RAMON NOVARRO         1899 - 1968

          Acteur Américain 

 

 

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Acteur au charme viril, le Mexicain Ramon Novarro fut un des interprètes les plus demandés mais aussi les plus talentueux du cinéma muet. Il sut passer avec beaucoup d'aisance des histoires d'amour romantiques aux films d'action épiques. Présenté par la MGM comme le successeur de Rudolph Valentino, Ramon Novarro avait un sens de l'ironie trop aigu pour se prendre au sérieux en Grand Séducteur.

Ramon Novarro, de son vrai nom Ramon Samaniegos, vit le jour au Mexique le 6 février 1899. Son père, dentiste de son état, quitta le pays à l'époque de la révolution pour s'installer à Los Angeles en 1914.  Le jeune Ramon, doué pour le chant et la danse, exerça d'abord ses talents dans les cafés. En 1921, on le vit danser dans le film de Mack Sennett "L'Idole du village" (A Small Town Idol), et il tint un rôle modeste dans l'oeuvre de Rex Ingram "Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse" (The Four Horsemen of the Apocalypse), avec Rudolph Valentino. On vit Samaniegos dans les quatre films suivants d'Ingram. Ce dernier sut le convaincre de changer de nom afin d'améliorer son image de "latin lover", est, à partir de "Suprême Rendez-vous" (Trifling Women,1922), il fut connu sous le nom de Ramon Novarro. Puis il y eut le tournant constitué de "Scaramouche" (1923). Censée se dérouler à l'époque de la révolution, l'histoire offrait beaucoup d'occasions à Ramon Novarro de faire étalage de ses qualités athlétiques.

L'acteur se trouvait désormais sur le même plan que Rudolph Valentino, Novarro, certes, ne possédait pas le magnétisme de Valentino, mais il savait être plus dur, tout en étant extrêmement fragile. En outre, il pouvait camper une plus grande variété de personnages. Il fut insulaire des mers du Sud dans "Le Mirage du bonheur" (Where the Pavement Ends,1923) et dans "Chanson païenne" (The Pagan,1929); un petit voleur dans "The Red Lily" (1924); Américain bon teint dans "The Midshipman" (1925) et dans "L'Escadre volant" (The Flying Fleet,1929); un milord anglais dans "Un Certain jeune homme" (A Certain Young Man,1928).

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Dans "Ben-Hur" (1925), Novarro parvient à concentrer toute l'attention sur lui, qu'il s'agisse des séquences d'action ou des moments plus intimes. Tour à tour captivant et tendre, et habile et dynamique dans les "morceaux de bravoure". L'interprétation de Novarro fut un des facteurs du succès d'un des films les plus importants du muet. Le film de Fred Niblo obtint d'emblée un succès considérable et international. Une version abrégée accompagnée d'une bande musicale fut à nouveau distribuée en 1931, après la naissance du parlant.  

"Le Prince étudiant" (The Student Prince in old Heidelberg,1927) marqua un tournant dans la carrière de Novarro comme dans celle d'Ernst Lubitsch. Celui-ci sut donner au sujet une fraîcheur et une magie extraordinaire, résistant à la tentation, toujours forte chez lui, d'introduire dans le film une note mondaine et cynique. On affirme que Lubitsch était hostile au choix de Novarro et de Norma Shearer, mais la décision de la MGM de confier à ces deux comédiens les rôles principaux se révéla bonne. Le cinéaste commença le tournage en décembre 1926 aux studios de la MGM de Culver City. A la fin des années 20, il tourne plusieurs films avec la comédienne Renée Adoré, dont le dernier est "Call Of the Flesh" (1930), son premier film parlant.Ce fut la fin de la grande période de la carrière de Novarro. Il s'en tira assez bien lors de l'avènement du parlant, grâce à sa voix mélodieuse et ses dons de chanteur. Mais son style romantique ne tarda guère à paraître anachronique. De temps à autre, on le vit encore dans des films de qualité - "Aube" (Daybreak,1931) de Jacques Feyder et "Mata Hari" (1932) de George Fitzmaurice avec Greta Garbo et Lionel Barrymore. Novarro partit pout la France en 1939 pour jouer dans "La Comédie du bonheur" (1940) de Marcel L'Herbier. Il résida au Mexique, son pays natal, pendant la Seconde Guerre mondiale, et fit ensuite de rares apparitions à l'écran. L'acteur ira jusqu'à parodier son ancien personnage dans "La Fiancée du Cheik" (The Sheik Steps Out,1937).

Novarro vivait seul dans sa maison située sur les collines d'Hollywood, occupant ses journées entre la peinture, son hobby, et les ventes immobilières. La filmographie de Ramon Novarro se limite ensuite à des participations, surtout en scélérat décontracté dans "Ca commence à Vera Cruz" (The Big Steal,1949) de Don Siegel avec Robert Mitchum. Son dernier film fut "La Diablesse en collant rose" (Heller in Pink Tights,1960) de George Cukor, où il incarnait avec le charme particulier de l'homme las du monde, un patron malhonnête d'une petite ville de l'Ouest. Ramon Novarro fut assassiné dans sa maison par deux voleurs le 31 octobre 1968, la vérité est toute autre - Ramon Novarro avait recours aux services de prostitués masculins, il connaissait ses agresseurs pour avoir eu entre eux, des relations sexuelles. Ses tortionnaires pensant que celui-ci possédait dans sa belle demeure de Sunset Boulevard des liquidités, l'ont torturé, frappé et asphyxié jusqu'à ce que le comédien indique à quel endroit il avait caché son argent, plus précisément une certaine somme d'argent d'ou venait le malentendu.  Ils ne trouvèrent que vingt dollars, la maison de Ramon Novarro fut mise à sac, les deux assassins condamnés à la perpétuité. 

 

                                Le Prince étudiant -1927 - Ernst Lubitsch

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                        La Grande Bagarre - 1949 - Don Siegel

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__________________A suivre