WILLIAM WYLER         1902  -1972

           Cinéaste, Producteur Américain

 

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William Wyler est né à Mulhouse le 1er juillet 1902. Second fils de parents juifs suisses-allemands, le futur cinéaste grandit en Alsace et en Suisse avant de faire ses études à Paris lesquelles seront perturbées par la guerre. Il aura la chance de rencontrer un jour le cousin de sa mère, Carl Laemmle, qui lui proposera de travailler chez Universal.

Il est embauché comme agent publicitaire pour la compagnie Universal en 1919 à New York, puis vient à Hollywood, dans un premier temps comme stagiaire et figurant puis en tant qu'assistant-réalisateur accompli dès 1925. Il est l'un de ceux qui s'activeront cette année-là lors du tournage des grandes scènes de foule de "Ben-Hur à la MGM. Dès l'âge de vingt-quatre ans, Wyler réalise de nombreux petits westerns en deux bobines. Son premier western "Crook Buster" soit deux bobines correspond à la trentaine de petits westerns de complément de programme de deux ou trois bobines. Wyler a dit à ce sujet : "Quand je suis rentré chez Universal, c'était comme une école pour cinéastes. Si vous aviez envie de réaliser, on vous confiait les plus petits films, les moins chers aussi, pour vous faire les dents : des westerns de deux bobines..."

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Vers la fin de 1927, Wyler réalise des westerns de cinq bobines. En 1928, il se taille un succès honorable avec une première comédie muette, "Anybody Here Seen Kelly?" interprétée par Bessie Love. Pour lui l'avènement du parlant est une bonne chose. Ce n'est qu'en 1929 qu'il s'imposera véritablement avec "Les Héros de l'enfer" (Hell's Heroes). Notons que ce mélodrame sentimental, où l'on voit trois rudes cow-boys adopter un nouveau-né recueilli dans le désert, connaîtra plusieurs versions, dont un chef-d'oeuvre de John Ford : "Le Fils du désert". Les critiques sont impressionnés par l'emploi très original du son dans ce film. Il se félicite de pouvoir changer radicalement de genre et de se frotter aux grands acteurs. Il dirigera John Barrymore, exceptionnel dans "Le Grand avocat" (Counsello At Law,1933), adapté de la pièce d'Elmer Rice, et se montrera plutôt à l'aise avec les femmes.

En 1934, Constance Cummings est à la tête d'affiche de "Glamour". La plus jeune actrice de Universal, Margaret Sullavan, tient le premier rôle de "La Bonne fée" (The Good Fairy), Wyler l'épouse cette même année, elle avait divorcé de Henry Fonda en 1933. Le scénario de cette comédie romanesque, bien tourné quoique un peu sentimental était signé Preston Sturges. C'est le film le plus affirmé de Wyler à ses débuts, et le dernier qu'il tourne pour Universal. Le cinéaste a déjà fait le tour des possibilités de ce studio en difficulté, peu enclin à prendre des risques. Il cherche des occasions plus prestigieuses. Et les trouve chez Sam Goldwyn, le plus grand producteur indépendant de Hollywood, qui l'engage pour porter à l'écran le succès théâtral de Lilian Hellman "Ils étaient trois" (These Three,1935). C'est le point de départ d'une collaboration de sept années, orageuse mais féconde, au cours de laquelle Wyler se hisse en première ligne auprès du producteur. William Wyler, en 1962, en signa une nouvelle adaptation, "La Rumeur" (The Chidren's hour) avec, cette fois, le lesbianisme comme origine du scandale. Shirley MacLaine y était Martha, Audrey Hepburn, Karen, James Garner, Jo et Miriam Hopkins...Lily. 

Autre adaptation littéraire "Dodsworth", ces deux adaptations  d'une élégance et d'une fluidité rares, qui ne tombent jamais dans la théâtralité et la pédanterie livresque. "Ils étaient trois" met en scène deux enseignantes accusées de relations homosexuelles par une élève hystérique et vindicative; adapté du roman de Sinclair Lewis, "Dodsworth" est une chronique amère de la crise intime vécue par un couple d'Américains d'un certain âge pendant un voyage en Europe. Ces deux films marquent la consécration du cinéaste comme directeur d'acteurs. A côté de professionnels chevronnés comme Miriam Hopkins et Walter Huston, Merle Oberon est excellente dans "Ils étaient trois". Ruth Chattertonn dont la carrière est à son déclin, effectue un retour remarqué dans "Dodsworth" où elle réussit une composition magistrale dans le rôle difficile et ingrat d'une femme vieillissante.

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Au cours des années suivantes, Wyler, toujours avec Gregg Toland et Samuel Goldwyn, va parvenir à une parfaite maîtrise de son style. On retrouve la même perfection, parfois un peu appliquée, dans le sombre réalisme urbain de "Rue sans issue" (Dead End,1937), dans le romantisme du bon ton des "Hauts de Hurlevent" (Wuthering Heights,1939) -(d'après le célèbre roman d'Emily Brontë) et dans l'oppressante atmosphère de "La Vipère" (The Little Foxes,1941) : des oeuvres soignées, d'une impeccable qualité, mais qui pèchent aussi par un certain académisme et auxquelles on pourrait souhaiter plus d'imagination et de liberté créatrices. Wyler s'impose bientôt comme l'un des réalisateurs les plus distingués d'Hollywood, perfectionniste et despote qui exige énormément  de ses acteurs.

Bette Davis en fait son réalisateur préféré. Ils feront trois films ensemble entre 1938 et 1941, tous adaptés de pièces à succès, dans lesquels l'actrice trouve les plus beaux rôles de son début de carrière. Par trois fois, elle est candidate à l'Oscar, qu'elle remporte pour "L'Insoumise" (Jezebel,1938); incontestablement, Bette Davis doit beaucoup à William Wyler. Elle incarne superbement une perfide beauté sudiste pour "Jezebel". Elle est exécrable dans "La Lettre" (The Letter,1940), piètre adaptation d'une pièce de Somerset Maugham dont l'action se situe en Malaisie.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Wyler souscrira aux exigences de la propagande en exaltant le courage de la Grande-Bretagne face à la menace allemande : film de circonstance sentimental et mélodramatique, "Madame Miniver" (Mrs. Miniver,1942)  avec Greer Garson et Walter Pidgeon. Le cinéaste sera récompensé par l'Oscar du meilleur réalisateur. Ce savoureux morceau de propagande pro-anglaise, montrant comment une famille modeste "type" parvient à se tirer d'affaire malgré les privations de la guerre, est un franc succès pour Wyler. Stationné en Angleterre en 1943, il se retrouve à la tête d'une équipe chargée de filmer les combats aériens. Il réalise deux documentaires dont "Memphis Belle" (The Memphis Belle,1944) participant pour cela à des missions en vol dangereux. Il sera considéré comme l'un des meilleurs documentaires officiels américains tournés pendant la guerre. Fortement influencé par ce qu'il vient de vivre à la guerre. Wyler fait un dernier film pour Goldwyn, décidé à montrer au public les réalités du monde contemporain. Il trouve son sujet chez MacKinlay Kantor, dans "Glory For Us", qui évoque la difficile réadaptation à la vie civile de trois anciens soldats. A l'écran, cela devient "Les plus belles années de notre vie" (The Best Years Of Our Lives,1946), film intelligemment réalisé dont on garde en mémoire les épisodes interprétés par un vrai soldat, Harold Russell, revenu de la guerre les deux mains arrachées par une explosion. Les Oscars pleuvent : William Wyler, le scénariste Robert Sherwood et les interprètes, Fredric March et Harold Russell. Côté box-office, c'est le plus beau succès commercial des années 40.

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Après avoir honoré son contrat chez Goldwyn, Wyler se joint à Frank Capra et George Stevens qui ont entrepris de  monter leur propre maison de production indépendante, Liberty Films. En raison de difficultés financières, la firme sera rachetée par Paramount, où Wyler réalisera ses films suivants, de 1949 à 1955. Là encore, c'est le triomphe assuré grâce aux brillantes performances de deux actrices lauréates de l'Oscar, Olivia de Havilland dans "L'Héritière" (The Heiress,1949) d'après Henry James et Audrey Hepburn dans "Vacances romaines" (Roman Holiday,1953). Mais Wyler, au faite de la gloire, va se soumettre de plus en plus aux exigences commerciales, témoin ses très hollyoodiennes "Vacances romaines", fort appréciées du public et qui vont lancer Audrey Hepburn. Quant à Humphrey Bogart qui avait débuté sa carrière de mauvais garçon du cinéma américain avec "Rue sans issue" de Wyler, le retrouva en 1955 dans "La Maison des otages" (The Desperate House) son avant dernier film, devait clôturer cette mémorable galerie de personnages par un ultime rôle de gangsters amer et vieillissant.  

Le cinéaste continue à passer du sujet contemporain au thriller dramatique comme "Histoire de détective" (Detective Story,1951). Il manque aussi du souffle épique nécessaire pour réussir des westerns ambitieux comme "La Loi du Seigneur" (Friendly Persuasion,1956) avec Gary Cooper et Anthony Perkins et "Les Grands espaces" (The Big Country,1958) avec Gregory Peck ou encore des super-productions spectaculaires comme "Ben-Hur", dont les meilleurs moments sont dus à Andrew Marton. La version de Wyler bénéficia de la technique particulière de la Panavision et du format peu usité du 65mm. La célèbre course de chars, à elle seule, exigea trois mois de tournage et fut dirigée par deux spécialistes des séquences d'action : Andrew Marton et Yakima Canutt. Ce film aux onze Oscars est le dernier moment de gloire de son réalisateur même si, en 1965, il obtient encore une neuvième nomination pour "L'Obsédé" (The Collector) avec Terence Stamp, à laquelle vient s'ajouter l'Irving Thalberg Award. Wyler va agréablement surprendre les critiques avec cette oeuvre moderne et originale, "L'Obsédé", les obligeant ainsi à réviser des jugements hâtifs. Barbara Streisand lui doit son premier Oscar, pour "Funny Girl" (1968) - l'unique musical du cinéaste. Wyler se retire après un dernier film décevant "On n'achète pas le silence" (The Liberation Of L.B. Jones,1970).

S'il est difficile de considérer Wyler comme un authentique créateur, il n'en reste pas moins l'un des plus remarquables représentants du système hollywoodien. Au total, ses films ont rapporté par moins de 27 Oscars à ses interprètes et à ses techniciens dans les domaines les plus divers, sans oublier la Palme d'or du Festival de Cannes avec "La Loi du Seigneur". William Wyler décède à Los Angeles le 27 juillet 1981 à l'âge de 79 ans. 

 

                              La Tourmente - 1930         

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                   Le Grand avocat - 1933 

          

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                                L'Insoumise - 1938        

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                       L'Héritière - 1949     

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                         Les Grands espaces - 1958 - 

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                                La Rumeur - 1961 -

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                                  L'Obsédé - 1965 -         

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