JUDY GARLAND                   1922 - 1969 

               Actrice, Chanteuse Américaine   

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Frances Gumm, plus connu sous le nom de Judy Garland, est né le 10 juin 1922 à Grand Rapids dans le Minnesota. Ses parents Frank et Ethel Gumm, avaient été acteurs de variétés avant de devenir exploitants d'une sallle de cinéma. C'est peut-être pour réaliser à travers ses enfants, ses ambitions déçuent que la mère de Judy organisa avec ses deux filles aînées un spectacle qui servait d'attraction entre les deux films au programme. Comme le veut la légende, Baby Gumm (c'est ainsi que l'on avait baptisé Frances), la plus jeune et la plus choyée des enfants) débuta à l'âge de trois ans, soulevant l'enthousiasme du public par son interprétation de "Jingle Bells".

A onze ans, Baby Gum changea de nom. Les deux soeurs, en effet, engagées par un spectacle de Chicago, se laissèrent convaincre par le présentateur George Jessel d'adopter le nom de Garland qui, selon lui, sonnait beaucoup mieux que Gumm. Un peu plus tard, Frances adopta le prénom de "Judy", emprunté à une chanson à succès de Hoagy Carmichael. Pour faire entrer ses filles dans le monde du cinéma, Me Gumm n'avait pas ménagé sa peine. Pourtant, en 1929, tout ce qu'elle avait pu obtenir, c'était de les voir apparaître dans un court métrage intitulé : "The Old Lady and the Shoe".

En 1934, cependant, Judy Garland avait été pourvue d'un agent, Al Rosen, et comptait un administrateur, au moins, au sein de la MGM, en la personne de Joseph L. Mankiewicz. L'un et l'autre réussirent à lui obtenir une audition. Judy fut parait-il convoquée séance tenante et il n'est pas douteux que cette invitation impromptue stimula la vivacité et la spontanéité de la petite fille. Elle frappa d'ailleurs à tel point Ida Koverman, l'influente secrétaire de Louis B. Mayer, et Jack Robbins, le talent-scout de la firme, qu'ils rappelèrent immédiatement le pianiste du studio, Roger Edens et Mayer lui-même, qui lui offrit un contrat sans lui faire le moindre bout d'essai, ce qui constitue un fait sans précèdent!.

Les jours de Judy à la MGM commencèrent sous de tristes auspices avec la mort soudaine de son père. En dépit de ce deuil, Judy qualifiera plus tard cette période de "perpétuel éclat de rire". Les lois sur le travail des mineurs imposant aux firmes qui les employaient de pourvoir à leur instruction, Judy rejoignit sur les bancs de classe Lana Turner, Jackie Cooper, Deanna Durbin et Freddie Bartholomew. Ses premières apparitions à l'écran remontent à cette époque; elle donna la réplique à Deanna Durbin dans le court métrage "Le Kiosque à musique" (Every Sunday,1936) et la même année, dans "Pigskin Parade" (1936), un musical ayant pour cadre un collège où trois chansons chantées par Judy Garland lui  valurent quelques critiques favorables.

La MGM n'avait pas de projets très précis pour elle. On doit à Roger Edens d'avoir mis sur pied le plan qui permit à la grande compagnie de réaliser enfin quelle mine d'or Judy pouvait représenter pour elle : pour la party que donna Clark Gable sur le plateau de "La vie privée du tribun" (Parnell,1937) à l'occasion de son trente-sixième anniversaire, Edens conçut une version spéciale de "You Made Le Love You"  confiant à Judy Garland le rôle d'une fidèle admiratrice écrivant à son idole, prétexte au délicieux monologue "Dear Mister Gable". Clark Gable fut profondément touché et la MGM inséra immédiatement ce numéro dans "Règne de la joie" (Broadway Mélody of 1938,1937) : Judy Garland était lancée!

Judy joua ensuite dans "Le Jockey rouge" (Thoroughbreds Don't Cry,1937) partageant la vedette avec Mickey Rooney (ils devinrent dès lors de très bons amis) puis dans "Listen Darling" (1938) avec Freddie Bartholomew. Dans "Tout le monde chante" (Everybody Sing,1937), elle apparut au côté de Fanny Brice, la grande vedette de Broadway.

Dans tous ces films, Judy Garland chantait et le public se laissait prendre par le charme de sa voix dont l'étendue la force et la maturité lui permettaient d'interpréter de grands morceaux du répertoire comme "My Man" de Fanny Brice. Toutefois, les directeurs musicaux de la MGM, où déjà Arthur Freed était d'un grand poids, préfèrent exploiter son humour et sa vivacité dans des chansons du genre "Swing, Mr. Mendelssohn" et "Zing Went the Strings of My Heart". Elle retrouva ensuite Mickey Rooney avec lequel elle tourna trois films de la série "Andy Hardy".

C'est d'ailleurs au cours de ces années que l'occasion lui fut offerte de s'affirmer définitivement et de lier son nom à une chanson qui deviendra, tout au long de sa carrière, son grand cheval de bataille : "Over the Rainbow". En 1900, la collection de livres pour enfants "Oz', "écrits par L. Frank, apparut sur le marché où elle fit rapidement partie des best-sellers. En 1925, le cinéma s'en empara, tournant une version muette de "The Wizzard of Oz" avec Larry Semon et Oliver Hardy. La MGM était disposée à engager deux millions de dollars pour réaliser une nouvelle version en couleurs avec Shirley Temple pour vedette mais celle-ci indisponible, fut alors remplacée par Judy Garland. Après quelques difficultés et hésitations sur le choix du metteur en scène, Victor Fleming se vit confier la réalisation du film : il fut tourné en 1939, la même année que "Autant en emporte le vent". Grâce à son scénario intelligent, aux excellents effets techniques et à l'interprétation de premier ordre, "Le Magicien d'Oz" (The Wizard of Oz) fut une réussite totale et, surtout, le premier grand succès personnel pour Judy.

Le public l'aimait énormément pour sa gaieté, son entrain, sa spontanéité et sa nature attachante. Toutefois, sa vie privée était troublée par l'extrême tension à laquelle la toute jeune actrice était soumise. Son irrésistible joie de vivre se manifestait également par un robuste appétit. Mais, son métier exigeait un sévère contrôle de sa ligne et c'est à contrecoeur qu'elle dut se soumettre aux prescriptions de Mayer qui veillait personnellement à son régime. Judy découvrit en outre que même sa vie privée était placée sous contrôle et que l'ami fidèle avec lequel elle etait allée vivre dans un petit appartement était payé par la firme pour l'espionner et rendre compte de chacun de ses gestes! Il en allait d'ailleurs de même avec sa mère.

Pour combattre son irrésistible appétit, on lui administra un nouveau médicament alors en vogue, la benzédrine, dont les effets euphorisants était combattus à l'aide de somnifères. Cette lamentable "thérapie" engendra une "dépendance" qui fut le cauchemar de sa vie et entraîna sa mort tragique.

Le public en avait fait son idole et la MGM l'exploita à fond sans le moindre ménagement. Dès lors Judy n'allait plus cesser de payer le tribut de son succès, toute vie privée devenant impossible, Mayer et la MGM ne cachèrent d'ailleurs même pas leur déception quand, en 1941, elle épousa le chef d'orchestre David Rose et de toute évidence ne firent rien pour sauver l'inévitable faillite de son mariage.

Au cours des trois années qui suivirent, Judy Garland tourna plusieurs comédies musicales à succès : "La Danseuse des Folies Ziegfield" (Ziegfield Girl,1941) de Robert Z. Leonard, "For Me and My Gal" (1942) de Busby Berkeley, "Lily Mars, vedette" (Presenting Lily Mars) de Norman Taurog et "La Parade aux étoiles" (Thousands Cheer), l'un et l'autre de 1943. "Le Chant du Missouri" (Meet in St.louis), réalisé en 1944, demeure aujourd'hui encore, la plus séduisante comédie musicale de la MGM. Dans ce film, outre ses inoubliables chansons, Judy Garland apporte la preuve d'un talent dramatique qui s'est alors affirmé avec force, et s'intégre parfaitement dans l'interprétation évoquant une famille américaine du début du siècle.

Le réalisateur du "Chant du Missouri" était Vincente Minnelli que Judy épousait au mois de juillet 1945 avec, cette fois, l'approbation unanime de la MGM (Liza Minnelli naîtra l'année suivante mais l'accouchement ne fera qu'aggraver l'état de santé de Judy). Pendant le tournage du "Chant du Missouri", Judy Garland était âgé de 21 ans lorsqu'elle se sépara de son premier mari, le chef d'orchestre David Rose. Judy refusa de jouer un nouveau rôle d'adolescente. Elle essayait par tous les moyens de ne plus incarner les petites filles et de paraître enfin femme aux yeux du public. Mais sur l'ordre de B. Mayer, elle dut céder...

Cette même année, Minnelli la dirigea dans "L'Horloge" (The Clock,1946); c'était la première fois que l'actrice abandonnait la comédie musicale (inédit en France jusqu'en 1970), puis dans un bref épisode de "Ziegfeld Folies" (1946) et dans "Le Pirate" (The Pirate,1946) dont le premier rôle masculin revenait au jeune Gene Kelly dont ce fut les retrouvailles avec Judy Garland, constitue assurément un joyau dans les multiples prestations de la célèbre actrice. "The Harvey Girls" (1946) de George Sidney est la seule incursion de Judy Garland dans l'univers du western.

Malgré la fatigue de plus en plus évidente de Judy, la MGM se montra peu compréhensive avec sa vedette, acceptant très mal son état de santé, son manque de ponctualité, ses absences répétées et ses constantes sautes d'humeur. Elle tomba malade pendant le tournage du "Pirate" et dut être hospitalisée dès la fin du tournage. La MGM mit à son programme une autre comédie musicale "Parade du printemps" (Easter Parade,1948), conçue pour le couple Judy Garland-Gene Kelly, mais ce dernier, indisponible à la suite d'un accident, fut remplacé par Fred Astaire qui s'était retiré dans une demi-retraite depuis deux ans. Tourné dans la bonne humeur, ce film fut un répit pour Judy; elle devait d'ailleurs retrouver Fred Astaire pour "Entrons dans la danse" (The Barkley of Broadway,1949) mais sa santé à nouveau chancelante l'en empêcha. L'interruption fut de courte durée, cependant, puisqu'elle devait tourner "Ma vie est une chanson" (Words ans Music,1948), biographie musicale des compositeurs Rodgers et Hart ainsi que "Amour, Poste-Restante" (In the Good Old Summertime,1949), un remake musical de "Rendez-vous" (The Shop Around the Corner,1940). Au comble de l'epuisement, elle réussit encore à enregistrer quelques chansons pour "Annie, reine du cirque" (Annie Get Your Gun), mais elle fut remplacée au moment de tourner le film parce qu'il n'était désormais plus possible de compter sur elle.

Non sans peine, elle réussit à terminer "La Jolie fermière" (Summer Stock,1950) de Charles Walters, elle y apparut épaissie mais au prix de terribles efforts parvint à retrouver sa ligne et son allant pour l'éblouissant numéro final : "Get Happy". On recourut ensuite à elle pour remplacer une autre actrice, June Allyson qui attendait un enfant et ne pouvait par conséquent tourner "Mariage royal" (Royal Wedding, 1951). Judy eut le temps d'enregistrer les chansons puis elle retomba malade et la MGM renonça à l'utiliser. Ses rapports avec la grande firme cinématographique qui, depuis sa quatorzième année, lui avait servit de famille, prenaient fin.

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Les quatre années qui suivirent la virent entreprendre une nouvelle carrière dans la chanson et le spectacle de variétés. Le 9 avril 1951, elle inaugurait la saison au Palladium de Londres et s'engageait au mois d'octobre suivant pour un programme de dix-neuf semaines au Palace de New York qui appartient maintenant à l'histoire de la comédie musicale. Une fois de plus, malheureusement, l'effort qu'elle dut soutenir eut raison de sa santé et l'obligea à renoncer à plusieurs représentations.

Divorcée de Vincente Minnelli, après avoir compris que celui-ci était gay, elle épousa Sidney Luft (deux enfants naquirent de cette union : Lorna et Joey), elle fonda avec lui une maison de production :  La Transcorna. Pour la Warner, la Transcorna réalisa "Une étoile est née" (A Star is born,1951). Réalisé par George Cukor, metteur en scène de grande classe et de goût qui savait parfaitement tenir compte des qualités artistiques et des problèmes de Judy, le film fut hélas ! "trafiqué" par la compagnie qui pratiqua d'abondantes coupures pour les remplacer par des éléments nouveaux (dont, entre autres, le mémorable numéro intitulé "Born in a Trunk"). Le film était le remake d' "Une étoile est née" dirigé en 1936 par William A. Wellman. Avec Hollywood pour toile de fond, il avait été interprété par Janet Gaynor dans le rôle d'une jeune inconnue qui devient vedette après avoir été découverte par une ancienne idole de l'écran sur le déclin (Fredric March), rôle repris par James Mason dans la nouvelle version. Entre les mains de George Cukor, l'histoire acquit une nouvelle dimension dans la mesure où elle se prêtait à l'évocation des dures expériences de Judy Garland dans le milieu hollywoodien. Le film consacra d'ailleurs, officiellement, le talent dramatique de l'actrice.

Il mit également un terme à sa carrière cinématographique. Judy Garland fit une nouvelle fois une mémorable apparition dans "Procès à Nuremberg" (Judgement at Nuremberg,1961) de Stanley Kramer et elle participa également à "Un enfant attend" (A Child Is Waiting,1963) de John Cassavetes au côté de Burt Lancaster, film passionnant traitant des problèmes des enfants arriérés. La même année, elle avait tourné à Londres "L'ombre du passé" (I Could Go on Singing) de Ronald Neame avec Dirk Bogarde : un mélodrame sans prétentions avec quelques numéros musicaux, dont le thème principal était le combat que se livrent une étoile du chant et son mari pour la garde des enfants, une histoire très proche, d'ailleurs de la réalité !.

Dès lors, Judy Garland se consacra exclusivement aux concerts, suscitant toujours le fol enthousiasme de ses fans. Le soutien que lui apporta son public, sa chaleur, l'aidèrent sans nul doute à surmonter ses épreuves personnelles. Après avoir gagné une fortune que l'on pourrait estimer à l'équivalent de huit millions de dollars, une mauvaise administration ne lui avait laissé que d'énormes dettes. Son état de santé empirait. Des représentations annulées, des assignations pour rupture de contrat, un mariage avec Mark Herron dont l'échec fut immédiat, un combat impitoyable avec Luft pour obtenir la garde de ses enfants, d'autres problèmes encore alimentaient sans arrêt la chronique, laissant la jeune femme profondément meurtrie. Jusqu'à la fin, cependant, elle manifesta une extraordinaire volonté, arrivant même par moment, à retrouver la forme éclatante de ses meilleures années.

Remarié à l'acteur Mickey Deane, Judy sembla trouver la sérénité. Mais elle était terriblement amaigrie et les épreuves aussi bien que les années avaient profondément marqué son visage. Le matin du 22 juin 1969, son mari la trouva morte dans leur appartement de Londres, victime probablement d'une trop forte de dose de somnifère. A ses obsèques, James Masion qui avait tourné à ses côtés dans "Une étoile est née", déclara avec émotion : "Aussi bien à son public qu'à ses amis, Judy est une femme qui a tant donné, et si généreusement, qu'il est impossible de la payer de retour. En effet, son besoin d'amour et d'affection était tel qu'il dépassait ce que chacun de nous aurait pu lui offrir."      

 

 

     

                  L'amour frappe André Hardy  - 1938 de George B. Seitz

 

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                                                    1939  

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                                 Place au rythme - 1939 de Busby Berkeley

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                           En avant la musique - 1940 de Busby Berkeley      

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                           Débuts à Broadway - 1941 de Busby Berkeley

           

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                                Lily, Mars vedette - 1943 de Norman Taurog      

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                              Parade aux étoiles - 1943 de George Sidney 

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                            Le Chant du Missouri - 1944 de Vincente Minnelli        

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                                L'Horloge - 1945 de Vincente Minnelli         

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                                               1946               

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                                     La pluie qui chante - 1948 

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                                                     1948               

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                            Parade de printemps - 1948 de Charles Walters

         

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                            La Jolie fermière - 1950 de Charles Walters 

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                                 Une étoile est née - 1954 de George Cukor 

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                AA01JG017

 

                               Jugement à Nuremberg - 1961 de de Stanley Kramer                 

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                             Un enfant attend - 1963 de John Cassavetes

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                            L'Ombre du passé - 1963 de Ronald Neame

 

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