RUDOLPH VALENTINO               1895 - 1926 

       Acteur Américain d'origine Italienne   

         

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Rodolfo Alfonzo Raffaele Pierre Philibert Guglielmi plus connu sous le nom de Rudolph Valentino est né le 6 mai 1895 à Castellanetta, un petit village des Pouilles où son père est vétérinaire. Après avoir obtenu son diplôme à l'Académie royale d'agriculture de Gênes, le jeune homme part en 1912 pour Paris, où il fréquente les bals d'étudiants. Lorsqu'il est à court d'argent, il écrit à ses parents qui lui envoient aussitôt le montant de son billet de retour.

Un an plus tard, saisi à nouveau par le goût de l'aventure, il s'embarque pour l'Amérique. "L'Italie est trop petite pour moi" dira-t'il à son frère. Sa mère l'a muni d'un viatique de 400 dollars qui sera vite dissipé. Cette fois son orgueil le retient d'avouer la vérité aux siens, à qui il fera croire, au contraire, que sa situation est prospère. A cet effet, il subtilise du papier à lettres à en-tête de l'hôtel Walford-Astoria et il se fait photographier dans une tenue de soirée louée pour la circonstance. En fait, il dort plus souvent dans Central Park que dans un lit confortable et il devient tour à tour balayeur ou plongeur de restaurant pour substituer. La tentation est grande de se procurer de l'argent par des moyens moins licites et il sera mêlé à un racket de chantage et d'extorsion de fonds. Toutefois son rôle de simple exécutant ne vaudra que quelques jours de prison.

La vogue du tango va le sauver de la misère et de la déchéance. Il est engagé comme danseur professionnel dans l'un des thés, dansants qu'organisent les grands hôtels. C'est ainsi qu'il est présenté à Bonnie Glass, une danseuse qui s'exhibe dans les music-halls et les night-clubs et qui cherche justement un nouveau partenaire capable de remplacer Clifton Webb, future gloire de l'écran lui aussi. La beauté, la jeunesse, le charme inné, la courtoisie typiquement européen de Valentino et ses qualités de danseur font merveille, mais le mariage de Bonnie Glass met fin à cette fructueuse association.

Valentino décroche alors un engagement dans le corps de Ballet d'Al Jolnson, qu'il suit en tournée dans l'Utah. De là, il gagne San Francisco où il prend contact avec la Société italienne pour l'agriculture, dont le but est en principe d'aider les paysans italiens émigrés aux Etats-Unis à acheter des terres. Mais malgré ses diplômes, la société lui demande un dépôt de mille dollars. Or cette somme, le jeune homme ne la possède pas. Le hasard décide alors de son destin en lui faisant rencontrer un vieil ami, l'acteur Norman Kerry, qui tourne un film à San Francisco avec Mary Pickford et qui va le convaincre de venir tenter sa chance à Hollywood. Valentino connaît alors la situation précaire des comédiens débutants : des semaines sans travail , puis enfin quelques petits rôles dont son premier "The Battle of the sexes" (1914) de David Wark Griffith, voire des rôles plus importants dans des films de série B. Néanmoins il commence à se faire connaître et à nouer quelques relations précieuses. C'est ainsi qu'en 1919 Mae Murray, qui a remarqué ses qualités de danseur de tango, le fait engager par son mari, le réalisateur Robert Z. Leonard, dans "Un délicieux petit diable" (The Delicious Little Devil). C'est une promotion inespérée, mais le jeune acteur n'en continue pas moins à accumuler les dettes, ses cachets lui servant principalement à satisfaire sa passion des voitures rapides, passion qui lui vaudra quelques accidents, heureusement sans gravité et dont l'un lui laissera une petite cicatrice sur la joue gauche, visible dans certains de ses films.

June Mathis, responsable du département des scénarios et membre très influent du staff de production à la Metro, a remarqué ce jeune homme élégant au regard à la fois hardi et velouté. Elle visionne ses derniers films, notamment "Les trois routes" (Eyes of Youth,1919) et elle en conclut que ce latin peut apporter au cinéma américain une aura de séduction exotique, au même titre que Tony Moreno. Elle fait donc pression sur la direction des studios pour que Valentino  soit engagé pour le rôle principal des "Quatre cavaliers de l'Apocalypse" (The Four Horsemen of the Apocalypse,1921).  

Une nouvelle star est née. Dès le soir de la première, les journalistes se battent pour obtenir les interviews de celui qui vient de crever l'écran en exécutant le fameux tango lascif et provocant qui fera beaucoup pour le succès du film. Dès millions de lettres de fans commençent à affluer à la Metro. Par une étrange coïcidence, c'est au moment où l'acteur qui figurait jusque-là au générique sous le nom de Rodolfo, puis Rodolpho, puis Rodolpho de Valentina ou de Valentino, vient précisément d'américaniser son prénom en Rudolph qu'il devient le symbole du "latin lover". Dans son désir naïf de s'assimiler totalement à l'american way of life, il n'avait pas encore misé sur ses meilleurs atouts.

L'ex-petit émigrant n'a sans doute pas la force morale nécessaire pour affronter séreinement cette gloire fulgurante et bien souvent, il donnera l'impression d'être manipulé, sans maîtriser véritablement son destin. A la grande déception des chroniqueurs mondains, Valentino n'est guère assidu aux réceptions hollywoodiennes et il n'est pas alcoolique. Bien qu'on l 'accuse parfois d'être efféminé, il ne semble pas non plus homosexuel; pourtant un certain mystère plane sur ses relations avec les femmes. On jasera beaucoup à propos de son mariage éclair et apparemment non consommé avec l'actrice Jane Acker, qui rompit la nuit même des noces en l'accusant de cruauté mentale. Il tombera ensuite sous la coupe d'une maîtresse femme, la très belle décoratrice Natacha Rambova, qu'il épousa au Mexique en 1922, moins d'un an après son divorce. On lancera donc contre lui l'accusation, parfaitement injustifiée, de bigamie. C'est le seul scandale qui l'ait éclaboussé.

Mais il faut souligner cependant que Natacha Rambova a exercé une influence plus que constestable sur Valentino, dans la mesure où elle entend conduire sa carrière d'acteur. Elle le pousse notamment se quereller avec les dirigeants des studios. Convaincue qu'un acteur de son rang qui se respecte n'est pas soumis aux mêmes lois que le commun des mortels, elle l'incite à multiplier les extravagances et elle l'encourage à s'intéresser au spiritisme. C'est sous influence que Valentino publiera un assez désastreux recueil de poèmes qui lui auraient été "dictés" deluis l'au-delà par un mystérieux guide spirituel du nom de Plume noire...Ce mariage dura assez longtemps pour inculquer à l'acteur le goût des excentricités coûteuses qui allaient détruire en partie sa personnalité, presque aussi sûrement que les ulcères et la péritonite qui allaient le faucher prématurément à trentre et un ans.

Pour faire ses premiers pas de vedette, Valentino a eu la chance d'être dirigé dans "Les quatre cavaliers de l'Apocalyspe" par l'un des meilleurs réalisateurs américains, Rex Ingram, qui a su tirer le meilleur parti de ses qualités : une irréprochable conscience professionnelle et un très sûr instinct du mouvement qui suppléent aux défaillances du comédien. "Je possède un sens inné du rythme, qui me guide dans toutes mes démarches, déclarera Valentino. Dans une grande scène dramatique, je sens la piste tracée par l'émotion. Il me faut la suivre comme si j'entendais la mélodie d'une composition musicale."

Dans la scène du tango, Rex Ingram a joué sur cette grâce innée alliée à la force musculaire du danseur professionnel, qui le rend capable de soulever une femme de terre d'un seul mouvement coulé et de la déposer délicatement sur la selle de son cheval avec autant d'aisance que s'il rajustait ses boutons de manchette. Mais il a su aussi obtenir de son interprète un jeu d'une intensité dramatique étonnante de la part d'un acteur aussi inexpérimenté. Valentino sera encore excellent dans "Eugénie Grandet" (The Conquering Power,1921) où il incarne de façon convaincante, toujours sous la direction de Rex Ingram, un homme qui sent la mort approcher.

Mais dès cette année 1921, Valentino subit l'influence de Natacha Rambova et la qualité de ses films s'en ressent. Tourné juste avant "Eugénie Grandet", "La dame aux Camélias" (Camille,1921), vaut plus par la remarquable interprétation d'Alla Nazimova et par les curieux décors modern style de Natacha que par la médiocre performance de la vedette masculine. Valentino rompt alors avec la Metro et tourne pour la Famous Players-Lasky "Le Sheik" (The Sheik,1921), le film qui va établir définitivement sa légende.

             Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse - 1921 de Rex Ingram   

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                                                                              1922   

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                                               1924    

 

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                           L'aigle noir - 1925 de Clarence Brown

                           Le Fils du Sheik - 1926 de George Fitzmaurice

 

 

 

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