INGMAR BERGMAN         1918 - 2007

        Cinéaste, Scénariste et homme de théâtre Suédois    

        

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Ernst Ingmar Bergman est né le 14 juillet 1918 dans la ville universitaire suédoise d'Uppsala qui, comme il le confiera plus tard, lui a laissé des souvenirs si vivaces qu'ils constitueront les motifs récurrents de toute son oeuvre. Les cloches de la cathédrale, les meubles massifs de l'appartement de sa grand-mère qui dans "mon imagination se livraient à d'interminables conciliabules chuchotés", le store de sa chambre d'enfant qui semblait emprisonner, lorsqu'on l'abaissait, une horde d'ombres menaçantes n'ont jamais cessé de hanter son esprit. 

Selon Bergman, ses parents semblaient comme "à jamais enfermés dans le carcan du devoir" : sa mère tient scrupuleusement le ménage et son père étant pasteur luthérien, il est chapelain de la cour royale de Suède. le jeune Ingmar est vite confronté aux choses de la religion. Il reconnaîtra plus tard le rôle essentiel de ces souvenirs d'enfance dans l'inspiration de certaines de ses grandes oeuvres. L'éducation sévère qu'il reçoit provoque chez lui une dualité conflictuelle entre l'amour et l'aversion, entre la foi et le doute, déchirement qui constituera le fond même de son oeuvre cinématographique. "Quand on naît et quand  on a grandi dans un presbytère, déclare-t'il, on prend vite conscience de tout ce qu'il y a derrière la vie et la mort. Funérailles, mariages, baptêmes, conseils et sermons : telle était la vie de mon père. On est très top familiarisé avec le diable, et, comme tous les enfants, on éprouve le besoin de se le représenter physiquement. C'est à ce moment qu'entre en scène la lanterne magique : une petite boîte métallique, une lampe à acétylène (il me semble encore sentir l'odeur du métal chauffé), des plaques de verre coloré, le Petit Chaperon rouge, le loup et tous les autres. Et ce loup, bien évidemment c'est le dialogue, sans cornes mais avec une queue et une gueule rouge et béante, étrangement réel mais inaccessible, image du mal et de la tentation projetée sur le papier à fleurs des murs de ma chambre.

A dix ans, on lui offre une petit projecteur qui ne fait que renforcer sa passion pour les images : Ce petit cinéma un peu bancal fut ma première boîte de magicien. Étrange chose. Il ne s'agissait que d'un jouet mécanique où je voyais toujours les mêmes petits personnages répétant les mêmes gestes. Je me suis souvent demandé ce que je pouvais y trouver de si fascinant et pourquoi il continue encore à me fasciner autant. Cela me reprend soudain au studio ou dans la pénombre de la salle de montage, tandis que je regarde défiler les petites images sous mes yeux, la pellicule courir entre mes doigts... Le charme de ce joujou d'enfant et les émois qu'il provoque dans son jeune esprit font partie intégrante de l'oeuvre du cinéaste : souvent ses personnages marquent une pause dans leur introspection pour observer des drames inattendus, microcosme de leurs propres épreuves.

A l'université de Stockholm il consacre ses loisirs à la mise en scène théâtrale. De 1938 à 1944, il monte une vingtaine de pièces avant de devenir metteur en scène professionnel de théâtre. Bergman rencontre Carl-Anders Dymling, de la sociéte de production "Svensk Filmindustri" qui lui demande d'écrire un scénario pour Al Sjoberg : "Tourments" (Hets,1944). Le succès du film avait attiré l'attention sur le jeune directeur du Théâtre municipal d'Helsinborg. Malgré le manque d'envergure de la pièce, Ingmar Bergman accepta avec enthousiasme. Il reçut les encouragements amicaux du grand réalisateur Victor Sjöstrom, directeur des studios de Rasunda, où devaient se tourner de nombreux plans de son premier film,  sa première mise en scène cinématographique fut l'adaptation d'une pièce de Leck Fischer, "Crise" (Kris,1946), qui marque le début de la longue et prestigieuse carrière cinématographique. Les prises de vues commençèrent le 4 juillet 1944 et fut présenté pour la première fois à Stockholm, le 25 février 1946. Malgré quelques notes critiques plutôt indulgentes, le film fut un échec qui incita les responsables de la Svenk Filmindustri à prendre plus de distance avec le réalisateur débutant. Ils préfèrents différer le projet du "Voyage sentimental", qui devait servir plus tard de trame dramatique à "Jeux d'été" (Sommarlek,1950). Heureusement pour la carrière cinématographique d'Ingmar Bergman, le producteur indépendant Lorens Marmstedt lui fit confiance pour un second long métrage, "Il pleut sur notre amour" (Det Regnar pa var Kärlek,1946). le cinéaste se plaça délibérément sous l'influence du réalisme poétique des films de Carné-Prévert. Il déclara publiquement son admiration pour cet aspect du cinéma français. Après l'échec financier de "Il pleut sur notre amour", son producteur confia à Ingmar Bergman l'adaptation cinématographique de "Bateau pour les Indes" (Skepp till Indialand", pièce de l'écrivain finlandais de langue suédoise Martin Soderhjelm dont le titre au cinéma est "L'Eternel Mirage" (Skepp Till Indialand,1947)

Avant de s'être arraché à la férule familiale,en 1937, pour étudier la littérature et l'art à l'université de Stockholm, Bergman trouve dans le théâtre une consolation et une compensation à la perte de sa foi. Il obtient son premier succès public en 1940 avec la mise en scène de "Macbeth"; ensuite, il est pendant deux ans directeur adjoint du théâtre de l'école d'art dramatique de l'Académie royale, pour lequel il écrit et monte un certain nombre de pièces. Malgré les offres de la Svensk Filmindustri qui le conduisent à écrire des scénarios de films pour s'orienter vers la réalisation, il n'abandonne pas son activité théâtrale qu'il poursuivra parallèlement à sa carrière cinématographique. Ses premiers films témoignent d'une meilleure maîtrise des techniques de la scène que celles de l'écran mais, dès 1947, avec "Musique dans les ténèbres" (Musik i mörker,1948), dont il n'a pas signé le scénario, Bergman trouve son style proprement cinématographique et impose ses idées  tant au niveau du choix des acteurs que des thèmes. Il y affirme déjà sa conviction que la douleur et la souffrance font partie du dessein de Dieu. Avec "Prison" (Fängelse,1949) l'ironie agnostique prend un tour plus amer : "La vie n'est rien d'autre qu'un voyage cruel et dénué de sens de la naissance à la mort" fait-il dire à un de ses personnages, illustrant son propos désabusé par la suicide d'une jeune fille déçue.

L'Amertume cède pourtant bientôt le pas à l'espoir avec "Jeux d'été", très beau film élégiaque, délicat et complexe où la tendance à la solennité de Bergman se fait plus légère. Pour la danseuse, la scène sera l'exutoire à sa peine (l'homme qu'elle a aimé au cours d'un idyllique été vient de disparaître); elle reprendra goût à la vie en rencontrant un autre homme. Puissant dans sa propre expérience amoureuse, Bergman s'interroge également, et passionnément, à travers plusieurs films, sur l'amour et la destinée du couple : avec affection dans "Monika" (et le désir) (Somaren med Monika,1952) avec émotion dans "La nuit des forains" (Gycklarnas afton,1953) (film devenu célèbre pour une séquence qui sert d'aologue et qui contient les idées majeures du film : des images surexposées, proche de l'esthétique des films surréalistes des années 30 comme "L'Age d'or" montrent la femme clown Frost qui se baigne nue devant artilleurs hilares et provoque la mort spirituelle de son époux. Toute la philosophie des premiers films de Bergman est contenue dans cette séquence : cesser d'aimer, c'est mourir). 

"Ville portuaire" (Hamnstad,1948) est le cinquième long métrage d'Ingmar Bergman. Ses films ayant eu peu de succès, celui-ci, contrairement aux films précèdents, connut un succès que le cinéaste qualifia de relatif. C'était la condition exigée par les producteurs pour la suite d'une carrière cinématographique. Pour la sortie en France, le titre original, "Soif" fut remplacé par "La fontaine d'Aréthuse" (Törst,1949). Ce titre est une référence à la mythologie, prononcée par un des personnages : "Un océan de larmes sépare les hommes des femmes, comme la mer séparait le fleuve Alphée de la mymphe Aréthuse, changée en source".  "Vers la joie" (Till Glädje,1949), film qui marque une césure importante dans son oeuvre. En rupture avec le pessimisme fondamental de ses films précédents, Bergman innove en trouvant une solution d'espoir dans la pratique de l'art. 

En 1952, Bergman réalisa deux longs métrages : "L'Attente des femmes" (Kvinnors Vätan) (fut le premier grand succès commercial du cinéaste), sorti en Suède le 3 novembre 1952, et "Monika" sorti en Suède le 9 février 1953. Bien qu'elle ne figure pas au générique (pour répondre à une exigence de la Svensk Filmindustri), la journaliste Gun Grut, qu'Ingmar Bergman avait épousée en 1951, est à l'origine d'un scénario qui inaugure la période dite du "triomphe des femmes" : "Une Leçon d'amour" (En Lektion i Karlek,1954) avec humour, "Rêves de femmes" (Kvinnodröm,1955) et surtout "Sourires d'une nuit d'été" (Sommarnattens Leende,1955), avec une ironie élégante et superbe qui marque la fin de ce cycle.En 1956, ce film obtenait le Prix de l'humour poétique au Festival de Cannes.

Avec "Le Septième Sceau" (Det Spunde Inseglet,1956) et "Les Fraises sauvages" (Smultronstallet,1957), Bergman nous entraîne dans deux voyages à travers les terres désolées de l'inquiétude au terme desquels il trouvera pour un temps, une oasis de sérénité. Dans ces deux films la seule certitude est la mort; la seule sauvegarde, l'unité de la cellule familiale; la grande inconnue, le dessein final de Dieu, s'il existe. Le chevalier du "Septième Sceau", à la recherche d'un point d'ancrage dans le pays dévasté par la peste, prend conscience de la sorte de paix spirituelle trouvée par la famille de saltimbanques dont il partage le repas de fraises sauvages au cours d'un après-midi ensoleillé. A la faveur du voyage qu'il effectue dans la région où il a passé sa jeunesse, le vieux professeur des "Fraises sauvages" est assailli par les souvenirs tristes et heureux de cette époque, réalisant finalement, avec mélancolie, quel a été le sens de la vie.

"Au Seuil de la vie" (Nara Livet,1958) remporta le Prix de la mise en scène, ainsi qu'un Prix collectif d'interprétation féminine, au Festival de Cannes 1958. A noter que cette oeuvre est un film sur la vie, la naissance et la mort, mais aussi un film sur les femmes, où la présence masculine ne se manifeste que par un bref passage dans le décor de cette chambre d'hôpital. "L'Oeil du Diable" (Djavulens Oga,1960)  est le vingt-deuxième film réalisé par Ingmar Bergman qui a accepté de le faire en échange de la promesse de son producteur, de lui permettre de réaliser "La Source"(Jungfrunkällan,1959), l'argument du film s'inspire d'une courte ballade tirée d'une légende suédoise du XVI è siècle "La fille de Töre à Vange".  Citons les acteurs qui seront fidèles au cinéaste : Harriet  Anderson, Eva Dahlbeck, Maj-Britt Nilsson, Max von Sydow, Bibi Andersson, Ingrid Thulin et bien entendu le prodigieux cinéaste Victor Sjöström.

Avec "A travers le miroir" (Sasom I en Spiegel,1961), Bergman abandonne la brillante mise en scène de ses films précèdents. Il commence à mettre en application ce souhait maintes fois exprimé : faire tout un film à partir de l'exploration d'un visage. Il isole quelques personnages dans un décor désormais privilégié : l'île qui symbolise le huis clos en plein air. Abandonnant tout effet stylistique, la caméra n'enregistre que l'essentiel. A l'image d'une pensée qui, pour mieux progresser, remet en cause ses conclusions provisoires, les films de Bergman se répondent, s'enrichissent ou se nient. On se trouve en présence d'un tout qu'il est difficile d'aborder d'une manière non chronologique. "A travers le miroir" détruit le mythe d'un Dieu transcendant symbolisé par l'araignée hallucinatoire vue par une jeune femme au bord de la folie.  

Avec "Le Silence" (Tystnaden,1964), interrogation douloureuse sur l'impossibilité de communiquer entre les générations, les sexes et les nations, Bergman semble s'ouvrir sur le monde environnant. "Le Silence" marque la fin des interrogations métaphysiques, de ce "cinéma vertical" que commence à contester toute une nouvelle génération de cinéastes soucieux de libérer leur cinéma national de la trop forte personnalité de Bergman.Tout en s'isolant sur son île refuge de Farö, il semble plus concerné par les évènements politiques contemporains, y faisant d'ailleurs allusion dans ses films. Bergman résoudra sa crise personnelle en fuyant la Suède et les persécutions du fisc. 

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Le problème du rôle de l'artiste dans la société est l'un des thèmes chers à Ingmar Bergman. On peut en suivre l'évolution depuis le personnage de la malheureuse ballerine de "Jeux d'été" jusqu'à celui du funambule chômeur de "L'Oeuf du Serpent" (The Serpent's Egg,1977), avec des jalons particulièrement marquants comme "Toutes ses femmes" (För att inte tala om alla dessa kvinnor,1963) (Ce fut la première fois que Bergman utilisait la couleur) et "Le Rite" (Riten,1969) (Premier film tourné pour la télévision par Bergman, réalisé en 16mm, en noir et blanc; il a été présenté au Festival de Cannes 1969). Toutefois dans des films comme "Persona" (1966) (histoire d'une actrice de théâtre qui s'enferme dans le mutisme), "La Honte" (Skammen,1968) (qui met en scène des musiciens) et "Sonate d'Automne" (Herbst Sonate,1978) (centré sur une pianiste de concert), le débat sur l'art dans la société peut s'inscrire dans une problématique plus générale sur la pénible condition de l'individu dans un monde en pleine débâcle. C'est encore "Le Visage" qui nous apporte quelques éclaircissements à travers les propros désespérés de l'acteur : "Tout au long de ma vie je n'ai formulé qu'une prière : "Faites appel à moi, servez-vous de moi". Mais Dieu n'a jamais compris quel serviteur fort et dévoué j'aurais pu être, et je n'ai servi à rien.

Depuis 1945, Bergman tourne en moyenne un film par an : si l'on jugeait sur la seule quantité, cette production ne justifierait pas la célébrité qu'il s'est acquise aux côtés des plus grands maîtres de la pellicule, Hitchcock, Ford, Bunuel et Renoir, d'autant que cette oeuvre pléthorique se soucie bien peu de conquérir le grand public. Ainsi, même lorsque les contraintes de la production le poussent à utiliser des acteurs issus du système hollywoodien, Elliott Gould dans "Le Lien" (The Touch,1970). C'est la première fois qu'une compagnie de production américaine finance un film de Bergman, son trente-cinquième film et quatrième film en couleurs. Aux côtés de Gould, Bibi Andersson et Max von Sydow. Bergman tourna six épisodes de 50 minutes d'un film destiné en même temps à une chaîne de télévision et au circuit commercial : "Scènes de la vie conjugale" (Scener ur ett Aktenskap,1973). La version cinématographique est le condensé de ces six "moments" de la vie d'un couple. En exergue du film Bergman avait inscrit cette phrase : "J'ai écrit ce film en trois mois, je l'ai tourné en quatre mois...mais il m'a fallu une vie entière d'expérience, je vous demande de bien vouloir y consacrer une soirée de votre vie".

Ce sentiment d'impuissance nous ramène au film qui a peut-être fait le plus pour la célébrité de Bergman, "Le Septième Sceau" et resurgit avec force quelques années plus tard avec "Les Communiants" (Nattvardsgästerna,1962). La quête de Dieu ou d'un équivalent acceptable, obsède Bergman; avec la trilogie "A travers le miroir" (Säsom i en spegel,1960), "Les communiants" et "Le silence", il paraît avoir exorcisé cette hantise. Si Dieu s'obstine à garder le silence, dans le pire des cas sa recherche risque d'entraîner à la folie (dans "A travers le miroir", Harriet Andersson affirme qu'elle voit Dieu sous la forme d'une araignée géante), dans le meilleur des cas, elle sera vaine (le prêtre des "Communiants" ne parvient pas à empêcher le suicide d'un de ses paroissiens). Si l'on retrouve partiellement ces deux thèmes dans les films qui suivent cette trilogie, en particulier chez la femme agonisante de "Cris et Chuchotements" (Viskningar och rop,1972) et chez le prêtre découragé de "L'Oeuf du Serpent", à partir du "Silence", la recherche de bergman s'oriente dans une autre voie.

Dans  "L'Oeuf du Serpent", Bergman parvient a intégré des acteurs américains comme David Carradine et James Withmore, dans le monde qu'il a crée jusqu'à leur faire perdre tous caractères de vedette. Si l'on considère l'ensemble de sa carrière, force est de constater que Bergman semble tourner, depuis ses débuts, un seul et même film: chaque réalisation prolongeant celle qui a précédé et annonçant celle qui suit, constituant au fil des années une sorte de continuuù de songes et d'obsessions, d'aspirations très personnelles sinon autobiographiques, appuyé sur la personnalité d'un certain nombres d'acteurs et propice aux recherches plastiques. Une oeuvre d'instrospection aussi poussée n'est que rarement accessible ou captivante pour qui n'en est pas le principal interessé , mais le génie d'Ingmar Bergman est d'être parvenu à "dilater" le particulier jusqu'à la dimension de l'universel.

Grand maître de la narration et de la direction d'acteurs, Bergman parvient à rendre concrète son angoisse existentielle face aux problèmes que lui pose la société occidentale contemporaine et à la faire partager aux spectateurs. "Face à Face" (Face To Face,1976) a été présenté au Festival de Cannes de 1976, en sélection officielle mais hors compétition. Bergman aurait avoué que ce film avait été comme une thérapie, dans la mesure où il s'était entièrement identifié à son héroïne. Il considére ce film comme une forme d'introspection, le scénario gravite autour d'une tentative de suicide, est surtout une forme d'interrogation sur la vie, l'amour et la mort.

Depuis qu'il avait douze ans, la passion de Bergman pour "La Flûte enchantée" n'a fait que grandir, mais il a dû attendre 40 ans pour pouvoir réaliser sa "Flûte enchantée"(Trollflöjten,1975). Amoureux de cette île "Farö", Bergman y  acheta un terrain et y fit construire une maison. En 1969, il tourna un premier documentaire de 85 minutes sur Farö : "Mon île, Farö 1979". Le film achevé fut présenté à la télévision suédoise le 25 décembre 1979. Composé de différents tableaux et de fréquents retours en arrière tournés en noir et blanc, la couleur n'étant utilisée qu'au début et à la fin du film, "De la vie des marionnettes" (Aus dem leben der marionetten,1980) doit beaucoup au talent de Sven Nykvist, le directeur de la photographie. 

On aurait suggéré que "Fanny et Alexandre" (Fanny och Alexander,1982) était autobiographique, que c'était une fresque sur l'enfance de Bergman et qu'Alexandre, le petit héros de douze ans, c'était lui...Tourné à l'origine en 16mm pour les besoins de la télévision suédoise, "Après la répétition" (Efter Repetitionen,1984) a été présenté, hors compétition, dans la Sélection Officielle du Festival de Cannes 1984. Bergman rend le tout avec cette intensité diabolique dont il a le secret, mais sans jamais tomber dans le sordide ou le drame, parce que, comme "Fanny et Alexandre", "Après la répétition" est habité de cette merveilleuse harmonie que seuls les grands maîtres savent conférer à leur oeuvre. Le grand talent d'Ingmar Bergman c'est aussi par un simple jeu de contraste, de saisir et de rendre la dimension universelle de personnages pourtant bien ancrés dans un milieu spécifique.

"En présence d'un Clown" (Larmar och gör sig til,1997) a été tourné en vidéo pour la télévision suédoise, présenté au Festival de Cannes en 1998 dans la section "Un certain regard", diffusé à deux reprises sur Arte et France 3, le film était demeuré inédit, conformément aux voeux de son auteur. Ce fut l'un des derniers films d'Ingmar Bergman, qui tourna encore pour la télévision avec "Bildmakarna" (2000) et "Saraband" (2003) qui permit à Bergman de retrouver, trente ans après, les deux personnages de "Scènes de la vie conjugale". "Saraband" a été tourné en vidéo haute définition, il est dédié à Ingrid von Rosen, dernière femme de Bergman, morte en 1995 d'un cancer. L'âge de Johan (Erland Josephson) était celui de Bergman au moment du tournage et, on le sait, Liv Ullmann fut longtemps la compagne du maître suédois. Celui-ci cessera toute activité artistique. Ingmar Bergman meurt le 30 juillet 2007 à l'âge de 89 ans dans sa maison, sur l'île de Farö, la veille de sa mort, la France attristé apprenait la mort du grand comédien qu'était Michel Serrault...    

 

                                                       1957

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                                                       1960               

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                                                                  1961            

             

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                                                                  1963             

                 

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                                                                      1964                

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                                                                   1972

               

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                                                                   1973               

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                                                                   1975                

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                                                   1976

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                                                                  1982

                

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                                                                  2003               

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______________________Jane Marken