L'ÉLÉGANCE ET MUSE

      DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS S'EN EST ALLÉE

           JULIETTE GRECO    1927 - 2020       

 

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, publié le mercredi 23 septembre 2020 à 19h49

L'icône de la chanson française Juliette Gréco, célèbre aussi pour son interprétation de Belphégor à la télévision, est décédée mercredi à l'âge de 93 ans, a annoncé sa famille à l'AFP.

"Juliette Gréco s'est éteinte ce mercredi 23 septembre 2020 entourée des siens dans sa tant aimée maison de Ramatuelle. Sa vie fut hors du commun", a indiqué la famille dans un texte transmis à l'AFP. "Elle faisait encore rayonner la chanson française à 89 ans", a-t-elle ajouté. Jusqu'à l'AVC qui l'avait frappée en 2016, année où elle avait également perdu sa fille unique Laurence-Marie.

"Cela me manque terriblement. Ma raison de vivre, c'est chanter ! Chanter, c'est la totale, il y a le corps, l'instinct, la tête", déclarait la chanteuse encore tout récemment lors d'un entretien publié en juillet dans l'hebdomadaire Télérama.

"C'est une très grande dame qui s'en va", a réagi auprès de l'AFP Alexandre Baud, producteur de sa dernière tournée. "Juliette était fatiguée depuis quelques temps mais elle avait conservé son esprit extrêmement vif comme en témoigne sa débridée interview avec Télérama".

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Juliette Gréco est née le 7 novembre 1927 à Montpellier, son père commissaire de police d'origine corse connaît une enfance ballotée mais, comme l'écrit elle-même dans sa biographie "Jujube" Éditions Stock, elle vécut une enfance misérable côté coeur, dorée côté confort. A 15 ans, alors que sa famille est déportée, elle connaît le couvent, puis la cellule no 325 de la prison de Fresnes. C'est au printemps 1946 qu'elle débarque à Paris et "fait la manche" au Café de Flore.

En 1949, après son passage au "Boeuf sur le toît" accompagnée au piano par Jean Wiener, c'est enfin "La Rose rouge" où son talent est couronné. Jean-Paul Sartre, dit d'elle "qu'elle a des millions dans la gorge", tandis que François Mauriac la qualifie de "beau poisson noir" et lui écrit "La Rue des Blancs-manteaux".

Son répertoire prestigieux signé Prévert-Kosma ou Serge Gainsbourg ou Léo Ferré, lui ouvre les portes du monde du spectacle...et du cinéma. Des débuts au cinéma en 1948 dans un court-métrage du cinéaste Alexandre Astruc "Aller Retour", ainsi qu'un long métrage que Louis Daquin réalisa avec une certaine maîtrise pour "Les Frères Bouquinquant" (1948); l'année suivante ce fut Julien Duvivier qui lui propose un second rôle dans "Au royaume des cieux", suivront sa participation au film de Jean Cocteau "Orphée" (1949) et en 1950 sous la direction de Jean-Paul Le Chanois "Sans laisser d'adresse" avec Bernard Blier en chauffeur de taxi, elle joue son propre rôle et dans ce film, l'un des très rares où elle chante, on pouvait également trouver le nom de Michel Piccoli, débutant, qui deviendra son second mari (1966-1977).

Elle a son premier vrai rôle, grâce au cinéaste Jean-Pierre Melville qui lui propose le rôle principal du film "Quand tu liras cette lettre" (1953) où elle rencontre le comédien Philippe Lemaire qui deviendra son premier mari. Surnommée la "Muse de Saint-Germain des-Prés", elle triomphe à Berlin, à Rio de Janeiro et surtout à Hollywood où le producteur du "Jour le plus long", Darryl F. Zanuck lui ouvre toutes grandes les portes des studios durant cinq ans. A la louange respectueuse et feutrée due à la chanteuse (Grand Prix du Disque en 1952), vient s'adjoindre la reconnaissance d'une grande comédienne. En effet, de la caméra-stylo d'Alexandre Astruc, "Ulysse" (court métrage inachevé) à sa participation à l'épopée du "Far-West" imaginé par Jacques Brel en 1973, son nom aura visité un quart de siècle de  cinéma et de télévision d'où émergent son rôle d'aglaonice pour Cocteau "Orphée", mais aussi le personnage de "Belphégor" dans la célèbre série télévisée homonyme.  

Autre film ou Juliette Gréco chantera "Bonjour Tristesse" (1957) que réalisa Otto Preminger avec Jean Seberg, David Niven et Deborah Kerr. Zanuck produira également "Le Soleil se lève aussi" (The Sun Also Rises,1957) réalisé par le vétéran Henry King avec une pléiade d'acteurs américains : Tyrone Power, Ava Gardner, Errol Flynn et Mel Ferrer. C'est également avec Errol Flynn qu'elle sera l'héroïne du film de John Huston "Les Racines du ciel" (The Roots Of Heaven,1958). La Muse de Saint-Germain-des-Près est décédée le 23 septembre 2020 à l'âge de 93 ans. 

-A mon arrivée à Paris en 1980, j'ai eu le privilège de la voir chanter à Maubert-Mutualité.

 

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                           Les Racines du ciel - 1958 - John Huston

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                      La Rivière des alligators - 1958 - Vincent Sherman

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                    Drame dans un miroir - 1960 - Richard Fleischer

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"La Chanson des vieux-amants"

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