ANNIE GIRARDOT                1931 - 2011 

    MORT D'UNE GRANDE ACTRICE POPULAIRE

 

 

              

                      

 

L'actrice Annie Girardot est décédée "paisiblement" lundi à l'hôpital LariboisièreàParis, à l'âge de 79 ans, a annoncé à l'AFP sa petite-fille Lola Vogel. "Elle est partie paisiblement. Maman et moi étions à ses côtés", a déclaré Lola Vogel, petite-fille d'Annie Girardot. 

L'actrice souffrait depuis plusieurs années de la maladie d'Alzheimer, révélée au public par sa famille en 2006 et dont elle était devenue un symbole, après avoir accepté de se faire filmer pour le documentaire "Ainsi va la vie", de Nicolas Baulieu.

Née le 25 octobre 1931 à Paris, elle avait fait ses débuts au cinéma avec "Treize à table" de André Hunebelle, en 1955. L'annonce de son décès a suscité plusieurs réactions du monde français du cinéma.

Annie Girardot avait provoqué une émotion collective considérable lors de la cérémonie des César en 1996 quand elle avait reçu le César du meilleur second rôle féminin pour sa composition dans Les Misérables de Claude Lelouch, après une longue absence des écrans.

Vêtue d'une petite robe noire, le visage inondé de larmes, tenant son César comme une revanche, elle avait lancé au public : "je ne sais pas si j'ai manqué au cinéma français mais à moi, le cinéma français a manqué follement... éperdument... douloureusement".

"Et votre témoignage, votre amour me font penser que peut-être, je dis bien peut-être, je ne suis pas encore tout à fait morte", avait-elle poursuivi toujours en pleurs, laissant son émotion la submerger. La salle entière, extrêmement émue, s'était ensuite levée pour lui rendre un long hommage.

La comédienne n'avait alors rien tourné depuis 1989 ("Comédie d'amour" de Jean-Pierre Rawson). Elle était revenue à l'écran en 1995 pour cette composition de Mme Thénardier dans Les Misérables de Lelouch.

Elle devait encore enchaîner quelques films jusqu'en 2007, date de sa dernière apparition au cinéma.

                              

  

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            ANNIE GIRARDOT                 1931  - 2011  

                    Comédienne  Française

 

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Annie Girardot était l'une des dernières actrices d'une époque révolue,  le public se reconnaît en elle, elle reste l'une des  comédiennes les  plus aimées et les plus authentiques  du cinéma français .  Quelques titres parmi les plus importants de sa carrière : "L'homme aux clés d'or" avec Pierre Fresnay, "Maigret tend un piège" de Jean Delannoy avec Jean Gabin,"Rocco et ses frères" de Luchino Visconti avec Alain Delon et Renato Salvatori(son futur époux), "La proie pour l'ombre" d'Alexandre Astruc avec Daniel Gélin, "Le Rendez-vous" de Jean Delannoy avec Jean-Claude Pascal et Philippe  Noiret, "Le bateau d'Emile" de Denys de la Patellière avec Lino Ventura, Pierre Brasseur et Michel Simon, "Le vice et la vertu" de Roger Vadim avec Catherine Deneuve et Robert Hossein, mais également "Trois chambres à Manhatta" de Marcel Carné avec Maurice Ronet, "Vivre pour vivre" de Claude Lelouch avec Yves Montand, "La bande à Bonnot" avec Jacques Brel, "Dillinger est mort" de Marco Ferreri avec Michel Piccoli, "Un homme qui me plait" de Lelouch avec Jean-Paul Belmondo, "Clair de terre" de Guy Gilles avec Edwige Feuillère, Micheline Presle et Roger Hanin, "Elle boit pas, elle fume pas mais elle cause" d'Audiard avec Bernard Blier entre autres.

A partir des années 70, on peut souligner sa participation dans "Les novices" avec Brigitte Bardot et "Guerre secrète" avec Bourvil, même si on aurait préféré un autre face à face avec Bourvil. Il y eut également "Mourir d'aimer" d'André Cayatte,  quatre autres films en compagnie de Philippe Noiret, cela commence avec "La vieille fille"  puis "La mandarine", et enfin les deux films de Philippe de Broca "Tendre poulet" et "On a volé la cuisse de Jupiter".

Il y eut aussi "Docteur Françoise Gailland" avec Jean-Pierre Cassel et une débutante nommée Isabelle Huppert, "Traitement de choc" d'Alain Jessua avec Alain Delon et Michel Duchaussoy, "Il n'y a pas de fumée sans feu"  et "A chacun son enfer" deux films réalisés par André Cayatte. Et enfin, l'un de ses plus grands succès populaires "La gifle" aux côtés de Lino Ventura et Isabelle Adjani.

 (L'une de nos plus grandes actrices françaises vient de nous quitter,cette évocation a été rédigée sur Cinétom le 12 novembre 2009 en 2 volets).

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Annie Girardot est née  le 25 octobre 1931 à Paris, dans le quartier de la Bastille. Sa mère est présidente des sages-femmes de France. Elle n'a jamais connu son père, décédé alors qu'Annie était une jeune enfant.  Son frère, Jean, est de cinq ans son aîné. Après une enfance passée à Caen, elle prépare un diplôme d'infirmière à Paris sans grand enthousiasme.

Annie Girardot se découvre une vocation pour la comédie, elle se met à fréquenter le Centre Dramatique de la rue Blanche dès le mois d'avril 1949. Elle à Jean Meyer pour professeur. Sa première prestation au théâtre fut le rôle de Dorinedansunescènede"Tartuffe"; Elle poursuit la filière qui l'a conduit directement au Conservatoire, ou elle travaille sous la direction d'Henri Rollan.

En 1954 au Conservatoire : double premier prix de comédie, classique et moderne, que celle-ci remporte pour avoir interprété une scène de " La locandiera," de Carlo Goldoni. Annie est engagée à la  Comédie Française. Pendant deux années elle interprète le répertoire : (Sylvia dans "Les jeux de l'amour et du hasard" de Musset), (La paix chez soi de Courtenine), (Les Misérables de Victor Hugo avec Aimé Clariond)

Annie Girardotdébuteaucinémaàlafin de l'été 1955, dans un film méconnu d'André Hunebelle "Treize à table" (1956), adapté d'une pièce de Marc-Gilbert Sauvajon avec Micheline Presle et Fernand Gravey. Le film n'offre guère grand interêt, mise à part qu'il s'agit de son premier film. Juste après son premier tournage cinématographique, elle enchaîne une pièce de théâtre de Jean Cocteau "La machine à écrire" et endosse le rôle de Margot. La critique est unanime, on parle d'Annie Girardot comme la grande révélation de ses dix dernières années.

Le cinéma s'interesse au cas Girardot, elle donne la réplique à Pierre Fresnay dans "L'homme aux clés d'or", sous la direction de Léo Joannon. Le tournage débute le 22 mai 1956 pour s'achever le 13 juillet 1956. Annie eut un succès considérable, les critiques étaient emballés par sa performance. Les "clefs d'or" du titre sont celles figurant sur le blason cousu au revers de la livrée des portiers des grands hôtels. "Aidé par l'association des "Clefs d'Or" et par son président qui m'a donné quelques préceptes, je me suis amusé à observer les gens de l'hôtellerie et j'ai eu leur accord. Ils m'ont dit "C'est parfaitement vraisemblable." ("Pierre Fresnay", La Table Ronde, 1975).  C'est le second film interprété par Annie Girardot qui, durant le tournage à Monte-Carlo, devait rentrer à Paris presque tous les soirs pour jouer, à la Comédie Française, "La machine infernale" de Jean Cocteau. Elle obtient l'année suivante le " Prix Suzanne Bianchetti ", pour "L'homme aux cles d'or".

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Annie Girardot joue a merveille les petites garces, trois jours après la fin du tournage de "L'homme aux clés d'or", Annie Girardot enchaîne avec "Reproduction Interdite" (1956) de Gilles Grangier, adapté du roman de Michel Lebrun. Il s'agit duseul film joué en vedette par le comédien Paul Frankeur: «Le producteur, LucienViard, voulait faire un film avec Paul Frankeur, expliqua Gilles Grangier. (…) Il était très ami avec lui et ne trouvait pas juste qu’il soit toujours réduit au rôle de faire-valoir. Je connaissais bien Paul, qui était un ami et avec qui j’avais fait plus d’une douzaine de films. . Je l’aimais beaucoup et je n’étais pas le seul. (in «Passé la Loire, c’est l’aventure», entretiens avec François Guérif, Terrain Vague, Losfeld, 1989). C’est Annie Girardot qui avait lu le livre de Michel Lenoir à la faveur d’un voyage en train et qui le recommanda à Gilles Grangier. Michel Lenoir était alors le pseudonyme de Michel Lebrun, auteur réputé de romans policiers (plus de 80 titres) dont une dizaine devait fournir des sujets au cinéma, et qui allait devenir dans le courant des années soixante, le «scénariste le mieux payé de France». Insatisfait des recettes, le producteur ressortit le film sous le titre "Meurtre à Montmartre", ce qui est mensonger, étant donné que l’action ne se passe jamais sur la Butte… «… Il paraît que "Meurtre à Montparnasse" faisait trop long sur l’affiche» précisa Gilles Grangier.

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L'année 1957, elle participera à quatre films : "Le Rouge est mis"  mis en scène par Gilles Grangier, adapté par Michel Audiard et Auguste Le Breton, d'après son roman. Aux côtés de Jean Gabin, Lino Ventura, Paul Frankeuret Marcel Bozzuffi. Grangier énonce dans ses mémoires "50 ans de cinéma" : " Le vieux (Gabin) était monolithique, sans pitié ! Lino crevait l'écran. Frankeuret Bozzuffi étaient parfaits. Et je retrouvais Girardot. Elle était bandante, l'Annie, et quel talent !".

Le suivant "L'amour est en jeu" ou "Ma femme, mon gosse et moi" de Marc Allégret lui permet d'interpréter quelque chose de différent dans le rôle de Marie-Blanche,si fine et sensible, Annie Girardot partage l'afficihe avec Robert Lamoureux, Jacques Jouanneau, Pierre Doris (qui vient de nous quitter) et Jean Parédès.

Le troisième film de l'année 57 est "Maigret tend un piège", Jean Gabin fut chronologiquement le huitième comédien à incarner le commissaire Maigret au cinéma depuis 1932, d'après les romans de Georges Simenon. Jean Delannoy assura la mise en scène. Ce fut l'un des meilleurs films du cinéaste, il semblait s'interesser à ce film beaucoup plus qu'à certains autres. Maigret y faisait l'analyse pychologique d'un tueur (Jean Desailly) dont sa femme n'est autre qu'Annie Girardot.

Et enfin "Le desert de Pigalle" permet à Annie de retrouver  Leo Joannon en 1957, cette fois-ci comme partenaire et réalisateur, elle y est encore une fois, une fille perdue "Josy la panthère" dont un prêtre essaue de la remettre dans le droit de chemin. Pendant deux ans, Annie Girardot va déserter les plateaux de cinéma, jusqu'en septembre 1959,au profit des planches...Elle quitte la Comédie Française. En 1958, aux côtés de Jean Marais, elle joue " Deux sur une Balançoire ", de William Gibson, au Théâtre des Ambassadeurs. En 1960, c'est " L'idiote ", de Marcel Achard, avec Jean-Pierre Cassel, au Théâtre Antoine.

 

Annie Girardot tourne "La Corde raide" (1959) d'un jeune réalisateur Jean-Charles Dudrumet, tiré d'un roman de Michel Lebrun "La veuve". Son partenaire n'est autre que François Périer. Elle poursuit avec "Recours en grâce" (1959) du cinéaste Laszlo Benedek, (célèbre pour avoir tourné "L'équipée sauvage" avec Marlon Brando) inspiré d'un roman d'Henri Calef, le film n'offre pas une performance interessante à l'actrice. Il lui faudra attendre une rencontre exceptionnelle, celle de Luchino Visconti qui fait appel  à elle pour tourner aux côtés d'Alain Delon, Katina Paxinou, Renato Salvatori, Suzy Delair dans "Rocco et ses frères" (1960). Une oeuvre magistrale, inoubliable sur une musique de Nino Rota. Un véritable chef d'oeuvre dont la première projection date du 10 mars 1961.

Adapté d'un ouvrage italien, "Rocco et ses frères" combine diverses influences, en particulier celles de Dostoïevski ("Les frères Karamazov") et Verga. On peut aussi le considérer comme une sorte de suite libre à "La terre tremble" tourné par Visconti en 1948 et qui fut un des grands films de l'école néo-réaliste. Le mélange d'acteurs italiens et français ne nuit pas à la profonde authenticité de l'œuvre. En 1960, le film remporta le Prix Spécial du Jury, le "Lion de Saint-Marc", en argent, au Festival de Venise. Annie Girardot interpréter le rôle de Nadia, une jeune prostituée. Ce film a permit à Alain Delon de voir lancer sa carrière internationale. Quant à Annie Girardot, elle épousa Renato Salvatori le 6 janvier 1962.

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               Annie Girardot - Alain Delon - Luchino Visconti pendant le tournage

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 Entre-temps, Annie Girardot avait tourné dans le film à sketches "La Française et l'Amour"" (1960)  dont le sketche s'intitule "Le divorce". Alexandre Astruc réalise "La Proie pour l'ombre" (1960) dans lequel Annie a pour mari Daniel Gélin et Christian Marquand pour amant. Alexandre Astruc présentait ainsi son film: La protagoniste de "La proie pour l'ombre" s'occupe d'une galerie de peinture et habite avec son mari, qu'elle a épousé sans jamais l'avoir réellement aimé. Aussi le sentiment qui l'unit à lui préserve son indépendance. Mais quand elle rencontrera un homme qu'elle adore et auprès de qui elle ira vivre, l'amant se substituera au mari. Elle deviendra alors dépendante et sera amenéeà briser, ainsi que les premiers, ces nouveaux liens.

Le film reprenait un projet écrit deux ans auparavant par Astruc et Françoise Sagan, "La plaie et le couteau", qui devint, après le désistement de la romancière, "La proie pour l'ombre". " Astruc ajoutait : "On dit déjà que mon film est le conflit entre la femme moderne et l'amour. Ce n'est pas exact. J'ai voulu plus précisément exprimer la difficulté qu'a une femme d'accepter d'être une femme. Elle est tellement persuadée qu'elle est l'égale de l'homme que lorsqu'un homme, par amour, la féminise, elle éprouve non pas une révolte mais un déchirement."

Après avoir rapidement tourné un sketch du film de Michel Boisrond "Les Amours Célèbres(1961), Annie Girardot donna la réplique à Edwige Feuillère. Après avoir séjourné aux Etats-Unis aux côtés de Renato Salvatori, Annie s'investit corps et âmes dans "LE BATEAU D'EMILE" (1961) de Denys de la Patellière  aux côtés de Lino Ventura, Pierre Brasseur et Michel Simon. Ce film est tiré d'une adaptation de Simenon – "Le bateau d'Émile", retitré "Le homard flambé" lors d’une nouvelle sortie, fut tourné à La Rochelle. La nouvelle de Simenon, en revanche, se situait à Fécamp. Annie Girardot, au «Mistigri», interprète une chanson écrite spécialement pour le film par Jacques Plante pour les paroles et Charles Aznavour pour la musique.  

 Annie Girardot va rester absente des plateaux pendant pendant une dizaine de mois, le temps de donner naissance à a fille Giulia, le 15 juillet 1962. Annie retrouve les plateaux de cinéma, Roger Vadim prépare son prochain film "Le Vice et la Vertu" (1962). Ce film permet à l'actrice de rivaliser avec une débutante Catherine Deneuve, et de donner la réplique à Robert Hossein.

Lorsque, en 1961, Roger Vadim et Roger Vaillant annoncèrent leur projet d'adapter très librement les textes sulfureux du Marquis de Sade, l'affaire fit grand bruit. Le cinéaste et le romancier avaient fait sensation l'année précédente avec la sortie commerciale tumultueuse des LIAISONS DANGEREUSES 1960, que plusieurs municipalités avaient censurées. Le titre et le choix des prénoms féminins évoquaient directement l'_uvre du Marquis de Sade, l'auteur de et de l'. Les conditions de production et de distribution, bridées par une censure vigilante, ne permettaient guère une transposition fidèles des délires sadiens. On était loin de la liberté que s'octroya en 1975 Pier Paolo Pasolini pour SALO -OU LES CENT VINGT JOURNEES DE SODOME. Au moment de la sortie du film, Roger Vadim minimisa la référence au divin marquis, mais la critique en était restée aux précédentes déclarations d'intentions. Le malentendu desservit considérablement le film. Après avoir été le démiurge de Brigitte Bardot et d'Annette Stroyberg, Roger Vadim avait confié l'un des deux rôles principaux à Catherine Deneuve, alors jeune débutante devenue sa compagne.

Annie Girardot participera au tournage de sept films italiens, dont trois d'entre eux sortent du lot. 1963 est  sa première rencontre avec l'univers si particulier des films de Marco, Ferreri, "Le mari de la femme à barbe" (1963) avec Ugo Tognazzi. Le film fut accueilliavec mépris et dégoût par la presque totalité de la presse française. Ce sixième film de Marco Ferreri permettait une difficile performance d'actrice; couverte des pieds à la tête d'un pelage inesthétique, Annie Girardot parvenait à exprimer une sensibilité qui faisait oublier la laideur factice dû à ce maquillage inhabituel. Le scénario ne faisait aucune concession à la bienséance, ce qui explique l'hostilité que "Le mari de la femme à barbe" rencontra au festival de Cannes de 1964. Pour ne pas heurter un public commercial désorienté par un tel excès d'humour noir, les producteurs imposèrent un autre dénouement. C'est ainsi qu'on put voir la femme-singe perdre tous ses poils avant d'accoucher et mettre au monde un bébé normalement constitué. Maria cessait d'être le monstre qu'on exhibe et commençait une nouvelle vie de femme normale. Antonio, sur les conseils d'un médecin avisé devenait un travailleur honnête... Il va de soi qu'une telle fin heureuse provoquait une rupture de style qui contrastait fort avec le ton grinçant de cette fable sur l'appât du gain et l'irrespect de la personne humaine.   

 

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 Il faut souligner également la prestation d'Annie Girardot dans le film de Mario Monicelli "LES CAMARADES" (1963). Le film fut tourné au printemps 63, l'actrice incarnait à nouveau une prostituée. Après avoir été plusieurs fois primé, notamment à Mar Del Plata, où il a remporté le grand prix en 1964, ce film, dont la sortie en France a été tardive, a partout connu un échec commercial, à la grande amertume de ses auteurs. Sans doute, comme le pense Monicelli lui-même (Cf. " Le Cinéma Italien ", par Jean Gili, 10/18) était-il en avance sur son temps. On avait alors peu l'habitude de voir une fresque sociale (sur la première grève ouvrière à une époque charnière de l'histoire italienne) aussi peu chargée d'effets romanesques, d'accessoires " d'époque ", d'éléments dramatiques. Refusant, tout à la fois, le pur documentaire sur la condition ouvrière, selon un schéma politique propagandiste, et la reconstitution néo-réaliste d'un univers à la Zola, Monicelli et ses collaborateurs ont accumulé les handicaps.

Il y eut aussi le film à sketches "Les hors-la-loi du mariage" (1963) d'une ultime collaboration entre Valentino Orsini et les frères Taviani. Il s'agissait de six sketches sur les aberrations engendrées par une législation proscrivant le divorce.

Elle accepte de jouer dans le premier film de Robert Thomas, d'après une pièce de Felix Marceau "LA BONNE SOUPE", ainsi que de donner la réplique à Bourvil dans "Guerre Secrète" (1965) de Terence Young (il s'est illustré dans les premiers James Bond ). On peut s'apercevoir que sa carrière cinématographique est dans une impasse. On ne lui propose rien d'interessant.

Elle est l'interprète d'Arthur Miller, dans " Après la chute ", en 1965, au Gymnase, avec Michel Auclair et d'une comédie musicale de Renato Rascel, " Le Jour de la Tortue", aux côtés de Philippe Nicaud, au Théâtre Marigny. Annie est à l'affiche avec "Trois à chambres à Manhattan" (1965), adaptation d'un roman de Georges Simenon, plusieurs cinéastes s'y étaient interessés. Carné souhaitait donner un cacher d'authenticité au roman de Simenon en tournant effectivement son film à New York. Après un voyage préparatoire, il dut y renoncer pour des raisons financières. Le tournage eut donc lieu dans les studios de Billancourt, le décorateur Léon Barsacq ayant rapporté de New York une énorme documentation photographique, des meubles et les accessoires nécessaires. La figuration fui choisie dans les milieux américains de Paris. Présenté, contre l'avis de son réalisateur au Festival de Venise 1965. "Trois chambres à Manhattan" fut récompensé en la personne d'Annie Girardot qui reçut la coupe Volpi pour la meilleure interprétation féminine.

 

Un autre moment intéressant dans la carrière de l'actrice, le film à sketches "LES SORCIERES" (1966) réalisé par Luchino Visconti. Silvano Mangano en était l'actrice principale aux côtés de Clint Eastwood. On s'aperçoit également que la Nouvelle Vague l'ignore plus ou moins, mise à part Claude Lelouch, qui va enfin révèler le talent immense de l'actrice.

C'est en décembre 1966, qu'Annie Girardot revient devant une caméra, celle de Claude Lelouch dans "VIVRE POUR VIVRE", elle y joue l'épouse délaissée par Yves Montand. Ce film a permis à la comédienne de reprendre goût du cinéma.

L'extraordinaire succès d'"UN HOMME ET UNE FEMME" avait projeté Claude Lelouch au premier plan de l'actualité. "Vivre pour vivre" bénéficie de moyens beaucoup plus importants, en particulier d'une distribution à caractère international. La carrière d'Annie Girardot qui piétinait depuis plusieurs années, fut relancée par ce film. La comédienne a très bien su décrire les rapports particuliers que Lelouch entretient avec ses acteurs : "Lelouch nous laisse vivre et nous regarde. Et nous surprend. Nous ne sommes plus des jouets. Il n'y a pas toute une cour alentour et des spots qui vous traquent. Il fait des choses humaines. Dans le travail, il donne du bonheur. Je ne connais pas beaucoup de metteurs en scène capables de le faire". En 1968, Annie Girardot remporte le Prix de la meilleure interprétation féminine au Festival de Mar del Plata, pour sa création.

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           La Bande à Bonnot 

            La Bande à Bonnot

 Annie Girardot enchaîne avec deux autres films "Les Gauloises Bleues" (1967), unique réalisation d'un critique célèbre Michel Gournot. Ce film qui, bien que tourné avant mai 1968, en annonce prophétiquement le climat, est à ce jour l'unique film de Michel Cournot, poète, romancier, journaliste, longtemps critique de cinéma au "Nouvel Observateur", et critique de théâtre au journal "Le Monde". C'est un exemple de ce cinéma de poésie que Pasolini, en une définition passée à la postérité, apposait au traditionnel cinéma de prose. Diversement accueilli, il suscita des réactions d'une intensité au moins égale à celle que firent naître les critiques passionnées, voire provocatrices et anticonformistes, de Cournot, infatigable défenseur du cinéma de Jean-Luc Godard. Il fut tourné en son direct. A ce propos Cournot précisait à Gérard Langlois venu l'interroger pour " Les Lettres Françaises " (4 septembre 1968) : "Le doublage est un vrai scandale. Le son direct est plus concevable, mais il est très dur à utiliser et il augmente considérablement le budget. J'ai donc pris au départ des options. Par exemple, tourner en un seul plan à chaque fois, très long pour éviter les raccords sonores. "

 

Assez réussi, le film de Philippe Fourrastié : "LA BANDE A BONNOT" (1968), film ambitieux mené à bien, le film sortit en octobre 1968, ce qui le desservit considérablement dont la mesure ou le message pro-anarchiste qu'il véhicule ne fut compris que comme une volonté opportuniste de "raccrocher" à une actualité récente. Inspiré de faits réels qui défrayèrent la chronique pendant six mois, de 1911 à 1912. Le film se veut un document d'époque. Nombre de scènes sont d'ailleurs - reconstituées d'après des documents photographiques - comme le siège du Petit Robinson, à Nogent-sur-Marne - ou tirées de gravures parties dans "La Petite Illustration", même si, en ce qui concerne le scénario, la mort de Bonnot correspond en fait à celle d'un de ses complices, Valet, qui n'apparaît pas dans le film - Bonnot avant été abattu à Choisy-le-Roi avant que ses lieutenants ne tombent lors du siège de Nogent-sur-Marne.

 

Depuis 1962, Annie Girardot mène parallèlement une double carrière cinématographique, en France et en Italie où elle tourne plusieurs films avec Marco Ferreri. "Dillinger est mort" (1968) est le second des trois films interprétés par Annie Girardot sous la direction de Marco Ferreri, entre "Le Mari de la femme à barbe" (La Donna Scimmia, 1963) et "Il Seme Dell' Uomo" (1969) toujours inédit en France. Ce deuxième film est sûrement le meilleur film de Marco Ferreri. Par contre, c'est le début d'une longue collaboration entre Ferreri et Michel Piccoli qui, dans son livre "Dialogues égoïstes", cerne avec précision la signification profonde du film : "Mon personnage s'efforce d'habiter le temps qui le provoque. Je balise les secondes qui passent. Comme un nageur en train de sombrer, je griffe le décor pour mieux laisser la trace de mon présent. Pour exister en attendant que se matérialise dans mon futur le voilier libérateur, je déplace les objets, tue des rituels". Car, ainsi que le définit le comédien : "Ferreri n'envisage pas l'avenir. Il se contente de mettre en scène des êtres sans passé ni avenir qui se débattent dans les pièges du temps présent".

Le film fut présenté à Cannes, lors du Festival 1969, un an après l'interruption de la compétition cannoise par les événements de Mai 68. La critique y a vu une dénonciation de la "société de consommation", alors que Ferreri en a dit : "C'est encore un film bourgeois pour les bourgeois. Nous n'avons pas de dialogue révolutionnaire avec le public. La révolution se fait en faisant la révolution, pas en faisant des films." Ce qu'il précisera encore, de, manière provocatrice, en déclarant : "Dillinger ne sert à rien, il plaît au ghetto de la culture. Et on s'en fout..."

 En Yougoslavie, elle est l'interprète de "Il Pleut sur mon village", un film écrit et réalisé par Aleksandar Petrovic (l'auteur de "J'ai même rencontré des tziganes heureux").

Outre son activité au studio, elle poursuit également une carrière théâtrale ("L'Idiote", "Deux sur une balançoire", "Seule dans le noir", etc.). À la Scala de Milan, elle est la récitante de "Perséphone", l'opéra de Stravinski, tiré de l'œuvre d'André Gide. Seule en scène pendant deux heures, elle fut récemment encore "Madame Marguerite", dans une adaptation de Jean-Loup Dabadie. Sa personnalité et sa vivacité d'esprit lui permettent d'incarner les personnages les plus variés et d'aborder tous les registres.

 Fin 1968, Annie renoue avec le comique grâce à une gentille satire de la publicité, "Erotissimo"(1968) du cinéaste Gérard Pirès avec qui,elle prend beaucoup de plaisir à travailler : "J'adore ce rôle, je me réjouis de l'interpréter. J'ai adoré ce film. Pirès voilà un garçon fantastique, et que j'aime beaucoup. Tourner  avec lui, c'était très agréable, et je souhaite un jour refaire un film avec lui. C'est un garçon très efficace, très jeune, complètement fou." (In Cinémonde no1820, 27 janvier 1970).

 On retrouve Jean-Paul Belmondo et Annie Girardot dans "Un Homme qui me plait" (1969) filmé par l'un des précurseurs de la Nouvelle Vague, Claude Lelouch. Annie s'invita à visiter les Etats-Unis. Elle poursuit sa carrière cinématographique avec un film atypique : "Le Clair de Terre" (1969), grand prix du Festival du Jeune Cinéma de Hyères en 1970, ce film est le troisième long métrage de Guy Gilles, cinéaste inclassable né en 1940 à Alger et mort prématurément en 1996. « Je n'ai jamais fait un film qui raconte ma vie. J'avais attendu d'ailleurs très longtemps pour faire "Le Clair de Terre"", car, par rapport au problème de l'Algérie, cela m'embêtait de raconter l'histoire de quelqu'un qui retourne dans son pays. Cela faisait appel à trop de thèmes « romantiques », ce qui me déplaisait. J'ai fait le film plus tard, en m'inspirant du personnage de mon frère, qui est plus jeune que moi : le film devint alors l'histoire de quelqu'un qui va dans un pays où il a des attaches sentimentales mais qu'il n'a pas connu. D'où l'importance des objets, des paysages, des gens qui allaient ressusciter ce passé inconnu. »

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