JEAN-PIERRE AUMONT                    1911  - 2001

         Comédien Français

 

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Celui qui fût un jeune premier du cinéma français des années 30, celui qui, par la blondeur de ses cheveux et l'éclat de son sourire, incarna une radieuse juvénilité est né Jean-Pierre Salomons, le 5 janvier 1911, à Paris, dans une famille de comédiens. George Berr, son oncle, n'était-il pas sociétaire de la Comédie-Française et vaudevilliste à la plume habile?

Le laitier de "Drôle de drame" fut, un jeune premier des années 30 à 50; dans le genre sportif et convaincant. Un amant pour qui la vie est plus drôle que triste. Des Etats-Unis à François Truffaut, il n'a pas cessé de bien vieillir.

Jean-Pierre Aumont a vécu une existence personnelle et professionnelle à ce point remplie qu'elle désarme toute approche critique : avec élégance et la légèreté d'une personnage de Giraudoux - qu'il n'a interprété qu'en anglais -, cet homme de goût et de séduction, de charme et de culture a traversé un demi-siècle de spectacle et connu la gloire transatlantique, si rare pour un Français. Et les plus belles femmes du monde l'ont accompagné.

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Qu'il n'ait pas disposé des moyens dramatiques d'un Laurence Olivier ou d'un James Stewart ne change rien à l'affaire : Aumont a triomphé à Paris comme à New York, à Londres comme à Hollywood, entrant dans le légende sinon le mythe. C'est beaucoup. Il a reçu en plus un don de plume certain donnant avec "Le Soleil ou les ombres" (1976) une autobiographie très personnelle et très écrite, baignée de cette lumière d'optimisme et de joie de vivre qui semble l'avoir accompagné de tout temps. Jean-Pierre Salomons est élevé avec amour par des parents éclairés et d'autant plus réceptifs à son goût du théâtre que le grand oncle George Berr avait été un sociétaire en vue de la Comédie-Française, (comme indiqué ci-dessus), et un auteur dramatique très joué. 

Petits rôles, tournées modestes, attentes déçues malgré les encouragements un peu lointain de Louis Jouvet. C'est de ce dernier pourtant que vient la lumière en 1934 : il met en scène "La Machine infernale" de Cocteau, Aumont joie Oedipe, imposé par l'auteur. Et Marc Allégret le choisit pour le premier rôle du "Lac aux dames", tourné au Tyrol, et où le physique avantageux du jeune homme - il interprète un maître-nageur - commence de faire battre les coeurs dont celui de Simone Simon avec qui il formera un couple de cinéma.

La chance lui vient, elle ne le quittera plus. Jean-Pierre Aumont fait valoir un entrain, un sourire à défaut d'une conviction profonde. On le voit dans le drame ouvrier de Victor Trivas "Dans les rues" (1933), en jeune homme de bonne famille dans "Le Voleur" (1933) de Maurice Tourneur, en soupirant de "Maria Chapdelaine" (1934) de Duvivier, en aviateur de charme dans "L'Equipage" (1935) ou en marin rival de son père dans "La Porte du large" (1936) de Marcel L'Herbier, mais aussi timide professeur de piano dans "Les Yeux noirs" (1935) de Victor Toujansky, éperdu d'amour pour "Maman Colibri" (1937) de Jean Dréville, chanteur des rues dans "Belle étoile" (1938) de Jacques de Baroncelli et bagnard au crâne rasé dans "Chéri-Bibi" (1938) de Léon Mathot.

En 1937, "Drôle de drame" de Marcel Carné et Jacques Prévert. Il n'y est pas le plus éblouissant dans le rôle de Billy le laitier, un peu niais. Mais il a l'esprit d'écrire dans ses Mémoires : "Le chef de la publicité avait eu l'idée de décorer la façade du Colisée où passait "Drôle de drame" avec des photos de nos articles de presse. Pour moi, il avait choisi ces lignes : "Miracle des miracles, Jean-Pierre Aumont est à peu près possible!" Carné ne lui en veut pas, qui le redemande l'année d'après pour "Hôtel du Nord". Il y tient certes le premier rôle, en amant un peu résigné d'Annabella, mais, comme dans "Drôle de drame", les comparses, Arletty et Louis Jouvet, raflent la mise. On l'apprécie davantage dans "Le Déserteur" (1939) de Léonide Moguy, lui qui, début 1941, débarque à New York où à peine arrivé et maîtrisant encore mal l'anglais, il joue en tournée une nouvelle pièce d'un autre Français émigré, Henry Bernstein, Go west, young man ! Le voici à Hollywood, accueilli à bras ouverts par la colonie française menée par Charles Boyer. Le conte de fées continue, Aumont signe un contrat de sept ans avec la Metro Goldwyn Mayer. Premier film américain, "Assignment in Brittany" (1943), un film sur la Résistance française de Jack Conway. L'acteur tout à coup ressent un frisson patriotique, il se sent lâche d'être si agréablement planqué à Hollywood et s'engage dans les Forces françaises libres. Un dernier film à la gloire des gaullistes "The Cross of Lorraine" de Tay Garnett, avec Gene Kelly - et le voici en route vers l'Europe à bord d'un "Liberty ship" qui franchit l'Atlantique en trois semaines. A bord avec lui, un Anglais, Peter Ustinov. Gibraltar-Alger au sein de la première division française libre. Débarquement en Sicile, remontée vers Rome qu'il libère le 6 juin 1944. Puis, Paris, Lyon, Strasbourg. Conduite irréprochable : l'officier de liaison Jean-Pierre Aumont est décoré de la Légion d'honneur à titre militaire.

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Retour à Hollywood, pour retrouver son épouse, la somptueuse Maria Montez. Et il reprend sa carrière, avec un remake de "Battement de coeur", "Heartbreak" (1946) de Sam Wood qui est loin de valoir l'original. La suite ne sera guère plus brillante, et rompant avec la MGM, Jean-Pierre Aumont se met à écrire pour le théâtre, Marcel Herrand monte son "Empereur de Chine" en 1947, à Paris, Philip Barry à New York : succès ici, échec là-bas. D'autres pièces suivront. Et comme il n'a peur de rien, il accepte de chanter et danser à Broadway dans une adaptation musicale de "Tovaritch", la pièce de Jacques Deval. Partenaire : Vivien Leigh en personne. Et d'autres shows, d'autres spectacles à travers le pays. Son passage aux Etats-Unis amorce un tournant dans sa carrière et, dès la fin de la guerre, il fréquente les studios hollywoodiens où il campe notamment un Rimsky Korsalow inattendu dans le très plaisant "Shéhérazade" (The Song of Shéhérazade,1946) de Walter Kapps. Avant la guerre, il avait été l'époux de Blanche Montel; il épousa ensuite l'actrice Maria Montez, morte accidentellement, puis Marisa Pavan. Sa fille Tina Aumont, comédienne disparue prématurément.

En France, on l'aperçoit au cinéma dans "Vacances portugaises" (1964) de Pierre Kast. En 1969, Sydney Pollack lui offre l'un de ses deux meilleurs rôles de sa carrière, celui d'un châtelain des Ardennes pris dans la Seconde Guerre mondiale dans "Un Château en enfer" (Castle Keep); aux côtés de Burt Lancaster en colonel américain brutal, Aumont dans la force de l'âge impressionne pour la première fois par sa détermination, sa force de caractère. Quatre ans plus tard, François Truffaut lui fait présent du personnage magnifique d'Alexandre de "La Nuit américaine", un acteur vieillissant retrouvant une ancienne vedette déchue. Jean-Pierre Aumont, qui a mesuré l'importance de l'occasion, donne à son personnage l'humanité tragique de celui qui a tout compris des êtres, et que la mort vient faucher. Cette seule fois ? - l'acteur est profondément émouvant.

Il chantera encore "Lili" aux Etats-Unis, séduit Michèle Morgan pour Claude Lelouch dans "Le Chat et la souris" (1975), épouse avec finesse l'univers de Marguerite Duras "Des Journées entières dans les arbres", au théâtre puis au cinéma, avec Madeleine Renaud, paraît chez Boisset, Chabrol, Ivory. Avec les années, il s'était rangé. Mais les femmes, dans la rue, lui lançaient toujours des sourires. En 1994, il donna la réplique à Mylène Farmer dans "Giorgino" de Laurent Boutonnat et donne une dernière parenthèse cinématographique aux côtés de Jeanne Moreau dans "La Proprétaire" en 1996. Jean-Pierre Aumont décède d'une crise cardiaque, le 30 janvier 2001 à l'âge de 90 ans à Gassin dans le Var.

 

 

                *Extraits Noir & Blanc de Olivier Barrot & Raymond Chirat Editions Flammarion

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 "Lac aux dames" de Marc Allégret

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DRÔLE DE DRAME Bande Annonce VF 1937 HD

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               La Passe dangereuse - 1957 - Ronald Neame

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              Le Général ennemi - 1961 - George Sherman

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                          Le Couteau de la plaie - 1961 - Anatole Litvak

 

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Un château en enfer - 1968 - Sydney Pollack

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La Nuit Américaine - B.A - François Truffaut / Jacqueline Bisset

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