DÉCÈS DE LA CINÉASTE ET PRODUCTRICE         

          AGNÈS VARDA                           1929 - 2019   

 

 

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Une grande dame du cinéma français vient de nous quitter, elle aura été l'initiatrice d'un nouveau mouvement que l'on nomma "La Nouvelle Vague. Je me souviens de ce premier film avec Philippe Noiret et Sylvia Monfort dans "La Pointe courte" diffusée au "Cinéma de minuit" il y a déjà un bon moment.

La réalisatrice s'est éteinte dans la nuit de jeudi à vendredi 29 mars 2019, à l'âge de 90 ans. Le monde de la culture rend hommage à l'une des plus célèbres cinéastes françaises. Elle était l'un des grands noms de la Nouvelle vague. La cinéaste Agnès Varda ("Cléo de 5 à 7", "Les glaneurs et la glaneuse", "Visages, villages"...) est décédée à l'âge de 90 ans, a annoncé son entourage à l'AFP vendredi 29 mars. "La réalisatrice et artiste Agnès Varda est décédée chez elle dans la nuit du jeudi des suites d'un cancer. Sa famille et ses proches l'entouraient", annoncent-ils dans un communiqué. 

 "Elle est décédée cette nuit", confirme Cécilia Rose de Tamaris productions, productrice de ses films depuis 17 ans. "Elle devait inaugurer ce soir une exposition à Chaumont-sur-Loire qui s'ouvrira donc sans elle". La coupe au bol la plus célèbre du cinéma français était une réalisatrice internalement reconnue et l'une des rares réalisatrices de la Nouvelle vague. Femme de convictions ayant bâti une œuvre originale, souvent pionnière, à la frontière entre documentaire et fiction, Agnès Varda était l'auteur de "Cléo de 5 à 7" (1962), "Sans toit ni loi" (1985), "Les glaneurs et la glaneuse" (2000), "Les plages d'Agnès" (2009) ou encore "Visages, villages" (2017). Son dernier documentaire, "Varda par Agnès", avait été présenté en février au Festival du film de Berlin et diffusé récemment sur Arte. Agnès Varda était l'épouse d'un autre monument du cinéma, le réalisateur Jacques Demy. 

Le monde du cinéma en deuil, réagit Claude Lelouch auprès de l'AFP. Pendant 90 ans elle accompagné l'histoire du cinéma. Elle a été très en avance sur tout le monde, elle a été la première à faire des films qui ont influencé la Nouvelle vague. Les gens du cinéma peuvent être tristes. Je l'ai souvent côtoyée, j'allais voir ses films, elle les miens, nous avions une relation amicale formidable. C'est la première femme metteur en scène du cinéma. Elle a fait de ce métier un métier aussi important pour les femmes que les hommes. Elle a toujours été dans les bons combats."

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Agnès Varda est née le 30 mai 1928 à Ixelles en Belgique, d'un père grec et d'une mère française. La guerre fut le déclencheur du désir des ses parents de fuir la Belgique afin de pouvoir élevée leur enfant à Sète, puis à Paris, elle devient photographe officielle du TNP (Théâtre National Populaire) après avoir étudié aux Beaux-Arts. Sans avoir bénéficié d'aucune formation, Agnès Varda réalise en 1954 son premier film "La Pointe courte", qui bouleverse les régles traditionnelles d'écriture cinématographique et les règles économiques, puisque réalisé pour sept millions de francs.

Agnès Varda accepte par la suite de tourner un film commander par le Ministre du tourisme : "O Saisons, O Châteaux", après ce court-métrage réussi de 1957, elle enchaîne l'année suivante avec "Du côté de la côte",  commandé par l'Office National du Tourisme. Ainsi se posa la question, la réalisatrice : "Pourquoi, les gens vont-ils sur la Côté d'Azur plutôt qu'ailleurs? Ce n'est pas gratuit" (in les Cahiers du Cinéma no 165, avril 1965), elle révèla également que ce court métrage lui avait fait prendre conscience d'une attirance pour les jeux d'images et de mots pour les commentaires acrobatiques facilitant le montage (In Varda par Agnès). Jeux et commentaires qui au fil des ans allaient forger le style de la cinéaste; Agnès Varda réalisa en 16mm, "Opéra Mouffe" le carnet de notes d'une jeune femme enceinte (elle-même), dans le contexte social du quartier Mouffetard, Braunberger qui venait de produire "A bout de souffle" et "Lola", lui propose de mettre en chantier un film dont le budget ne dépasserait pas cinquante millions de Francs. Renonçant à son projet, "La Mélangite", elle tourne "Cléo de 5 à 7" (1961), portrait d'une femme, sur une musique du regretté Michel Legrand. Agnès Varda avait divisé son film en 13 chapitres, avec des sous-titres qui précisent la tranche horaire. En réalité le film devait s'intituler "Cléo de 17 à 18h30, car la caméra ne quitte pas la jeune chanteuse pendant ces deux repères horaires. L'expérience du temps réel correspondant à un trajet authentique. Ce filmobtiendra le Prix Méliès. Invitée à Cuba pour une Festival de Cinéma, Agnès Varda rapporte de son voyage 4000 photos. Elle en retient 1500 qu'elle monte pendant six mois, dès son retour à Paris. Ce sera "Salut les Cubains" (1963). 

Suivront deux longs métrages : "Le Bonheur" (1965). Ce deuxième long métrage réalisé par Agnès Varda et le premier en couleurs. Pour interpréter les rôles de ce couple et de ses enfants heureux de vivre ensemble, la réalisatrice a choisi le comédien Jean-Claude Drouot (Thierry la Fronde) accompagné de sa propre femme, Claire, et des ses deux enfants. Le suivant "Les Créatures" (1966) a été tourné en l'île de Noirmoutier avec Catherine Deneuve et  Michel Piccoli. En 1967, Agnès Varda part aux Etats-Unis, à San Francisco, à l'occasion d'un hommage rendu au couple Varda/Demy. Elle rencontre un parent, peintre naïf et reste là-bas pour réaliser un film sur lui : "Uncle Yanco" (1968). Toute l'histoire de ce film a commencé en 1967, alors qu'Agnès Varsa était allée présenter son film "Les Créatures" au Festival de San Francisco, et lors d'une rencontre avec un militant d'extrême gauche, elle rencontre un cousin de son père Eugène Varda, Yanco. Elle déclara "J'ai eu un tel béguin pour c te type à la seconde même, c'était pour moi comme un père idéal, qu'il fallait que je le filme" (in "Cinéma", no 214, avril-mai 1992). 

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Aidée par des étudiants qui soutenaient le mouvement noir d'extrême gauche, elle réalise ensuite "Black Panthers" (1968). Un projet de long métrage, "Peace and Love", s'éffronde. En remplacement, Agnès Varda réalise "Lions Love". De retour à Paris, elle tourne, pour la TV, un film sur le putsch des Colonels en Grècen d'après un sujet déposé deux ans plus tôt. Le film ne sera jamais diffusé. De nombreux projets n'aboutissent pas : "Christmas Carol", "Hélène au miroir", "Viveca la sage", "Mon corps est à moi". Après la naissance de son fils Matthieu, ne pouvant s'éloigner de chez elle, la réalisatrice filme les habitants et commerçants de sa rue "Daguerréotypes" (1975). Mettant en pratique son plaisir de "filmer des vrais gens", elle aura recours plusieurs fois au couple de boulangers...Puis obtient l'avance sur recettes pour "L'une chante, l'autre pas" (1977). Après plusieurs courts métrages passionnants, Agnès Varda tourna "Sans toi ni loi" (1985), qui lui vaut le Lion d'Or au Festival de Venise et pour lequel Sandrine Bonnaire remportera le César de la Meilleure Actrice en 1986. Il faut également souligner sa prestation exceptionnelle avec le tournage de "Documenteur" (1981) lequel commence là ou "Mur, Murs" finit, en face du mural à l'autoroute démolie. Mais aussi "Ulysse" (1982), tourné en septembre-octobre 1982 à Paris et présenté à Cannes 1983 "Un certain regard". Il a obtenu le César du meilleur documentaire de court métrage 1984.

"Jane B. par Agnès V." (1987) a été présenté, ainsi que le second volet, "Kung fu Master", au 38 ème Festival de Berlin, dans le cadre de la compétition officielle. Le film assurait également l'ouverture du Festival International du Film de Femmes de Créteil 1988. Trois ans plus tard, on retiendra "Jacquot de Nantes", pure évocation d'une vocation, réalisée par celle qui partagea la vie de Jacques Demy de 1958 jusqu'à sa mort en octobre 1990, reste une fidèle transcription des souvenirs confiés par le cinéaste lui-même, qui ne voulut cependant pas intervenir dans le projet autrement que par quelques plans de lui s'adressant au spectateur, tournés au domicile de la rue Daguerre, à Paris. Entre 2000 et 2002, "Les Glaneurs et la Glaneuse" est née de diverses émotions dont certaines liées à la précarité, au nouvel âge des petites caméras numériques et au désir de filmer ce que je vois de moi : mes mains qui vieillissent et mes cheveux qui blanchissent" Agnès Varda. Puis en 2002 avec "Deux ans après", ce moyen-métrage se présente comme la suite des "Glaneurs et la glaneuse". Il faut également souligner sa réalisation  "Les Cent et Une nuit de Simon Cinéma" en 1995, ou une pléiade de comédiens vont les uns après les autres donnaient le meilleur d'eux-mêmes. En 2008, elle revisite les plages des Flandres avec "Les Plages d'Agnès" avant un avant dernier film en 2017 "Visages, villages" pour clôturer sur "Varda par Agnès" en 2019. La réalisatrice s'est éteinte dans la nuit de jeudi à vendredi 29 mars 2019, à l'âge de 90 ans  

 

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Agnes Varda - Jacquot De Nantes

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