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              DÉCÈS DU JOURNALISTE ET CRITIQUE DE CINEMA

            JEAN-JACQUES BERNARD         1950 - 2015

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C’est avec immense tristesse et émotions que nous avons appris la disparition soudaine du critique, journaliste et animateur (Ciné Cinéma Classic) Jean-Jacques Bernard. Le journaliste et critique de cinéma est mort le jeudi 12 novembre 2015 à Sarlat, foudroyé par une crise cardiaque en rentrant à son hôtel après une table ronde sur la critique au festival de Sarlat.

En quelques quatre décennies, l’affable et généreux Jean-Jacques avait porté la bonne parole du cinéma dans la presse écrite (il fut longtemps un pilier du magazine Première), et sur les ondes radiotélé (France Inter, Canal+, Ciné+), ainsi que dans des documentaires (portrait de Tati, étude sur la web-critique…) et dans l’édition (Petit éloge du cinéma d’aujourd’hui). Non affilié à une école critique, il défendait le cinéma avec œcuménisme, aimant autant les grands auteurs que les artisans oubliés du cinéma populaire.

Que sa route se soit achevée dans la ville périgourdine de Sarlat peut-être vu comme une sorte de clin d’œil du destin pour cet amateur de bonne chère aux rondeurs épicuriennes. Sa bonhomie, sa chaleur, sa voix fluide, autant de qualités de ce passeur du cinéma qui nous

 

Hommage de Fleur Pellerin à Jean-Jacques Bernard 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Il croyait aux vertus de la curiosité et du discernement, aux comparaisons entre cinéastes, aux analyses de films, mais aussi, plus que tout, à la confrontation directe entre des artistes et un public. C’est d’ailleurs après avoir animé une rencontre au festival de Sarlat, que le critique de cinéma Jean-Jacques Bernard disparut brutalement à 64 ans.

Président du Syndicat français de la critique de cinéma, il avait exercé, en véritable amoureux du 7e art, sa passion sur de nombreux supports, d’Antenne 2 à Première, en passant par Canal+ où il animait l’émission « Boulevard du Classic », mais aussi dans de nombreux ouvrages, dont un petit livre aigu et drôle Petit Éloge du cinéma d’aujourd’hui
Jean-Jacques Bernard y défendait une vision généreuse – et exigeante – de la critique de cinéma. « Parfois, disait-il, il faut s'arrêter de visionner, juste pour réfléchir ». 
J’adresse mes plus vives condoléances à sa famille et à ses amis. 
Paris, le 13 novembre 2015

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Créateur d’Histoires courtes en 1978 sur Antenne 2, il a usé de sa plume alerte pour les lecteurs du magazine Première, il est ensuite passé, entre autres, par France Inter et Canal+ avant de créer en 1991, l’émissionLe Club, devenu Boulevard du Classic sur CinéCinéma Classic

Ces dernières années, c’est avec Viva Cinéma, diffusé chaque mardi sur CINE+ que ce boulimique de pellicule nous transmettait sa passion.

Cet amour immodéré du cinéma, il l’a également fait passer en réalisant quelques documentaires tels que HITCHCOCK ET LA NOUVELLE VAGUE en 2007, WELLES ANGELS (2007), LUBITSCH, LE PATRON (2010) ou bien encore le formidable TATI… PAR LE GESTE, diffusé récemment sur nos chaines. 

Président du Syndicat Français de la Critique de CinémaJean-Jacques Bernard s’est éteint, foudroyé par un malaise cardiaque, au cœur du Festival de Sarlat, quelques minutes seulement après avoir quitté un auditoire de cinéphiles et de lycéens pour qui il animait un atelier de critique de cinéma.

Nous vous conseillons aussi chaleureusement la lecture de son « Petit Éloge du cinéma d’aujourd’hui », paru en 2011 chez Gallimard.

Témoignage de Bruno Deloye, directeur de Ciné+ Classic

Notre cher Jean-Jacques Bernard est parti hier tragiquement lors du Festival de Sarlat, ou le colporteur de cinéma qu’était Jean-Jacques avait tout au long de cette ultime journée animé tables rondes et rencontres auprès du jeune public.

Journaliste, chroniqueur, réalisateur, écrivain et critique , Jean-Jacques était une figure incontournable de nos antennes depuis près de 25 ans que ce soit à l’époque de Ciné Cinéfil, de Ciné Classic puis aujourd’hui de Ciné + Classic, une figure enthousiaste, une des plumes les plus brillantes que je connaisse et une voix à nulle autre pareil.

Il avait ce talent de rendre passionnant certes un chef d’œuvre ultime du cinéma mais aussi et surtout ces petits films qui font aussi partie de l’histoire populaire du cinéma. Une comédie pompière de Fernandel même mineure trouvait toujours sous sa plume une résonnance positive qu’il communiquait à nos abonnés d’une manière savante mais surtout vivante, tant la passion du cinéma le chevillait au corps.

Homme multifacettes, Jean-Jacques Bernard excellait tout aussi bien sur des programmes courts, notre homme au « chapeau » qui nous contait l’histoire de chaque film que dans l’art du documentariste qui de d’Hitchcock et la nouvelle vague à Orson Welles et Paris savait écrire des histoires de cinéma des plus exaltantes, son amour de Tati et de Lubitsch nous avait offert deux très beaux portraits de ces cinéastes.

Jean-Jacques n’était pas l’homme du passé, ni le prisonnier d’une école de pensée, ce qui est tellement rare dans le monde des guerres de chapelles de la critique cinématographique, je me rappelle son livre « petit éloge du cinéma d’aujourd’hui », un petit livre par la taille mais costaud et roboratif en idée(s) comme Jean-Jacques savait les exprimer avec force et conviction, je me rappelle de son documentaire « tous critique » ou lui le thuriféraire d’André Bazin sur lequel il était en train d’écrire un projet documentaire, partait à la rencontre de la nouvelle critique 2.0 qui avec internet et ses blogs rendaient chacun critique de sa propre cinéphilie. Je me rappelle enfin ses discours de Président du syndicat de la critique qu’il fût si longtemps, des discours si brillamment écrit ; lui, l’élève de l’école de la république de Bourg en Bresse et de la faculté de droit de Lyon.

Aujourd’hui Ciné + Classic est orphelin de ce compagnon de route, son supplément d’âme nous manquera et sa prodigalité digne de Rabelais le consacrait comme un passeur d’excellence.

Je pense à sa femme et ses filles.

Je pense à Daniel et Jérôme chez Caïmans Productions qui avec lui se sont accompagnés mutuellement pour nous produire deux émissions hebdomadaires depuis plus de 10 ans ce « Boulevard du Classic » d’anthologie et plus récemment « Viva Cinéma »

Je pense à Pierre Zéni et aux équipes de la rédaction Ciné + qui perdent aujourd’hui un collègue, une pensée particulière pour Monique Mikaélian qui accompagnait Jean Jacques depuis Le club, la première émission de Ciné Cinéfil du début des années 90.

Un des derniers chapeaux que Jean Jacques aura fait pour nous était autour d’un film d’Ernst Lubitsch : le ciel peut attendre, un film tout en cynisme et raffinement, un film qui exalte la vie et le bonheur dans un au-delà que chacun remplira à sa convenance, mais je ne peux pas m’empêcher d’y voir une résonnance et un hommage prophétique entre amoureux du septième art.

Adieu l’ami

Entretien avec Jean Jacques Bernard 2012

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