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21 octobre 2017

ROBERT SIODMAK, PASSION FATALE

             ROBERT SIODMAK                    1900  - 1973

       Cinéaste, Scénariste, Producteur Autrichien nat

 

AA01RS3

 

Robert Siodmak est né le 8 août 1900 à Memphis dans le Tennessee aux Etats-Unis, de père autrichien d'origine israélite. Ses parents retournèrent en Allemagne au cours de sa première année, ils s'établirent à Leipzig en 1901, où naît, en 1902, son frère Curt, futur romancier, scénariste et réalisateur de films fantastiques.

Acteur, metteur en scène au théâtre et producteur d'une troupe théâtrale de 1919 à 1921. Quitte le théâtre et travaille dans une banque. En 1925, écrit des intertitres, en allemand, pour les films américains importés en Allemagne. Devient monteur, il persuada le producteur Seymour Nebenzahl de financer un film sur une idée de son frère (Curt, qui deviendra célèbre notamment avec son roman "Le Cerveau du Nabad"). Un jeune écrivain, Billy Wilder, collabora à la rédaction du scénario et c'est ainsi qu'en 1929, "Les Hommes, le dimanche" (Menschen am Sonntag), dirigé par Robert Siodmak et Edgar G. Ulmer, avec le concours de l'opérateur Eugen Schufftan assisté de Fred Zinnemann, apparut sur les écrans.

On y voyait un chauffeur de taxi, un commis voyageur, une vendeuse et un jeune mannequin passant leurs loisirs du dimanche dans un parc des faubourgs de Berlin. Au cours de cette innocente promenade se succèdent de menues intrigues amoureuses, des petits faits sans importance dignes d'un film de Lubitsch, le tout dans un décor qui rappelait par le contraste ville-campagne le film de Murnau : "L'Aurore". La référence explicite à ces deux grands metteurs en scène allemands n'est d'ailleurs pas surprenante si l'on songe qu'au milieu des années 20 ils faisaient déjà partie des "grands" de Hollywood; il était inévitable que les jeunes cinéastes germaniques les prissent pour modèles.

Après avoir vu le film, Erich Pommer, producteur en chef de l'UFA, engagea Robert Siodmak. Il connut son premier succès au sein de cette firme avec "L'Homme qui cherche son assassin" (Der Mann, der seinen Mörder suscht,1931), un film non dépourvu d'humour noir, racontant l'histoire d'un aspirant au suicide qui engage un tueur anonyme afin qu'il l' exécute, mais auquel il cherche par la suite à échapper. "Abschied" (1930) est le second film de Siodmak. Le cinéaste avait été séduit par trois éléments dans ce sujet d'un scénariste débutant : le décor unique de la pension, révélateur de tout un monde, l'histoire qui durait un temps correspondant à celui du film (une soirée de 19h à 20h10 environ) et, enfin, de grandes possibilités pour expérimenter le cinéma sonore et parlant naissant (tournage en son direct, bruits, chevauchements de conversations, musique jouée sur le plateau par un personnage de musicien en situation, interprétée par le compositeur de la musique de film !)

Dans le film suivant : "Autour d'une enquête" (Voruntersuchung,1931), dont la version française était dirigée par Henri Chomette, l'influence de Lang et des expressionnistes allemands est évidente. Une prostituée est assassinée et c'est le propre fils du magistrat chargé de l'enquête qui est soupçonné. La séquence de la découverte du crime est réalisée avec une exceptionnelle maîtrise : la caméra saisit tout d'abord, en premier plan, les pieds de la victime puis recule par la porte entrouverte, s'arrête un moment sur le palier et ensuite à chaque étage, tandis que la nouvelle du meurtre se répand parmi les locataires de l'immeuble. Le sentiment d'angoisse et de peur qui, tel un incendie, se propage dans toute la maison annonce l'atmosphère du "Maudit" qui sortira un mois plus tard. Après avoir réuni Charles Boyer et Florelle dans "Tumultes" (1932), en avril 1932, l'écrivain Joseph kessel salua le réalisme du film, où "l'imagination double le réel, où les personnages s'échappent de la toile pour rejoindre des êtres vivants".... 

Après la montée du national-socialisme, Siodmak, dans l'impossibilité de pouvoir travailler en Allemagne, se réfugia à Paris, où il retrouva Wilder et Schufftan. Son départ fut précipité par Goebbels qui avait attaqué le metteur en scène, l'accusant de "corrompre la famille allemande" pour avoir quelque peu insisté, dans "Brennendes Geheimnis" (1933), sur une mésentente conjugale. En 1934, le tournage du second film de Siodmak en France, après qu'il ai fui l'Allemagne nazie, eut lieu dans un contexte difficile : instabilité politique, manifestations sanglantes de février 1934, chômage, climat anti-étranger dans les milieux du spectacle, etc.   

L'atmosphère parisienne stimula le côté frivole de Robert Siodmak qui, en 1936, dirigea "La Vie parisienne", assez lourde version de la célèbre opérette d'Offenbach, une comédie : "Mister Flow" (1936) avec Louis Jouvet,  l'excellente réalisation de "Mollenard" (1938) avec Harry Baur. Mais c'est "Pièges" (1939) qui nous montre comment la police peut amener un vieil homme (Pierre Renoir) à s'accuser des crimes de Jack l'éventreur, qui demeure son meilleur film réalisé à cette époque.

L'Occupation de la France par les Allemands poussa Siodmak à émigrer. Il arriva à Hollywood bien après Fritz Lang, Billy Wilder et Ulmer. Il trouva du travail à l'Universal fondée par l'émigré allemand Carl Laemmle qui avait déjà accueilli nombre de ses compatriotes. Dans cette compagnie, dont le style des productions était fort proche de celui de l'UFA, Siodmak se trouva parfaitement à son aise. Entouré d'autres réfugiés allemands, il commença les prises de vues du "Fils de Dracula" (Son of Dracula,1943), suite du "Dracula" de 1931 interprété par Bela Lugosi, premier grand film d'horreur de l'Universal. 

Toutefois, c'est avec "Les Mains qui tuent" (Phantom Lady,1944) que Siodmak amorça le passage de l'expressionisme au style particulier du film noir hollywoodien des années 40. Construit sur une série d'absences" (un témoin en fuite, un chapeau disparu, une preuve anéantie), le film nous montre comment Kansas -secrétaire et maîtresse d'un homme accusé injsutement d'homicide, part à la recherche de la seule preuve qui pourra disculper l'être aimé, précisément cette femme-fantôme qui donne son titre original au film. "J'adore faire des films de gangsters" écrivait Robert Siodmak en 1959. "Mais je n'avais pas vraiment le choix quand je suis arrivé à Hollywood il y a de cela dix-huit ans parce que, à l'époque, le film policier était très en vogue...Comme toujours au royaume du cinéma, si cela marche avec un certain type de film, on vous demande d'en faire d'autres. Et il faut y aller!".

Le chef d'oeuvre de Siodmak est sans doite, "Deux mains, la nuit" (The Spiral Straircase,1945) qui offre toutes les qualités du film noir auxquelles s'ajoutent des éléments propres au cinéma d'horreur. Siodmak plonge le spectateur dans le monde silencieux d'une jeune sourde-muette de l'infirme rejoint celle des héros des anciens films d'épouvante contemporains du "Cabinet du Docteur Caligari" et de "Nosferatu, le vampire". La rencontre entre la psychologie du film noir et le nouveau souffle réaliste du cinéma américain situe l'oeuvre de Robert Siodmak dans une perspective aux limites mal définies; ce qui apparaît nettement dans "La Proie" (The Cry of the City,1948) aussi bien que dans "Pour toi, j'ai tué" (Criss Cross,1949), après une première esquisse dans "Les Tueurs" (The Killers,1946), d'après une nouvelle d'Hemingway. Celà fut un des plus grands succès au Box-Office, ce qui lui permet d'être candidat à l'Oscar de la Réalisation pour l'unique fois de sa carrière.

Avant de regagner l'Europe, Siodmak réalisa encore quelques films à Hollywood. "Le Corsaire rouge" (The Crimson Pirate, 1952), tourné en Angleterre et en Espagne et bien enlevé par Burt Lancaster, est un film d'aventures maritimes, spirituel et haut en couleur, aux antipodes ou presque du style hollywoodien de Siodmak. Ce fut aussi son dernier succès international. En fait, Siodmak tourne beaucoup lors de séjour à Hollywood, vingt-et-un films entre 1941 et 1951, pour la plupart des polars de qualité. ces années occupent le milieu de sa carrière, qui couvre plus de quatre décennies. 

Après une brève et décevante parenthèse parisienne, le cinéaste regagna l'Allemagne où il réalisa quelques oeuvres excellentes, bien que peu connues. "Les Rats" (Die Ratten,1955), auquel les ruines de Berlin servent de décor, est une allégorie de la société malade que le metteur en scène retrouve à son retour en Allemagne, "Les S.S. frappent la nuit" (Nachts wenn der Teufel kam,1957) conte au contraire dans un style délibérement réaliste l'histoire de Bruno Ludke qui, pendant la guerre, assassina quantre-vingt femmes. L'ombre du Maudit revenait, menaçante, sur l'horizon cinématographique. Après "L'Affaire Nina B" (1961), évocation réussie d'un fait divers qui secoua la République de Bonn (le film était dialogué par Roger Nimier), Siodmak se mit à tourner n'importe quoi, et la fin de sa carrière ne présente plus d'intêrêt, suivant une courbe exactement parallèle à celle de son compatriote William Dieterle. Robert Siodmak est mort d'une crise cardiaque le 10 mars 1973 dans un hôpital suisse, seul, ruiné et quasiment oublié.

 

                                                1943

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            AA01RS4

 

                                                      1944

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             AA01RS11 

                                             Les Tueurs - 1946

             
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                                              La Double enigme - 1946

               AA01RS14

                                                            1967                      

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