FRANCIS BLANCHE                          1921 - 1974

         Comédien, humoriste français

   

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Il y a quarante ans (le 6 juillet 1974) disparaissait l'une des figures les plus populaires du cinéma français, avec sa petite silhouette rondouillard. Malheureusement, les cinéastes avec lesquels il a travaillé n'ont pas souvent été à la hauteur de ses indéniables dons comiques, mise à part quelques cinéastes comme Jean-Pierre Mocky, Luis Bunuel, Georges Lautner, Claude Autant-Lara ou Nina Companeez...

Fils du comédien Louis Blanche, Francis Blanche est né le 21 juillet 1921 à Paris. Il aborde le spectacle comme parolier, écrit des textes de nombreuses chansons et débute à l'écran dans "L'ombre" de Trénet. A la radio son activité se déploie en émission nombreuses et bien accueillies, de "Signé Furax" à "Malheur aux barbus". Il écrivit aussi des revues, notamment avec celui qui sera son grand complice à la radio, pour ces séries interminables et fameuses, Pierre Dac. Il collabora aussi au journal de Pierre Dac, "L'Os libre, et dans leurs nombreuses entreprises en commun, il n'est pas sûr qu'on ait toujours rendu justice à son apport personnel. Livré à lui-même, Pierre Dac fut souvent moins inspiré.

Autre domaine où excella Francis Blanche : la chanson. On lui doit nombre d'anciens tubes mémorables tels que le "Gros Bill" et surtout ce fameux "Prisonnier de la Tour", écrit pour les Compagnons de la chanson, et qui fut repris par la France entière. En plus de la radio, où il était à la fois producteur, auteur, inteprète (seul, ou avec Pierre Cour, Pierre Dac, ou d'autres encore), il eut une importante activité de comédien au théâtre, à Paris et en province. On le vit dans des pièces facile comme "Les escargots meurent debout" ou "Adieu Berthe". Il fut un savoureux Néron dans "L'étouffe-Chrétien" de Félicien Marceau. Aux Célestins de Lyon, il incana un étonnant "Bourgeois gentilhomme", mis en scène par Jean Meyer, et il reprit, en tournée, le rôle de François Billetdoux dans sa pièce curieuse "Va donc chez Thorpe". Enfin, n'oublions pas ses livres, "Mon oursin et moi" ou "Signé Francis Blanche"

De ces dons si riches et si variés, que reste-t'il au cinéma? Trop peu de choses, malheureusement, par la faute des producteurs et des réalisateurs français qui n'ont pas su mettre en valeur les qualités du grand comédien qu'était Francis Blanche. En un quart de siècle, Francis Blanche est apparu dans plus d'une centaine de films, dont bien peu ont des chances de passer à la postérité (quoique). Il a été, avec d'autres, une des figures les plus familières et populaires du cinéma français. Comme Rellys, comme Jean Tissier, comme Darry-Cowl, son partenaire d'un moment, comme Jean Carmet et combien d'autres excellents comiques français qui, avec un peu plus de chance ou d'obstination, auraient pu devenir de grands acteurs du burlesque à la française, Francis Blanche s'est contenté de prêter son physique savoureux et ses plaisanteries, tantôt originales, tantôt carrément faciles, à des dizaines et des dizaines de bandes bâclées et promises à un oubli rapide.

Après l'échec de quelques velléités un peu personnelles, l'ingénieux touche-à-tout prit le parti de ne plus se fatiguer et de faire seulement ce qu'on attendait de lui, sans se montrer trop regardant sur la nature du produit. Il a beaucout tourné avec tout ce que le cinéma français de son temps à compter de moins ambitieux, pour ne pas dire plus : Raoul André, Bernard Roland, Jean Girault (très apprécié du public, films avec Louis de Funès, gendarmes...), Jean Bastia ou Philippe Clair...

A part une brève apparition dans "Frédérica" (1942) de Jean Boyer, sa carrière commence vraiment en 1948 avec "L'assassin est à l'écoute" de Raoul André (avec il fera huit films), dont il à écrit le scénario et les dialogues. Le succès est modeste, néanmoins, il récidive en 1951 avec "Le Petit Chaperon rouge" (également connu sous le titre "Une fille à croquer"), sans doute son meilleur scénario, une amusante transposition moderne du célèbre conte, avec dans la distribution : Gaby Morlay, Louise Carletti, Serge Reggiani et Francis Blanche. Aussi, sans doute déçu du résultat, Francis Blanche, après encore un ou deux essais, ne poursuiva pas dans cette voie.

Dans les années 50, Blanche et le goût du canular le dirige vers Robert Dhéry, qui lui propose de rejoindre la troupe des Branquignols dans "Ah! les Belles Bacchantes" (1954) de Jean Loubignac avec Robert Dhéry, Louis de Funès, Jacqueline Maillan, Bussières, Annette Poivre, Jacques Legras...Il faudra attendre le début des années 60 pour voir l'acteur s'attaquer à sa tentative la plus ambitieuse : l'adaptation de "Tartarin de Tarascon"(1962), qu'il réalise et interprète lui-même. On s'est montré sévère pour cette entreprise; à laquelle on reprochera surtout de se montrer trop raisonnable et respectueuse du roman célèbre d'Alphone Daudet. On peut penser aujourd'hui que la version de Francis Blanche est supérieure à celle qu'en fit Raymond Bernard, avec Raimu, en 1934. Si la mise en scène est insuffisante, Francis Blanche qui avait, idéalement, le physique du personnage, en donne une composition très savoureuse. Après l'échec et l'indifférence qui accueillirent ce film, il retourna aux "Veinards" (1962) et autres "Bricoleurs" (1962) qui poursuivaient une série de "Pique-Assiettes" (1960), de "Livreurs" (1961), de "Gorilles" et de "Gros Bras" (1964), où il faisait généralement équipe avec Darry Cowl, sans oublier les productions de l'inévitable Raoul André, comme "Le Bourgeois gentil mec" (1969), "Ces messieurs de la gâchette" (1970) ou "La dernière bourrée à Paris" (1973).

Si on veut mesurer la force comique dont Francis Blanche pouvait donner la preuve, il faut la chercher par exemple dans "Babette s'en va t'en guerre" (1959) de Christian-Jaque, où son personnage de l'Obersturmführer Schulz, dit "Papa Schulz", est resté justement célèbre. Bien dirigé, par un bon cinéaste, il ne fut jamais plus drôle. Avec le même réalisateur, il eut un rôle mémorable de Français moyen lâche et rusé, dans l'excellent et méconnu "Repas des Fauves" (1964). L'action se déroulait en temps réel, il s'agissait de la treizième et dernière collaboration entre Henri Jeanson et Christian-Jaque. Aux côtés de Francis Blanche, Claude Nicot, Antonella Lualdi, France Anglade, Claude Rich, Dominique Paturel et l'excellente prestation allemande de Boy Gobert.

Toujours avec Christian-Jaque, une composition inattendue en père de Virna Lisi dans "La Tulipe Noire" (1964) avec Alain Delon. Peu de grands cinéastes, malheureusement, songèrent à utiliser le talent de Francis Blanche. Il y eut tout de même Autant-Lara avec "La Jument verte" (1959) d'après Marcel Aymé et "Vive Henri IV, vive l'amour" (1960). Dans un autre registre, Georges Lautner fit appel à ce grand comédien qu'était Francis Blanche, en enchaînant plusieurs tournages dont "Le Septième Juré" (1961) avec Bernard Blier, le film culte "Les Tontons flingueurs" (1963) et "Les Barbouzes" (1964), tous deux avec Lino Ventura et Bernard Blier, ou encore l'italien Steno avec "Le chat miaulera trois fois" (A Noi piace Freddo...!,1960) et surtout "La grosse pagaille" (La Fedmarescialla,1961).

Tout à fait à part, il faut mentionner "Belle de Jour" (1967), de Luis Bunuel, qui montra quel acteur extraordinaire et complet pouvait être ce grand comique. Pourtant, il y a eu un cinéaste qui a su tirer du talent très personnel de Francis Blanche : c'est Jean-Pierre Mocky. Son univers particulier; fait d'humour grinçant et féroce, se mariait très bien avec celui d'un tel acteur qui, de son côté, savait en exploiter toutes les ressources. Ensemble ils firent neuf films : "Un Couple" (1960), "Snobs" (1961) avec Tissier, Dufilho, Michael Lonsdale, Noël Roquevert et Pierre Dac, "Les Vierges" (1962), "Un Drôle de Paroissien" (1963) avec Bourvil et Jean Poiret, "La Cité de l'indicible peur" ou "La grande frousse" (1964) avec Bourvil et Poiret, "Les Compagnons de la Marguerite" (1966) avec Claude Rich, Michel Serrault, Jean Tissier, Roland Dubillard, Michael Lonsdale et Marcel Peres, certains comédiens se retrouveront aux côtés de Francis Blanche, dans "La Grande Lessive" (1968) avec Bourvil et Poiret dans les rôles principaux.  Francis Blanche et Michael Lonsdale dans "L'Etalon" (1970), l'une des dernières prestations de Bourvil.

"Un Linceul n'a pas de poches" (1974) fut le dernier film de Francis Blanche; il mourut avant de l'avoir complètement terminé, et il fut synchronisé par le comédien Roger Carel qui l'imitait parfaitement. Il y a quarante ans, le 6 juillet 1974, disparaissait l'un des plus talentueux comédien français, Francis Blanche succomba à une crise cardiaque . Tous ces films ne sont pas d'égale valeur, mais certains sont des réussites surprenantes. On est pas près d'oublier ce que faisait Francis Blanche dans "Un couple" ou dans "Snobs", sans doute les plus aboutis, ou même dans "Un drôle de paroissien" ou "Les compagnons de la marguerite". Grâce à Mocky, à Bunuel et à Christian-Jaque, comédien qui a beaucoup tourné (douze films en 1961!).   

     

 ****Selection Cinetom

*Le Repas des fauves*Un Couple*Belle de Jour*Les Tontons Flingueurs*Un Drôle de Paroissien 

      

                                                   1942

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                      1947

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                                                    1950

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                                                                 1953    

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                                                   1954 

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                                               1958

 

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             le_petit_prof                                           

                                                  1959 

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                                                         1960 

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                                                        1961 

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                                                         1963

 

                        

                                                                      1964  

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                          1965                                                              1966

   

 

 

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                                                                1967 

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                                                            1968  

  

  

  

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                                                      1969

                                 

  

           

               

 

 

                                                           1970

  

   

                                                                   1971

  

 

                                              1972

                                                                                                         Le Solitaire

  

 

                                              1973

  

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                                                        1974 

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