VIVIANE ROMANCE              1912 - 1991   

             Comédienne Française

 

 

 

Pauline Ortmans, plus connue sous le nom de Viviane Romance est née le 4 juillet 1912 à Roubaix. Elle débute très jeune dans la danse, au théâtre du Châtelet, puis, patiemment arrive à s'imposer dans les studios. Elue Miss Paris en 1930, elle bénéficie alors de la publicité qui rebondira lors de son altercation avec Mistinguett dans les coulisses du Moulin Rouge. Elle se paye l'audage de la gifler, un peu danseuse et partenaire d' Harry Pilcer, modeste figurante de cinéma, de petits rôles ensuite où elle révèle que son extrême beauté n'exclut nullement la réalité de son talent dramatique. 

Voilà bien une fleur de son temps. Pour avoir poussé dru et appris vite, cette jeune fille du Nord, superbe, a été dans le registre "peuple et ruisseau", la grande vedette du cinéma français des années quarante, l'égale et le contraire de Michèle Morgan. Petite main dans la couture, comme Ginette Leclerc, elle végète deux ou trois ans, notamment dans les studios de la Paramount. Gréville la remarque, Duvivier lui offre une scène avec Gabin dans "La Bandera" (1935). C'est à peine si on l'avait aperçue dans "Il est charmant" (1931) de Louis Mercanton, "L'épervier" (1933) de Marcel L'Herbier, "Ciboulette" (1933) de Claude Autant-Lara, où elle forme un duo avec une autre comparse à la plastique provocante, Ginette Leclerc. Suivront "Zouzou" (1934) de Marc Allégret, "Mam'zelle Spahi" (1934) de Max de Vaucorbeil, "L'auberge du Petit Dragon" (1934) de Jean de Limur, "N'aimer que toi" (1934) de André Berthomieu et "Dédé" (1934) de René Guissart, dont la vedette est Danielle Darrieux, sa cadette de huit ans.

Viviane Romance est remarqué un instant en marchande de cigarettes dans "Liliom" (1934) de Fritz Lang et en fille légère de "La Bandera", ainsi la même année, que dans deux films d'Edmond T. Gréville, "Marchand d'amour" (1935) et "Princesse Tam-Tam" (1935). Tout est venu de "La Belle Equipe" (1936) de Duvivier, elle décroche un rôle qui n'était pas prévu pour elle, pour qu'elle arrive vraiment à émerger. Le personnage fortement sensuel dressant deux amis l'un contre l'autre, lui colle à la peau et la marque. Elle s'en dégagera difficilement. "Gorge toujours admirablement présentée, hanches faites pour porter le poids du songe, jeu de cuisses ou d'épaules d'une franchise expressive, cette spontanéité de la chair se résume dans la chaleur d'une bouche humide et entrouverte pour un mot qui ne peut être que celui de l'acquiescement" : aussi Nino Frank décrivait-il la triomphante Viviane Romance.

Son rayonnement physique, cette certaine ironie qu'elle ajoute à sa déduction font d'elle la garce la plus charnelle, la plus humaine que l'on puisse rêver. J'aime être dirigée par Julien Duvivier, mais je n'aime pas la conception qu'il se fait de moi", avoue-t'elle en 1948. Elle a bien tort, aucun metteur en scène ne sut mieux lui faire incarner la légitime souveraineté du désir. A sa suite, Viviane Romance rencontre deux beaux rôles, "L'étrange Monsieur Victor" (1937) de Jean Grémillon, "Le Puritain" (1937) de Jeff Musso, "Le Joueur" (1938) de Gehrard Lamprecht et Louis Daquin, où elle s'efface cependant devant ses partenaires masculins. On retrouve la troublante Viviane Romance aux côtés de Tino Rossi dans "Naples au baiser de feu" (1937) qui aura marqué la carrière cinématographique du chanteur, réalisé par Augusto Genina.  

Dans "La maison du maltais" (1938) en revanche, l'actrice se débarasse de toute référence morale, célèbrant une beauté sans commentaire qui semble affirmer : "c'est ainsi". Le film de Pierre Chenal avec Viviane Romance, Marcel Dalio, Louis Jouvet, Jany Holt et Pierre Renoir fut projeté le 22 septembre 1938 à un moment catastrophique pour la fréquentation des cinémas.... La comédienne surprend, jouant les espionnes, les courtisanes de haut-vol, les dames de petite vertu, elle bénéficie à plein de cette photogénie charnelle qui l'a conduite de "La maison du maltais aux "Prisons de femmes" (1938) de Roger Richebé, en bouleversant à la fois ses partenaires masculins et le spectateur des salles obscures. Qu'elle ait souhaité un renouvellement ou une transformation de son emploi, cela ne fait aucun doute, et peu avant la guerre, un film comme "La Tradition de minuit" (1939) de Roger Richebé, Viviane Romance jouait une française moyenne confrontée à l'aventure, indiquait assez bien la voie qu'elle voulait s'ouvrir.

C'est le cinéma né de l'Occupation qui va orienter sa nouvelle carrière. L'époque était à la moralité, et la pécheresse devait expier dans les larmes l'empire qu'elle avait sur les hommes. Viviane Romance aspire à la reconnaissance, à une dignité plus bourgeoise. Les "Angelica" (1939) de Jean Choux, "Cartacalha, reine des gitans" (1941) de Léon Mathot où elle impose son compagnon d'alors, le pâle Georges Flamant, ne la satisfont plus. Le comble est atteint avec "Vénus aveugle" (1941), inepte drame dédié au maréchal Pétain par Abel Gance. "Dès que les personnages intervenaient, l'envoûtement de la mer et de la brume s'évanouissaient et nous plongions dans un effroyable pot au noir. Le scénario raconte l'histoire d'une jeune fille très belle qui, sur le point de devenir aveugle, jouait à son fiancé la comédie de la dame aux camélias afin de ne pas gâcher son avenir", écrivait parfaitement Roger Régent dans son inégalé Cinéma de France (Bellefaye 1948), Viviane en outre ne s'entendit pas avec son metteur en scène et refusa d'être dirigée par lui : commençait alors une longue suite d'incidents qui devaient marquer plusieurs de ses tournages. 

Aussi, pour échapper à ses emplois habituels et maîtriser son destin cinématographique, à l'instar de Fresnay et Blanchar devenue metteurs en scène, la comédienne se lançat-elle à son tour dans la création. Elle avait largement influencé le tournage d'"Une femme dans la nuit" (1941) d'Edmond T. Gréville et s'était brouillée avec les scénaristes Jacques Prévert et Pierre Laroche. La voici auteur : "Le scénario du "Feu sacré" (1941) de Maurice Cloche, avait été conçu par Viviane Romance et l'on disait même qu'il retraçait dans ses grandes lignes sa propre vie. Peu importe d'ailleurs. "Le feu sacré" cherchait à peindre les milieux du music-hall et se proposait de nous conter les aventures d'une jeune danseuse qui sacrifie tout à sa carrière hormis son indépendance et sa vertu...Maurice Cloche ne parvenait qu'à secouer les vieilles poussières des coulisses et à soulever le fade parfum de la poudre de riz et des fards à bon marché". (Régent).   

Le pire n'était pas atteint, et les insistants efforts de l 'actrice pour modifier son image n'aboutirent en 1943 qu'à "La boîte aux rêves" d'Yves Allégret, invraisemblable fatras composé de tous les résidus de Murger qui nous montrait la vie d'artiste dans un grenier où rodait Mlle Viviane Romance, riche héritière voulant connaître la vie des Montparnos...Le scénario, que l'on ne savait plus très bien à qui attribuer une foule d'auteurs y avaient travaillé puis avaient été récusés par Viviane Romance qui avait apporté l'idée, était un monument de sottise. Les metteur en scène s'étaient succédé à un rythme presque aussi accéléré...L'actrice restant la seule maîtresse du plateau" (Régent).

On comprendra que ces expériences ne soient gère prolongé. L'échec de Viviane Romance scénariste portait préjudice à l'interprète. Il fallut Christian-Jaque et "Carmen" (1943) pour la remplacer au sommet. Tourné à Rome, desservi par un Jean Marais-Don José des plus improbables, le film sortit à Paris le 8 août 1944 dans une atmosphère de fin du monde : les allemands parcouraient la ville en tous sens. Viviane Romance réussit sans mal à dominer un film sans ryhtme, sans âme, sans autre sensualité que celle qu'elle y apporte. C'est une fois encore à Julien Duvivier qu'elle dut, en 1946, de retrouver dans "Panique" (l'un des trois ou quatre plus grands rôles de Michel Simon) un emploi où son sourire insidieux, ses frémissements évocateurs ne semblaient plus un élément de décor mais un réel enrichissement du film. Marcel L'Herbier la dirigea à son avantage dans "L'affaire du collier de la reine" (1946). Dix ans plus tard, elle paraîtra tout aussi sobre et inquiétante dans "L'affaire des poisons" (1955) de Henri Decoin. 

Lasse des critiques et d'une certaine malveillance, Viviane se voit en 1948 proposer un contrat par Hollywood, qu'elle refuse. Elle songe au théâtre, à la mise en scène. En fin de compte, elle devient productrice avec "Maya" (1949), mise en scène par Raymond Bernard d'après une vieille pièce de Simon Gantillon : retour au trottoir éternel et rédempteur. Un embryon de carrière en Italie au milieu des années cinquante, et très peu de tournage dans les années 50. Il fallut attendre ensuite ses apparitions dans "Mélodie en sous-sol" (1963) de Henri Verneuil et dans "Nada" (1974) de Claude Chabrol qui trainaient avec elles beaucoup de nostalgie et de souvenirs. Viviane Romance qui aient été la compagne de Georges Flamant, puis de Clément Duhour. Fatiguée, alourdie, l'ex-vamp du cinéma français avait beaucoup souffert. N'empêche, la gouaille goguenarde de la grue mérite pleinement le clien d'oeil de la reconnaissance. Viviane Romance meurt le 25 septembre 1991 à Nice, elle avait 79 ans.   

 

De nombreux textes sont de  Olivier Barrot et Raymond Chirat "Noir & Blanc" (Editions Flammarion)

Affiches (affiche-cine.com/cinéma français/cinetom)

  

                                                     1929 

              AAgirls

 

                                                       1931    

               AAchienne

 

                                                   1931    

              AACharmant

 

                                      1933     

            AAfemme    

             AAciboulette

 

                                        1934

       

           AAEquipage

 

            

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                                   1935

   

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                                                1936  

 
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                                                      1937  

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"Catari" Tino Rossi, film Naples au baiser de feu.

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                                                      1938

  

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                                          1945

 

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                                                1950-1951

   

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                                                 1963  

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                              Nada -  1973 de Claude Chabrol

                           

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