JOHN WAYNE     1907 - 1979

Acteur, réalisateur et producteur Américain

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Plus qu'une star, John Wayne était en effet devenu un symbole moral, l'incarnation des valeurs traditionnelles auxquelles l'Amérique profonde se raccroche d'autant plus agressivement qu'elle sent vaciller ses certitudes et les fondements de sa civilisation. Aucun autre acteur n'a à ce point assumé l'identification totale entre les personnages qu'il a incarné à l'écran, sa vie publique et ses opinions politiques...

En quarante ans d'une longue carrière jalonnée de chefs-d'oeuvre signés John Ford, Howard Hawks ou William A. Wellman. John Wayne surnommé "The Duke" a fini par s'identifier totalement aux héros qu'il a incarnés avec une conviction et une sobriété exemplaires, au point de devenir le symbole de l'Amérique des pionniers. Le 11  juin 1979, John Wayne disparaissait après un long combat contre la maladie.

Il fut essentiellement l'acteur d'un genre, le western : "La Chevauchée Fantastique", "Le Massacre de Fort Apache", "La charge héroique", "Rio Grande" (tous ses films sont réalisés par John Ford), mais Howard Hawks à lui aussi contribué à la notoriété du légendaire co boy de cinéma : "La Rivière Rouge", "Rio Bravo", "El Dorado", "Rio Lobo"

Bette Davis disait : "J'aurais vraiment tout donné pour pouvoir travailler avec John Wayne. C'est certainement l'homme le plus séduisant qui ait arpenté cette terre, selon moi.

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Né le 26 mai 1907, de son vrai nom Marion Michael Morrison, à Winterset dans l'Iowa.  John Wayne décède le 11 juin 1979. Dès 1916, son père, un pharmacien d'origine irlanaise s'installe en Californie, non loin d'un petit village nommé Hollywood...Le jeune Morrison rêve d'entrer à l'Ecole navale, mais il doit se contenter de briller au football, ce qui lui vaut en 1925, une bourse à l'université de Californie. Tom Mix, grand amateur de sport, lui trouve un emploi d'aide-accessoiriste à la Fox. Sur le plateau de "Maman de mon coeur" (Mother Machree,1928), ce jeune et grand gaillard chargé de diriger les évolutions d'un troupeau d'oie attire l'attention du réalisateur John Ford. Il a fait son apparition à Hollywood en 1928

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Tout en apprenant les divers petits métiers des studios, la nouvelle recrue fera ainsi de la figuration (anonyme) dans d'autres films du metteur en scène irlandais : "La Maison du boureau" (Hangman's House,1928) et "Salute" (1929). C'est dans une comédie de James Tinling, "Words ans Music" (1929), qu'il apparaîtra pour la première fois au générique sous le nom de Duke Morrison.

Pour diriger "LA PISTE DES GEANTS" (The Big Trail,1930), cette épopée colossale, la Fox fit appel à Raoul Walsh qui, à cette époque, avait déjà plus de 40 films à son actif (il était en activité depuis 1912). Ce fut donc, un autre irlandais de Hollywood, Raoul Walsh, qui cherchait un jeune acteur débutant pour en faire la vedette de "La Piste des géants" et Ford lui recommande Marion Michael Morrison, dont le nom sera pour la circonstance changé par un pseudonyme, celui de John Wayne, il fut trouvé par Winfield Sheehan,  chef de la production de la Fox.. Gary Cooper avait refusé le rôle, ce fut donc John Wayne

Ce western spectaculaire tourné avec de très importants moyens sera malheureusement un échec commercial retentissant, mais on est frappé aujourd'hui par la sobriété et le naturel du jeu de Wayne, qui afort peu vieilli et qui annonce déjà ses plus grands films. Ce fut son premier grand rôle. Le film de Raoul Walsh fut une entreprise ambitieuse: plus de 80 acteurs, 2 000 indiens, deux versions tournées simultanément (une en 35 mm standard l'autre en 70 mm nécessitant 14 cameramen).

Pour accentuer l'aspect documentaire, pour donner au film un ton de réalisme et d'authenticité indiscutables; l'équipe de tournage s'astreignit à refaire, des mois durant, le parcours jadis entrepris par les anciens pionniers.

Après ces débuts encore peu concluants, John Wayne reste cantonné dans les films d'aventures à petit budget et les "serials" que Poverty Row, le "Hollywood du pauvre", produit à la chaîne. Il devient ainsi la vedette "western" de la Republic (la nouvelle firme née en 1935 de la fusion de la Mascot et de la Monogram) et notamment de huits films de la célèbre série "The Three Musketeers" réalisée par George Sherman.Il épouse en 1933 Josephine Saenz. Un premier fils naît en 1935, Michael.

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La firme Republic, née en 1935 et célèbre pour sa production de westerns à petit budget fait de John Wayne l'une des principales vedettes. "PALS OF THE SADDLE" (1938) marque le début d'une prolifique série de petits westerns que John Wayne joue avec Max Terhune et Ray Corrigan et que l'on nomme la série des "Three Mesquiteers".

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C'est encore John Ford qui va offrir à John Wayne sa seconde chance en lui confiant le rôle de Ringo Kidd dans "LA CHEVAUCHEE FANTASTIQUE" (Stagecoach,1939), l'un des plus grands westerns de l'histoire du cinéma. John Wayne devient alors une vedette de premier plan. Dès sa première apparition où sa haute silhouette surgit, fusil au poing, devant les yeux effarés des passagers de la diligence, Wayne vole la vedette à Claire Trevor, qui est pourtant la tête d'affiche du film. Paré de l'auréole romantique du hors la loi, Ringo obéit à un idéal chevaleresque, méprisant l'hypocrisie et la lâcheté des petits bourgeois frileux pour soutenir la cause des faibles et des opprimés. John Wayne saura s'en souvenir tout au long de sa carrière, de même qu'il ne cessera, auprès du maître irascible et intransigeant qu'est John Ford, de prendre humblement des leçons de cinéma.

Avec ce film, John Ford a donné un sens nouveau au western, introduisant dans la convention du genre les détails psychologiques et l'analyse sociale. L'auteur du roman s'est sans doute inspiré de "Boule de Suif" de Maupassant. Dudley Nichols en a fait un scénario exceptionnel dont le rythme est soutenu par le principal thème musical (adapté d'une vieille chanson "The Trail To Mexico") dans les décors grandioses de Monument Valley.

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Le Premier Rebelle (Alleghany uprising,1939) de William Seiter

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En 1940, John Wayne est l'interpréte principal du film de Raoul Walsh "L'ESCADRON NOIR" aux côtés de Walter Pidgeon et Claire Trevor. Le film retrace la vie d'un bandit nommé Quantrell, une des figures célèbres de l'histoire de l'Ouest et la guerre de Sécession le vit combattre les Yankees aux côtés des troupes sudistes. Quantrell et ses hommes harcelèrent les Nordistes et firent une guerre sans merci, accomplissant des méfaits que les Sudistes, eux-mêmes, réprouvaient. À la fin de la guerre civile, les hommes de Quantrell continuèrent à vivre de rapines et deux d'entre eux, les frères James, sont aujourd'hui plus fameux que leur ancien chef.

De toute évidence, Raoul Walsh n'a pas voulu faire un portrait historique bien que le scénario soit effectivement basé sur la vie du bandit qui a défrayé la chronique. DARK COMMAND est un western de série stéréotypée selon les règles de la firme Republic Pictures et pourtant on y reconnaît la patte de l'auteur de GENTLEMAN JIM; il a excellé dans le genre western.

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John Wayne et Marlène Dietrich

"LA MAISON DES SEPT PÉCHÉS" (1940) de Tay Garnett eut une considérable audience. Second film de la nouvelle carrière de Marlène Dietrich qui était revenue en force un an auparavant dans "Femme ou démon", après une pénode d'insuccès,  Agée alors de 40 ans, la femme fatale des années trente inaugurait une série de personnages plus mûrs, où elle ne trichait plus avec le calendrier. Ce long métrage est le premier film qui réunit Marlène Dietrich et John Wayne. Les deux comédiens se retrouveront à nouveau deux ans plus tard pour  "LES ÉCUMEURS" (The Spoilers - Ray Enright) et "LA FIÈVRE DE L'OR NOIR" (Pittsburgh - Lewis Seiler).

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Cette même année (1940), John Wayne retrouve son mentor John Ford afin de tourner dans "LES HOMMES DE LA MER", d'après quatre pièces d'Eugène O'Neill,  qui a été régulièrement adapté au cinéma. De toutes les versions cinématographiques de ses œuvres, seul "LES HOMMES DE LA MER" lui paraissait fidèle et O'Neill se plaisait d'ailleurs à revoir le film que John Ford tira de quatre courtes pièces " Moon of the Caribbees ", " In the Zone ", " Bound East for Cardiff " et " Long Voyage Home".

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Wayne tourne son premier film en couleurs "SHEPHERD OF THE HILLS" (1941) sous la direction de Henry Hathaway. Marié à Joséphine Saenz, John Wayne a un second garçon Patrick (1939) et deux filles Antonia (1936) et Melinda (1941).

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"LES NAUFRAGEURS DES MERS DU SUD" (1942) est le premier film à gros budget (deux millions de dollars) tourné par John Wayne depuis "LA PISTE DES GÉANTS" (1930) de Raoul Walsh. Mais, n'étant pas encore une "star", il fut supplanté sur l'affiche par les noms de Ray Milland et Paulette Goddard alors au faîte de la gloire. Ensuite, lors des ressorties successives du film, la Paramount plaça son nom en premier en raison de la baisse de popularité des deux autres vedettes.  La réalisation est signée Cecil Blount De Mille. Aux côtés de John Wayne, Paulette Goddard, Ray Milland, Susan Hayward, Raymond Masssey et Robert Preston.

En 1943, le film fut désigné pour deux nominations à l'Oscar (photo et décors) et se vit attribuer l'Oscar des effets spéciaux (dûs à Farciot Edouart, Gordon Jennings, William L. Pereira).

LES NAUFRAGEURS DES MERS DU SUD (1942) de Cecil B De Mille

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Pendant la seconde guerre mondiale, la participation de Wayne à l'effort de propagande n'est ni plus ni moins importante que celle des autres stars hollywoodiennes : On l'a vu dans "LES TIGRES VOLANTS" (Flying Tigers,1942) et "ALERTE AUX MARINES" (The Flying Seabees,1944). Mais c'est surtout au lendemain de la guerre, après Hirsoshima alors que les Etats-Unis ont besoin de justifications idéologiques, que John Wayne va commencer à apparaître comme le dernier héros américain luttant pour la bonne cause : à "RETOUR AUX PHILIPPINES" (Back to Bataan, 1945) avec Anthony Quinn succèdent "IWO JIMA" (The Sands of Iwo Jima,1949) d'Allan Dwan.

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"IWO-JIMA" (1949) bénéficia du concours de l'Infanterie de marine américaine et fut réalisé avec un grand souci d'authenticité. Dwan déclara à ce sujet : ils ont beaucoup aimé le film. Ils l'ont montré pendant longtemps à leurs recrues pour leur expliquer l'importance de l'entraînement et le vrai visage de la guerre. "

La reconquête des Philippines n’était pas terminée alors que le film était encore en tournage. À l’annonce du débarquement des troupes américaines à Leyte le 20 octobre 1944, Ben Barzman fut engagé pour écrire une nouvelle fin incluant cet épisode. John Wayne et le producteur Robert Fellows avaient insisté pour que le personnage de l’officier américain ne soit pas mis en valeur davantage que les autochtones, arguant que la résistance avait été conduite avant tout par les Philippins. Engagé comme conseiller militaire sur le tournage, le colonel George A. Clarke fut le vrai coordinateur de la guérilla aux Philippines. John Wayne n’aimait pas beaucoup le traitement du sujet par le cinéaste et ses scénaristes, qu’il jugeait trop à gauche.

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En 1942, L’Universal réunit à nouveau John Wayne et Marlène Dietrich dans "PITTSBURGH" ou "La Fièvre de l'or noir" de Lewis Seiler. Il s'agit d'un film prônant l’effort de guerre, le deuxième pour John Wayne après "QUELQUE PART EN FRANCE" (Reunion in France) de Jules Dassin tourné la même année. Même s’il tient le rôle-titre qui évoque également la ville de Pittsburgh, son nom ne figure qu’en troisième position au générique derrière ses deux principaux partenaires. Il travaillait pour la troisième fois avec Marlene Dietrich, avec qui il avait entamé une liaison sur le tournage de "La maison des sept péchés" (Seven Sinners, Tay Garnett, 1940). À son retour en Allemagne, la comédienne se vit reprocher d’être apparue dans un film débutant et s’achevant sur une note patriotique.

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Sacramento (In old California,1942) de William McGann

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                    La Fille et son Cow-boy (Lady takes a chance,1943) de William Seiter

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L'Amazone aux yeux verts (Tall in the Saddle,1944) de Edwin L. Marin

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La Belle de San Francisco (Flame of the Barbary Coast,1945) de Joseph Kane

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"LES SACRIFIES" (They Were Expendable,1945) fut commencé par John Ford (celui-ci ayant été blessé lors de la réalisation) le film fut terminé par Robert Montgomery co-vedette aux côtés de John Wayne.

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La Femme du pionnier (Dakota,1945) de Joseph Kane

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John Wayne devient en 1946 son propre producteur pour le film de James Edward Grant "L'ANGE ET LE MAUVAIS GARÇON". L'ancien acteur-vedette de la Republic est devenu non seulement l'un des artistes préférés du public mais aussi celui des meilleurs réalisateurs hollywoodiens, de Howard Hawks à Josef von Sternberg, de Nicholas Ray à William A. Wellman, sans oublier naturellement John Ford, dont John Wayne est l'acteur d'élection. Parallèlement à sa carrière d'acteur, John Wayne continue à s'intéresser de plus en plus à la production, devenant le coproducteur de plusieurs de ses films. En 1946, John Wayne divorce de Josephine Saenz, dont il avait eu quatre enfants, pour épouser Esperanza "Chata" Baur. Ce nouveau mariage a lieu en 1946, mais il se termine, lui aussi, par un divorce en 1953.

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JOHN FORD

John Ford savait ce qu'il faisait en pariant sur Marion Michael Morrison. En vingt ans, de 1928 à 1948, John Wayne  appris son métier. Son jeu, naturellement sobre, s'est épuré et enrichi : il a acquis une puissance  et une maturité exceptionnelle, qui échapperont la plupart du temps aux critiques  rompus aux conventions hollywoodiennes, mais il surprend aujourd'hui par sa modernité. Il a maintenant l'envergure requise pour les grands chefs-d'oeuvres du western. C'est autour de lui que Ford construit son inoubliable trilogie sur la cavalerie

"LE MASSACRE DE FORT-APACHE" (Fort Apache,1948) fut le premier volet de la trilogie que consacra John Ford à la cavalerie américaine, les deux autres étant "LA CHARGE HÉROÏQUE" (She ore a yello Ribbon,1949) et "RIO GRANDE" (1950). John Wayne joue dans les trois films et prend du galon entre le premier et le troisième (il porte d'ailleurs le même nom) ! Ce film est en fait la transposition de l'histoire et de la défaite subie par le général George Armstrong Custer, le 25 juin 1876, à Little Big Horn, face aux troupes de Sitting Bull. Les autres interprétes du film sont Henry Fonda, Shirley Temple (son dernier film), John Agar, Ward Bond, Victor McLaglen et Pedro Armendariz.

Sans oublier aussi "LE FILS DU DESERT" (Three Godfathers, 1948) avec Harry Carey Jr et Pedro Armendariz, "LA PRISONNIERE DU DESERT" (The Searchers, 1956), "LES CAVALIERS" (The Horse Soldiers,1959) et "L'HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE" (The Man who shot Liberty Valance,1962).

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"LA CHARGE HÉROÏQUE" (1949) est incontestablement l'un des westerns les plus prestigieux qu'ait tournés John Ford et dans lequel John Wayne tisse une composition remarquable de vieux militaire de carrière amoureux de son métier - n'oublions pas non plus l'éternel Victor Mac Laglen dans le personnage de sergent pataud. Le titre original fait référence à une très ancienne chanson des U.S.A. : "Round her neck, she wore a yellow ribbon" (autour du cou elle porte un ruban jaune). Cette couleur est celle qu'arbore la cavalerie dans l'armée américaine. En portant ce ruban jaune, les femmes ou les fiancées signifiaient leur appartenance au corps et évitaient ainsi le moindre malentendu avec quelques célibataires un peu trop entreprenants.

John Ford n'hésitait pas à donner quelques recettes pour fabriquer un bon film : "C'est dans la façon de raconter l'histoire, dans la mise en scène, qu'un cinéaste peut se définir. Les situations ne sont qu'un point de départ, il faut les dépasser. Dans notre profession, un échec artistique n'est rien. Un échec commercial est une condamnation. Le secret, c'est de tourner un film qui plaise au public et d'arriver pourtant à y introduire sa personnalité."

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Entretemps la guerre froide s'est instaurée et la chasse aux sorcières fait rage. Par amour pour son pays, Wayne se lance dans la croisade anticommuniste, multipliant les professions de foi patriotiques et payant de sa personne en tournant "BIG JIM McLAIN" (1952) d'Edward Ludwig un film à la gloire des enquêteurs maccartistes dont il est aussi le coproducteur.

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"RIO GRANDE" (1950) ce troisième volet de "la Cavalerie", c'est aussi la première fois que Maureen O'Hara donna la réplique  à John Wayne. Enchanté du résultat, John Ford réutilisa ce couple prestigieux dans "L'HOMME TRANQUILLE" (1952), "CE N'EST QU'UN AU REVOIR" (1955) et "L'AIGLE VOLE AU SOLEIL" (1957). Le scénario avait prévu une autre fin : après son " exploit ", Kirby Yorke était muté à Londres, en punition de son indiscipline, pour y servir en tant que conseiller militaire. Il y aurait vécu une seconde lune de miel avec Kathleen. Ces scènes ne furent pas tournées.

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Bâti sur un script extrêmement complexe et qui ne répond pas à toutes les questions que se pose le spectateur, "LE REVEIL DE LA SORCIÈRE ROUGE" (The Wake of the Red witch,1948) est un film étrange qui exerça une véritable fascination sur plusieurs générations de cinéphiles. Par sa construction en flashes-back successifs où les motivations des protagonistes sont révélées petit à petit, par son aspect parfois fantastique (le navire qui se en précipitant son naufrageur dans le gouffre), ses réminiscences (la descente dans l'épave qui rappelle une séquence similaire jouée par John Wayne dans "Les Naufrageurs des mers du Sud"), son surréalisme enfin (le plan final qui montre <mi%3>John Wayne et Gail Russell voguant pour l'éternité à la barre d'un bateau fantôme). C'était d'ailleurs l'un des films préférés de John Wayne, qui baptisa sa propre compagnie de production créée au milieu des années cinquante, du nom de la compagnie de navigation dont Sidneye est le directeur. C'était le second film que le comédien tournait avec Gail Russell. Le premier avait été en 1947 "L'Ange et le Mauvais garçon" (Angel and the Badman), de James Edward Grant. Ils eurent à la même époque une liaison qui se termina par un scandale. Sombrant dans l'alcoolisme, la jeune comédienne devait disparaître en 1961, à l'âge de 36 ans.

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"LA RIVIERE ROUGE" (Red River,1948) fut le le premier western réalisé par Howard Hawks, si l'on excepte sa participation au "BANNI" d'Howard Hughes en 1940,, ce fut également  le premier film de Montgomery Clift, remarqué par Hawks alors qu'il jouait dans "You Touched Me" à Broadway. Le film fut tourné en septembre-novembre 1946 (à Elgin, Arizona), mais ne sortit qu'en 1948, trois mois après "Les Anges marqués" de Fred Zinnemann, dans lequel avait joué "Monty" Clift entre-temps. L'impact de ces deux films fut très grand et Clift, aussitôt célèbre, devenait le "rebelle d'Hollywood".

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En 1949, John Wayne eut le privilège de jouer aux côtés de Oliver Hardy (sans Stan Laurel) dans "LE BAGARREUR DU KENTUCKY" (The Fighting Kentuckian) de George Waggner (1894-1984). Ce même cinéaste tourna pour la seconde fois avec John Wayne dans "OPERATION DANS LE PACIFIQUE" (1951) avec Patricia Neal et son ami Ward Bond. Ce fut le sixième et avant-dernier film tourné par John Wayne en hommage aux combattants de la Guerre du Pacifique, et s’acheva avec "LES DIABLES DE GUADALCANAL" (The Flying Leathernecks, 1951) de Nicholas Ray, qui n'aimait pas beaucoup le film, sans doute à cause de la mainmise dictatoriale de son producteur, Howard Hughes, un passionné d’aviation devenu principal actionnaire des studios en 1948, et qui produisait officiellement ici son premier film RKO : « Pour ce film, je n’avais pas de script, déclara Nicholas Ray. C’est-à-dire qu’après deux semaines d’extérieurs, nous avons abandonné le script qui avait été écrit. » (in “Les Cahiers du Cinéma” n° 89, novembre 1958). On peut souligner la présence de Robert Ryan aux côtés de John Wayne.

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"L'HOMME TRANQUILLE" (The Quiet Man,1952), l'une des œuvres  les plus célèbres de John Ford, fut abondamment récompensée : Oscar 1952 de la meilleure réalisation et de la meilleure photo couleurs à Hollywood, trois prix à la Biennale de Venise.
John Ford, il convient de le rappeler, était de descendance irlandaise, et sa famille était originaire de la région de Galway où fut tourné le film. C'est dire que le réalisateur l'a conçu comme un poème d'amour à la gloire de ce pays qu'il adorait. Le scénario n'est qu'un prétexte pour décrire avec une gaillardise et un humour constamment présents, les mœurs parfois surprenantes de la société provinciale irlandaise. On reconnaît également dans la trame du récit certains thèmes chers au cinéaste comme l'homme solitaire face à un milieu hostile et aussi l'amitié virile et le respect mutuel qui naissent entre deux adversaires au cours d'un combat. Pour donner à cette chronique toute l'authenticité voulue, Ford a engagé un maximum de comédiens d'origine irlandaise : son propre frère Francis, Maureen O'Hara, Victor MacLaglen, Jack MacGowran, Barry Fitzgerald et son frère Arthur Shields...

Quant à John Wayne, il a pu prouver qu'il pouvait être parfaitement à l'aise dans les genres les plus divers, et même dans le registre comique, comme en témoigne ce chef d'oeuvre de John Ford.

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Wayne enchaîne avec "L'HOMME DE BONNE VOLONTE" (1953) de Michael Curtiz, puis "AVENTURES DANS LE GRAND NORD" (Island in the Sky,1953) du cinéaste William A. Wellman. Plusieurs producteurs – dont Stanley Kramer – avaient pris une option sur le roman d’Ernest K. Gann, inspiré d’une histoire authentique. Les droits d’adaptation étant libres, le cinéaste y trouva un vif intérêt, son argument de base rejoignant un thème qui lui est cher, celui d’un petit groupe d’individus plongés dans un environnement hostile.

Wellman demanda à l’auteur d’écrire le scénario et Gann, qui servit en outre de conseiller technique, dirigea aussi certaines scènes. Après "BIG JIM McLAIN" en 1952, ce fut le deuxième film produit par John Wayne et Robert M. Fellows, leur société prenant ensuite le nom de Batjac.

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Aventure dans le Grand Nord - John Wayne

Aventure dans le Grand Nord - John Wayne

.À l'origine, John Wayne ne devait que produire le film "HONDO, L'HOMME DU DESERT" (1953); il interpréta lui-même le rôle-titre après la défection de Glenn Ford qui ne s'entendait pas avec John Farrow, le réalisateur. John Ford, non crédité au générique collabora comme réalisateur de seconde équipe. Ce film fut l'un des films tournés en système "3D", c'est-à-dire en relief. Mis au point pour répondre à la concurrence croissante de la télévision et exploité par la Warner, ce procédé a été abandonné rapidement lors de l'arrivée du Cinémascope.

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Immédiatement après le succès d’AVENTURE DANS LE GRAND NORD (Island in the Sky, 1953), la même équipe composée du réalisateur William A. Wellman, de John Wayne – à la fois interprète principal et coproducteur avec Robert Fellows –, d’Ernest K. Gann, romancier et scénariste, se reforma pour le tournage du film : "ECRIT DANS LE CIEL" (The High and the Mighty,1954). Ce film qui, contrairement au précédent, bénéficia de la couleur et du CinémaScope. L’argument consistant à regrouper dans un espace réduit le maximum de personnages confrontés à une situation exceptionnelle, dans une tour, un bateau ou un avion fut très souvent repris dans les années 70, notamment dans la série des «Airport ».

Spencer Tracy refusa le rôle finalement tenu par John Wayne, retrouvant Claire Trevor, sa partenaire de "La Chevauchée fantastique" et Robert Stack succéda à Robert Cummings, initialement prévu. Le petit garçon, personnage qui n’existe pas dans le roman, est joué par Michael Wellman, le petit-fils du réalisateur. Le film, qui remporta un succès considérable, cité pour six Oscars dont ceux du meilleur réalisateur et des meilleurs seconds rôles féminins pour Claire Trevor et Jan Sterling, n’en remporta qu’un seul, pour la musique de Dimitri Tiomkin. Elle fut jouée aux obsèques de John Wayne.

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En 1952, John Wayne avait quitté la compagnie Republic, dont il était la plus grande star pour, associé à Robert Fellows venu de la RKO, devenir producteur et signer un contrat d’exclusivité avec la Warner Bros. Puis, en 1954, après quatre films, Wayne racheta les parts de son associé et rebaptisa sa compagnie la “Batjac”, inspiré du nom du bateau dont il était le capitaine dans l’un de ses films préférés, "Le Réveil de la sorcière rouge" d’Edward Ludwig (1949). "L’ALLÉE SANGLANTE" (Blood Alley,1955) fut le premier film produit par la Batjac. Robert Mitchum, qui avait été engagé pour tenir le rôle principal, fut renvoyé après avoir précipité l’un des membres de l’équipe de production dans les eaux de la baie de San Francisco.

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En 1954, John Wayne épouse Pilar Pallette, la fille d'un sénateur du Pérou. Le couple a en 1956, un premier enfant, une fille Aissa. Deux autres films furent à l'affiche entre 1955 et 1956, "LE RENARD DES OCEANS" de John Farrow et "LE CONQUERANT" (1956) de Dick Powell aux côtés de Susan Hayward, Agnès Moorehead et Pedro Armendariz.

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Après la trilogie consacrée à la cavalerie américaine (1948-1950), "LA PRISONNIERE DU DESERT" (The Searchers,1956) traite, sur un ton différent et plus nuancé, du problème des Blancs enlevés et élevés par les Indiens,abordant sans équivoque le racisme et l'intolérance. Il s'agit d'un des plus grands westerns de tous les temps, aux côtés de John Wayne dans le rôle d'Ethan Edward, le héros tourmenté,Jeffrey Hunter, Natalie Wood, Ward Bond et Vera Miles. De l'avis des admirateurs de Ford, ce western est l'un de ses plus beaux films.

Frank Wead pilote émérite et pionnier de l'aviation pendant la Première Guerre mondiale était devenu scénariste à la suite d'un accident qui l'avait paralysé, John Wayne devait l'incarner en 1957 dans le film de John Ford qui retraçait son histoire "L'AIGLE VOLE AU SOLEIL " (The Wings of Eagles,1957). C'est la troisième fois que Maureen O'Hara est " la femme " de John Wayne dans un film de John Ford.

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Jules Furthman, producteur délégué de "Jet Pilot" (LES ESPIONS S'AMUSENT,1950) était un vieil ami de Josef von Sternberg. Il fut en effet le scénariste des "Damnés de l'océan"(1928) "Morocco" (1930) "Shanghai Express" (1931),  C'est lui qui le recommanda au directeur de la RKO, Howard Hughes. Féru d'aviation. Hughes voulait une comédie patriotique qui, au plus fonde la guerre froide, aurait glonflé la force aérienne américaine au détriment des " Rouges". Or, les préoccupations esthétiques de Sternberg ne correspondaient guère à ces impératifs politiques La propagande anticommuniste l'intéressait moins que l'érotisme des symboles ou la photogénie de Janet Leigh. Ayant accepté l'épreuve de la projectiontémoin devant les habitants d'un village du Kansas, Sternberg allait connaître bien des déboires. L'accueil public de son film fut franchement hostile.

Howard Hughes fit retoucher JET PILOT par un autre cinéaste, en supprimant certaines séquences et en modifiant le montage. Une seconde projection témoin dans un autre village fut tout aussi catastrophique Le film ne connut sa sortie commerciale qu'après cinq variantes qui échappaient à la volonté du réalisateur. Sternberg laissa son nom au générique, mais il ne manqua pas de déclarer : "Je renie JET PILOT ce n'est pas mon oeuvre. " Dans la version présentée en France sept ans après son tournage, il est difficile de situer exactement ce qui appartient vraiment à l'univers créatif de Sternberg. Toutefois. certaines séquences portent la griffe du Maître, comme le déshabillage de Janet Leigh ponctué de passages successifs d'avions en rase-mottes ou le ballet érotique des deux avions pilotés, par les amoureux. JET PILOT, fût la seule expérience cinématographique en couleurs de Sternberg.

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Toujours en 1957, John Wayne est à l'affiche de "LA CITE DISPARUE" d'Henry Hathaway avec Sophia Loren. Les extérieurs furent tournés en Libye, dans le désert de Ghadamès, non loin des frontières algéro-tunisiennes, et dans les ruines romaines de Leptis Magna, sur la côte méditerranéenne, à l’est de Tripoli. Les intérieurs furent construits à Rome, aux studios de Cinecittà. Puis un autre tournage, un autre cinéaste John Huston avec "LE BARBARE ET LA GEISHA" (1958)

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Tourné dix ans après "La rivière rouge", "RIO BRAVO" (1959) donne à nouveau l'occasion à Howard Hawks de diriger John Wayne, tout en décrivant la vie d'une petite ville frontalière westernienne.
On se souvient avec la même émotion du décor de cette ville (le tournage eut lieu à Old Tucson, en Arizona) qu'arpentait en pleine nuit John Wayne épiant le moindre bruit et prêt à faire feu des deux chansons " Rio Bravo" et " My rifle, my pony and me " et aussi d'Angie Dickinson dont ce fut le premier grand rôle. Les rapports entre personnages ont tellement marqué Howard Hawks que ses deux westerns suivants "EL DORADO" (1967) avec John Wayne et Robert Mitchum et "RIO LOBO" (1970) avec John Wayne et Jennifer O'Neill ont plus d'un point commun avec RIO BRAVO... On peut citer les autres interprètes du film.

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Jugeant sans doute que l'on n'est jamais si bien servi que par soi-même, Howard Hawks n'a pas hésité à démarquer dans "EL DORADO"  (1967)son précédent western, "RIO BRAVO", qu'il avait tourné en 1958. Un héros alcoolique, un jeune garçon dynamique, un vieil assistant shérif, un échange de prisonniers... les deux films se ressemblent étrangement. Interrogé à ce propos, Howard Hawks répondit imperturbablement : "Il n'y a pas de western nouveau parce qu'il n'y a pas de sujet nouveau. La manière de faire un film neuf, c'est de changer les personnages, de modifier les relations entre eux, les attitudes."



Howard Hawks n'en restera d'ailleurs pas là puisque, lorsque trois ans plus tard, il réalisera "RIO LOBO" (1970), avec John Wayne, Jennifer O'Neill et Jack Elam, il utilisera à nouveau certains détails empruntés aux deux précèdents films.C'est aussi le dernier volet de sa "trilogie westernienne. C'est le dernier film de Howard Hawks, qui prit ensuite sa retraite, se consacrant à l'élevage de chevaux dans son ranch californien. Il devait mourir en décembre 1977.  Les rapports sont évidents entre ces trois films, ainsi que les analogies (outre l'échange de prisonniers et le règlement de comptes final) entre les "groupes" ou personnages principaux, interchangeables : Wayne / Dean Martin / Ricky Nelson / Walter Brennan, puis Wayne / Robert Mitchum / James Caan / Arthur Hunnicutt, enfin Wayne / Jorge Rivero / Chris Mitchum / Jack Elam.

John Wayne (image vieillissante de son personnage) accepta ce rôle sans même lire le scénario, faisant une entière confiance à Hawks. À ses côtés, la belle Jennifer O'Neill, qui, l'année suivante, fit beaucoup parler d’elle, pour son rôle dans "Un été 42" de Robert Mulligan. Le film, dont le titre de tournage était “San Timoteo”, fut tourné de mars à juin 1970 à Old Tucson (Arizona) et à Cuernavaca (Mexique).

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La préparation du film "LES CAVALIERS" '(The Horse Soldiers,1959) donna lieu à l'un des contrats les plus "importants" de l'histoire hollywoodienne. Six groupes de juristes et d'avocats représentant les Artistes Associés, The Mirisch Company, Mahin-Rackin Productions et les sociétés de John Ford, John Wayne (Batjac) et William Holden furent en effet amenés à se réunir et à établir un contrat global qui ne faisait pas moins de deux cent cinquante pages... Le tournage du film fut endeuillé par la mort du cascadeur Fred Kennedy qui doublait William Holden et qui se tua en sautant avec son cheval. Cette catastrophe affecta profondément John Ford qui - ne serait-ce qu'à cause de cela - n'a jamais considère LES CAVALIERS parmi ses films préférés.

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Depuis des années, Wayne est hanté par ce vieux rêve d'un film sur le Texas, dont il veut faire une inoubliable épopée patriotique. Comme Ford, il a la nostalgie d'un passé où sont enracinées les valeurs héroiques et morales traditionnelles aujourd'hui menacées -sinon révolues.

C'est dans cette perspective qu'il crée sa propre maison de production, la Batjac. John Wayne qui avait fondé huit ans plus tôt sa propre société de production "Batjac", tourne ALAMO,  et hypothéquant à cette occasion la "Batjac". Il est tout à la fois le producteur, l'acteur et le metteur en scène de ce film épique dans lequel il joue le rôle de Davy Crockett. 

En 1960, il engage toute sa fortune personnelle, se couvrant même de dettes,pour mener à bien "ALAMO" (1960). "Il fallait recréer, expliquera-t'il, un moment de l'histoire dans lequel on pût montrer à la nouvelle génération d'américains pourquoi quelques uns de leurs aieux, pour graver sur leur terre les mots Liberté et Egalité, avaient choisi de mourir au combat."  Noble sujet, mais dangereux, dont Wayne saura pourtant éviter les principaux pièges en prouvant qu'il a indéniablement le sens du cinéma. Le film que Ford tenait en haute estime, force l'admiration par son souffle lyrique et par la  violence hiératique du carnage final. Le monologue de Wayne/Davy Crokett (à l'origine Wayne pensait incarner plutôt Sam Houston) constitue une profession de foi patriotique émouvante et naive qui sera reproduite dans le 33 tours du film.

Toutefois, le budget extravagant d'Alamo a lourdement compromis sa rentabilité et Wayne, pratiquement ruiné, doit à nouveau tourner sans relâche. L'acteur assura avoir travaillé quatorze ans au projet en attendant d'avoir à sa disposition les moyens nécessaires.

La critique évoqua souvent John Ford à propos d'ALAMO. Richard Widmark souligna d'ailleurs que le cinéaste avait tourné certaines séquences du film. Mais Ford lui-même prétendait que ces plans avaient tous été supprimés dans le montage définitif. Cependant, l'analogie d'ambiance n'a rien de surprenant : John Wayne tourna plus dix films avec Ford et fut longtemps l'acteur-fétiche du célèbre Irlandais. De surcroît, William H. Clothier était le directeur de la photographie habituel de Ford...

Nommé à six reprises pour les Oscars - meilleurs film, photographie, son, second rôle masculin pour Chill Wills, musique et chanson ("The Green Leaves of Summer") - ALAMO remporta celui de la meilleure bande sonore.

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