HENRY HATHAWAY                1898 - 1985

         Réalisateur Américain

 

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Henry Hathaway de son véritable nom Henri Leopold de Fiennes, est né le 13 mars 1898 à Sacramento (Californie). Le titre de marquis lui vient de son grand-père, chargé par le roi des Belges d'acheter les Iles Sandwich pour le compte de la Belgique. Sa mission avait échoué, il ne retourna pas en Belgique et vint s'établir à San Francisco.

Son père était administrateur de théâtre et sa mère ainsi que sa tante étaient comédiennes; toutes deux travaillaient notamment pour l'American Film Company (baptisée alors familièrement "The Flying A"), l'un des tous premiers studios de cinéma californien installés à la Mesa. C'est ainsi qu'à partir de 1908 le jeune Henry et sa soeur recrutés pour jouer des rôles d'enfants dans de petits westerns d'une bobine tournés en une journée et dont beaucoup seront dirigés par Allan Dwan. Lorsque la "Flying A" émigre à Santa Barbara, Mrs Hathaway met ses talents au service de la compagnie de Thomas Ince, qui s'est établi sur le Sunset Boulevard. Puis elle tourne pour l'Universal un certain nombre de serials réalisés par Francis Ford, qui fait à l'époque débuter son frère John comme accessoiriste. C'est aussi comme accessoiriste que Henry Hathaway entre à l'Univeral en mars 1915.

La première guerre mondiale l'éloigne alors des studios, où il travaillera ensuite avec Frank Lloyd et surtout avec le génie qu'était Erich Von Stroheim pour "Maris aveugles" (Blind Husbands,1919) et "Folies de femmes" (Foolish Wives,1922). Cette même année 1922, il entre comme assistant réalisateur à la Paramount. La mise en scène l'attire : en 1926 sur les conseils d'un producteur (Paul Bern), il entreprend un long voyage de documentation en Inde. Mais la mort de Bern met fin à ses projets et, à son retour, il redevient assistant. Commence alors une collaboration suivie avec les deux cinéastes qui l'ont, dira-t'il, le plus profondément influencé : Josef von Sternberg, avec qui il travaillera pour "Les nuits de Chicago" (Underworld,1927), "Crépuscule de gloire" (The Last Command,1928), "L'Assommeur" (Thunderbolt,1929), "Coeurs brûlés" (Morocco,1930) avec Gary Cooper et Marlène Dietrich et "Shangai Express,1932) et Victor Fleming, pour "The Virginian,1929), l'un des premiers films sonores tournés en extérieurs, ainsi que pour toute une série d'autres westerns inspirés d'histoires de Zane Grey.

Réalisateur durable et crédible, avec cette modestie victorieuse qui le caractérise, Hathaway est le parfait exemple de l'assistant passé à la mise en scène, même si d'après le scénariste Wendell Hayes, ce n'était pas 'l'homme le plus cohérent que je connaisse. En 1932, la Paramount décide de créer une unité de production de série B et confie à Hathaway sa première mise en scène : "Heritage  of the Desert" (1932), interprété par Randolph Scott (qui tournera les huit premiers films d'Hathaway), n'est qu'un remake sonore d'un western de 1924. Pour conserver les droits des romans de Zane Grey, le studio doit en effet périodiquement en réaliser de nouvelles moutures cinématographiques...Hathaway dirigera au moins huit de ces remakes, en étant souvent contraint d'utiliser, par économie, des plans entiers tournés pour les versions muettes. Dès cette époque commence à s'établir sa réputation de metteur en scène efficace, particulièrement à l'aise en extérieurs et dans les scènes d'action.

En 1934, Hathaway délaisse enfin les petits westerns de sérieu pour tourner "The Witching Hour", une sombre histoire d'amour teintée de mysticisme qu'il considére comme son premier film vraiment intéressant. Ce n'est que l'année suivante qu'il se verra octroyer des moyens véritablement importants avec "Les Trois lanciers du Bengale" (The Lives of a Bengal Lancer,1935). Gary Cooper a la vedette dans cette épopée exotico-coloniale qui devait initialement être confiée à Ernst B. Schoendsack et Merian C. Cooper, les prestigieux réalisateurs de "King Kong" (1933). Mais l'agent de Gary Cooper, avec lequel Hathaway avait souvent travaillé lorsqu'il était assistant, avait été très favorablement impressionné par ses premiers westerns en tant que réalisateur; de plus Hathaway connaissait fort bien l'Inde, où il avait séjourné neuf mois. Quel que soit l'argument décisif, la Paramount n'aura pas à regretter son choix devant le phénoménal succès commercial du film, qui de plus fut sélectionné pour l'Oscar du meilleur film et vaudra pour Hathaway son unique nomination pour la réalisation.

Hathaway enchaîna sur un film poétique : "Peter Ibbetson" (1935) qui attire les louanges unanimes de la critique. Tiré du célèbre roman onirique de George Du Maurier. Les surréalistes verront dans ce très beau film fantastique la transfiguration cinématographique la plus éblouissante de l'amour fou. Si, comme André Breton l'a dit, Peter Ibbetson représente le triomphe de la pensée surréaliste, il ne s'agit  certainement pas d'une intention délibérée de la part de Hathaway, réputé le moins intellectuel des cinéastes hollywoodiens - mais les oeuvres surréalistes ne prétendent-elles pas puiser directement aux sources de l'insconscient? Irréductible à tout analyse, Peter Ibbetson fait partie de ces quelques oeuvres légendaires du septième art qui échappent à leurs auteurs et distillent une sorte d'aura magique.

Cherchant toujours à maîtriser des techniques nouvelles, Hathaway réalise l'année suivante "La Fille du Bois maudit" (The Trail of the Lonesome Pine,1936), qui est non seulement sa première oeuvre en couleurs, mais aussi le premier film en Technicolor trichrome tourné en extérieurs : une date dans l"histoire du cinéma. Henry Fonda, Sylvia Sidney et Fred MacMurray en sont les principaux interprètes. Parmi les derniers films tournés pour la Paramount, le plus intéressant reste sans doute "Ames à la mer" (Souls at Sea,1937), un drame maritime d'une sombre et insolite poésie, tiré d'un fait authentique. C'est encore avec Gary Cooper que le cinéaste tourna "La Glorieuse Aventure" (The Real Glory,1939)

En 1940, Henry Hathaway entre à la Fox, dont il sera pendant vingt ans l'un des plus fidèles piliers. Il va confirmer sa réputation en illustrant avec brio les genres les plus divers, du western lyrique comme "Brigham Young" (1940), qui retrace l'exode des premiers mormons, au film de guerre exotico-romanesque qu'est "La Pagode en flammes" (China Girl,1942), dont le style baroque témoigne de l'influence de Sternberg. Mais c'est surtout à partir du milieu des années 40, et grâce à Darryl Zanuck, que Hathaway se verra offrir les sujets qui lui permettront le mieux d'exprimer son sens très sûr des atmosphères et des décors naturels. Avec "La Maison de la 92e rue" (The House of the 92nd Street,1945) réalisé sous l'égide de Louis de Rochemont (le producteur de la célèbre série d'actualités "The March of Time), un nouveau genre est né : le documentaire criminel. On ne peut qu'admirer la précision quasi clinique et le réalisme saisissant des décors, et la virtuosité avec laquelle le cinéaste entremêle 35mm et 16mm, intrigue policière et authentiques documents d'époque (fourni par le F.B.I.). Ces recherches formelles verront leur aboutissement le plus parfait dans "Appelez Nord 777" (Call Northside 777,1948), qui offre une peinture très attachante et remarquablement juste de la réalité américaine. Ces expériences "véristes" prendront fin avec "14 Heures" (14 Hours,1951), un film fondé sur le suspense crée par un candidat au suicide pour lequel deux fins différentes (optimiste et pessimiste) seront proposées au public.

Cette rigueur documentariste marquera également les films noirs de Hathaway, qui signera deux des meilleures réussites du genre : "L'Impasse tragique" (The Dark Corner,1946), qui introduit la violence la plus sordide dans un univers onirique et obsessionnel qui rappelle celui du célèbre "Laura" de Preminger ainsi que "La Carrefour de la mort", où Richard Widmark fait des débuts remarqués dans le rôle d'un tueur sadique et névrosé.  

Hathaway abordera encore des thèmes policiers, dans les années 50 : avec des ambitions pyschologiques un peu trop évidentes dans "Le fond de la bouteille" (The Bottom of the Bottle,1956), consciencieuse adaptation de Simenon; en recréant très intelligemment l'atmosphère oppressante du "fog" londonien dans "A 23 pas du mystère" (23 Places to Baker Street,1956); en pimentant d'un érotisme débridé les stéréotypes mélodramatiques de "Niagara" (1953), le film qui fera entrer Marilyn Monroe dans la légende...Mais en dépit de ce bel éclectisme, c'est dans le western et le film d'aventures hollywoodien que sont goût pour l'action et les paysages naturels s'est exprimé avec le plus d'efficacité. La concision et la brutalité des scènes de violence de "L'Attaque de la malle-poste" (Rawhide,1951) avec Tyrone Power et Susan Hayward mais aussi "Le jardin du diable" (Garden of Evil,1954) ont rarement été égalés. Susan Hayward est à nouveau engagé aux côtés de deux spécialistes du western : Gary Cooper et Richard Widmark. "La Fureur des hommes" (From Hell to Texas/Manhunt,1958) est considéré à juste titre comme l'un des meilleurs westerns des années 50. Avec "Cent dollars pour un shérif" (True Grit,1969), Hathaway saura renouveler un genre miné par la décadence sans rien lui faire perdre de sa santé roborative. De même qu'il excelle à filmer la verte luxuriance de la Prairie et la majesté des montagnes de l'Ouest, nul ne sait mieux que lui traduire le mystère inquiétant de l'exostisme et la désolation presque surréaliste des étendues désertiques, comme dans "La Sorcière blanche" (White Witch Doctor,1953) avec Robert Mitchum et Susan Hayward; ou dans "La cité disparue" (Legend of the Lost,1957) avec John Wayne et Sophia Loren.

En 1963, commença le tournage de "L'ange pervers", mais il ne s'entendit pas avec Kim Novak et fut remplacé par Ken Hughes. Il y eut aussi un film injustement méconnu comme "Le dernier Safari" (The Last Safari,1967) offre une vision désenchantée d'une Afrique qui a bien changé" depuis Hemingway, et Stewart Granger vieillissant y semble rêver avec mélancolie à l'époque révolue des "Mines du roi Salomon" (King Solomon's Mines,1950). Il ne faut toutefois pas chercher dans l'oeuvre de Hathaway une quelquonque éthique, ni même l'expression d'obsessions personnelles. Ce qui l'intéresse, c'est le langage cinématographique en ce qu'il a de plus spécifique. Bertrand Tavernier a fort justement défini cette "passion pour la technique, pour les innovations, tout ce qui fait progresser la manière de s'exprimer et qui va de pair avec un refus de considérer le contenu, la signification, voire la notion de sujet (...)Hathaway se préoccupe moins de ce qu'un film dit que de la manière dont il le dit, et cela moins en terme purement formels que par rapport à des genres précis et codifiés" (Positif No135, février 1972).

C'est pourquoi la violence n'a pas chez lui la même signification morale que chez Anthony Mann ou John Ford, par exemple. Il la montre comme une simple manifestation comportementale, l'émanation naturelle de caractères fortement individualisés. Ses westerns sont à cet égard particulièrement caractéristiques : rejetant tout contexte social ou historique, le cinéaste s'attache à saisir un groupe d'individus isolés pour les faire évoluer dans un paysage parfaitement circonscrit. "Il faut savoir, a-t'il dit, montrer une vallée à l'aube, une forêt endormie ou des rochers au crépuscule. Ce sont des éléments qui créent l'atmosphère et qui donnent à la scène sa densité et son caractère."

En 1970, il s'occupa durant trois semaines du tournage des scènes d'extérieur du film "Airport" (premier d'une série), comme son ami George Seaton était malade.  Lui-même pris sa retraite en 1971, bien qu'à cette époque, à plus de 70 ans, il avait plusieurs. Avec plus de 60 films, une carrière de plus de 40 ans, il fut l'un des vétérans d'Hollywood et, durant longtemps, fut l'un de ceux de sa génération à tourner autant. Henry Hathaway meurt 

      

                                                1933   

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                                           The Witching Hour -    1934  

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                                                       1935 

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                            Go West Young Man - 1935               

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                                  La Fille du Bois Maudit -1936         

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                                                             1937       

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                                             1939 

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                                                        1940 

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                                                          1944 

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                              La Maison dans la 92ème Rue -1945 

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                                                            1946     

  

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                                                          1947  

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                                                                         1949  

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                                                                  1953    

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                                                                  1954   

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                                                         1955  

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                                                1959                      

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                                                     1960    

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                                                                   1964            

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                                             1965    

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                                                             1969                

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