DÉCÈS DE LA CINÉASTE FRANCAISE  

      NELLY KAPLAN               1931 - 2020

 

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 *Abel Gance - Nelly Kaplan

Nelly Kaplan, réalisatrice de "La Fiancée du Pirate" (1969), écrivaine anarcho-féministe et icône de la Nouvelle Vague, est décédée jeudi 12 novembre 2020 du Covid-19 à l'âge de 89 ans dans un hôpital de Genève, a-t-on appris auprès de son entourage. Née le 11 avril 1931 à Buenos Aires en Argentine.

Selon un de ses proches, François Martinet, qui l'avait longuement interviewé pour les Cahiers du Cinéma, Nelly Kaplan avait accompagné son compagnon, l'acteur et producteur Claude Makowski à Genève où il est décédé en août de la maladie de Parkinson. 

Elle était depuis dans une maison de repos où elle a contracté le Covid-19, dont elle est décédée.   

Nelly Kaplan, originaire d'une famille de juifs de Russie, venue en France depuis Buenos Aires à l'âge de 22 ans, avait débuté dans le cinéma auprès du réalisateur Abel Gance. Elle devait collaborer avec lui pendant une dizaine d'années.  Nelly Kaplan aimait la littérature et particulièrement la poésie, et se lia avec plusieurs écrivains, dont Philippe Soupault et André Breton. Elle avait rédigé des écrits érotiques qui avaient dû affronter la censure. En 1974, elle publiait sous pseudonyme son roman "Mémoires d'une liseuse de draps". 

Elle s'est fait connaître par "La Fiancée du pirate", sélectionné à la Mostra de Venise en 1969, avec Bernadette Laffont dans le rôle d'une jeune femme libre qui se venge de villageois lui étant hostiles. Le film, diffusé dans le monde entier, est devenu culte.

Elle a réalisé d'autres films: "Papa, les petits bateaux..." (1971), "Néa" (1976), "Charles et Lucie" (1979), "Pattes de velours" (1985), "Plaisir d'amour" (1990), ainsi que des documentaires consacrés à des artistes (Gustave Moreau, Abel Gance, André Masson, Victor Hugo, Pablo Picasso, etc.).

 

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     DÉCÈS DU COMÉDIEN FRANCAIS  

      MICHEL ROBIN              1931 - 2020

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19 Novembre 2020 | Par Davis Rofé-Sarfati

Il s’en plaignait parfois ; tout le monde connait son visage mais peu connaissent son nom. Michel Robin, né le 13 novembre 1930 à Reims, est un acteur français qui a notamment été sociétaire de la Comédie-Française. Il nous a quitté le 18 novembre 2020, à l’âge de 90 ans, des suites de la Covid-19.

En 1999 Jean Louis Benoit monte le Revizor de Gogol à la Comédie-Française, l’histoire abracadabrante d’un village russe visité par un vagabond pris par erreur pour un agent de l’administration centrale. Le premier tableau imaginé par Benoit est une brochette de petites bourgeois, égoïstes et peureux assis sur un long canapé décati. Au milieu de cette brochette, Michel Robin est Louka. (Habitué aux second rôles, le même Jean Louis Benoit lui proposera en 1996 son premier grand rôle avec Monsieur Jourdain dans le Bourgeois gentilhomme) Le comédien épouse le rôle de Louka à sa façon avec son talent rare à incarner son personnage en même temps que son écosystème. L’acteur est précieux par sa présence. Il semble à chaque rôle ne pas jouer mais être plutôt attrapé par son personnage. Sa diction particulière donne le sentiment que les mots, inventés sur le moment, sont découverts en les mâchant. Sa gestuelle gauche et son sourire ajoutent un trait de naturel singulier. Le talent de Michel Robin est tout entier dans ce rôle . Mais nous aurions pu, tout aussi bien, lui rendre hommage en évoquant le magnifique Firs de la Cerisaie de Tchekhov, ou encore Nagg de Fin de Partie

Michel Robin débute au théâtre chez Roger Planchon. Il intègre ensuite la compagnie Renaud-Barrault pour plusieurs saisons ou il  interprète notamment En attendant Godot et Fin de Partie de Samuel Beckett. De son immense carrière théâtrale hors Comédie-Française, on retiendra Les Oiseaux d’Aristophane, Le Balcon de Jean Genet, La Nuit des rois de ShakespeareLa Folle de Chaillot de Jean Giraudoux. En 1990 il reçoit le Molière du meilleur second rôle pour La Traversée de l’hiver de Yasmina Reza. En 1994, Jean-Pierre Miquel, l’administrateur général du Francais, lui ouvre les portes de la Comédie-Française pour tenir le rôle de Trivelin dans La Double Inconstance de Marivaux. Il incarnera à la suite Monsieur Rémy des Fausses Confidences mises en scène par Jean-Pierre Miquel, Firs de La Cerisaie mise en scène par Alain Françon, et comme signalé déjà un admirable Louka Loukitch Khlopov dans Le Revizor mis en scène par Jean-Louis Benoit.  

Acteur fétiche du cinéma suisse, Michel Robin n'en est pas moins français puisque né à Reims, le 13 novembre 1930. Il renonce à des études de droit et s'installe à Paris, en 1955, pour y suivre les cours d'art dramatique Dullin. A 28 ans, sa rencontre avec Roger Planchon, lequel l'engage dans sa troupe pour tenir le rôle d'un vieillard. Il y demeure dix ans et participe à dix-sept spectacles, interprétant entre autres "Falstaff" et "Les Ames mortes". Il travaille également sous la direction de Roger Blin "En attendant Godot" de Beckett et Claude Régy pour "Sauvés" d'Edward Bond.

Michel Robin doit sa popularité en grande partie au cinéma helvétique. Limité jusqu'alors dans des emplois secondaires, il est découvert par Claude Goretta qui lui confie le personnage de Rémi Placet, l'employé modeste et maladroit devenu héritier dans "L'Invitation" (1973). Dès lors, les rôles s'enchaînent, rarement importants mais souvent marquants : libraire collabo exécuté par des marquisards dans "Un Sac de billes" (1975) de Jacques Doillon, éditeur emerveillé par la nature et les femmes dans "Les Maris, les femmes, les amants" (1989) de Pascal Thomas ou juif attendant sa famille son arrestation par la police française lors de la rafle du Vel d'Hiv dans "Les Guichets du Louvre" (1974) de Michel Mitrani.

C'est à nouveau en Suisse que Michel Robin rencontre son rôle le plus important et le plus attachant grâce aux "Petites fugues" (1979) réalisé par Yves Yersin. Il y joue Pipe, un vieux valet de ferme à qui l'achat d'un vélomoteur fait découvrir de nouveaux horizons, l'amenant même vers une imprévisible émancipation. Mieux qu'aucun autre, ce personnage caractérise à merveille la personnalité du comédien : la silhouette voûtée et l'allure malhabile, il est une victime exploitée par son entourage. Mais la méchanceté humaine à peu de prise sur ce poète marginal qui vit dans les songes.  

il passe de Goretta à Zulawski, Doillon, Lang ou Costa-Gavras. Il obtient en 1979 le Grand prix d’interprétation du jury du Festival de Locarno pour "Les Petites fugues" d’Yves Yersin. Il fait de nombreuses apparitions au cinéma, de "Qui êtes-vous, Polly Maggoo ?de William Klein en 1966 jusqu’à "Un long dimanche de fiançailles" de Jean-Pierre Jeunet en 2004, en passant par L’Hôtel de la plage de Michel Lang en 1978, "La Chèvre" de Francis Veber en 1981, "Stan the Flasher" de Serge Gainsbourg en 1990 et "Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain" de Jean-Pierre Jeunet en 2001.

Il fait également de nombreuses apparitions à la télévision, notamment dans quelques épisodes de la série Les Enquêtes du commissaire Maigret, et dans tous les épisodes de la version française de Fraggle Rock. Il est apparu dans les huit premières saisons (15 épisodes) de la série Boulevard du Palais (personnage d’Isy).

Tout le monde le connaissait, du moins son visage. Il laisse la grande famille du théâtre avec le souvenir de ses grands second rôles. Dans son communiqué, Eric Ruf a déclaré : « Cette époque nous éprouve cruellement et nous la haïssons de nous priver soudainement des plus fragiles et des meilleurs d’entre nous. Nous avons tous un souvenir précis de Michel, parti il y a dix ans déjà de notre théâtre. De sa tendresse et de son humour dévastateur. De sa dent aussi, carnassière et drôle. Nous comptions enormement pour Michel qui gardait un attachement indéfectible à notre Maison. »  Michel Robin décède le 18 novembre 2020, à l’âge de 90 ans, des suites de la Covid-19.

 

 

 

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