2ème Partie

CHARLES CHAPLIN               1889 -1977 

Acteur, réalisateur, producteur Américain (GB -USA)

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Ce n'est qu'après expiration de son contrat avec la First National que Chaplin fut en mesure de réaliser son premier long métrage pour les Artistes associés, la compagnie qu'il avait fondée quatre ans plus tôt en compagnie de Douglas Fairbanks, David Wark Griffith et Marie Pickford.

"L'OPINION PUBLIQUE" (A Woman of Paris,1923) était sa première tentative, longtemps différée, de drame "sérieux". Il s'agissait aussi de faire d'Edna Purviance une véritable actrice dramatique; malgré son interprétation pleine de finesse et d'élégance, elle ne parvint pas à s'imposer réellement face à Adolphe Menjou (qui finit d'ailleurs par lui voler la vedette). Chaplin lui-même se contenta d'une très brève apparition, dans le rôle d'un passant.

Le sujet est tout droit sorti d'un mélodrame victorien : une jeune fille de la campagne devient courtisane et se retrouve déchirée entre un artiste et son protecteur. "L'opinion publique", au grand chagrin de son auteur et en dépit d'une critique enthousiaste,, fut un échec commercial. Chaplin surmonta ses pertes financières et retrouva confiance en lui avec deux de ses meilleurs longs métrages comiques, "LA RUEE VERS L'OR" (The Gold Rush,1925) et "LE CIRQUE" (The Circus,1928).

C'est au printemps 1924 qu'il débute le tournage de l'un de ses films les plus célèbres, "La Ruée vers l'or". Il fut tourné en quatorze mois de Janvier 1924 à mai 1925 pour la somme de 650 000 dollars, ce qui était très élevé pour l'époque. Ce long métrage de Chaplin fut l'un des plus gros succès financiers du cinéma de cette époque. La réédition (sonorisée, commentée et mise en musique par l'auteur en 1942) fut également un énorme succès.

"La Ruée vers l'or" possède quelques unes des séquences les plus célèbres de l'oeuvre de Chaplin; dont la célèbre danse des petits pains, que Charlie exécute dans son rêve pour Georgia (Georgia Hale)...

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Sur le tournage de "La Ruée vers l'or"

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En 1928, l'arrivée du cinéma sonore l'inquiète, il l'accuse de détruire la grande beauté du silence...ainsi que la pantomine qui permet de mieux exprimer les émotions à la parole...

 

A partir des années 30, il ralentit encore le rythme de sa production : chacun de ses films ne lui prenait pas moins de cinq ans de préparation et de tournage. Comme il avait entrepris "LES LUMIERES DE LA VILLE" (City Lights,1931), le cinéma sonore fit son apparition, Chaplin décida pourtant de ne pas mettre en péril le personnage qu'il avait crée, et pris la décision de laisser le film sans paroles, Chaplin ne se sert du cinéma sonore que comme moyen d'accompagnement musical. L'histoire d'une jeune fille aveugle et des efforts qu'accomplit le pauvre vagabond solitaire, qui se fait  passer pour un riche rentier, pour qu'elle recouvre la vue. De nombreuses scènes d'anthologie sont à souligner, telle que la scène poignante des retrouvailles. "Les Lumières de la ville" fut un immense succès où se retrouvent deux composantes essentielles de l'oeuvre chaplinesque : la romance avec la jeune aveugle et la satire sociale avec le millionnaire généreux quand il est ivre.

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Charlot apparait pour la dernière fois dans "LES TEMPS MODERNES" (Modern Times,1936), admirable variation comique sur le monde du travail à la chaîne. C'est de ce film que date  l'hostilité persistante dont il ne cessa plus de faire l'objet en Amérique : on lui reprocha de sortir de son rôle, et de poser au philisophe...C'est dans cet ultime rôle de Charlot que l'on entendit pour la première fois la voix de Charlot. Après avoir hésité longtemps, on l'entends également chanter, mais son numéro à ce moment précis est bien significatif : à son entrée en scène, il mime le premier geste et s'arrête, avant de chanter vraiment, mais dans une langue imaginaire, toujours à la recherche d'un langage universel. L'accueil fut mitigé. On accusait l'auteur de se situer à la limite du communisme, et sa vie privée avait fait scandale avec un jugement totalement hypocrite à son encontre, mais lourd de conséquence...Le film fut interdit en Allemagne et en Italie.

Chaplin avait rencontré Paulette Goddard en 1932, il l'épousa en 1933 et décida d'en faire une vedette. C'est ainsi que naîtra le projet,  c'est pour elle qu'il écrit "Les Temps Modernes" qu'il tournera en dux mois, à partir d'octobre 1934, pour un budget très important pour l'époque : un million et demi de dollars. Il fallu constuire en studio l'immense décor de l'usine, et reconstituer tout un quartier ouvrier.

"LE DICTATEUR"  (The Great Dictator,1940) est une violente satire du nazisme. Le scénario fut mis en chantier en 1938 ; dès le début du tournage, Chaplin fut en butte à de nombreuses pressions (intervention du consul nazi à Los Angeles, de l'ambassadeur de Hitler aux USA, de groupes pro-allemands... Derrière le rire se dissimule la colère, bien que Chaplin ait plus tard déclaré que, s'il avait connu la vérité sur sur les camps de concentration, il n'aurait jamais eu la témérité de faire le film.

A sa sortie, le film connut le succès, mais non le triomphe des oeuvres précèdentes: la critique fut tiède, la chaîne de journaux de Hearst (Héros du Citizen Kane d'Orson Welles) virulente. L'Amérique n'était pas encore en guerre : après Pearl Harbour, Chaplin sera mobilisé pour vendre, avec ses amis des Artistes Associés, Douglas Fairbanks et Mary Pickford, des "bons de la défense". Le long discours final, appel à la paix universelle, fut qualifié, après la guerre, par la Commission des activités anti-américaines de "communiste" et Chaplin connut de sérieux ennuis.

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Il y a toujours eu dans ses oeuvres un certain attrait caché pour l'obscur et le macabre, qui se donne libre cours dans "MONSIEUR VERDOUX" (1947). On sait qu'Orson Welles en suggéra l'idée de départ. Le personnage escroc tueur de riches femmes solitaires, est en tout cas directement inspiré de Landru. Arrêté, jugé et condamné à mort. Il établit une opposition entre le meurtre tel qu'il le pratique, et tel qu'il est socialement justifié sous le couvert de la guerre.

Premier "Chaplin" qui ne soit pas un "Charlot",  "Monsieur Verdoux" décontenança lors de sa sortie. Cette "comédie de meurtres", drôlement grinçante, fut accueillie comme le testament de l'auteur alors qu'on y retrouvait l'agressivité des premiers Charlot et une condamnation plus que caustique d'une société où il faut être hypocrite et employer les méthodes des puissants pour réussir.

Le film, qui venait pourtant six ans après "Le Dictateur", subit le boycott du grand circuit de salles Loew, celui des "vétérants catholiques de la guerre". Il fut même interdit dans plusieurs villes des Etats-Unis dont Memphis, "Pour faire du meurtre une plaisanterie".

Ce fut pour Chaplin, une mauvaise affaire financière à l'époque. On peut constater dans la scène ou l'on voit Monsieur Verdoux sur une barque accompagnée de son épouse Madame Bonheur, une séquence ou les mimiques de Chaplin  rappele sa grande époque. Certaines séquences sont devenues légendaires, surtout celles qui concernent l'actrice Martha Raye.

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Son dernier film américain fut une évocation nostalgique de sa propre jeunesse dans les rues et les music-halls de Londres.  "LES FEUX DE LA RAMPE" (Limelight,1952). Histoire d'un clown vieillissant, raté et alcoolique, qui rencontre, lors d'une tentative de suicide d'une danseuse frappée d'une sorte de paralysie psychosomatique, est en effet plein de références autobiographiques, Buster Keaton y faisant une apparition très brève,mais remarquée.

C'est en se rendant en Europe pour présenter son film (la première publique eut lieu à Londres le 16 octobre 1952) que Chaplin apprit l'ouverture d'une enquête décidée par le ministère de la justice pour savoir si son retour aux Etats-Unis était souhaitable). Le 16 avril 1953, Chaplin lui-même rendit son permis de retour au consulat américain à Genève. Il ne retourna aux Etats-Unis qu'en 1972, où lui fut décerné un Oscar pour la musique. Ce fut très rare de voir que l'on attribué un Oscar à une oeuvre vinqt cinq ans après sa réalisation: Pour être nommé, un film doit avoir été distribué à Los Angeles, or "Limelight" ne fut présenté dans cette ville qu'en 1972 !

Dès son départ définitif des Etats-Unis en 1952, Chaplin pensait un jour faire une film où il exposerait sous une forme de comédie, comme à son habitude, certains griefs qu'il avait contre  l'Amérique. En 1953, après plusieurs rencontres dans son manoir de Vevey en Suisse avec des princes en exil, le sujet de son film était déjà prévisible, il devait s'intituler initialement "Le roi déchu".

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De retour en Grande-Bretagne, il tourna un film sur les Etats-Unis, "UN ROI A NEW-YORK" (A King in New-York,1957) qui aussi une comédie tant amére que féroce, qui s'en prend violemment à la paranoia et à la manie de la persécution de l'ère maccartiste. Les meilleurs moments sont ceux où Chaplin a recours à l'émotion; il fait jouer son propre fils, Michael, en une sorte d'écho au "Gosse" : l'enfant est blessé dans son esprit par la brutalité de la société, tout comme celle-ci faisait souffrir dans son corps le petit garçon interpreté par Jackie Coogan.

Chaplin tourna son dernier film en 1967. "LA COMTESSE DE HONG-KONG" (A Countess from Hong-Kong) est une agréable comédie romantique, qui aurait eu plus de succès si les deux interprètes principaux : Sophia Loren et Marlon Brando s'étaient révélés plus aptes à entrer dans l'univers chaplinien. Chaplin  ne tient qu'un rôle épisodique à la limite de la figuration.

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Chaplin ne se résolut jamais à cesser toute activité, il travailla, presque jusqu'à sa mort, à la préparation d'un film qui devait s'appeler "The Freak", il avait déjà composé la musique de plusieurs de ses oeuvres, et il en écrivit d'autres à l'occasion de rééditions de ses films muets. Un an à peine avant sa mort, en 1977, il se contraignit ainsi à pourvoir d'un accompagnement musical "L'Opinion publique", en dépit des mauvais souvenirs que ce film représentait pour lui.  Il était dans le spectacle depuis plus de quatre-vingts ans, dont soixante-deux consacrés au cinéma, un record qui n'est pas près d'être battu.

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Keystone

  • 1914 Pour gagner sa vie (Making a Living)
  •        Charlot est content de lui (Kid's Auto Races at Venice)
  •        L'Étrange aventure de Mabel (Mabel's Strange Predicament)
  •        Charlot et le parapluie (Between Showers)
  •        Charlot fait du cinéma (A Film Johnnie)
  •        Charlot danseur (Tango Tangles)
  •        Charlot entre le bar et l'amour (His favorite Pastime)
  •        Charlot marquis (Cruel, Cruel Love)
  •        Charlot aime la patronne (The Star Boarder)
  •        Charlot et Mabel au volant (Mabel at the Wheel)
  •        Charlot et le chronomètre (Twenty Minutes of Love)
  •        Charlot garçon de café (Caught in a Cabaret)
  • 1914 Un béguin de Charlot  (Caught in the Rain)
  •         Le Maillet de Charlot (The Fatal Mallet)
  •         Le Flirt de Mabel (Her Friend the Bandit)
  •         Charlot et Fatty sur le ring (The Knock Out)
  •         Charlot et les saucisses (Mabel's Busy Day)
  •         Charlot et Mabel en ménage (Mabel's Married Life)
  •           Madame Charlot (A Busy Day)
  •           Charlot et le mannequin (Mabel's Married Life)
  •           Charlot dentiste (Laughing Gas)
  •           Charlot garçon de théâtre (The Property Man)
  •           Charlot peintre (The Face on the Bar Room Floor)
  •           Fièvre printanière (Recreation)
  •           Charlot grande coquette (The Masquerader)
  •           Charlot garde-malade (His New Profession)
  •         Charlot et Fatty en bombe (The Rounders)
  •           Charlot concierge (The New Janitor)
  •           Charlot rival d'amour (Those Love Pangs)
  •           Charlot mitron (Dough and Dynamite)
  •         Charlot et Mabel aux courses (Gentlemen of Nerve)
  •           Charlot déménageur (His Musical Career)
  •           Charlot papa (His Trysting Place)
  •           Charlot et Mabel en promenade (Getting Acquainted)
  •         Charlot garde-malade (His New Profession)
  •         Charlot et Fatty en bombe (The Rounders
  •         Charlot concierge [ou portier] (The New Janitor
  •           Charlot nudiste ou (roi) (His Prehistoric Past)
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  • Essanay

  • 1915 Charlot débute (His New Job)
  • 1915 Charlot fait la noce (A Night Out)
  • 1915 Charlot boxeur (The Champion)
  • 1915 Charlot dans le parc (In the Park)
  • 1915 Charlot veut se marier (A Jitney Elopement)
  • 1915 Charlot vagabond (The Tramp)
  • 1915 Charlot à la plage (By the Sea)
  • 1915 Charlot apprenti (Work)
  • 1915 Mamzelle Chaplin (A Woman)
  • 1915 Charlot à la banque (The Bank)
  • 1915 Charlot marin (Shangaied)
  • 1915 Charlot au music-hall (A Night in the Show)
  • 1916 Charlot joue Carmen (Charlie Chaplin's Burlesque on Carmen)
  • 1916 Charlot cambrioleur (Police)
  • 1916 Les Avatars de Charlot (Triple Trouble)
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Mutual

  • 1916 Charlot chef de rayon (The Floorwalker)
  • 1916 Charlot pompier (The Fireman)
  • 1916 Charlot violoniste (The Vagabond)
  • 1916 Charlot rentre tard (One A.M.)
  • 1916 Charlot et le comte (The Count)
  • 1916 Charlot et l'usurier (The Pawnshop)
  • 1916 Charlot fait du ciné (Behind the Screen)
  • 1916 Charlot patine (The Rink)
  • 1917 Charlot policeman (Easy Street)
  • 1917 Charlot fait une cure (The Cure)
  • 1917 L'Émigrant (The Immigrant)
  • 1917 Charlot s'évade (The Adventurer)
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First National

  • 1918 Une vie de chien (A Dog's Life)
  • 1918 The Bond
  • 1918 Charlot soldat (Shoulder Arms)
  • 1919 Idylle aux champs (Sunnyside)
  • 1919 Une journée de plaisir (A Day's Pleasure)
  • 1921 Le Kid (The Kid)
  • 1921 Charlot et le masque de fer (The Idle Class)
  • 1922 Jour de paie (Pay Day)
  • 1922 Le Pélerin (The Pilgrim)
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United Artists

  • 1923 L'Opinion publique (A Woman of Paris)
  • 1925 La Ruée vers l'or (The Gold Rush)
  • 1928 Le Cirque (The Circus)
  • 1931 Les Lumières de la ville (City Lights)
  • 1936 Les Temps modernes (Modern Times)
  • 1940 Le Dictateur (The Great Dictator)
  • 1946 Monsieur Verdoux (id.)
  • 1952 Les Feux de la rampe (Limelight)
  • 1957 Un roi à New York (A King in New York)
  • 1967 La Comtesse de Hong Kong (A Countess from Hong Kong)
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____Voir 2ème Partie____

Désolé pour l'ordre chronologique de la mise en page des photos non respectee, d'ici à quelques semaines, je finaliserai cette évocation...