DÉCÈS DE L'ACTRICE LUCIA BOSÉ

         LUCIA BOSÉ                1931 - 2020   

 

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L'actrice italienne Lucia Bosé, qui s'illustra au cinéma dans des films d'Antonioni, Buñuel et Fellini, est décédée lundi 23 mars 2020 à l'âge de 89 ans en Espagne, où elle vivait, a annoncé son fils, l'artiste Miguel Bosé. "Chers amis... Je vous annonce que ma mère Lucia Bosé vient de mourir", a écrit sur son compte Twitter Miguel Bosé, lui-même chanteur à succès et acteur de renom ("Talons aiguilles").

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Selon différents médias locaux, le décès de Lucia Bosé serait dû à une pneumonie, alors que l'Espagne est actuellement l'un des pays du monde les plus touchés par la pandémie de coronavirus. Elle avait tourné avec Antonioni, Bardem, Bunuel, Fellini et Duras.Deux mois après l'avoir rencontré, Lucia Bosé avait épousé en 1955 à Las Vegas l'un des plus grands toreros du 20e siècle, le matador madrilène Luis-Miguel Dominguin. Le torero et l'actrice ont eu trois enfants: Miguel Bosé, la cheffe d'entreprise Lucia Dominguin et l'actrice Paola Dominguín. Leur séparation en 1967 avait été très médiatisée.

Née le 28 janvier 1931 à Milan, issue d'une modeste famille de paysans, elle gagne sa vie dès  l'âge de douze ans. Elle exerça le métier de dactylo chez un avocat puis vendeuse. Lucia Bosé était devenue miss Italie en 1947 aux dépens de Gina Lollobrigida. Cette distinction lui ouvre les portes de la Cinecitta. Elle débute en 1950 dans "Pâques sanglantes", un film néo-réaliste de Giuseppe de Santis. On la voit en vamp paysanne digne rivale de Silvana Mangano, avant de se classer parmi les actrices les recherchées du cinéma italien. Ses films notables : "Mort d'un cycliste" (Muerte de un Ciclista,1955) de Juan Antonio Bardem, "Chronique d'un amour" (Cronaca di un Amore,1950) et "La Dame sans camélia" (La Signora Senza Camelie,1953) deux films réalisés par Michelangelo Antonioni; lequel modifie son image en retrouvant en elle toute la magie des "divas" avec "Chronique d'un amour". Ce film fut découvert en France lors du festival du film maudit de Biarritz en 1950.

Peu de films se détachent de sa riche filmographie d'alors, hormis "La Dame sans camélia". C'est en Espagne en 1955 que Lucia Bose trouvera l'un de ses meilleurs rôles avec "Mort d'un cycliste" . C'est en Espagne aussi qu'elle choisit de s'installer après son mariage avec le célèbre toréro Luis Miguel Dominguin dont elle aura trois enfants. Par amour, elle fut éloignée des studios pendant treize ans, mise à part une amicale apparition dans "Le Testament d'Orphée".

Depuis son retour à l'écran en 1968, Lucia Bose, que le festival de San Remo de 1972 a sacré meilleure actrice pour son rôle dans "Arcana" (1972) de Giulio Questi, voue son talent et sa beauté à la défense du cinéma d'auteur. "Metello" (1969) de Mauro Bolognini lui offre un rôle à sa mesure. Avec "Violanta" (1977) de Daniel Schmid, elle donne la réplique à Maria Schneider, Lou Castel et Gérard Depardieu. Un an auparavant, elle avait accepté d'être dirigé par la comédienne Jeanne Moreau qui avait déjà montré ses talents de cinéaste avec le film "L'Adolescente" avec Simone Signoret.    

Pourquoi avez-vous choisi Lucia Bosè comme héroïne ? 

MICHELANGELO ANTONIONI : - "Parce qu'il y avait une histoire entre elle et moi. Elle avait 19 ans, elle était merveilleuse. On ne pouvait pas ne pas tomber amoureux d'elle. Un soir, à Rome, à une fête intellectuelle, mondaine, chez Flora Volpini, je remarquai sa timidité de Miss Italia à peine promue actrice dans "Non c'è pace tra gli ulivi" de De Santis. Je n'avais jamais vu une femme aussi belle et aussi passionnante. Je n'ai jamais subordonné mon travail à mes histoires personnelles, mais pour le film, j'ai toujours pensé à elle. Dans le bout d'essai, elle révéla un air sombre et troublant, tout à fait juste. Et quand, avec Fausto Sarli, nous avons commencé à lui mettre des robes de grand couturier et des vrais bijoux, la petite jeune fille s'est transformée en une femme splendide. Elle était pleine de charme, intelligente, vivace, joyeuse. Qu'est-ce qu'elle a reçu comme tartes, la pauvre Lucia, pour la dernière scène. Le film se concluait sur son image, meurtrie et en sanglots, adossée à un portail. Mais elle était toujours contente. Elle n'avait pas assez de métier pour feindre le désespoir : ce n'était pas une actrice. Pour obtenir le résultat que je voulais, j'ai dû recourir à la violence, psychologique et physique. Des insultes, des phrases pour la vexer, des humiliations et des gifles brutales. A la fin, elle perdit la tête et elle s'est mise à pleurer comme une toute petite fille : elle joua très bien son rôle."

Michelangelo Antonioni. 
Le cinéma et moi, les femmes et moi
par Lietta Tornabuoni,
"Corriere della sera", Milan, 12 février 1978, 
in Cher Antonioni..., Source ! (films7.com)

 

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             Mort d'un cycliste - 1955 - Juan Antonio Bardem

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                 Affiche suédoise

          

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                 Sous le signe du Scorpion - 1969 - Paolo & Vittorio Taviani

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*Affiches-cine * Cinetom *

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                ADIEU A UDERZO  "ASTERIX ET OBELIX"

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Triste nouvelle sur la planète culture. Le dessinateur d'une des BD les plus célèbres du monde s'est éteint à l'âge de 92 ans, ce mardi 24 mars 2020.

"Albert Uderzo est mort dans son sommeil à son domicile à Neuilly d'une crise cardiaque sans lien avec le coronavirus. Il était très fatigué depuis plusieurs semaines." C'est ainsi que le gendre d'Albert Uderzo, Bernard de Choisy, a annoncé son décès à l'AFP. L'un des pères d'Astérix s'est éteint dans la nuit du 23 au 24 mars 2020 à 92 ans. L'homme avait créé en 1959 avec René Goscinny la bande dessinée "Astérix et le Gaulois", publiée pour la première fois dans le premier numéro du journal Pilote. En 1977, alors que René Goscinny décède, Albert Uderzo poursuit seul la série jusqu'en 2011, où il choisit Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, pour prendre la relève.

Le Monde, qui a publié un long article racontant l'histoire d'Uderzo explique que l'homme "préférait Obélix à Astérix" : "D'abord parce qu'il créa de lui-même le livreur de menhirs, sans René Goscinny, en 1959, quand fut lancée la série dans les pages du magazine Pilote. Ensuite parce que, sans jamais oser se l'avouer à lui-même, Obélix, c'était un peu lui." L'homme très attaché à ce travail d'une vie, avait arrêté de dessiner il y a quelques années déjà.

"Faire une simple dédicace lui était devenu impossible" indique Le Monde. L'auteur avait déclaré : "Je n'ai plus du tout la main. Ça me travaille et me chagrine. Je me rends compte du plaisir que cela me procurait de terminer un travail. Je ne dis pas que ce que je faisais était merveilleux. Mais j'avais la satisfaction de progresser. Et cela me suffisait."

 

 

 

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