : l'une pour la télévisionn d'une durée de cinq heures, et l'autre pour le cinéma, eu deux parties d'1h30 chacune.

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En 1985, Robert Hossein signe ce qui est sa dernière réalisation cinématographique à ce jour : "Le Caviar rouge", adaptation d'un roman de Frédéric Dard. Dans les deux longs métrages suivants tournés en 1986, Robert Hossein ne fait de nouveau qu'une apparition, d'abord dans "Un homme et une femme : 20 ans déjà" de Claude Lelouch, puis dans "Levy et Goliath" de Gérard Oury, où on le voit brièvement en client de Goliath, chef de bande convoyeur de drogue. Par contre, trois ans après -et ayant monté dans l'intervalle "Jules César" puis "L'affaire du courrier de Lyon" au Palais des Sportsn et "La Liberté ou la mort" au Palais des Congrés- il incarne un metteur en scène de théâtre nommé Robert dans le film de Yannick Bellon "Les enfants du désordre" (1989) avec Emmanuelle Béart. Ce film a été inspiré à la réalisatrice par des faits réels...

Clin d'oeil de Claude Lelouch en réalisant "Les Misérables" (1995) dans une version tout à fait différente et où Henri Fortin-Jean-Paul Belmondo connaît au XXe siècle, des mésaventures similaires à celles de Jean Valjean 150 ans plus tôt. Lelouch propose à Robert Hossein d'être le "maître de cérémonie" dans son film, superproduction avec 5000 figurants, trois mille costumes... A cette même époque, Hossein transpose de l'écran à la scène, "Angélique, Marquise des Anges" toujours au Palais des Sports. Il ne fait pas appel à Michèle Mercier pour le rôle titre, pas plus qu'à lui-même pour redevenir Joffrey de Peyrac.

En 1998, il participe au film de Toni Marshall : "Vénus beauté (Institut)", quatrième réalisation de la fille de Micheline Presle. C'est une comédie dramatique qui, autour de lui et de Samuel Le Bihan, réunit de nombreuses actrices, Nathalie Baye, Bulle Ogier, Audrey Tautou, Mathilde Seigner, Claire Nebout, Micheline Presle, Emmanuelle Riva et Edith Scob. Puis ce fut un retour aux grands spectacles pour Robert Hossein durant les années qui suivent avec "De Gaulle, celui qui a dit non" au Palais des Congrés, adaptation d'Alain Decaux et Alain Peyrefitte, d'après les Mémoires du Général de Gaulle. Puis "Jésus, la Résurrection" au Palais des Sports. En 2002, il met en scène "C'était Bonaparte" toujours au Palais des Sports. En 2004, c'est l'adaptation du célèbre film de Sydney Pollack, "On achève bien les chevaux"

Près de deux années lui sont nécessaires pour mettre sur pied "Ben Hur" qui va être joué à cinq reprises seulement au Stade de France, devant soixante-cinq mille personnes à chaque représentation!. En 2006, il revient au cinéma pour jouer au côté de Sophie Marceau dans un film qu'elle réalise elle-même, à l'Hôtel Normandy : "La disparue de Deauville". En 60 années de carrière, Robert Hossein acteur a tourné dans 92 longs métrages depuis ses débuts à l'écran en 1948 jusqu'à aujourd'hui.  

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